C’est encore mieux l’après-midi : du vaudeville comme on aime !

En pleine campagne Présidentielle, le Théâtre Hébertot nous loge à l’Hôtel de l’Hémicycle pour une partie de jambes en l’air qui va vite dérailler.
C’est encore mieux l’après-midi est un vaudeville comme on l’aime avec notre chouchou : Sébastien Castro. 

L’écriture inégalable de Ray Cooner
Portes qui claquent, imbroglios, dissimulations, petits mensonges…
La pièce est suffisamment tonique pour nous faire adhérer au scénario :  un élu du peuple pris en tenaille entre sa femme, son assistant parlementaire et sa maîtresse.
L’écriture est rythmée, les situations drôles à souhait, la galerie de personnages débridés à souhait. Il y a de la nuisette, du slip léopard et du poil aux torses. 

Oh Sébastien Castro !
Le rôle de l’assistant obligé de se plier en quatre pour assurer le confort maximal de son boss est campé par l’excellent Sébastien Castro.
Il est capable de tout, même de se retrouver simplement vêtu d’une mini-serviette de bain, tous poils dehors.
Cet enchaînement d’emmerdes le révèle dans ses plus beaux atours de Droopy.
Il subit sans rechigner, tente de colmater les petits accros qui deviennent plus gros encore après son intervention. Y’a du Pierre Richard dans cette propension à accumuler les casseroles.
À ses côtés, Pierre Cassignard campe un élu autoritaire et séducteur, Lysiane Meis une femme pétulante et faussement naïve. 

C’est encore mieux l’après-midi est un vaudeville plein de fougue, malin, acidulé, pas bégueule. Un pur moment de plaisir. 

C’est encore mieux l’après-midi

une pièce de Ray Cooney
afrançaise Jean Poiret
avec Pierre Cassignard – Lysiane Meis – Sébastien Castro
Guilhem Pellegrin – Pascale Louange
Guillaume Clérice – Rudy Milstein – Anne-Sophie Germanaz

au Théâtre Hébertot
78, bis bld des Batignolles
75017 Paris

du mardi au samedi à 21h
matinée : samedi à 16h30 et dimanche à 15h

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La Jeune Fille et la Mort : un huis-clos troublant @ Manufacture des Abbesses

Si la complexité des rapports humains avec ses contradictions vous interroge, direction la Manufacture des Abbesses !
photo Pierre Merle

Ce dernier, avocat destiné à une grande carrière politique, vient d’être désigné pour diriger une commission d’enquête afin de juger les tortionnaires de l’ancien régime déchu. L’intrigue se met en place, les liens se font.

Entre en scène Docteur Miranda rencontré par hasard par Gérardo.

Mais ce Docteur Miranda n’est pas un inconnu pour tout le monde… Paulina reconnaît l’homme qui l’a agressée et torturée lorsqu’elle était militante emprisonnée. Le temps passe, mais certaines choses ne s’oublient jamais après un traumatisme : sa voix, l’odeur si particulière de sa peau, le contact de cette peau, des expressions verbales et… Schubert !

S’ensuit alors un procès improvisé mêlant règlement de comptes, devoir de réparation, besoin d’apaisement. Une joute rhétorique s’installe entre le bourreau et sa victime avec Gérardo au milieu tentant de jouer l’arbitre-avocat.

Un sujet délicat, brillamment mené par une mise en scène pudique, un jeu de comédiens juste et prenant, des effets sonores et lumineux réussis nous plongent véritablement dans l’atmosphère sombre.

Le texte peut parfois nous mettre mal à l’aise, nous rappelant des faits que nous ne pouvons ignorer mais il y a aussi quelques notes d’humour bien placées qui allègent le tout dans un subtil dosage.

Au sortir de cette pièce, nous sommes dubitatifs de savoir jusqu’où peut aller le genre humain. Nous avons beaucoup de questions et notamment celle-ci : les aveux de la vérité n’aident-ils pas plus la victime que l’assouvissement d’une vengeance ?

A suivre…

by Jean-Philippe 

photo Pierre Merle

La Jeune Fille et la Mort

Auteur : Ariel Dorfman
Mise en scène : Massimiliano Verardi
Avec : Luc Baboulène, Philippe Pierrard, France Renard et la voix de Fabrice Drouelle (France Inter)

Jusqu’au 19 mars 2017
du mercredi au samedi à  21h
Dimanche 17h

La Manufacture des Abbesses

7, rue Véron
75018 Paris
Tel : 01 42 33 42 03

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La leçon de photographie touchante de Pierre-Anthony Allard

Un autodidacte de la photographie devenu un génie de la lumière et du portait se lance un nouveau défi : monter sur la scène du Théâtre Saint-Georges. Pour quelques dates seulement, Pierre-Anthony Allard conte quelques belles tranches de sa vie de studio où l’on y croise, entre autres, Isabelle Huppert, Alain Bashung, Sophie Marceau au Studio Harcourt, une rangée de CRS, un mort et un chien empaillé.
#Bonplan inside !



« Le déclencheur active la testostérone »

Ce premier seul en scène à 57 ans est touchant car quelque peu bancal, improbable et inattendu. Normal : Pierre-Anthony Allard n’a pas la prétention d’être acteur, ni d’avoir la capacité de connaître son texte à la virgule près.
Toutefois, ces deux points ne doivent pas retirer l’intérêt certain pour cette rencontre originale qui se solde par une prise de vue sur scène. Un spectateur aura, en effet, droit à son portrait réalisé sous le regard d’une salle jalouse de ne pas être à sa place.

« À regarder son écran, le photographe devient le chien de la plage arrière »

Pierre-Anthony partage le souvenir de ses tendres années, le plaisir de l’argentique qui réserve toujours des surprises, son entrée au Studio Harcourt, l’apprentissage de la lumière.
Il évoque avec sensibilité son mentor Jeanloup Sieff, immense maître du noir et blanc.
Notre photographe est finalement plus à l’aise en partageant ses anecdotes de shooting plutôt que de tenter le cours magistral à l’initiation de la photo.

Il y a des choses à retenir : oser découvrir quel est son bon et mauvais trois quart pour éviter les prochaines déconvenues des photos prises de vous, comprendre le complexe d’immédiateté qui gagne toute personne connectée.

La leçon de photographie
de et avec Pierre-Anthony Allard

mise en scène : Henriette Chardak

à partir du mardi 14 mars 2017

au Théâtre Saint-Georges
51 rue Saint-Georges
75009 Paris

Représentations :
mardi 14 mars à 20h30
mardi 28 mars à 20h30
mardi 11 avril à 20h30
dimanche 23 avril à 17h
dimanche 7 mai à 17h

BON PLAN : Offre spéciale 20 e au lieu de 28 e
Cliquez sur le lien !

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Celtic Legends, 15 ans d’euphorie sur les scènes de France

Six musiciens et une vingtaine de danseurs nous emmènent en Irlande à travers des rythmes et chants celtes pour fêter les 15 ans du spectacle Celtic Legends qui revient en France pour une tournée intense qui passe par l’Olympia jusqu’à fin mars 2017.
Frétillante plongée sur les terres du Connemara !
 

 
Tout démarre dans une ambiance feutrée par une présentation de Sean McCarthy en français (et avec un accent très craquant). Chargé de faire monter l’ambiance dans la salle, il a également la lourde charge de donner le ton avec son instrument fétiche : le uilleann pipe ; autre nom de la cornemuse irlandaise.
Sean et les cinq autres musiciens munis de leur instrument (flûte, violon, bodhran, guitare, accordéon) nous plongent à chaque morceau dans l’Irlande traditionnelle… Il ne nous manquerait plus qu’une Kilkenny ou une Guinness pour savourer encore plus ce moment. A la place, le guitariste pousse de temps en temps la chansonnette d’une voix très agréable.
 
Et les danseurs ? Sur certains morceaux, ils entrent sur scène la tête haute et avec le sourire clinquant, mais surtout munis de leurs chaussures. Leur mission : nous présenter le traditionnel « irish tap dancing », le tout chorégraphié par la première danseuse Jacintha Sharpe. Le claquement de leurs chaussures sur le rythme de la musique et leur levé de jambes nous amènent à réfléchir à notre propre condition physique ! Le petit plus : une superbe complicité entre les musiciens et les danseurs ; l’esprit de groupe est réellement très présent durant tout le spectacle.
 
Plein succès 4 jours de suite à l’Olympia.
Celtic Legends c’est une bouffée d’énergie inédite, un voyage musical et visuel intense et euphorique. L’une des plus belles cartes postales reçues d’Irlande.


Celtic Legends
15th Anniversary Tour
Tournée 15e anniversaire

Tournée en France jusqu’au 31 mars 2017 

Mardi 28 Février : Caen : Le Zénith
Mercredi 1er Mars : Rouen – Le Zénith
Jeudi 2 Mars : Tours – Le Vinci
Vendredi 3 Mars : Saint Omer – Sceneo
Samedi 4 et dimanche 5 Mars : Lille – Théâtre Sébastopol
Mardi 7 Mars : Bourges – Palais d’Auron
Mercredi 8 Mars : Orléans – Le Zénith
Jeudi 9 Mars : Rennes – Le Liberté
Vendredi 10 Mars : Le Havre – Centre des Congrès
Samedi 11 Mars : Nantes – Cité des Congrès
Dimanche 12 Mars : Nantes – Cité des Congrès
Mardi 14 Mars : Angers – Amphitéa
Mercredi 15 Mars : Boulazac – Palio
Jeudi 16 Mars : Limoges – Le Zénith
Vendredi 17 Mars : Clermont-Ferrand – Le Zénith
Samedi 18 Mars : Lyon – Salle 3000
Dimanche 19 Mars : Roanne – Le Scarabée
Mardi 21 Mars : Nice – Palais Nikaïa
Mercredi 22 Mars : Marseille – Le Dôme
Jeudi 23 Mars : Montpellier – Le Zénith
Vendredi 24 Mars : Saint-Etienne – Le Zénith
Samedi 25 Mars : Bordeaux – Patinoire Meriadeck
Dimanche 26 Mars : Biarritz – Gare du Midi
Mardi 28 Mars : Toulouse – Le Zénith
Jeudi 30 Mars : Strasbourg -PMC
Vendredi 31 Mars : Toul – L’Arsenal

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Julie Zenatti : Voyage en terres Méditerranéennes #Interview

Après son album Blanc et une tournée qui a duré plus de deux ans et demi, Julie Zenatti revient avec un projet passionnant réunissant plusieurs artistes aux univers bien différents. C’est un véritable retour aux sources et une envie de renouer avec ses racines qui ont motivé la réalisation de Méditerranéennes. Une très belle façon de rendre hommage mais aussi de découvrir les cultures musicales du bassin méditerranéen.

INTERVIEW SELFIE

selfie exclu #UsofParis

USofParis : Comment est né le projet Méditerranéennes ?
Julie Zenatti : Quand j’ai commencé à le penser je me suis dit qu’il fallait très vite que j’entre en studio pour essayer des choses. J’en ai parlé avec Franck Authier (réalisateur de l’album Blanc) qui a aimé l’idée. On s’est enfermé pendant 3 semaines pour voir ce qui était possible. Je l’ai ensuite proposé à  l’équipe Capitol qui a été emballée.

Dès le départ, vous avez pensé le projet comme un album de duos ?
En fait, c’est un album collégial. On a essayé de créer des formats de duos, de trios différents. L’idée c’était que les artistes participent à cet album en tant que solo mais pas que. Certains viennent sur un titre faire les chœurs, d’autres qui ont fait une double voix,… L’idée c’était vraiment de créer un groupe.

Certaines personnes que vous auriez aimé avoir sur le projet vous ont-elles dit non ?
En fait, je ne suis jamais déçue de rien. Je ne suis pas fataliste mais je crois au destin. Toutes les personnes qui ont embarqué sur ce projet (les 13), je n’ai pas eu besoin de leur raconter ce que j’avais envie de raconter, ni de les convaincre. C’était pour eux une évidence.
Dès qu’il fallait que je passe à 3 phrases, je savais fatalement que c’était des gens que je n’aurais pas sur le projet. Je ne m’attendais à rien, j’ai laissé les choses venir.

Pourquoi ce projet, est-ce qu’il y a une raison derrière ?
Il y a toujours une raison. On ne fait pas les choses pour rien. Jamais.

Un album de reprises c’est une démarche très différente que de sortir un album à soi, il y a une vraie démarche derrière.
C’est un peu ma madeleine de Proust. Nos vies sont souvent ponctuées par des chansons qui font partie de notre héritage, de notre inconscient, d’un moment de notre vie, et c’est un peu comme ça que ça commence quand on a envie de reprendre les autres.
Puis, il y avait aussi une envie de faire découvrir des gens d’ailleurs, c’est pour ça qu’il y a des chansons très connues et d’autres moins, même parfois il va falloir qu’on dise d’où viennent les chansons, comme Zina. C’était cette envie-là de faire découvrir des chansons incroyables qui viennent d’ailleurs. La démarche est très personnelle au départ.

Image de prévisualisation YouTube

Dans le contexte actuel, on peut penser à un album engagé, c’est ce qui m’est venu à l’esprit quand je l’ai écouté et que j’ai découvert le concept.
Pour moi, ce n’est pas un concept, c’est une parole. D’essayer que le beau métier qu’on fait serve à raconter des choses qui soient réelles, en y mettant un peu de magie. De se dire qu’un jour, ça a été possible et ne jamais l’oublier.
Je ne sais pas si c’est un album engagé car déjà j’ai beaucoup de mal avec les étiquettes et c’est vrai qu’après on a du mal à s’en défaire.

Il y a quand même un message de tolérance. Je l’ai ressenti avec la reprise de Et si en plus y’a personne d’Alain Souchon, qui est juste magnifique.
Cette chanson, c’est une chanson qui a tout de suite fait partie de ma liste, même si elle n’est pas méditerranéenne. Ça me semblait assez normal et évident de donner mon point de vue, qui n’est  que mon point de vue. D’ailleurs, au départ, je devais la chanter seule, je ne voulais imposer mon point de vue à personne. Je la chante avec Samira Brahmia qui est une chanteuse algérienne. J’étais en train de l’enregistrer quand elle est arrivée au studio pour enregistrer une chanson, et elle m’a dit « Je veux chanter ce titre ! ». Et là je lui ai dit « Tu sais ce que ça implique de chanter ce titre, c’est que tout d’un coup tu te positionnes » et elle m’a répondu « Mais je veux ! ».
Donc oui cette chanson est une chanson engagée à la base et c’est vrai que nous, de par notre association et de par la manière dont on l’a réalisée, c’est à dire qu’on ne met que les mots en avant (si on avait pu la faire a capella on l’aurait fait), c’était vraiment une envie de mettre en valeur ce texte et cette pensée qui, au fond, est la mienne.

J’imagine qu’il y a un désir de porter cet album sur scène ?
Grave ! Mais ça ne va pas être simple. Mais je suis sûre qu’on va y arriver. Je ne sais pas comment, mais on y arrivera !

En parallèle, avez-vous un album solo en préparation ?
Avec la période de blanc avant Blanc, j’ai eu pas mal le temps de réfléchir à pleins d’envies. Au moment où Blanc est sorti, j’avais déjà Méditerranéennes en tête. Il ne s’appelait pas comme cela au départ dans ma tête. Le prochain album j’y pense, bien sûr. Je fais des chansons et puis après on verra si ça va au bout, si cela devient un truc à la fin. Là, le fait de travailler différemment, avec d’autres chanteuses, de travailler sur la réalisation, ça m’a aussi permis de respirer et de me donner beaucoup de matière pour commencer déjà à écrire la suite. C’est assez chouette.

Selfie polaroid original #UsofParis

C’est vous qui avez choisi les combinaisons d’artistes sur les différents titres ?
J’avais prévu et après je me suis adaptée en fonction des envies, des voix et aussi de la manière dont les artistes avaient envie de raconter leurs appartenances à un endroit ou à une double culture. C’est pour cela que ça chante en différentes langues, que certains textes ont été adaptés, mais pas dans le sens original ou littéral, plutôt complètement réécrits. C’est considéré comme des adaptations mais ce sont des textes tout nouveaux.
Par exemple, Slimane avait très envie de porter Mon amie la rose car pour lui c’est un hommage à la femme. Il voulait rendre hommage à toutes ces femmes et à son éducation matriarcal. Et il n’a pas voulu qu’on change le texte qui est tout au féminin. Pour lui, c’était ça aussi rendre hommage. On s’est adapté aux envies, à la manière dont ils avaient envie de porter ce message parce que cela peut faire peur aussi de se dévoiler.
Ce que j’ai envie c’est que ces artistes défendent et racontent cette histoire et je suis assez contente parce que chacun de son côté porte ce projet et le porte fièrement et j’en suis la première surprise.

Difficile de ne pas évoquer Notre Dame de Paris qui a fait son retour à Paris. L’avez-vous vu ?
Non, j’étais en studio et je n’ai pas pu aller les voir.

Que pensez-vous de ces reprises de comédies musicales à succès ?
On m’a dit que c’était super, et cela ne m’étonne pas car Hiba Tawaji est juste magique. C’est un choix super.
Qu’est-ce que j’en pense ? Je suis fière. Je me dis qu’il y a une Fleur-De-Lys qui regardait mes prestations pour savoir quoi faire et comment se différencier aussi de mon interprétation. Je trouve ça génial. Quelque part, j’ai l’impression que nos rôles, notre manière d’aborder le rôle a un moment, ça a été un petit modèle pour quelqu’un et ça continue à grandir. Notre Dame de Paris est un spectacle très moderne, c’est à dire que c’est cruellement d’actualité.

Un bon ptit resto  à nous conseiller à Paris ?
Un très bon resto que j’ai découvert récemment : Bonhomie. C’est dans le Xe (22 rue d’Enghien) et c’est très très bon.

Votre dernier coup de cœur musical ?
Le dernier album de Véronique Sanson. Sur le cul. Textes, voix, arrangements, dans sa globalité pour un album complet.

Le dernier artiste que vous avez vu sur scène ?
Samira Brahmia, qui fait partie du projet. Je suis allée la voir au Cabaret Sauvage dans un spectacle qui retrace l’histoire de l’Algérie. C’était super, je me suis régalé.

Un duo rêvé ?
Oum Kalthoum, une très grande chanteuse du Moyen-Orient.

On vous a connu lorsque vous aviez 15 ans, vous en avez plus aujourd’hui. Vous n’avez pas changé ! Quel est votre secret ?
C’est sympa ! (L’attaché de presse derrière confirme ce que je viens de dire). Je suce toujours mon pouce c’est peut être ça.  🙂
Non, je ne sais pas. C’est gentil, ça me fait plaisir.
Un jour, on ne me le dira plus et là, je saurais que je l’ai pris d’un coup mon âge.

Interview by Joan

Julie Zenatti
nouvel album Méditerranéennes
(Capitol Music France)

sortie le 24 mars 2017

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Scènes de la vie conjugale : Personnaz / Casta intenses !

Marianne et Johan éprouvent leur amour. Mais au juste à quel point sommes-nous préparés à aimer ? Et si l’un des deux part est-ce la fin de tout ? Ingmar Bergman a su formidablement capter les écarts, les doutes et la dislocation d’un couple.
Scènes de la vie conjugale au Théâtre de l’Oeuvre est une leçon concentrée de nos vies amoureuses, tout à la fois passionnante, fine et juste. 


Étonnant de voir quelques bribes d’une de ses histoires d’amour sur scène. Quelques ?
Alors quand vous apercevez votre psy qui a été témoin de votre fin d’histoire sortir de la salle le même soir que vous, la fiction sait jouer à merveille avec la réalité.
Le théâtre est le reflet troublant de nos vies, certains soirs plus que d’autres. 

La force du texte de Bergman est de parler à tous, à toutes, d’avoir une résonance sur une faille, un malentendu, un échec, une vérité.
Raphaël Personnaz  et Lætitia Casta incarnent à merveille ce couple de trentenaires, petits bourgeois, au confort certain, à l’image soignée.

L’austérité assumée par le metteur en scène, Saffy Nebbou, peut décontenancer pendant les premières minutes de la pièce. Le jeune couple porte des tonalités ternes loin du glamour qui auréolent les interprètes.

« Je fais de mon mieux, je fais de mon mieux » Marianne

On comprend vite que le couple opère un équilibre périlleux. Que les 10 ans de vie commune ne sont pas si heureux. La complicité s’altère, les reproches et l’incompréhension balaient tout effort de tendresse.
Le cynisme de Johan est parfois si direct que les rires ne peuvent être retenus, même avec du Bergman.

« Nous sommes des illettrés » Johan

Aucun des personnages ne détient la vérité et pourtant leurs paroles sont souvent révélatrices et justes. Raphaël qui « aime quand le spectateur participe à la création » avoue au sortir de la représentation que la patience n’est pas sa qualité première alors que « les choses infusent progressivement au fil des répétitions et représentations. » Lætitia poursuit en avouant : « on cherche à être déstabilisé chaque soir. » Raphaël de conclure  : « c’est un peu malgré nous. »

Scènes de la vie conjugale est une pièce intense, dépouillée, troublante. À voir pour tenter de comprendre un peu mieux ce qui nous anime le cœur. 

Merci à Théâtre Parisiens associés pour cette découverte et la rencontre d’après spectacle.

Scènes de la vie conjugale

jusqu’au 30 avril 2017

du mercredi au samedi à 21h
matinées : samedi et dimanche à 17h

mise en scène : Safy Nebbou
adaptation de Jacques Fieschi et Safy Nebbou
avec Lætitia Casta et Raphaël Personnaz
assistante à la mise en scène : Natalie Beder
scénographe et collaboration artistique : Cyril Gomez-Mathieu

au Théâtre de l’Oeuvre
55, rue de Clichy
75009 PARIS

* Laetitia Casta contrôlant rigoureusement son image, nous avons fait le choix de ne pas la solliciter pour le selfie d’équipe et de la retirer de la photo de salut pour éviter tout désagrément.

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La Peur @ Théâtre Michel : réaliste, exaltant, stupéfiant

La peur, ce sentiment que nous avons tous ressenti plus d’une fois dans notre vie est le sujet central de cette pièce adaptée d’une nouvelle de Stefan Zweig à l’affiche du Théâtre Michel. Trois comédiens partagent avec nous la destinée d’un couple submergé par le mensonge. Exaltant !
Un mari à la situation professionnelle enviable, des enfants, une maison, et une femme … heureuse ? Non sûrement pas !
Cette femme n’a qu’une seule envie : profiter de la vie. Elle, qui n’a de cesse de rappeler à son mari son existence et sa volonté de passer du temps avec lui, se retrouve alors plongée dans une histoire passionnée avec un autre homme. Un bonheur retrouvé, une sensation de bien-être, mais sur fond d’énormes mensonges qui la rattrapent très rapidement.
 
Lorsqu’une autre femme se présente à elle comme partageant le quotidien de l’homme avec lequel elle entretient cette relation, démarre alors un jeu dont elle est la victime. Folie, dépression… et peur s’enchaînent et obligent cette femme adultère à présenter une face d’elle inhabituelle. Le mari trompé, quant à lui me direz-vous ? Il assiste à ce changement d’humeur sans pouvoir retrouver la femme qui est sienne.

Et que se passerait-il si sa femme venait à lui avouer tout ? Réponse : courrez voir cette pièce tout simplement bluffante et prenante. Une interprétation magistrale et une écriture absorbante ne peuvent que stimuler toute notre adhésion.

Mention spéciale pour la mise en scène astucieuse et à l’atmosphère délicieusement rétro-classe à la Mad Men pour les costumes et accessoires, apportant un cachet cinématographique à l’ensemble.
Cette adaptation est un petit bijou de théâtre immanquable !

d’après la nouvelle de Stefan Zweig

adaptation et mise en scène : Élodie Menant

avec Hélène Degy, Aliocha Itovich

jusqu’au 30 avril 2017

du jeudi au dimanche à 19h00

au Théâtre Michel
38, rue des Mathurins
75008 Paris

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Virtual Room : expérience jeu vidéo en VR époustouflante !

Scotchante, énorme, explosive, délirante ! L’expérience créée par Virtual Room Paris l’est totalement.
La toute jeune enseigne d’escape game propose une immersion d’un genre nouveau : le jeu collaboratif en Réalité Virtuelle ou VR.
On s’est pris un vrai bonne claque technologique !
Une expérience unique de jeu vidéo à vivre en groupe et qui plait aux filles. Voici notre avis.

La VR, un univers qui monte !

USofParis est accro depuis longtemps à ce nouveau mode de  création qu’est la réalité virtuelle : les attractions de Samsung Life Changer, les innovations du groupe Partouche ou encore l’expérience de jeu Virtually Dead.
Mais on ne s’attendait pas à voir débarquer la VR si tôt dans le monde de l’escape game.
6 mois de labeur avec une grosse équipe de passionnés pour développer l’univers du jeu, après que Thomas et Vincent (associés au studio Monsieur K) ont conçu scénario et maquettes.
Pour un résultat au-delà de nos attentes.

Virtual Room : l’univers parallèle

Pas le temps de poser des questions. Le maître du jeu prépare un à un les joueurs et les place dans leur box individuel.
C’est plutôt déstabilisant de se dire que chaque équipier sera isolé dans une pièce de 10m2.
Équipé d’un casque de réalité virtuelle qui assure l’image et le son, d’un micro pour communiquer et de poignées pour prendre en mains des objets, l’entrée en matière est totalement intuitive.
Et comme vous ne pouvez plus appréhendez les limites de votre espace d’évolution, une barrière virtuelle vous met en garde dès que vous vous approchez un peu trop près de ses extrémités. #Prodigieux.

Une fois lancé dans le jeu, vous savez que le monde qui se présente à vous est virtuel, du moins les 30 premières secondes. Puis l’immersion par le son et l’image vous propulse rapidement au cœur de votre aventure.
Les micros et casque audio permettent de communiquer très facilement. Et vous voyez vos amis à l’image.
Pour leur première expérience de VR, les amis qui nous accompagnaient ont été bluffés par la fluidité des images et la technologie développée pour cette aventure d’un nouveau genre.

Virtual Room : ou les voyages immersifs

Nous voilà donc plongés au cœur de la matrice.
Un décor futuriste, une mission à accomplir tous les quatre, il faut interagir.
L’enjeu est bien là : coopérer, comme dans un escape game 1.0 mais à distance.
C’est en ça que cette expérience totalement virtuelle : physiquement chacun de son côté, mais électroniquement liée en quatuor, sous peine de ne pas finir l’aventure.
 Dans cette histoire, vous êtes transportés dans divers univers. Comme toujours, le chronomètre est votre allier ou votre ennemi.
Si vous êtes au top niveau résolution de l’intrigue, vous pourrez profiter des décors somptueux qui ont été imaginés par l’équipe de Virtual Room.
On n’en dévoilera rien ici pour ne pas gâcher votre plaisir, mais on en prend plein les yeux.

Retour en mode IRL

Fin de la partie, déjà ?
Le temps est passé à une vitesse folle, preuve qu’on ne s’est pas ennuyé. Et on a autant transpiré que dans une salle de jeu traditionnelle.
L’équipe d’USofParis a été l’une des plus rapides à finir cette histoire, en 37 minutes.
Combatif en mode escape game, on n’a peut-être pas assez profité de l’univers enchanteur proposé par Virtual Room.
On se dit aussi que pour des équipes aguerries aux jeux en réseau, une ou deux aventures supplémentaires ne serait pas de refus.  On devient exigeant avec le temps. 🙂
Mais sachez aussi que certaines équipes ont échoué à déjouer toutes les énigmes dans les temps.
Au final, on a très envie de rapidement découvrir les prochaines aventures auxquelles réfléchissent les équipes de Virtual Room.

Si vous voulez tentez cette expérience unique, vous n’avez que jusqu’au 21 mai 2017. Après, il faudra vous rendre à Bruxelles, qui prévoit non pas 4 mais 16 cabines.

Bonus : le jeu est disponible en version anglaise !
Et la 1ère chose que font les mecs quand ils débutent le jeu : ils se jettent des trucs dessus. Des gamins ! 🙂

Virtual Room

 93 rue de Turenne
75003 Paris

Jusqu’au 21 mai 2017

tous les jours de 9h à 22h
de 2 à 4 équipiers
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Yassine Belattar Ingérable : spectacle engagé et pertinent !

Yassine Belattar de retour sur scène à Paris avec Ingérable. Un spectacle engagé, pertinent et énergisant dans un beau décor : La Nouvelle Ève.

Confortablement assis à une table du superbe cabaret parisien La Nouvelle Eve, nous attendons avec impatience et autour d’un verre l’arrivée de l’artiste.
La mise en bouche commence par deux chansons délicatement interprétées par le chanteur et musicien Léyn. Complètement transportée par sa voix et ses mélodies, Léyn fait désormais partie de ma playlist.
Puis arrive Yassine. Quel personnage ! Mon ami et moi sommes immédiatement séduits par ce jeune homme généreux et élégant, vêtu d’un costume cravate impeccable.
Il commence par un tonitruant « Il y a des blancs ici ? Il y a des noirs ici ? Y a des arabes ce soir ? » On est bien loin des artistes du Jamel Comédy Club qu’il ne peut s’empêcher de tacler.
A un enfant de 9 ans accompagné de son père, les spectateurs s’esclaffent quand il déclame « Ton père, il n’a pas assez d’argent pour te payer Kev Adams ? »

Le ton est donné. Durant deux heures, il aborde un max de sujets de société avec un humour acéré. Tout y passe : les Français, les étrangers, sa famille, les footballeurs, les journalistes, les djihadistes, Nabila, les politiques et la déchéance de nationalité… Il s’attaque également aux derniers attentats, obligé de faire l’amer constat qu’on nous envoie les pires djihadistes de la terre (« même pour ça, on est mauvais« ).
De par sa longue expérience d’humoriste, d’animateur de télévision et de radio (de Génération, Beur FM, Oui FM et maintenant Nova), Yassine maîtrise l’art de la répartie. Il connait aussi bien les lascars de banlieue que les bobos vegan. Il est une incarnation de la France multiculturelle d’aujourd’hui. Il refuse d’être le porte-parole de qui que ce soit.
Drôle, touchant, critique et généreux, nous remercions avec sincérité Yassine qui prend le temps de saluer et de remercier son public à la sortie du spectacle.
Yassine est un artiste unique et Ingérable le spectacle à ne pas manquer.

by Caroline

Yassine Belattar, Ingérable

mise en scène : Thomas Barbazan

Tous les vendredis et samedis à 21h00

La Nouvelle Eve

25, rue Pierre Fontaine
75009 Paris

Contact :
Tél. +33 (0)1 53 89 08 43

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Le Concert sans Retour aux Bouffes Parisiens : jubilatoire !

Aux Bouffes Parisiens, tous les dimanche et lundi, clownesque concert qui dérape pour des moments de purs délires visuels et vocaux. Le groupe a cappella Cinq de Cœur revient avec un best-seller qu’il tourne depuis deux ans et qui est prêt à conquérir de nouveaux spectateurs friands d’expériences musicales aussi intenses que géniales. 

Pourtant, ça commence plutôt mal. On nous annonce un récital exclusivement allemand. Impossible de fuir, on est pris au piège. Les interprètes (Sandrine et Patrick en tête) partagent leurs réelles affinités avec la langue allemande et le plaisir de « de cet éclatement de la voyelle », si particulier, comme ils nous le confient après le spectacle. Heureusement, de petits grains de sable viennent contrarier la mécanique très pro de cette bande de chanteurs lyriques tous et toutes de noir vêtus. Dérapage, jeux de mains, touches de couleur et accessoires viennent réveiller l’ensemble.

On comprend alors que tout le monde s’appelle Michel. Que Fabian, le trentenaire de la troupe au tatouage dans le cou, n’est pas seulement irrésistible pour les spectatrices mais aussi pour ses partenaires ou inversement. Avec son solo sur Feel good « version Michael Bublé », il vous emporte dans son envolée vocale et physique. Le garçon est aussi doué pour le beatbox car les voix sont aussi deviennent de vrais instruments de musique au cours du spectacle. 

photo Charlotte Spillemaecker

Le groupe Cinq de chœur arrive à nous surprendre à chaque fois. Par un accessoire, une chanson, une version. Ring my bell, Le chanteur de Mexico, Avec le temps… et même Parole Parole en allemand : « car Dalida adorait l’Allemagne et elle n’avait pas un mauvais accent en plus » nous confirme Sandrine.
Tous les styles musicaux sont convoqués dans un grand délire clownesque, touche de la metteure en scène, célèbre Emma la Clown. C’est elle qui aura lancé l’idée de ce chapeau d’1m20 de diamètre et de la coiffe bretonne. 

À la sortie du spectacle, Fabian nous promet du Maitre Gims pour la prochaine création. Mais avant, la troupe risque fort de se frotter aux scènes européennes avec cet explosif Concert sans retour et sans fin.

Le Concert sans retour est jubilatoire, poétique, inventif, savoureux et boosté de bons rythmes.

Le Concert sans Retour
par Cinq de Cœur

mise en scène : Meriem Menant 
avec Pascale Costes, Karine Sérafin, Sandrine Mont-Coudiol, Patrick Laviosa et Fabian Ballarin
Lumières : Emmanuelle Faure
Costumes : Eymeric François / Anne de Vains
Directeur Musical : Didier Louis
Son : Mathieu Bionnet

aux Bouffes Parisiens
4, rue Monsigny
75002 PARIS

le samedi à 19h et le dimanche à 17h30

jusqu’au 23 avril 2017

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