Tous les articles par Jean-Philippe

Iliade au Lucernaire : appropriation inventive & vivifiante d’un classique

Lorsque d’aventure deux frères se retrouvent dans le grenier de leur grand-père après son décès, le passé resurgit. À travers tous les bibelots à l’âme singulière, un livre d’Homère retient leur attention. Iliade, c’est l’histoire délicate et tendre de deux adultes décidant de vivre pour la dernière fois l’épopée de leurs héros d’enfance.
À cette occasion, la scène du Lucernaire se transforme, le temps d’une soirée, en une espèce de joyeux bordel pour notre plus grand plaisir…
Reprise pour cause de succès à partir du 27 juin.

Iliade

Tout débute par une promesse. Comme dernière volonté, un homme demande à ses deux petits-enfants de ranger son grenier. Ça fait tout de même plus de trente ans qu’il le demande ! Ainsi, face à ce capharnaüm sans âge, la nostalgie produit son effet. Entre la puissance de la mémoire, les rouages du temps qui passe et un présent devenu maussade, il ne reste alors que les souvenirs, plus étincelants et intenses que jamais…

À l’aide de tous les objets leur tombant sous la main, les protagonistes entament une invraisemblable guerre de Troie. Une vieille passoire ou des brosses usées font office de casques, les casiers de bouteilles sont de solides remparts, les manteaux de fourrure habillent les divinités… En une heure, vous allez revivre, grâce à une imagination débordante et foisonnante, les combats entre Achéens et Troyens.

Iliade

C’est avec complémentarité et une passion évidente que les comédiens transposent ce récit d’Homère. Arriver à faire rire le public par des situations improbables et loufoques tout en restant totalement fidèles au texte, franchement : respect !

Aussi, lorsque Achille rencontre Hector afin de se venger de la mort de Patrocle, nous avons envie de monter sur scène et de brandir fièrement une frite de plage pour le soutenir !

En conclusion, si vous désirez passer une soirée originale, ludique et énergique, vous savez maintenant où aller.

by Jean-Philippe

 

Iliade

D’après Homère
traduction de Jean-Louis Backès (Editions Gallimard)
Avec et mise en scène : Damien Roussineau, Alexis Perret

du 27 juin au 26août 2018

Du mercredi au samedi à 19h
Matinée le dimanche à 15h

Lucernaire
53, Rue Notre Dame Des Champs
75006 Paris

Tél : 01 45 44 57 34

Share

Charlotte aux fruits rouges de la Pâtisserie des rêves : délice à découvrir !

Tel un clin d’œil à notre enfance, la Pâtisserie des rêves a profité de la Fête des mères pour présenter sa toute dernière création : la charlotte aux fruits rouges. Imaginée par Étienne Leroy, on y retrouve toute sa sensibilité, sa douceur et sa passion.
Afin de vous garantir un avis sérieux et dans un souci de loyauté envers vous, nous avons repris trois fois de cette charlotte fondante, moelleuse, croustillante et savoureuse !

L’évocation de ce dessert m’a immédiatement replongé dans les souvenirs lointains d’une époque heureuse et insouciante… Un temps où j’aidais ma mère à tremper les biscuits à la cuillère (et mes doigts, soyons francs…) dans un gourmand sirop sucré. Quelle fierté nous avions avec mon frère lorsque nous démoulions cette charlotte. Un dessert de famille, à faire en famille.

Charlotte aux fruits rouges

Charlotte aux fruits rouges

C’est de ce constat qu’Étienne Leroy, chef pâtissier en charge de la création et champion du monde de la pâtisserie 2017, s’est inspiré.

Bien entendu, et pour notre plus grand plaisir, le niveau est différent !

Pour commencer, le fond sablé spéculoos-cranberry-zestes de citron est croustillant à souhait. Puis un appareil vanille-fève Tonka aux notes subtiles de Grand Marnier le recouvre. Cette crème infusée, toute en rondeur, contrebalance l’acidité des agrumes. Une délicate et fraîche compotée de groseilles, griottes, fraises et framboises l’accompagne. Enfin, l’aérien biscuit viennois rose est imbibé d’un sirop framboises-griottes-groseilles. Agrémenté de fruits entiers, l’ensemble est exquis…

Aussi, entre deux bouchées, nous avons eu le plaisir d’échanger avec Étienne Leroy.

Charlotte aux fruits rouges
selfie original pour UsofParis

USofParis : Pourquoi avoir choisi la charlotte ?

Étienne Leroy : Je pensais au gâteau idéal que je pourrais faire à ma mère. Cette charlotte, c’est pour elle. C’est un cadeau que je lui fais pour la rendre fière de son petit garçon. 🙂

Quel est ton processus créatif ?

En réalité, tout est question de rencontres humaines, d’échanges ou de voyages. Ces expériences changent tes idées ou ta façon de procéder. J’aime travailler avec les produits et ingrédients locaux. Par exemple, le citron que nous trouvons à Paris n’aura pas le même aspect ni la même saveur qu’au Japon. Du coup, pour une même recette, il faut s’adapter et recréer sans cesse. C’est très stimulant !

Devant une course à l’originalité, tu n’as pas peur de la surenchère ?

Mon but est de faire une pâtisserie afin de se retrouver. Si tu fais une combinaison très originale avec des saveurs uniques c’est super. Mais si tu es le seul à l’apprécier autour d’une table, c’est dommage… D’où l’idée de cette charlotte. C’est le gâteau emblématique du partage ! 🙂

Charlotte aux fruits rouges

Parfois, les petits bonheurs quotidiens nous rendant la vie plus douce portent de bien jolis noms : Paris-Brest, Opéra, Charlotte aux fruits rouges ou autres Saint-Honoré…

Ma meilleure amie était présente avec moi lors de la dégustation. Le sourire aux lèvres, le regard complice et les yeux pétillants autant que nos papilles, nous étions en train de nous créer un beau souvenir. Merci Étienne. 😉

by Jean-Philippe

Charlotte aux fruits rouges

Nouveauté de  La Pâtisserie des Rêves

Disponible du vendredi au dimanche.
Format 4-6 personnes
A commander directement en boutique.

Share

Fortunino ou les démons de Verdi @ Funambule Montmartre : atypique & ingénieux

Certaines œuvres possèdent une telle énergie qu’elles s’inscrivent tout naturellement dans la postérité. Pour autant, que savons-nous de leurs origines ?
Avec Fortunino ou les démons de Verdi, nous avons la chance de pénétrer dans les coulisses du processus créatif de l’artiste. D’où lui vient son inspiration ? Quels sont les sacrifices ou concessions à faire ? Et à quel prix ? Au Funambule Montmartre, laissez-vous entraîner par la douce folie d’une pièce dynamique au charme indéniable…

Fortunino

Lorsque nous découvrons Fortunino Verdi sur scène, il est loin de ressembler à l’image dont nous nous faisons de l’artiste. Harassé par une histoire familiale funeste et douloureuse, il se trouve démuni face à une malédiction dont il semble être la victime. Sa désolation se personnifie au quotidien par deux corneilles, incarnation de ses démons intérieurs.

Puis un jour, un mystérieux inconnu se présente. Il désire s’associer avec lui, sentant le génie ne demandant qu’à s’exprimer. Pour cela, il va comploter un pacte diabolique avec les corneilles pour libérer l’artiste de ses tourments.

Alors, le succès est au rendez-vous. C’est une véritable catharsis qui s’opère. Fortunino triomphe en s’inspirant de ses drames. Cependant, à force de louanger la haine dans ses opéras, ne risque-t-il pas de se perdre ?

Fortunino

Cette pièce est un véritable petit bijou ! En effet, quelle excellente idée de s’inspirer de la vie d’un personnage réel et de laisser l’imaginaire l’emporter… La mise en scène est stimulante. Quant aux comédiens, ils sont authentiques et terriblement profonds. Le résultat est un spectacle riche en rebondissements avec beaucoup d’esprit, de finesse et d’humour. Et nul besoin d’être un mélomane averti pour en apprécier les rouages !

Libre à chacun de vouloir ensuite démêler le vrai du faux. Pour ma part, peu importe. Je préfère conserver le mystère. Néanmoins, de retour chez moi, je n’ai pas pu m’empêcher d’écouter d’une oreille nouvelle les opéras de Verdi, m’offrant un moment délectable…

Bonus : clin d’œil particulier aux deux corneilles, très très attachiantes ! 😉

by Jean-Philippe 

Fortunino

Fortunino ou les démons de Verdi

par La Compagnie Rêves d’Icare
De : Sabine Roy
Avec : Damien Boisseau, Mathilde Bernard, Anne Levallois, Sébastien Fouillade, Jean-Roch Miquel et Alain Péron
Mise en scène : Sophie Chevalier

Jusqu’au 1er mai 2018

Le lundi à 19h30 
Le mardi à 21h

au Funambule Montmartre
53, Rue des Saules
75018 Paris
Tél. 01 42 23 88 83

Share

Un riche, trois pauvres au Ciné 13 théâtre : totalement subversif !

Homme : individu autant capable du plus merveilleux que du plus atroce. L’Histoire ainsi que nos histoires ne peuvent que le confirmer. Cette ambivalence sert de terrain fertile aux écrits de Louis Calaferte que nous retrouvons au Ciné 13 théâtre. Provocante, puissante, nécessaire, souvent drôle, parfois gênante, mais toujours terriblement humaine, voici ce qu’est Un riche, trois pauvres. Une pièce levant le voile sur les dessous de nos vies qui, nous devons bien le reconnaître, ne sont pas toujours étincelants…

Un riche trois pauvres

Six personnages entrent en scène. Ils cherchent à établir un contact avec le public. À un moment, ça dérape, la première réflexion corrosive fuse. Et alors là, c’est parti !

A un rythme effréné, plus d’une trentaine de « scènes-flashs » vont se succéder. Chacune représentant une facette de l’être humain. Ainsi vont se côtoyer riches, pauvres, intellectuels, étrangers, enfants ou autres laissés-pour-compte…

Ne cherchez pas un sens particulier ou un message caché aux saynètes, il n’y en a pas. La réponse est en nous. C’est brut, ça s’entrechoque, c’est intense ! Un peu comme la vie en fait… Tout le monde peut s’y retrouver : vous, moi mais également l’autre. Tel un miroir sur notre quotidien, l’auteur nous dresse un portrait incisif et acide de l’être humain. Cependant, il n’en oublie pas l’aspect sensible, drôle et touchant, ce qui donne un équilibre parfait à l’ensemble.

La mise en scène est à l’image du reste : audacieuse et tellement juste ! Dans une espèce de chantier en pleine métamorphose, chaque objet de notre quotidien est détourné, laissant libre cours à notre imagination. Les comédiens évoluent avec un maquillage glamour à souhait, des coupes rock à vous rendre jaloux et un charisme évident. L’univers musical n’est pas en reste : la scène hyper sensuelle sur du Kavinsky a un pouvoir électrisant…

Ce qui m’a probablement le plus interpellé au cours de la représentation, ce sont les réactions du public. J’ai vu une personne rire en même temps qu’une autre être choquée, voire outrée. Le spectacle se joue donc aussi bien sur scène que dans la salle. C’est totalement fascinant !

Au final, une chose est sûre, vous ne sortirez pas indifférents de ce vibrant cri du cœur.

by Jean-Philippe

Un riche trois pauvres

Un riche, trois pauvres

De : Louis Calaferte
Avec : Tamara Al Saadi, Laura Mello, Omar Mebrouk, Charlotte Bigeard, Ismaël Tifouche Nieto, Geoffrey Mohrmann en alternance avec Sam Giuranna
Mise en scène : Clio Van de Walle

Jusqu’au 6 mai 2018

du mercredi au vendredi à 21h
le samedi à 19h et le dimanche à 18h

Au Ciné XIII Théâtre
1, avenue Junot
75018 PARIS

Share

Initiation à la mixologie au bar Shake N’Smash, notre nouveau repère !

Avec une personnalité affirmée, tant dans l’esprit que dans ce qu’il propose, le Shake N’Smash joue la carte de la singularité. Loin d’être un énième bar à cocktails comme ceux qui pullulent en ce moment à Paris, il possède véritablement une âme. Sa carte aux influences cosmopolites ainsi que son univers très années folles, fleurant bon le swing et l’insouciance, incitent à l’évasion…

Une ambiance intimiste

Ce que l’on voit compte tout autant que ce que l’on boit ! La décoration est raffinée et élégante, la musique délicatement choisie. Rien n’est laissé au hasard. Entre les dossiers de chaises léopard, les abat-jour en plumes duveteuses ou les tables art déco, nous guettons le moment où Joséphine Baker fera son entrée. 😉

Shake N'Smash

Chaque partie du bar peut se privatiser. Selon l’espace, vous avez même la possibilité de diffuser votre propre musique, bénéficier d’un barman attitré ou encore de participer à un cours interactif de mixologie !

Une carte innovante et stylée

Jérôme Susini est un véritable artiste concevant ses cocktails comme une peinture. Sa palette regorge d’une « foultitude » (son mot fétiche) de combinaisons et de nuances. Comme tous les passionnés, il ne se satisfait pas de ce qu’on lui propose. Il veut toujours plus. Du coup, il explore et parcourt le monde à la recherche de nouvelles essences pour magnifier son art.

Grâce à cette exigence, il peut renouveler sa carte tous les six mois en proposant une quinzaine de créations, alcoolisées ou non, accompagnées de petites assiettes aussi savoureuses les unes que les autres ! Salut Tu Suze, Folie Bergère, I’m Qualified To Satisfy You, Itsi Bitsi Petit Bikini, ça donne envie, non ?

Shake N'Smash

Pendant l’initiation, j’ai pu profiter de son savoir-faire. La base d’un cocktail réussi ? Beaucoup de glaçons et la règle des 3S : Sweet, Sour and Spirit ! Un quart sucré, un quart acidulé et le reste en alcool. Privilège suprême, j’ai eu la chance d’avoir un cocktail sur mesure. En effet, son sirop maison Fève de Tonka-Hibiscus me faisait dangereusement de l’œil !

Nous avons improvisé dans la bonne humeur et j’ai précieusement noté les proportions de mon cocktail perso by Jérôme Susini. La classe totale ! 😉

Shake N'Smash
Mon cocktail personnifié

Ainsi, à la prochaine visite de mes potos, exit le sempiternel Mojito ! Je vais enfin pouvoir utiliser le Cointreau de mamie et le kit barman offert il y a des années. Maintenant, je sais à quoi servent les ustensiles (notamment l’étrange passoire !).

Interview-selfie

Tandis que les vapeurs des cocktails se dissipaient lentement, Jérôme Susini s’est livré à un petit jeu de confidences dans le salon-cabinet de curiosité du sous-sol…

USofParis : Quel est l’alcool que tu préfères travailler ?


Jérôme Susini : Le rhum ! C’est un alcool chaleureux, tout en rondeur avec lequel on peut quasiment tout faire. On peut partir sur un cocktail sec, un long drink…

Si tu devais créer un cocktail pour une personnalité, qui choisirais-tu ?
Jean Dujardin, sans hésiter ! Un cocktail décalé à la OSS 117.

Il serait composé de quoi ?
C’est un faux James Bond alors il faut un faux truc de bogosse. Genre un Dry Martini remixé. Qu’il puisse dire en tenant son verre : « Et ouais mec, c’est un Dry Martini ! » alors qu’en réalité c’est quelque chose de très doux et léger !

Le cocktail dont tu es le plus fier ?
Le Nikka-Melon-Martini. Des tranches de melon broyées avec du citron jaune, du sucre de canne et du whisky japonais Nikka. C’était censé être une création unique et il s’est finalement retrouvé sur la carte !

Ton plus beau souvenir en tant que barman ?
Un jour, des clients sont venus au Shake N’Smash pour goûter mon Sazerac. Juste pour ce cocktail ! Ils ont aimé, sont revenus puis sont devenus des amis. Par leur intermédiaire, j’ai eu la chance de pouvoir partir aux États-Unis pour une performance dans un bar clandestin digne du temps de la prohibition. C’était assez incroyable !

by Jean-Philippe
photos by Émilie Bacher

Shake N'Smash

Shake N’Smash

87 rue de Turbigo
75003 Paris
Tél : 01 42 72 30 76

du mardi au jeudi : 18h à 01h
vendredi et samedi : 18h à 02h
Food : 18h à 23h

 

Site officiel : shakensmash.com

Share

L’épopée du canal de Suez : remarquable aventure au cœur du monde à l’Institut du monde Arabe

1869. L’Égypte se prépare à un grand bouleversement : l’inauguration d’une voie maritime permettant de relier l’Europe à l’Asie sans contourner l’Afrique. Une véritable révolution ! L’Institut du Monde Arabe retrace les dessous d’un des projets les plus fous de notre monde moderne. De son histoire antique jusqu’à la percée d’une deuxième tranchée en 2015, L’épopée du canal de Suez nous permet de mieux comprendre les enjeux d’un canal dont l’histoire ne fait que débuter.

L’exposition s’ouvre sur l’inauguration du canal de Suez à Port-Saïd, le 17 novembre 1869. Parmi les milliers d’invités conviés à cette occasion figure l’impératrice Eugénie. Le faste et la somptuosité exigés par le Khédive et vice-roi d’Égypte Ismaïl Pacha nous saisissent d’emblée. Cet événement représente l’entrée de son pays dans une ère moderne et indépendante. Il est donc crucial.

épopée du canal de Suez

Une histoire ancienne

En raison de sa position géographique stratégique, la percée du canal de Suez n’est finalement que l’aboutissement de nombreux autres projets ayant vu le jour au cours de l’Histoire. Tout commence il y a près de 4 000 ans avec Sésostris III. Il crée un canal entre le Nil et la mer Rouge afin de faciliter le commerce. Au fil du temps, il fut ensablé, modifié, prolongé, délaissé avant d’être détruit au VIIIe siècle pour éviter une invasion maritime.

épopée du canal de Suez

Par la suite, l’exploitation de l’isthme a été envisagée à de multiples reprises, sans succès. Il faut attendre l’accord de 1854 entre le diplomate français Ferdinand de Lesseps et le roi d’Égypte Saïd Pacha pour aboutir à l’élaboration du canal que nous connaissons.

Une prouesse technique

Entre les conditions météorologiques, les contraintes géographiques et la pénibilité du travail, des dizaines de milliers d’Égyptiens réquisitionnés périssent. Profitant de l’essor technologique de l’époque, de nombreuses machines innovantes sont alors créées de façon à améliorer les conditions de travail. Au terme de dix années de travaux colossaux, le chantier s’achève enfin.

Néanmoins, sa position stratégique dérange…

épopée du canal de Suez épopée du canal de Suez

Une source de convoitise

Peu de temps après, face à son déficit important, l’État égyptien est contraint de céder ses parts de la Compagnie universelle du canal maritime de Suez. Suite à leur rachat par la Grande-Bretagne, l’Égypte se trouve ainsi sous tutelle financière franco-britannique.

Face à une occupation étrangère de la zone du canal de Suez, sa reconquête devient une priorité nationale.

épopée du canal de Suez

C’est chose faite le 26 juillet 1956 lorsque Gamal Abdel Nasser annonce la nationalisation du canal. Alors, les relations internationales avec l’Égypte deviennent houleuses et de nombreuses guerres s’ensuivent jusqu’en 1975 dans le but d’obtenir le contrôle de cette zone géographique privilégiée.

Un pari pour l’avenir

Régulièrement élargi ou creusé, le canal atteint son record d’affluence en 2008. Il se voit même doublé en 2015 dans le but de faciliter le croisement des bateaux. Son importance est telle qu’il est la troisième source de revenu du pays.

Situé au centre du monde et lien tangible entre les civilisations, le canal de Suez n’a donc pas fini de nous surprendre !

Bonus : de nombreuses activités sont proposées en lien avec l’exposition : visites guidées, concerts, conférences, ateliers pour ravir petits et grands !

by Jean-Philippe

épopée du canal de Suez

Exposition L’épopée du canal de Suez

Jusqu’au 5 août 2018

du mardi au vendredi de 10h à 18h
samedi et dimanche de 10h à 19h

À l’Institut du Monde Arabe
1, rue des Fossés-Saint-Bernard
75015 Paris
Tél : 01 40 51 38 38

Share

Compartiment Fumeuses : inespéré et touchant éveil à la vie

Les notions d’évasion, d’épanouissement ou tout simplement de beauté ne nous viennent pas à l’esprit lorsque nous évoquons l’univers carcéral. Pour autant, c’est bien de tout cela dont il s’agit dans Compartiment Fumeuses. Deux femmes que tout oppose font connaissance dans un espace restreint, dénué en apparence de toute liberté. Aucune n’imagine alors que cette promiscuité forcée va leur permettre de s’affranchir. Au Studio Hébertot, découvrez leur improbable rencontre apportant éclat et tendresse là où nous ne l’attendions pas…

Suzanne est une jeune femme forte et insoumise. Fille de chalutier breton au physique imposant, elle dicte sa loi en prison, allant même jusqu’à obtenir certains privilèges de la part de la gardienne. Multirécidiviste, kleptomane de nature, elle a commis de menus larcins afin d’égayer le quotidien de son fils.

Tout va changer lorsqu’une voisine de cellule lui est imposée. Il s’agit de Blandine de Neuville. Frêle, distinguée et élégante, elle est ancienne professeur de français d’un âge certain. En attendant son procès, elle est ici en détention provisoire, pour la première fois.

Ce sont bel et bien deux mondes distincts qui se rencontrent. Le contraste entre la culture, l’éducation ou le milieu social va peu à peu s’estomper au fil des jours grâce à leur bon sens sous l’œil quelque peu jaloux de leur geôlière.

Ainsi, elles s’ouvrent mutuellement et se confient avec pudeur et délicatesse. Chacune trouve en l’autre le moyen de combler un manque. Tandis que Blandine apaise de sa bonté la colère de Suzanne, celle-ci lui témoigne une affection respectueuse et désintéressée. De là vont se tisser des sentiments forts et inattendus…

Compartiment fumeuses

Un message vital

Dans cette pièce, l’être humain se confronte dans ses ambiguïtés avec une justesse et une finesse inouïes. Toute la portée du texte de Joëlle Fossier tient dans le fait d’éclairer des thèmes aussi sombres que la prison, la violence faite aux femmes ou l’injustice grâce à la douceur, la bienveillance, l’espoir et bien entendu l’amour.

Au final, ce qui est le plus intense dans cette œuvre, c’est l’incroyable force de sa poésie…

En femme désabusée par la dureté de la vie, Sylvia Roux nous émeut. Quant à Bérengère Dautun… Nous sommes sous le charme… Au cours de la pièce, lorsque nous arrivons à capter son regard devenu pétillant, des frissons nous parcourent. Car c’est bien dans ses yeux que nous comprenons l’importance et la puissance de l’amour… Nathalie Mann vient compléter ce merveilleux tandem en surveillante tiraillée entre la dureté de sa fonction et son cœur, caché mais bien présent.

Compartiment Fumeuses est une histoire de femmes devenues libres. Tout y est sublime… Comme elles, comme toutes les femmes.

by Jean-Philippe

Compartiment fumeuses

Compartiment Fumeuses

De : Joëlle Fossier
Mise en scène : Anne Bouvier
Avec : Bérengère Dautun, Sylvia Roux et Nathalie Mann

Jusqu’au 14 avril 2018

Les jeudis, vendredis à 19h et le samedi à 21h

Au Studio Hébertot
78, bis Boulevard des Batignolles
75017 Paris
tél. 01.42.93.13.04

Share

Dom Juan ou les limbes de la mémoire : mise à nue de l’éternel séducteur

Interpréter Dom Juan est pour Patrick Rouzaud une passion évidente. Au fil du temps, ne pouvant pas se résoudre à abandonner le plus beau rôle de sa vie, il décide de détourner et d’adapter le texte original pour en imaginer une version inédite. Ainsi, Dom Juan ou les limbes de la mémoire, au Théâtre La Croisée des Chemins, est un pari inattendu et réussi où le personnage de Molière se dévoile à travers une étonnante introspection à la lisière de sa vie…

L’effet de surprise commence dès notre arrivée. En effet, un bureau en bois surmonté d’une lampe d’un autre temps fait face à une confortable méridienne. Tel un rendez-vous chez le psychanalyste, les comédiens investissent l’espace.

Face à un homme énigmatique, Dom Juan s’allonge. Il semble fatigué, usé. Nous comprenons alors qu’il arrive à un moment où il doit faire le bilan de sa vie passée. Un huis clos débute.

Guidé adroitement par ce mystérieux homme, la mémoire de l’illustre enjôleur se met en marche. Insidieusement, les fantômes de ses souvenirs se réveillent.

Ainsi, la réflexion des conséquences de ses actes sur sa propre vie mais également sur son fidèle valet Sganarelle, son épouse bafouée Done Elvire ou encore son père dupé, oblige Dom Juan à effectuer un voyage au plus profond de son intimité. S’il se livre à nous avec le panache de sa splendeur passée contrastée avec l’angoisse perceptible de sa mort prochaine, va-t-il réussir à affronter ses démons ?

En repoussant Dom Juan dans ses propres retranchements, ce remarquable cheminement permet de mettre en avant une facette méconnue du personnage, développant ainsi son caractère humain et vulnérable. Le plaisir de Patrick Rouzaud a interpréter son rôle ne fait que renforcer l’intensité des mots de Molière habilement sélectionnés. Le tout est souligné par une mise en scène astucieusement réfléchie.

C’est grâce à des adaptations comme Dom Juan ou les limbes de la mémoire que les classiques traversent le temps et continuent à nous surprendre !

by Jean-Philippe 

Dom Juan ou les limbes de la mémoire

Dom Juan ou les limbes de la mémoire

De : Molière
Adaptation : Audrey Mas
Mise en scène : Sonia Ouldammar
Avec : Patrick Rouzaud et Aymeric Marvillet

le dimanche à 15h30
du 18 mars au 20 mai 2018
(relache le 22 avril et les 6 et 13 mai)

Au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris
Réservations : 01 42 19 93 63

Share

Trop tout : agréable partage avec Nadine Charvolin

Quelle personne ne s’est jamais entendue dire au moins une fois dans sa vie : «Tu ne fais rien comme tout le monde, fais les choses normalement ! ». Mais normalement pour qui, par rapport à qui ou à quoi ? Avec le concours de sa personnalité affirmée et lassée de cette notion de « normalité », Nadine Charvolin a donné naissance à Trop tout. À son image, découvrez au Théâtre la Croisée des Chemins un seule-en-scène à la fois dynamique, authentique et subtilement touchant.

Trop Tout

Dès sa naissance, Nadine Charvolin a tout de suite su qu’elle était différente : trop grande, trop mince puis trop grosse, trop de caractère, trop de joie de vivre communicative (oui, oui, on le lui a reproché !). La façon dont elle évoluait et s’épanouissait ne correspondait pas à la «norme». Pour autant, elle était parfaitement intégrée à la société mais quelques remarques ou de petits mots lui rappelaient régulièrement qu’elle tanguait dangereusement sur le mauvais côté du cadre.

Cette différence revendiquée la mène a des rencontres cocasses, pittoresques, surprenantes et paradoxalement banales qu’elle se décide à nous raconter. Tout y passe, les hommes bien sûr, les collègues de travail, la crise identitaire des adolescents, les ami(e)s…

Nous allons donc passer un peu plus d’une heure à rire, à rêver, à se révolter ou à réfléchir sur ces situations faisant finalement partie de notre quotidien. D’ailleurs, la comédienne n’hésite pas à entrer en interaction avec le public. Elle sait donner le ton pour nous transporter dans son univers composé de musique, de bonne humeur, d’une fine autodérision et d’un humour subtil auquel nous adhérons !

Ainsi, lorsque les lumières s’éteignent, une inattendue et amusante table ronde se met en place avec Nadine, notre nouvelle copine. Nous commençons alors à bavarder, à échanger, à rire encore et surtout à partager. Au final, toute la portée de ce spectacle au genre aussi indéfini que son initiatrice est là. Se servir de son histoire afin de créer un contact humain et c’est très (nous pourrions même dire trop !) plaisant. 🙂

by Jean-Philippe 

Trop Tout

Trop tout

De et avec : Nadine Charvolin
Mise en scène : Nadine Emin, Thomas Bobichon

Les samedis et dimanches à 19h30

Jusqu’au 22 avril 2018

Au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

Share

Session of tenderness : festival d’art érotique post-soviétique à Paris

Du 15 mars au 1er avril prochains, le collectif Q Rators en partenariat avec la Queer Week, la galerie Treize et le Point Éphémère, propose un événement entièrement consacré à l’érotisme et aux multiples visions de la sexualité.
Le festival Session of tenderness nous invite à réfléchir sur les normes des rapports intimes, la vision de notre corps et de la beauté dictées par la société.
Pas moins de 17 artistes aux disciplines différentes vont permettre de créer un dialogue artistique entre l’Europe et les pays de l’ex-URSS en s’interrogeant sur le monde actuel.

À cette occasion, nous avons pu interviewer le groupe artistique russe Bobo qui proposera une performance pour le moins inédite : se faire tatouer par de parfaits inconnus ! Le public devra répondre à une question en apparence simple et banale : « Qu’est-ce que l’amour ? » et la réponse restera gravée à tout jamais sur le corps de l’artiste. Votre vision de l’amour conservera ainsi une trace singulière. 😉

Interview

Session of tenderness
Selfie exclusif pour UsofPairs

USOfParis : Confier son corps à de parfaits inconnus est osé. Surtout en conservant une trace à vie. Vous n’avez pas peur ?

Cyanide Zloy : Un peu.
Natalia Petukhova : Il veut juste avoir des tatouages gratuits ! 🙂

La performance que vous proposez est assez radicale. Quel a été l’élément déclencheur du projet ?

Cyanide : En réalité, c’est la suite d’une performance réalisée en 2013 intitulée : « la définition de la liberté », dont le principe consistait à confronter les symboles de la liberté et de l’amour pour avoir une belle photographie.  En fait, ce n’est pas si radical que ça pour l’artiste que je suis, ou pour l’art contemporain en général.

Natalia : Nous aimons l’art et nous voulons vraiment qu’il nous suive à chaque instant… J’ai un gigantesque tatouage tout le long du  corps et ce n’était pas une performance, mais un désir personnel. Les Russes n’ont pas réussi à recouvrir la totalité de ma peau, mes espoirs se tournent alors maintenant vers Paris !

En utilisant votre corps afin de laisser le public s’exprimer, vous pensez qu’il se révélera plus facilement ?

Cyanide : Aucune idée mais je l’espère. Nous verrons ça ensemble pendant la performance !

Natalia : Comme ce sera dans un bar (le Point Éphémère), je pense que le public sera plus détendu et donc plus ouvert. Comme le disait Jacques Lacan, l’être humain a besoin de l’autre pour se comprendre. Ici, l’encre sera cet « autre » pour vous.

Session of tenderness

Quel message souhaitez-vous délivrer par le biais de cette performance ?

Cyanide : Bien entendu, il y a un message codé dans la forme mais je veux laisser le travail de décodage au public ! D’autre part, comme la plupart des œuvres d’art contemporain, cette performance remet en question le sens même de l’art : « Qu’est-ce que l’art ? »
Dans le cas d’un tatouage, c’est un message à long terme, mais il n’est pas éternel car il ne dure que le temps d’une vie humaine. Cette citation résume bien le problème :« Ars longa, vita brevis« .

Natalia : Pour moi, le message serait « tout est connecté ». Toutes les personnes rencontrées au cours de nos vies laissent une trace en nous. D’anciens tatoueurs soviétiques pensent que le fait de tatouer quelqu’un est quelque chose de sacré, reliant l’artiste et son modèle pour toujours. Et comment peut-on commencer à aimer un garçon russe sinon en le blessant un peu ? 😉

Quel est votre rapport au corps ?

Cyanide : Nous avons nos hauts et nos bas vous savez.

Natalia  : Le concept du festival Session of Tenderness semble être la description plutôt exacte de nos relations avec le corps : le sexe, l’érotisme et l’amour.

Et vous, quelle est votre vision de l’amour ?

Cyanide : Dans la Russie actuelle, lorsque je pense à l’amour, c’est le ministère de l’amour de 1984 de George Orwell qui me vient à l’esprit.

Natalia : L’amour, c’est un peu comme un tatouage. C’est douloureux, c’est un peu dangereux, mais tu en veux quand même 🙂

Comment imaginez-vous l’amour dans le futur ?

Cyanide : Tout dépendra de ce à quoi je vais ressembler après la performance !

Natalia  : Par Wi-Fi. Peut-être que les gens se réuniront dans des bars et se tatoueront avec des nanopuces d’amour.

Quel conseil donneriez-vous aux nouvelles générations à venir ?

Natalia  : Plus il y a de tatouages, mieux c’est !

Une philosophie de vie ?

Cyanide : Il ne sert à rien de me tuer avant mes 70 ans !
Natalia : L’amour partira, le tatouage restera pour toujours !

Session of tenderness

Session of tenderness
festival d’art post-soviétique
par Q Rators

 

exposition à la Galerie Treize
24, rue Moret
75011 PARIS
Du 15 mars au 1er avril
avec échanges entre les artistes Ukrainiens, Russes et Biélorusses : Kseniya Platanova, Seleznev Nikita, Zhanna Gladko, Sergey Shabohin, Alyona Petit et les artistes partenaires de la Queer Week : Sébastien Hamidèche, Céline Drouin Laroche, le collectif Black(s) to the future et Mathilde Fenoll

Les 21 et 22 mars de 20h30 à 23h
Soirées de performances avec Alina Kopytsa, Mikhail Badasyan, Alyona Petit, SVITER art-group, Bobo, Tekhnopoeziya
au Point Éphémère
200 Quai de Valmy
75010 Paris 10

Les 21 et 22 mars dans les laveries du 19ème arrondissement : Concerts de Tekhnopoeziya

Le 23 mars toute la journée : Installation interactive d’Alexandre Budaey, marché Place des fêtes (Paris 19).

Programme complet sur l’Event FB du festival

Share