Pop et soul : FM LAETI en concert à la Boule Noire

 Wanna Dance est la première pépite dégoupillée par l’audacieux duo FM LAETI qui nous revient avec For The Music, un album aussi énergétique que romantique, complice que détonnant, à consommer en solo ou en total mode love à deux.

For The Music c’est 12 titres précieux, taillés sur mesure avec un supplément de métissage tout azimut. Ca pétille (Be that way), chaloupe (For The Music) et claque comme un tube rétro de la Motown (The Night Has Begun to Call). BFF, femme fatale, adolescente espiègle ou diva qui a du coffre, Laeti est toutes ces femmes à la fois.

Sur scène, la chanteuse envoûte aussi bien les projecteurs que son public, comme ce lundi soir de novembre au Nouveau Casino. Le rire et la complicité entre les titres laissent place à une vraie maitrise de la scène, en parfaite new queen de la pop et de la soul. Son autre talent est de savoir faire siennes des chansons qui semblaient à jamais coller à la peau de leur interprète comme Run Run Run de Phoenix ou encore Lost de Frank Ocean.

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INTERVIEW à l’Hôtel Amour (ça ne s’invite pas)

 

United States of Paris : En lisant les interviews, on a l’impression que ton album a été composé dans le bonheur. C’est si simple de faire de la musique ?
Laeti : La promo, la sortie d’album, la recherche de résultats nous fait sortir de la base qui est l’amour de la musique. La musique c’est bon pour l’âme alors allons-y joyeusement !
Avec cet album, on a joué sur différents registres : un texte triste peut être joué sur une mélodie un peu joyeuse. On aime les contrastes. On a osé différents styles. Et à la fin, il y a quand même un fil. On a en fait une approche old school du vrai album, plutôt que des singles mis bout à bout.

Mais je ne cache pas qu’au début je stressais à l’idée d’adapter les titres à la scène, qu’on ne fasse pas n’importe quoi en studio. Et FM (François-Marie) m’a rassurée en disant : « ne te freine surtout pas, on peut mettre des cuivres sur ce titre, 2 claviers sur un autre… Et après on verra ! » Le challenge sera ensuite d’adapter au mieux pour la scène. On a joué en fait et on s’est fait plaisir.

Quel est donc le fil de l’album ?
Laeti : Les différentes phases d’une chanson d’amour. Soit dans une seule chanson, soit au fur et à mesure de l’album. Il y a des chansons plus intimistes comme You inspire me, et d’autres comme Wonderful Life qui est une métaphore d’une histoire d’amour. On entraine au départ quelqu’un dans une fête, on danse, « vivons libres » et après la gueule de bois dont on se remet ou pas.
Pour The night has begun to call began, on s’est fait un délire autour d’une chanson qui voyage, une fiction autour de James Bond et Mata Hari, en incluant plein de noms de cocktails.
On a écrit beaucoup. Le texte faisait 3 pages. J’ai dit : « il faut se la jouer Haiku, une chanson ! »
Au final, on a épuré notre histoire. Il ne reste que 2 cocktails mais il y a toujours l’idée de voyage.

Au cours de la promo, quels ont été les mots justes pour décrire ton album ?
Laeti : Par rapport à FM Laeti, lors d’une interview sur Hot Mix Radio, je parlais de la conception du groupe. Que je n’étais pas seule, comme dans un bateau de pirates avec FM, Pierre-Marie Dru notre producteur et les musiciens. Et le journaliste me dit : « vous êtes en fait une bande ! »
Et c’était justement ça : nous sommes une vraie bande !
J’ai aimé aussi Les Inrocks. Ils ont fait une critique constructive en disant ce qu’ils aiment et ce qu’ils aiment moins. Tout le monde cherche à nommer le type de musique que l’on fait. J’ai entendu pop kaléidoscopique… Et Les Inrocks ont trouvé « poul«  pour de la pop avec de la soul dedans.

Et écoutant la chanson For the music, j’ai entendu du Lionel Richie.
Laeti : C’est un clin d’oeil. Ca fait partie de nos influences. J’adore ses chansons. J’avais envie de retourner aux choses simples : la musique, avec l’idée de fin de journée en Californie sur la plage, un feu autour duquel tout le monde danse ou joue de la musique et une lumière filtrée.
Au début, je voulais déconstruire la structure, avec couplet, refrain, couplet. Je voulais une sorte de mantra avec des phases qui se répètent et des rythmiques différentes pour le refrain. Dieu merci, Marlon B. a remis de l’ordre à tout ça. La chanson est toujours déconstruite mais elle a évolué. Et je vois en live qu’il a eu mille fois raisons. Et ce qui est assez incroyable c’est que j’ai retrouvé l’ambiance brute du départ, que je ne voulais pas perdre.

Quelle chanson est la plus personnelle dans cet album ?
Les 3 titres plus personnelles sont : You inspire me, très intime d’où l’envie de susurrer le texte, Wonderful life, et Sanctuary c’est en rapport à ce que je vis en ce moment, quand l’aile est réparée, osons-nous sortir de la cage ?

Quel album t’a inspiré pendant l’enregistrement de For the Music ?
Mon album coup de l’année 2013 était l’EP de Solange que j’ai beaucoup écouté. C’est celui que j’ai écouté le plus en fait. J’ai aimé la façon dont elle a trouvé son univers, je connaissais les autres disques avant. Cet EP était un peu déconstruit, ce n’est pas totalement pop avec des notes bleues un peu jazzy, des accords un peu tendus. Il y a de l’air dans les morceaux, ça respire, les arrangements sont justes. Le premier clip était une claque.
Ca m’a inspiré. For the Music, j’avais aussi des univers un peu crunchy, un peu bleutés qui étaient parfois décalés par rapport à la gamme en dessous. Je me suis battue pour garder ça.

FM Laeti Laetitia Bourgeois chanteuse scène concert Nouveau Casino Boule Noire Paris album For The Music photo by United States of Paris blog

Une rencontre forte ?
J’ai croisé plusieurs artistes que j’aimais bien. J’adore les festivals où tu peux faire de belles rencontres en coulisses. Il y a eu Damian MarleyMaeva Andrade, j’adore sa voix.
J’ai croisé Oxmo Puccino, sur un plateau de Michel Field. J’avais l’impression de le connaître car j’ai un ami musicien qui a bossé avec lui et m’en a beaucoup parlé.
Il faut aussi que je te parle d’une rencontre assez touchante car c’était une déclaration d’amour : Dani croisée au festival Tous à Table. Elle est venue me voir : « j’avais les poils qui se dressaient pendant ton concert ». Je suis sortie du Carreau du Temple et elle venue à nouveau me voir en disant : « ne t’inquiète pas on se reverra. »

Une claque musicale récente ?
Un claque rétro alors ! On peut avoir entendu quelques morceaux d’un artiste sans tout connaître. J’écoutais plutôt Michael Jackson et je connaissais quelques titres de Prince. Un week-end avec des potes fans de Prince, j’ai eu la révélation que je ne connaissais pas toute sa production et qu’il y a des perles, des chansons sexy…
Ensuite, Marlon B. m’a racontée plein d’histoires sur Prince. Je suis sous le charme total…

Dans quel décor complément fou aimerais-tu danser Wanna Dance ?
Sur scène, face à la mer avec un peu de montagne. Comme Calvi on the Rocks, par exemple. Je veux y aller !
Y’aura peut-être un lieu comme ça aussi à Vancouver, qui sait…

Quelques mots sur les coulisses du clip Wanna Dance ?
J’ai fait une très belle rencontre avec la chorégraphe Gladys Gambie qui m’a remise à la danse. Je l’ai adoptée en grande soeur depuis.
Il y avait plein de paramètres à prendre en compte : la choré, la place des caméras. A la dernière minute, le jour J, enfermée dans 3 décors différents dont un triangle, on m’a mise sur des talons de 15 cm. J’avais pourtant prévenue que certains mouvements étaient difficiles en talons.
J’ai chanté à donf pour ne pas se la jouer play-back. Il y a eu un vrai challenge de fou pour réaliser le clip en une seule journée.

FM LAETI, album FOR THE MUSIC
(Pigalle / Un Plan Simple / Sony Music)

FM LAETI en concert à Paris les 23 et 24 mars 2015 à la Boule Noire.

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