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VELAZQUEZ au Grand Palais – visite avec lunettes connectées #exclu !

Velazquez sur le sol français est plutôt rare. Preuve en est : les quelques pièces issues d’institutions françaises (Orléans, Rouen, Paris) présentées dans les Galeries du Grand Palais.
Tout ou partie des riches toiles ont pour logis les cimaises du Musée du Prado Madrid, Séville ou encore New York.
Sans compter que le peintre espagnol n’en finit pas d’être moderne en se laissant découvrir par le biais de lunettes connectées.

La Forge de Vulcain, vers 1630, Diego Velazquez, Madrid, Museo Nacional del Prado
La Forge de Vulcain, vers 1630, Diego Velazquez, Madrid, Museo Nacional del Prado

L’intelligence de la sélection des oeuvres est de ne pas jouer sur le simple nom de Velazquez. Ses toiles sont en dialogue régulier avec celles de ses contemporains Juseppe de Ribera par exemple – Saint Jude Thaddée et Saint Philippe – tout en réhabilitant le plus fidèle de ses élèves, Del Mazo, dans les dernières salles d’exposition.

Saint Jude Thaddée, Saint Philippe, vers 1610-1612, Jusepe de Ribera, Florence, Fondazione di Studi di Storia dell'Arte Roberto Longhi
Saint Jude Thaddée, Saint Philippe, vers 1610-1612, Jusepe de Ribera, Florence, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi

Le peintre du Roi (d’Espagne) n’appartient à aucune académie de peinture, inexistante en Espagne à l’époque, comme le rappelle le jeune commissaire d’exposition, Guillaume Kientz, conservateur au département des Peintures du Musée du Louvre. Le style du peintre se libère progressivement d’un certain maniérisme inhérent à l’exécution de portraits officiels. Il donne une présence exceptionnel à ces personnages que nous rencontrons. Qui regarde qui ? Est-ce le visiteur qui scrute une toile ou plutôt les illustres personnages qui nous dévisagent ? Le trouble est à son paroxysme avec le Portrait du Pape Innocent X qui deviendra l’objet de l’obsession picturale, quelques siècles plus tard, de Francis Bacon.

Portrait d'homme (autoportrait ?), 1634-1635, Diego Velazquez, New York, The Metropolitan Museum of Art, The Jules Bache Collection, 1949
Portrait d’homme (autoportrait ?), 1634-1635, Diego Velazquez, New York, The Metropolitan Museum of Art, The Jules Bache Collection, 1949

Ce qui est impressionnant comme nous le rappelle le commissaire c’est que le peintre ne réalisera jamais de dessin préparatoire: “il attaque directement la toile“. Preuve d’une maitrise sans égale.

Pour vous, nous avons testé ce qui est une première pour le grand public. Au côté de l’audio-guide, les visiteurs amateurs de nouvelles technologies et expériences peuvent expérimenter la paire de lunettes connectées – la plus avancée actuellement sur le marché.
Artificiel, pur gadget ? Non, mieux que ça : futuriste !

Imaginez plutôt, vos lunettes intègrent un écouteur et sont sensibles de la branche. Pas de bouton pour naviguer ou sélectionner, tout est question de doigté et de scan.

Hermaphrodite endormi, IIe siècle après J.-C., Paris, Musée du Louvre et La Toilette de Vénus, vers 1647-1651, Londres, The National Gallery
Hermaphrodite endormi, IIe siècle après J.-C., Paris, Musée du Louvre et La Toilette de Vénus, vers 1647-1651, Londres, The National Gallery

Sur un choix de 12 oeuvres dont la plupart majeures : Le Portrait de l’infante Marguerite en bleu, La Toilette de Vénus – seul nu de Velazquez qui nous soit parvenu – ou encore La Forge de Vulcain, vous pourrez apprécier ce nouvel usage avant tout le monde.

Portrait de l'infante Marie-Thérèse, vers 1653, Atelier de Diego Velazquez, Paris, Musée du Louvre
Portrait de l’infante Marie-Thérèse, vers 1653, Atelier de Diego Velazquez, Paris, Musée du Louvre

Bien sûr cette visite reste confidentielle, vu le nombre de lunettes mis à disposition et le caractère expérimental. Mais cette première vous conférera le statut de pionner ! Il y a ceux qui ont dormi sur le trottoir pour l’Apple Watch et il y a vous qui avez visité l’expo Velazquez au Grand Palais avec les Google Glass.

Nous avons choisi notre camp et vous ?

Tête d'homme, vers 1618, attribué à Diego Velazquez, Saint-Pétersbourg, Musée de l'Ermitage
Tête d’homme, vers 1618, attribué à Diego Velazquez, Saint-Pétersbourg, Musée de l’Ermitage


Exposition VELAZQUEZ

jusqu’au 13 juillet 2015

Grand Palais
Galeries nationales – Paris

Ouverture : dimanche et lundi de 10h à 20h
Du mercredi au samedi de 10h à 22h (NOCTURNES)
Fermé

Visite de l’expo avec des lunettes connectées
2 visites par jour par groupe de 10 personnes (une le matin, une l’apres-midi)
Réservation en ligne
Location des lunettes : 8€

Toutes les infos sur la visite avec les lunettes connectées ici :
www.grandpalais.fr/fr/article/velazquez-la-visite-avec-des-lunettes-connectees

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LES TUDORS au Musée du Luxembourg : légendes et réalité

Les Tudors sont une source de fascination inépuisable depuis des siècles. L’aspect quasi irréel, voire surréaliste, de cette famille dominée par un roi sanguinaire et des reines tout aussi énigmatiques est encore plus prégnant à travers le parcours feutré du Musée du Luxembourg.

Marie 1ère, Maître dit "Master John" 1544 Londres, National Portrait Gallery
Marie 1ère, Maître dit “Master John” 1544 Londres, National Portrait Gallery

Avant de débuter la visite, un détail important : la quasi-totalité des œuvres exposées ainsi que les royales majestés représentées (Henri VII, Henri VIII, Edouard VI, Marie 1ère, Elisabeth 1ère) ont traversé la Manche pour subjuguer le public français. C’est une occasion en or de pénétrer dans l’épopée Tudors à moindre frais.

Le coup de la série qui inspire une expo ou de l’expo qui surfe sur le caractère sulfureux d’une série télé, on y a goûté pas plus tard que cette année avec Borgia au Musée Maillol. Autant dire que notre déception pour cette dernière est à la hauteur de notre enthousiasme pour Les Tudors au Musée du Luxembourg.

Ici, la dynastie britannique se déploie sur toutes les œuvres, et n’est pas juste un prétexte à un empilement de toiles et pièces sans réelles sensations et empreintes historiques.

Henri VIII d'après Hans Holbein le Jeune 1540-1550 West Sussex, Petworth House, National Trust
Henri VIII d’après Hans Holbein le Jeune 1540-1550 West Sussex, Petworth House, National Trust

Le face à face avec Henri VIII est saisissant. Il domine de toute sa carrure à l’entrée de la salle principal à travers ce portrait d’après Hand Holbein le Jeune, juste après avoir tâté de la finesse de son armure de jeunesse.

Armure au tonnelet de Henri VIII fabriquée pour les tournois du Camp du Drap d'or 1520 Leeds Royal Armouries
Armure au tonnelet de Henri VIII fabriquée pour les tournois du Camp du Drap d’or 1520 Leeds Royal Armouries

Difficile de baisser les yeux. Sa grandeur égale sa légende. C’est un monstre à la fois pour les femmes qui ont eu le malheur de l’épouser que par ce physique massif.

All is true
Aux côtés des toiles imposantes par leur charge historique, légendaire, des petites pièces viennent toucher le visiteur. Comme ce sifflet en forme de pendentif offert par Henri VIII à Anne Boleyn décapitée quelques années plus tard et dont un seul et unique portrait de son vivant n’est identifié avec certitude.

Bague d'Elisabeth 1ère renfermant son portrait et celui de sa mère Anne Boleyn -  vers 1575 - The Chequers Trust
Bague d’Elisabeth 1ère renfermant son portrait et celui de sa mère Anne Boleyn – vers 1575 – The Chequers Trust

Ou bien cette bague d’Elisabeth 1ère cachant 2 portraits, celui de sa mère Anne Boleyn et le sien. Un objet rare et qui a passionné plus d’un visiteur depuis l’ouverture de l’exposition.

Henri VIII - Joos Van Cleve - vers 1530-1535
Henri VIII – Joos Van Cleve – vers 1530-1535

La douceur de Henri VIII sur la toile accueillant le visiteur, dans la toute première salle est trompeuse. A vous de saisir toute la portée de ce saisissant portrait de famille.

Elisabeth 1ère - dit Le Portrait du couronnement - artiste anglais - vers 1600 Londres, National Portrait gallery
Elisabeth 1ère – dit Le Portrait du couronnement – artiste anglais – vers 1600 Londres, National Portrait gallery
Elisabeth 1ère - dit The Ditchley Portrait - Marcus Gheeraerts le Jeune - vers 1592 - Londres, National Portrait Gallery
Elisabeth 1ère – dit The Ditchley Portrait – Marcus Gheeraerts le Jeune – vers 1592 – Londres, National Portrait Gallery

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Le plus : la cabine photo #MeTudor ou “Joue-la comme Henri VIII !” comme on l’a rebaptisée. Le procédé est ingénieux. La machine mixe votre visage avec celui du King anglais. Si bien que vous ne serez plus tout à fait le ou la même. Affluence en perspective !

Pour finir, levez le voile une bonne fois sur le mythe Barbe Bleue, avec cette vidéo :

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Exposition Les Tudors
jusqu’au 19 juillet 2015

au Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard
75006 PARIS

Ouverture tous les jours de 10h à 19h
Nocturne les lundis jusqu’à 22h

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Au temps de KLIMT, la Sécession de Vienne expo à La Pinacothèque

Véritable tournant artistique entre les XIXe et XXe siècles, la Sécession reste l’un des mouvements avant-gardistes majeurs de l’art européen. La Pinacothèque de Paris retrace l’histoire de ce formidable mais court élan artistique viennois, emmené par Gustav Klimt, son fondateur. De l’originalité et de l’audace à ne pas manquer.

Feu Follet, 1903, Gustav Klimt, collection Privée Londres, photo Alfred Weidinger
Feu Follet, 1903, Gustav Klimt, collection Privée Londres, photo Alfred Weidinger

Les jeunes filles effarouchées, les jeunes éphèbes à la peau glabre et l’architecture copiant les styles gréco-romains, il ne pouvait plus les voir en peinture. Avec une vingtaine d’artistes viennois, Gustav Klimt fonde en 1897 la Vereinigung Bildender Künstler Österreichs Secession, appelée communément la « Sécession ». Le but est clair, il veut casser les codes conservateurs dans les œuvres en vogue à l’époque et damer le pion des marchands d’art qui tuent dans l’œuf toute innovation. Regroupés dans le palais de la Sécession, au centre de Vienne, ces jeunes rebelles, tout juste diplômés, se mettent à créer tout azimut, toutes disciplines confondues. L’art doit être total. Architecture, sculpture, musique, peinture et artisanat travaillent de concert. De la salle d’attente d’une administration à la peinture exposée dans la plus prestigieuse des galeries d’art, tout doit être aussi beau que fonctionnel. Plus d’un siècle plus tard, c’est toujours une réussite et un vrai plaisir de voir (ou revoir) ces œuvres !

Judith, 1901, Gustav Klimt - Musée Belvédère Vienne
Judith, 1901, Gustav Klimt – Musée Belvédère Vienne

Origine de l’expressionnisme
Avec environ 180 pièces issues du Musée du Belvédère, en Autriche, et de collections privées, l’exposition Au temps de Klimt – La Sécession à Vienne à la Pinacothèque de Paris, plonge le visiteur dans l’univers avant-gardiste de ces jeunes viennois. Ouste le classicisme du XIXème siècle ! Place à une réinvention des représentations du corps humains, à une galerie de portraits où émerge la photographie et des paysages qui inspireront l’expressionnisme.

Il y a bien entendu les quelques pièces maîtresses de cette rétrospective. Parmi elles, les portraits de Judith et de Salomé, femmes fatales et sanguinaires tirées de la Bible. Ces deux guillotineuses ont déjà inspiré bon nombre d’artistes. Revisitées par Gustav Klimt, elles sont mises au centre de la toile, reléguant ainsi la tête coupée au deuxième plan. S’ils sont à voir, ces portraits ne doivent toutefois pas faire de l’ombre à d’autres œuvres. Le peintre, enhardi par le symbolisme et les recherches psychanalytiques émergeantes de Freud, voue un certain culte à la gent féminine. Tour à tour soumises ou provocatrices, parfois même élevées en des êtres suprêmes, ses figures féminines mélangent virilité et délicatesse. Au fil de l’exposition, on se rend compte à quel point le gouffre est immense entre ses débuts, avec par exemple « Pan consolant Psyché », et les femmes de sa frise Beethoven ! Une copie grandeur nature de cette dernière, dont l’originale est exposée depuis 1902 au centre du pavillon de la Sécession, livre une libre interprétation de la Neuvième Symphonie du compositeur. C’est le moment où jamais de l’admirer, elle rentre au pays à la fin de ce dernier tour de piste.

Reconstitution de la Frise Beethoven, Gustav Klimt, Musée Belvédère, Vienne
Reconstitution de la Frise Beethoven, Gustav Klimt, Musée Belvédère, Vienne

Klimt n’est pas le seul adorateur des femmes. Tout l’univers féminin des artistes du collectif s’offre aux visiteurs. Ne passez pas à côté des trois petites aquarelles d’Ernst Störh, « Vanité », « Méduse » et « Aspiration à l’élévation ». Des exemples de beauté !

Le début de la gloire
Le mouvement artistique, malgré sa grande notoriété, ne fait pas long feu. En 1905, patatras, le groupe éclate ! Les naturalistes rejettent l’idée d’art total et s’opposent aux initiateurs du projet. Klimt claque la porte de la Sécession, fonde l’Association des artistes autrichiens et parcourt l’Europe. L’argent coule à flot et fait des émules. Parmi celles-ci, le peintre Egon Schiele, certainement son disciple le plus connu. Les toiles de Gustav Klimt l’inspireront tant, qu’il fera du sexe dit faible le thème majeur de son art. Malheureusement, ici, le visiteur devra se contenter d’un seul dessin d’une femme se masturbant. Pour la provocation sulfureuse, on repassera.

Bijou, 1905, conception Joseph Hoffman - Galerie Bei Der Alerbitina Zetter Vienne
Bijou, 1905, conception Joseph Hoffman – Galerie Bei Der Alerbitina Zetter Vienne

Par ailleurs, si l’exposition donne une furieuse envie de visiter Vienne et le Palais de la Sécession, on regrette toutefois la rareté des objets de décoration. Il y a bien quelques pièces du céramiste Michael Powolny, deux ou trois meubles et des dessins de l’architecte Otto Wagner, mais il semble assez difficile d’expliquer l’art total dans ces conditions. C’est un peu dommage ! Raison de plus pour acheter un billet d’avion dans les plus brefs délais et de s’envoler pour la capitale autrichienne.

by Joël Clergiot

Exposition : Au temps de Klimt – la Sécession de Vienne

La Pinacothèque de Paris
8, rue Vignon
75009 PARIS

Tous les jours de 10h30 à 18h30 (fermeture des salles à 18h15).
Fermeture de la billetterie à 17h30.

Nocturnes les mercredis et les vendredis jusqu’à 20h30 (fermeture des salles à 20h15).
Fermeture de la billetterie à 19h30.

Jusqu’au 21 juin 2015

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Exposition PARIS MAGNUM à l’Hôtel de Ville c’est #Priceless !

Ce n’est pas à une série de vues type cartes postales que l’Hôtel de Ville de Paris convie le public dans la Salle St Jean. Pas de Photoshop, ni de filtres Instagram pour transcender, dénaturer ou délaver le réel de Paris Magnum. Les photoreporters de l’agence Magnum ont laissé un fonds saisissant de traces visuelles fortes révélant les multiples facettes de la capitale.

 Photographie Boulevard Haussmann 1985 Métropolitan by Harry Gruyaert photographe exposition Paris Magnum agence Hotel de ville
Harry Gruyaert

Découverte lors d’une soirée #PricelessParis (programme d’offres exclusives de Mastercard), l’exposition Paris Magnum a réussi à nous surprendre malgré notre attachement à l’histoire de la photographie. Aux côtés de certains clichés célèbres comme le peintre acrobate de la Tour Eiffel immortalisé par le photographe Marc Riboud, d’autres images plus rares impressionnent, désarçonnent, émeuvent.

L’ensemble présenté jusqu’au 25 avril relève de regards sensibles. Ceux de grands photographes (Cartier-Bresson, Capa, Seymour, Erwitt, Riboud, Davidson, Depardon…) qui ont traversé le XXe siècle armés de leur (simple) appareil argentique.

Photographie Vue de Notre Dame de Paris 1953 couple amoureux by Henri Cartier Bresson photographe exposition Paris Magnum agence Hotel de ville la capitale par les plus grands photoreporters
Henri Cartier-Bresson

Pas de shooting en rafale, la pellicule est utilisée à bon escient, à l’économie – même si aucune planche contact ne vient valider le contexte et choix de prises de vue par son auteur. Et cette pleine maîtrise transparaît dès la première image présentée dans ce parcours qui ne peut laisser indifférent aucun visiteur.

Photographie Canal de l Ourcq 1957 by Inge Morath photographe exposition Paris Magnum agence la capitale par les plus grands photoreporters Hotel de ville

Le regard est tour à tour poétique, tendre, complice, révélateur mais aussi poil à gratter, sage (comme une image).

 Photographie Jour de défilé à la Bastille 15 juillet 1936 by Henri Cartier-Bresson photographe exposition Paris Magnum agence Hôtel de ville
Henri Cartier-Bresson

Les petits et grands événements qui ont imprégné les rues de la capitale se déploient pour la plupart dans la beauté d’un noir et blanc. Front Populaire, Mai 68, personnalités (Picasso, Lagarfeld, Stark) grands chantiers, scènes de la vie quotidienne (amoureux, religieuses…) ne cessent d’interpeller.

La visite peut vous absorber plus d’une heure tant les détails des tirages accompagnés de diaporamas sont foisonnants. De quoi être encore un plus impressionner par les atouts photogéniques de la capitale et de ses habitants, croqués récemment par l’intrépide photographe britannique, Martin Parr.

Exposition Paris Magnum, la capitale par les plus grands photoreporters
Hôtel de ville
Salle Saint-Jean
5, rue Lobau
75004 PARIS

Du lundi au samedi de 10h à 18h30
Entrée gratuite

Jusqu’au 25 avril ! PROLONGATIONS

Herbert List
Herbert List
Photographie-Devant-l-Hotel-Dieu-2000-by-Richard-Kalvar-photographe-exposition-Paris-Magnum-la-capitale-par-les-plus-grands-photoreporters-expo-Hotel-de-ville
Richard Kalvar
Photographie-Reporters-lors-du-sommet-Est-Ouest-Eisenhower-Macmillan-De-Gaulle-1960-by-Erich-Lessing-exposition-Paris-Magnum-agence-la-capitale-par-les-plus-grands-photoreporters-Hotel-de-Ville
Erich Lessing
Photographie Musée du Louvre 1975 by Josef Koudelka phtographe exposition Paris Magnum la capitale par les plus grands photoreporters
Josef Koudelka
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SITUATION ROOMS aux Amandiers Nanterre – Installation interactive à couper le souffle

Reprise exceptionnelle de Situation Rooms l’expérience théâtrale qui a fait sensation à la Grande Halle de la Villette en mai dernier.
Cette fois, direction le Théâtre Amandiers-Nanterre pour un voyage inédit et initiatique à partir du 24 janvier 2015. Addictif !

Des images de situation rooms, nous en avons tous une particulière en tête. Souvenez-vous de cette image d’Obama durant le raid donné contre Ben Laden au Pakistan, entouré de ses collaborateurs et généraux. La situation room c’est la salle de crise et Rimini Protokoll.

Avec ce spectacle, véritable jeu de rôle en 3D, le collectif de créateurs berlinois met en lumière les dessous de la mondialisation de l’industrie de l’armement : fabrication, financement, militantisme anti-arme ou encore victime de ces armes comme un enfant soldat africain.

Imaginé à partir de témoignages, le scénario proposé entremêle chaque histoire et plonge le spectateur-acteur dans un décor immense. Chacun des vingt participants est placé devant une porte, sa tablette (viseur-écran-guide) en main, prêt à entrer dans une aventure peu commune.

Durant 1h30, vous incarnerez 10 personnages différents sur les 20 présents dans le scénario (avocat, tireur d’élite, journaliste, photographe de guerre, chirurgien d’une ONG, réfugié, militant… et même un chef de réseau de drogue mexicain). Tantôt victimes, tantôt bourreaux, les 20 spectateurs sont en totale immersion.

Les témoignages audio sont sans réel affect pour donner pleine ampleur des ramifications, des tentacules incroyables du trafic d’armes dans le monde. Par cette expérience, la réalité est frontale, crue et pousse à une vraie prise de conscience sur notre engagement politique et citoyen. Dans quelle mesure je suis partie prenante à petite échelle de cet effort de guerre sans fin ?

En suivant les instructions, donc en reproduisant les gestes de votre personnage, vous interagirez avec les autres personnages-spectateurs, recréant ainsi les histoires diverses et uniques de chaque protagoniste du commerce des armes.
Il est très important, pour une meilleure expérience, de se plier aux directives de la tablette car tout compte dans cette expérience : déplacement, geste…

Chaque espace de jeu est d’un réalisme incroyable voire même bluffant. Il est parfois difficile de rester concentré sur l’histoire de votre personnage car l’on peut facilement se laisser absorber par la contemplation des décors.

Situation rooms Rimini Protokoll grande halle de la Villette intéractif live spectacle théâtre Paris décor jeu de rôle FPS installation

Une expérience scénographique unique qui donne envie d’y retourner une seconde fois, d’une part pour cette mise en scène spectaculaire en totale immersion, mais aussi pour se glisser dans la peau des 10 personnages que vous n’aurez pas incarnés.

 Image de prévisualisation YouTube

Le petit plus : le spectacle accueille les anglophones.

SITUATION ROOMS
Par le collectif Rimini Protokoll
du 24 janvier au 15 février 2015

Du mardi au samedi à 13h + 15h + 17h + 19h + 21h
Dimanche à 12h + 14h + 16h + 18h + 20h

au Nanterre-Amandiers Théâtre
Centre dramatique national
7 avenue Pablo-Picasso
92000 Nanterre

Ce spectacle est déconseillé aux moins de 14 ans

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DAVID BOWIE IS… French ! Exposition événement à la Philharmonie Paris

L’exposition événement consacrée à l’un des plus grands artistes chanteurs, performeurs, David Bowie, fait escale à la Philharmonie de Paris à partir du 3 mars 2015 !

Retour sur la sensation artistique qui a accueilli plus de 300 000 visiteurs à Londres en 2013.

Londres. Les affiches de l’exposition du moment ne vous lâchent pas des yeux et pour cause : “David Bowie is watching you.”
Et ceci jusqu’à votre entrée au Victoria and Albert Museum, où le slogan change : “David Bowie is the price of the ticket.”

Décliné à l’envi,  le titre de l’expo qui a buzzé à Londres permet toutes les suggestions. Pour nous, David Bowie is French ! 

Pourquoi n’y aurait-il pas un peu de sang français qui irriguerait le cerveau génialissime de l’artiste anglais, depuis sa naissance ?

Si ce n’est pas le cas, c’est injuste que l’Angleterre soit seule à s’enorgueillir d’avoir en son sein un tel génie de l’art contemporain.

Car derrière le masque et les multiples identités de David Robert Jones – sur l’état civil – se cache une créativité et une curiosité inépuisables.

Andy Warhol, Stanley Kubrick, Brecht, Sonia Delaunay, Vasarely, Lauren Bacall, Oscar Wilde sont quelques-unes des références présentées au sein des salles du Victoria et Albert Museum.
Ce qui apparaît avec force dans ce parcours initiatique c’est que David Bowie est un self-made-man. Non dans la définition de l’American Dream, mais bien dans l’acception de la culture qu’il s’est forgée.

Car il n’est pas simple auteur et compositeur – ce qui en soit ne serait pas déshonorant quand nous percevons le nombre de ses productions discographiques et son influence sur la scène musicale actuelle. À cela, il faut ajouter un autre point déterminant : tout au long de sa carrière, il  a nourri ses apparitions publiques, performances scéniques et autres conceptions visuelles d’albums, d’une puissante inventivité. Un album de Bowie ne ressemble jamais au précédent ni au prochain, et pas seulement en termes de sons et de textes.

Ses collaborations non plus. On peut croiser ainsi un autre personnage trouble comme Klaus Nomi. Son duo avec Bowie sur le titre The man who sold the world en 1979, sera le point de départ d’une influence certaine de ce dernier sur l’esthétique du chanteur allemand.
A cela, il faut ajouter l’iguane du rock Iggy Pop qui se découvre dans un portrait réalisé par Bowie himself.
Une autre facette de l’artiste. Aux côtés des notes et textes originaux composés de la main de l’artiste, nous trouvons une sélection de dessins et toiles aussi rares et précieux que les nombreux costumes de scène qui ponctuent la scénographie.

Union Jack by Alexander McQueen pour l’album Earthling (1997)

Notre équipe est née à l’air de Ashes to Ashes, China Girl et autre Let’s Dance. Mais elle n’a vraiment pris conscience de l’inaltérable talent de l’artiste britannique qu’à partir d’un album référence pour tous les amoureux de l’oeuvre de Lynch – souvenez-vous de la BO de Lost Highway  et du titre I’m DerangedOutside 1 sorti en 1995. Le chiffre faisait penser à une suite, qui ne verra jamais le jour. Fausse piste ou projet avorté ? On ne saura jamais.
Cet album porté par les titres Hallo Spaceboy ou Strangers when we meet prouvait encore une fois l’avant-garde de Bowie et sa capacité à opérer une nouvelle mue face à ses contemporains. Cet album plus électro que les autres, sombre et foisonnant, dévoilait un nouveau visage de l’artiste.

Une assurance en tout cas. L’exposition foisonnante et spectaculaire ne s’arrête pas qu’aux belles heures de Ziggy StardustSpace Oddity et à la scène musicale.

Bowie est acteur aussi. Plus inattendue, sa performance de John Merrick alias The Elephant Man à Broadway en 1980 surprend par sa maîtrise et sa nouvelle capacité à se métamorphoser, cette fois sans maquillage et habillé d’un simple “pagne”. Dénuement total pour une performance saluée par la critique et par l’acteur John Hurt qui reprendra le rôle dans le film de David Lynch, la même année.

David Bowie n’est jamais tout à fait là où on l’attend.
Preuve une nouvelle fois avec son dernier album The Next Day. Opus pour lequel il collabore avec le vidéaste Tony Oursler et la comédienne Tilda Swinton, avec qui il joue le dédoublement et la gémellité, histoire de brouiller encore plus les pistes sur sa véritable identité.

Vous l’aurez compris, l’arrivée de David Bowie is à Paris nous fait tourner le sang d’autant qu’il est question d’interroger les liens de l’artiste avec la France.
Les billets sont déjà en vente. Ne tardez pas, les trois petits mois d’expo ne suffiront certainement pas à contenter tous les passionnés du chanteur.

Exposition DAVID BOWIE IS

à la Philharmonie de Paris
221, avenue Jean Jaurès
75019 PARIS

Du 2 mars au 31 mai 2015

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Tous mécènes au Musée du Louvre : la Table de Teschen

Jusqu’au 10 décembre, touchez du doigt l’incroyable Table de Teschen exposée exceptionnellement au Musée du Louvre avant sa probable arrivée définitive. Mais avant que cet objet unique et historique trouve une place de choix au sein des collections et pleine lumière, le programme Tous Mécènes fait appel à la générosité du grand public.

Pieds-de-la-Table-de-Teschen-de-Johann-Christian-Neuber-Tous-Mécènes-Musée-du-Louvre-Paris-photo-de-Philippe-Fuzeau

Vous avez un coup de coeur pour le style décoratif du XVIIIe siècle, le travail d’artisan et d’orfèvre et une certaine curiosité pour les pierres dures ?
La Table de Teschen ou Table de la Paix pourrait répondre à tous vos goûts. Le Musée du Louvre propose à tous et toutes de pouvoir participer à l’acquisition de cet objet exceptionnel.

Son nom n’est pas forcément le plus engageant, on vous l’accorde.
Il fait référence à une petite ville allemande où a été signé en 1779, un traité de paix suite à la guerre de succession de Bavière survenu un an plus tôt. Une guerre surnommée aussi la guerre de patates.
La France et la Russie sont intervenues pour qu’une fin rapide de ce conflit soit négociée.
En tant que médiatrice, la France – en la personne du Baron de Breteuil, ambassadeur à Vienne – a eu droit à un présent au caractère exceptionnel.
Cette table a fait sensation à Versailles et a eu, quelques siècles plus tard, les honneurs d’une exposition à New York.

 Table-de-Teschen-de-Johann-Christian-Neuber-mosaïque-de-pierres-dures-Tous-Mécènes-Musée-du-Louvre-Paris-photo-de-Philippe-Fuzeau

Pourquoi cet objet est rare ?

Jamais aucun cadeau n’avait été offert et ne sera offert lors de la signature d’autres traités.
D’autre part, c’est la première table réalisée en mosaïque de pierres dures ; des pierres en provenance de mines de Saxe. Ces mines appartenaient à l’époque au créateur de cette pièce, Johann Christian Neuber, grand orfèvre de la cour de Saxe et également conservateur des collections royales.
C’est un véritable cabinet de curiosités avec ses pierres dures, ses cristaux de roche, ses éléments de bois pétrifié. L’ensemble des éléments est numéroté et consigné dans un cahier manuscrit, conservé dans un des tiroirs de la table.
Les détails sont d’une telle perfection qu’il faut contempler plusieurs minutes pour en venir à bout.

Ce qui fait de cet objet non plus un meuble mais un véritable “bijou sur pieds”, comme nous le confirmera l’une des conservatrices du Musée.

Pourquoi lui rendre visite ?
Pour vous assurer, si vous aviez un doute, du caractère exceptionnel de cet objet.  Vous pourrez en profiter pour découvrir les nouvelles salles d’exposition du département des Objets d’art. Des salles qui ne vont pas être tout de suite prises d’assaut et que vous pourrez donc découvrir sans trop de foule. Le bonheur !

Nul besoin d’être multimillionnaire pour participer à son niveau à l’acquisition de cette pièce. La campagne grand public s’élève à hauteur d’un million d’euros et n’a pas de montant minimum.
Les dons de 10 ou 20 euros sont les bienvenus, comme les plus importants de 100 ou 500 euros, chaque don étant déductible des impôts, à hauteur de 66%.
En remerciement, le Musée du Louvre offrira des accès à la Table de Teschen une fois exposée dans la plus belle lumière qui soit. Selon le montant vous pourrez faire sa connaissance un mardi, jour de fermeture du musée. Et pour l’avoir fait, c’est grisant de faire une visite loin très loin de la foule.

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L’exposition est prolongée jusqu’au 10 décembre !

La campagne de soutien se termine le 31 janvier 2015.
Toutes les informations sur le site : www.tousmecenes.fr

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Expo NIKI DE SAINT PHALLE artiste géniale au Grand Palais !

“A bas l’art pour le salon. Vive la grandeur !” Niki de Saint Phalle

Les formes et les couleurs sont explosives au Grand Palais depuis quelques jours. Niki de Saint Phalle est célébrée avec nombre d’œuvres présentées, de témoignages rares et une nouvelle lumière perçante posée sur son art d’une modernité exceptionnelle.
L’exposition ouvrira une nuit entière sans interruption du samedi 31 janvier au dimanche 1er février.

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Les Trois Grâces, 1995-2003

Les amateurs de Nana(s) ne seront pas déçus. En plus des figures sur papier, le relief de ces ladies est aussi parfait qu’hypnotisant. Et leur taille peut en impressionner plus d’un : “Les Nanas sont grandes sont parce que les hommes le sont, et qu’il faut qu’elles le soient davantage pour pouvoir être leurs égales.”
C’est pop, tournoyant et irraisonnable.

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Dolorès, 1966-1995

Aux côtés de ces figures inouïes de la féminité – qui n’excluent pas l’homme, comme le rappelle l’artiste dans une interview – les premières compositions, le recyclage, l’assemblage à en perdre l’attention. Le plus petit détail est une forme aussi essentielle que l’œuvre grandeur nature. Accepterez-vous de vous arrêter plus de 10 secondes devant chaque oeuvre ?

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The Bride (or miss haversham’s dream or when you love somebody), 1965

Le parcours n’en finit plus d’être foisonnant, excessif, subversif.

L’on entend progressivement la voix de Niki, artiste franco-américaine dont la beauté plastique a fait les belles heures de la presse féminine de l’époque. Cette voix dit l’impossible : décrire une œuvre en cours, justifier ses partis-pris, répondre à la curiosité et oser la provoc pour laisser une marque dans le téléviseur, si ce n’est dans le cerveau du spectateur.

 Totem by Niki de Saint Phalle Santee Niki Charitable Art Foundation exposition Grand Palais exhibition photo by United States of Paris

L’amour est décliné à l’envi à travers une série de lithographies qui parlent aussi bien de l’absence que de la rupture malgré la palette des couleurs chatoyantes utilisée.

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Why don’t you love me ?, 1968

Une araignée fait son apparition. Difficile de ne pas la relier à celles d’une autre artiste franco-américaine, Louise Bourgeois.
La relation avec le père, aussi troublante que tragique, est aussi évoquée en filigrane.
L’oeuvre de Niki de Saint Phalle est plus complexe qu’il n’y paraît.

Le parcours se termine par les grands projets. L’architecture des lieux où Niki de Saint Phalle a posé ses desseins. Les œuvres jouent la brillance, l’alliance particulière avec les mouvements de la nature et des saisons, comme pour ce formidable Jardin des Tarots en Toscane.

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Skull meditat on room, 1990

Avant de quitter le Grand Palais, prendre le temps de regarder la mort en face ou ses reflets dans la multitude de fragments de miroirs qui composent ce crâne immense. Introspection narrative.

 Le Rêve de Diane 1970 by Niki de Saint Phalle Santee Niki Charitable Art Foundation exposition Grand Palais exhibition photo by United States of Paris blog
Le Rêve de Diane, 1970

Exposition rétrospective Niki de Saint Phalle
au Grand Palais – RMN
jusqu’au 02 février 2015

Tous les jours de 10h à 22h (fermeture à 20h le dimanche et lundi)
Fermeture hebdomadaire le mardi

Attention LA NUIT NIKI est annulée compte tenu des événements récents.

Téléchargez l’appli gratuite de l’exposition sur : www.grandpalais.fr/fr/article/niki-de-saint-phalle-decouvrez-lapplication

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NUIT BLANCHE 2014 : street-art – installations évolutives et diner d’anniversaire

Cette année encore, le programme de la Nuit Blanche réserve un pur concentré de propositions artistiques qui vont vous transporter tout au long de cette nuit.
Belle surprise cette année : le street-art est à l’honneur à travers de nombreuses oeuvres dont le point d’orgue est la Halle Freyssinet dans le 13e.

Le directeur artistique de cette édition, José-Manuel Gonçalvès a voulu ouvrir à cet événement incontournable de nouvelles perspectives, en envahissant de nouveaux quartiers (le 13e en tête) et quittant progressivement le centre ville de Paris.

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Première étape de notre parcours : l’Open Musée street-art contemporain avec la carte blanche de l’artiste culte des murs parisiens, Jef Aérosol.

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A ses côtés, d’autres valeurs sûres et de jeunes talents pour un face à face bluffant avec Brusk, Dan 23, Jean Faucheur
A la sortie de ce premier décor en friche, la rue reprend ses droits à vous offrir des perspectives impressionnantes, comme ce mur phosphorescent de SpY.

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De nombreux murs d’immeubles, des escaliers s’offrent au regard des plus curieux et des passionnés.
Aucune proposition ne ressemble à sa voisine. Le dépaysement est total.

Deuxième point de ralliement pour les noctambules : la petite ceinture du 15e, dont l’entrée Place Balard risque fort d’être très fréquentée.
Attendez-vous à vivre l’un de plus beaux moments poétiques de la soirée. L’artiste Yoann Bourgeois va jouer avec l’apesanteur lors d’une performance sur trampoline d’une réelle grâce.
Ce sera court forcément, mais suffisamment intense pour vous faire chavirer.

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Après cette introduction, face à face avec les silhouettes énigmatiques de Marks Jenkins, avant de devenir spectateur-voyeur d’un diner d’anniversaire, orchestré par Mateo Maté. Une soirée avec des invités laquelle vous n’êtes pas réellement conviés.

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Devant le Panthéon, alors que l’installation de JR se fait plus discrète la nuit venue, une oeuvre impressionnante pourrait bien vous faire revenir au cours de la nuit, car difficile d’en croire nos yeux.

La Transumante by Johann Le Guillerm installation de bois performance place du Panthéon nuit blanche 2014 paris parcours Ceux qui nous sommes photo blog United States of paris blog

La Transumante de Johann Le Guillerm, circassien de son état, est une oeuvre évolutive qui se construit et reconstruit à la force du bras, en continu. De grands morceaux de bois blancs forment une sorte de sculpture qui ne va cesser d’évoluer toute la nuit, et surtout de se mouvoir dans l’espace urbain.
La-Transumante-by-Johann-Le-Guillerm-installation-de-bois-performance-place-du-Panthéon-nuit-blanche-2014-paris-photo-by-United-States-of-paris-blog

Conseils :

1-  Mini Burble une installation monumentale de 300 ballons LEDs multicolores est accessible à tout le public qui souhaite interagir avec la proposition du collectif Umbrellium. Rendez-vous sur le Parvis de l’Hôtel de ville s’annonce. Attention courte durée : de 21h à 2h du matin

 Mini Burble Paris by Umbrellium design Samsung Parvis de l'Hôtel de Ville Paris Nuit Blanche 2014 photo by United States of Paris blog

Installation-Mini-Burble-Paris-by-Umbrellium-design-Samsung-300-ballons-avec-LEDs-multicolores-Parvis-de-lHôtel-de-Ville-Paris-Nuit-Blanche-2014-photo-by-United-States-of-Paris-blog

 

2 – Du street-art encore ! Dans le marais et en photo et graff sur mur. Rendez-vous à partir de 21h à La Vitrine 8 bis rue Pecquay 75004 avec l’intervention du Lab 7

Scratching-the-surface-by-Vhils-portugal-street-art-portrait-on-wall-Hôpital-Necker-enfants-malades-paris-Nuit-Blanche-2014-photo-by-United-States-of-Paris-blog3 – si vous allez voir les 3 superbes murs gravés à coups de marteau piqueur par le portugais Alexandre Farto, alias Vhils à l’Hôpital Necker – Enfants Malades, ne perdez pas trop votre temps à vouloir jeter un oeil dans l’oeuvre de Hyperfocus des Frères Chapuisat. Le résultat pourrait vous décevoir face à l’attente : passage une personne à la fois.

Le programme complet de la Nuit Blanche 2014 est à retrouver sur le site officielquefaire.paris.fr/nuitblanche

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Exposition ARCHITECTURE EN UNIFORME – incroyable plongée dans le design et la création en temps de guerre à la Cité de l’architecture

L’exposition Architecture en uniforme, projeter et construire pour la Seconde Guerre mondiale, lève le voile sur une période qui a aussi été le théâtre d’un foisonnant élan créatif. L’architecture en temps de guerre vous semble un sujet obscur. Il l’était pour nous aussi avant notre immersion dans le parcours de la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris.

L’observation que nous propose le commissaire et historien, Jean-Louis Cohen, est assez saisissante. La visite débute par une galerie de plus d’une dizaine de portraits d’architectes. Parmi eux certains ont été proches du régime nazi alors que d’autres en ont été victimes. Nous pouvons reconnaître Le Corbusier qui se rapprochera du gouvernement du maréchal Pétain à Vichy pendant l’occupation, Jean Prouvé qui concevra un ensemble de logements pour ouvriers en 1940 mais aussi le paysagiste Dan Kiley qui réalisera en 1945 l’aménagement des salles d’audience pour le procès de Nuremberg.

A fil du parcours, il nous est donné à voir des projets pratiques, logiques car adaptés à la situation de guerre, des inventions qui ont encore des répercussions dans l’architecture d’aujourd’hui et des propositions surréalistes qui n’auront pas vu le jour.

Jean-Louis Cohen a voulu donner un éclairage sur une période peu étudiée en matière d’architecture. Une sorte de page restée blanche pendant de très nombreuses années avant qu’il ne s’y intéresse il y a une vingtaine d’années. Fruit d’un travail inouï dans les archives de nombreux fonds internationaux, Architecture en uniforme révèle aussi des histoires méconnues du grand public et dont certaines pourraient faire l’objet de films.

17 thèmes composent cette exposition riche en photographies, plans, affiches de propagande et extraits de films. Le premier thème évoque la guerre qui frappe les villes. La nouveauté de cette guerre est le bombardement massif des villes. Il est donc question de protéger les monuments, en leur créant une sorte de deuxième peau. Le Château de Fontainebleau, la Cathédrale de Rouen sont ainsi protégés par des sacs de sable. Ce thème fait écho à un autre que l’on découvrira un peu plus tard autour de l’art du camouflage.

Saviez-vous que les étudiants d’école d’archi et de design seront notamment invités, en cette période, à travailler sur des leurres visuels et autres parades pour s’aider de la lumière réfléchissante du soleil ?

Autre thème, sans doute moins connu : c’est la prise de conscience concernant les matières premières. La recherche scientifique se voit obliger de trouver de nouveaux procédés pour palier au manque de matériaux alors que de véritables campagnes d’information conditionnent les foyers aux meilleures économies et au recyclage de ce qui peut l’être. Cet élan sera marquant sans doute plus aux Etats-Unis – avec des guides pour la maison où l’on trouve des conseils comme Planifier-Conserver-Récupérer (Plan-Conserve-Salvage, en version anglaise) – mais n’échappera pas pour autant aux pays européens, comme le montre cette affiche.

Les usines doivent trouver une parade pour ne pas être la cible d’attaque. On ne s’étonnera donc pas que certains architectes conçoivent des usines souterraines comme en Allemagne pour la construction d’avions mais aussi de bâtiments sans fenêtre pour permettre le travail de nuit. De vrais bunkers industriels seront conçus pour éviter les bombardements. Et pour qu’ils puissent fonctionner 24h/24 l’utilisation de la climatisation est initiée ainsi qu’un nouveau système d’éclairage. La pression de la production vise à inventer sans cesse de nouvelles architectures.

Parmi les autres faits peu connus voir totalement méconnus, nous retenons le travail du décorateur de théâtre et designer, Norman Bel Geddes. Ce dernier reconstituera en maquette de grandes batailles de la guerre du Pacifique pour illustrer les unes et articles du magazine américain Life. Le soin porté aux détails est d’une telle minutie que l’on croirait une vue réelle.

En revanche, le projet le plus troublant est sans doute l’expérience Dugway. Des architectes européens seront appelés en 1943 à apporter leur expertise dans le cadre de la conception d’un village allemand et un village japonais – avec livres sur étagères, napperon sur les tables – dans une base militaire de l’Utah aux États-Unis. Cette reproduction à l’identique d’habitats allemands visait à étudier comment l’ensemble pouvait brûler au napalm, nouvelle arme redoutable contre l’ennemi. Effarant.

La Seconde Guerre a laissé des traces dans les bâtiments et paysages actuels. Cette exposition vous en révèle tous les détails et notamment cette construction futuriste de machine à habiter, appelée Dymaxion et dont vous découvrirez tous les secrets.

Exposition ARCHITECTURE EN UNIFORME
Projeter et construire pour la Seconde Guerre mondiale

 

jusqu’au 8 septembre 2014

à la Cité de l’architecture et du patrimoine
1, place du Trocadéro
75016 PARIS

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