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Anne Sila en interview : on a parlé concert, écriture, The Voice et Jésus

C’est au lendemain de son concert acoustique au Théâtre Déjazet que nous avons rencontré Anne Sila. L’occasion de revenir sur son passage dans The Voice, sur ses deux tournées et ses futurs projets dont la fresque musicale Jésus. Un véritable moment d’échange et de partage avec une artiste adorable et passionnée.
Anna Sila sera en concert à Portes les Valence, le 21 juillet.

INTERVIEW SELFIE ANNA SILA

USofParis : Ton album est sorti il y a plus d’un an, tu as fait une première tournée avec un groupe et ensuite une tournée plus intimiste en acoustique. Comment ça va Anne Sila ?

Anne Sila : Je me sens chanceuse parce que j’ai vraiment un public attentif et ça me touche beaucoup car je cultive beaucoup l’instant et le moment très intime. Je trouve ça hyper agréable. On a commencé par une grosse tournée avec beaucoup de musiciens sur scène, qui avait son charme aussi parce qu’on avait une grosse énergie de groupe. Et là on est sur quelque chose de plus intime, qui me plaît beaucoup aussi, on a plus de possibilités d’interagir avec le public. En piano-voix, on a beaucoup plus de plages d’improvisation et de moyens de proposer des concerts différents chaque soir.

anne sila
Selfie pour USofParis

Tu reviens un peu à ce que tu faisais à New York, le piano-bar, c’était une volonté de ta part ?
Ma volonté ce n’est pas vraiment de revenir à ça, mais c’est de mélanger les styles. Et ce qui est cool dans le piano-voix c’est que c’est assez subtil, on peut faire une chanson pop, une chanson française la transformer un peu, partir vers des allures jazz, un peu classique. Ce qui m’intéresse c’est de mélanger ça. Je trouve que là on a un bon compromis et je sens que les gens sont réceptifs à ça. C’est ça qui me plaît et me rend encore plus heureuse.

Tu nous as fait revivre ton audition de The Voice à l’aveugle, en plongeant la salle et la scène dans le noir. C’était un moment important pour toi j’imagine cette émission ?

Ça apporte de l’adrénaline d’une manière improbable, dont on ne peut pas se douter quand on n’y est pas, mais il y a surtout tout cette médiatisation qui apporte le lien avec les gens. Aujourd’hui, il y a pleins pleins de groupes, de personnes qui chantent, qui écrivent des trucs de dingues qu’on ne connaîtra jamais… et c’est vrai que ce n’est pas évident d’avoir un lien avec le public aussi « facilement » qu’avec une émission qui est vue par des millions de personnes. Forcément c’est énorme médiatiquement !

anne sila

Tu avais essayé déjà de présenter ton travail en maison de disque ?
J’étais en train d’écrire un peu mais je ne savais pas trop, donc je n’avais pas vraiment essayé. J’avais sorti des choses mais c’était dans ma région.
Effectivement, The Voice ça te propulse là-haut, ensuite il faut faire bien là-haut et savoir vers quoi tu vas. C’est une super expérience. J’ai rencontré Florent Pagny (ndlr : son coach dans l’émission), j’ai rencontré pleins de gens que j’adore et j’admire. J’en garde un très bon souvenir.

Si Zazie s’était retournée, elle ne pouvait pas puisqu’elle était complète, est-ce que tu aurais fait un autre choix ?
Moi je voulais Zazie ou Mika. C’est drôle parce que Jenifer et Florent se sont retournés et dans ma tête c’était les deux autres que je voulais.
Mais je suis vraiment fière d’avoir fait l’aventure avec Florent. C’est une rencontre inattendue et je le respecte beaucoup, c’est quelqu’un de très humble et de très fiable. Il me soutient encore aujourd’hui. Si c’était à refaire, je referais la même chose.

Tu as écrit et composé la plupart de tes chansons sur l’album, comment se passe ton processus d’écriture ?

Je suis du genre à ne pas écrire beaucoup. Une chanson elle sort d’un coup comme ça. Soit il m’est arrivé quelque chose soit à une personne de mon entourage. J’aime bien parler de l’humain, du rapport aux gens. J’ai du mal à faire quelque chose de descriptif. Je suis dans le toi et moi, l’humain, la relation à l’autre. C’est assez instinctif, je ne me dis pas : « aujourd’hui, j’écris un couplet. »

Il y a certaines de tes chansons qui datent de 10 ans, ça veut dire que ton album était déjà prêt avant l’émission ?
Non, en fait quand on m’a proposé de faire l’album je leur ai dit « Voilà ce que j’ai ». J’ai pris toutes les chansons que j’avais, pour moi c’était l’occasion de ma vie de faire un album donc j’ai pris Tends-moi les bras que j’ai écrit à 19 ans, Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? quand j’avais 17 ans.
C’est pour ça que j’ai hâte aussi de faire un deuxième album. Le premier c’est un peu une sorte de melting-pot de mes 10 ans passés. Le prochain ce sera Anne de maintenant.

A la dérive
C’est une amie qui s’appelle Norig qui m’a envoyé un texte en me disant qu’elle avait pensé à moi et que je pouvais en faire ce que je veux. Le texte m’a beaucoup touché. J’étais devant mon ordinateur, je me souviens parfaitement de ce moment, j’ai reçu le texte, je l’ai pris et j’ai composé la musique dessus. Ensuite ce qui est rigolo c’est que je suis parti en studio pour enregistrer Mon amour qui est une chanson d’un autre ami, Mehdi. On avait des cordes à disposition. J’ai demandé à l’arrangeur de faire une surprise à Norig : d’enregistrer la chanson et de mettre des cordes dessus. Pour moi, c’est une des chansons les mieux produites de l’album.

anne sila

Tu as été choisie pour jouer le rôle de Marie dans Jésus, de Nazareth à Jérusalem la comédie musicale de Pascal Obispo. Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce projet ?

Anna Sila : Sur le coup, c’était un peu comme The Voice, un peu comme tout ce que je fais, je suis souvent dans le doute quand on me propose des projets. Puis on me propose surtout des projets à l’inverse de ce à quoi j’aspire, enfin je crois. Par exemple, The Voice, je sortais du jazz, pour moi c’était improbable de passer à la télé et j’étais sûre que je n’allais pas le faire, et pourtant.

Quand ils m’ont dit le titre, j’étais un peu sceptique. Je me suis dit que comme projet c’était compliqué, surtout aujourd’hui. J’ai eu la chance de rencontrer Pascal Obispo et Christophe Barratier que j’admire beaucoup.
Et j’ai été touchée vraiment par le côté humain de l’histoire. Je ne suis pas du tout dans une approche religieuse. Quand on a tourné le clip de L’ Adieu j’ai appréhendé le rôle dans une manière très humaine. Je me suis imaginée une mère qui perd son fils. C’est comme ça que je vis pour l’instant le projet. Le clip qu’on a tourné c’est une des meilleures expériences de ma vie.

C’était une envie de faire de la comédie musicale ?

Ça m’attirait depuis longtemps. Après, je rêvais de Broadway, de New-York. Je pense que ça va être un beau projet. C’est vrai que ce sera sûrement quitte ou double mais en tout cas ce sont des gens biens qui savent ce qu’ils font. Je crois que juste pour le côté humain, il faut y aller.

Et si tu pouvais jouer dans une comédie musicale, laquelle choisirais-tu ?
C’est une bonne question. Je ne pense pas que je pourrais faire ce rôle-là, mais c’est un rôle qui m’a vraiment marqué lorsque j’avais vu The Lion King à New-York. C’est le rôle de Rafiki qui était joué par une femme dingue. Ça c’est un beau rôle. C’est n’est pas très sexy mais c’est un beau rôle.

anne sila
Tu prépares déjà le prochain album ?

Anna Sila : On est déjà en train d’y réfléchir. J’ai déjà quelques chansons qui arrivent et je suis en pleine prise de possession du terrain. Je commence à me demander ce que je vais faire. Je tate un peu. J’écris des chansons, je demande aux gens autour de moi ce qu’ils en pensent. On n’est pas en train de faire l’album mais on y réfléchit sérieusement.

Tu sais déjà un peu ce que tu as envie avec cet album ?
J’ai envie d’être plus proche de moi aujourd’hui. Un peu plus comme ce que je fais en tournée acoustique, un peu plus sobre que l’album dans la manière de produire. Je voulais en mettre partout, j’étais très enthousiaste. Pour moi ça manque un peu d’authenticité. Peut-être quelque chose qui va plus à l’essentiel, où la voix et les paroles sont plus mises en valeur.

Ton dernier coup de cœur musical ?
Ce n’est pas le dernier, mais j’écoute l’abum My favorite faded fantasy de Damien Rice (Elle est trop marrante car à chaque fois qu’elle dit un nom, elle s’approche du micro pour que j’entende bien après pour retranscrire).
Je l’écoute en boucle en ce moment.
J’ai un vrai coup de cœur pour la nouvelle chanson d’Amy Lee, c’est exactement le genre de truc que j’aimerais faire. Elle faisait partie d’Evanescence et elle a fait un projo solo : Speak to me. C’est magnifique ! La chanson est parfaite.

anne sila

Le dernier concert que tu aies vu ?

Anna Sila : Oh la, il serait temps que j’aille voir un concert… Je crois que c’était Francis Cabrel il y a un an.
Ah ! Puis Pascal Obispo, j’ai fait sa première partie à Bercy et après j’ai vu son concert.

Si je pouvais faire apparaître n’importe qui pour que tu puisses faire un duo, ce serait qui ?
Alain Leprest ! Tu écouteras Le temps de finir la bouteille. Il y a une version live où il est malade, c’est un peu compliqué, mais c’est magnifique. Le pire c’est que je l’ai rencontré, et je n’ai pas osé lui parler. 3 fois et je n’ai jamais osé.

La chanson que tu aurais aimé avoir écrite ?
Aimer pour deux d’Alex Beaupain.

Interview by Joan

Anne Sila en concert à Jazz à Vienne, le 4 juillet
et à Portes Les Valence (Portes en Fête), le 21 juillet

et à l’affiche de Jésus à partir du 17 octobre 2017 au Palais des Sports

 

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The Voice la tournée : Lisandro Cuxi révélation scénique !

La finale est à peine disputée que l’on retrouve déjà les 8 finalistes de The Voice sur les routes de France. Nous les avons suivi et soutenu durant des mois sur TF1, ils se sont tous battus semaine après semaine pour garder leur place et pour arriver en finale, qui a couronné Lisandro Cuxi grand vainqueur de cette édition. Cette tournée est l’occasion de retrouver Ann-Shirley, Matthieu, Shaby, Vincent Pinel, Lucie, Nicola Cavallaro, Audrey et le grand gagnant Lisandro Cuxi, qui était très attendu par le public familial du Palais des Sports de Paris en ce dimanche.

The Voice

Ce sont Côme de la saison 4 et Emmy Liyana éliminée lors du premier prime en direct cette année qui assurent les deux premières parties du concert de ce jour. Côme, que l’on a pu voir dans la comédie musicale Le Rouge et Le Noir l’année dernière, offre un de ses titre inédit au public. Emmy Liyana quant à elle, nous subjugue avec sa cover de Feeling Good de Nina Simone et en profite pour dévoiler son premier titre composé avec Slimane.

Le concert est parfaitement millimétré. Yoann Launay, un des finalistes de 2015, fait office de présentateur. Pas un instant de répit pour les 8 finalistes qui sont tour à tour chanteur ou choristes. Les morceaux qui ont fait leurs succès dans l’émission sont repris en live sous la direction musicale d’Olivier Schultheis. Et c’est un vrai plaisir de retrouver ces titres qui nous ont fait vibrer le samedi soir à la télé !The Voice

C’est sur I Feel It Coming de The Weeknd que les 8 chanteurs entrent sur scène. 8 ? Plutôt 7, Lisandro Cuxi en grand gagnant entre sous un triomphe et sous les cris de ses jeunes fans au milieu du morceau.

C’est ensuite un enchaînement de tubes, les mêmes qui ont permis à chaque candidat de passer les différentes étapes de l’émission. Shaby interprète entre autres Cheap Thrills de Sia et I Will Always Love You de Whitney Houston qui en émeut plus d’un dans la salle.

Matthieu scotche tout le monde avec sa reprise de Dès que le vent tournera de Renaud, dans une version rock où la guitare classique laisse place aux riffs de guitares électriques qui résonnent sur la scène du Palais des Sports

Vincent Pinel nous en met pleins les yeux et les oreilles avec Lose Yourself de Eminem. Sa voix a mis tout le monde d’accord lors de son audition, et ce soir aussi, le public est en folie.

The VoicePour Whithout you c’est le duo Lisandro Cuxi et Ann-Shirley qui se réforme pour notre plus grand plaisir.

L’italien Nicola Cavallaro et sa voix rauque font vibrer le palais des sports avec l’étonnante reprise de Fallin’ d’Alicia Keys et le puissant Caruso qui lui sied comme un gant.

The VoiceThe Voice

Mon coup de cœur de l’émission restera Audrey avec sa voix si particulière et unique. Une voix qu’on reconnaît entre mille. Un petit quelque chose de Janis Joplin et de Stevie Nicks. Elle me donnait les frissons à la télé et n’a pas manqué de me les donner en live. Just can’t get enough de Depeche Mode, la chanson de son audition qui a donné l’envie à Zazie de se retourner seulement 3 secondes après avoir chanté la première note et son fameux duo avec Vincent Pinel sur Comic Strip sont pour moi les petites pépites de cette soirée.

Pour le final sur Shape of you, le public est debout, conquis et reprend en chœur avec les 8 chanteurs les paroles d’Ed Sheeran. Le pari est gagné pour The Voice cru 2017.

By Joan

The Voice la tournée

The Voice

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Inna Modja : interview selfie et rayonnante pour Motel Bamako

Inna Modja marque son retour musical et son retour aux sources avec Motel Bamako. Un album qui invite au voyage dans le pays de la chanteuse : le Mali. On redécouvre l’artiste à travers des textes forts, engagés et une musique qui mélange les genres.
Rencontre avec la nouvelle Inna Modja, qui poursuit sa tournée en France et à l’international.

Le sourire de la chanteuse Inna Modja smile interview pour nouvel album Motel Bamako warner music 2015 photo originale united states of paris blog usofparis

INTERVIEW

UsofParis : Vendredi à la Cigale, j’ai découvert une nouvelle Inna Modja. Hip-hop, rap, world music, électro… La pop c’est fini ?
Inna Modja
: Non, la pop a influencé l’album précédent mais le premier qui était plus acoustique. Je ne sais pas si c’est fini, mais sur cet album j’avais envie de rentrer chez moi au Mali et de retourner là où j’ai commencé avec la langue et le genre aussi. Au Mali, après la musique traditionnelle, le hip-hop est la musique la plus importante et la plus populaire. Naturellement donc, j’en écoute et j’ai commencé à en faire quand j’avais 15 ans. Je ne me suis pas improvisée comme ça, c’est juste quelque chose que je n’avais pas eu l’occasion de faire sur les 2 albums précédents.
Je me dévoile plus sur celui-ci. Avant, je parlais beaucoup des autres, de ce qu’il y avait autour de moi, sur celui-ci je parle de moi, de ma vie, de ma culture donc naturellement c’est un genre qui s’est imposé avec la langue aussi.

Du coup, tu ne chantes pas en français sur l’album, ce sont les personnes avec qui tu es en duo qui l’utilise…
Pas sur celui-ci. Mais c’est parce que j’ai grandi en Afrique anglophone, notamment à Bamako, et je parlais anglais. L’anglais sur l’album n’était pas un choix, ça s’est fait naturellement, de façon cohérente. Peut-être que sur le prochain, il y aura du français à nouveau.

Inna Modja Marco Conti Siki The journey of wingsforfreedom in Bamako wingsforbamako photo Facebook

Tu es donc repartie au Mali pour faire cet album, c’était vital pour toi ?
J’habite en partie à Paris et en partie à Bamako, j’y suis très souvent. Au moment où la guerre a commencé, j’étais en tournée et je n’avais envie que d’une chose c’était de tout plaquer et partir auprès de ma famille pour être avec eux dans ce moment pas facile. Quand j’ai commencé à écrire l’album je suis donc partie, j’ai pris ma valise, je suis rentrée chez mes parents sans décider du moment où je reviendrais. Je me suis imprégnée du Mali encore plus. C’est une autre atmosphère, je peux mieux parler de là-bas quand j’y suis.

Cet album-là est très engagé, c’est important pour toi ?
Sur le précédent, il y avait pas mal de chansons engagées aussi comme EmilySpirit, … J’ai abordé beaucoup de thèmes mais quand on a une chanson qui prend le dessus comme French Cancan, les autres sont moins mises en lumière. French Cancan, c’est une chanson qui m’a tellement porté chance et ça m’a permis de faire un 3e album.
Sur cet album, je parle plus de moi, et je suis quelqu’un d’engagé. Ça fait plusieurs années que je milite contre l’excision, je suis ambassadrice de l’AMREF qui aide à former des sages-femmes en Afrique. Ça fait partie de ma vie et de mon quotidien, et donc forcément cela s’invite dans ma musique. En plus, mon pays est en guerre, je ne pouvais pas ne pas en parler car ça bouleverse tellement de choses dans nos vies.

Tu as co-réalisé le clip de Tombouctou, ton concert est très visuel, avec des vidéos magnifiques du Mali, est-ce toi aussi qui les as tournées ?
Oui, je les ai faites avec Marco Conti Sikic. On avait envie de montrer une Afrique différente. On a tendance à parler des guerres… j’avais envie de montrer quelque chose de plus juste, de plus réel. J’ai utilisé des codes africains comme la récup’, le studio de  Malick Sidibé, etc.
On est dans une période qui est un peu flippante, où l’on ne sait pas qui est l’autre et quelle est sa culture. Et je pense qu’en découvrant des cultures différentes et riches, les gens peuvent être amenés à s’intéresser. J’avais envie de montrer l’Afrique dans laquelle j’ai grandi, sans une vision misérabiliste car on n’est pas misérable !

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Qui sont les femmes qui apparaissent dans le clip de Tombouctou ?
Il y a ma mère, ma grand-mère, ma sœur et sa fille et ma petite-cousine. C’était une expérience familiale. Elles se sont prêtées au jeu car elles croient en ce que je fais et dis. Les engagements que j’ai, je ne les tire pas de nulle part. Mon père est le plus grand féministe que je connaisse, il pense que l’avenir de l’Afrique est entre les mains des femmes. Ma grand-mère aussi est ultra-moderne.

Je suis ultra fan de The Noisettes, tu as travaillé avec eux pour le titre The man accross the streets » comment est née cette collaboration ?
Ce sont des copains. On est parti à Brighton chez Dan Smith, on a passé une semaine là-bas à discuter, refaire le monde, faire de la musique… Avec Shingai Shoniwa, on partage beaucoup de choses, elle est originaire du Zimbabwe, on a beaucoup de choses en commun. Ça faisait un moment qu’on voulait faire quelque chose ensemble et pour cet album ça s’y prêtait bien.

Vous n’avez fait qu’une chanson ?
Non, on en a fait plusieurs mais on n’en a gardé qu’une. Pour le live, je pense qu’on fera des chansons qui ne sont pas sur l’album.

Quelle est ta chanson la plus personnelle sur cet album ?
Forgive yourself dans le texte est celle où je me dévoile le plus. Sambe et Tombouctou sont vraiment mon état d’esprit.

selfie original et exclu pour UsofParis
selfie original et exclu pour UsofParis

Dans une ancienne interview, tu disais que ton rêve était de faire un duo avec Baloji et Oxmo Puccino, tu l’as fait ! Une envie pour un nouveau duo ?
Oh non, quand je prie ça arrive… Je ne sais pas encore, je ne fais pas beaucoup de collaboration. Quand j’en fais, c’est parce que j’ai un coup de cœur artistique.
Je pense qu’avec Salif Keïta ce serait une belle chose. Mais ça se fera certainement.

Quel est le dernier concert que tu as vu ?
Asa
, mais c’était il y a un moment.

Ton dernier coup de cœur musical ?
Janet Jackson
. Je l’adore depuis que je suis enfant et son dernier album est très chouette.

Un concert inoubliable dans ta carrière ?
Celui de La Cigale, qui vient de passer, parce que 90% de la set-list était composée des nouveaux titres ou chansons moins connues. C’était quitte ou double. C’était un très beau moment. Les gens ont dansé tout le long. C’était génial !

Inna Modja smile lookée nappy interview pour nouvel album Motel Bamako warner music 2015 photo originale united states of paris blog usofparis

Pendant ce concert, tu as repris le titre Caroline de MC Soolar, pourquoi ce choix ?
J’adore MC Soolar, et il manque à la scène hip-hop actuelle. Il est venu au Mali quand j’étais toute petite, j’étais allée le voir en concert avec mes sœurs et Caroline était une chanson qui m’avait marqué. Je ne sais pas ce qu’il fait en ce moment mais « reviens ! ».

Une dernière question qui m’a été soufflée par une fille (elle rit) : le nappy est à la mode depuis 4-5 ans, tu es l’une des précurseurs, c’est une mode ou un réel black power ?
Je ne pense pas que ce soit black power, c’est juste la nature, qui on est.
J’ai commencé il y a un peu plus de dix ans, ce n’était absolument pas la mode. Je me souviens que je me faisais pointer du doigt dans la rue, on se moquait de moi, on m’appelait Jackson Five, etc.
Et je suis heureuse de voir de plus en plus de filles avoir leurs cheveux naturels parce que c’est qui l’on est. On ne peut pas toutes être des grandes blondes d’1m80, parfois on est brune, parfois on est rousse, parfois on a les cheveux crépus parce qu’on est métis, noire, asiatique, etc. On ne peut pas tous rentrer dans le même moule. Le fait d’accepter que chacun est unique est important. Si tout le monde se ressemble, il n’y a pas d’intérêt.

Interview by Joan
Photos by Emmanuel 

Cover Motel Bamako pochette nouvel album Inna Modja Warner Music France 2015

Inna Modja
album Motel Bamako
(Warner)

En concert à Enghein-les-bains
le samedi 1er juillet à 20h30
(événement gratuit à 15 min depuis Paris Gare du Nord)

 

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Carmen Maria Vega divine allumeuse avec Santa Maria ! #livereport

Ce mardi, aux alentours de 20h, une longue file d’attente remonte la rue des Martyrs. Le public parisien est venu nombreux pour célébrer la sortie de l’album Santa Maria de Carmen Maria Vega au Divan du Monde. Il faut dire que cet album était très attendu. Début 2016, la chanteuse présente ses nouveaux titres lors de sa tournée Ultra Vega, mais ce n’est que le 7 avril de cette année que l’album sortira. Carmen aime roder ses chansons avant de les enregistrer. Et puis c’est une artiste qu’il faut absolument découvrir sur scène !

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La première partie du concert est assurée par Maria Dolores et Ava la dame en verte. La première est une meneuse de revue qui a changé de sexe 3 fois, la deuxième est une espèce de clown burlesque ultra sexy à l’humour totalement WTF. Tours de magies ratés, numéro de ukulélé orgasmique, tombola aux lots douteux amusent le public.

La scène reprend le décor du clip Le Grand Secret, avec un damier noir et blanc au sol, des crânes mexicains, des mannequins habillés de guirlandes lumineuses et une croix qui domine le tout. Carmen Maria Vega entre en scène pour interpréter Santa Maria. Elle est habillée d’une veste en plumes noires, les yeux maquillés d’un bleu électrique et est baignée dans une lumière bleutée, juste splendide. Elle me fait penser immédiatement à Barbara.

Le concert fait la part belle aux nouveaux titres de l’album qui sortira le 7 avril et on retrouve aussi quelques tubes des premiers albums. C’est un vrai duo que propose Carmen sur scène avec son seul musicien Kim Giani à la fois guitariste, pianiste, danseur… Un vrai partenaire de scène avec qui Carmen joue, s’amuse, danse. Ce n’est pas un simple concert, c’est un spectacle qui est proposé, avec une scénographie, des changements de costumes et un personnage : Ultra Vega, une Carmen version x1000 comme elle aime à le dire.

Santa Maria est sans aucun doute l’album le plus personnel de la chanteuse. Elle se livre, nous parle de son histoire, de ses origines, de sa quête d’identité. Des titres très rock (Tout ce qui finit en ine, Trans), mais aussi des titres qui nous emmènent beaucoup plus dans l’émotion comme J’ai tout aimé de toi, La fille de feu. On retrouve également le côté fougueux, provocateur de la chanteuse sur Bradé ou L’Honneur notamment. Carmen s’est entourée de 12 auteurs pour cet album, dont Zaza Fournier et Mathias Malzieu, pour nous montrer toute l’étendue de son talent.

La troupe de Madame Arthur (le cabaret voisin du Divan de Monde) rejoint le duo sur La Marquise, chanson du deuxième album de Carmen (Du chaos naissent les étoiles), pour une scénographie totalement hors du temps et folle.

La dernière chanson du spectacle a empli la salle d’émotion. Le Grand Secret écrite par Mathias Malzieu – qui est d’ailleurs dans la salle – est interprétée par Carmen dans une version guitare-voix, en toute simplicité. Cette chanson raconte le voyage au Guatemala qu’a effectué l’artiste en 2011 dans sa quête d’identité. Elle qui a été adoptée et a grandi en France, est partie dans son pays d’origine retrouver les traces de son passé. Une fin touchante, à fleur de peau… qui m’a mis les larmes aux yeux. C’est ça aussi Carmen Maria Vega, la fougue, la gouaille, l’humour mais aussi la fragilité et l’émotion.

Le public n’en finit plus d’applaudir, la salle est conquise. Carmen et Kim ne boudent pas leur plaisir de revenir sur scène pour se faire une dernière choré endiablée sur le titre La Menteuse.

La soirée se termine avec une petite séance d’autographes et de photos, avant d’aller « boire des coups » chez Madame Arthur.

By Joan

Carmen Maria Vega
nouvel album Santa Maria, sortie le 7 avril 2017
(Label AT(h)OME)

Tournée Ultra Vega
12/05 Le Temple – Bruay la Buissiere (62)
13/05 La Ferme Corsange – Bailly Romainvilliers (77)
19/05 Festival Barbara – Saint Marcellin (38)
20/05 La Batterie – Guyancourt (78)
01/07 Le Réacteur – Issy les Moulineaux (92)
08/07 Sons d’une nuit d’été – Nuit Saint Georges (21)

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Les Misérables en Concert 2017 : retour réussi à Paris ! #interview

Les Misérables en concert se sont posés à Paris pour 5 représentations entre le 3 et le 5 mars 2017 au Palais des Congrès. Nous étions présents lors de la première qui a marqué le retour de ce musical mythique joué pour la première fois en langue française depuis 1992. Nous avons eu la chance de passer l’après-midi dans les coulisses à la rencontre des différents artistes, d’assister aux balances, de découvrir les costumes. C’était comme un rêve de gosse de pouvoir voir l’envers du décor et nous sommes très heureux de le partager sur le blog.

Il est 15h30, les musiciens et les artistes arrivent tout juste de Rennes où ils jouaient la veille. Paris est la 4e ville de cette tournée. La plupart des artistes nous confient leur stress de jouer la première à Paris, le public y étant assez exigeant. Il faut dire que jusque-là le succès a été au rendez-vous puisque chaque concert s’est terminé sur une standing ovation. Ils n’ont donc qu’une envie : avoir le public parisien debout ce soir !

Nous rencontrons Ita Graffin qui joue le rôle de Fantine dans sa loge.

USofParis : Jouer Fantine en français donne-t-il une dimension supplémentaire au rôle ?
Ita Graffin : Oui puisqu’elle est de retour dans son pays natal, Fantine. Elle est très contente 🙂 J’adore ses paroles. Ce sont des très belles paroles. C’est une Fantine qui m’habite.

Comment t’es-tu préparée pour ce rôle ?
En fait, on a été mis dans le bain tout de suite. On a passé les auditions 5 jours après les attentats du 13 novembre. On a tout de suite était baigné dedans. On a tous perdu quelque chose ce 13 novembre. On va dire que c’est comme ça que je l’ai préparé.
Fantine c’est une mère avant tout, pleine de désespoir, d’abnégation, abandonnée de tous et de la vie. Pendant la tournée elle s’est enrichie car j’ai vraiment tissé un lien avec les deux petites filles qui jouent Cosette.

As-tu le trac pour ce soir ?
Je vais vous avouer, j’ai 20 personnes proches qui viennent me voir ce soir. Mais particulièrement à Paris, on est tous un petit peu angoissé à l’idée de chanter ici, parce que Les Misérables on ne les a pas entendu à Paris depuis très très longtemps. On n’a pas de doute, on sait que c’est super ce spectacle, le public nous l’a très bien rendu ces 3 derniers jours : debout et en larmes.
On sent l’attente du public parisien, son exigence. C’est un mélange de stress et de hâte. Faire lever un public c’est quelque chose.

Ce n’est pas frustrant de ne jouer qu’une version concert ?
C’est une version concert mais habitée. Cette œuvre est magique car pour moi elle n’a pas besoin de mise en scène pour parler aux gens. Le texte parle de lui-même, les interprètes sont tellement investis dans leurs personnages.

Si tu pouvais jouer le rôle de tes rêves dans une comédie musicale lequel ce serait ?
Ce serait Maria de La Mélodie du Bonheur. J’ai été bercée par ce musical depuis toute petite. Si je chante aujourd’hui c’est grâce à La Mélodie du Bonheur, je rêverais de jouer ce rôle.

C’est au tour de sa fille Cosette, rôle tenue par June Van der Esch dans sa version adolescente, de nous rejoindre pour quelques questions.

USofParis : Comment es-tu venue sur le projet ?
June Van der Esch : J’ai passé le casting. Ils cherchaient des voix lyriques et semi-lyriques, ils n’avaient pas précisé que c’était pour Les Misérables (c’était le cas pour tous les chanteurs).  J’ai ensuite préparé le rôle consciencieusement, j’ai beaucoup travaillé la partition. Je me suis beaucoup préparée à être aussi nue sur scène que l’est Cosette, parce qu’elle est jeune et amoureuse, candide.

Ne la trouves-tu pas un peu nian-nian cette Cosette ? 😉 
Non ! En fait si ! Mais j’adore ça. Je m’étais dit justement : « Non ! Moi ma Cosette elle sera un peu plus caractériel. » Je m’étais dit qu’elle avait du caractère et en lisant l’œuvre de Victor Hugo, non elle est vraiment décrite comme étant pure, nue, douce. Dans Victor Hugo, il y a pleins de personnages qui représentent pleins de genre de personne. Il y a ces personnes qui pleurent vite, qui sont un peu des livres ouverts, qui ne peuvent pas cacher leurs sentiments. Et elle est un peu comme ça, à cause de son enfance. Elle a peur des gens, peur de l’amour. Je trouve ça beau dans ce personnage si fleur bleue.

As-tu une comédie musicale coup de cœur ?
Oh oui j’en ai plein. Je suis né dans le jazz. J’aime bien les musicals un peu jazzy, ceux avec Fred Astaire. J’aime aussi les plus classiques comme La Mélodie du Bonheur, West Side Story. Ce que j’aime beaucoup c’est jouer des rôles de méchantes, de folles, donc les comédies musicales un peu barrées qu’on trouve surtout à Broadway j’adore.

17h, petite pause dans les interviews, le temps de découvrir les costumes qui viennent juste d’arriver dans la loge des filles où l’on peut entendre Ita Graffin faire ses vocalises en chantant les notes que Mary Poppins se chante à elle-même dans la célèbre scène du miroir (elle est très fan de Julie Andrews). Les costumes ont été créés spécialement pour le spectacle par Antikcostume.

Ainsi que ceux des hommes.

Nous rencontrons finalement les Thénardier : Christina Koubbi et Ronan Debois.

USofParis : Ça vous fait quoi de jouer ces horribles méchants ?
Christina Koubbi :
Ça fait trop du bien et du mal pour les autres 🙂
Ronan Debois : C’est jubilatoire. C’est relevé, drôle, cruel. Le rôle des Thénardier ça embarque les gens.
Christina Koubbi : On pourrait leur trouver des circonstances atténuantes parce qu’ils ne sont pas issues du bon milieu, mal nés on va dire. Ils essaient de réussir et leur moyen de réussite c’est de voler les autres.

Même avec les enfants, même leurs propres enfants, ils sont odieux.
CK : À la base Mme Thénardier adore ses filles. Elle n’aime pas ses fils, enfin son fils Gavroche (on ne sait pas dans le musical qu’il est leur fils). Dans le roman, elle a d’autres fils qu’elle a dégagés aussi. Au deuxième acte on voit ce rapport avec Eponine qui est laissée pour contre, à la rue.
RN : En effet ils sont terribles avec Cosette. Avec Eponine, leur propre fille ils sont odieux. Monsieur Thénardier en a clairement rien à foutre de sa fille.

Ce sont des rôles très habités, très aimés du public. À Londres, ils sont très applaudis à la fin. Comment avez-vous fait pour vous approprier ces personnages emblématiques ?
RN : On a proposé quelque chose à l’audition, il se trouve que ça a plu. J’ai assez peu regardé d’autres choses, j’ai essayé de me l’approprier le plus possible. Je connaissais peu les Misérables, je connaissais quelques airs.
CK : Moi aussi je n’ai rien regardé de ce qui existait déjà. Je connaissais un peu Les Misérables, j’ai travaillé le rôle d’Eponine quand j’étais plus jeune au conservatoire.

En dehors des Misérables, quel autre rôle aimeriez-vous jouer ?
RN : J’aime beaucoup Sweeney Todd
CK : Sally Bowles dans Cabaret.

18h45, c’est l’heure des balances. La troupe est sur scène avec l’orchestre pour les derniers réglages micros et lumières.
20h30, l’orchestre entre sur scène sous les applaudissements du public. Victor Hugo à son pupitre commence son récit des Misérables.

Le spectacle est vraiment magnifique.
La présence de l’orchestre symphonique sur scène donne toute sa dimension à l’œuvre musicale. Les différents personnages sont parfaitement incarnés. Mention spéciale pour Pierre-Michel Dudan qui tient le rôle de Javert et à Ronan Debois dans le rôle de M. Thénardier qui tiennent leurs personnages à merveille. Les voix sont à couper le souffle et nous transmettent une réelle émotion. J’ai retrouvé ce que j’ai pu ressentir à Londres en entendant certains titres comme : Le grand jour, Sous les étoiles, Comme un homme, C’est pour demain qui donnent véritablement la chair de poule.
La scène dépourvue de décor peut surprendre mais les jeux de lumières magnifiques nous font vite oublier ce détail. Les lumières sont le décor et se suffisent à elles-mêmes tellement le travail de Roque Ségovia est superbe.

Sans surprise, le public est debout à la fin du concert, ému, certains ont les larmes aux yeux. Ces voix, cet orchestre, cette simplicité ont suffi pour transmettre au public parisien toute l’émotion de ce musical mythique.

Petit bonus, dernier rappel a capella sur C’est pour demain.

La tournée est un véritable succès, on espère vraiment un retour sur Paris pour en reprendre une seconde fois pleins les yeux et pleins les oreilles.

By Joan

Les Misérables en Concert
(production CITYPROD)

Producteur : Philippe Barreau
Directrice artistique : Magda Hadnagy
Directeur musical : Christian Cravero
Arrangeur et pianiste : Didier Mouret
Costumes : Yves Guilnhuit – Antikcostumes
Créateur lumières : Roque Ségovia

Tournée en France :
15/03 Galaxie d’Amnéville
16/03 Zénith de Nancy
17/03 Zénith de Rouen
18/03 Zénith de Caen
19/03 Zénith Lille

Site officiel : lesmiserablesenconcert.com

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Julie Zenatti : Voyage en terres Méditerranéennes #Interview

Après son album Blanc et une tournée qui a duré plus de deux ans et demi, Julie Zenatti revient avec un projet passionnant réunissant plusieurs artistes aux univers bien différents. C’est un véritable retour aux sources et une envie de renouer avec ses racines qui ont motivé la réalisation de Méditerranéennes. Une très belle façon de rendre hommage mais aussi de découvrir les cultures musicales du bassin méditerranéen.

INTERVIEW SELFIE

selfie exclu #UsofParis

USofParis : Comment est né le projet Méditerranéennes ?
Julie Zenatti : Quand j’ai commencé à le penser je me suis dit qu’il fallait très vite que j’entre en studio pour essayer des choses. J’en ai parlé avec Franck Authier (réalisateur de l’album Blanc) qui a aimé l’idée. On s’est enfermé pendant 3 semaines pour voir ce qui était possible. Je l’ai ensuite proposé à  l’équipe Capitol qui a été emballée.

Dès le départ, vous avez pensé le projet comme un album de duos ?
En fait, c’est un album collégial. On a essayé de créer des formats de duos, de trios différents. L’idée c’était que les artistes participent à cet album en tant que solo mais pas que. Certains viennent sur un titre faire les chœurs, d’autres qui ont fait une double voix,… L’idée c’était vraiment de créer un groupe.

Certaines personnes que vous auriez aimé avoir sur le projet vous ont-elles dit non ?
En fait, je ne suis jamais déçue de rien. Je ne suis pas fataliste mais je crois au destin. Toutes les personnes qui ont embarqué sur ce projet (les 13), je n’ai pas eu besoin de leur raconter ce que j’avais envie de raconter, ni de les convaincre. C’était pour eux une évidence.
Dès qu’il fallait que je passe à 3 phrases, je savais fatalement que c’était des gens que je n’aurais pas sur le projet. Je ne m’attendais à rien, j’ai laissé les choses venir.

Pourquoi ce projet, est-ce qu’il y a une raison derrière ?
Il y a toujours une raison. On ne fait pas les choses pour rien. Jamais.

Un album de reprises c’est une démarche très différente que de sortir un album à soi, il y a une vraie démarche derrière.
C’est un peu ma madeleine de Proust. Nos vies sont souvent ponctuées par des chansons qui font partie de notre héritage, de notre inconscient, d’un moment de notre vie, et c’est un peu comme ça que ça commence quand on a envie de reprendre les autres.
Puis, il y avait aussi une envie de faire découvrir des gens d’ailleurs, c’est pour ça qu’il y a des chansons très connues et d’autres moins, même parfois il va falloir qu’on dise d’où viennent les chansons, comme Zina. C’était cette envie-là de faire découvrir des chansons incroyables qui viennent d’ailleurs. La démarche est très personnelle au départ.

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Dans le contexte actuel, on peut penser à un album engagé, c’est ce qui m’est venu à l’esprit quand je l’ai écouté et que j’ai découvert le concept.
Pour moi, ce n’est pas un concept, c’est une parole. D’essayer que le beau métier qu’on fait serve à raconter des choses qui soient réelles, en y mettant un peu de magie. De se dire qu’un jour, ça a été possible et ne jamais l’oublier.
Je ne sais pas si c’est un album engagé car déjà j’ai beaucoup de mal avec les étiquettes et c’est vrai qu’après on a du mal à s’en défaire.

Il y a quand même un message de tolérance. Je l’ai ressenti avec la reprise de Et si en plus y’a personne d’Alain Souchon, qui est juste magnifique.
Cette chanson, c’est une chanson qui a tout de suite fait partie de ma liste, même si elle n’est pas méditerranéenne. Ça me semblait assez normal et évident de donner mon point de vue, qui n’est  que mon point de vue. D’ailleurs, au départ, je devais la chanter seule, je ne voulais imposer mon point de vue à personne. Je la chante avec Samira Brahmia qui est une chanteuse algérienne. J’étais en train de l’enregistrer quand elle est arrivée au studio pour enregistrer une chanson, et elle m’a dit « Je veux chanter ce titre ! ». Et là je lui ai dit « Tu sais ce que ça implique de chanter ce titre, c’est que tout d’un coup tu te positionnes » et elle m’a répondu « Mais je veux ! ».
Donc oui cette chanson est une chanson engagée à la base et c’est vrai que nous, de par notre association et de par la manière dont on l’a réalisée, c’est à dire qu’on ne met que les mots en avant (si on avait pu la faire a capella on l’aurait fait), c’était vraiment une envie de mettre en valeur ce texte et cette pensée qui, au fond, est la mienne.

J’imagine qu’il y a un désir de porter cet album sur scène ?
Grave ! Mais ça ne va pas être simple. Mais je suis sûre qu’on va y arriver. Je ne sais pas comment, mais on y arrivera !

En parallèle, avez-vous un album solo en préparation ?
Avec la période de blanc avant Blanc, j’ai eu pas mal le temps de réfléchir à pleins d’envies. Au moment où Blanc est sorti, j’avais déjà Méditerranéennes en tête. Il ne s’appelait pas comme cela au départ dans ma tête. Le prochain album j’y pense, bien sûr. Je fais des chansons et puis après on verra si ça va au bout, si cela devient un truc à la fin. Là, le fait de travailler différemment, avec d’autres chanteuses, de travailler sur la réalisation, ça m’a aussi permis de respirer et de me donner beaucoup de matière pour commencer déjà à écrire la suite. C’est assez chouette.

Selfie polaroid original #UsofParis

C’est vous qui avez choisi les combinaisons d’artistes sur les différents titres ?
J’avais prévu et après je me suis adaptée en fonction des envies, des voix et aussi de la manière dont les artistes avaient envie de raconter leurs appartenances à un endroit ou à une double culture. C’est pour cela que ça chante en différentes langues, que certains textes ont été adaptés, mais pas dans le sens original ou littéral, plutôt complètement réécrits. C’est considéré comme des adaptations mais ce sont des textes tout nouveaux.
Par exemple, Slimane avait très envie de porter Mon amie la rose car pour lui c’est un hommage à la femme. Il voulait rendre hommage à toutes ces femmes et à son éducation matriarcal. Et il n’a pas voulu qu’on change le texte qui est tout au féminin. Pour lui, c’était ça aussi rendre hommage. On s’est adapté aux envies, à la manière dont ils avaient envie de porter ce message parce que cela peut faire peur aussi de se dévoiler.
Ce que j’ai envie c’est que ces artistes défendent et racontent cette histoire et je suis assez contente parce que chacun de son côté porte ce projet et le porte fièrement et j’en suis la première surprise.

Difficile de ne pas évoquer Notre Dame de Paris qui a fait son retour à Paris. L’avez-vous vu ?
Non, j’étais en studio et je n’ai pas pu aller les voir.

Que pensez-vous de ces reprises de comédies musicales à succès ?
On m’a dit que c’était super, et cela ne m’étonne pas car Hiba Tawaji est juste magique. C’est un choix super.
Qu’est-ce que j’en pense ? Je suis fière. Je me dis qu’il y a une Fleur-De-Lys qui regardait mes prestations pour savoir quoi faire et comment se différencier aussi de mon interprétation. Je trouve ça génial. Quelque part, j’ai l’impression que nos rôles, notre manière d’aborder le rôle a un moment, ça a été un petit modèle pour quelqu’un et ça continue à grandir. Notre Dame de Paris est un spectacle très moderne, c’est à dire que c’est cruellement d’actualité.

Un bon ptit resto  à nous conseiller à Paris ?
Un très bon resto que j’ai découvert récemment : Bonhomie. C’est dans le Xe (22 rue d’Enghien) et c’est très très bon.

Votre dernier coup de cœur musical ?
Le dernier album de Véronique Sanson. Sur le cul. Textes, voix, arrangements, dans sa globalité pour un album complet.

Le dernier artiste que vous avez vu sur scène ?
Samira Brahmia, qui fait partie du projet. Je suis allée la voir au Cabaret Sauvage dans un spectacle qui retrace l’histoire de l’Algérie. C’était super, je me suis régalé.

Un duo rêvé ?
Oum Kalthoum, une très grande chanteuse du Moyen-Orient.

On vous a connu lorsque vous aviez 15 ans, vous en avez plus aujourd’hui. Vous n’avez pas changé ! Quel est votre secret ?
C’est sympa ! (L’attaché de presse derrière confirme ce que je viens de dire). Je suce toujours mon pouce c’est peut être ça.  🙂
Non, je ne sais pas. C’est gentil, ça me fait plaisir.
Un jour, on ne me le dira plus et là, je saurais que je l’ai pris d’un coup mon âge.

Interview by Joan

Julie Zenatti
nouvel album Méditerranéennes
(Capitol Music France)

sortie le 24 mars 2017

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Les Misérables de retour à Paris en version originale avec 30 chanteurs

L’emblématique musical Les Misérables fait son grand retour dans sa ville natale, en version concert avec 30 chanteurs et orchestre symphonique. Rendez-vous en France dès le 28 février et à Paris les 4 et 5 mars pour redécouvrir l’œuvre de Victor Hugo.

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Le show se joue depuis 32 ans à Londres, ce qui en fait « The world’s longest running musical« . Mais saviez-vous qu’à l’origine ce musical au 76 récompenses est une adaptation d’une production française ?
Les textes ont été écrits par Alain Boublil et Jean-Marc Natel, la musique est signée Claude-Michel Schönberg et la mise en scène de Robert Hossein. « Les Miz » ont été à l’affiche du Palais des Sports pendant 3 mois en 1980.

© Philippe Fretault
© Philippe Fretault

C’est le producteur anglais Cameron Mackintosh qui décide de l’adapter en anglais en 1985 à Londres. Les critiques n’ont pas été tendres avec le spectacle, mais le public lui était au rendez-vous, battant des records de réservations. Un véritable succès !  Depuis le musical a été vu par plus de 70 millions de spectateurs à travers le monde et se joue depuis octobre 1985 au West End à Londres affichant complet chaque jour.

© Philippe Fretault
© Philippe Fretault

C’est une version inédite du spectacle, avec les textes originaux, que propose Philippe Barreau avec Les Misérables en concert. 30 chanteurs et chanteuses lyriques, accompagnés d’un orchestre symphonique jouant live sur scène. Un pari osé en France, où ce format est totalement nouveau. De plus, le public français connait très peu ce musical, d’autant plus en français dans le texte.

Un peu sceptique au premier abord, la présentation que nous avons eu au Théâtre Comedia m’a totalement conquis.
Y’a pas à dire, un orchestre symphonique en live ça fait son effet ! Les costumes, les jeux de lumière, tout y est. Et les voix ! CES VOIX ! J’ai eu les frissons à plusieurs reprises. Un casting juste parfait pour reprendre les rôles mythiques de ce spectacle.

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A la fin de la présentation, Philippe Barreau est monté sur scène pour dire quelques mots. Il a notamment partager la raison pour laquelle il a monté ce concert. Il avait vu la version française de la comédie musicale à Mogador en 1991 (la dernière fois qu’elle a été présentée en français en France) et rêvait depuis de la monter lui-même pour ressentir à nouveau la magie qu’il avait eu à l’époque.
La magie est bien là. Nous n’avons qu’une hâte, entendre à nouveaux toutes ces voix magnifiques au Palais des Congrès du 3 au 5 mars 2017 et en tournée.

By Joan

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Au Palais des Congrès de Paris les 4 et 5 mars
En tournée dans toute la France du 28 février au 19 mars

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Le Trianon debout pour LP la chanteuse de Lost On You

Vous n’avez pas pu passer à côté du titre de cette fin d’année. Lost On You est le tube du moment. Et il y a de quoi ! La musique, les paroles mais surtout la voix de LP résonnent dans tous les esprits.
La chanteuse auteure de titres à succès pour Rihanna, était en concert début décembre au Trianon, quelques jours avant la sortie de son album éponyme de sa chanson déjà culte. Le public était au rendez-vous. Sold out depuis plusieurs semaines,  certains fans sont arrivés tôt devant la salle pour être au plus près de l’artiste.

LP-singer-chanteuse-Lost-on-You-tour-concert-live-Le-Trianon-Paris-photo-by-Joan-Usofparis-blogDerrière LP, qui se prononce « Elle Pi », se cache Laura Pergolizzi, une américaine d’origine italienne qui a démarré sa carrière en 2001 avec l’album Heart-Shaped Scar. Entre les sorties de ses albums (au nombre de 3), elle écrit également pour d’autres artistes de renoms comme Rihanna, Christina Aguilera ou Rita Ora. Malheureusement le succès de ses albums n’a pas été au rendez-vous, et on se demande bien pourquoi !

C’est en mai de cette année que le talent et la voix de LP ont été remis en lumière. La série Orange is the new black a choisi Muddy Waters pour la scène du dernier épisode de la saison. Une dernière scène sous tension mais aussi très émouvante puisque l’on dit adieu à un personnage culte (je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler).

C’est avec ce titre que la chanteuse ouvre son concert au Trianon. LP arrive sur scène en chemise à motifs et avec son fameux perfecto noir sous les applaudissements du public. Il est très difficile de se frayer un chemin dans la fosse tellement les fans sont nombreux à vouloir être proche de la scène. À noter que les trois premières chansons du concert et le rappel sont retransmis en direct sur la page Facebook de la chanteuse. Une façon de combler les fans qui n’ont pas pu avoir de place pour la soirée.

Les yeux cachés derrière ses cheveux noirs bouclés, LP enchaîne les titres de son EP Death Valley, mais aussi certaines chansons de ses anciens albums comme Into the wild ou Tokyo Sunrise. Elle surprend tout le monde avec sa voix puissante et ses sifflets qui sont devenu sa marque de fabrique. Le public connait déjà par cœur la plupart des chansons et ne se prive pas pour chanter avec la jeune femme. Auteur, compositeur de ses titres, LP s’accompagne à l’harmonica, à la guitare ou au ukulélé sur certaines chansons.

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Le moment que tout le monde attend est bien entendu le tube Lost On You. Le point d’orgue du concert. LP ne manque pas d’aller à la rencontre de son public, lui touchant les mains, regardant certains spectateurs droit dans les yeux. Un très beau moment de communion avec la salle qui reprend en chœur et à l’unisson le refrain de la chanson.

Elle offre ce soir-là un titre inédit Tightrope qui est présent sur son album tout juste sorti. Les plus fervents admirateurs de la chanteuse (qui sont au bord de la scène) connaissent déjà toutes les paroles.

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LP termine son set avec Levitator, titre qui figure sur son précédent album. La salle est debout et n’en finit plus d’applaudir pour un rappel. La chanteuse américaine revient donc nous chanter le magnifique titre Forever For Now en guitare/ukulélé voix. Un moment suspendu dans un Trianon silencieux avant de finir en apothéose sur une reprise de Lost On You. LP ne cache pas son bonheur d’aller toucher les mains de ses fans, se mettant même sur la pointe des pieds pour aller toucher celles des fans au balcon. La salle est debout et chante à pleins poumons les paroles que tout le monde connaît : « Let’s raise a glass or two, To all the things I lost on you, Oh oh ... ».

By Joan

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LP
album Lost On You
(BMG Music France)

Concert à Paris,  la Salle Pleyel le 13 avril 2017

 

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FRANCES itv d’une révélation – de Coachella au Café de la Danse

Frances est une des artistes anglaises émergentes les plus talentueuses de 2016. Ses différents EP ont fait un carton aux USA et outre-manche. Son premier album intitulé Things I’ve never said sortira en mars 2017.
Elle sillonne déjà les scènes de Coachella au Café de la Danse (le 18 avril prochain). Nous l’avons rencontrée pour revenir sur son année riche en émotions qui vient de s’écouler et celle pleine de promesses à venir.

FRANCES / INTERVIEW SELFIE

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UsofParis : Ton premier album va sortir en mars, il s’appelle Things I’ve Never Said. Pourquoi ne les as-tu pas dites avant ?
Frances : Je ne sais pas. Je pense qu’en quelque sorte c’est ce que j’ai élaboré pendant que j’écrivais l’album. Et c’est ce qui est venu avec le titre. J’étais en train d’écrire les chansons et je me disais : « Pourquoi est-ce la première fois que je dis ces choses ? » Tu peux trouver les paroles pour ce que tu as envie de dire dans une chanson mais peut-être pas les mots pour le dire en personne.

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Tu as commencé à composer à 12-13 ans, est-ce que sur ton album il y a des chansons de cette période ?
Non, je pense que la plus vieille j’avais à peu près 18 ans.

C’est laquelle ?
Il y en a 2. Une qui s’appelle Drifting et il y a Sublime que j’ai écrite lorsque j’étais à l’université. Je devais avoir 18-19 ans.

Qu’est-ce qui t’inspire pour écrire ?
Tout, tout ce que je vois autour de moi, les gens que je rencontre, évidemment mes expériences personnelles. Peut-être aussi, quand une personne qui est proche de moi passe par une épreuve ou une expérience, je peux écrire une chanson à propos de ça.  Mais peu importe ce que c’est, je dois avoir un rapport avec, il doit y avoir un sens pour moi.

As-tu des influences ?
Oui, beaucoup. Tout ce que tu entends. Tout ce que j’entends fini là dedans, quelque part. Mais j’adore Radiohead, Björk, Coldplay. Et puis en plus jeune Ed Sheeran. Il est bon.

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Une de mes chansons préférées de ton EP est Don’t worry about me, peux-tu nous en dire plus à propos de ce titre ?
Oh, merci. C’était génial parce que quand je l’ai écrite, je n’ai pas vraiment pensé à l’enregistrer. Je pensais qu’elle était un peu étrange parce qu’elle commence a capella. Il n’y avait pas vraiment de structure, c’était presque comme un hymne. Et puis je l’ai écouté plusieurs fois et je me suis dit : « Oh c’est vraiment plus logique » et je l’ai joué à d’autres personnes qui l’ont adorée.
Je l’ai écrite exactement comme je voulais l’écrire puisque je ne pensais pas que quelqu’un d’autre l’entendrait. Donc ça m’a appris que je devrais juste faire ce que je veux faire et ne pas trop penser à ce que les autres attendent.

Tu as l’habitude de ne jouer qu’avec ton piano, est-ce différent de jouer avec tout un groupe sur scène ?
Oh non ! J’adore ça ! J’aime vraiment jouer toute seule aussi parce que c’est intime, mais quand tu as pleins d’instruments derrière toi cela ajoute une profondeur supplémentaire. Et maintenant ce que je fais c’est jouer toute seule en imaginant ce que mes musiciens feraient.

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Tu étais sur la scène du Coachella et de SXSW, de gros festivals au monde. N’est-ce pas fou pour une jeune fille ?
Oui, surtout d’être en Amérique, je n’y étais jamais allée avant. Ma première fois c’était pour faire la première partie de James Bay sur sa tournée : « C’est si bizarre ! ». Et j’ai fait mon propre concert à New York, à L.A. et puis je suis allée en Australie et en Nouvelle Zélande, de l’autre côté du monde.
Ce qui est vraiment génial parce que je ne pense pas que j’aurais pu aller dans ces pays si je n’avais pas fait de musique.

Coachella est très spécial…
C’est un peu bizarre, parce que tu es au milieu du désert, dans une sorte de terrain de polo bien entretenu et il y a beaucoup de célébrités, des Instagramers.
Je viens de penser que c’était assez hilarant, mais c’était très beau, c’était très joli et la musique étonnante. Et en raison des lois aux USA, tu ne peux pas tenir une boisson et regarder un concert. Ce qui est cool parce que cela veut dire que la foule n’est pas crazy. Les festivaliers ne se dépoilent pas et n’essayent de sauter sur toi. Tout le monde est vraiment là pour regarder les concerts.

Une rencontre, quelque chose d’inhabituel à Coachella ?
Je regardais Disclosure et puis cette femme est entrée… les cheveux roses dans une sorte de combinaison avec des nuages et je me suis dit : « Humm, drôle de costume ! ». Et puis j’ai levé les yeux et c’était Katy Perry : « Oh ! Il n’y a vraiment qu’elle qui peut mettre ça ». Elle dansait avec un gars, je me disais : « je me demande qui c’est ». Il avait un chapeau, c’était Orlando Bloom. Et j’étais là, à regarder Disclosure. Ensuite The Weeknd est entré avec 8 personnes de son équipe, c’était fou. Apparemment une Kardashian est passée dans la loge aussi. Donc c‘était un endroit assez étrange, mais cool.

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Tu as fait la première partie de James Bay lors de sa tournée aux USA. Est-ce qu’il t’a donné des conseils ?
Oui, il m’a dit : « Profite de tout ! », en rajoutant : « Tu sais ça va devenir vraiment intense, et vraiment fou. Donc tu dois t’assurer de profiter de chaque instant » et aussi « Ne le prends pas trop au sérieux, rappelle-toi pourquoi tu le fais. »  C’était très gentil.

Maintenant, imagine que tu peux chanter avec la personne que tu veux. Qui choisirais-tu ?
Probablement Ed Sheeran. Seulement parce qu’il joue de la guitare et je pense que nos voix iraient plutôt bien ensemble. J’image ça.

Est-ce qu’il le sait ?
Non, il ne le sait pas. Il n’y a pas eu assez d’interviews….

Il va savoir maintenant !
Ce serait plutôt cool.

Hier, pendant ton set, tu as dit que tu aimerais vivre à Paris. Pourquoi ?
J’adore ! Les bâtiments ! Ils ne ressemblent à nulle part ailleurs, je pense. C’est si étonnant. Et je pense que Paris est si vivante, tous les jours de la semaine.

Si Paris était une de tes chansons, laquelle serait-elle ?
Oh, c’est une très bonne question ! Probablement l’une de celle qui plus en uptempo … peut-être Under Our Feet.

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Quels sont tes projets pour l’année prochaine avec cet album ?
Je pense juste que je vais être en tournée, ce qui va être génial. Toutes les chansons vont vraiment prendre vie.

Seule ou avec le groupe ?
Avec le groupe. Probablement avec le batteur aussi. Et peut-être quelques cordes en plus. Donc oui, je vais faire beaucoup de cela. Et je vais continuer, je pense, l’écriture. J’écris tout le temps … Je vais probablement terminer le deuxième album avant de terminer la tournée pour le premier.

Ton dernier coup de cœur musical ?
Ce serait probablement un coup de cœur pour une fille… comme Beyoncé, son dernier album est incroyable. Le meilleur !

Quel était le dernier artiste que tu as vu sur scène ?
Birdy. J’étais à Londres vendredi. Tellement bon. Elle est en tournée.

As-tu un bon spot à Londres à partager avec nous, un restaurant ?
Un bon restaurant à Londres, il s’appelle The Pollen Street Social, c’est incroyable. Ce n’est pas trop cher, mais c’est vraiment bien. Et il y a une cheminée.

Une salle de concert à London?
Là où j’ai vu Birdy, le Hammersmith Apollo, c’est incroyable. Brixton Academy, probablement le meilleur, je pense. Les petites sont très cool comme Koko, qui a seulement 1 500 places. C’est une sorte de vieux théâtre avec des rideaux rouges et des tapis rouges.

Quel genre de relation entretiens-tu avec tes premiers fans ?
Certains sont là depuis le tout début,et ils m’ont suivi. Il est encore très tôt, ils sont vraiment patients et si adorables.

Interview by Joan and Alexandre
Merci à Fran

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Frances
Premier album Things I’ve never said
(Capitol Music)

sortie prévue le 17 mars 2017

Concert le 18 avril 2017 au Café de la Danse, Paris
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Frances a star is born / from Coachella to Paris – Interview !

Frances is one of the most talented emerging artists of 2016. Her differents EP have made a hit in the USA and in the UK. Her debut album Things I’ve Never Said will be released in March 2017. She was on stage at the Cafe de la Danse for Pitchfork Avant-garde, we met her on the first floor of Barbès the next morning to review the past year with her and speak about the one coming which is full of promises.

FRANCES / SELFIE INTERVIEW

Exclu #USofParis
Exclu #USofParis


USofParis : Your first album will be released in March, It’s called… Things I’ve Never Said. Why didn’t you say those things before?
Frances: I don’t know. I think that’s kind of.. a bit… what I worked out while I was writing it. And that’s how I came up with the title because I was kind of writing songs and going: « Why is it the first time I said these things?« . You can find the lyrics for what you want to say on a song but maybe not the words to speak in person, so.

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You start writing music at 12-13. On your album, is there a song from this time?
No. I think the earliest one was when I was about 18.

Which one?
It’s two: one called Drifting and one called Sublime, that I wrote when I was in university, like 18, 19.

What inspires you to write?
Everything, everything I see around me, the people I meet, obviously personal experience… or it might be, you know, someone I’m close to who says they’re going through something and I kind of write a song about that. But whatever it is, I have to relate to it, it kind of has to make sense for me.

Do you have any influences?
Yeah, so many. Everything you hear… everything I hear kind of ends up in there somewhere, but I love Radiohead, Björk, Coldplay, and then more modern like Ed Sheeran, he’s great.

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One of my favourite songs on your album is Don’t worry about me, could you tell us more about this song?
Oh, thank you. It was great because when I first wrote it, I didn’t really think that it would be released. I thought it was a bit strange, because it started with a cappella… and it didn’t feel like it had much of a structure, it was almost like a hymn, it was weird. And then I kind of listened to it a few times and it was like : « Oh, it is actually making more sense », and I played it to some other people and they were like « Oh my God » and they loved it. I think it was interesting because I wrote it exactly how I wanted to write it, because I didn’t think anyone else would even hear it.  So that kind of taught me a lesson, that I should just do what I want to do, and not think too much about what other people are going to think of it.

You used to play only with your piano. Is it difficult for you to play with the whole band on stage?
Oh no, I love it. I really like playing on my own as well because it’s very intimate… but when you got lots of other instruments behind you, it just going to add extra depth. And now what I do is play on my own imagining what they would be doing.

You played at Coachella, SXSW, some of the biggest festivals in the world. Isn’t it crazy for a young girl?
Yes, especially to be in America, as I had never been to America before, and my first time going to America was to support James Bay on tour, and it’s like : « This is so weird« .  And I did my own show in New York, in LA, and then I went to Australia and New Zealand, which is completely on the other side of the world. Which is really cool because I don’t think I could ever get to go to those places if I wasn’t doing music, so it’s pretty cool.

But Coachella is very special…
It’s kind of weird, because you’re in the middle of the desert, in a kind of manicured polo field, and there are lots of celebrities, Instagram models, and… I just thought that it was kind of hilarious, but it was very beautiful, it was very pretty, and the music is amazing, and because of the drinking laws in America you can’t hold a drink and watch the gig. Which is actually kind of cool because it means the crowd is not crazy, they are not getting bare and trying to jump on you, everyone is really watching music.

Any friendly meeting, anything unusual at Coachella?
I was watching Disclosure and then this woman came in… pink hair and like a jumpsuit with clouds on it… and I was like : « Hmm funny outfit » and then I looked up and it was Katy Perry. And I was like : « Oh only she can pull that up« , and then she was dancing with a guy and I was like: « Hmmm I wonder who that is« , and then he had this hat and he looks up and it was Orlando Bloom. And I was like here and I’m just kind of watching Disclosure. Then The Weeknd came in with about eight of his crew, it was mental… and apparently a Kardashian came into the dressing room a little bit, but I can’t say… So it was a very kind of strange place, pretty cool, though.

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You supported James Bay when he was touring around the US, did he give you some advice?
Yeah, he said to me: “Enjoy everything » because he was like: « You know, it’s gonna get really crazy busy, and really crazy, so you need to make sure that you’re enjoying every little bit » and « Don’t take it too seriously, remember why you’re doing it« . So that’s nice.

Imagine now you can sing with someone. Who will you choose?
Probably Ed Sheeran. Only because he plays the guitar, and I really want a guitar. And I think maybe our voices would go kind of well together. I’m imagining that.

Does he know?
No, he doesn’t. There hasn’t been enough interviews…

He would know now!
That would be kind of cool.

Yesterday during your set, you said that you want to live in Paris. Why?
I love it ! The buildings! It just looks like nowhere else, I think. It is so stunning. And I think, it is so vibrant every day of the week.

If Paris was one of your songs, which one would that be?
Oh, that’s a pretty good question! Probably one of the more kind of uptempo ones… maybe  Under Our Feet.

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So what’s your project for next year with this album?
I just think I’m just gonna be touring it along, which is going to be great. All the songs are really going to come to life.

Alone or with the band?
With the band. Probably with the drummer as well. And maybe some more string players. And I’ll keep, I think, on writing, I just write all the time. I will probably finish the second album before I finish touring for the first one.

So maybe we can hear some new songs on stage during the tour.
That’s a good idea.

What was your last music crush?
Probably it would be a girl crush… like Beyoncé, her last album is incredible. The best!

What was the last artist you saw on stage?
Birdy. I was there in London on Friday. So good. She’s on tour.

Do you have a good spot in London, a restaurant?
A fair restaurant in London, it’s called The Pollen Street Social, it’s amazing. It’s not too expensive but it’s really good, and there is a fire…

Venues for concerts?
Actually where I saw Birdy, the Hammersmith Apollo, that’s amazing. Brixton Academy, probably the best, I think. The small ones are very cool like Koko, which is only 1,500 places. It’s a kind of old theatre with red curtains and red carpets.

What kind of relationship do you have with your first fans?
I mean, some have been there since the very, very beginning, and they’ve kind of stuck with me all the way. It’s still really early, and they’re really patient. But they’re so lovely.

Interview by Joan and Alexandre
Thanks to Fran

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FRANCES

First album Things I’ve Never Said
(Capitol Music)
released in March 2017

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