La pente de la rêverie @ Maison Victor Hugo : expo sublime !

A la maison de Victor Hugo, le poème La pente de la rêverie s’expose jusqu’au 30 avril 2017. Vous pourrez plonger dans le dédale d’une exposition originale. L’artiste peintre Anne Slacik, le photographe Jean-Christophe Ballot, huit poètes contemporains et 190 élèves de l’Académie de Créteil interprètent ce poème de 145 vers. Des regards uniques, des œuvres – peinture, sculpture, musique, poésie, photographie, films, installation, costume, meuble – peuplent le salon de Victor Hugo, dans celui-là même où il recevait, il y a presque deux siècles, son cénacle.

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De 1832 à 1848, Victor Hugo avait l’habitude d’accueillir Gaultier, Musset, Balzac, Vigny, Nerval, Dumas père, mais aussi Lamartine, Sainte-Beuve, Mérimée, Liszt pour philosopher le monde. Aujourd’hui, cette tradition se perpétue, mais le cercle d’amis s’est élargi depuis. Récit d’un voyage au cœur d’une exposition où foules et œuvres se mêlent, un soir de novembre.

Le poème, La pente de la rêverie, raconte le voyage intérieur et l’expérience onirique de l’éternité. Victor Hugo est emporté dans le flot de l’humanité, par ses amis – son cénacle auquel se joignent « tous ceux qui sont morts ». Ils forment une foule qui « s’écoule ».
Présent, passé, temps et espace, vivants et morts, édifices, tout se mêle. Victor Hugo expérimente la totalité des mondes. Pour saisir, le mystère de la vie, il y a un voyage que l’esprit ne peut faire que « seul et nu ». La foule disparaît, les lieux disparaissent et l’esprit de Victor Hugo plonge dans l’abîme. Et c’est bien au fond des ténèbres, qu’il trouvera l’éternité.

Vincent Gille, fin admirateur de ses pairs Victor Hugo et Charles Baudelaire, eut l’idée de créer une exposition autour d’un poème. C’est Baudelaire qui semble lui avoir inspiré le choix de La pente de la rêverie. Pour le poète, Victor Hugo avait posé dans ce poème les grandes lignes des grands récits de l’exil. Pionnier du romantisme en France et grand visionnaire, Victor Hugo incarne l’âme du génie. De ce choix, Vincent Gille eut l’envie de faire appel à des artistes – poètes, peintre et photographe mais aussi à des lycéens pour partager ce poème, les inviter à créer autour de cette œuvre, une forme qui puisse l’incarner, le raconter ce poème.

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Vincent Gille raconte :
« Il y a 3 ans, il y a eu au Bac de français un poème de Victor Hugo qui est sorti, et les élèves ont tweeté des choses terrifiantes sur Victor Hugo en disant : « mais qu’est-ce que c’est que ce bonhomme ? On n’y comprend rien. Ils nous emmerdent avec ses cimetières ! »… Dans le poème, il y a le mot sépulcre par exemple cela ne dit rien à un adolescent d’aujourd’hui, alors, cela dit peut être à un adolescent d’Henri IV mais au-delà du 5ème arrondissement, plus personne ne sait ce que c’est donc, c’était de partager cela avec des gens et de partager aussi avec des adolescents. »
Pour les connecter à l’émotion des mots donc au souffle de Victor Hugo, il a demandé à son ami comédien Dominique Collignon-Maurin de faire lecture. De cette incarnation aussi bien sonore, visuelle et charnelle, les adolescents ont été saisis par des sensations. Accompagnés par leur professeur de lettres, de philosophie, d’histoire ou d’informatique, … ils ont élaboré et créé des merveilleuses œuvres.

Vincent Gille confie :
« Ce travail s’est fait tout au long de l’année, on s’est revu régulièrement avec les professeurs. Plus le travail avançait et plus il se dégageait de ses rencontres des formes d’énergies et de joie.
Alors c’est difficile à expliquer mais on était tous absolument émerveillés, par la progression de la chose et le fait que les élèves se soient effectivement emparés du poème, et ce soit d’une certaine manière appropriée. »
Il détaille : « Il y en a qui l’ont dessiné, il y en a qui ont fait des boléros, un fauteuil, des films, il y a une classe d’Epinay-sur-Seine qui a déclaré et c’était sans doute vrai, qu’elle ne comprenait rien à ce poème. Ils ont commencé par le décortiquer, par expliquer tous les mots, et après les élèves ont dit : « Oui mais vous comprenez-moi si je veux en parler à un copain, il ne le comprendra pas donc il faut qu’on le traduise. Ils ont traduit le poème et ils ont créé une chanson sous forme de rap. Et la chanson transpose les scènes du poème dans leur univers à eux, qui ne sont plus des cités antiques mais des cités de banlieues. »

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La classe de première littéraire de Lagny sur Marne, a imaginé qu’une partie du poème a été perdue. Elle évoquait le voyage dans le futur, Victor Hugo s’avançant dans le temps. Les lycéens ont décidé de sélectionner des évènements entre 1830 et 2016 et ont écrit un bouleversant poème. Chaque élève récite son vers devant la caméra. Le film est projeté dans l’exposition.

Les élèves de la seconde bac pro Systèmes électronique et numérique du Lycée Louis-Armand à Nogent-sur-Marne ont adapté le poème à l’écran. Le pitch : au XIXe siècle, un jeune homme seul chez lui – Victor Hugo médite sur le temps qui passe, s’approche de sa fenêtre et, à partir de ce qu’il voit – un parc, la Seine, est projeté dans un passé jusqu’à se retrouver, de manière devant une mer immense et sauvage. Le travail s’est fait en binôme. 6 courts-métrages ont été réalisés. Les élèves ont choisi les deux meilleurs films pour figurer dans l’exposition.

Ainsi, Victor Hugo a réussi à activer le génie poète dans chacun d’entre eux.
Les jeunes artistes ont produit, ont créé des œuvres à leur image en s’inspirant d’une trace : le poème La pente de la Rêverie.

Pour Vincent Gille, Victor Hugo est un poète « extraordinairement visuel » et visionnaire. Le commissaire de l’exposition a mis en lumière ces œuvres et ces artistes qui ont sans doute inspiré le poète au 19e siècle.

Au fond, il lui aura fallu 184 ans à Victor Hugo pour me faire comprendre que l’éternité se niche dans les mains de « Celui dont l’unique bonheur et l’unique fonction sont de produire sans cesse ».

by La Baleine Quantique 

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Exposition La pente de la rêverie

jusqu’au 30 avril 2017

à la Maison Victor Hugo

6, place des Vosges
75004 PARIS

Horaires
du lundi au dimanche de 10h à 18h

Mercredi 16h et samedi à 14h30 : visites conférences sur réservation : inga.walc-bezombes@paris.fr

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