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AIRNADETTE la comédie musiculte : le airband dans ta face !

Airnadette a démonté L’Européen, Londres et la France entière avec une énergie rare. Le airband est de retour pour une TOUTE dernière à Paris (mother fucker) le 9 octobre avec un max de guests et de surprises comme on les aime. Et un Bye Bye Tour à suivre d’urgence sous peine de prendre un sacré coup de vieux à cheval sur 2015 et 2016.

Mais au fait y’a une limite d’âge pour prendre son pied avec la tonitruante comédie musiculte ? Vas pas chercher plus loin, la réponse est ici !

Airnadette-la-comédie-musiculte-airband-air-guitar-spectacle-salut-scène-Moche-Pitt-M-RodZ-Jean-Françoise-Scotch-Brit-Chateau-Brutal-Gunther-Love-photo-by-United-States-of-Paris-blog
C’est ce qu’on pensait à l’approche de la salle pour un début de soirée régressif, accompagné d’un jeune de 20 ans. On se dit qu’au pire, on fait plaisir au jeune, il passera sûrement une bonne soirée grâce à nous.
Une fois assis, tous les âges en ont pour leur argent.

Les références ciné, télé et zik fusent de partout et éclatent toutes les générations. On prendra bien un peu de Very Bad Trip, The Big Lebowski, Titanic ou de OSS 117 et notre jeune voisin une bonne tranche de Brice de Nice, Les Beaux Gosses et Rock Academy. Plus surprenant encore, des dialogues sont extraits de Passion de Godard, de La Moustache de Carrière et des Démons de Jésus de Bonvoisin. Grand écart culturel absolu. On frise le génie avec cette bande de trentenaires sans limite – même pas le bord de scène !

Et l’enfant qui accompagne papa maman va adorer gueuler un « Dans ta sœur !  » les deux majeurs levés en l’air. C’est rock, déconnant et putain de bon.

La force de frappe de la bande de comédiens-performers est démesurée. Avec comme seul accessoire : l’air, ils inventent une partition faite de pas de danse, sauts sur scène, dialogues décalés et mouvements de bras tambourinant l’espace.

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Accompagné d’une bande-son au millimètre, l’art d’Airnadette n’a pas à pâlir face aux artistes originaux à qui ils empruntent sans vergogne musiques et autres mimiques : Freddie Mercury, AC/DC, Diam’s à l’époque de « Génération nan nan » et autres pom-pom girls écervelées à la sauce Britney Spears.

Les grands chanteurs sont bien souvent de grands interprètes : Edith Piaf, Madonna ou encore Justin Bieber (pour faire plaisir à ma nièce). Une nouvelle preuve avec notre french airband préféré. Car Gunther Love, Moche Pitt, Château Brutal, Jean-Françoise, Scotch Brit et M-ROdZ  sont de vrais artistes, performers en diable, incroyables personnages glamour. Et de saisissants caméléons de la scène.

Ce spectacle aurait pu rester une simple pochade pour une soirée unique entre potes, un peu alcoolisés. Notre chance, c’est que la bande partage sa fougue le plus souvent possible avec les parigots et la France entière. On peut la retrouver pour la Kermesse Airnadette (Bus Palladium et en juin au Rosa Bonheur Seine).
Gloire à toi Airnadette !

Airnadette la comédie musiculte dernier show à Paris 9 octobre le Trianon avec Gunther Love Chateau Brutal Moche Pitt Jean Francoise Scotch Brit M-Rodz Pierre Francois Martin spectacle air band photo Fifou

AIRNADETTE la comédie musiculte !
mettage en scène : Pierre-François Martin-Laval aka Pef

avec Gunther Love, Château Brutal, M-Rodz, Moche Pitt Jean-Françoise, Scotch Brit et Philippe Risotto 

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Come, Been and Gone : le spectacle au glam bien trempé

Come, Been and Gone de la Michael Clark Company, à la Grande Halle de La Villette sonne comme un bouquet final de l’expo Bowie Is… de la Philharmonie de Paris. Bigaré et pour le moins musclé, le spectacle est une incroyable ode à la maitrise du corps.

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L’affiche est intrigante et la bande-annonce nous balance à toute allure des images colorées façon stroboscope. En un mot comme en cent, Come been and gone de Michael Clark nous promet du lourd. Surtout quand on connaît le goût pour l’éclectisme musical du chorégraphe britannique.

De ce côté-là, nous avons été servis, la musique de David Bowie et du Velvet Underground (mais aussi Lou Reed et Iggy Pop), avec laquelle le spectacle a été quasiment entièrement créé, retentit à fond les ballons. Les six danseurs (trois hommes ultra musclés et trois femmes aux formes voluptueuses) exécutent une performance technique parfaite. Ils oscillent entre la grâce du ballet classique et la recherche permanente de nouvelles formes d’expression de la danse contemporaine. Des pointes, des pointes et encore des pointes. Et tout autant de portées. Ce contraste avec la musique des années 70 et 80 plonge les jeunes spectateurs dans un ballet d’un genre nouveau.

Come been and gone Michael Clark Company critique Grande Halle La VIllette spectacle danse blog United States of Paris photo by Jake Walters

Le meilleur pour la fin
Malheureusement, pour l’œil averti, il sera plus difficile de s’extasier. Michael Clark n’est pas un novice dans l’art d’accoquiner les styles et les genres artistiques. Bien au contraire, c’est un maître en la matière, voire sa marque de fabrique.
Les tableaux s’enchainent et se ressemblent un peu. Et c’est un peu dommage mais malgré les quelques longueurs, rien de bien méchant. Seul un tableau est totalement raté. Projetée sur tout le mur du fond, une vidéo géante de David Bowie chantant son titre Heroes capte totalement notre attention, au détriment de la prestation des danseurs. Ça ne dure que trois minutes. Nous n’en parlerons pas plus.

Et surtout, vient ensuite le final, véritable débauche de couleurs, de musique tonitruante et de recherche chorégraphique. Le glam’ envahit totalement la scène. Les corps, moulés dans une combinaison orange qui brille de mille feux, sautent dans tous les sens.
Après une heure d’hésitation, la musique, les mouvements, les lumières et les costumes semblent s’être accordés.

Come been and gone Michael Clark Company Grand Hall La VIllette spectacle danse concours affiche blog United States of Paris
Come, Been and Gone
de Michael Clark

Jusqu’au 6 juin 2015
Mercredi, vendredi et samedi à 20h30
Jeudi à 19h30

Grande halle de la Villette
211, Avenue Jean Jaurès
75019 PARIS

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L’expo Harry Potter dévoile ses secrets à la Cité du Cinéma

Beaucoup de moldus l’attendaient, l’expo Harry Potter se dévoile à la Cité du Cinéma de Saint Denis. L’équipe d’United States of Paris l’a découverte avant l’ouverture au public samedi. Après la très belle expo Star Wars (pour quelques jours encore à La Sucrière de Lyon), nous avions hâte de mettre les pieds dans l’univers magique du jeune magicien et de ses acolytes.

Pour commencer notre visite de l’exposition, nous avons eu le plaisir de croiser les jumeaux Fred et George Weasley (interprétés par James et Oliver Phelps), qui se sont prêtés facilement au jeu des photos selfies et autographes avec les fans présents pour cette soirée qui promettait d’être exceptionnelle.

Harry Potter expo exposition paris cité du cinéma james oliver phelps critique avis Photo By United States of Paris

Avant de rentrer dans le vif de l’exposition Harry Potter,  arrêtons-nous  sur quelques pièces majeures présentées comme le livre des potions du Prince de Sang-Mêlé.

Harry Potter expo exposition paris cité du cinéma critique avis livre des sorts le prince de sang mêlé Photo by United States of Paris

Ou l’Oeuf d’or des sirènes, vu dans La Coupe de Feu, qui brille sous les projecteurs. Il ne manque plus que le bain pour découvrir son véritable secret.

Harry Potter expo exposition paris cité du cinéma critique avis oeuf d'or la coupe de feu Photo by United States of Paris

L’écuelle en nacre dont Harry se sert, dans la caverne, pour abreuver Dumbledore de la potion protégeant l’Horcruxe.
On remarquera en arrière-plan le journal intime de Tom Jédusor percé par la dent de Basilic.

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La Coupe de Feu avec à son pied les bulletins portant les noms des participants.

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Le touchant Dobby est bien sûr présent.

Harry Potter expo exposition paris cité du cinéma Dobby costume avis critique Photo by United States of Paris

Celui-dont-on-ne doit-pas-prononcer-le nom trouve aussi sa place dans le panthéon des personnages emblématiques de cette saga.

Harry Potter expo exposition paris cité du cinéma Voldmemort costume avis critique Photo by United States of Paris

Mais comme certainement beaucoup d’entre vous, nous aimons découvrir les coulisses, les petits plus qui font d’une histoire un conte universel à travers la magie du cinéma et de ces créateurs.

Une plongée dans l’univers d’Harry Potter signifiait pouvoir nous combler d’un monde créatif d’une façon nouvelle, avec des étoiles plein les yeux. Comme dans l’expo Star Wars, présentée à la Cité du cinéma, qui avait pu ranimer notre flamme d’enfant.
Ici point de storyboard, de travaux préparatoires de production, de crobars illustratifs.

Nous sommes donc sortis de ce catalogue sur mannequins sans vie un peu déçus.

Harry Potter expo exposition paris cité du cinéma scénographie classe costume avis critique Photo by United States of Paris

En neuf espaces thématiques, vous parcourrez les thèmes majeurs entourant l’histoire d’Harry : les lieux de vie commune, les salles de classe, le Quidditch, Hagrid, la forêt interdite, les forces obscures et la Grande Salle.

Harry Potter expo exposition paris cité du cinéma costume quidditch avis critique Photo by United States of Paris

Même si les costumes originaux possèdent une aura particulière (mais présentés sur des mannequins sans personnalisation) et les nombreux accessoires des différents films sont bien mis en avant, on se demande pourquoi cette expo semble si froide.

Bien entendu, on aime tout de même découvrir la plume de Dolorès Ombrage,

Harry Potter expo exposition paris cité du cinéma critique avis Dolores Ombrage l'orde du pheonix Photo by United States of Paris
ou les pièces massives du jeu d’échecs géant de l’École des Sorciers.

Harry Potter expo exposition paris cité du cinéma jeu d'eche décor avis critique Photo by United States of Paris.jpg

Au final, cette production, qui nous veut nous vendre de la magie, n’est pas à la hauteur de la saga qu’elle est censée représenter.
Aucun décor majestueux, aucune grosse pièce de décor : l’expo new-yorkaise (que nous n’avons pas vue) mettait en avant la voiture volante de La chambre des secrets : ici la locomotive du Poudlard Express n’est que partiellement reproduite.
Fan de la saga, on s’attendait à du lourd, du magistral…

S’il est vrai que nous découvrons un foisonnement de costumes et d’accessoires, des mises en scènes plutôt travaillées, mais trop succinctes, on voudrait que cette expo Harry Potter nous mette encore plus d’étoiles dans les yeux.

Harry Potter expo exposition paris cité du cinéma griffon d or chambre costume avis critique Photo by United States of Paris

Peut-être sommes-nous un peu durs avec cette exposition, mais vu le prix d’entrée, on pouvait s’attendre à une scénographie aboutie et magique qui reflète vraiment l’univers de la saga

Pourquoi ne pas avoir jouer avec les différents décors des différents épisodes : un wagon du Poudlard Express, une calèche avec un hippogriffe, un vrai décor de salle de classe (celle des potions par exemple), la niche de Potter sous l’escalier des Dursley ? On aurait adoré une reconstitution plus grandiose de la salle du banquet et pas cet espace un peu cheap avec quelques bougies volantes.
Les possibilités étaient forcément multiples et la gageure trop grande apparemment.

Harry Potter expo exposition paris cité du cinéma lettre poudlard costume avis critique Photo by United States of Paris

Pour nous, la magie d’Harry Potter n’est pas vraiment présente dans cette exposition. Elle manque de twist, de ce petit plus qui fait que l’on reste ébahi par ce que l’on a découvert.

Impossible de vous la déconseiller bien entendu mais ne soyez pas déçus en sortant de votre (courte) visite. Les fans absolus y trouveront certainement leur compte.

Allez, on vous laisse tout de même quelques surprises visuelles à découvrir sur place.

Harry Potter, l’exposition

jusqu’au 06 septembre 2015

Lundi au vendredi 10h30 à 19h
Nocturnes jusqu’à 21h30 tous les premiers vendredi du mois.
Samedi, dimanche, jours fériés et pendant les vacances scolaires, 9h30 à 20h.

Les entrées se font par créneaux horaires et doivent être réservées à l’avance, le dernier accès a lieu 90 minutes avant la fermeture de l’exposition. Des audioguides sont disponibles.

à la Cité du Cinéma
20, rue Ampère
Saint Denis  – 93

Métro : Carrefour Pleyel – L 13

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AL DENTE : un chef italien pour une cuisine de saveurs au coeur du 7ème arrondissement

Un restaurant dans le 7ème arrondissement qui affiche « le meilleur italien de Paris », y’a de quoi être un peu dubitatif à la première approche. Nous avons pourtant poussé la porte de l’Al Dente en nous assurant que la carte était tout de même pleine de promesses.
Nous n’avons pas été déçus.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAPremier contact…
Chaleureusement accueillis par le maître de lieu Sylvain et son épouse Marie, nous prenons place dans un décor cosy et modernisé il y a quelques mois. Les tons gris et rouge sont d’ailleurs très apaisants en ce vendredi soir, après une longue semaine de travail.
Venu de la télévision Sylvain, a ouvert l’Al Dente il y a 9 ans. En cuisine, Elio, le chef originaire du Sud de l’Italie, officie lui depuis 8 ans.
C’est dire si ce véritable chef italien, au parcours original – il aurait d’autres talents cachés que nous ne pouvons vous dévoiler – doit en avoir sur le fourneau !

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Dans le menu du jour et la carte qui nous est tendue, difficile de faire un choix parmi les propositions alléchantes : nous aurions envie de picorer pour toutes les gouter tellement elles semblent promettre de vraies saveurs transalpines.
Carpaccio de boeuf, salade d’artichauts, Spaghetti a la vongole ou pizzas ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe premier coup de fourchette !
Et voici les entrées toutes deux dans la carte : Assiette de jambon San Daniele et Carpaccio de St Jacques huile d’olive citronnée et râpé de poutargue.

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Viande de qualité parfaitement fumée face à des fruits de mer frais,  un parfait terre et mer à partager.
Le jambon fond en bouche tout comme les Saint-Jacques astucieusement relevées avec la poutargue râpée (poche d’oeufs de mulet séchée). Le jus résultant de ce mélange donne des envies honteuses de saucer…
Une très bonne entrée en matière qui laisse espérer une belle suite.

Il turno del secondo piatto
Ne pas choisir des pâtes dans un restaurant italien serait un pur manque de goût : optons donc pour les Trofie aux asperges vertes et citron vert, côté carte et le foie de veau à la vénitienne et sa polenta crémeuse, en plat du jour !

OLYMPUS DIGITAL CAMERAL’assiette de foie de veau est généreuse, crémeuse et délicate en texture.

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A la première bouchée, les trofies ont la texture et le goût des véritables pâtes italiennes et bien sûr cuites al dente ! Les asperges et le citron vert forment un accompagnement parfait, apportant leur fraicheur et légèreté.

Une petite douceur pour finir ?
Restaurant italien, chef italien : impensable de ne pas nous précipiter sur le Tiramisu, version recette originale, per favore.

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Savez-vous qu’il y a deux écoles pour ce dessert ? Soit une préparation fondante, soit une préparation avec une texture de gâteau.

Notre préférence penche pour le côté fondant. Ce dessert ayant envahit les brasseries, restaurants et même les sandwicheries, il devient difficile de trouver un Tiramisu digne de ce nom. Seules quelques adresses parisiennes arrivent à combler notre palais.
Mais là point de déception : du fondant, du goût, un dessert qui conclut parfaitement ce repas sans fausse note.

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Après ce repas et toujours avec le sourire, le patron Sylvain, au frère célèbre, nous raconte comment il a redécouvert la cuisine italienne grâce à son chef Elio, notamment le risotto (servi tous les jeudis suivant l’inventivité du chef) et sa façon très italienne de cuisiner les poissons, plus grillés et crus qu’en sauce à la française.

Autodidacte de la restauration, le couple met l’accent sur l’accueil et le service au client :  tout en attention pour les anonymes et les plus connus qui ont fait de l’Al Dente  leur cantine de mi-journée ou leur point de ralliement nocturne, comme cette actrice française qui s’exporte aux Etats-Unis qui dînait entre amis le soir de notre venu.

Sylvain conclut en précisant que diriger un restaurant c’est une leçon de vie et qu’il aurait assez de matière pour écrire un livre ! Nous sommes impatients qu’il se mette à l’ouvrage pour tout nous conter.

Al Dente

Du mardi au samedi
12h à 14h30 –  19h45 à 22h45
38 rue de Varennes  75007 PARIS

Plus d’infos sur la carte et les prix sur le site du restaurant

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MISTINGUETT : comédie musicale 100% originale avec Carmen Maria Vega

« Paris c’est une blonde. Ça c’est Paris  » Mistinguett, reine des années folles

La brunette incendiaire, Carmen Maria Vega, transfigure la reine des nuits parisiennes tous les soirs au Casino de Paris. Son interprétation de Mistinguett est le meilleur atout possible pour vous inciter à assister sans attendre à la création de la rentrée qui affiche un beau succès et des prolongations jusqu’au 18 janvier 2015.

La chanteuse Carmen Maria Vega est Mistingett Reine des années folles spectacle musical comédie musicale au Casino de Paris photo by Nathalie Robin

Que savent au juste les jeunes âgés d’une p’tite vingtaine d’années au sujet de Mistinguett ?
Pas grande chose. À peine connaissent-ils le nom de son partenaire de scène et amant pendant 10 ans, Maurice Chevalier. Cet homme qu’elle a sauvé de l’Allemagne alors qu’il était prisonnier de guerre.

Le couple Mistinguett / Chevalier était aussi mythique qu’orageux, à l’instar de Sacha Guitry et Yvonne Printemps. Et c’est par un de leurs coups d’éclat en coulisses que débute cette histoire romanesque sur la scène du Casino de Paris.
Jacques Pessis, véritable conteur des destinées célèbres (Edith Piaf, Jacques Brel…), s’est attelé à non pas conter la vie et la carrière foisonnante de cette chanteuse et meneuse de revue. Il a préféré sélectionner un épisode dont le contexte, les personnages et la trame pourrait être un parfait scénario de film.

photo by Anthony Ghnassia
photo by Anthony Ghnassia

Et dès son apparition, Carmen Maria Vega est une incarnation parfaite de Mistinguett. Gouailleuse, joueuse, espiègle, ce personnage était taillé pour la jeune chanteuse qui connaît la scène comme sa poche.
Déjà suffisamment à l’aise, la chanteuse n’hésite pas à blaguer avec ses partenaires, à rajouter de courtes répliques, histoire de pimenter l’ensemble. (Synonyme d’incorrigible). En coulisses, la chanteuse avoue « aimer les personnages qui maltraitent les autres« , suivi d’un éclat comme on aime.

La première partie du spectacle n’enchaîne pas les tours de chant comme on pourrait l’attendre d’une comédie musicale classique.
Au contraire, son écriture tend les fils des personnages pour s’y attacher et en saisir leurs évolutions. Mistinguett, la première, ne pourrait être résumée à ses caprices de vedette en début de récit. Les failles et autres aspérités sont plus nombreuses qu’il n’y paraît à première vue.

Image de prévisualisation YouTube

Côté musique, les succès de l’artiste trouvent une seconde jeunesse avec la réorchestration et surtout les chansons originales composées par Alain Chamfort, Bertrand Allagnat, Jean-Pierre Pilot et William Rousseau, sur des textes de Vincent Baguian … Ça emporte forcément.

photo by Nathalie Robin

Autour de Carmen MV, une galerie de comédiens-chanteurs excellents dont Patrick Maktav, Cyril Romoli. Et l’occasion de retrouver Fabian Richard, l’inoubliable interprète de Cabaret (saison 2006-2007 aux Folies Bergère) dans la peau de Scipion, parrain de la pègre de Pigalle.

Quant aux costumes signés Frédéric Olivier, ils n’ont rien à envier aux plus belles revues de Paris et de Broadway. Ils en étourdiront plus d’un et d’unes dans la salle.

Costume de scène par Frédéric Olivier coulisses de Mistinguett reine des années folles spectacle musical comédie création Casino de Paris photo by United States of Paris blog

MISTINGUETT, reine des années folles
le spectacle musical 

avec Carmen Maria Vega (Mistinguett), Patrice Maktav (Léon Volterra), Cyril Romoli (Jacques Charles), Fabian Richard (Scipion, le voyou), Mathilde Olliver (Marie), Grégory Benchenafi (Harry Pilcer)

Mise en scène : François Chouquet
Chorégraphie : Guillaume Bordier

Livret : François Chouquet, Jacques Pessis, Ludovic-Alexandre Vidal 

 

Toute l’actu du spectacle Mistinguett sur le site officiel : www.mistinguett-lespectacle.fr

Mistinguett, reine des années folles l’album disponible
Capitol Records

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ELEKTRO KIF de la Compagnie Blanca Li – spectacle danse électro et urbaine

 A la lecture du programme et du palmarès de chaque danseur du spectacle ELEKTRO KIF, un père de famille prend la mesure de ce qu’il va découvrir sur scène : « Y’a un sacré niveau !« 
En effet, plusieurs champions de France et un champion du monde de danse électro font partie de la Compagnie Blanca Li et vous mettent au défi, chaque soir, de pouvoir les suivre dans leurs délires acrobatiques.

 

Crédit photo Magali Bragard

Malgré cette préparation, la confrontation avec la fougue juvénile de ce ballet urbain est une vraie décharge.
On s’était pourtant déjà pris les doigts dans la prise avec Macadam Macadam, précédent spectacle débridé et rythmé de la chorégraphe espagnole, mixant dans une allégresse communicative, danse contemporaine et hip hop.

Cette fois, l’esprit frondeur de la belle a voulu s’acoquiner avec l’électro danse, en lui offrant des cadres de jeux surprenants.
Le premier décor est une salle de classe. Les élèves – chacun son style : du streetwear pur jus au plus swag en version Ben l’Oncle Soul  –  ont l’air d’avoir appris leur leçon et, disciplinés, se lèvent pour répondre au prof.

Très vite pourtant les bras ont besoin de se dégourdir.
Chaises et tables s’envoient valser et les envolées peuvent prendre toute leur ampleur.

Du terrain de baskets, à la cantine, en passant par la salle d’interro écrite, le rythme ne va alors plus vous lâcher.
Car vos yeux auront rarement vu pareille dextérité manuelle.

Elektro Kif

La simple évocation de Blanca Li assure couleurs, fun et euphorie collective à toute création où son nom apparait. Dernier exemple date avec la chorégraphie orchestrée pour Pedro Almodovar dans Los Amantes pasajeros (I’m so excited).
Avec Elektro Kif, cette fois encore la chorégraphe insuffle inventivité, poésie et décalage dans chaque séquence.

Les références ne manquent pas dans ce cocktail dynamité. Roi Lion, Gumboot (sneakers à la place des bottes) et jeux vidéo sont autant d’éléments d’inspiration, détournés, malaxés à la sauce BL. L’hommage à Michael Jackson confirme ce brio. Ou comment à partir d’une contrainte – des droits musicaux probablement galères à gérer – la chorégraphe tire un solo d’une drôlerie déconcertante.

Et ne cherchez pas de cheveux gominés dans la troupe. Un temps vampirisée par la tecktonik – arrivée aussi soudainement qu’elle a fait pschitt – la danse electro est dans le street style, la performance et le muscle athlétique, zappant au passage toute pose en mode gravure de mode, comme on aurait pu le voir un temps aux abords des Halles.

Les bogosses de Blanca sont des performeurs nés. Il est urgent de les coller au survet.

Elektro Kif

ELEKTRO KIF  

Mise en scène, chorégraphie : Blanca Li
Danseurs : Kevin Bago, Mamadou Bathily, Jérôme Fidelin, Romain Guillermic,
Théophile Landji, Adrien Larrazet, Lenny Louves, Ismaila N’diaye

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JUDITH MAGRE sublime ROSE à La Pépinière Paris

Après avoir porté une Histoire des hommes de Xavier Durringer, Judith Magre nous revient une nouvelle fois seule en scène et lumineuse pour incarner Rose de l’auteur américain Martin Sherman, au Théâtre la Pépinière.

Pourquoi ne pas l’avouer, après tout? Autant on s’est assez vite fait une raison de ne plus voir Michel Bouquet sur scène, autant retrouver Judith Magre sur les planches est à chaque fois une nouvelle audace au jeunisme ambiant.

Mais ne nous y trompons pas, la proposition scénique pourrait en refroidir plus d’un: un monologue, un banc en guise de décor, aucun artifice, ni de vidéo en fond de scène. L’épure est de mise pour une prise directe avec le texte et son interprète.

Et dès les premières secondes, l’oreille reste accrocher à cette voix complice, alors que les yeux ne perdent aucune expression de cette actrice croqueuse de texte de haute volée.

Alors que d’autres à son âge s’entourent d’une troupe pour mieux se cacher, (Line Renaud dans Oscar et Maud) ou jettent leurs yeux dans un livre pour une lecture insipide, (Jeanne Moreau lisant Quartett de Heiner Müller) l’intrépide Judith Magre prend le public à bras le corps pour ne plus le quitter.

Et il fallait une actrice malicieuse de sa trempe pour donner corps à ce personnage dessiné par Martin Sherman.
Jouisseuse de la vie, Rose, traverse les décennies avec une sincérité désarmante. Elle quitte  son village de Russie riche d’un cadre familial fort relevé. « A l’époque, il y avait la couche d’ozone. Si nous l’avions su avant on n’en aurait profité » .  La vie la conduit à Varsovie, les méninges pleins de rêves. Très vite, elle subie de plein fouet les plus terribles heures de l’Europe.
De ces malheurs, Rose tire une force rare. De son périple avec l’Exodus, à la tentative de poser pied en Terre Sainte,  se succèdent de délicieux moments de vie et de désillusions plus anecdotiques que tragiques.

Rose est cette vieille dame malicieuse, vive et aventurière que l’on aimerait connaître.
Ne tardez donc pas à vous laisser charmer.

Rose
Mise en scène : Thierry Harcourt
avec Judith Magre

à La Pépinière Théâtre

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