Pluie d’enfer: la révélation nommée Olivier Marchal

C’était pourtant mal parti. Je venais de me chamailler avec ma voisine de droite à cause d’un malentendu tout bête. Difficile après de trouver pleine concentration. Et pourtant. Tous deux sous tension, nous nous sommes bel et bien fait happer dès les dix premières minutes par un récit (sur)prenant.

Au départ, la collision de temporalités malmène pendant que le mélange dialogues et descriptions interpelle. Mais l’appréhension de l’ensemble vient assez vite tout comme l’attachement aux deux personnages.

Ici, tout se joue à deux : Bruno Wolkovitch et la surprenante révélation nommée Olivier Marchal.  Autant avant on pouvait se dire que ce dernier ne prenait pas beaucoup de risques en tant qu’acteur, qu’il s’était plutôt bien adapter aux différents registres (amoureux de Mathilde Seigner, inspecteur…) faisant plutôt bien ce qu’on lui demandait.

Pour cette pièce, son jeu est un pur travail de dentelle. Entre éclats, retenues forcées et monologues envoyés en rafale, Olivier Marchal nous calme avec une maîtrise éclatante.

Il y a un peu de la série The Shield dans ce récit où les flics sont de faibles hommes qui fautent, blessent, se vengent et tuent pour leur bien. Pas étonnant, car c’est à un dramaturge américain que l’on doit ce récit couper au cordeau.

Et même si mon voisin de gauche piquait furieusement du nez, je n’ai rien perdu de ce récit et ma chère voisine non plus.

Pluie d’enfer La Pépinière Théâtre
Du mardi au samedi

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Tony Cragg : le flegme british

Un anglais ne manquant pas de patience, était de passage à Paris à l’occasion du vernissage de son exposition au Musée du Louvre.
Lors d’une séance de dédicaces à la Librairie Flammarion du Centre Pompidou, Tony Cragg s’est prêté, de bonne grâce et sans rechigner, au jeu de la rencontre avec les geeks d’art (oui c’est comme en BD mais en pire).

Ce jour-là, les pires stratégies étaient de mises : amadouer le sculpteur en lui demandant une photo tout en lui fixant les règles « Thank you Mr Cragg, mais on les refait à la lumière ! », ne pas faire partie des premiers à demander la dédicace, car « passer le groupe, on pourra toujours lui demander plus ». Et oui, pourquoi ne pas lui demander un dessin sur une innocente feuille blanche délicatement posée sur une page de son dernier ouvrage ?

Passée la surexcitation d’un fan prêt à débourser 450 euros pour un tirage de tête, l’artiste esquisse donc au premier du groupe une petite structure à main levée, rendant jalouse toute l’assemblée. Manque de bol, il ne la signera pas. Il sera donc bien difficile de fixer à ce dessin une quelconque valeur.

Le second geek, qui avait « fermé (son) cabinet plus tôt pour venir », a prévu plus large : trois feuilles sont présentées avec le livre. Cette fois, Tony Cragg se fera plus joueur encore: ce sera une série de signatures. Intérêt zéro pour le collectionneur.

Le troisième aura lui ce qu’il mérite : un gribouillis peu délicat représentant une paire d’yeux affublée d’une chevelure sans aucune finesse. Bref, une petite horreur sur un beau livre.

Heureusement que les beaux yeux d’une jeune admiratrice auront fait oublier à Tony Cragg le peu de délicatesse de certains « amateurs » d’art.

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Exposition Tony Oursler: un artiste vidéaste Américain qui dérange

Rencontrer seul les créations de l’artiste américain Tony Oursler a quelque chose d’un brin angoissant. Passé l’euphorie du vernissage, les salles sombres de la galerie JGM invitent à un drôle de recueillement.

Face à des formes assez incongrues, le visiteur rencontre tour à tour une chimère à 4 paires d’yeux et une seule bouche, une sorte de sculpture abstraite soutenue par un gode et un vermisseau croisé à un alien.

Heureusement, la figure humaine n’est pas tout à fait absente. Un homme nu tente de faire sienne une silhouette imposée.

Où se trouve la cohérence dans tout cela ?
Du côté de l’utilisation hallucinée de la vidéo. Elle se fait gargantuesque ou lilliputienne, selon l’ampleur du support sur laquelle elle est projetée.
Tony Oursler nous prouve, avec cette nouvelle série d’installations, que la vidéo contemporaine peut être intrigante, jouissive et simplement curieuse.

JGM Galerie
79, rue Temple 75003 Paris
Jusqu’au 12 mars 2011

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Draw me Paris with Rich Tommaso

Quelle idée! Faire dessiner, dans un froid polaire, un artiste américain de passage  Paris! J’avoue que, des fois, j’ai de bien curieuses inspirations. Mais j’avais deux arguments de taille: tourner en lumière du jour et en profiter pour lui faire découvrir la fontaine Niki de Saint Phalle.

C’était donc le premier séjour dans la capitale pour Rich Tommaso, jeune dessinateur de bande dessinée, de retour d’un festival bien connu.
Il m’a consacré un peu de temps, juste avant une séance unique de dédicaces à Paris,  à la Librairie Super Héros.

Le lendemain de ce tournage, il prenait aussitôt son avion pour les States, sans avoir pu profiter de tous les charmes de la capitale. A-t-il eu le temps de visiter la Tour Eiffel? Le suspense est entier.

Rich a promis qu’il reviendrait dans les prochains mois pour deux semaines de visites  intensives. Avant ce retour, je vous conseille la lecture de son dernier « Peter et Miriam ». Une drôle d’évocation de l’amitié entre deux jeunes sur fond de cinéphilie aiguë.

http://richtommaso.com

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Virginie Hocq: une belge qui a du chien

Oui, bon, j’avoue: c’est un peu facile comme titre.  Je sais. Mais ça peut être une vraie source d’angoisse que de chercher le meilleur titre possible pour sa première chronique spectacle (avec quelques années d’absence). La tentation était trop grande et je pense qu’aucun journaliste de Libé ou de Télé 7 jours n’osera me le piquer. Je suis le premier. Je le garde !

J’avais donc rendez-vous hier avec une certaine Virginie Hocq. Je n’étais pas tout à fait seul avec elle. Il y avait foule devant le théâtre pour son grand retour à Paris.

En 2007, elle avait joué les prolongations pour son précédent spectacle, C’est tout moi, dans ce même Petit Montparnasse. En janvier 2011, elle le retrouve avec autant de fougue.

Cette fois, elle danse. Sacrement bien. Et plutôt deux fois qu’une.
Jouant la carte de la  fille sexy en diable, le spectateur a de quoi avoir quelques troubles quand Virginie tombe la salopette.

Les chocolats belges sont toujours de la partie. Mais cette fois-ci, ils ne sont pas partagés par le public. Un(e) seul(e) en aura les faveurs. A vous de deviner lequel ou laquelle au cours de la soirée.

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Exposition Andrée PUTMAN à l’Hôtel de ville Paris: la lumière sur le tard

A l’heure du jeunisme à gogo, il est bon de prendre un peu le large. Mais sans quitter Paris.  Les Justin Beiber (17 ans), Lady Gaga (24 ans) ou autres Alexandre Bompard (38 ans),  nous feraient presque oublier que la consécration peut arriver sur le tard. Preuve en est : la carrière tout en nuance et en progression de la designer Andrée Putman.

A 53 ans, elle pensait avoir passé l’âge, qu’il n’était plus question de faire carrière. Après avoir pourtant été successivement directrice artistique, révélatrice de talents ou encore ardent soutien d’un retour en grâce des designers des années 20 et 30, tombés dans l’oubli.

Face à ce constat, elle choisira de créer sa nouvelle agence, Ecart, car elle croit vouloir se mettre en retrait de l’euphorie créatrice.

Un très bon carnet d’adresses plus tard. Et un nouveau séjour à New York avec la commande du réaménagement de l’Hôtel Morgans : le style Putman prend une nouvelle dimension. Le damier devient sa marque de fabrique, son visage et sa blondeur ses plus belles cartes de visite. Désormais, elle ne quittera plus la lumière. Warhol et Pierre et Gilles l’immortaliseront.

L’exposition que lui consacre l’Hôtel de ville revient sur les créations les plus emblématiques (une maison à Tanger pour Barbie Dombasle et Ken BHL, un piano Pleyel, des meubles en carat, un sac Vuitton aérien) et des portraits au graphisme savamment étudié.

Avec Putman, le design est une véritable écriture contemporaine. Le créateur une égérie et une personnalité sur laquelle il est judicieux de spéculer.

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Chez ma petite Grenouille

A force d’y passer devant sans y faire attention, un nouvel article dans le supplément Sortir de Télérama cette semaine me rappelle à mon devoir: franchir au moins une fois la porte du restaurant Chez Grenouille, rue Blanche Paris 9e. Cette petite adresse me trottait dans la tête depuis quelques temps mais jamais au bon moment pour m’en rappeler à l’heure du déjeuner.

En entrant, un tableau noir invite aux premiers délices: un choix des terrines toutes plus alléchantes les unes que les autres. Ici, rien d’exotique. Que de la cuisine du terroir. Qui a dit que ce blog ne pouvait pas faire des détours du côté des valeurs sures?

Une fois éclairci le doute concernant la ravigote de pied de cochon (un peu trop vinaigrée une fois dans l’assiette et pour cause!), j’ai englouti au plus vite le foi de veau accompagné de larges pommes de terre maison. Malgré leur épaisseur, elles n’ont pas désarmé ma gourmandise. 

Depuis le début du repas, je n’attendais qu’une chose: le soufflé chocolat. Autant d’attente aurait pu se solder par une belle déception. Que nenni! J’ai fondu avec le chocolat chaud, tout en finesse et en onctuosité. Sa crème fouettée, légère en sucre, a rajouté la note de fraicheur à un dessert de folie.

Au final, il n’y a pas que la cochonaille qui ripaille Chez Grenouille, le sucré a aussi une place de choix.

Web: www.restaurant-chezgrenouille-paris.com

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Invasion d’Ecossais à Montmartre – Scottish invaders in Montmartre

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Exceptionnellement, je ne vous propose pas un portrait mais une virée à plusieurs. Face à une telle déferlante de kilts et de cornemuses venus d’Ecosse, envahissant les rues de Montmartre comme chaque année, l’improvisation était de mise.

La tentation était trop grande de  ne pas embarquer, pour l’occasion,  my very good friend Hermine. L’Ecossais pouvant être très farouche, en milieu étranger et parmi ses compatriotes, vous comprendrez qu’il me fallait  une touche féminine pour l’amadouer.
Vous pourrez ainsi comparer à loisir notre niveau d’anglais et surtout noter la qualité de notre accent.

Au programme, et dans le désordre: une main baladeuse de Michou – il est toujours aussi incorrigible- une exclu avec  le George Clooney scottish, un blaireau, des pompiers, plusieurs  mollets poilus,  une adorable Patricia et un grand restaurateur.

Bref du glamour, du suspense et de l’incongru. Qu’attendez-vous pour lancer la lecture?

Promis, retour au portrait pour la prochaine vidéo.

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Le Musée du quai Branly invite les femmes d’Orient

Les parisiennes ont enfin trouvé une concurrente à leur hauteur. Ne cherchez pas de l’autre côté de l’Atlantique. Si les américaines avaient du style ça se saurait.
Non, c’est dans l’évocation d’un Orient passé que la concurrence peut se percevoir. Jusqu’au 15 mai 2011,  les parisiennes pourront se frotter à des influences de couleurs, de parures et d’inventivité, venues de Palestine, Syrie, Jordanie ou  du désert du Sinaï.

Le trouble est évident quand on interroge nos souvenirs des défilés de Christian Lacroix et que l’on ose comparer le travail de broderie de ces tuniques venues de pays chauds avec les créations du couturier. L’ensemble semble se  connecter, s’échanger dans un autre temps qui n’est déjà plus tout à fait le nôtre.

Il fallait bien un metteur en scène, un complice. C’est donc tout naturellement que le grand couturier s’est associé à ce projet aux multiples influences : le noir de Soulages, les premières impressions du jeune voyageur qu’il était découvrant les atouts de ces femmes. Son parrainage est aussi pertinent que subtil : aucune pièce signée de sa main ne sera présentée en parallèle.

Reste un regret : ne pas voir ces habits de fête et de cérémonie en mouvement. On peine à imaginer les teintes colorées des tuniques chahutées par les rayons du soleil, le trouble de ces voiles dissimulant un visage ou encore le son de ces pièces de monnaies soulignant un coup ou un poignet.

Les costumes et parures exposées ici dépassent le symbole même de religion auxquels ils sont associés, invitant à une échappée poétique en terres sensibles.

Web: www.quaibranly.fr

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Affaire de la semaine: Kumi Solo

Les soldes ont finalement toujours du bon. Ils permettent de nouvelles expériences aussi bien en terme vestimentaire – y’a qu’à voir mes dernières bottes, au bout d’une semaine, elles sont toujours aussi improbables – ou culturel : des albums à foison ressortis, pour l’occasion, du monde parallèle où ils s’étaient égarés.

Au détour d’un rayon disques affichant des prix riquiqui, je croise le regard d’une amusante petite frimousse. Il y a comme un air de Björk à la japonaise sur la pochette de Kumi Solo.

Les Inrocks n’ayant pas chroniqué sa sortie, en 2009, je suis, bien entendu, passé totalement à côté de l’album: My love for you is a cheap pop song.

Mon retard rattrapé, je m’attache assez vite à ce brin de voix et à cette électro pop sucrée. Pour un gourmand comme moi, il n’en fallait pas plus pour céder à autant de légèreté.

L’exotisme des quelques titres en langue nipponne croisant le fer avec les textes français participe à ce joyeux cocktail boostant une journée de février un peu morose.

Vous aurez bientôt l’occasion d’en découvrir  un peu. Rendez-vous est pris avec cette japonaise installée à Paris pour une interview vérité.

Retrouvez Kumi en concert le mercredi 23 février à l’International. Entrée libre

Web: www.kumisolo.com

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