OcéaneRoseMarie et ses Chatons Violents : une snipeuse au coeur tendre

OcéaneRoseMarie n’en finit pas de nous sidérer avec Chatons Violents qu’elle reprend au Théâtre des Béliers Parisiens, les dimanches à 19h30. Attention, ce spectacle est grinçant.

Ça commence plutôt mal. Une prise de bec domestique. Un couple qui s’en envoie à travers le nez. Reproches, on répète ce que l’on a déjà dit (la veille, la semaine dernière, le mois dernier), reproches à nouveau et tentative de redresser la barre juste avant de claquer la porte pour filer au boulot.

On se dit que la détestation de l’autre et la phase chagrin d’amour risquent d’être longues après une telle hystérie.
Le décor planté, OcéaneRoseMarie peut laisser aller sa pleine fantaisie, ses coups de crocs à tire larigot, et nous attirer vers un tout autre récit que celui que l’on prédisait au cours de ces toutes premières minutes de spectacle.

Bêtes à poil, Marseille et BBB

Après Paris et la partie loufoque autour de deux bêtes à poil pas si attachantes que ça mais drôlement désopilantes – au passage notre humoriste, également chanteuse aurait très bien pu jouer dans Cats le musical, son imitation du chat est assez digne – notre belle et son meilleur pote, Jérôme, filent à Marseille, histoire de changer de cadre.
Mais la carte postale qu’elle nous envoie de cette ville n’est pas aussi idyllique qu’on ne le pensait. Exit le Mucem (elle s’en fout totalement, aucune mention), exit la bonne bouffe (ça n’a pas l’air non plus d’être son trip).
Non, elle préfère nous parler de leurs déconvenues, des Corses et tirer le portrait d’une cagole pur cru. La métamorphose est troublante de réalisme. Un Molière serait mérité.

Après la cité phocéenne, place à la ville de proche banlieue parisienne, paradis des BBB (« Bons Blancs Bobos ») et de leurs bambins. Ça respire « la mixité sociale », l’échange, la compréhension.
Toutefois, OcéaneRoseMarie est embusquée. Elle guète. Et en snipeuse du rire, elle dégomme à tout va les comportements les plus aberrants qu’elle puisse croiser. La bonne conscience dégommée, l’affirmation de laïcité démontée, l’ascension sociale incroyablement exclusive éradiquée, sans parler des clôtures en bambous. Ça fait rudement mal pour celui qui se reçoit les salves mais c’est un défoulement incroyable pour le public. La subtilité n’est pas toujours son fort, c’est coriace et elle attaque frontalement. Elle a le don de balancer des vérités aussi gentiment qu’un pitbull à l’approche de votre jambe.

Chatons violents et autres jubilations

Et quid des petits chatons violents du titre du spectacle, dans ce délirant bordel ? Crakinette et Froustinette ne sont que les prétextes à cette violence sourde qui nous entoure, nous saute aux oreilles grâce au regard acéré et incroyablement vif d’OcéaneRoseMarie.
Mais ne croyez pas qu’elle aboie pendant 1h15 de spectacle. Son sourire complice, ses retournements et même son autocritique font de cette fille-là une délicate caricaturiste du XXIe siècle. A défaut de crayon, c’est sa verve qui mène la danse. On jubile !

Chatons Violents
OcéaneRoseMarie

Mise en scène : Mikael Chirinian

au Théâtre des Béliers Parisiens
14, bis rue Sainte Isaure
75018 Paris

reprise à partir du 26 mars 2017
le dimanche à 19h30

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