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Chefs-d’oeuvre néerlandais @ Musée des Beaux-Arts Reims : révélation

Une sélection de 12 chefs-d’œuvre du Suermondt-Ludwig-Museum d’Aix-la-Chapelle est à découvrir au Musée des Beaux-Arts de Reims jusqu’au 31 décembre. Des natures mortes qui, aussi surprenant que cela puisse paraitre, ont des secrets à vous révéler. 


Autant être honnête, la nature morte n’est pas du tout un sujet de prédilection. 
Mais la présentation que nous a faite la Directeur et la Conservateur du Musée des Beaux-Arts de Reims ont réussi à éveiller ma curiosité et mon intérêt.
A ma surprise, il y a des sens cachés dans les natures mortes, qu’il est difficile de déchiffrer sans le regard d’un initiateur. 

Chefs d'oeuvre néerlandais
Bouquet de fleurs, 1684 ?, Nicolaes van Veerendael
Chefs d'oeuvre néerlandais
Bouquet de fleurs (détail)

Un simple bouquet de fleurs en apparence révèle ses secrets. La Vierge est symbolisée par la rose alors que la mort et Jésus sont évoqués par la présence de la jacinthe.
Le souci du détail du peintre l’a conduit à exécuter le reflet d’une fenêtre sur le verre du vase. Saisissant ! 

Chefs-d'oeuvre néerlandais
Vierge à l’enfant dans une guirlande de fleurs, autour de 1654 ?, Jan van Kessel l’Ancien

À quelques pas, la Vierge et l’enfant entourés d’une multitude de fleurs doit aussi une pleine observation avec notamment un choix d’insectes. Et surprenant : la guirlande de fleurs étant plus importante en proportion que les deux sujets, la toile est considérée comme nature morte. 

Chefs d'oeuvre néerlandais
La Chouette appelant, autour de 1620, Frans Snyders

Dans la seconde salle, un paysage avec des oiseaux diurnes à leur branche. Au centre, une chouette énigmatique.  Un œil distrait ou peu motivé ne verra pas que les oiseaux sont englués. Et que le responsable de cette scène est l’homme en arrière-plan qu’il faut apercevoir.  

Chefs-d'oeuvre néerlandais
Le coq et la pierre précieuse, entre 1616 et 1620 ?, Frans Snyders

Une autre toile étrange représente un coq et une pierre précieuse. Elle illustre une allégorie d’un autre temps. L’impossible rencontre entre l’animal qui cherche du grain à manger et une pierre qui n’a d’intérêt que sur un bijou et à être admirée.

Avec ces chefs-d’œuvre néerlandais vous reconsidérez avec plaisir votre approche de la nature morte.

Chefs d'oeuvre néerlandais

Exposition Chefs-d’œuvre néerlandais
du Suermondt-Ludwig-Museum d’Aix-la-Chapelle

Jusqu’au 31 décembre 2017

au Musée des Beaux-Arts de Reims
8, rue Chanzy
51000 REIMS
tél : 03 26 35 36 00

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Sophie Calle : sa renaissance au Musée de la Chasse & de la Nature

Beau doublé, Monsieur le Marquis (qu’il est long ce titre pour le web  😉) est la nouvelle expo de Sophie Calle au Musée de la Chasse et le Nature. Accompagnée de l’artiste Serena Carone, les deux femmes proposent aux visiteurs une déambulation très personnelle.
Un B
eau doublé en clin d’œil à une publicité pour une cartouche de chasse dans les années 70.
Un Beau doublé pour la mise en parallèle de deux artistes.
Une rétrospective du travail de Sophie Calle inédite depuis 2003 !

Sophie Calle
Sophie Calle & Serena Carone

Pour faciliter votre visite : les interventions de Sophie Calle sont toujours des objets existants (photos, objets personnels…) et côté Serena Carone, ses œuvres créées, façonnées, faites à la main.

Les fantômes du rez-de-chaussée

Dès le début, Sophie Calle a choisi de recouvrir d’un drap la pièce majeure du musée : le majestueux ours naturalisé,  afin de la rendre fantomatique. Juxtaposé à cette photo, un texte.

Sophie Calle
L’Ours – 2017


Elle a recueilli les impressions des collaborateurs du musée face à cet ours : leurs premières impressions, leurs peurs. Des phrases drôles, décalées ou très personnelles.

Avant de poursuivre la visite, il faut savoir que Sophie Calle a perdu son père il y a deux ans. Son père était son premier spectateur, son premier critique, son premier admirateur. 

Cette exposition est une invitation du Musée de la Chasse et de la Nature de collaborer avec Sophie Calle.
Alors en plein deuil, l’artiste-photographe a perdu l’envie de créer. Elle est sèche. « On est parti sans savoir où l’on irait ensemble » nous confie Sonia Voss, la commissaire d’exposition.

Sophie Calle
Et vous n’avez pas vu sa photo !. Bob – 2017

La suite du rez-de-chaussée est une ode à ce retour à la  création.
Malgré les fantômes qui entourent Sophie Calle, elle a choisi de mettre en avant des bouts de vie  à travers ces Histoires vraies. Un concept simple : une photo et un texte qui remet l’image dans son contexte.

Sophie Calle a toujours voulu se faire enterrer au cimetière Montparnasse. Maintenant, c’est totalement impossible faute de place. Alors, elle parcourt le monde à la recherche de l’endroit idéal. Serena Carone lui propose de créer son propre mausolée : Deuil pour deuil.

Sophie Calle
Deuil pour deuil – 2017

Autour d’un mannequin, des animaux naturalisés viennent complétés le tableau. Ces animaux  viennent de la collection personnelle de Sophie Calle.
D’ailleurs, elle les baptise tous ces animaux avec le nom d’un de ses proches. Et
sur ce mausolée, sont placés ceux avec lesquels elle souhaiterait être enterrée, des amis ou des membres de sa famille déjà morts.

Sophie Calle
Deuil pour deuil : le crapaud « Lou (Reed) » – 2017

 

Mais la mort n’est pas que physique. Elle peut être intellectuelle et Sophie Calle y a été confrontée plus qu’elle ne voulait.

Sophie Calle
Pêchez des idées chez votre poissonnier – 2017

Et avec autant d’œuvres créées pour cette exposition, Sophie Calle a bien retrouvé l’inspiration.

Les Histoires Vraies du premier étage

Pour entrer pleinement dans cette exposition, il faut lire.
Prendre le temps de comprendre les jeux de mise en scène entre Sophie Calle et Serena Carone.
Ce n’est pas moins de 38 Histoire Vraies qui sont disséminées à cet étage.

Ce dialogue entre les deux artistes trouve une osmose totale avec la Rêveuse.

Sophie Calle
Rêveuse – 2014

Dans la main de la sculpture de Serena Carone, une clef du Bristol.
Chaque fois que Sophie Calle passait devant cet hôtel avec sa mère, celle-ci faisait un signe de croix et lui demandait de rester silencieuse car « C’est ici que j’ai perdu ma virginité« .

Dans une alcôve du Cabinet de Diane, la Pleureuse de Serena Carone absorbe notre attention.

Sophie Calle
Pleureuse – 2012

De cette superbe sculpture diaphane tombent des larmes de façon continue. On profite de ce temps suspendu.

Sophie Calle profite aussi de cette exposition pour inventer des dispositifs iconoclastes comme Le langage de la chasse.

Sophie Calle
Langage de chasse – 2017

Dans cette installation audio de près de 3 minutes, elle énumère laconiquement toute une ribambelle de termes cynégétiques.
Chirurgical mais décalé.

Un peu plus loin, on est face à une autre création de Serena Carone qui trouve toute sa mesure dans ce Musée de la Chasse et de la Nature : Ours.

Sophie Calle
Ours – 2016

Cette faïence émaillée est construite par l’assemblage de multiples morceaux.
En effet, Serena Carone est une autodidacte de la création.
Cet ours a donc été fabriqué dans son atelier à l’aide d’un four de 40 cm x 40 cm. On imagine donc facilement la débauche de travail dont il a fait l’objet.

C’est le moment de s’arrêter sur cette artiste.
Ses créations s’insèrent dans les vitrines, sur le mobilier, sans carton, sans information.

Sophie Calle
Femme papillon – 2000

Un vrai jeu de piste artistique.
Et on a été bluffé par son talent, sa maîtrise de la matière. Cette pieuvre en faïence de de toute beauté tant elle semble vivante. Prête à capturer ses proies.

Sophie Calle
Mon amie – 2016

C’est donc dans chaque coin de pièce, dans chaque vitrine que la vie (romancée) de Sophie Calle nous capte.
On adore cette anecdote Voyage en Californie où un jeune Américain souhaite passer la fin de son deuil amoureux dans le lit de l’artiste.
Étant alors en couple, elle envoie sa literie complète à cet inconnu (sommier, matelas, draps…)

Sophie Calle
Voyage en Californie

Difficile de faire la synthèse complète de cet étage riche en découvertes et en moments de vie.

Les relations amoureuses du 2e étage

On accède à cet espace avec une des œuvres majeures de Sophie Calle : Suite vénitienne.

Dans les années 80, la photographe suivait des inconnu(e)s dans la rue, un plaisir de détective, les photographiant à leur insu.
Un soir, lors d’une réception, elle se retrouve face à face avec un de ces inconnus. Il lui fit part « d’un projet  imminent de voyage à Venise. Je décidai alors de m’attacher à ses pas« .

Sophie Calle
Suite vénitienne (sélection) – 1980

Dans ces 3 vitrines, est condensé le résultat de ce projet. Photos volées et textes.

Pour se rapprocher de ce côté invasif de l’artiste, Sophie Calle a choisi de compiler les annonces, mythiques, du courrier du cœur du Chasseur Français.

Sophie Calle
Le Chasseur français – 2017


Elle agglomère donc ces annonces parues entre 1985 et 2010 en un tourbillon de mots touchant, drôle et parfois décalé. Petit à petit, elle y insère aussi les annonces du Nouvel Observateur ainsi que des échanges enregistrés sur l’appli de rencontres Tinder.

Sophie Calle
Le Chasseur français – 2017

En ressort comme un dictionnaire des échanges amoureux pour des gens en perte de repère relationnel, en proie au désarroi amoureux.
Il en est de même avec la dernière pièce de l’exposition.
Ici, Sophie Calle a choisi de mettre en relation certaines de ses photos avec des textes d’annonces ayant uniquement un vocabulaire proche de celui de la chasse.

Sophie Calle
A l’espère – 2017

Beau doublé, Monsieur le Marquis est une exposition déroutante dans la forme. Il faut prendre son temps lors de la visite pour pénétrer l’univers commun de Sophie Calle et Serena Carone.
Et, au final, vivre une parenthèse suspendue de création.

Beau doublé, Monsieur le Marquis

exposition de Sophie Calle
Artiste invitée : Serena Carone

jusqu’au 11 février 2017

Du mardi au dimanche de 11h à 18h
Nocturne le mercredi jusqu’à 21h30

Musée de la Chasse et de la Nature
62, Rue des archives
75003 PARIS

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Voyage d’hiver au Château de Versailles : excursion douce et mirifique !

C’est dans ses jardins que le château de Versailles nous invite à flâner pour la 10e édition de son exposition d’art contemporain. En collaboration avec le Palais de Tokyo, 17 artistes viennent magnifier les différents bosquets pour un Voyage d’hiver allant de la gloire de l’automne à la minéralisation orgueilleuse hivernale. Les œuvres accompagnent avec majesté la métamorphose naturelle du jardin, tout en confirmant son statut de vitrine pour artistes en tout temps.

Voyage d'hiver

Voyage d’hiver : une formule novatrice

Pendant neuf saisons, à la fin de l’été, le château de Versailles laissait le champ libre à un artiste contemporain pour s’exprimer en accord avec l’esprit du lieu. Cette année, l’exercice est confié à dix-sept artistes aux univers différents où se mêlent étonnement et fascination.

Voyage d'hiver

Une nouvelle temporalité s’installe, avec Voyage d’hiver, en choisissant la période allant des prémices de l’automne jusqu’à l’intensité hivernale. Pendant ce moment, la royale verdure se repose, loin du faste et de l’extravagance estivale, révélant une beauté presque inattendue. Ceci permet au visiteur d’avoir une expérience inédite en renouvelant ses émotions.

Une approche sensorielle

D’entrée de jeu, nous sommes soufflés par l’installation de Marguerite Humeau au bosquet de l’Arc de Triomphe. Ce sphinx monumental, se faisant la métaphore de l’équilibre fragile de notre rapport au monde, se trouve à la fin d’un labyrinthe végétal aux couleurs sanguines lui conférant un charme sans pareil…

Voyage d'hiver

Au bosquet du Dauphin, Dominique Petigrand fait se révéler la structure du lieu par 24 haut-parleurs diffusant un monologue entrecoupé de silences. En déambulant dans les couloirs de végétation, le message de l’artiste concernant la mémoire défaillante du temps qui passe nous fait écho…

Les tons ocres et orangés de l’automne servent autant les travaux de David Altmejd au bosquet des Trois Fontaines que l’hommage rendu par Mark Manders à la jeunesse éternelle au bosquet de l’Etoile.

Sheila Hicks, au bosquet de la Colonnade, utilise des bandes textiles colorées pour reprendre le cycle du temps, servant de transition entre la végétation étincelante et la mélancolie d’une nature en repos.

Voyage d'hiver

Le contraste entre l’austérité et l’aspect immaculé de l’hiver est parfaitement représenté par Rick Owens. En faisant se revêtir les statues du bosquet de la Reine d’une matière enveloppante, le présent préserve le passé des intempéries hivernales pour une identité future…

Voyage d'hiver

L’apothéose de ce circuit est «Bruit blanc», l’installation de Stéphane Thidet. La représentation post-apocalyptique d’une salle de spectacle abandonnée à l’aide d’éléments réfrigérants trouve totalement sa place dans le bosquet de la Salle de Bal. La vie en mouvement d’une époque révolue semble avoir été cristallisée par le temps et la glace. Le résultat est saisissant, autant frêle que spectaculaire…

Voyage d'hiver

Nous laissons à votre curiosité la découverte des autres œuvres à l’éclat tout aussi immodéré. 😉

En partant, n’hésitez pas à vous procurer le catalogue de l’exposition dans lequel Céline Minard vous livrera une dernière surprise !

by Jean-Philippe

Voyage d’hiver 

exposition d’art contemporain dans les jardins du château

Jusqu’au 7 janvier 2018

Château de Versailles
Place d’Armes
78000 Versailles

Page officielle de l’expo : voyage-hiver 

 

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Granville : bouillonnement artistique et culturel à 3h de Paris

Il est étonnant de découvrir le nombre de galeries et d’ateliers d’artistes à Granville.
La soirée Fil Rouge a été l’occasion pour moi de prendre le pouls de cette vie artistique.
À 3 heures de Paris en Intercités, il est possible de se prendre un bain inédit, non pas dans la Manche mais les rues de cette destination normande irrésistible.
Mon top 5 des adresses à visiter ! 


Atelier du Parvis 

Un univers figuratif attachant avec la sculptrice et peintre Véronique Texier qui aime les acrobaties. Il y a un peu de Cirque du soleil dans ces personnages aux habits rayés, de la légèreté et de la poésie.


Galerie Marée Moderne 

La jeunesse granvillaise se donne rendez-vous dans cette galerie d’angle mettant en avant des artistes en pleine éclosion. L’association qui la gère est une vraie tête-chercheuse.
Elle a mis, dernièrement, le grappin sur l’artiste Chabert, « un timide qui ne montrait pas son travail. »
La galerie est devenue une résidence d’artiste dans laquelle son travail évolue et où il a mené ses premiers ateliers avec des enfants.

Isazalie, la graphiste aux marins

Vraie coup de cœur pour la graphiste, illustratrice Isa Arthur-Monneron alias Isazalie dont l’univers fait la part belle à la figure du marin, mais pas que. Il y a aussi des baleines, de pieuvres et autres sirènes. Elle a conçu une installation en pleine rue, elle illustre des ouvrages dont de belles couvertures et anime des ateliers de tissage.

Xavier Hortala inimitable 

Un style figuratif, coloré que l’artiste a bien du mal à justifier, analyser, un peu comme Picasso. Figure incontournable, accueillante de Granville et attachante, Xavier Hortala impressionne par le nombre de toiles exposées dans son atelier et sa capacité de production. Ses couples, animaux et autres compositions touchent l’œil et le cœur.

Galerie de l’os : osé ! 

Une galerie totalement barrée qui proposent des compositions avec crânes de différentes tailles pour déco ou tout type de culte. 
Nous sommes très curieux du profil des amateurs de ce cabinet de curiosités très original. 

De grands rendez-vous culturels en ville

Il ne faut pas faire l’impasse sur les événements culturels de la station balnéaire.

Carnaval de Granville : un incontournable. Les passionnés viennent de loin, ils sont de 100 à 150 000 par an. 8 tonnes de confettis offerts par le comité des fêtes sont déversés dans les rues, mais il y en a encore plus avec la participation des spectateurs.
Sortie de bain, festival des arts des rues. 16e édition en juillet 2018
Jazz en Baie en août 2018

 

site officiel de Granville : ville-granville.fr

Les adresses :

  • Galerie Xavier Hortala – rue Malpagne
  • Atelier du parvis de Véronique Texier (céramiques) – 11 parvis notre Dame
  • Galerie Marée Moderne (Le Bestiaire de Chabert – graffeur) – 10 place Cambernon
  • Sazalie de Isa Arthur-Monneron (graphiste) – 14 rue des juifs
  • La Galerie de l’OS et les sculptures insolites de Blaise Lacolley – 46 ter rue des juifs
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KIBLIND #62 BOUTEILLE avec Jean Jullien : soirée dégustation

Pour son numéro 62, le magazine Kiblind crée l’événement en faisant appel à deux invités : l’illustrateur Jean Jullien et le caviste Thierry Poincin.
Cette alliance artistique est à découvrir le 19 octobre rue de l’Olive dans le 18ème à Paris avec une dégustation ouverte à tous et toutes.

kiblind

Cette collaboration à trois a donc donné naissance à un Kiblind spécial « Bouteille » avec une sélection de 8 vins dont le contenant est spécialement illustrée.

Kiblind met tous les sens en vrac

Jeudi 19 octobre de 19h à minuit vous aurez donc la possibilité de :
– mater le boulot de Jean Jullien sur les bouteilles
– savourer les 8 vins sélectionnés par Thierry Poincin d’En vrac
– vous jeter sur le nouveau numéro de Kiblind
– mouver votre corps sur les sons de Riri From The Block et du Bon Esprit.

Pour passer une soirée au top, il suffira d’acheter le verre sérigraphié pour l’occasion (5 euros).
C’est le pass qui permet de goûter, gratuitement, chaque vin. Il sera aussi un bel objet souvenir de collection. Et pour vous aider dans cette dégustation, un petit carnet explicatif des différentes cépages sera fourni.

Alors vous venez avec nous ?

kiblind

Lancement Kiblind #62 « Bouteille »
& dégustation de vins

Jeudi 19 octobre 2017
de 19h – 24h

Rue de l’Olive
75018 Paris

site officiel de Kiblind : kiblind.com

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Subodore au Palais Royal – sentir Louis XIV et Molière

Le Centre des Monuments Nationaux invite le grand public à jouer avec son odorat avec Subodore. 10 personnalités historiques qui ont habité, traversé, marqué le Palais-Royal sont évoqués à travers 10 parfums conçus par l’artiste parfumeuse Chantal Sanier.
Subodore est à inspirer sans modération jusqu’au 21 septembre.

Subodore

Molière, Anne d’Autriche, Le Régent en parfum 

Chantal Sanier a l’imagination débordante. Déjà, quand elle habitait le Palais-Royal, l’artiste avait l’impression de humer des présences fantomales. Elle a écrit, dessiné sur ce lieu emblématique. Il lui aura fallu 2 ans pour concevoir cette installation : traverser le temps, imaginer le souvenir de Molière, Richelieu, Louis XIV par le biais d’odeurs aussi puissantes, qu’énigmatiques, sensationnelles que déconcertantes. 

Il faut se pencher au-dessus des sphères en terre cuite pour basculer dans le temps.

L’artiste traduit les émotions qui se dégagent des histoires personnelles par des matières végétales. Et tente de retranscrire, par exemple, le désarroi de Louis XIV à l’âge de 5 ans, quand il perd son père et qu’il se retrouve seul dans une des ailes du Palais. L’enfant Roi se voit offrir un mélange de jasmin et d’amères racines. 

Elle imagine aussi le bouillonnement artistique autour de Mademoiselle Montansier qui a eu jusqu’à 40 théâtres en plein Paris. Ce sera un cocktail de mousses de chênes avec des fleurs. 

 

SubodoreSubodore

Métamorphose permanente 

La découverte peut être différente d’un jour à l’autre. Selon la chaleur, la fraîcheur. Chantal Sanier aiment aussi que les parfums évoluent seuls et rappellent que ce sont des matières vivantes. 

Subodore
Chantal Sanier partageant l’expérience Subodore

Le Palais-Royal plateau de cinéma 

L’administratrice du Palais-Royal nous a confié les coulisses de tournage de Mission Impossible. Quand elle a eu connaissance de la séquence de moto conduite à plein régime sous les arcades, elle a apposé un refus direct. La production a insisté. 

Alors Sylvie Vial a déballé une série de contraintes qui aurait dû démotiver toute équipe raisonnable. Mais Hollywood a les moyens : le studio a donc recréé un sol trompe l’œil, des bas de colonne pour éviter tout dégât. 

En fin de parcours une cascade avec une envolée spectaculaire à l’aide d’une grue qui soulevait une comédienne.
La séquence est en boite. Hâte de voir le résultat. 

BONUS : l’expérience Subodore réserve des scènes cocasses, visuellement originales. A vos appareils !

SubodoreSubodore

Subodore 

Expérience olfactive de Chantal Sanier

Galerie d’Orléans 

Au Jardin du Palais Royal

Jusqu’au 21 septembre 2017

tous les jours jusqu’à 22h

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Imagine Van Gogh @ La Villette : sublimer Vincent en 360°

La Grande halle de la Villette s’ouvre à l’art en grand format, cet été. Projection 360 degrés d’une sélection impressionnante d’œuvres du génial Vincent. Imagine Van Gogh est une expérience à vivre en famille, entre amis ou en solo, l’important est d’en prendre plein les yeux !
Une belle occasion aussi de rappeler que l’artiste autodidacte était heureux quand il peignait.

Imagine Van Gogh

Imagine Van Gogh

30 minutes de magie picturale

L’exposition immersive Imagine Van Gogh dure 30 minutes, mais il est possible de voir la boucle d’images autant de fois que l’on souhaite. Les détails sont riches, les associations de toiles (libérées de leur cadre) entre elles pertinentes et la bande-son suffisamment captivante pour nous extraire du monde réel. Sachant que la plupart des œuvres ne sont pas montrées en leur entier, elles sont divisées sur la série d’écrans. C’est à nous de recréer la toile.

Assis à même le sol ou sur les poufs rouge passion à l’étage, déambulant entre les écrans, chacun à son approche de l’œuvre exceptionnellement gigantesque du peintre.
Plus de 200 d’œuvres peintes en France nous font face d’Arles à Saint Rémy de Provence pour finir par Auvers sur Oise.

Les deux concepteurs-réalisateurs, Annabelle Mauger et Julien Baron, n’ont pas voulu imposer de parcours, c’est à chacun-chacune d’inventer son Van Gogh, de faire sa propre expérience et de composer son œuvre, à la manière d’un voyage.

Imagine Van Gogh

Imagine Van Gogh

« C’est le spectacle de tout le monde ! »
Aucun public n’est exclu. Tous les âges peuvent apprécier, aimer, adorer, se passionner. Il n’est pas nécessaire d’avoir une connaissance des arts approfondie.
Annabelle et Julien nous ont confiés que des visiteurs déficients visuels ou auditifs venaient et ressentaient aussi des choses.

Certains parfois imaginent une autre bande-son, comme une petite fille sur les images de la plage de Saint Marie de la Marie qui propose à la réalisatrice : « tu devrais mettre Coco Câline de Julien Doré ! », alors qu’un caméraman de BFM TV en plein tournage suggérait une déflagration d’Arcade Fire.
Alors que d’autres n’ont qu’une envie en sortant de la Villette : retourner au Musée d’Orsay.
On peut tous se réapproprier les images fortes du peintre.

Imagine Van Gogh est hypnotique, captivant, sublime, intense.

Conseil : ne pas oublier son appareil photo pour faire des photos sensationnelles !

Imagine Van Gogh

Imagine Van Gogh

Imagine Van Gogh

jusqu’au 10 septembre 2017

ouvert tous les jours de 10h à 19h
nocturnes le samedi jusqu’à 22h

à la Grande halle de la Villette
211, avenue Jean Jaurès
75019 PARIS

Site officiel : imagine-van-gogh

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Mario d’Souza au Château d’Oiron : une explosion de couleurs

Le Château d’Oiron donne carte blanche à l’artiste Mario d’Souza jusqu’en octobre. Ses œuvres et installations ponctuent le dédale de salles et la cour d’honneur de ce monument, véritable pépite artistique en plein cœur des Deux-Sèvres. Ce projet coloré baptisé Flow a fait appel à la précieuse collaboration des villageois. L’art déborde du cadre traditionnel : on adore !

Mario d'Souza
Le tout 1er selfie de l’artiste, en exclu totale pour UsofParis

Flow : un fleuve créatif de l’Inde à la France

Mario d’Souza connait Oiron depuis 20 ans. Il avait alors 16 ans et était jeune étudiant en Inde, quand il reçut un catalogue d’exposition du Château des mains d’un artiste.

Suite à la proposition de Carine Guimbard, administratrice du site, qui l’a rencontré par hasard il y a 9 mois, l’artiste installé en France depuis 16 ans, a choisi de devenir exceptionnellement châtelain. Cette résidence l’a conduit à occuper les lieux de 1 semaine à 10 jours par mois depuis janvier dernier.
Il a créé des moments d’échanges avec l’équipe du Château d’Oiron et les villageois qui ont enfilé, par exemple, des pailles pour les besoins d’une installation. Précision : tous et toutes étaient consentants. Mario a aussi concocté des plats goûteux avec des petites mains complices pour le soir de vernissage.

Mario d’Souza face à ses pairs

Et il n’est pas facile de se faire une place au sein du Château d’Oiron qui accueille une collection d’art contemporain unique et impressionnante. Christian Boltanski, Sol LeWitt, Wim Delvoye, Annette Messager, Marcel Broodthaers, Fabrice Hybert sont quelques-uns des grands noms qui en imposent avec des œuvres majeures, radicales, spectaculaires.

Mario d’Souza, également en résidence au Mobilier National, a choisi une certaine discrétion bien que ses propositions soient spectaculaires et qu’elles interpèlent les visiteurs. En effet, aucun cartel ne vient aider le visiteur à distinguer ses œuvres, ni à le renseigner sur leur sens.
C’est à chacun-chacune d’apprécier ces ponctuations sur les murs et escaliers de pierres, ces installations qui viennent exceptionnellement remeubler le Château d’Orion. Canapé large et coussins, commode, armoire et autres sièges extraits des collections du Mobilier National.

Des dessins de l’artiste sous cadres offrent des compositions et poétiques énigmatiques. Feuilles, fleurs sont accompagnées pour certaines de quelques gouttes de sang sur fond de couleur. Original, certains cadres sont posés à même le sol. L’artiste a pleine confiance en chaque visiteur.

Flow c’est une invitation à la poésie dans un monument national, un dialogue original entre un jeune artiste et ses pairs.
Une (re)découverte d’un ensemble de décors impressionnants.
C’est aussi un château qui retrouve le temps d’une exposition un ameublement qui n’est pas le sien, mais qui lui va si bien.

Flow
une exposition de Mario d’Souza

jusqu’au 8 octobre 2017

au Château d’Oiron
79100 OIRON
Tél : 05 49 96 51 25

Horaires :
ouvert tous les jours (week-end compris)
du 1er juin au 30 septembre 2017 : 10h30 à 18h
A partir du 1er octobre : 10h30 à 18h

Mario d'Souza

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Mozart, une passion française à l’Opéra Garnier : un honneur exquis et raffiné au compositeur

La Bibliothèque nationale de France et l’Opéra de Paris présentent plus de 140 pièces (dont certaines inédites) qui nous invitent à un aperçu délicat de la relation parfois tempétueuse, mais toujours passionnée, qui liait Mozart et la France. Rendez-vous du 20 juin au 24 septembre 2017 dans les salles muséales du Palais Garnier.

L’exposition relate l’accueil et la reconnaissance de Mozart par la France avec une présentation chronologique des évènements qui ont permis aux liens de se tisser. La découverte de l’enfant prodige à la cour de Louis XV, le séjour de jeunesse désabusé, l’adaptation musicale de l’illustre pièce de Beaumarchais Le Mariage de Figaro et l’arrangement de ses compositions au goût français jusqu’à sa consécration posthume se succèdent alors.

Les différents manuscrits musicaux originaux de Wolgang Amadeus avec lettres, ébauches d’opéras et partitions ne manqueront pas de vous ébahir. Mais ce n’est pas tout ! Les principaux opéras de Mozart sont évoqués également avec des tableaux, photographies, croquis, maquettes pour les décors et costumes réalisés par des artistes reconnus pour les plus grandes scènes lyriques nationales du XIXe siècle à nos jours.

Le point culminant de l’exposition est l’exhibition du manuscrit original de Don Giovanni acquis par la cantatrice Pauline Viardot. La légende admet qu’elle aurait sacrifié toute sa fortune pour l’obtenir. Valorisé ici dans son remarquable coffret de style gothique, ce manuscrit ne quitte jamais les archives de la Bibliothèque nationale de France.

Afin de dynamiser l’ensemble, des équipements sonores et visuels viennent agrémenter les pièces présentées tout au long du parcours. Avant de partir, un grand écran diffuse les témoignages de metteurs en scène ainsi que les extraits des dernières adaptations de Mozart. Cette transition est parfaite pour symboliser l’intemporalité de l’œuvre Mozartienne qui évolue avec son époque. Qui sait, peut-être qu’un jour Don Giovanni sera interprété par une femme ? 😉

by Jean-Philippe

Exposition Mozart, une passion française

Du 20 juin au 2 septembre 2017

Tous les jours, de 10h à 17h (accès jusqu’à 16h30)

du 17 juillet au 3 septembre : prolongation jusqu’à 18h

Bibliothèque-Musée de l’Opéra
Palais Garnier
8, Rue Scribe
75009 Paris

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Visages Villages : JR et Varda terriblement attachants et fantaisistes !

Le cinéma peut faire du bien, faire grimper sur nuage en haut duquel on observerait le monde. La preuve avec Visages Villages, un film de deux artistes séparés (en âge) de seulement 55 années. JR, la super star du collage photographique prend comme coéquipière de son van photomaton la réalisatrice-doyenne espiègle du cinéma français Agnès Varda. Ils se mettent en scène à travers les rencontres qu’ils font (ou pas) à travers la France. 

Visages Villages

Visages Villages : double regard

JR et Agnès Varda ont en commun d’aimer la rencontre avec des inconnus, de les photographier, filmer, tout en les faisant parler d’eux.

A priori, rien ne devait les faire tourner ensemble mais la fille de la réalisatrice a joué l’entremetteuse. D’un premier rendez-vous Rue Daguerre, un second est très vite fixé à l’atelier de JR qui commence à filmer. Varda veut sortir de la ville. C’est le début d’un road trip débridé, les deux acolytes ne se sépareront plus.
L’aventure s’est terminée, il y a seulement quelques semaines.

C’est la tendresse du regard, de l’attention portée à ces anonymes qui touche, bouleverse, surprend. Impossible d’oublier cette femme émue de se voir en portrait géant sur la façade de sa maison, cette mise en scène belle à souhait des pieds et des mains photographiés de Varda par JR.

Visages Villages Visages Villages

« On n’est pas 4 garçons dans le vent. Mais 2 personnes dans le calme ! «  Agnès Varda (en référence à l’affiche du film)

Il faut les voir en vrai tous les deux, se titiller, s’envoyer des pics gentiment. Agnès Varda aurait-elle trouvé une source de jouvence avec JR à ces côtés ? Elle est obligée d’avoir de la répartie, d’être concentrée. Ça fuse à toute occasion, sur tous les sujets.
Lors de la Cinexperience réunissant les deux artistes, JR confie « je n’ai jamais autant donné avec ce film« .  Et Agnès Varda de poursuivre : « Être un artiste est un paradoxe. On veut mettre en valeur les gens mais on est narcissique. On fait des films pour qu’ils soient aimés. »
Le but de ce film, de cette intrusion dans la vie de ces anonymes était « de réveiller chez eux leur propre imagination, leur propre désir artistique. »

-M- a été embarqué dans l’aventure par les deux complices. C’est un nouveau visage du génial compositeur-musicien que l’on découvre avec des musiques inédites. Et c’est Varda qui en parle le mieux : « Matthieu Chedid est assez fringant et baroque. Et avec ce film, il est plus tendre et mélancolique. »

Visages Villages est un film drôle, hors des sentiers du cinéma français qui se regarde le nombril. Fragile aussi parce que fait dans l’urgence avec peu de moyens, avec l’aide de « kisskissbankers » qui ont cru (et ils ont eu raison) à ce duo burlesque inédit et désopilant.

Visages Villages est un petit bonheur à voir sur un grand écran pour ne rien manquer de la force de cette aventure humaine.

Visages, Villages
un film d’Agnès Varda et JR
musique : Matthieu Chedid dit -M-

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