DIVE un album de haute sensibilité de Nour Harkati

Si vous n’avez pas encore écouté Nour Harkati, vos oreilles ne savent pas encore ce qu’elles ratent. Sa voix vous envoie, entre autre, un soleil radieux, celui de la Tunisie natale de ce garçon qui est arrivé en 2011 en France pour réaliser son premier album Dive.
La chance pour nous est qu’il a préféré Paris – à qui il dédie un très beau From Paris to Love – à d’autres destinations pourtant plus proches de ses références musicales :  Etats-Unis, Grande-Bretagne…

Nour a déjà séduit les pays du nord de l’Europe : une tournée en Norvège et la sortie de l’album en Scandinavie et Pays Baltes. Ne tardez pas à vous imprégniez de ses balades gorgées de sensibilité (Deep Water), de groove (Julie) et de beaux paysages (Down to the River).

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United States of Paris : Te souviens-tu du premier titre qui t’a touché ?
Nour Harkati : J’écoute des chansons en anglais depuis l’âge de 12 ans mais celle qui m’a réellement ému et dont j’ai cherché les paroles mot par mot est Amen Omen de Ben Harper. C’est une chanson d’amour. C’est la manière dont le chanteur parle de cette histoire qui est impressionnante.

C’est à partir de l’album Diamonds on the inside que j’ai voulu composer mes propres chansons, jusqu’à 17 ans, je ne chantais que des reprises.

Quelle histoire que raconte ton album ?
Dive signifie plongeon ou « (vas-y) plonge ».
Ça parle de mon expérience : j’ai quitté mes études en Tunisie sur un coup de tête pour ne faire que de la musique et partir en Europe. Je n’ai pas de diplôme. Je ne connaissais pas la France avant, n’avais pas d’argent ni contact ici.

C’était comme un skydive : un plongeon. Je suis arrivé avec ma guitare et une valise. J’ai bénéficié d’une carte de compétences et talents pour venir réaliser mon projet en France pendant 3 ans. C’est un pays où l’on peut facilement s’intégrer en tant que tunisien.

Quelle image avais-tu de Paris ?
L’image dominante pour moi c’était l’ouverture, l’aspect international. J’avais aussi le côté cliché aussi des Parisiens. Les 2 premières années tout était coloré, la ville était vraiment belle – elle l’est toujours. J’ai été bien accueilli. Après je suis entré un peu plus dans la grisaille, on est anonyme dans la rue.

La Tunisie est plus chaleureuse, tout le monde se regarde, A Paris, les gens courent après le métro même quand ils n’ont pas de rendez-vous. Je trouve que les Parisiens sont paresseux humainement.

La chanson la plus personnelle de ton album ?

Brother c’est une chanson écrite pour mon frère décédé en 2005. Il n’y a pas de message à transmettre, je parle de mon frère et mon père.

Ta mère, Rachida, est chanteuse, quelle leçon retiens-tu de sa carrière ?

La discipline. Ma mère partait chanter dans des cabarets, mariages et festivals. Elle est venue chanter à Paris, en Allemagne. Je la voyais toujours se préparer de la même manière, peu importait le lieu, qu’il soit prestigieux ou moins.

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Comment as-tu composé le titre Doesn’t matter what I sing ?

J’étais à Nice, en début 2012 avec des amis anglais. Je fredonnais la mélodie que je composais et quelques mots dans un anglais approximatif. Mon pote anglais, Sam, me demandait ce que je chantais et me lance : « j’ai une idée, comme tu n’as pas de texte, si tu essayais d’écrire des phrases qui ont un sens, mais qui ne sont pas reliées entre elles. Chaque phrase a son propre sujet. » La première : je répondais à un pote qui me disait que je n’avais pas d’expérience, la seconde parle d’amour. Et à la fin : « this is like, doesn’t matter what I sing. »

C’est une réponse possible aux gens qui me demandent : « pourquoi tu chantes en anglais, pourquoi tu ne chantes pas en français, en tunisien ?« 
L’essentiel c’est l’énergie et l’émotion dans la musique.

Finalement, cette chanson ne veut rien dire ! Ça peut être choquant, surtout pour des Français qui sont attachés au texte. Même l’arrangement n’est pas standard : couplet, refrain, couplet.

Quel est l’avantage de tourner un clip en stop-motion ?
Ce n’est pas cher du tout. Il n’y a pas besoin d’équipe, juste un appareil photo. Le réalisateur, Anwar Fekih, un ancien pote de lycée. Il a calculé et anticipé tout ce que nous devions faire.

Nous n’avons eu aucun problème pendant ce tournage de 21 heures débuté à 5h du mat. Je ne pouvais pas tourner plus, je devais filer à Paris le lendemain.

Photo by Leila Metahni
Photo by Leila Metahni
Pendant la réalisation, quelles musiques écoutais-tu ?
Ben Harper, Justin Nozuka, Jack Johnson… J’écoutais un ou deux titres. J’ai découvert Simon Green alias Bonobo, James Blake, Fink.
J’ai écouté un peu de musique tunisienne, actuelle pas traditionnelle. Même du rap.

C’était pour me changer les idées, de changer d’air, pas forcément pour m’en inspirer. 

Une anecdote de studio ?

L’enregistrement s’est fait entre 1 semaine et 10 jours avec 10 titres au départ. Et un 11e titre a été conçue en studio. C’est la chanson Out of control est une histoire complètement imaginée avec comme point de départ le dialogue entre deux amis. L’un qui fume trop et le second est plus sobre.  Il est question de réussir sa vie. C’est l’une des dernières chansons que j’ai enregistrée.

Est-ce qu’un message t’a touché ?
Je lis beaucoup ce qui se dit sur Internet et les réseaux sociaux. Et notamment, je lis des commentaires de Tunisiens disant que je suis une fierté nationale.  Je ne le dis pas pour me la péter. Je l’ai lu plus d’une dizaine de fois. C’est très touchant.
Ils ne disent pas « cet artiste » mais plutôt « ce mec« , « ce jeune est une fierté nationale. »

Rien que ça, c’est la réalisation de 50 voire 60% de mon rêve.

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Est-ce que la Cigale t’a réconforté dans ta maitrise de la scène ?
J’ai fait plusieurs scènes en Tunisie, bars, clubs, petits festivals. J’ai beaucoup appris.
Je me sentais en petit peu à l’aise en arrivant à Paris. Mais il y a toujours un aspect stressant.

A la Cigale, face à 1400 personnes (la salle était blindée) j »étais stressé et excité – ça va m’accompagner pendant longtemps. Je voulais tout donner. Je regardais les gens qui me regardaient. Ça m’a chargé en énergie pour la redonner encore plus fort.

EN BONUS : la reprise de Natural Blues de Moby :Image de prévisualisation YouTube

Nour Harkati, album DIVE
(Send The Wood Music / Les Editions Hurlantes / Universal Music)
Concerts à venir, suivez la page Facebook de Nour Harkati

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