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Saloon du Cirque Eloize : audace musclée au Far West ! @ 13ème Art

Après nous avoir fait palpiter la saison dernière avec Cirkopolis, le Cirque Eloize nous transporte dans son délirant Saloon monté de toutes pièces au 13ème Art Théâtre à Paris.
Tout est possible : des cabrioles à n’en plus finir, des grands écarts, des portées, des voltiges, des bagarres, de l’amour, une course-poursuite… 

Cirque Eloize

Le Cirque Eloize a l’art de savoir captiver son public d’un bout à l’autre de la soirée.
Le rythme est bien sûr frénétique avec des numéros bluffants, jubilatoires et totalement maitrisés. Mais il y a aussi des moments au coin du feu, des instants qui échappent à la frénésie. Ces derniers sont courts mais ça fait du bien aussi.

L’ensemble de cette création s’adapte à l’univers du Far West Américain et à celui des cowboys. Du décor en bois, à la musique country-folk, aux costumes et aventures sur la piste.

Cirque Eloize

Dans ce Saloon, les numéros sont tous excellents et inventifs.
L’acrobate qui s’envoie en l’air à la force des bras avec ses sangles réalise en fait un rodéo imaginaire sur un cheval qui ne tient pas en place.
La course-poursuite se passe sur un train dont le wagon de tête est un piano. Et un duel entre hommes se fait à la force de sauts et de jeux d’équilibre sur une bascule.

Dans ce décor, une histoire d’amour arrive même à naitre, non sans difficulté. Mais c’est cela qui est palpitant !

Cirque Eloize

Saloon
du Cirque Eloize

mise en scène : Emmanuel Guillaume
avec Nathan Biggs-Penton, Andreas de Ryck, Rosita Hendry, Guillaume Larouche, Camille Leclerc, Giovanni Maldonado, Joana Martinho, Trevol Pool, Meghane Poulet, Johan Prytz, Paul Roberto et Owen Winship 

jusqu’au 6 janvier 2018

@ Le 13ème Art Théâtre 
Centre commercial Italie 2
Place d’Italie
75013 PARIS

du mercredi au samedi à 21h
matinées le samedi et le dimanche à 16h
Représentation supplémentaire le 31 décembre

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Le retour de Mary Poppins : un concentré de féerie et de magie pure

Une question sur toutes les lèvres, en cette fin d’année : Mary Poppins devait-elle revenir au cinéma ?
La réponse est sans appel : OUI !
Le retour de Mary Poppins est une ode à l’enfance, à la persistance de l’émerveillement et à la croyance en tous les possibles.
Emily Blunt est absolument éclatante dans le rôle de la célèbre gouvernante qui a la capacité de voler avec un modeste parapluie. Charming!

Le retour de Mary Poppins

Le retour de Mary Poppins : une réussite !

Pour aimer Le retour de Mary Poppins, il est impératif d’être un enfant ou d’avoir garder sa juvénilité (si on pense avoir dépasser l’âge de déraison). Mais aussi aimer les comédies musicales et les contes et être absolument capable de s’émerveiller.

Une fois que l’on accepte que Mary Poppins 2018 ne ressemble pas à celle de 1965, l’originale, alors on peut se laisser emporter dans la féerie de l’histoire.

La famille Banks, un père et ses trois enfants soutenu par sa sœur, est en difficulté. Les huissiers frappent à la porte pour saisir la jolie maison de la rue des cerisiers à Londres.
Mary Poppins fait son entrée en pleine tempête pour prendre soin des petits, leur permettre de continuer à rêver et les aider à grandir.

L’intrépide gouvernante ne laisse pas trop le choix à la petite famille. Mais les enfants vont vite comprendre leur intérêt d’accepter son autorité. Les récompenses qu’elle prodigue vont au-delà de l’entendement.
Les jeux d’enfants deviennent encore plus stimulants, aventureux et audacieux.
La scène de la baignoire est une vraie folie, irréaliste mais magique. Pour autant le film n’est pas naïf. Le récit est très bien mené et arrive à nous surprendre, pimentant encore plus notre adhésion.

La séquence qui envoie la petite troupe dans un dessin animé m’a rappelé Qui veut la peau de Roger Rabbit ?
Des personnages de cartoon interagissent avec de vrais personnages, forcément c’est magique.

Le film est une vraie comédie musicale avec des numéros brillants de chants et de danse. La séquence des allumeurs de réverbères sur leur bolide est virevoltante à souhait.

Emily Blunt shines light like a diamond

L’actrice britanno-américaine rayonne littéralement d’un bout à l’autre du film.
Oui, j’ai été enchanté, comme un enfant, en la voyant arriver des airs. C’est kitsch et absolument irrésistible. Et j’ai eu aussi ma petite larme quand elle est repartie.
Emily Blunt n’efface bien sûr pas le souvenir de Julie Andrews mais elle a pleine légitimité à reprendre le rôle. Elle est à la fois autoritaire comme il le faut, tranchante parfois et délicieusement complice de la famille Banks.

Les trois jeunes comédiens incarnants les enfants (Pixie Davies, Nathanael Saleh et Joel Dawson) sont des graines de stars nées. Souhaitons-leur que ce film ne soit pas l’unique rôle majeur de leur longue vie.

Le retour de Mary Poppins

Longévité, voire immortalité pour Angela Lansbury qui a fêté ses 93 ans en octobre dernier. Elle donne la réplique et pousse la chanson en toute fin de film. C’est touchant de retrouver cette actrice incroyable.

Le retour de Mary Poppins

BONUS : Meryl Streep n’en finit de nous estomaquer à chaque film. Sa capacité de se muer tel un caméléon, de mise en bouche d’un nouvel accent et sa folie trouvent un nouveau terrain de jeu dans Le retour de Mary Poppins. C’est de la jubilation pure !

Le retour de Mary Poppins

Le retour de Mary Poppins

un film de Rob Marshall
Scénario de David Magee, d’après l’oeuvre de P.L Travers 
avec Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda, Ben Whishaw, Emily Mortimer, Julie Walters, Colin Firth, Meryl Streep, Dick Van Dyke, Pixie Davies, Nathanael Saleh, Joel Dawson, Angela Lansbury

sortie le 19 décembre 2018

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Dorothea Lange au Jeu de Paume : une oeuvre magnifique et puissante

L’exposition Politiques du visible proposée par le Jeu de Paume est la première exposition sur Dorothea Lange organisée en France depuis 20 ans. Elle mêle à la fois les images iconiques réalisées par la photographe ainsi que des images inédites tout autant puissantes.

Dorothea Lange

 Dorothea Lange, une photographe humaniste engagée

Qui ne connait pas Dorothea Lange (1895-1965), photographe américaine emblématique connue pour son oeuvre humaniste ? 

Tout d’abord portraitiste, Dorothea décide, dés 1932, de se concentrer sur des scènes de rue à San Francisco. Elle témoigne ainsi des conséquences de la terrible crise sociale que connurent les États-Unis pendant les années de la Grande dépression.

Dorothea Lange
Damaged Child, Shacktown, Elm Grove, Oklahoma 1936 Dorothea Lange © The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California

C’est à cette période qu’elle rencontrera celui qui deviendra son deuxième mari, Paul Schuster Taylor, professeur d’économie à l’université de Californie à Berkeley. Spécialiste des conflits agricoles des années 1930, Taylor utilise les photographies de Dorothea pour illustrer ses articles.
A partir de 1935, ils travailleront ensemble au profit des agences fédérales dans le cadre du New Deal.

Dorothea Lange

Leur collaboration durera plus de trente ans. Dorothea Lange ne cessera jamais, par sa pratique documentaire, de vouloir témoigner des injustices sociales.

Une exposition inédite et fascinante

L’exposition s’articule autour de cinq chapitres bien distincts qui soulignent, des années 30 jusqu’à la fin des années 50, le contexte des images réalisées par la photographe mais aussi la puissance émotionnelle qui s’en dégage. 

Dorothea Lange
Manzanar Relocation Center, Manzanar, California 1942
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California, City of Oakland

Plus d’une centaine de photographies est exposée : œuvres majeures de la photographe dont la célèbre et controversée Migrant Mother, réalisée en 1936.

Dorothea Lange
Migrant Mother, Nipomo, California 1936
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California

Mais également des photographies inédites en France comme celles, magnifiques d’humanité, retraçant l’histoire des citoyens américains d’origine japonaise internés durant la Seconde Guerre mondiale.

Dorothea Lange
Japanese Children with Tags, Hayward, California, May 8 1942
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California

Les photographies de Dorothea Lange sont sensibles, émouvantes, sans artifice. Accompagnées de légendes détaillées, nous sommes profondément touchés par l’empathie de la photographe avec ses sujets et par son engagement social sans limite.

On ne s’en lasse pas. A voir absolument !

by Caroline

Exposition Dorothea Lange : Politiques du visible

jusqu’au 27 janvier 2019

au Jeu de Paume 
1, place de la Concorde
75008 Paris

tous les mardis de 11h à 21h
du mercredi au dimanche de 11h à 19h
fermé le lundi et les jours féries

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Le Parcours du Roi : immersion royale dans le Versailles du XVIIIe

Le Parcours du Roi offre un Château de Versailles libéré des hordes de visiteurs, touristes et autres passionnés d’histoire de France. La nuit tombée, les samedis de décembre émerveillent à travers une visite-spectacle immersive et exceptionnelle.
Entre concert impromptu, démonstration de danse dans la Galerie des Glaces, numéro de magie ou encore duel au fleuret, les salles du Château du Versailles se dévoilent aux téméraires, de la plus belle des manières.

Parcours du roi

Plus d’une heure de spectacle

Accueillis par des aboyeurs royaux, les portes du Château de Versailles version nocturne s’ouvrent à nous. Les costumes sont chatoyants et gracieusement ornés.

Parcours du roiParcours du roiEn plus d’une heure de déambulation, on peut toucher une partie  de la vie de cour du 18e siècle.
Les personnages sont travaillés, les expressions restent du grand siècle. Entre chaque représentation, les spectateurs déambulent dans les appartements royaux qui se montrent sous des lumières parfois un peu blafarde.

Dans la Galerie des Glaces, des danseurs entament menuet et autres danses avec en introduction la Marche pour la cérémonie des Turcs de Lully. Les costumes sont richement décorés et les pas de danse maitrisés.

Parcours du roi
Un instant musical suspendu qui nous plonge aussi dans cette vision particulière des confins du monde du temps de Louis XIV.

Dans une autre pièce, on croise le Grand Mamamouchi. Ce dernier joue de ses pouvoirs magiques et d’un humour un peu décalé pour le lieu. Un instant de complicité bien pensée.

Parcours du roi

Après avoir traversées les salles dédiées à l’exposition Louis Philippe, la foule fait masse autour d’une scène de duel improvisé.
Alors, les deux bretteurs font tinter l’acier de leur fleuret en un combat pour l’honneur. Homme contre femme, c’est une lutte singulière qui nous offerte.

Parcours du roi

Suite à cette joute à l’issue originale, petits et grands pourront rencontrer Louis XIV, reconverti en Père Noêl.
Et nous avons été touchés par sa gentillesse extrême et une douceur dans la voix qui nous a fait nous replonger dans une enfance et une magie de Noël, pas si lointaine.

Parcours du roi

Le Parcours du Roi

Tous les samedis
jusqu’au 29 décembre 2018


Séance à 18h, 18h20, 18h45, 19h10 et 19h35
de 30 à 45 €

au Château de Versailles

Place d’Armes
78000 Versailles

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Kiss & Cry à La Scala : entre poésie et douce mélancolie



«La poésie est mémoire, mémoire de l’intensité perdue». Grâce à cette citation de Yves Bonnefoy, nous captons l’essence même de la création Kiss & Cry présentée en ce mois de décembre à La Scala Paris. En effet, cette performance hybride au style propre explore avec éloquence cette sensation nécessaire, aussi vibrante que pesante dont nous ne pouvons nous défaire : le souvenir. 

Dès notre arrivée, la scène interroge. Nous avons l’impression d’être en coulisses. Alors, à côté de caméras se mêlent un aquarium, une maison de poupée ou encore un circuit de train électrique. Et, trônant au dessus de tout ça, un grand écran blanc, vide.

Kiss & Cry

Lorsqu’il s’allume, voix off, vue sur un décor de gare avec une femme, seule. Elle s’appelle Gisèle. Nous apprenons qu’en voyant défiler les trains, elle se rappelle le délicieux moment où, pour la première fois, elle s’est mise à aimer… L’unique souvenir de cet instant précieux se résume à une main. Mais aujourd’hui encore, il résonne en elle. Suivront ensuite quatre histoires à la durée, à l’intensité ou à l’impact différents. Débute alors devant nos yeux un tendre voyage au plus intime de sa mémoire…

Comme un hommage à ce premier amour, ce sont les mains qui s’expriment. Passés les premiers sourires, nous sommes étonnés et saisis. Ainsi, il se dégage volupté, grâce et profondeur de ces membres dansants et virevoltants dans un délicieux ballet. Accompagnés de musiques judicieusement choisies, nous vibrons avec ces corps s’aimant un temps, se séparant ou se retrouvant…

Kiss & Cry

Un style inédit

Le fait que les scènes soient filmées devant nous, en direct, rend chaque représentation unique et atypique. C’est fascinant de distinguer le rendu de l’œuvre pendant sa création. Deux moments, deux perceptions, deux effets, à nous de choisir si nous préférons observer les coulisses plutôt que l’écran !

En réalité, il est assez difficile d’exprimer par écrit le ressenti de cette expérience totalement innovante. Car clairement, Kiss & Cry n’est pas du genre à s’expliquer, il se vit ! Et ce soir-là, au vu de la durée des applaudissements, aucun doute que le spectacle en a fait vivre plus d’un… 😉

Bonus : Vous avez aimé Kiss & Cry ? Découvrez le reste de la trilogie avec Cold Blood et AMOR à partir de janvier à La Scala !

by Jean-Philippe 

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Kiss & Cry

De Michèle Anne De Mey et Jaco Van Dormaelen
création collective avec Grégory Grosjean, Thomas Gunzig, Julien Lambert, Sylvie Olivé, Nicolas Olivier, Michèle Anne De Mey, Gregory Grosjean

Jusqu’au 31 décembre 2018

du mardi au samedi à 21h
matinée le dimanche à 15h

à La Scala Paris 
13, boulevard de Strasbourg
75010 Paris
Tél. : 01 40 03 44 30

 

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L’ordre des choses à la Michodière : recomposition familiale totalement rock

Alors que notre vie couple semble en parfait équilibre, une petite poussière peut tout faire valdinguer. C’est ce qui arrive dans L’ordre des choses au Théâtre de la Michodière.
Un trio juste (Gérard Darmon, Vincent Desagnat et Pascale Louange) porte un texte qui pourrait sembler léger mais qui ne manque pas d’épaisseur.

ordre des choses

Comment réagiriez-vous si un grand gaillard de 38 ans débarquait chez vous et affirmait être votre fils, preuve à l’appui ?  Surtout quand vous essayez depuis 10 ans de faire un enfant avec votre compagne et que vous n’y arrivez pas.
C’est ce qui arrive à Bernard et Juliette qui se retrouvent face à Thomas venu revendiquer sa filiation.
Est-ce un imposteur ou un potentiel rival amoureux. Est-ce le début d’un trio de vaudeville ?

Une pièce tout en équilibre

Sur scène, les acteurs sont parfaitement justes.
Gérard Darmon (Bernard) semble ne pas jouer. Il file à merveille la partition du mari qui se découvre un fils. Il jongle avec les situations, alternant demi-mensonges, demi-vérités et moments de sincérité folle.

ordre des choses
Pascale Louange (Juliette) reçoit cette nouvelle avec le plus de recul possible. De la surprise à la colère, elle ne peut entrer dans la folie et la surenchère des deux rôles masculins.
Vincent Desagnat est parfait, à tel point que l’on se demande durant une bonne partie de la pièce si ce n’est pas un imposteur. Pour celles et ceux qui  ne l’ont jamais vu sur scène, vous découvrirez un formidable comédien qui mérite d’autres beaux rôles au théâtre.

Dans cette pièce de Marc Fayet, toutes les situations s’enchainent à merveille. Les rebondissements et les secrets se dévoilent sans grosse ficelle. Les personnages évoluent subtilement.

« Au début, on devait faire du air guitar !« 

C’est ce que nous confie Gérard Darmon lors de notre rencontre après la pièce. En effet, au début du 3e acte, Bertrand et Thomas se lancent dans un moment épique de rock.

ordre des choses
« On joue vraiment de la guitare sur scène ! «  confirme Vincent Desagnat.
Et l’auteur Marc Fayet de rajouter : « Le fait que la pièce soit si rock c’est une volonté du metteur en scène, Richard Berry. Ce côté rock n’était pas si important à l’écriture. Il vient d’un travail de mise en scène et je sais l’importance pour le metteur de scène de créer son univers. »

Et ce travail d’adaptation a été une des clefs pour que Gérard Darmon participe à cette création. « J’ai dit oui parce que c’est bien écrit, parce que c’est un thème actuel, contemporain. Mais aussi parce que l’auteur est vivant. Et aussi parce que c’est Richard Berry qui mettait en scène. »

ordre des chosesC’est un peu la même chose pour Vincent Desagnat : « Quand on m’a contacté et qu’on m’a dit que c’était Berry et Darmon, je n’ai pas pu dire non. » Une chance de plus pour lui qui ne cache qu’il « n’a pas beaucoup d’expérience au théâtre. Alors j’apprends tous les soirs. Et plus ça va, plus ça me donne de plus en plus envie de jouer. »

Cette pièce de Marc Fayet, portée par trois acteurs au diapason, vous fera basculer du rire à l’émotion en quelques répliques.
Rendez-vous à La Michodière !

ordre des choses

L’ordre des choses

une pièce de Marc Fayet
mise en scène : Richard Berry
avec Gérard Damon, Vincent Desagnat, Pascale Louange

au Théâtre de la Michodière
4 bis Rue de la Michodière
75002 Paris

Jusqu’au 6 janvier 2019

du mardi au samedi à 20h30
matinée : le samedi à 16h30 et dimanche à 15h30

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Campana du Cirque Trottola au Centquatre : d’une puissance folle !

Campana au Centquatre est surprenant et c’est merveilleux !
Je ne m’attendais pas à être emporté par une si petite troupe, dans un cirque à dimension réduite
– j’ai plus l’habitude des plateaux à une bonne dizaine de circassiens.
Le Cirque Trottola déploie une inventivité qui bluffe : des trappes cachées dans le plancher à la bande-son hyper travaillée, de la musique live avec doubles manches de guitare et collection de cloches à la poésie de l’équilibre. Arriver à emporter le public avec une brouette de jardin ou une échelle, c’est absolument magique !

Il faut une dose de folie pour clamer : « Mon pays c’est la vie ! », par deux fois, juché sur une échelle qui tourne, le tout sur une piste de cirque, sous un chapiteau, à Paris. Mais cette folie est grisante, elle rapproche du divin.
Cette poésie colle à la peau. Je n’ai pas pu m’empêcher de sortir un stylo et d’écrire la phrase dans le creux de la main de peur de l’oublier, emporté par d’autres émotions, d’autres fulgurances au cours de la soirée.

Cirque Trottola

Bonaventure Gacon, cet ours ou viking français, à la barbe impressionnante, comme la largeur de ses épaules, est un circassien fascinant. L’artiste est autant doué pour les prouesses physiques, les portées que pour le jeu. Bonaventure, véritable caméléon, est à la fois cet acrobate bourru, nonchalant et rassurant que ce clown en guenilles, improbable et attachant.
Il forme un duo tordant, physique et émouvant avec sa partenaire de piste Titoune, au physique si fluet. Titoune, elle, s’envoit en l’air à la force des bras de Bonaventure ou sur un trapèze. Légère, expressive, elle emporte aussi toute l’attention du public, touché par ses talents.

Cirque Trottola

Le duo est accompagné des deux musicos Thomas et Bastien qui assurent une bande-originale aussi rythmée qu’audacieuse. Chacun semblant se dédoubler derrière leurs instruments. La chanson italienne est une très belle folie musicale.

Le Cirque Trottola a conçu de vraies trouvailles visuelles et sonores. Le final est absolument incroyable quand le plancher de la piste se fissure dans une vague de fumée. Promis, je ne spoilerai pas. Mais cette vision n’est pas prête de vous quitter.

Merci au 104 et au Théâtre de la Ville de s’être associés pour nous faire vibrer plus que d’habitude et nous permettre de nous enchanter encore.

Cirque Trottola

Campana

par le Cirque Trottola
avec Titoune et Bonaventure Gacon
et Thomas Barrière et Bastien Pelenc 

à partir de 10 ans

jusqu’au 22 décembre 2018, à 20h

dans le cadre de la programmation avec le Théâtre de la Ville

Le Centquatre-Paris
5, rue Curial
75019 PARIS

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Pupille de Jeanne Herry : sensible et prenante aventure humaine

Hormis pour les personnes directement impliquées, tout ce qui entoure l’adoption reste une obscure nébuleuse. Avec Pupille, Jeanne Herry nous offre un regard précis, intense et juste sur la période allant de l’accouchement sous X jusqu’à l’adoption. Les maillons d’une chaîne humaine et bienveillante se mettent alors en place pour conserver ce qui importe le plus à la venue au monde d’un enfant : le lien d’attachement.

Pupille

Un sujet délicat

Le thème n’a pas réellement été choisi par Jeanne Herry, il s’est plutôt naturellement imposé. En effet, l’appel d’une proche a tout déclenché. Après des années d’attente, cette amie allait enfin devenir mère grâce à l’adoption. Dans l’euphorie, les langues se délient. En marchant dans la rue, la réalisatrice se rend compte qu’elle ignore beaucoup de choses sur le processus par lequel son amie est passée.

Sa curiosité prend le dessus. Des échanges avec une assistante sociale retraitée lui font découvrir les dessous d’un univers méconnu. À partir de là, les rencontres se multiplient et la trame de son futur film se dessine !

« J’ai l’impression d’avoir été dans une place centrale, en regardant tous les points de vue, tous les personnages et tous les enjeux. »

Elle a été frappée par les mots et les rapports aux mots employés par les différents travailleurs sociaux. Mais également par l’investissement, l’accompagnement ou les difficultés d’entretenir la juste distance avec l’autre.

« Je voulais interroger le moment où le bébé passe des bras d’une mère biologique à une mère adoptive, en passant par beaucoup d’autres bras. »

C’est donc autour de Théo que vont s’articuler tous les personnages, et ils sont nombreux ! Une attention particulière est donnée au regard qui se retrouve être le fil conducteur du film. Nous ressentons les émotions, les craintes mais aussi la joie de tout le monde, même du plus petit rôle n’intervenant que quelques secondes… Car le regard exprime bien plus que les mots et surtout, il ne trompe pas.

PupillePupille

Casting d’exception !

Sandrine Kiberlain combine assurance et fragilité dans la peau de cette éducatrice spécialisée qu’elle incarne à merveille. Elle apporte de la fraîcheur, de la légèreté et nous fait sourire par ses obsessions autant qu’elle nous touche par ses sentiments. Elle est fidèle à elle-même, bref, une fois de plus, on l’adore !

Ensuite, Gilles Lellouche campe l’assistant familial. Il va accueillir Théo de sa naissance jusqu’à son adoption. Au début, ce choix déroute, surprend puis convainc. Sa carapace de virilité d’ours révèle donc une sensibilité cachée. Sa délicatesse, sa retenue et sa pudeur nous touchent et nous font découvrir une nouvelle facette du comédien. Mais on vous rassure, il conserve quand même quelques blagues lourdes nous faisant rire ! Il faut bien donner le change. 😉

Enfin, Elodie Bouchez submerge… Au début, son côté effacé et candide ne marque pas les esprits voire agace. Tandis que le film avance (ainsi que les années), elle prend de l’assurance, s’émancipe et surprend. On ne la voit pas du tout venir et, d’un coup, elle se révèle. En mère en devenir, elle finit par pleinement rayonner et c’est beau, très beau… Lorsqu’elle rencontre Théo pour la première fois, je dois vous avouer que des larmes ont perlé le long de mes joues alors que je suis plutôt du genre insensible et cynique. Mais chut, ça reste entre nous…

Tourné avec authenticité et passion, Pupille retrace fidèlement un de ces moments où la vie n’en finit pas de nouer ses complications. Pour autant, il est générateur d’espoir et malgré un sujet difficile, il nous rappelle la bonté dont peut être capable l’être humain. Et ça fait du bien… 🙂

Merci à Ciné + pour cette belle découverte. 
Les vidéos de la rencontre sont en ligne

by Jean-Philippe 

Pupille

Pupille

Un film de Jeanne Herry

Avec Sandrine Kiberlain, Elodie Bouchez, Gilles Lellouche, Miou-Miou, Clotilde Mollet et Olivia Côte

Sortie le 5 décembre 2018

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La Goulue magistralement incarnée par Delphine Grandsart

Elle a été croquée par l’un des plus grands artistes du XIXe siècle, Toulouse-Lautrec. Elle a eu une vie aussi folle que dure, un tempérament enflammé et un cœur écorché.
Delphine Grandsart nous fait rencontrer une femme, artiste de scène, allumeuse, provocante : Louise Weber dite La Goulue.
La comédienne a chaque parcelle de son corps habitée par cette personnalité d’un autre siècle. Fascinant !

Louise Weber

La salle voûtée avec pierres apparentes de l’Essaïon Théâtre se prête idéalement à l’évocation de la vie de La Goulue.
Le spectacle débute par la fin, la misère, l’oubli, la vieillesse de ce personnage incontournable de la vie de Montmartre. Une figure effacée qui apparaît dans une sorte de clair-obscur, la voix éraillée, mais l’esprit toujours aussi vif.
Et l’on remonte le temps avec La Goulue brillamment incarnée par Delphine Grandsart qui pousse aussi la chanson, accompagnée à l’accordéon.

Les changements d’époque sont fluides, on comprend vite les fêlures, les douces illusions mais aussi le force qui irriguaient le corps entier de La Goulue.

On se laisse emporter dans cette évocation intense et rythmée de la vie d’une artiste, d’une muse qui a brillé et que Paris ne peut oublier.
Un portrait aussi touchant, joyeux qu’original.

Delphine Grandsart a reçu le Prix de la meilleure interprète féminine aux Trophées de la Comédie Musicale 2018.

Louise Weber

Louise Weber dite La Goulue

un spectacle musical avec Delphine Grandsart
avec Matthieu Michard à l’accordéon
auteure : Delphine Gustau

à l’Essaïon Théâtre
6, rue Pierre au Lard
75004 Paris

les vendredis et samedis à 21h30

du 9 novembre au 19 janvier 2019

Prolongations pour cause de succès :
du 1er février au 30 mars les vendredi et samedi à 21h30
du 15 avril au 25 juin les lundi et mardi à 21h30

FB officiel du spectacle : louiseweberditelagoulue

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Sketch Comedy : lundi poilant avec des talents du rire au Théâtre du Marais

Après les scènes ouvertes Debjam Comedy au Jamel Comedy Club ou Le Fieald au Théâtre Trévise, maintenant il faut compter le Sketch Comedy du Théâtre du Marais. Ok, ce n’est pas vraiment une scène ouverte… Mais chaque lundi à 20h, une brochette d’artistes déjà sur scène vient présenter ses atouts pour chauffer une salle pas forcément conquise d’avance.

15 min pour séduire

Face aux spectateurs, cinq humoristes et un MC. Ce lundi, c’est Cartman qui nous avoue faire ses premiers pas sur scène avant de se lancer dans son futur one man. Les lundis ne ressemblent, Tristan Lopin a aussi été MC d’un soir.
Côté humoristes, il  y a aussi bien des petit(e)s jeunes que des artistes avec une certaine bouteille. A voir, pêle-mêle : Caroline Vigneaux, Ben HMelha, Pablo Mira, Élisabeth Buffet, Aymeric Lompret, Soum Dembélé, Bun Hay Mean (Chinois Marrant) , Baptiste Lecaplain, Donel Jack’sman…

Sketch Comedy

Lors de notre venue le plateau était composé de Gérémy Crédeville, D’jal, Marine Baousson, Odah & Dako et Marion Mezadorian.
Et particularité de la soirée : deux spectateurs sont garants du « bon goût » des textes et deux autres auront la possibilité de désigner leur coup de coeur, en lançant leur coussin-coeur sur scène 🙂Sketch Comedy

Ce soir, on connait déjà le grand BG G. Crédeville. On a aimé découvrir Marion Mezadorian et le public aussi ; elle a eu droit à son joli coeur. Odah et Dako ont taillé un beau costard aux influenceurs et influenceuses, et c’est mérité ! Marine Baousson reprend avec talent le rôle de La Lesbienne Invisible d’Océan. En revanche, on a moins adhéré à l’univers de D’jal.
C’est aussi ça les plateaux d’artistes, tous les goûts sont sur scène et dans le public !

Vous êtes avides de rire et de nouveautés, le Théâtre du Marais vous attend le lundi, qu’il vente, pleuve ou qu’il fasse une chaleur intense ! L’entrée est en participation libre. Chapeau les artistes !

Sketch Comedy

Sketch Comedy

Tous les lundi à 20h
Spectacle gratuit, participation libre au chapeau en sortie.

Réservation obligatoire

au Théâtre du Marais
37 rue Volta
75003 Paris

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