Archives par mot-clé : Cinéma

La mort de Staline : rire d’un monstre et maestria

Attention ! Perle de cinéma et d’humour avec casting de haute volée. La mort de Staline nous dévoile un pan méconnu de l’histoire de cette figure historique russe.
Si on m’avait dit, avant de voir le film, que je rirais avec Staline, je ne l’aurais pas cru.

la mort de staline

La mort de Staline : brillant, drôle et glaçant

Le réalisateur arrive à trouver l’équilibre parfait pour, à la fois, dénoncer la purge communiste absolument dramatique, les jeux de pouvoir au sommet de la nomenklatura et les aberrations de ce régime qui frisent carrément le burlesque.
Chose étonnante à la sortie du film : l’envie de se plonger dans un manuel d’histoire pour vérifier ce qui est vrai, ce qui relève de la caricature ou de l’invention scénaristique.

Le film ne fait pas l’économie de morts. Mais ils ne sont jamais montrés. Il est question de listes de personnes à abattre, d’exécutions et de tortures mais hors-champs.
La mort de Staline fait penser à La vie est belle de Roberto Benigni. Dans un contexte terrible, il est possible de rire, de rire de l’absurdité, de rire du non-sens des hommes de pouvoir.

Casting en or

Steve Buscemi interprète un Khrouchtchev malingre, improbable et manipulateur.
Jeffrey Tambor est un chef de parti adjoint aussi effacé qu’inexpérimenté. Alors que Simon Russell Beale (Beria) est un incroyable stratège capable d’être sur tous les fronts.

la mort de staline
Steve Buscemi, Olga-Kurylenko et Simon Russel Beale

Les addicts de la série Homeland seront tout excités de retrouver Rupert Friend dans le rôle de Vassili, le fils de Staline. Moustachu, classe et complément barré. Il porte bien aussi bien la veste d’officier que le débardeur.

Et une grâce, interprétant une pianiste rebelle et incendiaire : Olga Kurylenko !

la mort de staline

La mort de Staline

de Armando Iannucci

Scénario de David Schneider, Ian Martin et Peter Fellows
d’après le livre de Fabien Nury et Thierry Robin

avec Steve Buscemi, Jeffrey Tambor, Olga Kurylenko, Michael Palin, Simon Russel Beale, Rupert Friend… 

Sortie le 4 avril 2018 

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#Concours : des places pour Don’t Worry, He won’t get far on foot

On vous propose de découvrir le dernier film de Gus Van Sant, Don’t worry, He won’t get far on foot. Le réalisateur américain offre le portrait d’un personnage insensé : le dessinateur John Callahan.
Une histoire lumineuse et pas du tout larmoyante, portée par Joaquin Phoenix.
Notre critique est en ligne !

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Même après avoir failli mourir dans un accident de la route lors d’une nuit de beuverie avec son ami Dexter (Jack Black), John Callahan (Joaquin Phoenix) n’a pas la moindre intention d’arrêter de boire. Il finit pourtant par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne (Rooney Mara) et un mentor charismatique (Jonah Hill), et se découvre alors un don inattendu… Il crée des dessins à l’humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication dans la presse. En dessinant, Callahan découvre une nouvelle manière de voir la vie…
Tiré d’une histoire vraie, ce film poignant, incisif et drôle sur la rédemption, le pardon et le pouvoir de guérison de l’art est adapté de l’autobiographie de John Callahan et réalisé par Gus Van Sant.

Don’t worry, He won’t get far on foot

réalisé par Gus Van Sant
avec Joaquin Phoenix, Jonah Hill, Rooney Mara et Jack Black

Sortie le 4 avril 2018

Plus d’infos sur la page FB officielle du film :
www.facebook.com/dontworry.film

N’hésitez pas à réagir sur Twitter ou Facebook avec #DontWorry 

Don t worry he won t get far on footCONCOURS

Des places à gagner pour Don’t Worry, He won’t get far on foot juste en-dessous !

Le principe est simple : il suffit juste de remplir le formulaire avant le 8 avril 2018.

Après tirage au sort, les gagnants recevront directement leur lot (1 place) par courrier.

Bonnes chances à tous et toutes !

Attention : concours réservé à la France Métropolitaine

Concours Ciné Don't Worry
Sending


Plus de jeux concours

Concours Gratuits

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Blue de Disneynature : l’océan éblouissant ! #cinéma

Le documentaire animalier n’est pas réservé qu’aux enfants. Blue nous émerveille avec ses images à couper le souffle, ses espèces de poissons méconnues et son art de la narration. 3 ans de travail ont été nécessaires pour réaliser ce film.
La sortie de Blue marque les 10 ans de Disneynature qui renouvelle le genre, nous invitant à réagir pour préserver la Terre plus que jamais menacée.

Blue Blue

Un océan-palette de couleurs

Blue est un jeune dauphin qui découvre, tout comme nous, les merveilles de l’océan, ses secrets, l’incroyable créativité de ses occupants pour assurer leur survie.
Keith Scholey, l’un des réalisateurs confie avant la projection événement à Paris : « l’idée est que vous deveniez tous des dauphins pendant 1h20.  🙂  » Et le pari est réussi !

J’avoue que je suis tombé raide amoureux d’une squille multicolore. Elle pourrait être un sujet de film à elle seule tant elle est belle que captivante. Elle a de nombreux atouts dont l’incroyable capacité à distinguer dix fois plus de nuances colorées que nous pauvres humains (jusque dans l’ultra-violet).

La baleine à bosse n’est pas en reste. Massive et gracieuse, elle sera en lutte, dans une scène impressionnante, contre des orques pour sauver son petit.
Reste un poisson sinon irrésistible, tout du moins très intriguant, le poisson perroquet à bosse. Il semble avoir la grimace figé, nageant la bouche ouverte.

Blue
photocall avec Jean-François-Camilleri (Disneynature) et les réalisateurs Keith Scholey et Alastair Fothergill

« Quand on vit sur Terre, on ne voit pas forcément la beauté des océans » Alastair Fothergill

Les images sont saisissantes, une palette de peintres en mouvement constant.

Cette beauté ne doit pas faire oublier la menace qui pèse sur cet écosystème. Pour Jean-François Camilleri, créateur de Disneynature, lors de l’avant-première mondiale du film à Paris : « c’est la beauté qui sauvera le monde !  » Il en a profité pour lancer un appel aux réalisatrices « pas assez nombreuses » et aux jeunes réalisateurs pour participer à cette formidable aventure.

Blue est un film qui crée l’émerveillement tout en participant à la prise de conscience nécessaire pour assurer la pérennité de ces espèces et, par conséquent, de notre monde.

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Blue
film de Keith Scholey et Alastair Fothergill
histoire racontée par Cécile de France
Par Disney Nature

Sortie le 28 mars 2018

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Ready Player One de Spielberg : tout simplement époustouflant

La bande-annonce de Ready Player One pourrait laisser perplexe.
Mais difficile de résister à l’appel du film d’aventure en mode réalité virtuelle de Steven Spielberg. D’autant plus quand il y une inspiration 80’s mixée à un univers de science-fiction.
Enfile ton casque VR pour suivre Parzival, Art3mis, Aeach et en prendre pleins les yeux ! #kiff

Ready Player One est une véritable expérience de cinéma d’une puissance vertigineuse à vivre exclusivement sur grand écran.

En 2045, les humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday.  Juste avant de mourir, il a décidé de léguer son immense fortune (et la gestion de l’OASIS) à quiconque découvrira l’Easter Egg numérique (qu’il a pris soin de dissimuler dans cet univers virtuel). Mais lorsque Wade Watts, qui n’a pas le profil d’un héros, décide de participer à cette chasse au trésor, c’est l’avenir de ce monde numérique qui bascule…

Les Goonies en mode 2.0 

En voyant l’affiche, on a pensé aux Goonies, un film d’aventure avec des ados sorti en 1985. Une association de personnalités distinctes et attachantes mues par le seul dessein d’atteindre un Graal. Ready One Player est son prolongement avec force d’effets spéciaux, de rembondissements et de rythmes effrainés. Le lien étant encore fort, entre les deux films, avec ces références multiples aux 80’s tant en musiques (A-ha…), qu’en flash-back et autres jeux d’époque.
Grâce à Parzival/Wade Watts, on (re)plonge dans la pop culture colorée, audacieuse.

Le film de Spielberg est une odyssée numérique, un vrai conte 2.0 où le réel disparait dans un peu plus de 40 ans d’histoire du jeu vidéo grand public. C’est finalement un monde de tous les possibles grâce à son avatar.

Retour vers le futur, Doom, King Kong, TronCosmocats, Van Halen…  Impossible de citer toutes les références.  Adapté du livre d’Ernest Cline, le scénario tient la route, y compris dans ses excès incroyables.
A travers une réalisation virevoltante et un brio qui lui est propre, Spielberg s’offre une véritable cure de jeunesse – c’est un film de jeune réalisé par un sexagénaire. Au passage, il nous gratifie d’une madeleine de Proust pour trentenaires, quadras et autres.
Les parents peuvent partager leur univers avec leurs bambins.

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Ready Player One est un film pop-corn à voir sans complexe et sans retenue.
On prend un pied d’enfer à lutter aux côtés des héros et de leur avatar numérique avec, malgré tout, deux bémols.
Bémol 1 : une petite longueur dans ce film de 2h20.
Bémol 2 : un manque de musique des 80’s, époque fil rouge du film. De ce point de vue, Les Gardiens de la Galaxie réussit mieux cette fusion de SF et de rétro.

Il est absolument inutile d’attendre pour plonger, toi aussi, dans l’OASIS !

Ready Player One

Un film de Steven Spielberg
Adapté du livre d’Ernest Cline

Avec : Tye Sheridan, Olivia CookeBen Mendelsohn, T. J. Miller, Mark Rylance, Lena WaitheWin Morisaki

Sortie en salle le 28 mars 2018

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Chien de Samuel Benchetrit : Vincent Macaigne poignant

Sujet totalement déroutant : un homme se fait larguer par sa femme d’une beauté folle et froide mais qui a des démangeaisons en sa présence.
Cet homme, Jacques, finit par ne plus être tout à fait un humain.
Chien est un film inclassable qui fait rire au début, puis surprend vraiment. Il peut faire penser, par moment, à un film de Lars Von Trier avec un bon gros lot de coups du sort. Y’a-t-il une rédemption à envisager ?

Chien
Photocall à l’avant-première parisienne

Vincent Macaigne incroyable 

Comme je l’ai tweeté en sortant de l’avant-première : pour jouer un rôle pareil, « il faut avoir une sacrée foi en son metteur en scène. »
Clairement, certaines scènes sont dérangeantes et incarner un homme aussi singulier est digne sinon d’une performance d’acteur, d’une performance artistique où tout le corps est sollicité, mobilisé.
Après tout, que fait Meryl Streep à part se grimer un peu et changer d’accent à chaque nouveau rôle ? Elle a maintenant peu de mérite à recevoir un oscar face à Vincent Macaigne dans Chien.

Chien

Expérience de cinéma

Même si le résumé peut faire sourire, la comédie française n’est pas le genre du film.
Il faut accepter l’expérience : que l’on soit malmené, dérangé par endroit et que cette histoire nous renvoie à nos propres faiblesses, nos incapacités parfois à réagir.
Samuel Benchetrit nous embarque dans une sorte d’objet filmique surréaliste, un conte d’un genre totalement inhabituel au cinéma.
Il y a de l’insoutenable parfois. Mais on est capable d’encaisser.

Conseil : ne surtout pas hésiter à voir le film accompagné. Il y a forcément débat, interrogation à la sortie de la salle.
C’est un vrai argument pour aller au cinéma, beaucoup de films sont vite vus et vite oubliés. Ce ne sera pas le cas de Chien.

Chien

CHIEN
Un film de Samuel Benchetrit
Scénario : Samuel Benchetrit et Gabor Rassov
adapation et dialogues : Samuel Benchetrit
avec : Vincent Macaigne, Vanessa Paradis, Bouli Lanners

Sortie en salle : le 14 mars 2018

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Leçon de cinéma de Robin Campillo @ Festival cinéma Télérama

Le Festival cinéma Télérama a clos son édition 2018, ce lundi soir, au cinéma Luminor à Paris. Parmi les films présentés en salles, les cinéphiles ont désigné leur Prix des festivaliers : 120 battements par minute de Robin Campillo.
Le réalisateur était l’invité de cette ultime soirée pour une rencontre avec le public, en forme de masterclass et la projection surprise de son film fétiche : Providence d’Alain Resnais.

Après les César 2018 et 6 trophées pour son film, Robin Campillo semble apaisé de pouvoir refermer ce cycle de plus de 30 ans d’images.
« Maintenant, je mets un verrou sur ce film. Je vais passer à autre chose. »

Robin Campillo
Un ton particulier qui sera celui de cette heure en forme de leçon de cinéma autour de ses trois réalisations : Les Revenants (2004), Eastern Boys (2013) et 120 Battements par minute (2017). On a senti de la franchise et surtout beaucoup de chaleur et de passion lors de cet échange.
Rappelons que Robin Campillo est aussi monteur et scénariste pour d’autres artistes.

Le cinéma dans le sang

Les années SIDA, fin des années 80, sont le marqueur du cinéma de Robin Campillo.
L’épidémie « m’a paralysé pour tout : l’amour, le sexe, le cinéma, la création. » Les notions de mort, du deuil et du retour à la vie sont la base de son travail personnel.
D’ailleurs, il estime que le SIDA ait changé l’écriture des films, la façon de raconter des histoires. « Dans les films de la Nouvelle Vague, il n’y a pas de maladie. Le seul film qui évoque le sujet [le cancer] durant 2 heures c’est Cléo de 5 à 7« .

« L’idée du film Les Revenants m’est venue avec l’arrivée des trithérapies. On a dit aux gens : « Maintenant que vous allez mieux, il faut retourner au travail. » Mais, ils n’allaient pas forcément mieux. » Avec un sous-texte : comment intégrer des gens qui reviennent à la vie ? Qui ont des droits à un travail, par exemple, mais que la société ne veut pas vraiment accepter.

Et pour ceux qui se posent la question : oui la série de Canal + Les Revenants est bien adaptée de son film. « Je n’ai pas souhaité travailler sur le scénario de la série. Je ne voulais pas passer pour un gardien du temple. J’avais déjà tourné la page de ce film. »

On a pu voir que Robin était radical, une fois la vie d’un film terminée, il n’aime pas y retourner. Il faut avancer.

« Ça m’emmerde le 35 mm ! »

« Je m’engueule parfois avec des amis réalisateurs sur le retour à des tournages en 35 mm,  en pellicule « . Le numérique libère de certaines contraintes. « Le problème de la pellicule, c’est que ça coûte cher. Alors vous avez toujours un compteur dans la tête quand vous tournez. »

« Le numérique ça permet aussi de laisser respirer les acteurs, de faire des prises longues. Quand vous faites une prise de 15 min, au bout d’un moment, les techniciens font partie de la prise, les acteurs peuvent les oublier. »
« Quand un acteur se plante, ça permet de reprendre une scène sans couper, de replacer les acteurs dans la continuité du jeu, de leur donner un conseil en plus pour jouer. »

Le tournage en numérique est ce qui donne le souffle de la mise en scène dans Eastern Boys.

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Les séquences dans l’appartement ont été tournées dans l’appartement du réalisateur « C‘était plus simple pour les repérages et le budget » dit-il en apostrophant sa productrice.
Toute cette partie du film dure 25 minutes à l’écran. Un vrai ballet qu’il a fallu coordonner. Et en pellicule, impossible d’y arriver.

« Avec mon assistante, on avait fait un plan de l’appartement et dessus on y a placé des Playmobil. Durant deux jours de préparation, on a simulé pleins de mouvements de caméra. Mais une fois sur le tournage, on s’est rendu compte que ça n’avait servi à rien. »
Au cours des deux jours de tournage (très court pour 25 minutes de film), Robin Campillo se posait toujours la question de la justesse de ses choix. Alors « le soir, je demandais à plein de gens de regarder les rushs du jour pour savoir si c’était bien, car je n’arrivais pas à savoir ».

120 BPM : la synthèse d’un univers créatif

Robin Campillo est un réalisateur-monteur qui pense donc montage tout en écrivant.
« J’avais prévu les transitions entre les scènes lors de l’écriture mais je n’avais pas prévu que la stroboscopie prendrait autant de place. »
Normal, il s’inspire du tournage pour façonner le film, notamment lors des scènes en boite de nuit.
« Il y a un côté angoissant, un peu morbide, à voirles gens qui dansent apparaître et disparaître grâce à la lumière. » Alors, il en a joué pour accentuer le rythme du film.

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La symbolique de ces scènes importantes : « Je voulais y montrer le plaisir ambigüe d’être ensemble mais finalement les personnages se retrouvent seuls face à eux-mêmes. »
La façon de les réaliser l’est tout autant.

« Toutes les scènes de boite ont été tournées en même temps dans le même espace.  Il y avait deux cameras, décalées, sur un travelling circulaire. On changeait juste les costumes suivant les scènes.
On a tourné ces scènes en musique et il y a toujours un peu de son d’ambiance dans le montage.
C’est plus juste et plus vrai ! « 

120 battements par minute

On comprend alors mieux comment le sentiment de vie et d’urgence transparait au travers de ce film. Elles sont l’exutoire de ces jeunes gens qui luttent, pour eux et pour leurs amis.

La page de 120 Battements par minute est désormais belle et bien tournée pour son réalisateur.
Il aurait un scénario de science-fiction sous le coude… Mais rien de définitif.

 

Le Festival cinéma Télérama s’est déroulé en partenariat avec BNP Paribas.

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Speakeasy au Palais des Glaces : la Cie The Rat Pack impose son style !

La Compagnie Rat The Pack nous embarque dans un spectacle hybride qui allie arts du cirque, chorégraphies, références cinématographes et bande-originale hip-hop. Speakeasy en envoie et ne laisse aucun répit aux spectateurs pris par le rythme des musiques de Chinese Man.
Reprise pour cause de succès au Palais des Glaces du 1er juin au 1er septembre.

Speakeasy

Un mafieux et son garde du corps, une pin’up glam à mort, une jolie poupée version Betty Boop, un barman fou et un électron libre, un brin anarchiste. Le cadre film noir US des années 30 – avec quelques variantes – est planté.

Les hommes portent fier chemise blanche, pantalon, veste et gilet. Ces dames sont élégantes à souhait. On imagine les contraintes que ça peuvent engendrer ces habits de scène pour leurs mouvements. Mais rien n’y paraît.
La Cie The Rat Pack joue la carte de la putain de classe pour assurer son show.

Voltiges, portées à grands renforts de muscles, mat : les numéros sont prenants et ne souffrent pas de longueurs. On va à l’essentiel.
Le jeu de balancier entre la gracieuse voltigeuse (Clara Huet) et le garde du corps, (Guillaume Juncar) qui la retient de tout le poids de son corps avec une agilité déconcertante est bluffant.
Rivalités et complot se traduisent par des bagarres derrière le bar et autres cascades relevées sur la piste.

Speakesasy est un savant mélange de force, de technique, d’action et d’humour. Les membres de la compagnie ont un talent fou.
Il manque sans doute le numéro qui nous clouerait vraiment à nos sièges. Mais la soirée n’en est pas moins savoureuse, d’autant plus dans cet écrin magique qu’est le Cabaret Sauvage.

Speakeasy

Speakeasy

par la Cie The Rat Pack
Mis en scène : Régis Truchy
Avec Vincent Maggioni, Andréa Catozzi, Clara Huet, Ann-Katrin Jornot, Xavier Lavabre, Guillaume Juncar
musique originale : Chinese Man
du 1er juin au 1er septembre 2018
au Palais des Glaces
37 Rue du Faubourg du Temple
75010 Paris
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La nuit a dévoré le monde : sublime et silence

Avec La nuit a dévoré le monde, le réalisateur Dominique Rocher nous embarque dans une épopée solitaire, « le journal intime d’un naufragé » comme il aime à le décrire.
Sam, un jeune homme artiste et mystérieux, se réveille seul dans un grand appartement.
Adaptation du livre de Martin Page, le film est un vrai délice de fantastique, bien loin des excès d’hémoglobine made in USA.

Zombies, petits tracas et autres avantages

Un groupe de zombies, c’est salissant avec le sang qu’ils répandent mais ça règle un gros problème à Paris : le logement.
En faisant disparaître une grande partie des Parisiens.nes, les zombies permettent l’impensable : avoir l’appartement de ses rêves, à moindre frais.
Autre avantage, les distractions sont moins nombreuses, les possibilités de sortie quasi inexistantes, les zombies grattant à la porte. Pas d’autre choix qu’un recentrement sur soi et apprécier enfin la culture du DIY (do it yourself). Bien obligé de s’adapter à un monde extérieur quelque peu hostile.

La nuit a dévoré le monde

Une révélation nommée Anders Danielsen Lie

Et finalement c’est la vie de Sam. Il n’était visiblement pas doué pour la communication, l’échange avec l’autre. Se retrouvant tout seul, il doit chercher un sens à sa nouvelle vie. Il part à la découverte d’un immeuble entier qui lui est étranger, en fait son terrain de jeu. Les surprises ne manquent pas de piquant ou de poésie.
Mais la menace est toujours présente, les zombies rôdent et son voraces.
La performance du comédien danois Anders Danielsen Lie est assez bluffante. Son rôle est muet mais c’est tout son corps qui parle.

La nuit a dévoré le monde est un film surprenant qui nous fait renouer avec la culture du genre made in France.
C’est redécouvrir la ville, Paris calmée, Paris vidée de ses Parisiens, Paris sublimée.
Une belle pépite est aussi à trouver dans ce film : la comédienne Golshifteh Farahani.

La nuit a dévoré le monde

Martin Page à la Cinexpérience

Leçon d’un auteur adapté

Lors d’une avant-première, Martin Page a donné une leçon à tous les auteurs qui ont la chance que l’une de leur œuvre soit adaptée au cinéma :
«  L’important c’est l’appropriation. Il n’y a donc pas de trahison.
C’est pour ça que je ne comprends pas Stephen King qui s’est senti trahi avec Shining réalisé par Stanley Kubrick »
Pour l’auteur, le film a sa propre vie et chacun, chacune est libre de retrouver à l’œuvre d’origine, en l’occurrence le livre.

Bonus : la plupart des zombies sont des danseurs. Un chorégraphe a travaillé sur la gestuelle et les corps.
Avantage d’un film avec peu de dialogue et la présence d’un acteur bilingue : pouvoir tourner les scènes en anglais pour la version internationale !

La nuit a dévoré le monde

La nuit a dévoré le monde
un film de Dominique Rocher
Scénario, adaptation, dialogues : Guillaume Lemans, Jérémie Guez, Dominique Rocher
adapté du roman de Martin Page alias Pit Agarmen
avec : Anders Danielsen Lie, Goshifteh Farahani, Denis Lavant, Sigrid Bouaziz

 

sortie en salle le 7 mars 2018 

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Hostiles : rédemption dans les grands espaces #cinéma

Un western en 2018 : pari plutôt osé !
Alors Hostiles doit être un film plutôt osé, brut et novateur pour pouvoir séduire et conquérir les écrans et les spectateurs.

Avec Christian Bale dans le rôle principal et dans un film en costumes sur l’histoire, un peu honteuse, des USA, ça fait « badoum badoum » dans mon petit cœur de cinéphile.
Mais, malgré tout, trotte dans ma tête la phrase d’un prof de ciné à la fac : « Impitoyable est le film qui marque le crépuscule du western« …

Hostiles

États-Unis en 1892, à la frontière du Far West au Fort Berringer, le capitaine de cavalerie Joe Blocker (Christian Bale), ancien héros de guerre attend sa fin de carrière en ressassant le passé.
Jusqu’au jour où le Président Harrison émet un ordre spécial. Mourant, le chef indien Yellow Hawk (Wes Studi) des Cheyennes du Nord, prisonnier du fort, doit être escorté jusqu’à ses lointaines terres ancestrales afin qu’il puisse y passer ses derniers jours.
C’est le capitaine Blocker, qui a capturé le chef indien sept ans auparavant, qui est choisi pour diriger cette équipée à travers 1 500 km de plaines et de montagnes.
Dernière mission avant sa retraite.

Hostiles

Hostiles : un petit peu, en effet

Après la séquence d’introduction très violente et très brute, je me dis que le film va donner une nouvelle vision des rapports guerriers entre Amérindiens et Américains. Comme une pierre à l’édifice de l’Histoire.

Le premier dialogue entre Blocker et Wilks (Bill Camp) laisse transparaître de profondes blessures. Celles de militaires survivants façonnés par la souffrance, la violence et la mort. Celle de leurs amis et camarades. Mais aussi celle infligée à l’ennemi, les indiens décrits comme les pires barbares, que Blocker et Wilks sont capables de tuer avec la même sauvagerie qu’ils leurs reprochent.

Hostiles
Alors, oui la base est bien là pour mettre à plat l’un des plus grands massacres d’êtres humains, de jauger si les tords sont unilatéraux ou partagés…

En fait non, j’ai vu trop grand.
Ce film est simplement une histoire d’hommes, de rédemption avant la mort ou la retraite.
On suit (trop) facilement la convergence des deux ennemis d’antan Blocker et Yellow Hawk. Un rapprochement qui se conclue pour éviter une mort trop proche.
C’est sans oublier Rosalie Quaid (Rosamund Pike), secourue en chemin par Blocker, qui est le catalyseur de cette remise en question des deux hommes.

Hostiles

Un scénario trop simple…

… pour un film pourtant parfait sur tout le reste.
Les plans larges sont superbes, les costumes façonnent parfaitement les personnages et donnent de la véracité au contexte historique. Les acteurs sont justes. Et il faudra avoir l’oreille aiguisée pour saisir, en VOST, tous les dialogues souvent marmonnés avec des accents prononcés.
L’ajout d’échanges en langue cheyenne entre le capitaine Blocker et ses prisonniers renforce encore plus l’immersion historique.

Hostiles

Hostiles n’est pas un mauvais film

Son plus gros défaut : la structure du scénario. Elle est basique et cyclique.
Sans trop divulguer l’histoire, à chaque arrêt de la caravane, un élément bouleverse la progression. Et, au fur et à mesure de l’avancée du film, le futur des personnages se devine aisément. Aucune surprise dans la trame.

Pourtant, j’étais ravi de découvrir dans cette escorte autant de personnages secondaires, avec du potentiel scénaristique et empathique. J’aurais adoré connaitre plus de la vie des coéquipiers de Blocker.
Notamment celle du soldat Desjardin (Thimothée Chalamet nommé aux Oscars 2018 pour son rôle dans Call me by your name). Mais ce rôle est vite éclipsé sans savoir comment ni pourquoi ce soldat franco-américain se retrouve à combattre dans cette armée.

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De quoi faire un grand film

Car oui, toutes les bases sont réunies pour que Hostiles soit un très bon western : les images, les personnages,  les costumes et l’interprétation.
Mais les facilités scénaristiques réduisent donc ce film une histoire basique de rédemption, pas inintéressante et qui traine un peu trop en longueur.

Alors peut-être que Philippe Ortoli, mon prof de fac n’avait pas tout à fait  tort…

Hostiles

Hostiles

Un film de Scott Cooper
Scénario :
Scott Cooper et Donald E. Stewart

Avec : Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi, Bill Camp, Jonathan Majors, Timothée Chalamet, John Benjamin Hickey, Stephen Lang

Sortie en salle le 14 mars 2018

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Don’t Worry de Gus Van Sant : vibrant et profondément juste

Avec Don’t Worry, He won’t get far on foot, Gus Van Sant offre le portrait d’un personnage insensé : John Callahan.
Ce dessinateur américain a trouvé la pleine inspiration après un tragique accident de voiture, causé par un penchant pour l’alcool démesuré.
Une histoire lumineuse et pas du tout larmoyante, portée par Joaquin Phoenix.

Gus Van Sant
Gus Van Sant à l’avant-première parisienne

« Si tu n’es pas sensible, tu n’es pas sublime » Voltaire

L’histoire d’un dessinateur tétraplégique, fonçant avec son fauteuil roulant dans les rues de Portland, alcoolique et qui vit avec une souris ? Oui, sur le papier ce n’est pas le scénario de rêve ! On serait plus tenté par un Marvel, même moyen, pour nous faire oublier notre quotidien.

Pourtant, le film de Gus Van Sant exerce une fascinante attraction continue sur le spectateur, encore faut-il qu’il soit un minimum doué de sensibilité.

John est un mec qui a eu sa bonne dose de loose et pourtant il est loin de céder à la déprime. Il en a fait même une force et s’est révélé doué pour le dessin et l’humour corrosif.

Don t worry

Joaquin, John et les autres

Joaquin, en vrai caméléon de cinéma, se retrouve cette fois cloué dans un fauteuil. Est-ce que le film devient pesant pour autant ? Pas du tout, on s’amuse de ses emmerdes, on s’intéresse à ses errements, on se passionne pour ses nouvelles rencontres.
Et bonheur, il ne pleure pas toutes les 5 minutes et surtout quand il commence à se plaindre, un groupe d’incorruptibles est là pour lui rappeler l’essentiel.

Aux côté de Joachim, Jonah Hill est absolument insensé en gourou oisif, à la tête d’un petit cercle d’addicts à l’alcool repentis. Sa blondeur est presque indécente, sa répartie parfois agaçante mais il nous amuse et nous émeut.
Scène culte : quand il dense en mini-short dans son appart.

Jack Black a l’occasion de montrer de belle facette de son jeu. On ne le croyait pas capable de retenue. Il est excellent !

Et surprise : Beth Ditto en guest, avec grosses lunettes, le plus souvent avachie dans un fauteuil et sans artifice.
Une apparition assez incroyable qui mérite un total respect.

Don’t worry rend modeste, nos petits tracas se prennent vite un mur quand on découvre la capacité inouïe de John de palier à son handicap.

Don t worry

Don’t worry, He won’t get far on foot 
de Gus Van Sant
avec Joaquin Phoenix, Jonah Hill, Rooney Mara, Jack Black, Beth Ditto

Sortie le 4 avril 2018

Film présenté au festival de Sundance 2018 et à la Berlinale 2018

Bonus : le film sort en exclu mondiale en France. Les Américains devront attendre un mois.

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