Tea time avec Amélie Nothomb autour de Pétronille son nouveau roman

Il y a quelques jours, la Fnac fêtait ses 60 ans en proposant une série de rencontres originales avec des stars internationales (Lenny Kravitz, Kylie Minogue), des groupes dans le vent (Brigitte, The Do…) des écrivains charmeurs (Jean d’Ormesson, Eric-Emmanuel Schmitt) et un jeune humoriste (Norman).
Parmi cette impressionnante sélection d’événements très très privés, nous avons pu partager un tea time en petit comité avec Amélie Nothomb dans un des salons de la pâtisserie Ladurée, rive gauche. 

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Ce mercredi après-midi, au centre d’une pièce feutrée à l’étage de la rue Bonaparte, assis sur un canapé noir l’auteure chapeautée célèbre la sortie de son 23e roman Pétronille, en recevant un groupe de privilégiés ayant gagné leur sésame pour cette rencontre intimiste. Amélie Nothomb égale à elle-même prend connaissance de ses convives, en reconnaît deux – se souvenant de leur prénom et des derniers échanges qu’ils ont eu ensemble. Elle garde toutefois une oreille attentive pour les nouveaux visages plus discrets.

Très vite les questions débutent pour se concentrer sur son écriture, son univers, sa capacité saisissante de création.

« Je suis une mère de famille nombreuse »
Tout d’abord, une partie de l’assemblée est surprise quand l’auteure annonce être en cours d’écriture de son 80e livre. Pour elle, « écrire en pensant au lecteur serait une démarche de séduction », avant d’ajouter « j’écris en majorité des livres qui ne sont pas lus ». Parmi ceux-ci, on apprend que deux d’entre eux seraient des romans « historiques » : l’un se déroulerait au 1er siècle après JC à Éphèse (manuscrit refusé par son fidèle éditeur Albin Michel) et l’autre à la préhistoire.

Malgré leur non-publication, ces livres sont « mes enfants, je les aime tous ; même si ils sont laids et s’ils sont des monstres ». Ces derniers sont déposés dans des boîtes à chaussures sans plus aucun espoir de connaître la lumière, comme leurs illustres frères : Hygiène de l’assassin, Métaphysique des tubes
Après l’ « accouchement » de  tous (ces livres), l’impossible Amélie ne marque pas de temps d’arrêt : « je ne m’interromps jamais, il ne faut pas laisser cicatriser la plaie ». Ce qui la met enceinte, c’est des petits riens, comme une discussion dans un bus, toutefois elle avoue ne pas avoir assez de substance en elle pour pouvoir produire tout ce qu’elle écrit. L’inspiration viendrait-elle de plus haut ?

La seule pudeur qu’elle éprouve, c’est celle d’être observer en train d’écrire, avec ses « vêtements venus du Japon qui ne sont pas élégants mais chauds ». Elle décrit son activité quotidienne (4 heures minimum par jour d’écriture) comme une « fuite d’eau lente et continue, c’est fastidieux ! » Alors quand une caméra vient se pencher sur son épaule pour la regarder écrire, elle s’accorde un moment de « pure fiction » par le biais d’une écriture automatique. Ce jeu avec l’image peut parfois donner des « résultats rigolos ».

Au cours de l’échange, des merveilles sucrées font leur apparition servies sur des plateaux. La nouvelle maîtresse des lieux ne résiste pas au charme d’un chou tout chocolat, pour accompagner son thé.

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« A l’intérieur de moi, c’est une engueulade continuelle ! »
Nous n’avons pas résisté à l’envie de savoir ce qu’elle pouvait éprouver devant des séries télévisées cultes. Elle ne citera qu’une seule référence – malgré les nombreuses sollicitations de ses proches à en voir plus – Desperate Housewives qu’elle trouve très bien écrite. Malheureusement le visionnage « provoquait en moi une irritation, comme des chips. C’est bon mais irritant. C’était au final une expérience désagréable ».

Et son rapport aux photographes avec qui elle collabore notamment pour ses couvertures de livres ?
« Chaque photographe demande des choses différentes. L’expérience peut être aussi bien heureuse qu’insupportable, courte que d’une longueur insurmontable. Je me souviens de Jean-Baptiste Mondino, un être vulgaire qui m’a tutoyée dès que je suis arrivée et pourtant passionnant.
Je tentais quelque chose dans la pose, face à lui. Il m’arrête et me lance : « Q
u’est-ce que tu fais ? Donne-moi rien, reste vide ! La séance a duré 5 minutes et c’est sans doute l’un des meilleurs résultats. »

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« J’adorerais que mes enfants survivent à ma mort ! »
Nous abordons également les nombreuses rencontres avec ses lecteurs, que l’équipe du Petit Journal aime tant immortaliser lors du Salon du Livre Porte de Versailles.
« Le moment de la dédicace est ambigu. On ne sait pas précisément ce que veut l’autre. Parfois, certains lecteurs veulent aller plus loin. Il y a de vraies amitiés, comme il y a des ennemis aussi parmi mes lecteurs »
Et quand nous lui demandons son secret pour se souvenir aussi bien des prénoms et des vies de ses correspondants, la réponse est simple : « j’ai une mémoire de l’émotion. » Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des blocages, des blancs et d’oublier le prénom de certains, « un drame ! »
Quel est l’effet de ces grands moments de communion avec le public ? « Je suis comme électrisée pendant une dédicace. Et quand j’en sors, je peux piquer du nez au bout de 20 minutes. »

Cabotine, elle confesse n’avoir que peu d’espoir quant à la vie possible de ses livres après elle, tout en enchaînant sur une autre pirouette : « Tout m’intéresse, même de mourir. Je m’octroie un luxe, celui d’être assassinée par sa propre créature. »

Nous avions perdue de vue Amélie Nothomb, n’osant plus l’approcher, certainement à cause du phénomène de foule qui nous épuisait avant même d’arriver jusqu’à elle.
La retrouver fidèle à elle-même, incroyable de fantaisie nous a l’effet d’un détonateur. Notre challenge est qu’elle se souvienne aussi de notre prénom pour notre prochaine rencontre.

Amélie Nothomb, nouveau roman Pétronille
Éditions Albin Michel

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3 réflexions au sujet de « Tea time avec Amélie Nothomb autour de Pétronille son nouveau roman »

    1. 😉 c’est vrai que c’est assez rare maintenant de pouvoir rencontrer cette super star de la littérature !

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