Archives par mot-clé : cirque

The Pianist au 13ème Art : Thomas Monckton haletant et virtuose !

Un récital de piano totalement improbable au 13ème Art ! The Pianist offre une performance décoiffante autour et avec un piano à queue. Un spectacle court, physique et poétique. 

The Pianist

The Pianist : condensé d’humour et d’action 

Gags à répétition, maladresse, étourderies, catastrophes sont quelques-uns des ingrédients qui font rire petits et grands. 

Mais Thomas Monckton est capable aussi de contorsions clownesques, voire cartoonesques tant son corps est agile. Le Néo-zélandais est un vrai performeur, un circassien. Son interprétation est physique, millimétrée. 

On imagine difficilement le nombre d’heures de répétition, de petits ajustements pour arriver à ce point de perfection. 

The Pianist nous tient en haleine d’un bout à l’autre de la soirée. Dans quelle mesure l’artiste réussira-t-il à jouer de son instrument ? 

La réponse est sur scène jusqu’au 12 novembre.

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The Pianist

The Pianist 

Avec : Thomas Monckton
Compagnie : Circo Aereo

du mercredi au samedi à 19h
matinées le samedi à 14h le dimanche à 17h 

Le 13ème Art
Place d’Italie
30 avenue d’Italie
75013 Paris 

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Cirkopolis du Cirque Éloize : absolument merveilleux !

Venue étrenner le tout nouveau Théâtre Le 13ème Art, la compagnie québécoise du Cirque Éloize se révèle à nous avec un spectacle au rayonnement inédit. En mêlant danse, arts du cirque, technologie et théâtre, Cirkopolis nous entraîne avec frénésie dans un tourbillon enchanteur dont nous sortons complètement éblouis… Vous l’aurez probablement compris, nous avons adoré !

Le rideau s’ouvre sur un homme, assis à son bureau, avec en toile de fond des impressions 3D de gratte-ciels mornes et tristes. Cet homme sera le fil conducteur du spectacle inspiré du film Metropolis. S’anime alors autour de lui, tel un ballet administratif, une kyrielle de collègues austères, vêtus de gris.

Le rythme cadencé qu’impose une vie routinière dénuée de sens semble se gripper… Les personnages vont alors majestueusement fissurer le carcan dans lequel ils s’étaient eux-même enfermés.

Cirkopolis

Cirkopolis

Un hymne à la vie

À partir du moment où l’impulsion libératrice est enclenchée, nous assistons à un épanouissement de l’âme qui passera par la révélation et l’exaltation du corps dont l’expression va aller en s’amplifiant pour notre plus grand bonheur !

Place à de l’électro-swing pour le premier tableau qui nous subjugue d’emblée. Sans répit, les numéros se suivent et ne se ressemblent pas. Toute la magie est là, nous sommes toujours bluffés !

Cirkopolis

À l’énergie salvatrice d’un tableau va se succéder un numéro poétique et sensible. Ainsi, l’émotion se mêle à la prouesse artistique et c’est ici tout le caractère singulier du spectacle. Par la roue allemande, le mât chinois, le diabolo, la roue Cyr ou la corde lisse, nous explorons la solitude, l’évasion, la folie mais aussi l’amour.

Les artistes qui œuvrent sur scène sont solaires, radieux et aériens. Ils délivrent une beauté et un optimisme sans faille. La musique et les projections vidéos affirment le côté contemporain et innovant de l’ensemble. Un souffle nouveau nous traverse. Il nous redonne le sourire et il serait dommage de passer à côté !

Un plaisir à partager en famille sans hésitation ! Au sortir du spectacle, je fus très amusé de constater que j’avais la même bouche bée que mon voisin de 6 ans. En nous regardant, nous avons pu mutuellement contempler les étoiles qui brillaient dans nos yeux…

C’était magique 🙂

By Jean-Philippe

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Cirkopolis

Cirkopolis

par la compagnie du Cirque Éloize

Auteur : Jeannot Painchaud
Metteurs en Scène : Jeannot Painchaud et Dave St-Pierre

Jusqu’au 29 octobre 2017

Du mardi au samedi à 21h
matinée : le mercredi et samedi à 16h,
le dimanche à 15h

Théâtre Le 13ème Art
Centre commercial Italie 2
Avenue d’Italie
75013 Paris

Tél. : 01 53 31 13 13

Site du spectacle : cirkopolis

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L’homme cirque aux Nuits de Fourvière : David Dimitri incroyable !

En ce premier week-end de juillet, le village cirque guinguette des Nuits de Fourvière est officiellement lancé au sein du Domaine Lacroix-Laval. Malgré un temps mitigé et quelques averses, les familles sont venues nombreuses. Les enfants sont occupés aux différents ateliers cirque proposés en partenariat avec la MJC Ménival (Lyon 5ème) et l’École de Cirque de Lyon : ruban, trapèze volant, jeux d’acrobaties et d’équilibre. Certains adultes semblent même regarder leurs bambins avec envie, se voyant volontiers prendre leur place. Une petite fille aux cheveux blonds de 3-4 ans fait l’admiration du public, n’hésitant pas à s’accrocher par les pieds au trapèze. Elle vole avec une facilité déconcertante, peut-être une future vocation. On peut facilement se laisser aller à se rêver en artiste de cirque faisant écho à la fameuse chanson « J’aurais voulu être un artiste… »

Ce village placé au milieu du parc vallonné de Lacroix Laval nous emmène hors du temps, dans une ambiance de saltimbanque. A cette occasion, deux chapiteaux ont été dressés, le Cirque des Nuits qui accueille le spectacle des acrobates de Simple Space et celui de L’Homme Cirque de David Dimitri, que les spectateurs pourront découvrir tout au long du mois de juillet. Des bals, apéritifs musicaux et projections de films sont aussi au programme.

Nous apercevons alors David Dimitri se diriger discrètement vers son camion, un poids lourd imposant siglé « David Dimitri, L’Homme Cirque ». Le temps des roulottes est bien révolu, nous rappelant que ces spectacles nécessitent des moyens matériels et une logistique importante.

Il est maintenant 20h15, nous sommes invités découvrir l’univers de L’Homme Cirque. L’ambiance est intimiste. Je suis ravie de la proximité que nous allons avoir avec l’artiste. Des objets comme un cheval d’arçon roulant avec sa tête surmontée d’une crinière de laine, un accordéon, un tapis roulant recouvert d’un tissu rouge, disposés sur la piste nous donnent des indications sur l’univers de l’artiste, situé entre modernité et tradition.

Je suis impatience de le découvrir cet Homme Cirque, comme sorti d’un cabinet de curiosités, mi-homme mi-animal de cirque, sorte d’hybride, capable de tenir son public en haleine, seul en scène, pendant plus d’une heure. Son spectacle est hallucinant mais n’est rien dû au hasard. David Dimitri est, en effet, le fils du célèbre clown Dimitri et a évolué dans l’univers du cirque depuis son plus jeune âge. Il sait que les arts du cirque requièrent une grande exigence. Son CV est impressionnant : il se forme à l’École du Cirque de Budapest, à la Juilliard School de New York puis intègre ensuite les célèbres Cirque Knie, Cirque du Soleil et Metropolitan Opera House.

Il est 20h35, le fameux Homme Cirque se présente à nous. La cinquantaine, de taille moyenne, son corps fin donnerait presque une impression de fragilité mais celle-ci est trompeuse. Un large sourire éclaire son visage. Il change de chaussures et nous embarque dans un numéro clownesque sur le tapis roulant. Le public commence à rire. Puis, le voilà parti à exécuter quelques acrobaties comme s’il avait des ressorts sous les pieds.

Vient ensuite un numéro à la fois poétique et drôle avec le cheval d’Arçon. Il fait venir un garçon sur scène qui fait semblant de donner à manger à l’animal. Il joue aussi de l’accordéon, nous emmenant ainsi dans une autre époque. Il ne parle pas, son corps et son visage suffisent à exprimer ses émotions et à les transmettre au public.

David Dimitri n’a aucune aide extérieure pour le son et les lumières. Il gère cela tout seul grâce à un petit boitier en bois vers lequel il fait fréquemment des allers et venues. Il n’y a pas de jeux de lumière spectaculaires mais l’essence de son spectacle n’est pas là. L’Homme Cirque préfère la simplicité et la proximité avec le public.

Le voici désormais suspendu sur un fil. Il enchaîne pirouettes, saltos, danse avec une facilité déconcertante, tout en jouant de la trompette ou de l’accordéon. Avec une malice non dissimulée, il fait même semblant d’échouer sur une acrobatie et recommence son numéro devant un public déjà conquis par ce personnage attachant.

Il est maintenant 21h20, nous le voyons découvrir et placer le fameux canon sur la piste, drôle d’engin métallique avec des roues en bois. Notre Homme Cirque est aussi un sacré bricoleur. Nous sommes impatients de voir ce numéro spectaculaire. On se demande comment il va s’y prendre.

Le voici désormais en haut du chapiteau, il ouvre une petite fenêtre découpée dans la toile, par laquelle il souhaite s’engouffrer et nous fait signe de sortir. Chacun a hâte de voir ce qu’il nous a réservé. Nous l’apercevons alors suspendu sur un fil à environ 20 mètres au-dessus du sol, sans aucune protection. Il avance confiant et précis, simplement aidé par une longue barre horizontale. Tout le monde retient son souffle. Ouf, le voici arrivé de l’autre côté, les applaudissements retentissent dans le parc. David Dimitri descend l’échelle rapidement avec une grande aisance puis nous salue tout en se dirigeant vers son chapiteau. C’est un homme discret qui ne s’attarde pas avec des saluts interminables. Il a déjà ouvert la porte de son chapiteau, nous salue une dernière fois et disparaît.

by Émilie Jacquemier

L’homme cirque

spectacle sous chapiteau de et avec David Dimitri

au Domaine de Lacroix-Laval

jusqu’au 23 juillet 2017

dans le cadre des Nuits de Fourvière

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L’homme cirque aux Nuits de Fourvière : coup de cœur #concours inside

Les Nuits de Fourvière battent leur plein depuis que Lamomali de -M- et Arcade Fire ont ouvert le festival début juin. La programmation folle nous réserve des moments intenses, physiques et poétiques du côté du Domaine de Lacroix-Laval. L’homme cirque de David Dimitri est notre coup de cœur 2017. Voici les 4 raisons !

L'homme cirqueNous n’avons jamais vu de numéro d’homme-canon. C’est un numéro de cirque incontournable mais plutôt rare de nos jours. L’impatience est grande ! 

David Dimiti est multi-talents. Il n’a pas qu’une seule discipline à son actif. Il joue de la trompette, de l’accordéon, est capable de contorsions incroyables, de marcher sur un fil et de s’envoyer dans les airs.

David D a foulé les scènes du monde entier, en collaborant avec le Cirque du Soleil, le Metropolitan Opera House de New York, le cirque Knie. Des preuves évidentes de ses talents. 

L’homme cirque se produit au Domaine de Lacroix-Laval. C’est un cadre à la fois vert, de détente, éloigné des bruits de la ville. Un petit havre de paix, pas si loin non plus, qui surtout permet de poursuivre la soirée après le spectacle.

#CONCOURS Nuits de Fourvière

Nous vous faisons gagner des invitations pour notre coup de cœur Nuits de Fourrière 2017. Venez avec nous découvrir L’homme cirque le samedi 1er juillet à 20h30.

Pour participer il suffit d’être disponible le jour J, d’être dans la région et de remplir le formulaire juste en-dessous.

L’homme cirque de David Dimitri
spectacle sous chapiteau

du 1er au 19 juillet 2017 à 20h30
tous les jours sauf le lundi

au Domaine de Lacroix-Laval
Route de Sain-Bel
69280 Marcy-L’Étoile

dans le cadre des Nuits de Fourvière – Lyon

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Courteline à Avignon Off 2017 : extravagant et jubilatoire !

Laisser s’exprimer quatre pièces de Georges Courteline dans la coulisse d’un cirque des années 1920 semble être quelque peu insolite. Telle est la gageure de Mikaël Fasulo qui transporte la compagnie Kapo Komica dans une mise en scène fantasque pleine de charme ! A retrouver à Avignon Off en juillet.

photo Chris Noë

Le talent de Courteline est issu de sa faculté à contempler le monde qui l’entoure. L’observation avisée dont il fait preuve dans ses expériences professionnelles, militaires, d’habitué des cafés mais aussi lors de ses promenades solitaires dans Paris, va être pour lui une source intarissable d’inspiration.

Il dépeint la condition humaine de façon assez caustique mais toujours d’une manière cocasse. Les personnages satiriques de ses pamphlets sont finalement attachants dans leurs imperfections. Tout le secret de Courteline est là : « Dépeindre les moeurs en riant » .

Mikaël Fasulo a décidé d’adapter les personnages des saynètes en artistes de cirque. Son but est de mettre en valeur la mécanique humoristique de l’écrivain. Le côté burlesque des situations se doit d’être intense en émotions et de se trouver dans un endroit frôlant l’absurde. La mise en scène choisie permet donc au spectateur d’admirer le côté réel et creux des personnages en coulisse en contraste total avec l’image qu’ils souhaitent refléter une fois passé à la lumière lorsqu’ils sont dans la représentation.

photo Chris Noë

Le décor est soigné, riche. Les effets de scène sont très réussis (notamment la frontière coulisse-lumière) permettant une immersion totale dans l’univers si magique du cirque.

Le jeu des comédiens est tout simplement excellent ! Nous ressentons bien leur complicité et surtout le plaisir qu’ils expriment – ils sont complètement déjantés sur scène ! Ils vivent avec passion et précision des personnages hauts en couleur dont nous nous délectons.
Mention spéciale pour la bande-son jouée en live par Blou-B.O.

Allez découvrir cette pièce atypique qui ne manquera pas de faire parler !

by Jean-Philippe

Courteline

Textes : Gros chagrins, La peur des coups, Les Boulingrin et L’affaire Champignon de Georges Courtine
Mise en scène : Mikaël Fasulo
Distribution : Anne Keriec, Eugénie Ravon, Sébastien Perez, Julien Jacob, Jean-Marc Lallement, Julien Renon et Blou B.O

Avignon Off 2017

du 8 au 30 juillet 2017
les jours pairs à 16h

Théâtre de l’Essaïon
2 bis, Place des Carmes
84000 Avignon
Tel : 04 90 25 63 48

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Réversible par Les 7 doigts @ Bataclan : fougueux !

Claquements de portes à tout va, déplacement de cloisons au Bataclan, ce n’est pourtant pas un vaudeville. La géniale compagnie québécoise de cirque Les 7 doigts de la main nous revient avec Réversible. Un spectacle aussi beau, fougueux, poétique qu’aérien.

 

photo Alexandre Galliez

 

Magnifique duo sur mât chinois

Un numéro à la fois fort visuellement, romantique et saisissant. Un garçon à bretelles à la carrure de rugbyman, Julien et une fille frêle, vêtue d’une jupe légère, Emilie. Ils sont mariés, la confiance est totale. 
Il n’en faut pas plus pour former un duo qui allie grâce et tour de force, portée sans défaillir et chute avec retenue ultime.
Un numéro en suspend inoubliable. 

Murs mobiles 

La scénographie, comme à chaque spectacle créé par Les 7 doigts de la main, est propice à tous les possibles, à tous les débordements.
Le décor est littéralement un partenaire de jeu à part entière.
Tout tourne autour de trois pans de murs qui s’assemblent, se séparent au gré des numéros. Les circassiens sortent des fenêtres, grimpent les murs, disparaissent, dissimulent les agrès des numéros suivants. Ingénieux !

photo Cimon Parent

 

Multitudes d’accessoires

Il y en a pour tous les goûts. Éventail rouge passion, fouet qui claque pour apprivoiser le vide autour de soi, skateboard intrépide, casquettes folles, ballons et balles. Tout est matière à jeu, mouvement, accroche visuelle et tentative de s’extraire de l’apesanteur. 

Bande musicale à shazamer 

Les chansons et musiques sont des partitions très bien dosées pour accompagner les solos, duos et jeux collectifs. À chaque numéro, le titre tombe juste, un sans faute.
On a grave envie de laisser l’appli Shazam ouverte pendant tout le spectacle pour garder tout en mémoire et se souvenir des jolies choses que l’on a vu sur scène, une fois rentré chez soi.
Une fois reçu le programme par mail, on apprend que les titres ont été créés pour le spectacle par des artistes de Montréal. 

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Réversible

par Les 7 doigts de la main 

Jusqu’au 1er avril 2017

du mercredi au samedi à 20h30
matinée le samedi à 16h30

Au Bataclan
50 boulevard Voltaire
75011 Paris

Et en tournée en France : Saint-Etienne (29 et 30 juin), Trappes (le 4 juillet), Ollioulles (7 et 8 juillet)

Avec : Maria del Mar Reyes Saez, Vincent Jutras, Jérémi Lévesque, Natasha Patterson, Hugo Ragetly, Émilie Siliau, Julien Silliau, Émi Vauthey
Mise en scène Gypsy Snider Assistance à la mise en scène  Isabelle Chassé 
Collaboration recherche sur le mouvement Phillip Chbeeb & Hokuto Konichi (AXYZM)
Assistante Chorégraphique Kyra Jean Green
Chorégraphie Mât Chinois Shana Carroll

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CNAC 2017 à la Villette : mystérieux, fougueux, audacieux

Audacieux de débuter et terminer un spectacle de troupe (15 jeunes artistes) par un solo. La mise en scène de la 28e promotion du Centre national des Arts du Cirque est revigorante, une pommade contre le froid, une petite cure de jouvence pour les plus de 30 ans. Le spectacle Vanavara est à découvrir bien au chaud sous le chapiteau de La Villette. 

CNAC 2017 Vanavara spectacle 28e promotion centre national des arts du cirque La Villette Paris photo usofparis blog

CNAC 2017 : très bon cru
Juste avant de débuter le spectacle, une femme enrhumée ne pouvant saluer comme elle veut ses amis leur lance un : »je vous embrasse avec le cœur. »
Très belle entrée en matière, généreuse et bienveillante qui donne le pouls volontaire ou pas à ce qui va suivre sous le chapiteau.
Tout débute donc par un solo féminin avec une roue Cyr. C’est tout de suite captivant : le look, la chevelure, l’aisance de la circassienne, Lucie. On se laisse prendre dans un tour d’acier et on ne lâche plus.
Déboulent assez vite les 14 autres compagnons de tournée de la jeune fille.

CNAC-2017-Vanavara-dessin-sur-la-piste-chapiteau-spectacle-28e-promotion-centre-national-des-arts-du-cirque-La-Villette-Paris-photo-usofparis-blog

Ça rampe, dessine sur la piste, courre avec des pierres sur les bras, tombe, virevolte, saute, joue de la musique avec troncs d’arbre. Tout est à la fois léger, inattendu, généreux.
Vient aussi une vague de maladresse. Celle d’une jeune clown également adepte du mât chinois, Camila, qui n’a pas besoin de nez rouge pour faire rire. Cette parenthèse absurde est bienvenue pour ne pas prendre tout ce que l’on voit au premier degré.
Rien de grave donc, même si les visages sont bien souvent peu souriants.

La mise en scène de Gaëtan Levêque joue avec intelligence sur les rythmes : il y a des moments en suspension, de la lenteur et puis des bourrasques qui balaient tout. On a aussi envie de chanter en chœur sur cet air inconnu, battre le rythme sur cette fausse pierre.
Et surtout oser les hauteurs, le vertige de la piste, les bras tendus par les sangles (Theo) pour une envolée qui nous réveille de notre torpeur urbaine. Marlène tout en haut de son trapèze « ballant » clôture avec un balancement sans relâche tout simplement hyptonisant et grisant.

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Finalement, on n’attendait rien de Vanavara, si ce n’est qu’il nous surprenne.
Ce spectacle nous a pris au col avec tout ce qu’il faut de curiosité, d’attraction et nouveauté.
Le trampoline a remplacé l’éternel numéro de bascule qui ennuie #bonheur

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VANAVARA

par la 28e promotion du Centre national des arts du cirque
CNAC 2017
mise en scène : Gaëtan Levêque, du collectif AOC

Espace Chapiteaux
La Villette

du 18 janvier au 12 février 2017
du mercredi au samedi à 20h
dimanche à 17h

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Quintessence : spectacle aérien, féérique et spectaculaire

Quintessence, nouvelle création succédant à Pégase & Icare, allie à merveille le savoir-faire des écuyers de la famille Alexis Gruss et celui des artistes de la compagnie les Farfadais.
Le spectacle va enchanter Paris jusqu’au 19 février avant de faire un tour des Zénith de France. Immanquable !

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Afin de sauver Pégase, cheval ailé divin réputé indomptable, créature fantastique la plus célèbre de la mythologie grecque, Joseph fils de Bellérophon – le plus grand héros et tueur de monstres – doit récupérer un fragment de l’essence de chaque élément : l’Air, la Terre, le Feu et l’Eau.

Quintessence se présente sous la forme de tableaux, plus ou moins complexes surtout pour les plus jeunes, ayant pour thématique les quatre éléments. Ce spectacle est composé d’une chanteuse de talent, de musiciens tout aussi talentueux de l’orchestre Sylvain Rolland – installés au-dessus de l’entrée des coulisses et d’une vingtaine d’artistes époustouflants. Sans oublier plus d’une quarantaine de chevaux plus magnifiques les uns que les autres. Bartabas n’a pas le monopole des spectacles équestres enthousiasmant.

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Quintessence nous coupe le souffle !
Tous les ingrédients sont réunis pour nous émerveiller : des artistes magnifiques issus du nouveau cirque réalisant des prouesses techniques incroyables : portées et acrobaties à cheval ou dans les airs, équilibres et jongleries, voltiges, ballets aériens… sans compter la prestation de deux petits chiens malicieux dont l’audace a particulièrement plu à ma petite fille.
Nous sommes impressionnées par le talent et par la générosité des artistes dont on ressent comme une évidence le lien fort qui les unie.

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Quintessence est un spectacle magnifique, grandiose et gracieux qui pendant 2h30 nous évade dans un monde imaginaire et sans limite d’âge côté spectateurs. Tout est parfait : les chansons interprétées avec brio par une chanteuse magnifique, le talent et le professionnalisme des musiciens sans compter les prestations spectaculaires de tous les artistes, chevaux compris.
Véritable moment d’émotions, on en ressort le cœur léger et des étoiles plein les yeux !

by Caroline

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Quintessence

43e création de la famille Alexis Gruss
en collaboration avec la compagnie Les Farfadais

à Paris jusqu’au 19 février 2017

Vendredi, samedi et dimanche selon les dates
Tous les jours du 19 décembre au 1er janvier 2017

Chapiteau Alexis Gruss
Porte de Passy
75016 PARIS

Ouverture des portes 1h avant chaque représentation
Navette gratuite au départ de Porte d’Auteuil
Durée : 2h30 dont 30 minutes d’entracte

En tournée, du 11 mars au 10 mai 2017 dans les Zéniths de France

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Klaxon d’Akoreacro @ à La Villette : palpitant !

Il y a toujours de belles surprises sous les chapiteaux de cirques à la Villette. Et Akoreacro qui fête cette année ses 10 ans de pure folie douce a de quoi faire palpiter un très large public jusqu’au 25 décembre. Klaxon est taillé pour le succès avec ses tranches d’humour, des tableaux d’une pure poésie et ses jeux d’équilibre grandioses. 

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Akoreacro ne vous lâche pas ! 

Les circassiens sont déjà en piste que le public commence tout juste à s’installer dans les gradins. Tour de chauffe, premiers eye contacts avec les spectateurs. L’ambiance est bon enfant, débridée.
On ne comprend pas la langue : du polonais ? Un argot venu de l’est de l’Europe ? Un beau mélange que les artistes eux seuls peuvent connaitre ?
Par chance (ou pas), nous avons droit à une traduction simultanée en espagnol.
Nul besoin de sous-titres pour se prendre la folie de la troupe en pleine face et vite comprendre que la parité n’est pas respectée : une seule femme pour dix hommes. Quel mérite ! 🙂

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Les premiers numéros déboulent avec fougue et force dans les poignets, biceps et épaules, le tout accompagné d’une bande-son en live (batterie, accordéon, violon…).
Le membre de la troupe le plus maltraité n’est finalement pas l’espagnol à moustache (bien que… à être trainé par les pieds…) mais plutôt le piano sur roues.
Il est malmené d’un bout à l’autre du spectacle. Il est forcé à rouler sur lui-même quitte à avoir le tournis. On lui saute dessus, on le chevauche, sans compter les multiples cabrioles en solo ou à plusieurs.
Il est au cœur de cette création et apporte un vrai décalage à sa manière, comme un clown dans un cirque traditionnel.

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On retrouve les numéros qui font le succès du cirque contemporain mais avec toujours une pointe d’inédit ou de poésie en plus. Les séquences de trapèze sont couplées à des portées magistrales. Le jonglage n’est pas qu’un simple divertissement, comme d’habitude, avec des baballes. Il devient l’occasion d’une battle avec une session de beat-box.
Les circassiens font aussi des voltiges avec un accordéon – on craint à chaque fois pour la réception et leur dos. Et surtout, ils sont tous prêts à attraper un instrument au vol pour notre plus grande surprise.

Klaxon d’Akoreacro est vibrant, poétique et généreux ! 

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Klaxon
Compagnie Akoreacro / Alain Reynaud

spectacle de cirque dès 5 ans

Acrobates : Claire Aldaya, Basile Narcy, Romain Vigier, Maxime Solé, Antonio Segura-Lizan, Maxime La Sala
Musiciens : 
Mathieu Santa-Cruz, Guillaume Thiollière, Guilhem Fontes, Boris Vassallucci, Vladimir Tserabun

Espace Chapiteaux
La Villette

Mercredi au samedi à 20h
Dimanche à 16h

Jusqu’au 25 décembre 2016
Relâche le 24 décembre

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Cirque Le Roux à Bobino – interview de Broadway à Paris

Ce qu’il y a d’étonnant avec le nouveau cirque c’est que l’on peut toujours être surpris par sa mise en forme et par les détours qu’il peut prendre.
La preuve avec le Cirque Le Roux. A Bobino, le quatuor comble le public avec son spectacle The Elephant in the Room. Entre théâtre et performances scéniques, on rigole, on est attendri et on frissonne d’effroi mais aussi de surprise.

Automne 1937, au mariage de Miss Betty, le mari, l’amant et le majordome font irruption dans la pièce où celle-ci, était venue s’isoler. On sent de suite qu’il y a une ambiguïté avec la belle. Une histoire trouble va se dérouler devant nos yeux émerveillés et parfois interloqués.

Cirque le RouxLe Cirque Le Roux crée une fable, sous forme de comédie dramatique, qui  se fonde sur les codes du cinéma du muet. Générique, dialogues entre personnages  (pas très verbaux mais génialement bruités) et aussi la mise en scène : tout débute comme un film du siècle dernier. On y retrouve aussi ce comique de situation cher à Charlie Chaplin et Buster Keaton.

Spectacle en deux temps

Dans la première partie, très burlesque, les acrobaties restent bon enfant. Entre grandes glissades, petites cabrioles et quelques portées simples – mais tout de même osées – le spectacle semble mettre du temps à s’installer, à rentrer dans le vif. Toutefois, ces quelques minutes volontairement déstabilisantes mettent l’eau à la bouche.

Il faut donc attendre le deuxième acte de l’histoire pour totalement tomber dans l’univers et la poésie du Cirque Le Roux.

Cirque Le RouxLe point de bascule : l’arrivée sur scène de nos quatre compères en habits de nuit, version années 30.
C’est la scène la plus complexe au niveau de la technicité, la plus chargée d’adrénaline et de frissons, de peur d’un ratage acrobatique. John Barick (Yannick Thomas), le colosse de l’équipe fait des prouesses dans les portées. Miss Betty (Lolita Costet) virevolte entre ses différents partenaires tel un fétu de paille. Angoisse et prouesses.

Deux scènes en forme d’apothéose

Pour autant, ce deuxième acte offre encore un autre changement d’univers visuel et narratif.
A la technique pure, on ajoute la poésie. Et c’est à ce moment que le spectacle offre sa première claque.
Le duo entre Monsieur Bonchon et Mister Chance (Grégory Arsenal et Philip Rosenberg) nous offre un duo magistral et sensuel. Des figures instables mais tenues pour des corps en totale harmonie. Un moment de pure magie scénique éclairé simplement par des lustres tombés du ciel.

L’autre moment d’apothéose : la scène finale. Sur une musique d’Ennio Morricone – à glacer le sang ou à pleurer d’émotion – toute la tension du spectacle explose en un superbe feu d’artifice de prouesses physiques et de jeux d’équilibre.
Le Cirque Le Roux arrive à jouer sur ce thème musical, ultra connu et ultra référencé, d’une telle manière que son art se sublime. Entre drame et volupté, émotion et envoutement.  C’est intense et foudroyant.

Cirque le Roux
Le temps de nous remettre de nos émotions, nous pénétrons dans les loges pour poser quelques questions à deux des membres de la troupe : Philip et Lolita.
C’est l’occasion d’en savoir plus sur les coulisses de ce spectacle, obtenir quelques anecdotes mais aussi faire un point sur leur carrière à Broadway.

Cirque Le Roux : Interview-selfie

USofParis : Philip, 3 adjectifs pour décrire ton partenaire Yannick ?
Philip :
Attentionné, bon vivant et légèrement maladroit.

Lolita, 3 adjectifs pour décrire Grégory ?
Lolita :
Énergétique, organisé et drôle, vraiment drôle.

Comment fait-on pour toujours prendre du plaisir à jouer un spectacle après un an et demi ?
Philip :
Pour nous, surtout avec ce spectacle où il y a plein de couches, c’est l’intégration du jeu d’acteur avec le cirque qui est nouveau. Le cirque traditionnel où tu ne fais que des acrobaties, on en a déjà fait beaucoup. Il y a toujours le moment où te dis « oui je sais quoi faire ! », ça devient plus une routine.
Mais avec Elephant in the Room, ce qui est intéressant c’est l’échange avec le public et aussi entre nous sur scène. Ça change chaque jour au niveau des émotions, de nos humeurs. C’est vraiment une surprise chaque soir.
Lolita : Et puis on change tout le temps. On revoie toujours des petits détails, il y a toujours des choses nouvelles. On a aussi des moments où l’on est libre de faire ce que l’on veut.
Il y en a un qui surprend l’autre car il est plus motivé ce soir-là, il fait des blagues aux autres…

Cirque le Roux

Qu’est-ce qui a changé depuis la création ?
Lolita :
Beaucoup de choses ! C’était très long au début. Il a fallu couper.
Philip : Le spectacle durait 1h45 au début. On a fait une avant-première publique justement pour voir ce qui accrochait et ce qui accrochait moins. Et à partir de cette énorme base-là, on a réduit et réduit.
Lolita : Mon solo du début a changé sept fois, à peu près. On a essayé différentes choses pour voir comment ça allait pour le public. Le fil conducteur, le poison, n’était pas présent au début, par exemple.

Cirque Le Roux
Philip et Lolita – Selfie exclu pour US of Paris

Un conseil, de votre metteuse en scène a-t-il été essentiel pour vous préparer à ce spectacle ?
Philip :
De trouver le plaisir dans tout. D’abord, si tu trouves drôle ce que tu fais sur scène et que tes compagnons aussi, c’est sûr que ça va se transmettre au public.
Et elle disait aussi tout le temps : « Vous n’êtes pas des mimes ! Même si vous ne parlez pas, lâchez des sons, vivez sur scène !»
Lolita : Quand on fait du cirque, on part toujours avec beaucoup d’énergie quand on rentre sur scène. On est hyper stressé, on est à bloc.
Et justement, Charlotte nous répétait de faire l’opposé. Pour commencer au théâtre, il faut, au contraire, être relax et prêt à tout recevoir.
Quand on a réussi, ça a changé considérablement. Maintenant, on pose le début, on peut incarner les personnages.

Et comment vous avez fait pour vous calmer ?
Lolita :
C’est du psychique. Moi ça va. Mais Yannick, je sais qu’il fait encore le tigre en cage.
Philip : Moi, c’est les cinq minutes juste avant de rentrer sur scène que je suis encore en train de penser à pleins de trucs, un peu crispé, stressé. Et j’ai l’impression que quand je rentre sur scène toute cette pression se relâche. Je suis plus détendu.

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Comment prend-on soin du son corps lors d’une tournée et qu’on change de salle tous les soirs ?
Lolita :
On est différent là-dessus.
Philip : Moi je suis un peu plus tendu. Et pour être souple, il faut que je m’étire, que je m’étire, surtout le dos, avant le spectacle mais aussi après. Je trouve le bon équilibre comme ça.
Lolita : Honnêtement, en tournée ce n’est pas toujours facile. Ici à Bobino, on a un échauffement avant le spectacle.
Essayer de me coucher pas trop tard pour me lever tôt et avoir une petit muscu tous les jours. Ne pas trop fumer. Si je me couche tard et qu’on fait des réunions : boire le moins possible d’alcool. Parce que les tournées c’est aussi : du monde qui vient nous voir, des réunions. Ce n’est pas forcément faire la fête mais c’est simplement discuter. Pour moi, c’est vraiment d’essayer de ne pas avoir trop de fatigue, d’avoir un moment de musculation et de stretching. Et bien manger !
Philip : Et un bon lit aussi !
Lolita : Un bon matelas c’est vrai. Les tournées avec un mauvais matelas, on a beaucoup de mal à s’en remettre.
Philip : Le matin, quand tu sors comme un bloc, oh non !

Est-ce qu’il arrive que le corps soit ingrat, qu’à un moment il dise stop ?
Philip :
Ça arrive vraiment très très rarement.
Lolita : Mais ça arrive des fois. Alors c’est massage, douche chaude, ostéopathe. Et s’il y a des réunions, on ne les fait pas et on va directement se coucher.

Cirque Le Roux

Une anecdote sur scène : quelque chose d’inhabituel, de drôle, ou un ratage ?
Lolita :
Dans la scène où je dois lui dire qu’il est ridicule, un soir Philip a écrasé le bout de ma chaussure. Du coup, mon pied est sorti de la chaussure, mais la sangle est restée autour de la cheville. Il a donc fallu que je fasse toute la scène où il prend mon soutien-gorge, le reprend et passe par la porte avec une chaussure en moins. Ça a donné quelque chose d’hyper drôle.
Philip : J’en ai une un peu plus trash. On jouait à Salzbourg. Au moment où Grégory tombe de scène, le plateau de service. Au lieu de tomber à côté de lui, il a rebondit et il est arrivé sur son front et l’a coupé. Il est remonté sur scène sans s’en rendre compte, mais nous si.
Lolita : Il saignait et avec la transpiration ça dégoulinait.
Philip : Du coup, Lolita a dit « Bouchon, sort ! Dehors ! »
Lolita : Et lui, il est resté dos au public, qui n’a rien vu du coup. Il a fait sa cascade. Une fois au sol il a tourné la tête de l’autre côté et j’ai pu le faire sortir.
Philip : Après, il est quand même rentré avec un énorme pansement sur le front qui était bien dans son personnage.

Cirque le Roux
Selfie exclu #UsofParis


Qui a eu l’idée de cette très scène assez érotique en clair obscur ?
Philip :
En fait, ça a commencé avec les lampes. Après, on les a fait descendre et on a commencé à faire des acrobaties en-dessous. On avait déjà les photos dans les cadres derrière. A un moment Charlotte Saliou, la metteuse en scène, a dit « Allez, on va essayer de pousser ça. Bouchon, tu rentres avec un plateau de fruits de 3 mètres. On pousse ça plus dans la décadence » C’est parti de nous et c’est elle qui a vraiment transformé ça.

Et une anecdote avec un spectateur, des mots échangés après le spectacle qui ont pu vous toucher ?
Lolita :
Dans un échange avec des enfants après un spectacle et c’est pour moi la meilleure question qu’on m’ait posée – il y a un qui a dit «  J’ai une question pour Miss Betty. J’aimerais savoir quel produit tu mets dans ta bouche pour pouvoir rire comme ça »
Quand j’ai dit « En fait, je ne mets rien du tout », j’ai vu que j’étais un avenger pour lui. Ça m’a vraiment fait rire.
Il y a aussi un papy à Salzbourg qui était là où on buvait un verre. Il nous a dit qu’il allait repartir à sa voiture sans sa cane tellement le spectacle l’avait bouleversé. Il a pleuré à la fin du spectacle. Et ce soir-là, j’ai vraiment pris conscience qu’on fait passer des sentiments et que ça peut changer quelque chose chez un spectateur. Ça m’a vraiment fait du bien.

La plus belle leçon que vous ayez apprise en vous produisant à Broadway ?
Philip :
C’est de faire attention aux détails. Il y a une équipe de 200 personnes par spectacle mais chacune a vraiment un œil pour garder son boulot toujours aussi précis. Les accessoires, la musique, les déplacements sur scène. Tout est vraiment travaillé. Tout est pensé. Et du coup, quand on a décidé de faire ce spectacle, ça m’a un peu inspiré de dire « Est-ce qu’on a poussé ça assez loin ? Est-ce qu’on a pensé à chaque détail ? Est-ce que ce truc dans le décor est-ce que ça sert à quelque chose ? Pourquoi il est là ? »
Lolita : Il y a plein d’autres choses, c’est tellement vaste Broadway. Mais c’est une des choses que j’ai retenue aussi.
Philip : J’ai appris aussi : il faut toujours penser « Qu’est-ce qui est le mieux pour le spectacle ? » Même si tu as mis beaucoup d’argent, beaucoup de temps dans quelque chose, et même si tu as envie que ça marche mais que ça ne sert pas le spectacle : mets ton égo de côté pour faire ce qui est le mieux. On enlève, on ajoute, mais penser comme une personne extérieure.
Lolita : Par exemple, dans le spectacle on devait avoir une armure.
Au lieu de sortir par le bureau, Miss Betty devait être cachée dedans et l’armure de marcher. On trouvait ça génial, et ça l’était. On a acheté une armure – très chère et avec notre argent – au début du spectacle et ça n’a jamais fonctionné.
Philip : On a essayé de couper l’armure pour qu’elle rentre dedans. C’était un métal vraiment pas solide. Et quand on a commencé à couper, le métal partait morceau par morceau.
Lolita : Notre argent partait en lambeaux et donc on s’est dit « Tant pis ! ».

The Elephant in the Room
Cirque le Roux

Mise en scène : Charlotte Saliou
Avec : Lolita Costet, Yannick Thomas, Philip Rosenberg et Grégory Arsenal

du 19 décembre 2017 au 7 janvier 2018

Théâtre Bobino

14-20, rue de la Gaîté
75014 Paris

site officiel : cirqueleroux.com

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