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Machines à dessiner @ Musée des Arts & Métiers : impressionnant !

Schuiten & Peeters déploient tous leurs talents de conteurs, faiseurs d’images et inventeurs pour créer un parcours original fait d’images fortes, d’objets géniaux inventés par d’autres, de lumière et de sons. Une mise en scène bluffante de pièces maîtresses issues des collections du Musée des Arts et Métiers réunies sous étendard Machines à dessiner jusqu’au 26 mars 2016.

Scaphandre de grande profondeur Musée national de la Marine paris expo Machines à dessiner
Scaphandre de grande profondeur Prêt du musée national de la Marine

L’art du dessin : de l’artiste au visiteur
L’entrée de l’expo se fait par un tête-à-tête incroyable avec un scaphandre – « la Joconde du musée national de la Marine » – digne d’un récit de science-fiction, avec une mise en lumière parfaite. Ce superbe objet n’aura jamais servi.
Les machines sont autant de sources d’inspiration pour les créateurs que d’ingénieux moyens de dessiner. Le dialogue est double et le champ d’exploration aussi enthousiasmant que surprenant.
Schuiten et Peeters documentent en continu leur travail de dessinateur et d’auteur. Et s’amusent à réinventer, voire bouleverser l’expérience muséale. Tout est parti de la visite des réserves de Saint-Denis. Il n’y avait pas de scénario au départ. Le tout est un formidable jeu d’associations et d’adhésion, stimulant l’imaginaire de chacun.
Les visiteurs étant même acteurs de l’exposition en dessinant à leur tour, grâce au crayon remis à l’entrée et en s’inspirant des créations mécaniques qui les entourent.
« Quand on a un objet devant soi, on voyage avec lui, il a une présence. Et on dessine autrement. »

Machines à dessiner exposition Schuiten Peeters Musée des Arts et Métiers Paris photo usofparis blog

Dessin original Cités Obscures François Schuiten expo Machines à dessiner Musée Arts et Métiers Paris

Leçon de scénographie
Après l’invitation au dessinateur Enki Bilal, le Musée des Arts et Métiers est magnifié sous l’inspiration du duo d’auteurs des Cités Obscures. La conception lumière impose une vraie contemplation des objets et des dessins avec des oscillations qui font disparaitre et apparaitre des pièces. Des pièces qui se découvrent parfois pour la première fois aux yeux du grand public. Certaines ont même eu droit à une restauration avant leur présentation.
Les dessins originaux eux ne sont pas encadrés mais présentés sur des tables, le lieu même de leur création.
Bluffant de trouver la table de travail du dessinateur François Schuiten présentée avec papiers à dessin, crayons, porte-mine qui affiche discrètement 40 ans de service, tablette… L’artiste est-il vraiment en pause créative car privé de son outil de travail le temps de l’exposition ? Il semblerait que oui.
Il avoue au passage : »Quand je vois une table à dessin, j’ai tout de suite envie de l’essayer. C’est un objet beau, fascinant, irrésistible« .
Une table à dessin de son mère est aussi présentée dans l’exposition. L’implication de l’artiste pour ce projet est totale.

Table à dessin François Schuiten expo Machines à dessiner Musée des arts et métiers paris

Petit équitorial coudé Observatoire de paris maquette Musée des arts et métiers expo Machines à dessiner
Maquette : petit équitorial coudé de l’observatoire de Paris

Revoir Paris

Le lien de Schuiten et Peeters avec Paris est fort. La station de métro Arts et Métiers, formidable vaisseau sous-terrain, la bande-dessinée Revoir Paris qui a été déclinée en exposition à la Cité de l’Architecture. Les planches du deuxième tome de cette exploration de Paris sous cloche font partie de l’exposition et impressionnent aussi bien par leur taille que la force des détails.

La capitale a aussi droit à une conférence menée par les maitres dans l’amphi du Musée. Un récit haletant sur une jeune femme qui n’a qu’un rêve découvrir cette ville légendaire et préservée comme une espère en voie de disparition.

Machine à dessiner c’est un voyage incomparable dans l’inventivité, un opéra muséal, une révélation.

Machines à dessiner
exposition conçue par François Schuiten et Benoît Peeters

prolongations jusqu’au 26 mars 2017 !

au Musée des Arts et Métiers
60 Rue Réaumur
75003 Paris

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Hergé au Grand Palais : exposition saisissante !

« Je suis avant tout un visuel, un homme d’image. »
Hergé
(entretiens avec Numa Sadoui, 1971)

Peut-on apprécier l’expo Hergé au Grand Palais sans être un fan inconditionnel de Tintin ? On s’est posé la question avant de faire notre entrée dans les Galeries nationales. La réponse est surprenante.

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Hergé côté face

On débute le parcours non pas par le célèbre personnage globe-trotter et son adorable chien, mais par la partie plus méconnue de son créateur.
Ses premières toiles d’abord, aussi bien touchantes que captivantes avec cette pointe de Miro qui déborde ici et là.

Collection privée
Collection privée


Ensuite les œuvres des autres. L’univers de Georges Remi, alias Hergé, était baigné de tableaux et sculptures d’autres artistes, de renom (Poliakoff, Fontana, Wesselmann, Dubuffet, Litchtenstein). Le dessinateur est devenu, à son tour « modèle » ou sujet. Le plus bel exemple étant le double portrait réalisé en 1977 par Andy Warhol. Forcément culte !
Plus rare aussi l’admiration de Salvador Dali. En témoigne ce télégramme psyché non daté.

Studios Hergé
© Studios Hergé


Un peu plus loin dans le parcours, l’on découvrira Hergé illustrateur. Capable de vraies trouvailles visuelles pour affiches et réclames d’un autre temps. Le génie du dessinateur ne peut donc pas être réduit qu’à la seule invention du personnage à houppette mondialement connu.

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collection Studios Hergé
collection © Studios Hergé

Hergé côté pile

L’ombre de Tintin est partout mais elle n’est pas étouffante pour autant. Et puis on peut bien avouer : Hergé, pour nous, c’était plus Quick & Flupke que le genre idéal bien propre sur lui. On a toujours aimé l’espièglerie du duo d’écoliers capables de toutes les facéties. Le globe-trotter, quant à lui, était sans doute trop sage pour nous emballer vraiment. Alors joie : des planches de Quick & Flupke originales en noir et blanc.

Hergé / Moulinsart 2016
© Hergé / Moulinsart 2016


Mais coups de bluffe aussi quand on perçoit les traits de Tintin à travers les nombreux crayonnés présentés, le passage à l’encre et les aquarelles et gouache (bleus de coloriage). Toutes les étapes de la conception de la bande-dessinée sont documentées. 

Collections Studios Hergé
Collections Studios Hergé

Tintin ou la beauté du trait

La ligne claire, dont Hergé était le digne représentant, n’est pas synonyme de simplicité des traits. Bien au contraire, la maîtrise de la composition de la case est absolue. La mise en espace un sans-faute et la réception des mouvements des personnages parfaite pour les lecteurs.

Hergé Moulinsart 2016
© Hergé Moulinsart 2016

« La bande dessinée en l’an 2000 ? Je pense, j’espère qu’elle aura (enfin !) acquis droit de cité… qu’elle sera devenue un moyen d’expression à part entière, comme la littérature ou le cinéma. » (Interview d’Hergé, le 20 janvier 1969).
Sans Tintin et donc sans Hergé, Bilal, Moebius, Sfar et tant d’autres dessinateurs auraient-ils vu le jour artistiquement et auraient-ils été à leur tour célébrer de leur vivant ? Cette reconnaissance était une des préoccupations de l’artiste. Pouvait-il seulement imaginer qu’il battrait des records de vente avec ses planches originales ?

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Spéciale dédicace

Quand on connait un peu l’histoire d’Hergé et surtout quelques détails sur le contrôle de l’image de l’ensemble de l’œuvre du dessinateur, il faut saluer le travail des équipes de la RMN / Grand Palais qui ont pu mener le projet de cette exposition folle à son terme. C’est d’autant plus fou quand on considère que c’est une partie du trésor national belge qui est pour la première présenter à Paris.

Le résultat est tout simplement dense, détaillé, complexe (quand on considère l’étendue de la production de l’artiste), euphorisant.
Et les non-fans de Tintin comme nous vont trouver enfin une très bonne raison de se pencher avec une réelle attention sur ses aventures.

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Hergé
Exposition au Grand Palais, Galeries nationales, Paris

jusqu’au 15 janvier 2017

Hors vacances scolaires : tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 20h et en nocturne jusqu’à 22h le mercredi
Vacances scolaires (du 20 octobre au 2 novembre 2016 et du 18 décembre 2016 au 2 janvier 2017) : Samedi, dimanche, lundi de 10h à 20h
Nocturnes le mercredi, jeudi et vendredi jusqu’à 22h

Fermeture anticipée à 19h le jeudi 29 septembre
Fermetures anticipées à 18h les samedis 24 et 31 décembre

Fermé le mardi
Fermé le 25 décembre

TELECHARGEZ l’appli Hergé !

En bonus la photo bullée 

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Festival de la BD d’Angoulême : MAFALDA « la gamine » impertinente de Quino a 50 ans ! – Une exposition anniversaire

Lors de la 41ème édition du Festival d’Angoulême, l’équipe d’USofParis est allée jeter un œil à l’expo anniversaire des 50 ans de Mafalda pour découvrir les dessins publiés pendant « la sale guerre », la « guerra sucia » dans les années 60 en Argentine.

L’auteur, Quino, n’étant pas présent nous avons interviewé, Fabien Gohier scénographe de l’exposition.

Créé par Quino en 1964 ce personnage de petite fille attachante et curieuse connaîtra un succès aussi durable qu’international en dépit d’une carrière relativement courte, puisque la série n’a été publiée dans la presse argentine que pendant neuf ans.

United States of Paris : Comment est né ce projet d’exposition ?
Fabien Gohier : En voyant l’année dernière l’exposition Walt Disney je me suis dit qu’il fallait garder cet esprit attrayant. J’avais rencontré Benoit Mouchart, ancien directeur artistique du festival, l’idée d’une exposition Mafalda est venue. Stéphane Beaujean a repris la direction artistique du festival. Ensemble nous nous sommes demandés comment on pouvait rendre un hommage à Mafalda, en reprenant les thèmes principaux de la BD et surtout en facilitant la compréhension car dans cette BD, il y a une double lecture. Notre but, était de parler de cette 1ère et 2ème lecture, tout en privilégiant le jeune public !

Qui est cette petite fille, Mafalda ?
C’est la plus adulte de tous les personnages. Elle se pose des questions différentes de ses camarades qui ont des préoccupations beaucoup moins philosophiques. Mafalda est contestataire. Elle veut savoir une vérité qui dérange. Quelquefois les parents restent un peu bouche bée, devant les questions de leurs enfants…

Elle pose des questions importantes comme « Pourquoi il y a la guerre ? »
Le plus intéressant, c’est le fait qu’il y a 50 ans on parlait d’évènements qui sont les mêmes aujourd’hui, les enfants posent le même genre de question à leurs parents.

Dans quel contexte est née Mafalda ?
En 1964, à la base Mafalda était destiné à une campagne de publicité. On a demandé à Quino de créer un personnage, un peu dans l’esprit des Peanuts. La condition était que le prénom devait commencer par « M » ou « A ». Quino, avait entendu le prénom Mafalda dans un film et l’avait trouvé « joyeux ». Il a alors dessiné trois ou quatre histoires qui n’ont pas été retenu, mais au fil du temps, Mafalda est réapparue.

Il y a une histoire très troublée autour de cette petite fille.
En effet, sous la dictature on ne pouvait pas nommer directement les choses, c’est l’idée de la « soupe ». C’est ce qui permettait à Quino de représenter quelque chose que l’on n’a pas envie de manger mais que l’on est obligé de manger, car les parents nous y force toujours. C’est pareil avec la dictature, on vous force à faire quelque chose que vous n’avez pas envie de faire.
Le fait que Mafalda détestait la soupe, c’était pour dire que Quino détestait cette époque de l’Argentine, de la censure, des exécutions, des disparitions, des enlèvements, il a perdu beaucoup d’amis à ce moment là. C’est pour ça qu’il est parti en exil.

Est-ce vraiment une BD à destination des enfants ?
Comme il y a une double lecture les enfants ont pu s’approprier les dessins. Ils sont fins ronds et naïfs. On s’identifie facilement à Mafalda. Sauf que dans le discours en arrière plan l’enfant ne va pas vraiment comprendre. C’est très engagé, très politique, les analyses sont un peu poussées.

Quelles ont été vos difficultés en travaillant pour le festival d’Angoulême ?
Ma première préoccupation c’était de faire quelque chose qui plaise vraiment à Quino. Avec Yvan Giovanunucci, commissaire de l’exposition, on avait envie de présenter des histoires simples. L’important c’est que les enfants puissent profiter de l’expo et s’identifier vraiment au personnage.

La petite Mafalda nous a impressionné par son courage ! Beaucoup de gags sont des évocations cryptées de la situation en Argentine sous la dictature militaire. Le festival lui a offert une belle exposition pour son anniversaire !

Exposition Mafalda, une petite fille de 50 ans

du jeudi 30 janvier au dimanche 2 février 2014 de 10 h/19 h
Espace Franquin, salle Iribe, 1, boulevard Berthelot – Angoulême

By Louis-Clément Mauzé

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Festival de la BD d’Angoulême 2014 : Jacques Tardi « Putain de Guerre », une putain d’expo et une intégrale !

L’exposition majeure et incontournable du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, cette année, c’est Tardi et la Grande guerre. C’est la première fois et sans doute la dernière que l’intégralité des 600 planches (version noir et blanc et version couleur) de l’album Putain de guerre est présentée dans une exposition.

Auteur de BD le plus célèbre de France, Jacques Tardi n’a pas souhaité venir inaugurer son exposition – comme il n’a pas souhaité recevoir la légion d’honneur qui lui a été attribuée en 2013 – ce qui donne quelques indices sur la personnalité de ce grand travailleur, très peu mondain.

Cela fait 40 ans que Tardi travaille sur la guerre de 1914. Un épisode historique qui le hante suite à une histoire familiale douloureuse. Et pour cette exposition il a phosphoré en étroite collaboration avec un ami de longue date, l’historien Jean-Pierre Verney. Le thème du Festival d’Angoulême 2014 est Un regard sur le monde et c’est exactement ce qu’on découvre dans ces planches si travaillées : le regard sans jugement d’un auteur contemporain sur cette sale guerre dont le dernier survivant s’est éteint il y a 4 ans à peine.

Aucune prise de parti, ici. Il ne juge ni les français, ni les allemands. Il dépeint simplement des scènes avec une précision presque clinique. Comme dans Le démon des glaces ou Nestor Burma tout est reproduit avec exactitude ; le fusil utilisé par l’armée australienne, le type d’avion employé dans les bombardements aériens, le nombre de galons des gradés à la table des tribunaux militaires…

Et surtout cette précision n’empêche pas une émotion palpable en se promenant dans les couloirs de cette exposition.

Sur des panneaux de bois, dans la pénombre qui rappelle les baraquements des tranchées on retrouve les dessins classés par date.

En 1914 les minots qui partent la fleur au fusil ; en 1915 les secours qui s’organisent sur le front et l’attente dans cette monstrueuse tranchée ; en 1917 ces petits jeunes qui préfèrent mourir plutôt que d’y retourner.

A la fin du parcours on arrive dans une salle où est reconstitué un cimetière militaire avec des croix blanches. Au mur de grandes planches incitent au recueillement. Mieux qu’une exposition photo, Tardi réveille les consciences et nous entraîne dans un voyage dans le temps mémorable.

Exposition Tardi et la Grande Guerre

du jeudi 30 janvier au dimanche 2 février 2014 de 10 h à 19 h
Site Castro, 121, rue de Bordeaux – Angoulême


Putain de guerre ! 
(intégrale 2014)

avec Jean-Pierre Verney (Casterman)

 

By Hermine Mauzé

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Festival de la BD d’Angoulême 2014: Coups de coeur des libraires – Lydie, La Mondaine, Deadline et L’assassin qu’elle mérite

Lors du 41ème Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, nous sommes allés trainer nos guêtres du côté des éditions Dargaud et Glénat. Loris et Arnaud deux sympathiques vendeurs nous ont donné leurs deux conseils lecture.

Loris libraire chez Dargaud 

« Une petite BD d’ambiance : La Mondaine de Jordi Lafebre et Zidrou raconte l’histoire d’un jeune inspecteur fraichement débarqué à Paris dans la brigade des mœurs. Il découvre les bas fonds de la capitale, ses bars et ses prostitués ! Avec un trait très travaillé cette bd est notre coup de cœur du salon. Il n’y a pas vraiment de fil rouge mais une succession de scènes très réalistes. »

 

« Du même auteur, je vous recommande la BD Lydie. L’histoire d’une jeune femme qui s’appelle Camille et qui perd son bébé à la naissance. Suite à cet accident elle devient un peu cinglée et tout le quartier pour ne pas la perturber fait comme si le bébé existait toujours. Une belle histoire de solidarité très émouvante. »

Arnaud libraire chez Glénat

« Ma préférée c’est la bd Deadline Laurent Frédéric Bollée et du dessinateur Christian Rossi. L’histoire d’un jeune sudiste recueilli par un colporteur qui va assister au massacre de sa famille par des esclaves noirs. Ce jeune homme va être envoyé au front pendant la guerre de sécession et va être chargé de convoyer des prisonniers d’un camp à un autre. Ces chefs ont tracé une ligne au sol que les prisonniers ne doivent pas traverser sous peine d’être fusillés. Malgré le contexte, une jolie histoire d’amitié nait entre un prisonnier et ce garde. »

Un autre conseil, c’est L’assassin qu’elle mérite, de Wilfrid Lupano et Yannick Corboz. L’histoire d’un jeune autrichien sans le sou qui va rencontrer des jeunes de son âge mais issu de la grande bourgeoisie autrichienne. Cette équipe de nantis embarque ce pauvre malheureux dans les lieux de débauche les plus élégants puis lui coupe les vivres. Isolé le jeune homme tombe alors amoureux d’une prostituée, la suite c’est à vous de la découvrir.

Retrouvez très bientôt d’autres articles sur l’actualité du Festival International de Bande Dessiné d’Angoulême, cru 2014, sur le blog

By Louis-Clément et Hermine Mauzé

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WILLEM Exposition de dessins originaux et dédicace du caricaturiste à la Galerie Artitude Paris 15e

 Rendez-vous à la Galerie Artitude du 19 au 31 septembre 2013 !

Le dessinateur satirique Willem, Grand Prix de la ville d’Angoulême 2013, fait l’actu cette rentrée avec une exposition de quelques-uns de ses dessins.
Car sa production d’oeuvres originales est pléthore: en comptant un dessin quotidien pour les pages de Libé, ses projets de livres et ses nombreuses autres collaborations comme Charlie Hebdo…

L’artiste néerlandais définitivement adopté par la France n’en finit pas de dévoiler l’étendue de son imagination.
Ça fait mouche à chaque fois. C’est hilarant, féroce, désespéré et diablement addictif.
Tâtant le pouls aussi bien de la classe politique française que de l’état du monde en déliquescence, son trait à l’encre noir marque les esprits.

Pour preuve, ce dessin que nous partageons avec vous:

A noter que Willem sera en dédicace le jeudi 19 et le samedi 21 septembre de 17h à 21h à la galerie.
Chaque dédicace étant (très) originale, et l’accueil de l’artiste étant à chaque fois chaleureux, le rendez-vous est à graver sur vos tablettes.

Galerie Artitude

4 avenue Paul Déroulède 75015 Paris

Métro : La Motte Picquet Grenelle

Ouverture tous les jours de 10h30 à 19h00

 

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Exposition Mécanhumanimal le dessinateur de BD Enki BILAL investit le Musée des Arts et Métiers à Paris – PROLONGATIONS !!

Mécanhumanimal ou la mécanique des corps.

Alors que l’on pensait Enki Bilal abonné définitivement aux cimaises de la salle des ventes Artcurial, il nous revient avec une exposition boostée autant de poésie, de second degré que d’inventivité.

Après son exposition Les fantômes du Louvre, il confronte à nouveau son imaginaire à la réalité d’objets traversés par l’histoire. Des objets sortis, cette fois, des réserves du Musée des Arts et Métiers, pour un trip en mode anticipation.

Le dessinateur de BD invente un parcours truffé de dessins et de toiles qui ont fait son succès, de détournements et de questionnement autour du corps hybride, des mutations et autres thématiques qui traversent son œuvre depuis des années.

Pour débuter le parcours, un doigt. Celui du dessinateur, de manière métaphorique, et celui de la liberté à laquelle il renvoie. Car cet index est l’oeuvre du sculpteur Auguste Bartholdi, un détail, mais quel détail ! Car il est en rapport à une création devenue mythe: la Statue de la liberté de New York.

Sur les murs, Roméo et Juliette côtoient Nikopol et Jill Bioskop à la chevelure bleue ou encore Julia et Roem, dernier des couples entrés dans la galerie romanesque de Bilal. Autant d’icônes qui affolent les ventes depuis quelques années et qui sidèrent le grand public par leur éclatant graphisme.

Il n’est pourtant pas question que d’amour dans l’œuvre du dessinateur présentée ici ou alors celui-ci a pour contexte guerres, violences urbaines et autre quête utopique d’équilibre planétaire.

En parallèle de la présentation de ses toiles, Bilal crée un dialogue cocasse avec quelques-unes des inventions des siècles précédents. Réinventant un nom ou un usage à chaque pièce exposée, les (re)découvertes participent à nous transporter dans un autre monde. Celui d’un auteur qui saisit avec son crayon la course folle du monde.
Le Turboréacteur ATAR datant de 1951-52 devient ainsi un hibernateur pénitentiaire satellite.
Et nous vous laisserons le soin de découvrir ce qu’est en réalité la machine magnéto-électrique chercheuse de Dieu(x).

Machine magnéto-électrique chercheuse de Dieu(x)

Visionnaire, l’artiste fait l’objet d’une adaptation originale, présentée en exclusivité dans cette exposition. A l’origine de ce projet, l’une de ses inventions aperçue dans la Trilogie Nikopol. Après le Chess Boxing – sport alliant boxe et partie d’échec – créé par le dessinateur et devenu réalité grâce à un groupe d’admirateurs allemands, le groupe Dassault a mis le grappin sur le script-walker.

En fin de parcours, une animation 3D donne tout relief à cet objet design qui n’attend que les prochaines avancées technologiques pour mettre à profit toutes les options inventées par le dessinateur.

L’on ressort de Mécanhumanimal pas forcément plus rassurés sur l’état de la terre, mais certainement plus impressionnés encore par le caractère avant-gardiste et exceptionnel de son œuvre qui ne souffre d’aucune complaisance scénaristique.

Exposition Enki Bilal : Mécanhumanimal 

Prolongations jusqu’au 2 mars 2014

au Musée des Arts et Métiers
60, rue Réaumur
75003 PARIS

Ouvert du mardi au dimanche (inclus) de 10 heures à 18 heures
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h30
Fermé le lundi et le 25 décembre

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Exposition BD Winshluss vs Pinocchio – La fin est proche! à la Galerie Vallois

Alors qu’il se disait dans le milieu de la bande dessinée que le dessinateur Winshluss (Vincent Paronnaud) ne céderait jamais aux offres d’achat des planches originales de l’album qui l’a consacré au grand public, Pinocchio, la Galerie Vallois a semble-t-il trouvé les meilleurs arguments pour faire changer d’avis leur poulain.

En effet, lors de la première exposition du dessinateur à la galerie, il y a 2 ans, aucune pièce de l’album culte n’avait été présentée. Certains chanceux avaient, toutefois, réussi à mettre la main sur une ou deux évocations du petit personnage en bois à la Librairie  Super Héros. C’était à l’époque où l’artiste était encore accessible, un dernier pied dans la création underground, pas très au fait de l’inflation des planches de bd.

Cette fois, vérifiez que votre cœur est bien accroché avant de prendre la route de la rue de Seine, sinon vous risquez une attaque à chaque seconde.
Se découvrent sur les murs de la galerie, les crayonnés de la couverture originale de l’oeuvre bd, prix du meilleur album au Festival d’Angoulême, et quelques-unes es scènes phares de cette histoire réadaptée, transfigurée par le génie d’un artiste enfin reconnu.

Planches au feutre noir, esquisses préparatoires et toiles en couleurs, les pièces exposées enchanteront tout passionné de l’œuvre de Winshluss. Et ils sont nombreux désormais.
Le dessinateur, également réalisateur (en duo avec Marjane Satrapi ou en solo pour l’objet filmique non identifié Villemolle 81) , a l’art d’offrir une oeuvre dense et protéiforme.

Le cynisme est toujours au détour de son trait, comme cette toile parodique détournant les figures magistrales la bande dessinée internationale. Fear offre une image de la dérive du monde avec l’exacerbation de tous ses penchants pervers: Tintin à terre est joyeusement tabassé alors que Captain America est en mauvaise passe.

Plus inattendu pour les fins connaisseurs, cette nouvelle exposition est l’occasion de découvrir l’oeuvre sculptée de l’artiste. Un poing accueillant dans la salle principale, rappelle le film La nuit du chasseur. Il y est inscrit, comme un tatouage, le mot Amour. Souvenez-vous des mains tatouées de Robert Mitchum dans l’oeuvre de Laughton.

La rencontre avec Winshluss ne laisse aucun visiteur indifférent, séduisant au passage les collectionneurs d’art contemporain à la recherche de nouvelles approches artistiques figuratives.

Exposition La fin du monde ?

Jusqu’au 7 avril 2012
Galerie Vallois
38, rue de Seine 75006 PARIS

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John Pham: un Californien sur la butte

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Je vous propose de rencontrer un jeune dessinateur américain, venu de Los Angeles, qui a profité d’une tournée de dédicaces en France pour découvrir Paris. Il est considéré par la critique comme le  fils spirituel du grand dessinateur, Chris Ware.

John Pham a choisi d’emprunter les sentiers parallèles à la découverte de quelques librairies indépendantes, bien de chez nous et d’arpenter les  rues moins fréquentées par les cars de touristes.

Avant sa dédicace chez Bd Spirit, je n’ai pas pu m’empêcher de lui proposer de savourer la plus belle vue sur Paris, depuis les marches du Sacré Cœur.

Son dernier album : Sublife 2
Editions Cambourakis

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Draw me Paris with Rich Tommaso

Quelle idée! Faire dessiner, dans un froid polaire, un artiste américain de passage  Paris! J’avoue que, des fois, j’ai de bien curieuses inspirations. Mais j’avais deux arguments de taille: tourner en lumière du jour et en profiter pour lui faire découvrir la fontaine Niki de Saint Phalle.

C’était donc le premier séjour dans la capitale pour Rich Tommaso, jeune dessinateur de bande dessinée, de retour d’un festival bien connu.
Il m’a consacré un peu de temps, juste avant une séance unique de dédicaces à Paris,  à la Librairie Super Héros.

Le lendemain de ce tournage, il prenait aussitôt son avion pour les States, sans avoir pu profiter de tous les charmes de la capitale. A-t-il eu le temps de visiter la Tour Eiffel? Le suspense est entier.

Rich a promis qu’il reviendrait dans les prochains mois pour deux semaines de visites  intensives. Avant ce retour, je vous conseille la lecture de son dernier « Peter et Miriam ». Une drôle d’évocation de l’amitié entre deux jeunes sur fond de cinéphilie aiguë.

http://richtommaso.com

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