Interview Kendra MORRIS : premier album Banshee – concert au Trianon à Paris le 20 novembre

Après deux concerts sold out Café de la Danse en février, la chanteuse américaine Kendra Morris sera de retour à Paris pour un concert le 20 novembre au Trianon.

Kendra Morris sont un prénom et un nom à retenir d’urgence avant que tous les festivals ne mettent le grappin dessus.
Ses fans français présents lors de son tout premier concert parisien au Bus Palladium, il y a quelques jours, ont eu de très bonnes raisons de lui faire un accueil chaleureux et de l’embrasser à sa sortie de scène.

Une fille tatouée et choucroutée, ça vous rappelle quelqu’un ?
On peut se tromper, mais la comparaison physique passée, il est difficile de trouver en Kendra un côté suffisamment dark ou « Rehab » qui la stopperait dans son ascension vers quelques cimes.

La personnalité de cette artiste groovy, au tempérament généreux, est fiévreuse et assez sidérante quand il s’agit de performance scénique.
Rencontrée dans le salon privé d’un hôtel cosy de Pigalle, quelques heures avant de monter sur scène,  la chanteuse s’est dévoilée avec une rare franchise – les Américains ont l’art de faire croire qu’ils donnent, mais tout est souvent très bien calculé.

 INTERVIEW KENDRA MORRIS


United States of Paris : Comment a débuté l’aventure de ton premier album Banshee ?
Kendra Morris : Je travaille maintenant depuis plusieurs années avec Jeremy Page mon producteur. Nous avons fait plusieurs EP et démos ensemble. On a finit par décider de réaliser un album. Ce disque correspond à la relation amoureuse que j’avais à l’époque. En fait, cette histoire s’est arrêtée au milieu de l’écriture de Banshee.

Pow, par exemple, est née d’une soirée où j’étais dans un bar. Je pensais que la relation que je vivais à ce moment-là me comblait. Et en fait, j’ai été attirée par quelqu’un d’autre. Je me suis dit : « je ne vais pas me sentir mal par rapport à ce que je ressens, je vais plutôt en faire une chanson. »
Just one more, je l’ai écrite quand j’étais en vacances chez moi en Floride au moment où j’ai décidé de rompre. L’instant où tu sais que c’est la fin mais que personne d’autre n’a encore pressenti.
Plutôt que de culpabiliser, je suis obsédée par l’idée de capturer les sentiments que je ressens, qu’ils soient bons ou mauvais. Tous ces sentiments sont essentiels.

J’ai mis un an à écrire cet album, et je me souviens aussi de ce que j’éprouvais quand je composais certaines chansons qui reflètent le passage au soulagement, au bonheur.

Il n’y a que des choses vécues dans Banshee ?
Beaucoup de morceaux de cet album correspondent à des choses que j’ai vécues, à des conflits ou dilemmes intérieurs. Il y a aussi du mystique, du mystère. Je suis une conteuse et j’ai toujours été attirée par ce que la science n’arrive pas à expliquer.

Ma fête préférée est Halloween, j’aime les films d’horreur d’où la chanson BansheeCette créature folklorique m’a toujours fascinée. Dans le folklore irlandais, elle ressemble un peu à une femme-une sirène qui hurle, qui vole votre âme. Les films sur ce mythe m’ont passionnée.

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Concrete Waves est une de nos chansons préférées. Nous voulons tout savoir de ce titre.
Jeremy Page
a commencé par composer une mélodie. Il me l’a envoyée, et l’air m’a trotté dans la tête quelque temps, je l’ai chantonné et je l’ai laissé de côté. Puis une nuit, je traînais avec un ami – le meilleur ami de mon ex – et on en a parle forcément de mon ex. Après cette soirée, j’étais perturbée et j’ai écrit cette chanson sur un de mes carnets qui me suit toujours.

Au moment de coucher les mots, je me suis souvenue de l’époque où je faisais du skateboard –  j’en faisais en fait pour rencontrer des garçons. Mes frères en faisaient avant moi et je me disais : « je ne veux pas être la fille qui attend sur le bord, je veux faire du skate aussi ! »
Et un jour, je devais avoir 15 ans, je voulais tout essayer et j’ai tenté une rampe assez haute. J’ai tenté un saut périlleux et j’ai trébuché. Mon skate est resté bloqué et moi, je me suis envolée. Résultat : des bleus un peu partout, des cailloux sur les mains et genoux et des bandages.
Bref, la sensation de glisse est la chose la plus intense que tu puisses vivre dans la vie.
Mais quand tu te loupes, tu te ramasses par terre – c’est pas comme quand tu surfes. Tu te blesses, tu as les jambes qui tremblent et tu restes au milieu de la rue. Et c’est la même impression quand tu as une rupture amoureuse il suffit d’une bosse sur la route pour trébucher.

Une bonne partie de ma vie est une « Concrete Waves« , parce que j’apprends énormément de mes erreurs. (rire)

La deuxième chanson qui nous fait kiffer est : If you didn’t go. Que peux-tu nous dire de l’inspiration ?
Je ne pense pas l’avoir dit dans une autre interview. Il y a eu une personne qui m’a marquée quand j’avais une vingtaine d’années. En fait, c’était mon tout premier amour. Celui qui m’a brisé le coeur.
J’ai rêvé de lui la nuit dernière, même si nous ne nous parlons plus du tout. Il est toujours le meilleur ami de mon petit frère, j’ai donc toujours des nouvelles, indirectement.
Un exemple qui prouve que ton premier amour te poursuit toute ta vie. Quand j’ai écouté la musique, ça m’a rappelée à la fois la Californie et la Floride, deux états qui font partie de ma vie. Et ce premier amour a déménagé en Californie. La Californie n’a pas le même soleil que la Floride. En Floride, tous les jours à 15 heures, pendant 15 min en été il pleut. Tu peux sentir le sable, l’océan. C’est incroyable. Je lui ai rappelé cette particularité dans le message que je lui ai envoyé quand il est parti.

C’est juste une chanson nostalgique. (rire)

Quel message d’un de tes fans t’a particulièrement émue ou amusée ?
Quelqu’un m’a dit qu’il avait fait l’amour sur la chanson : If you didn’t go, justement ! J’ai trouvé ça génial ! (rires)
J’ai de plus en plus de personnes qui m’envoient des messages. Et notamment, un jeune homme à Avignon qui est venu me voir après le concert et qui m’a dit : « ton album a changé ma vie. » Il était au premier rang et j’ai vu qu’il connaissait toutes les chansons, c’était incroyable.
Et ça se passe aussi aux États-Unis où l’on va jouer dans des villes où on ne s’est encore jamais produit. Et il y a toujours des fans qui chantent mes chansons.

Quelle a été ta plus belle émotion sur scène ? 
Ça arrive souvent. Je ne sais pas s’il y a un mot pour décrire vraiment cette sensation. J’ai passé de très beaux moments sur scène qui font vibrer et te provoquent des picotements. La sensation d’être sur un nuage.
Et j’ai rencontré une choriste avec une voix incroyable lors d’autres projets. Car je chante aussi en tant que choriste, par exemple, quand il y a de vieux chanteurs qui viennent de Detroit. On apprend beaucoup aussi quand on est derrière un grand chanteur. C’est un moyen de rester humble aussi.
Et j’ai fait appel à cette choriste pour un de mes concerts à New York. On a répété la reprise de Pink Floyd, Shine on your crazy diamond pour le premier concert que l’on faisait ensemble. C’était comme sur l’album. L’accord était parfait. Et il y a eu une montée époustouflante. C’était comme si on avait touché Dieu ! (rires) Ça nous ramenait a des siècles en arrière.

Ça me hante depuis, j’ai envie de revivre cette sensation !

Quelles sont les voix qui t’inspirent ?
Le style de voix que j’aime, ce sont les voix « avec des imperfections ». Maintenant, tout se ressemble. Pourtant une voix c’est comme un oiseau. Et tu peux reconnaître l’oiseau au son de chant. Avec les nouveaux artistes, c’est impossible de reconnaître les voix. J’aime les vieux enregistrements, comme ceux de Bettye LaVette. Elle a un timbre si particulier.  C’est impossible de la confondre avec un autre ! Janis Joplin, c’est la même chose. Et Wendy Rene, chanteuse des années 60, elle avait une voix de bébé. Ce sont des voix qui n’existent plus malheureusement. Chercher une voix comme celles-ci  serait comme partir à la chasse d’une licorne.

Quel est le plus beau souvenir que tu as de Paris ?
Je suis allée au Crazy Horse toute seule ! Quand j’y suis allée, il y avait plein de touristes. J’étais au premier rang. Je me suis laissée prendre en photo pour le souvenir. J’ai été impressionnée. En rentrant à l’hôtel, j’ai voulu chercher toutes les infos sur ce lieu, sur les girls aussi. Ça m’a obsédée pendant plusieurs jours. Je suis allée aussi dans une boutique de taxidermie, car j’adore les animaux empaillés.
Autre chose, Paris est une ville incroyable pour un point très précis : tout est beau, même dans le détail. Ce qui est très différent de New York, où l’on n’accorde pas autant d’attention que vous.

Est-ce que cette ville pourrait t’inspirer une chanson ?
Je ne peux pas tout dévoiler. (rires) Il y aura probablement réponse à ta question dans le prochain album !

l’album BANSHEE disponible depuis le 27 janvier 2014
chez Naïve

 

PARIS • Le Trianon • 20 novembre 2014

Merci à l’Hôtel Villa Royale

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3 réflexions au sujet de « Interview Kendra MORRIS : premier album Banshee – concert au Trianon à Paris le 20 novembre »

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