Printemps de Bourges 2017 : Fakear, Electric Guest, Calypso Rose, Gaël Faye, Talisco #LiveReport

J4 du Printemps de Bourges 2017 en mode zapping. Beaucoup de beaux concerts au même moment et un dont d’ubiquité défaillant. On a réussi à capter le rituel de la pédale de François and the Atlas Mountains, le flow d’Electric Guest, la poésie de Gaël Faye, le feu de Calypso Rose, la théorie de l’élastique par Wax Taylor, la déflagration Talisco et le débardeur de Fakear.

François & the Atlas métissé 

Dans le cadre feutré du Théâtre Jacques Coeur, François Marry et ses acolytes ont titillé le public pour le faire décoller de son siège. Le set est étonnant, il débute illico par les deux premiers singles du dernier album : Grand dérèglement et Tendre est l’âme. Des chansons-pépites, dansante pour la première et légère pour la deuxième. La mèche blonde du chanteur bat le rythme sur son visage. On devait d’avoir des cheveux comme lui à notre vingtaine, mais les nôtres rebiquaient.
Il est bon de retrouver François plus assuré qu’à ses débuts, qui s’autorise des apartés amusants comme le rituel de la pédale au 3e titre, couché au sol, sautant pour rattraper son micro.
La musique de François and The Atlas Mountains est métissée, gorgée de mille nuances qui nous portent et emportent. #fascinant

Electric Guest is back! 

Les Américains se sont offert plusieurs dates en France pour présenter au plus grand nombre l’album Plural. À leur étonnement, le public est au rendez-vous malgré les 5 ans d’absence. Pendant cette période, ils ont notamment composé plusieurs titres pour un album de Charlotte Gainsbourg qui n’a jamais vu le jour (« l’inconvénient de travailler avec une star de cinéma très prise« ). Le set du W est court. 40 petites minutes ne suffisent pas à apprécier à leur juste valeur nos retrouvailles avec le groupe. 

Mais il est toujours aussi plaisant de voir se déhancher Asa. Dear to me et Back for me sont deux premiers singles taillés pour le live. On en redemande ! 

Calypso Rose in fire! 

Immanquable la septuagénaire (77 ans le 27 avril) facétieuse venue de Trinidad. Elle a chauffé le Palais d’Auron avec un enthousiasme impressionnant. Elle arrive à tous petits pas sur scène, accompagnée d’un membre de son équipe. Et une fois dans son espace de jeu, elle navigue d’un bord à l’autre de la scène faisant découvrir sa tenue flamboyante et sa danse du ventre. À la fin du premier titre, elle quitte ses chaussures. Ses petits pieds font peine à voir mais ils continuent de porter l’artiste.

Les textes des chansons sont simples, compréhensibles par tous et toutes. Et sa musique nous emporte dans des paysages de bord de mer, des nuits folles de danse, sans aucune peur du lendemain. 

Au salut, Calypso Rose aperçoit un enfant en fosse : »je veux qu’on lui donne un album ! » La classe ! 

Au même moment, Broken Back foule la scène du W : « Mon but dans un concert c’est de m’amuser « .
Alors la jeunesse de Bourges s’est massé contre les barrières de sécurité pour s’amuser avec lui. Faut dire que le jeune homme a l’énergie communicative, armé de sa guitare.


Même s’il a franchit le cap des 150 concerts donnée, sa fougue reste la même sur scène.
Du coup le public danse, chante et « quand 4000 personnes chantent avec toi, ça fout les poils ! »
Comme Bourges, on aime bien avoir les poils avec Broken Back.

Talisco : pur rock ! 

Une lumière en fond de scène qui fait l’effet d’un contre-jour, pas évident de capter avec précision le visage de Jérôme Amandi.
On le prend à faire un sourire de bogosse à une jeunette qui jubile avec ses copines. Le quadra à la barbe de plusieurs jours, chemise sur débardeur dont le col en V laisse respirer un échantillon de poils, fait de l’effet aux girls. Autre style, son clavier est plus dandy avec la mèche blonde mobile et le petit fouloir autour du cou. 

Talisco se souvient : « Bourges, il y a 4 ans, c’était le premier vrai concert, le début de l’aventure. » Depuis, une tournée qui a joué les prolongations l’emportant aux States.
Son nouvel album est tout aussi nerveux, vif et brut. Le concert est une vraie déflagration rock : le pied !

Gaël Faye : Petit Pays au Palais Jacques Cœur

Dans la magnifique Salle des Festins, une bulle se crée dans le tumulte du Printemps de Bourges.


Avec la lecture musicale de son livre Petit Pays, Gaël Faye nous transporte avec émotions, rires mais aussi violence dans le Rwanda de son enfance, celui de la haine ethnique et du génocide.
Les mots virevoltent, claquent et résonnent dans cette salle où le public capte chaque geste, chaque parole et chaque note du duo.


Après cette heure coupée du monde, c’est le choc en sorti de salle. Il faut quelques minutes pour revenir au réel et aux bruits du festival.

Wax Tailor et la théorie de l’élastique 

Leçon d’humilité en conf de presse avec Wax Tailor, « l’ours grinchon de la musique » comme il se plaît à se présenter. Il a partagé avec nous sa théorie de l’élastique. Quand il bosse sur un projet, un album, il a l’impression d’être hyper loin par rapport à ce qu’il a fait avant (élastique tendu au max) et quand il finit et réécoute, il s’aperçoit qu’il a bougé de quelques centimètres (élastique détendu, relâché).
« Au final, on ne change pas tant que cela de style. C’est pour cela que je fais en sorte d’ouvrir des petites portes.« 
Après Bourges, la grosse date de ouf de Wax est un live à Central Park (NYC) pour la Fête de la musique ! Un seul mot : waouh !

Le big show de Fakear

Le W devient une cour de récré en attendant l’artiste de 25 ans qui déplace les foules. Filles sur les épaules des garçons, ballons Calimero, cheval, Minions ou Barbapapa. Garçons déguisés en licorne ou lapin rose… L’ambiance est à la déconne totale. 

En conf de presse, Fakear avait prévenu : »ce soir, c’est un gros dispositif, qui ne sera présenté que deux fois dans l’année avec Rock en Seine. »
Avec du retard, Fakear fait son entrée sur scène sous les cris de jeunes surexcités. Deux-trois bugs sonores et le live peut débuter. Le bidouilleur de sons varie les plaisirs : Pad, percu ou platine. Il ne reste pas en place, ni figé comme certains dinosaures de l’électro. Seule fausse note du set : un débardeur de basketteur, trois fois trop grand pour sa carrure. 

Et si on pariait que dans 2-3 ans, il nous reviendra avec son nouvel album et des muscles en plus ? comme Bob Sinclar ou d’autres avant lui.

Le Printemps de Bourges c’est encore deux jours de live ! 

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