Tous les articles par United States Of Paris

Concert TOM JONES diabolise Jazz à Vienne & Matt Dusk

Semaine grand écart. Tout juste sorti de l’euphorie d’Arcade Fire au Zénith, j’ai pris un train express pour le sacre de Tom Jones à Jazz à Vienne.

Faut bien savoir que les vieux crooners, ça court pas les rues. Il y aurait bien Paul Auka. Mais il a un sourire trop artificiel pour être honnête.
Et puis Tom Jones ce sont des souvenirs, plutôt décalés et un organe sans pareil.

Comme beaucoup de trentenaires, je l’ai découvert dans la série Le Prince de Bel-Air lors d’une apparition surréaliste en Dieu le père entonnant son hymne:  It’s not unusual. Sans oublier une participation en guest-star inégalée dans le film de Tim Burron, Mars Attacks!

Et ce mercredi, heureux de constater que je n’étais pas le seul « jeune » de la soirée, dans les gradins et aussi sur scène avec la présence, en première partie, du canadien Matt Dusk. Un petit jeune qui minaude à n’en plus finir. Tout est tellement sous contrôle – costume serré avec chaussures vernies, choucroute de cheveux gominés, sourire de tombeur – que l’on pourrait croire à un retour violent dans les années 50.

Matt a décidemment les atouts pour être un pur crooner pour grand-mères, avec ses petites chansonnettes qui sentent bon le miel: My little miracle is you. Mais pas sûr qu’il fasse chavirer le coeur des plus jeunettes.

Passée cette jolie guimauve laquée, le public n’en pouvait plus d’attendre le King.
Tom Jones fait alors son entrée sur un très rock Burning Hell. On ne devine que sa silhouette. Ce soir, il sera démoniaque pour mieux nous accrocher à sa voix. Et quelle voix! Avec les années, sa passion pour le Dom Pérignon, il n’a rien perdu de ce coffre.

Les petits pas du crooner sur les premières chansons laissaient à penser que l’âge avait marqué quelques points. Mais Tommy est un diesel, et il s’échauffe tout au long du concert. Son regard espiègle ferait perdre le nord à un pigeon voyageur.

D’anecdotes sur les reprises de Jerry Lee Lewis aux éclats de rires, l’esprit et le déhanché d’Elvis le guettent. Notamment quand il s’agit de reprendre Run on.

Passé minuit, Tommy finit par venir à bout d’un public qui peine à quitter son siège. Vient alors le dernier titre, devant un parterre debout. Ce sera un Kiss retentissant avant le salut final.
Le public sort du Théâtre antique revigoré, avec l’idée qu’il n’est peut être pas prêt de revivre une rencontre aussi intense avec le crooner made in England.

Share

Concert le groupe ARCADE FIRE surchauffe le Zénith de Paris

Il a fallu attendre presque un an pour revoir Arcade Fire sur scène à Paris. Ce mardi, dans un Zénith surchauffé, les huit membres du  groupe ont fait oublier le concert du Rock en Seine édition 2010 écourté pour cause de pluie.

Arcade Fire Zénith Paris concert live

Je n’étais pas le seul à vouloir ma dose d’Arcade Fire pour l’été. Car un été sans Arcade Fire, c’est comme un Nice sans personnes âgées. Ca se supporte mais il manque quand même un peu truc.

Et le public était aux aguets. A la demande de Win Butler, les gradins ne se sont pas fait prier pour se lever aux premières notes de Keep the car running, deuxième titre de la soirée. Les mains se sont levées  pour battre la mesure, oubliant éventails et autres appareils photo ou téléphonnes. Car c’est plutôt rare une fosse de concert sans un paquet d’écrans lumineux tentant de capter un bout de musique ou voulant faire une photo nette.
Les fans s’étaient bien donnés le mot: il ne fallait pas rater une miette ou un accord de ce show millimétré.

Pas de paroles superflus non plus, les titres se sont enchaînés dans une frénésie tonitruante.
Le groupe nous a gratifié, au passage, d’une rareté: Vampire / Forest fire, que l’on n’avait pas entendu depuis 2005. Les décibels ont monté d’un niveau avec Month of May, de leur dernier opus The Suburbs pour ne plus faiblir jusqu’à l’éclat final de Régine Chassagne avec Sprawl II.

Arcade Fire poursuit son tour de France avec le Main Square d’Arras, Les Eurockéennes de Belfort et les Déferlantes à Argeles-sur-mer.

Share

Kasia Dietz, créatrice de sacs à main: Paris in a handbag

Kasia a le sourire qui  irradie une journée. Elle aurait pu être mannequin, mais elle a préféré la création.
Installée depuis 2  ans à Paris, elle évoque avec passion et décontraction tout autant  New York qu’elle a quitté que sa ville d’adoption.

Croisée à la boutique de la créatrice de chaussures Pring, Kasia arborait ce jour-là une de ses créations phare: son sac à main Rive droite. Une toile beige réversible, un trait noir, deux mots. Un classique est né.

Et cette femme-là est inventive. Véritable globetrotteuse, Kasia trouve aussi bien dans la rue que lors de ses voyages  l’inspiration pour créer le kit complet de la parfaite citadine. Car Kasia la connait très bien, elle a l’oeil à l’affut.

Gageons qu’elle ne tardera pas à faire son entrée dans la très sélect boutique Colette. Les paris sont lancés!
En attendant, savourez cette balade intime filmée juste avant son mariage. Souhaitons-lui « simply the best ».

Merci à Radiomatic pour la musique!!

Image de prévisualisation YouTube

Share

Restaurant Le Mama Shelter: spot de l’été

Après avoir tâté de la terrasse ensoleillée avec savoureux petits plats et service souriant, il va être très dur de détrôner le restaurant Mama Shelter du top 5 des meilleurs spots estivaux urbains.

Surtout quand vous avez décidé, non sans regret, d’abandonner la terrasse du Delaville Café. A cause de ses portions qui ont rétréci avec le temps, de ses serveurs recrutés pour leur qualité à afficher un mépris singulier. Une bonne soupe à la grimace, en plein cagnard, sans moyen de se protéger derrière le store que le patron intransigeant ne veut dérouler. Et puis comment ne pas leur en vouloir pour ce tiramisu au Nutella indigeste ?

La digression passée, la parenthèse qu’offre Mama est revigorante. Pas sûr que votre ligne vous remerciera pour le cheeseburger du chef, Alain Senderens, à tomber dont les frites miniatures en nombre vous feront encore moins regretter votre choix. Mais après un œuf mimosa, la pilule passera mieux.

Par contre, difficile de trouver une parade à la carte des desserts que l’on vous tendra. Un chocolat liégeois à frémir, un moelleux au carambar qui nécessite 20 minutes d’attente, on imagine le délice. Vous opterez sans doute pour un hot fudge avec pot de caramel au beurre salé. Les trois boules de vanille aux amandes finiront de vous contenter. Le café gourmand n’est pas en reste puisqu’il est accompagné d’un  mini tiramisu et d’un petit macaron.

Tout y est. Seul le sentiment de nuire un peu à la quiétude des étudiants, dans leur résidence qui vous fait face, pourrait entacher quelque peu votre court bonheur.

Share

La folie contagieuse de la famille Semianyki

Oh, qu’elle est délurée cette famille Semianyki, hébergée par le Théâtre du Rond-Point! Malgré les bétises à la pelle des petites têtes brunes, blondes et rousses, la sidérante oisiveté du père et l’impuissance de la mère, avec cette famille-là on partirait bien en périple de plusieurs jours.

L’étendu du répertoire de ces clowns russes est revigorante. Passant de la corde sensible aux éclats de rire, on en oublierait presque qu’ils ne parlent pas. La partition de Semianyki tient en cette capacité à faire de tous petits riens, une source inépuisable d’imaginaire.

Mais vous savez quoi ? Paris affiche complet ! Alors il faudra les rejoindre sur la tournée qu’ils vont débuter en France à la rentrée. Que vous les ayez déjà vus, importe peu. Par contre, que vous manquiez à nouveau l’occasion de les découvrir, serait un écart impardonnable. Que ça soit dit !

Semianyki (la famille)

au Théâtre du Rond-Point

Share

Mike Mills: Beginners from Paris

Avec la fine équipe, nous ne le faisons pourtant pas exprès, mais force est de constater que les américains sont  bien légion dans notre capitale.

Actualité ciné oblige, le nouveau portrait est consacré au réalisateur made in US: Mike Mills. Vous connaissez ses clips pour Air, Moby ou encore Blonde Redhead.
A partir de mercredi, vous pourrez découvrir,  dans les salles obscures, son second long-métrage Beginners, en tant que « director » avec Ewan McGregor et Mélanie Laurent.

En pleine séance promo, enchaînant questions-réponses sans relâche, le réalisateur et dessinateur a profité de notre interview pour prendre l’air frais.
Mike  aborde ainsi un sujet omis par les journalistes qui nous ont précédés: Paris! Avant de se prendre le chemin de la boutique Colette pour dédicacer son recueil de dessins, il a partagé son regard subjectif à souhait et touchant sur notre ville.

Aviez-vous au moins remarqué qu’une couleur prédomine dans les rues de Paris?
Réponse dans la vidéo.

Image de prévisualisation YouTube

Editions du livre Drawings from the film Beginners: www.damianieditore.it/catalogue/540

Share

Dernière tendance design: la friterie

Vous avez dit friterie ambulante?
L’ultra tendance des vernissages et autres soirées festives de la capitale n’est plus de mettre à disposition de ses guests un copieux buffet pour lequel il y a toujours des pertes et des insatisfaits : « les toasts sont décidemment trop petits pour que l’on puisse s’éloigner trop longtemps», « et les végétariens, ils mangent quoi ? Des chips ? », ou encore « le bio c’est le must, mais ça nourrit difficilement son homme. »

Non, préférez comme la marque de luminaires Modular, installée rue du mail, un camion ambulant de frites venu de Belgique, stationné juste en face du showroom, en accompagnement d’une petite coupe de champagne.

Plusieurs avantages à ce choix: les portions sont imposées et copieuses. La disposition des lieux impose de faire la queue, discipliné que nous sommes, sans stationnement excessif.  Tout le monde aura son sachet, avec un supplément sauce et saucisses chaudes. Chacun peut assumer son penchant immodéré pour les french fries.
Le choix étant limité, un seul salut possible: tu assumes le gras ou tu passes ton chemin.

Résultats: une très belle répartition entre intérieur du showroom avec dj et champagne et trottoir, amoncellement de barquettes et public qui en redemande. Convivialité au beau fixe et compte-rendu à la cafet le lendemain assuré.

Fauchon et consort ont donc bien du souci à se faire pour leur business.

Share

Iris: une cousine qui nous veut du bien

Image de prévisualisation YouTube

C’est à l’occasion de son grand retour à Paris que notre caméra a croisé la visite promotionnelle de la toute jeune dessinatrice et blogueuse, Iris. Cette fois, notre cousine fraîchement débarquée de Montréal, apportait dans ses valises, sa première bande-dessinée, Justine, éditée par La Pastèque. L’histoire d’une fille somme toute banale, au premier abord, mais qui a la fâcheuse particularité de nous intriguer et de nous émouvoir.

Le soleil au rendez-vous, un Orangina sur la table, Iris a partagé le souvenir de ses premiers séjours dans la capitale, ses interrogations sur notre mode de vie si particulier et les joies de ne plus être seulement une simple touriste.

Sa bonne humeur et son rire nous ont fait oublier un instant le flot des touristes, nous offrant une parenthèse réjouissante dans ce monde de brutes.

Feu le blog d’Iris: http://monsieurleblog.canalblog.com

Share

Ron Mueck : un bébé à 600 000

Ce week-end, la salle de ventes Christie’s nous offrait une rencontre unique avec un beau bébé de plusieurs kilos. Un bébé qui pèse tout de même quelques milliers d’euros, selon l’estimation. 600 000 euros au bas mot.

Il s’agit donc bien d’une oeuvre d’art, et non pas d’un être humain, car cet enfant-là n’est pas doué de parole.
Son père n’est autre que le sculpteur austalien, Ron Mueck, qui avait tenu l’affiche d’une rétrospective à la Fondation Cartier.

Share

La bande à Dave St-Pierre – Théâtre de la Ville

Un spectacle de Dave St-Pierre c’est une sorte de Pina Bausch qui aurait disjoncté. A la croisée des chemins de la performance, de la danse et du théâtre, Un peu de tendresse bordel de merde! dépoussière les codes de la danse contemporaine. Les parasitant, les accentuant ou les parodiant dans une démesure jubilatoire.

 Le légendaire 4e mur vole en éclats, la scène déborde dans la salle offrant un formidable terrain de jeu aux 23 danseurs qui s’offrent de tout leur corps, à même le spectateur. Il n’est pas rare, au cours de la soirée, de se retrouver nez à nez avec une paire de fesses gentiment exposée.

 Vous l’aurez compris ça se dessape un max mais ça se rhabille aussi, se gifle, se hurle, se « fight », et surtout, plus surprenant, s’enlace et s’embrasse. Toutes les émotions sont convoquées pour ce spectacle patchwork.

 La nudité ici ne rime pas avec obscénité – il suffisait de voir l’affiche pour en être averti — tant la dose de rigolade, de décontraction et de légèreté est communicative. Celles et ceux qui étaient venus « pour mater » n’en auront pas forcément pour leur argent.

 On se laisse facilement aller à ce côté régressif, ces petits cris hystériques. On prend même plaisir à se faire réprimer par une meneuse de troupe autoritaire.

 Ceux qui ont quitté la salle à l’arrivée des bouteilles d’eau sur scène ne se douteront jamais de l’intensité de la séquence finale : un ballet sur l’eau, dépouillé et d’une beauté féroce.

 Alors oui, Dave St Pierre déborde d’attentions. Des attentions plus ou moins délicates, mais il a le mérite de nous surprendre et de ne pas oublier les parties dansées et rythmées.

Share