Printemps de Bourges 2017 : Dylan, Renaud, Rebeka Warrior et des punks à Jacques Coeur #livereport

Brillant mélange desgens pour ce premier jour de Printemps de Bourges. L’édition 2017 a débuté avec une belle affiche : Bob Dylan avec la troupe du Français et Renaud malade mais résistant. Les anges déchus du punk, quant à eux, ressuscitent à travers les vieilles pierre d’un monument national. 

 

Comme une pierre qui… une première !

Première ce mardi d’ouverture. La Comédie Française prouve son audace et que, pour une institution de plus de 300 ans, elle peut aussi être pop et rock ! 
Bob Dylan : c’est pas trop mon grand amour. Et, très honnêtement, j’ai commencé à aimer Like a rolling stone quand Mick Jagger et sa team se sont décidé à la reprendre en 1995.
Mais la proposition de Marie Rémond et Sébastien Pouderoux qui font littéralement et musicalement revivre la session d’enregistrement de ce titre phare était immanquable.
Je ne pensais que je pourrais rire un jour avec Bob Dylan, un homme qui à la réputation de ne pas être très sociable, et la pièce nous le prouve.


1965, dans un studio à New York, un futur chef d’oeuvre de la musique est en train de naître. Plusieurs hommes à son chevet. Bob Dylan ne quitte pas son harmonica, Mike Bloomfield tente de traduire en mots et en musiques la vision du songwriter.
Dans cette proposition quasi documentaire d’un moment de création – tant de détails : des bouteilles de bières aux paquets de gâteaux, de la bouilloire au batteur qui se déchausse pour mieux jouer- l’humour vient nous surprendre.
Cette pièce qui mélange avec intelligence les genres est un pur bijou. Les apartés de chaque personnage permettent de comprendre l’importance de cet enregistrement dans leur vie.


L’interprétation est absolument excellente : les acteurs jouent en live. Sébastien Pouderoux (Bob Dylan) est mystérieux, silencieux et distant comme il faut. Son monologue en anglais dans le texte est impressionnant. Stéphane Varupenne (Mike Bloomfieldf) derrière sa guitare impose le profond respect : quelle assurance !
Christophe Montenez (Al Kooper) est touchant dans ses hésitations, son manque d’assurance. Gilles David (Tom Wilson) : une voix de producteur incroyable !
Gabriel Tur (Bobby Gregg), la classe avec ses baguettes de batteur et Hugues Duchêne, un geek d’un autre temps avec son piano, alto et yukulele.
Greil Marcus l’auteur du livre adapté pour ce spectacle a confié à la troupe : « Vous avez tout inventé mais tout est vrai !« 

Après la standing ovation, passage rapide par la scène du W pour le live de Renaud. Une voix d’outre-tombe nous accueille. Nous ne savons pas alors que le chanteur est malade : une petite rhinopharyngite. Les titres connus n’ont pas la même saveur que dans notre souvenir. La Renaudmania a l’air de pardonner, reprenant en chœur les refrains archi-connus, les bandanas rouges fleurissent dans la foule et la boutique de  merchandising ne désemplit pas à la fin du concert.

Self Made Punks

Le Palais Jacques Cœur est exceptionnellement punk avec une exposition de photographies en noir et blanc de la scène artistique de 1977. Des visages connus (Joe Strummer, Billy Idol, Patrick Eudeline…), d’autres tombés dans l’oubli (Squat Queen, Dave Vanian) viennent nous révéler le no future, l’underground, l’effervescence de cette époque. Combien d’entre eux-elles sont encore en vie ? Nous n’avons pas osé poser la question à l’un des photographes qui inaugurait cette expo.


C’est l’occasion de découvrir gratuitement pendant tout le festival ce monument assez incroyable par les détails multiples et incroyables. Cette demeure privée recèle de gargouilles, de sculptures discrètes sur les cheminées (lapins, singes, personnages, cœurs…). La charpente et certains plafonds en bois sont spectaculaires. A chaque nouvelle pièce, une découverte. Et des concerts cette semaine qui vont faire se rencontrer musique et littérature.

« Vous êtes doux mes agneaux »

Rebeka Warrior clôt la soirée avec un djset diabolique. Début de live en sweat à capuche et lunettes noires. On a comme un doute que l’égérie de Sexy Sushi soit bien présente sur scène.
Elle est accompagnée d’un jeune homme silencieux qui va débuter une danse très minimaliste avec enchaînement de gestes répétitifs et une séquence derviche tourneur en casquette.
Rebeka Warrior a décidé de mettre en transe les spectateurs téméraires avec son electro-techno qui décharge du beats à la seconde. Le djset est conçu comme un défouloir avec le public invité à se déchaîner sur scène et ces tenues improbables comme un chapeau de paille et même un chapeau léopard. On a même vu un festivalier en bermuda et tongs annonçant l’été. 

Le Printemps de Bourges se poursuit avec de nombreux concerts dans toute la ville jusqu’à dimanche !

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *