Exposition Fondation Cartier: Mathématiques, David Lynch et les autres – un ennui soudain

Ne croyez pas les bons conseils de vos amis, du genre: « C’est pas une exposition prise de tête mais de l’art. »
Si vous n’avez jamais eu d’affinités avec les maths, un seul conseil: fuyez la Fondation Cartier, jusqu’au 18 mars 2012!

Certes, c’est radical. Cependant, à la simple vue de l’équation ci-dessous, vous comprendrez assez vite que vous n’aurez aucun salut possible dans Mathématiques, un dépaysement soudain.

Vous venez de passer dans la 4e dimension. Perte de repères, furieuse douleur aux méninges, envie de hurler votre désespoir à votre voisin qui sourit béatement, mais le son de votre voix est inaudible. Etes-vous donc le seul à ne rien y comprendre? Et même si vous aviez envie d’explorer ce monde plusieurs heures, cet espace-temps surnaturel ne vous sera pas familier pour autant.

Le souvenir de la scénographie austère de la précédente exposition Vaudou ne nous incitait pas à nous précipiter pour découvrir cette nouvelle proposition. Et puis, les noms des artistes – David Lynch, Raymond Depardon, Patti Smith ou encore Takeshi Kitano – ayant répondu à l’invitation de la Fondation Cartier ont fini par éveiller pleinement notre curiosité.

Et quelle frustration. Avoir convoqué pareilles pointures pour un dialogue abscons avec mathématiciens et autres instances scientifiques. Il y aurait bien quelques images pénétrantes comme l’affiche de l’exposition, une constellation énigmatique fruit de l’imagination du cinéaste américain, David Lynch, associé à l’affichiste japonais, Tadanori Yokoo.

Pourtant, les salles restent hermétiques à toute émotion artistique ou sensorielle.

 Toutefois, ne sous-estimons pas le réel attrait de cette série de références autour de savants calculs, unités de mesure et autres évocations de tableau noir – le meilleur ami du mathématicien. Celles et ceux qui ont choisi bac S trouveront certainement quelques menues réjouissances dans ce dédale d’énigmes.

Exposition Mathématiques, un dépaysement soudain
Jusqu’au 18 mars 2012

Fondation Cartier pour l’art contemporain
261, boulevard Raspail 75014 Paris

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7 réflexions sur « Exposition Fondation Cartier: Mathématiques, David Lynch et les autres – un ennui soudain »

  1. Un prof de maths qui n’emmènera pas ses élèves voir cette « expo »
    MERCI pour ce commentaire, qui exprime bien mon impression catastrophique à l’issue de la visite. Faut-il vraiment parler du film muet et statique de D. Lynch, 1 heure 20min. de couvertures ou paragraphes de livres scientifiques, de la main de C. Villani écrivant des maths, du vide de la salle contenant une « sculpture mathématique », des adolescents se trainant dans ces trois ou quatre salles en se demandant pourquoi on les a trainés là ?
    Même ceux qui ont choisi le bac S, jeunes ou moins jeunes, ont été atterrés par cette soit-disant expo et se sont sentis trompés par les commentaires dithyrambiques qui les avaient incités à venir.

  2. A mon tour de vous remercier de votre soutien. Je me sentais bien seul face à tant de critiques élogieuses.
    Je partage votre avis sur la vidéo de David Lynch qui a un intérêt proche de zéro.
    Et je plains aussi toutes ces petites têtes blondes, brunes ou rousses qui méritent mieux qu’un tour de la Fondation Cartier, surtout en période de fêtes.

  3. C’est tres simplement splendide.
    Si philosopher n’est autre que de ne cesser de s’emerveiller,
    ces moments vagues, ces lieux imprecis, ces objets indefinissables, ces mondes graphiques et sonores qui se meuvent avec intensite et humilite, nous plongent dans la philosophie.
    On reconnait en sortant Mahler le mathematicien, Villani le graveur et Penrose l’artisan …

  4. Une immense salle froide en béton avec une unique sculpture en inox et sans attrait … des projections sans l’ombre d’une explication … des robots qui apprennent mais dont une partie est « en panne » … non !
    Aucune raison artistique, aucun argument mathématique.
    Cette exposition n’a qu’un but, visiblement : dire que la Fondation Cartier fait « des choses ». Mais ces « choses » ne méritent pas les 10 euros du billet d’entrée.

  5. Je confirme que malheureusement cette exposition est navrante de vacuité.
    Dans la première salle, on est prié de s’assoir par terre sur des coussins pour essayer de suivre les citations « flous » (enfin la projection est floue…) voir tronquées (problème de réglage du projecteur?) projetées sur l’écran.
    Dans la deuxième salle, à plus de 10 personnes on n’arrive pas à voir les projections.
    Au sous sol, une sculpture en alu toute seule au centre d’une salle digne d’un parking sous terrain.
    Seules les interviews de mathématiciens arrivent à retransmettre un peu d’émotion grâce à leur passion bien visible pour la discipline.
    Bref j’ai perdu ma journée (je viens de loin) et accessoirement 10euros 50…

  6. Ping : Exposition euphorisante: YUE MINJUN, l’ombre du fou rire à la Fondation Cartier prescrit sans modération | Blog Paris / United States of Paris

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