Archives de catégorie : Cinéma

Interview : Bertrand Faivre, producteur passionné, de Kate Winslet à Hanif Kureishi

Membre du prestigieux jury du Festival du Film Britannique de Dinard, le producteur Bertrand Faivre nous a accordé un entretien enjoué et généreux sur la terrasse du Grand Hôtel Barrière. Il revient pour nous sur son métier, ses belles rencontres et ces instants de grâce dont il est un des spectateurs privilégiés. Fidèle du Festival depuis de nombreuses années, le producteur des Jardins du Roi, Julia, Week-end à Paris, L’Affaire Farewell, Joyeux Noël, est, pour la première fois de sa carrière, juré. Impressions.

Le producteur Bertrand Faivre avec les comédiennes Amara Karan et Alexandra Lamy
Le producteur Bertrand Faivre avec les comédiennes Amara Karan et Alexandra Lamy

UsofParis : D’où vient votre vocation de producteur ?
Bertrand Faivre : L’amour des films. Je me suis dit assez vite que si je concourais d’une manière ou d’une autre à faire que les choses se fassent, ma vie aurait un sens.

Comment avez-vu que votre légitimité était de faire de la production ?
D’abord on n’est jamais sûr d’avoir une légitimité. Même au bout de 20 ans, je peux vous garantir qu’il y a des matins vous vous demandez. Et quand ce n’est pas vous qui le faites, il y en a pas mal d’autres qui vous le demande.
J’ai pas un univers très marqué mais j’ai des enthousiasmes.
J’ai du caractère. C’est le seul dénominateur commun qu’il y a entre tous les producteurs qui durent. La production, ce n’est pas une science atomique. Il n’y a pas une spécificité, ni d’études particulières.

Il faut du nez quand même ?
Du nez pour trouver du public, du nez pour trouver de jeunes auteurs, pour avoir le film parfait pour les festivals. Il y a différents parfums ! Votre nez, il faut qu’il marche un minimum, sinon au bout d’un moment, vous êtes tout le temps enrhumé et vous dégagez.
Je n’ai jamais fait de films qui ont fait un carton intersidéral. Je suppose, en tout cas, que si je suis là au bout de 20 ans c’est que j’ai fait des films suffisamment intéressants dans leur équilibre entre leur coût, la manière dont ils ont été vus, comment ils circulent dans le monde… pour que cet ensemble puisse me permettre de continuer.

Affiche du film 45 years 45 ans de Andrew Haigh avec Charlotte Rampling Tom Courtenay festival Berlin Dinard

Quelle est la B. Faivre touch ?
J’ai une spécificité. Je peux l’affirmer en toute quiétude. Je suis le seul Français à avoir fait ça. J’ai monté une boîte de prod à Londres, il y a 15 ans et depuis je produis aussi bien des films anglais que des films francais. Ce qui ne veut pas dire des films français en anglais, ce que je fais aussi. Mais ils restent des films français. Ce n’est pas parce que Bruno Dumont réalise Twentynine Palms en anglais, que son film devient international.
En revanche, quand je produis Les Jardins du Roi (Rickman) avec Kate Winslet, c’est purement un film anglais. Nous avons aussi produit le film de clôture de Dinard, 45 Years.
Personne ne peut contester ma légitimité sur ce point.

Que vous a appris la production en Angleterre ?
La moitié de ma vie est à Londres. On ne se plaint pas comme en France. Quand vous voyez ce qu’ils arrivent à faire avec aussi peu !
Chaque film est un miracle. Il y a finalement peu de films anglais avec un vrai réalisateur, de vraies ambitions artistiques. Il y a beaucoup de films américains déguisés qui cachent la réalité ou des films que l’on ne verra jamais.
Aussi, les Anglais sont très drôles. Ils m’ont appris cette phrase que j’utilise souvent : « the worst is never disappointing » (le pire n’est jamais décevant). Ca me sert beaucoup dans mon métier. Par exemple, un film qui se plante, un Anglais arrive à en rire.

Les entrées ont leur importance ?
Je vais vous citer un exemple. Cette année, j’ai produit le film de Nina et Denis Robert sur Cavanna. Ce n’était pas destiné à faire un carton. L’objectif est de compenser le manque qu’il y avait autour de ce personnage qui a été extrêmement important. D’abord pour Denis Robert et pour un certain nombre de personnes.
Certains producteurs sont focalisés sur le ciné-chiffre. Mais ce n’est pas mon seul critère.

Qu’avez-vous pensé du film Kill Your Friends, en compétition ? 
Ce que j’ai apprécié, c’est la présentation du film par le producteur : « it was a time when ambition triumphed talent » (une période où l’ambition l’emportait sur le talent). C’est percutant ! Je ne suis pas sûr que cette période soit révolue.
Après on peut avoir de l’ambition et du talent, ce n’est pas antinomique. Mais ce film c’est vraiment le portait de gens qui ont de l’ambition et qui se foutent totalement du talent.

Est-ce que votre coeur a palpité sur un plateau de tournage ?
Il y a des séquences fortes, celles que vous avez vues se développer, qui sont parties de zéro, suivies par les choix de casting avec les auteurs. Et quand ça se joue sous vos yeux, il y a des fois, c’est assez scotchant ! Parce que l’on passe de la pensée, de l’écriture au matériau vivant. L’incarnation peut totalement vous surprendre.

Je me souviens de Sauf le respect que je vous dois, premier film de Fabienne Godet avec Marion Cotillard, Olivier Gourmet, Dominique Blanc. C’est la séquence qui se situe après le suicide du collègue d’Olivier Gourmet sur son lieu de travail. Ça se situe à la cantine, quelques jours après, où la vie a repris, mais pas pour le personnage d’Olivier Gourmet. Il y a des conversations assez banales et il se détache petit à petit jusqu’à ce qu’une rage s’empare de lui. Et là c’était sublime.
Benoit Poelvoorde dans Une place sur la Terre, était capable de faire évoluer des choses drôles sur le papier à hilarantes sur le plateau.
Kate Winslet sur Les Jardins du Roi, il y a une telle grâce quand vous la regardez. Ou encore Tilda Swinton dans Julia (Eric Zonca).
On est au spectacle ! On a la chance d’être dans une « loge privée », parce que c’est vous qui produisez.
Avec Kate Winslet, nous avons visité Versailles accompagnés d’Alan Rickman, le réalisateur. Nous avions la Galerie des Glaces pour nous seuls, un lundi jour de fermeture.
Les derniers jours de tournage aussi sont intenses. Car on se crée des familles temporaires. C’est des CDD les amitiés en cinéma. Elles peuvent parfois passer en CDI, mais c’est rare.

Les réalisateurs que vous avez produits vous donnent des nouvelles ?
Je suis toujours en contact, par exemple, avec le réalisateur du film Amy, Asif Kapadia – film que je n’ai pas produit. J’ai produit ses 3 premiers films, j’étais présent à son mariage…
Il y a aussi d’autres réalisateurs avec qui je poursuis une collaboration : Fabienne Godet, Fabienne Berthaud, Lynne Ramsay (production de son court-métrage et premier long)…
Je ne suis pas fâché avec beaucoup de gens.

Natalie Dormer, membre du jury du festival de Dinard
Natalie Dormer, membre du jury du festival de Dinard

La carrière de Natalie Dormer, membre du jury à vos côtés, vous impressionne ? 
Game of Thrones, c‘est une série qui a une espèce de vertu. Elle est un ovni total car c’est à la fois très brutal et très subtil. Un bon mix !  Hunger Games, ça a l’air d’être un pur divertissement. Mes gosses sont à font dessus, et ils rentrent dans ce monde en dehors du film, avec des codes de langage entre eux. Ça envahit leur vie. Ça touche un imaginaire collectif.
Natalie Dormer est très fine sur ses rôles : ses personnages ont un air brutal mais quand elle en parle, elle leur donne un tout autre sens.

Panneau interview des membres du jury festival du film britannique de dinard Grand Hotel Barrière photo usofparis blog

C’est une parenthèse enchantée d’être juré ?
C’est la première fois ! Et je suis un habitué du festival car je suis une sorte de « franco-anglais ». C’est surréaliste que l’on vous demande des autographes sous prétexte que vous descendez d’une bagnole officielle.
C’est très agréable car c’est une occasion forcée de côtoyer des gens qui sont dans le même milieu que vous.
J’ai discuté d’un projet de film avec l’auteur Hanif Kureishi à qui Dinard rend hommage cette année.
Et puis, j’ai l’habitude de créer les meilleures conditions pour que les gens soient pris en charge et inviter. Et cette fois, c’est à mon tour.

Est-ce que des acteurs savent dire merci aux producteurs ?
J’ai produit, il y a quelques années, Dans la Tourmente (de Christophe Ruggia), un film d’auteur mais on voulait faire un casting assez populaire. On a pensé à Mathilde Seigner qui a lu le scénario et qui était partante.  J’ai fait le deal avec son agent, en lien avec l’économie du film, c’est à dire pas du tout à la dimension d’un film comme Camping.
J’ai déjeuné avec la comédienne un peu plus tard et je lui ai dit : « je voulais vous remercier d’avoir fait des efforts pour ce projet« .
Elle m’a dit deux choses : « ramené au prix de la baguette, c’est beaucoup d’argent ! » et « c’est moi qui vous remercie parce qu’en général quand un auteur cite mon nom, le producteur fait la grimace »
Elle avait une humilité qui m’a surpris.

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Festival du Film Britannique de Dinard : Jean Rochefort cabotin et Natalie Dormer glamour

« Le cinéma anglais a toujours été pour moi synonyme de peur et de rire !  » Jean Rochefort

Plein soleil pour ce 2e jour de la 26e édition du Festival du Film Britannique de Dinard. Jean Rochefort président (pour la première fois de sa vie) du jury n’a pas manqué de partager ses pointes d’humour avec les festivaliers qui n’avaient d’yeux que pour lui.

Le président du jury et acteur Jean Rochefort ouverture du Festival du Film Britannique de Dinard 2015 british film bretagne photo by usofparis s

15h00, le public est massé pour apercevoir les membres du jury et surtout leur président. Arrivé en taxi londonien noir accompagné d’une équipe de BFM TV, Jean Rochefort lance un affectueux : « bonjour mes enfants » avant d’avancer à pas de course pour ne pas manquer le début de la projection du film Kill Your Friends. Il s’arrête sur les marches de la salle Alizés pour saluer le public qui a applaudi son passage. Dans la salle, il ne manque pas quelques mots à destination du public : « vous savez à mon âge, je ne regarde plus que des courts-métrages. »
A la fin de la projection du dernier film de l’acteur culte révélé par la série Skins, Nicholas Hoult – incroyable dans ce rôle de chasseur de têtes de nouvelles stars musicales britanniques en pleine époque Britpop (Oasis, Spice Girls…) – Rochefort lance, en guise de boutade, à son voisin Bernard Le Coq qu’il a eu « 3 érections » pendant le film. « Tu as bien de la chance !  » lui répond son vieux complice. Rappelons au passage que Nicholas Hoult, absent de cette édition, a participé au Festival de Dinard quand il n’était âgé que de 12 ans. On dit qu’il aurait poussé la chansonnette… Preuve d’un talent précoce pour le jeu.

Jury du Festival du film Britannique de Dinard Jean Rochefort Alexandra Lamy Mélanie Doutey Nathalie Dormer soirée ouverture tapis rouge photo usofparis

Chaussures de Jean Rochefort président du jury du Festival du film Britannique de Dinard et ses jurées nathalie dormer Mélanie Doutey alexandra lamy photo usofparis

18h45 Tapis Rouge devant le Casino Barrière pour l’ouverture officielle du festival. Cette fois, c’est Rochefort le charmeur qui apparait aux côtés des ravissantes membres féminines du jury : Alexandra Lamy, Mélanie Doutey, Natalie Dormer, Emma de Caunes. On ne peut pas faire plus glamour en dehors du Festival de Cannes.
La star des séries Game of Thrones et The Tudors, Natalie Dormer  était très attendue aussi par les festivaliers venus en nombre pour assister au red carpet.

Natalie Dormer Game of Thrones The Tudors actress actrice Noah Taylor actor opening Festival Britannique du film de dinard 2015 red carpet photo by usofparis

Absent du tapis rouge, Hanif Kureishi, le célèbre écrivain et scénariste anglais, partage, une fois sur scène, sa surprise d’être « un Anglais dans une ville française parée de drapeaux britanniques« . Il définit son rôle de scénariste comme s’il était dans le bolide jaune du film Taxi Driver. Il n’est pas le chauffeur du taxi, il est assis à l’arrière, à l’abri des regards, à une place où il peut donner l’impulsion à la route.

Vient le tour du Rochefort animateur : « je suis président pour la première fois de ma vie, c’est normal que j’emmerde tout le monde ! »
Il dit aussi son attachement à ce cinéma : « c’est très excitant de s’approcher des Anglais, parce que je trouve que l’on ne voit pas assez de films anglais en France. »

Alexandra Lamy hilare après une blague de Jean Rochefort président du jury du Festival du Film Britannique de Dinard 2015 soirée ouverture photo by usofparis
Tel un Julien Lepers, armé de ses fiches (et sans lunettes), il présentera les membres de son jury. Lançant une boutade totalement improvisée à Alexandra Lamy sur son ex-mari, rappelant le télégramme qu’il avait envoyé pour le mariage de son ami Bernard Le Coq : « Bernard t’es con, je t’aimais ! »

Emma de Caunes Mélanie Doutey Natalie Dormer Game of Thrones membres du jury du Festival du film Britannique de Dinard 2015 soirée ouverture photo usofparis

La soirée se poursuivra avec la projection du dernier film de Pascal Chaumeil : Up & Down. Le réalisateur disparu cet été a été représenté par sa famille : sa femme, sa fille et son fils. La lecture d’un message d’un des acteurs du film, Pierce Brosnan, a touché le public. Les courts extraits d’interview des collaborateurs du film à la suite du générique nous ont renseignés sur l’homme de cinéma qu’était le réalisateur de L’Arnacoeur, généreux, à l’écoute de ses acteurs et fin connaisseur de l’humour british.

Up & Down (A long way down)
Up & Down (A long way down)

Up & Down conte la rencontre improbable de 4 individus sur le toit-terrasse d’un immeuble londonien. Ces personnages qui ne se connaissent pas les uns les autres sont réunis exceptionnellement pour mettre fin à leurs jours. Le casting impressionnant – Pierce Brosnan, Toni Collette, Aaron Paul (Breaking Bad), Sam Neill – porte une histoire aussi tendre, barrée que joyeuse.
L’improbable rencontre unit ces hommes et ces femmes pour une envolée gracieuse.

Autre découverte de la journée, en amuse-bouche, le court-métrage Love is Blind de Dan Hodgson. Ça commence plutôt mal : encore une histoire d’adultère ! Mais cette fois, la situation est 100% originale. Une pépite d’un peu plus de 6 minutes à dénicher où vous le pourrez.

Le Festival de Dinard n’est pas fini !
Encore un max de séances jusqu’à dimanche.

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Lost River : Ryan GOSLING une passion française

Ryan Gosling a offert une promo 5 étoiles à la France pour la sortie de son tout premier film : Lost River, en salles ce mercredi. Le JT de France 2, un tête-à-tête avec Nikos Aliagas, une master class très très privée et des avant-premières dans 3 cinémas. Retour en photos sur le Ryan Gosling Paris Tour ! 

Ryan Gosling Lost River movie film photocall UGC Ciné Cité Bercy avant première promo acteur Hollywood photo by blog United States of Paris

Ce mardi, c’est l’acteur-réalisateur qui affole les réseaux. Il est la belle gueule made in Hollywood (mais Canadien de passeport) le plus recherchée des médias et des fans. Il fallait bien non pas une mais 4 avant-premières dans 3 cinémas différents pour pouvoir contenter les nombreux fans voulant approcher le mythe.

Et il fallait en être à l’UGC Ciné Cité Bercy pour l’unique photocall de la soirée.  Quelques secondes pour saisir ce visage aussi impassible que charmeur. Quelques gorgées de champagne dans une flute, un toast avec Reda, deux bonbons acidulés (oui les bogosses hollywoodiens peuvent céder aux sucreries) pour affronter la foule qui s’impatiente.

Ryan Gosling Reda Kateb photocall film Lost River movie UGC Ciné Cité Bercy avant première Hollywood photo by United States of Paris blog

Sous tous les angles, la photogénie de l’acteur est perceptible. La preuve avant ce point de vue inédit et en parfait contre-pied à tous les clichés des photographes accrédités. Une photo sur le vif prise par l’attachée de presse du film.

Photocall Ryan Gosling Reda Kateb Lost River premier film UGC Ciné Cité Bercy cinéma photo twitter by Céline Petit

L’acteur et son réalisateur avaient plusieurs minutes de retard dû à la première avant-première de la soirée au MK2 Bibliothèque. Le compte twitter de l’exploitant avait donné rendez-vous aux fans malchanceux de ne pas avoir leur place sur le parvis. Il y avait foule !

Lost River Ryan Gosling film movie avant première Mk2 bibliothèque photo twitter Mk2 cinéma

Attendus à l’UGC des Halles pour deux autres présentations, Reda et Ryan ont eu encore des minutes de retard supplémentaires après un dernier selfie avec un fan (chanceux et jalousé) avant de quitter le Cours Saint-Emilion.

Arrivé dimanche à Paris pour le JT de 20h sur France 2, face à un autre bogosse le journaliste Julian Bugier, Ryan Gosling a poursuivi la promo le lundi de Pâques avec une masterclass en compagnie de son acteur Reda Kateb pour une poignée de privilégiés : blogueurs et gagnants de concours. L’occasion de voir que l’acteur est un amoureux des bêtes à poil, en l’occurrence une…

Ryan Gosling with dog master class Lost River avec Reda Kateb photo twitter by Daenerys Nivraë

Mardi matin, le bogosse des ondes, Nikos Aliagas, a eu droit à un entretien vérité dans une belle suite d’hôtel et qui sera dévoilée ce samedi.

Ryan Gosling interview Nikos Aliagas pour Europe 1 radio Lost River movie premier film promo paris photo twitter by Claire Dutronc

Figure imposée, l’entretien finit par un shooting exclusif qui vient de se faire liker sans aucune modération depuis sa publication sur instagram.

Séance photo Ryan Gosling par Nikos Aliagas pour Lost River premier film promo France Europe 1 photo twiter by Céline Petit

Inédit aussi un chat live via le compte twitter Allociné dans l’après-midi, avec quelques goodies pour les participants. Ryan répondant en 140 signes aux questions des twittos. On apprendra que son péché mignon quand il revient à Paris serait les madeleines. Quand on vous disait que ce jeune homme était gourmand.

Ryan Gosling live tweet allociné Lost River promo film Paris twitter une idée pour un nouveau film

Et le film dans tout ça ?
Le bouche à oreille fonctionne déjà à plein régime. Nul doute qu’il va attirer de nombreux curieux. La bande-annonce étant suffisamment énigmatique et efficace pour nous porter jusqu’aux salles obscures.

LOST RIVER
film de Ryan Gosling
avec Christina Hendricks, Saoirse Ronan, Iain de Caestercker, Matt Smith, Reda Kateb, Barbara Steele, Eva Mendes, Ben Mendelsohn

Sélection Officielle Cannes 2014 – Un Certain Regard

en salles ce mercredi 8 avril

 

PS : Désolé pour les crédits peu discrets sur les photos mais certains fans et instagramers n’ont pas la notion des copyrights quand ils republient certaines de nos photos

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A TROIS ON Y VA : film sensible et étonnant de Jérôme Bonnell

Quand le cinéma français peut être tout à la fois : surprenant, divertissant, délicat, éternellement jeune et amoureux. A Trois On Y Va, le nouveau film de Jérôme Bonnell avec Anaïs Demoustier, Sophie Verbeeck et Félix Moati est un petit moment de bonheur.
Nous l’avons vu en avant-première en présence de l’équipe du film.

Il y a des films qui mettent en joie.
Au début on tâtonne, on ne sait pas trop où l’on va. Comme cette fille, Mélodie, qui frappe à une porte, qui hésite face au jeune couple (Charlotte et Micha) qui vient d’ouvrir.
Mais qu’est-ce qu’elle veut au juste ? On est où ? Qu’est-ce qu’on fout là ?

Photo Céline Nieszawer
Photo Céline Nieszawer

Et puis un numéro de charme inattendu avec le spectateur débute très vite. Les trois personnages sont beaux, touchants, jeunes.
Les yeux de Félix Moati – qu’il nous semble ne pas avoir réellement remarqué auparavant – sont confondants de douceur.

Les élans amoureux ne sont pas tout à fait ce que l’on imaginait. On s’attendait à quoi au juste ? Certainement aux banalités dans lesquelles le cinéma français aime si souvent s’embourber.

Les séquences comiques, voire même burlesques surprennent, ne tombant jamais pas à plat, laissant respirer et assurant au film la pleine liberté de se mouvoir dans différents registres. Jérôme Bonnell avait envie, au départ, de comédie puis il a assumé plein de variations au cours de l’écriture dont un savoureux hommage à la figure du vaudeville. Des portes et des fenêtres claquent. A vous de découvrir la suite.

Photo Céline Nieszawer
Photo Céline Nieszawer

A Trois On Y Va est trio amoureux délicat, drôle, passionné et qui ne parle pas en continu, c’est rare. Les comparaisons sont proscrites : Jules et Jim, La Maman et la Putain, Amoureuse de Jacques Doillon… On est en 2015, pas de temps à perdre avec les comparaisons d’un autre temps.

Et Anaïs Desmoustier de confirmer en évoquant le film : »C’est un vrai portrait d’amour de jeunesse. » De l’aveu du réalisateur la comédienne a surpassé ses attentes. Son jeu est parfait et toujours « sur le fil autour du mensonge, de la fourberie... »

photo Céline Nieszawer
photo Céline Nieszawer

La complicité des personnages est en résonance complète avec celle des comédiens qui les incarnent. Jérôme Bonnell a eu la révélation au bout de la première minute d’essai avec les trois interprètes. Il a composé ce trio autour de Félix Moati qu’il a casté en premier, touché par la compréhension du comédien pour la question du déchirement amoureux.
Avant de rajouter ce qu’il se disait avec sa monteuse, lors du visionnage des rushes : « ce qu’ils sont courageux ! »

Seule réserve : la bande-annonce qui ne rend pas hommage au film. Zappez-la, oubliez-la et plongez dans cette histoire d’amour qui ne nous a pas laissé insensible.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page de Ciné+ dédiée à la projo A Trois On Y Va

A TROIS ON Y VA
de Jérôme Bonnell
avec Anaïs Demoustier, Sophie Verbeeck et Félix Moati

Sortie en salles le 25 mars 2015

Rectangle Productions / Wild Bunch Distribution

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The Dark Knight Rises de Christopher Nolan – Batman ou la fin d’un univers

Comme le réalisateur l’avait annoncé: la Saga Batman de Christopher Nolan se clôt avec The Dark Knight Rises.
Et  ses 2h44 donnent l’impression que le film ne dure que 90 minutes.
J’en aurais bien pris 1 heure de plus! Surtout en version originale dans le texte.
C’est dire si l’opus précédent The Dark Knight nous avait laissés sur notre faim d’homme chauve-souris.

N’étant pas un grand fanatique de comics, mon univers « batmanien » se résumait aux films de Tim Burton,
aux dernières franchises des jeux vidéos de notre héros masqué et aux dessins animés diffusés sur France Télévisions.
Mais malgré tout,  Batman fait partie de mon panthéon des super héros avec les X-men (dans un autre style).

Batman Begins avait bouleversé l’univers noir et gothique crée autour de l’acteur Michael Keaton,
et on oublie volontairement les versions de Joel Schumacher.
D’ailleurs, l’univers créé par Christopher Nolan pour le premier volet de ces nouveaux épisodes ne m’avait pas convaincu.

Sceptique à l’idée de voir resurgir un Joker « Nolanisé », j’ai plutôt été bluffé par la majesté de The Dark Knight,  la maitrise de la réalisation et un jeu d’acteur à couper le souffle.

Mais revenons à The Dark Knight Rises. J’espère ne pas trop spoilé ce film pour ceux qui ne l’ont encore pas vu.
Tout d’abord, il ne faut pas s’attendre à une resucée de l’opus précédent.  Ce nouvel épisode a son rythme propre: plus lent, plus dialogué, plus introspectif. En lien direct avec le premier.
Nous assistons à la lente agonie de Gotham City et de son héros en prise avec ses démons du passé. Mais il n’est pas le seul à subir ces turpitudes face à la menace Bane.
Voilà pour l’intrigue. En dire plus serait gâcher le plaisir des futurs spectateurs.

Après cette séance, éliminons en premier les aspects négatifs de ce long métrage.
1/ Gotham City:  l’action  quitte  Chicago, et son architecture unique, pour New York. Même si Gotham est un des surnoms de cette ville,
j’ai été un peu déstabilisé par ce changement d’environnement. Même si, au final, la Grosse Pomme sert beaucoup plus l’intrigue.

Notamment par le fourmillement d’immeubles et les plans de nuits magnifiques.

2/Le ralentissement de l’action : lié à la structure introspective de l’histoire. Cela crée parfois quelques lenteurs.

3/Marion Cotillard!  Et ce n’est que purement personnel et viscéral.  A tel point que j’avais oublié qu’elle jouait dans ce film.
Et Malheureusement, un personnage central du scénario…

4/Le film tombe parfois dans les travers liés aux blockbusters made in US: romantisme lénifiant, baisers trop calculés et rebondissements prévisibles.

Reste que TDKR est un film vraiment réussi, dans la veine des deux autres réalisés par Mister Nolan.
La première séquence arienne  rivalise sans problème avec celle de l’introduction du Joker.
Il réussit à perpétuer son univers, ringardisant, un peu,  celui de Tim Burton en le rendant quelque peu suranné et hors d’âge.
Ce Batman est toujours moderne, emprunt de réalité sociale et d’actualité.

Le plaisir est augmenté par  la pléiade de seconds rôles, issus des séries TV, pour lesquels vous vous demanderez « où les ai-je vu déjà? » : 
Jason Wiles
et Josh Stewart ( de NY 911) ou encore Christopher Judge (Teal’c dans Stargate SG1).

Mais la vraie révélation reste Joseph Gordon-Levitt alias Blake.
Au milieu des personnages récurrents que sont le Commissaire Gordon (Gary Oldman) ou Alfred (Michael Caine),

il ne fait pas mauvaise figure et devient même très attachant, une future star du petit écran.

Avec  The Dark Knight Rises, comme dans Inception,  Christopher Nolan arrive à faire se rejoindre, encore une fois, film d’auteur et film commercial.
Une vraie réussite pour les critiques  anglo-saxonnes et un accueil mitigé pour les Françaises.
Mais nous adorons brûler nos idoles.

Alors il est sûr que ce Batman n’est pas à prendre comme un unitaire, mais à inclure dans l’œuvre du réalisateur (Following – Le suiveur , Memento, Inception).

AU final, on aimerait bien les 2 Chris (Nolan et Bale) se remettent en scène pour un quatrième opus.
Même si cela restera, semble-t-il, impossible!

By E.M.

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Peter Lord et ses Pirates : le cinéma d’animation en majesté

Peter Lord, producteur de Wallace et Gromit, du Mystère du Lapin Garou et de Chicken Run, a tenu en haleine pendant 2 heures le public du Forum des Images lors d’ une master class exclusive, ce samedi.

En effet, ce doux-dingue de l’animation britannique ne venait  pas les mains vides. Il avait avec lui, trailer, marionnette et images de making of du dernier né des studios Aardman Animations : The Pirates! Band of Misfits.

The Pirates! Band of Misfits Captain Pirates Aardman Animations Studios
Au cours d’une joyeuse soirée, Peter Lord, accompagné de son directeur de la photo, a partagé ses confidences autour des coulisses de ses productions. Au passage, il avouera sans mal qu’il a un vrai attachement, voire une sorte de gémellité avec le Capitaine Pirate, héros de son nouveau film.

On apprendra ainsi qu’il ne se fait pas prier pour servir de modèle aux personnages du film pour que les animateurs puissent s’en inspirer ensuite.
Heureux producteur aussi, car les cadences de tournage ont augmenté, passant de 5 secondes de film tournées par semaine à l’époque de Wallace et Gromit, à 6 secondes pour Pirates. Un record, sachant que 25 équipes tournent en même temps dans le studio.
Un travail de titan, on vous dit.

Les premières images et les nouvelles prouesses techniques en termes de décors, de modelage des mâchoires et aussi d’utilisation de la 3D nous font saliver d’avance avant de découvrir le film sur grand écran. Alors que l’acteur Hugh Grant prête sa voix pour le Capitaine Pirate pour le marché anglo-saxon, nous prenons les paris sur le nom de la star française qui prendra le relais.

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