Archives de catégorie : Théâtre

Intra Muros d’Alexis Michalik : un enchantement @ La Pépinière Théâtre

Intra Muros nous emporte dans une histoire folle qui a pourtant pour décor une prison. Alexis Michalik arrive à pousser avec brio les murs de cet espace, clos sur lui-même, pour nous faire vivre un récit à la force stupéfiante. Un souffle ardent dans chaque scène et de l’émotion dans la révélation des parcours de vie singuliers.

Intra Muros

Intra Muros : « A un moment, on se sait plus où l’on est ! » (un spectateur) 

Le talent d’Alexis Michalik est de savoir tisser brillamment plusieurs histoires entre elles.
Intra Muros débute pourtant mal : un cours de théâtre en prison avec seulement deux participants. Pour concevoir une pièce, Richard, le metteur en scène qui est venu à la rencontre des détenus va avoir quelques difficultés.
Très vite, des bribes de vie de chaque personnage viennent révéler leurs liens, les chaos d’une vie, les moments heureux, les échecs… Ces flashbacks nous donnent matière pour reconstituer le puzzle captivant qui s’est déployé devant nous.

Intra Muros

Il faut être éveillé, à l’écoute, disponible afin de savourer tout ce que nous offre à la fois le récit d’Alexis Michalik et l’interprétation des comédiens. Car chacun se glisse avec aisance dans plusieurs personnages. Une spectatrice à côté de moi : « Quelle générosité quand même de la part des comédiens ! »

Intra Muros est un formidable tourbillon de la vie. Une pièce qui nous emporte, nous transporte avec une économie de moyens mais avec l’ingéniosité de tout instant. Une pièce qui bouleverse, avec bonheur.

Intra Muros

Intra Muros

Texte et mise en scène : Alexis Michalik
Avec en alternance : Jeanne Arènes, Christopher Bayemi, Bernard Blancan, Sophie de Fürst, Alice de Lencquesaing, Paul Jeanson, Élisabeth Ventura, Nicolas Martinez, Fayçal Safi, Joël Zaffarano
et les musiciens Raphaël Bancou, Sylvain Briat, Raphäel Charpentier et Mathias Louis

Du mardi au samedi à 21h
En matinée le samedi à 16h

à la Pépinière Théâtre
7 Rue Louis le Grand
75002 Paris

Share

Ich Bin Charlotte : Thierry Lopez absolument saisissant !

Ich Bin Charlotte est un récit digne d’un roman.
L’histoire vraie d’une vie aussi passionnante, trépidante qu’incroyable. Il n’y a pas, pour autant, d’angélisme dans le portrait qu’en a réalisé son auteur, Doug Wright.
Sur la scène du Théâtre de Poche-Montparnasse, Thierry Lopez est Charlotte et tant d’autres personnages qui l’ont croisée et connue. La performance est saisissante.

Ich Bin Charlotte
photo Svend Andersen

Ich Bin Charlotte pour la première fois à Paris

Pas de collier de perles, ni de maquillage ou de perruque. Seules la jupe longue et les chaussures à talons hauts viennent rappeler que nous sommes bien face à une femme qui est née dans un corps d’homme.

Charlotte est quelque peu « glamourisée » par cette silhouette (celle que lui prête le comédien), ce noir qui lui va si bien, et ce que nous découvrirons un peu plus tard. On imagine, si elle était encore en vie, qu’elle aurait été extrêmement flattée par cette incarnation.

La force du récit de Doug Wright est d’avoir intégré des personnages à ce portait. Il y a son double qui n’en croit pas ses yeux découvrant le musée de Charlotte à Berlin rempli de meubles récupérés et sauvés.
Il y a John l’acolyte de Doug, la tante de Charlotte…
Tous et toutes sont les témoins d’une transformation, de moments décisifs et viennent confirmer que le destin de Charlotte est hors du commun. Elle est passée entre les balles des nazis, a filé comme une étoile à travers l’étau communiste. Deux séquences historiques qui font frémir.
Des zones d’ombres viennent donner encore plus de matière à la pièce et cette héroïne du XXe siècle.
Ich Bin Charlotte
photo Svend Andersen
Thierry Lopez: definitely, a star is born
Thierry Lopez donne de son corps pour incarner à la fois Charlotte et tous ces personnages qui l’entourent. C’est un caméléon qui a besoin d’un minimum d’accessoire. Il change de registre et de rôle en une seconde, sans perdre le fil de notre attention.

On est cloué à ses lèvres, à son regard, à ses mains… Tout est réaliste, sans excès, balayant les clichés.
Nous sortons du théâtre émus par cette rencontre inédite, sensible et troublante.

Il faut profiter de l’intimité du Poche-Montparnasse pour vibrer avec ce type d’histoire hors du commun, à l’interprétation absolument magnétique.

Ich Bin Charlotte

Ich Bin Charlotte

de Doug Wright
adaptation : Marianne Groves
mise en scène : Thierry Suissa
avec Thierry Lopez
au Théâtre de Poche-Montparnasse
75 boulevard du Montparnasse
75006 PARIS
Tel. 01 45 44 50 21

Prolongations jusqu’au 10  juillet 2019

du mardi et mercredi à 19h

Share

Le CV de Dieu : Balmer-Bénureau célèbrent la pertinence & l’humour

Jean-Francois Balmer et Didier Bénureau sont les protagonistes d’un dialogue pour le moins déconcertant : celui de Dieu, le créateur du ciel et de la Terre, le vrai, l’unique et un DRH.
Sous la forme d’un entretien d’embauche, Le CV de Dieu répond enfin à certaines de nos questions les plus essentielles comme : pourquoi le vent ? Quelle est l’origine de la Lune ? Dieu s’éclate-t-il vraiment au ciel ?

Le CV de Dieu

Pièce courte d’une petite heure, Le CV de Dieu est un petit délice d’intelligence et de finesse. Dieu vient sur Terre pour calmer son ennui. Il passe un entretien qui va être l’occasion de revenir sur son expérience inégalée de créateur.
On ne s’attend pas forcément à ce que certains phénomènes dont il est à l’origine lui soient reprochés frontalement, alors que la plupart de ses réussites sont éclatantes. La somme de ses créations est effectivement inégalable.

Jean-François Balmer est Dieu en habits blancs et étole sur l’épaule qui se finit en grelots argentés – d’une kitscherie qui nous rappelle qu’il n’est pas d’ici. Il porte fier son immortalité.
Face à lui, le DRH Didier Bénureau n’a pas tout à fait la même classe. L’harmonie des couleurs n’est pas son fort. Il est aussi impressionné, qu’insolent. Car oui, ce terrien s’autorise des questions pièges en plein milieu de l’entretien.

Le CV de Dieu réjouit par son écriture et enchante par ses interprètes. Un vrai régal dont il n’est pas question de se priver. Et surtout la pièce redonne tout leur sens à nos expressions françaises, parfois désuètes.

Le CV de Dieu

Le CV de Dieu

Le CV de Dieu

de Jean-Louis Fournier
d’après son roman paru aux Éditions Stock en 2008

Mise en scène : Françoise Petit
Avec Jean-François Balmer et Didier Bénureau

à La Pépinière Théâtre
7 Rue Louis le Grand
75002 Paris
Tel : 01.42.61.44.16

du mardi au samedi à 19h
matinée le dimanche à 17h

Relâches exceptionnelles les dimanche 11 novembre et 9 décembre

Share

La ménagerie de verre au Théâtre de Poche-Montparnasse : intense et poignant

« Tout sonnait vrai ! » un spectateur enthousiaste sortant du Théâtre de Poche-Montparnasse.
La Ménagerie de verre nous plonge dans la petite vie d’une famille américaine dont les trois membres se débattent avec des desseins propres à chacun.
La distribution est magnifique ! 

La Ménagerie de verre
© Pascal Gely

La mise en scène délicate de Charlotte Rondelez et la proximité avec les comédiens nous font ressentir tour à tour la timidité de la jeune Laura, l’envie d’évasion de son frère Tom, le désarroi et la manipulation de leur mère, Amanda. Cette dernière est source à plusieurs reprises, à la fois à ses enfants et à nous spectateurs, des moments de gêne. Parce qu’elle est excessive, d’un autre temps et désenchantée. Et qu’elle pense que le bonheur de sa fille, voire du sien, dépend d’un bon mariage.

Le fait que le mari et père ait quitté le foyer n’a pas aidé à la cohésion de cette famille. Tout est question d’équilibre mais l’ensemble apparaît bien bancal.

La Ménagerie de verre
© Pascal Gely

Le quatuor de comédiens nous bouleverse. Ophelia Kolb, discrète et maladroite Laura, est touchante.
Les excès de Cristiana Reali ne manquent pas de saveur. Charles Templon est un travailleur et rêveur qui boue littéralement de ne pouvoir vivre sans contraintes.
Leurs silences sont tout aussi fascinants à observer. Notamment quand Amanda et Tom ne se parlent pas un matin, elle sur un bord de la scène, lui derrière la table.
Félix Beaupérin, le prétendant, a le charisme et le charme qui siéent parfaitement à son personnage.

PS : j’avais vu cette pièce il y a plus d’une décennie. Je ne me souvenais plus de l’histoire. J’étais juste certain de l’avoir aimée. J’ai été heureux de redécouvrir le texte de Tennessee Williams ce mardi à Paris.

La Ménagerie de verre

La Ménagerie de verre

de Tennessee Williams
Traduction : Isabelle Famchon
mise en scène : Charlotte Rondelez
avec : Cristiana Reali, Ophelia Kolb, Charles Templon, Félix Beaupérin

au Théâtre de Poche-Montparnasse 
75 boulevard du Montparnasse
75006 PARIS
Tél. 01 45 44 50 21

Prolongation jusqu’au 31 mars 2019

du mardi au samedi à 21h
dimanche à 17h30

Share

K Surprise @ Les Déchargeurs : éloge éclatant à la splendeur de vivre

Sarah Pébereau, jeune trentenaire pétulante, désire ardemment faire LA rencontre qui bouleversera sa vie. Ses vœux furent exaucés, en quelque sorte… Fait alors irruption le K Surprise, le crabe, le grand C : le cancer. Touchée en plein sein, elle se défend magnifiquement avec ce qui sera sa force : l’humour. Son travail de réparation a commencé par un livre* et se poursuit par ce seule-en-scène au théâtre Les Déchargeurs relatant sa superbe renaissance.

Sarah arrive à la croisée des chemins de sa vie. S’entremêlent dans sa tête de nombreuses questions concernant son avenir amoureux ou professionnel. Lors d’une consultation de routine chez la gynécologue, une annonce vient tout bouleverser : elle a une tumeur au sein. Après examens approfondis, le cancer est confirmé.

Telle une catharsis, Sarah nous évoque une multitude d’anecdotes qu’elle a dû traverser, souvent à mourir de rire, parfois moins. Nous oscillons alors entre des moments de fragilité et d’autres où la force de combat qu’elle possède fait scintiller de mille éclats son être. C’est fulgurant !

K Surprise
photo by AnnaClick

Les sentiments qu’elle présente parleront autant aux personnes atteintes du cancer qu’à leurs proches ou tout un chacun. S’exposent alors la solitude inévitable ressentie malgré un entourage présent, la question de la procréation, l’inexplicable solidarité qui existe entre patients, le fait que rien ne sera plus jamais comme avant…

Étonnamment, cette épreuve difficile a permis à Sarah de s’épanouir. Aujourd’hui, elle a moins peur, ou tout du moins différemment. Ses combats sont autres. Elle a appris à se découvrir et surtout à s’aimer pour qui elle est.

Elle dégage une énergie folle, propre aux personnes qui savent qu’il faut pleinement aimer la vie. De la tendresse, de l’émotion, de l’humour et de l’amour : c’est tout cela qu’elle désire partager aujourd’hui. Qu’il est bon de sortir de notre zone de confort pour rencontrer de telles personnes, solaires et pétillantes…

Merci Sarah !

by Jean-Philippe

Image de prévisualisation YouTube

K Surprise

K Surprise

Auteures : Sarah Péb’, Elise Mc Leod
Mise en scène : Elise Mc Leod
avec : Sarah Péb’

représentation exceptionnelle le mardi 16 octobre à 19h30
à l’occasion d’Octobre Rose

et du 3 novembre 2018 au 6 avril 2019

les 1ers samedis du mois à 17h
(3/11, 1/12, 12/1, 2/02, 2/03 et 6/04)

Les Déchargeurs
3, rue des Déchargeurs
75001 PARIS
Tel : 01 42 36 00 50

Site officiel : sarahpebereau.com

*Sarah, 30 ans, mon cancer, même pas peur !

Share

Smoke Rings au Théâtre Michel : amours en coulisses

Immersion dans les coulisses du Théâtre Michel et dans l’intimité d’hommes, de femmes qui se rencontrent, s’aiment, se quittent.
Smoke Rings vous embarque dans le tourbillon de l’amour, d’histoires courtes, moyennes, en relations plus longue durée avec un bébé qui va naitre…
C’est aussi joyeux que révélateur de nos problématiques, nos difficultés à s’attacher et autres contradictions quotidiennes. 

Smoke Rings

Tout le monde s’appelle Camille ! 

Tous les dimanches, se joue non sur la scène mais dans tout le théâtre, une pièce immersive, avec proximité totale et troublante avec les comédiens et comédiennes. 

Paris ne s’aventure que trop rarement dans ce type d’expérience.
C’est une des raisons de saluer l’audace de la Compagnie du Libre Acteur et de Salomé Lelouch qui laisse les clés de son théâtre un soir par semaine.

Smoke Rings

Fascinante mécanique

Au départ, c’est étrange et le gimmick finit par amuser.
Une mécanique fascinante .
Les spectateurs sont séparés en deux groupes, l’un suit une rose blanche, l’autre une rose rouge.
On se croise dans les coulisses, on se retrouve pour certaines scènes.
Et on les partage aussi parfois, séparé par une porte ou lors d’une conversation au téléphone. Chaque groupe assistant à une face du dialogue.

Les couples jouées avec intensité amusent, touchent, interpellent et nous renvoient à nous-mêmes.
Les scènes sont cocasses, surprenantes, vibrantes, émouvantes et finalement juste. 

La tragédie n’est parfois pas très loin non plus, elle peut se jouer derrière une porte noire.
Et si le décor est un théâtre, on se projette facilement dans les autres lieux proposés par la troupe : hall d’aéroport, salle de bain, boite de nuit, appartement, cérémonie de mariage…

Smoke Rings est une expérience de théâtre comme on les aime. Une série de scénettes plutôt qu’une longue histoire. Un spectacle en mouvement, la découverte de l’envers du décor d’un théâtre, et des scènes d’amour et de désamours savoureuses.
Rire, être choquer, pleurer, kiffer, c’est ça le théâtre…
Et surtout se prendre les émotions des comédiens en pleine face.

Smoke Rings

Smoke Rings 

d’après Ring de Léonore Confino
mise en scène : Sébastien Bonnabel
avec : Marie Combeau, Marine Dusehu, Marie Hennerez, Pascale Mompez, Eric Chantelauze, Philippe De Monts, Stéphane Giletta et Emanuele Giorgi

au Théâtre Michel 
38 rue des Mathurins
75008 PARIS
Tel. 01 42 65 35 02

jusqu’au 29 avril 2019

le lundi à 20h30

Share

La Peur @ Théâtre Michel : réaliste, exaltant, stupéfiant

La peur, ce sentiment que nous avons tous ressenti plus d’une fois dans notre vie est le sujet central de cette pièce adaptée d’une nouvelle de Stefan Zweig à l’affiche du Théâtre Michel. Trois comédiens partagent avec nous la destinée d’un couple submergé par le mensonge. Exaltant !

Un mari à la situation professionnelle enviable, des enfants, une maison, et une femme … heureuse ? Non sûrement pas !
Cette femme n’a qu’une seule envie : profiter de la vie. Elle, qui n’a de cesse de rappeler à son mari son existence et sa volonté de passer du temps avec lui, se retrouve alors plongée dans une histoire passionnée avec un autre homme. Un bonheur retrouvé, une sensation de bien-être, mais sur fond d’énormes mensonges qui la rattrapent très rapidement.
 La Peur
Lorsqu’une autre femme se présente à elle comme partageant le quotidien de l’homme avec lequel elle entretient cette relation, démarre alors un jeu dont elle est la victime. Folie, dépression… et peur s’enchaînent et obligent cette femme adultère à présenter une face d’elle inhabituelle. Le mari trompé, quant à lui me direz-vous ? Il assiste à ce changement d’humeur sans pouvoir retrouver la femme qui est sienne.

Et que se passerait-il si sa femme venait à lui avouer tout ? Réponse : courrez voir cette pièce tout simplement bluffante et prenante. Une interprétation magistrale et une écriture absorbante ne peuvent que stimuler toute notre adhésion.

Mention spéciale pour la mise en scène astucieuse et à l’atmosphère délicieusement rétro-classe à la Mad Men pour les costumes et accessoires, apportant un cachet cinématographique à l’ensemble.
Cette adaptation est un petit bijou de théâtre immanquable !
La Peur


La Peur

d’après la nouvelle de Stefan Zweig

adaptation et mise en scène : Élodie Menant

avec en alternance : Hélène Degy, Elodie MenantAliocha Itovich, Arnaud Denissel, Ophélie Marsaud et Muriel Gaudin

Reprise exceptionnelle pour 60 dates
à partir du 4 octobre 2018

du jeudi au dimanche à 19h

au Théâtre Michel
38, rue des Mathurins
75008 Paris

Share

Old Times au Théâtre de l’Atelier : Adèle Haenel troublante

Jeu trouble de remontées de souvenirs, de dialogues aussi complices qu’étranges, d’échanges anodins, en apparence. Les spectateurs en pleine ambivalence face au texte sans concession de Harold Pinter, Old Times à l’affiche du Théâtre de l’Atelier.

La pièce débute en présence de trois personnages. Seuls deux parlent, Kate et Deele, un couple de quadras. Le troisième est observateur et silencieux.
On ne sait quand ce dernier va se manifester. Le temps est suspendu avant la révélation.

On comprend qu’Anna, la seule amie de jeunesse de Kate, est bien cette frêle jeune femme mystérieuse, à la robe bleue.
Tout de suite, sa personnalité, son expansion tranchent avec l’aspect policé du couple, bien posé sur canapé, pleinement embourgeoisé.

Marianne Denicourt Emmanuel Salinger Adèle Haenel salut pièce Old Times Théâtre de l atelier paris mise en scène Benoit Giros photo usofparis blog

« Le ciel est à ce point immobile ! »

On est admiratif, sinon circonspect, de cette vivacité, de cette présence tout en gestes.
Il y a quelque chose de gauche aussi dans cette silhouette. Le jeu d’Adèle Haenel surprend, un jeu inhabituel quand on se réfère à ses apparitions au cinéma.
Le metteur en scène, Benoit Giros, sait nous saisir pour mieux nous capter et nous faire apprécier la matière poreuse qui nourrit le texte de Harold Pinter.
Anna exalte le passé, les souvenirs, la jeunesse, l’effervescence de Londres…
Il n’est pas rare que le trio se mettent à chanter,  qu’il se remémore un film culte.

Peu à peu, la parole de Kate se ratifie. Elle devient à son tour observatrice, témoin muet. Dans ces instants d’écoute, le regard de Marianne Denicourt est tout aussi intense. Il est intéressant de l’observer quand les deux acteurs, Haenel et Salinger, s’échauffent les souvenirs entre eux.

Old Times est plus une pièce d’ambiance plus que réellement narrative. Le charme n’en est pas moins présent d’autant qu’il est plaisant de retrouver ces trois comédiens qui nous habituent plus à des performances cinématographiques que scéniques.

Affiche Old Times au Théâtre de l atelier paris pièce de Harold Pinter avec Marianne Denicourt Adèle Haenel Emmanuel Salinger mise en scène Benoit Giros photo usofparis blog

Old Times

Texte de Harold PINTER
Texte français de Séverine MAGOIS

Mise en scène de Benoit GIROS

Avec Marianne DENICOURT, Adèle HAENEL et Emmanuel SALINGER

au Théâtre de l’Atelier 
1, place Charles Dullin
75018 PARIS

du mardi au samedi 21h
matinée le dimanche à 15h

durée : 1h20

Share

REVENIR UN JOUR comédie sensible au Palais des Glaces – Edouard Collin leader de boys band en interview

Partir un jour, Raide dingue de toi, Baila, Te garder près de moi : souvenez-vous de ces succès, de ces airs qui ont accompagné vos tendres années. Des chansons d’un autre temps ? Celui de l’âge d’or des boys band.
Franck Le Hen, auteur des pièces à succès Les Hommes préfèrent les Blondes et Bonjour Ivresse !
, rend la lumière à ces garçons qui sont passés d’anonymes à super stars des plateaux télé et scènes en une poignée de secondes. La pièce Revenir un Jour actuellement à l’affiche au Palais des Glaces imagine la réformation de l’un de ces groupes. Le résultat est sensible et drôle.

 

Quatre garçons se retrouvent après de longues années de distance sur un même plateau. Alex n’est pas le plus heureux en croisant ses anciens partenaires. Il essaie tant bien que mal de décrocher l’étiquette du boys band OneAgain4 qui lui reste coller sur le front. Les autres eux sont impatients à l’idée de se reformer pour une tournée revival à la manière de Stars 80, à l’initiative de leur complice et chorégraphe, Vanessa.

Prenant des éléments de chaque boys band français, l’auteur pose un regard tendre et complice sur cette aventure humaine pas si improbable que ça, après tout.

En tête d’affiche de la pièce, les spectateurs et spectatrices n’ont pu échapper à Edouard Collin, parfait leader de groupe. Il nous revient dans un rôle plus complexe que les précédents (Lady Oscar, Panique au Ministère). Il incarne un garçon torturé entre son addiction, son souhait d’effacer son passé et son besoin inexorable du retour à la lumière.

Nous avons rencontré le comédien à la sortie d’une des premières de la pièce, juste après la séance photo avec le public de la pièce et les autres comédiens, Christine Lemler, Rodolphe Sand, Franck Le Hen et David Tournay.

INTERVIEW 

United States of Paris : Dans quel état es-tu lors des premières d’un spectacle ?
Edouard Colin : La première c’est beaucoup de stress, pas mal d’adrénaline et j’ai surtout hâte que la seconde arrive. La première est l’examen de passage avec pas mal d’invités. Et j’ai une préférence pour le vrai public parce qu’il est franc, honnête. Après, c’est du vrai bonheur.

Quelle est la genèse du projet ?
E.C : Tout a débuté par un message Facebook de Franck Le Hen, reçu le 23 janvier 2013 – je me souviens très bien de cette date. Il me disait : j’aimerais qu’on monte une pièce ensemble. Il m’a raconté l’histoire. Il m’avait vu sur scène.

J’ai trouvé que c’était très drôle avec du fond. On a fait une lecture à 2 puis avec les autres acteurs et une lecture pour les producteurs au Petit Palais des Glaces. On s’est dit : on monte le projet pour une date grâce au site de crowdfunding KissKissBankBank au Palais des Glaces. L’idée était de faire un coup parce qu’on croyait vraiment au projet et ensuite on verrait. Et à cette date de présentation, il y avait Jean-Manuel Dupont qui nous a dit : « je veux produire la pièce ! » Et Jean-Pierre Bigard la voulait pour la salle. C’est vraiment un projet d’équipe. Et les KissKissBankBankers qui viennent nous voir sont très fiers d’avoir participé à ce projet.

Quel argument t’a incité à participer à cette création ?
E.C : Les gens viennent voir une comédie, et ont envie de rire. Et c’est pas forcément évident de les emmener dans quelque chose de plus profond. Mais l’intérêt de cette pièce, c’est que l’on rit avec un sujet profond où l’on parle d’êtres humains, qu’on a aimé puis laissé tombé. Mon but c’est aussi de leur rendre hommage au travers du personnage Alex.
Que savais-tu des boys band ?

E.C : Je me suis pris le phénomène en pleine face, j’étais un peu jeune à l’époque. J’ai eu un single : Don’t say goodbye. Mais j’étais pas trop branché boys band. Et quand Franck nous en parlait, je me suis rendu compte que c’était vraiment des demi-dieux. Et quand on est rentré le premier jour d’entrainement, j’ai vu pas mal de vidéos.

Tu as, avec les autres comédiens de la pièce, un coach particulier en la personne de Franck Delay, ancien membre des 2be3. Que retiens-tu de cette rencontre ?
E.C : On a été au Stade Filip Nikolic à Longjumeau et Franck nous a appris les acrobaties qu’on fait sur scène. Pour nous, ce n’était pas simple, car nous ne sommes ni acrobates, ni danseurs.
On y était tous les dimanches matin pendant un bon moment en plus de la danse avec Sévy Villette qui dansait derrière le groupe 2be3. Le meilleur conseil de Franck été : ne vous laisser jamais emporter par le stress. Et comptez tout sur scène : les pas… Et ne pas aller trop vite. Franck est assez pudique mais il est aussi très positif. C’était surtout une histoire d’amitié et sa volonté est de mettre ses potes en valeur.
Après le sport, la chanson. Comment s’est déroulé la partie musique ?
E.C : On a enregistré dans le même studio que la comédie musicale Robin des Bois. Nous n’avons eu qu’une seule matinée d’enregistrement mais nous étions accompagnés le coach vocal celui qui a découvert la chanteuse Zaz. En fait, on a eu plein de coachs selon les différentes étapes ; le projet a un an maintenant.

Je retiens de Frédéric Château, compositeur des chansons de la pièce : « quand t’es en studio, ne réfléchis plus. Détends-toi. » Et c’est vrai qu’une fois qu’on commence la partie show, sur scène, c’est un pur bonheur, on se laisse porter.

Es-tu admiratif de ces garçons qui ont enflammé les foules ?
E.C : Depuis que je me suis penché sur leur cas, je suis bluffé. Ils ne savaient pas faire grand chose. Et pourtant ils sont devenus chanteurs, danseurs…
J’imagine le phénomène de manque de la scène et du public qu’ils ont dû ressentir, une fois l’aventure finie. Mais ils s’en sont pour la plupart bien sortis.

On parle beaucoup de ceux qui sont morts. Mais ils ne sont pas morts à cause du boys band.

Un groupe qui te plait plus qu’un autre ?

E.C : Les New Kids on the Block ! Ils bougeaient super bien. On était en plein début des années 90, Step by Step

Quel rapport as-tu avec les réseaux sociaux ?

Je suis très pudique, mais les échanges que j’ai avec les spectateurs-trices sur Instragram, Facebook, Twitter sont très touchants. Parfois, on m’envoie des messages privés pour m’évoquer des choses personnelles par rapport à la pièce que je suis en train de jouer. Ces personnes n’oseraient pas, pour certaines, le dire en face à face. J’aime ces échanges.

REVENIR UN JOUR
pièce de Franck Le Hen
mise en scène : Olivier Macé
musique et chanson : Frédéric Château

avec : Christine Lemler, Franck Le Hen, Edouard Collin, Rodolphe Sand et David Tournay

au Palais des Glaces
37, rue du Faubourg du Temple 75010 Paris

du mardi au samedi à 20h45 

Share