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La Perruche @ Théâtre de Paris : un vrai bonheur

Au Théâtre de Paris, Audrey Schebat nous embarque pour une soirée entre rires, révélations et vérités frontales. L’auteure metteure en scène de La Perruche ausculte le couple avec une justesse rare. Il y a des mots qui troublent, d’autant plus quand ils font sens dans notre cœur. 

La Perruche

Il est probable de se reconnaître dans certains traits de caractère et dans cette histoire d’amour, comme toutes les autres (?).
Barbara Schulz et Arié Elmaleh forment un couple presque parfait : 20 ans de mariage, un train de vie enviable, une garde-robe maîtrisé avec style.
Ce soir, ils reçoivent un couple d’amis, qui se fera attendre.

L’absence des uns va être le déclencheur d’un échange aussi intense, cash que révélateur.

Difficile aussi de ne pas reconnaître une situation contée par un.e ami.e, de ne pas nous retrouver dans notre incapacité à ré-accorder la mélodie de l’amour. Et surtout dans cette histoire : « il y a pleins de secrets dans cette pièce, de tiroirs » comme le dit Barbara Schulz, lors de notre rencontre.

La Perruche

Même s’il est question de séparation, cette pièce fait un bien fou car il y a toujours des saillies drôles qui viennent dédramatiser tout ce qui arrive.
L’écriture est excellente, palpitante provocante parfois aussi.

Audrey Schebat confie après la représentation : « j’ai mis un an et demi à écrire cette pièce. Au début, mes personnages ne voulaient que rire. Je me suis battue pour qu’ils s’affrontent. »

L’interprétation de Barbara Schulz et Arié Elmaleh est jouissive à souhait. Débutant dans la caricature puis laissant percevoir les aspérités, les motivations réelles. Un régal ! 

Bonus : le conseil d’Audrey à Arié pour son entrée en scène : « tu commences connard ! » Et le comédien de remarquer : «  plus je suis connard, plus les gens rient !« 

La Perruche

La Perruche
écrit et mis en scène d’Audrey Schebat
avec Barbara Schulz et Arié Elmaleh

du mardi au samedi à 19h
matinée le dimanche à 17h

au Théâtre de Paris
15, rue Blanche
75009 PARIS

Page officielle de la pièce : theatredeparis.com/spectacle/laperruche

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Marco Polo et l’hirondelle du Khan : splendide voyage onirique

Marco Polo et l’hirondelle du Khan : partir du réel et se laisser porter par l’imaginaire… C’est dans la Mongolie du XIIIe siècle qu’Eric Bouvron revisite la rencontre de deux grands hommes : Kublai Khan et Marco Polo.
Ils représentent respectivement l’Orient et l’Occident, la vieillesse et la jeunesse, la souveraineté et l’idéologie, la terreur et le charme… Malgré toutes ces oppositions, un lien les unit…
Ce choc culturel nous livre, au Théâtre La Bruyère, une fantastique épopée où se mêlent politique, pouvoir et bien évidemment l’amour…

Marco Polo et l’hirondelle du Khan

C’est dans l’intimité d’une chambre que nous rencontrons Kublai Khan, un Empereur vieillissant et malade. Auprès de lui se trouve sa quatrième femme, sa préférée, son « hirondelle ». Il lui parle d’un jeune homme venu d’Occident, un certain Marco Polo, dont la fougue et l’impertinence l’ont interpellé. Kublai Khan voit en lui l’initiateur d’une impulsion novatrice nécessaire à la poursuite de l’expansion de son Empire.

Marco Polo et l’hirondelle du Khan

Marco Polo est subjugué par ce Grand Khan, sa puissance, sa splendeur mais aussi sa défiance. Ce sont deux mondes qui se confrontent, un Orient éclatant à son apogée et un Occident en plein essor, prêt à le supplanter. C’est entre ces deux univers que va virevolter une certaine belle et innocente hirondelle, quitte à se brûler les ailes…

Débute alors de façon insidieuse un combat mêlant passion dévastatrice, lutte pour le pouvoir et désir dont l’issue ne peut être que fatale… Mais pour qui ?

L’intrigue est parfaitement menée par une interprétation époustouflante des comédiens, agrémentée d’effets sonores et lumineux réussis ! Le décor est modeste, mais une chanteuse lyrique et deux musiciennes mongoles aux costumes chatoyants accentuent les sentiments dégagés par le texte, ce qui crée une atmosphère enveloppante et fascinante.

Marco Polo et l’hirondelle du KhanPlus que du théâtre, c’est un véritable spectacle qui nous mène très loin au cœur de l’Asie…

By Jean-Philippe

Marco Polo et l'hirondelle du Khan
Marco Polo et l’hirondelle du Khan

de et mis en scène par : Eric Bouvron assisté de Victoire BERGER-PERRIN
Collaboration artistique : Damien RICOUR-GHINEA
Costumes : Sarah COLAS
Lumières : Edwin GARNIER

Avec Jade PHAN-GIA, Laurent MAUREL, Kamel ISKER en alternance avec Eliott LERNER
Musiques et chants : Ganchimeg SANDAG, Bouzhigmaa SANTARO, Cécilia MELTZER et Didier SIMIONE

du mardi au samedi à 21h
matinée le samedi à 15h30

Théâtre La Bruyère
5, Rue La Bruyère
75009 Paris

Tel : 01 48 74 76 99

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Ludwig au Théâtre La Croisée des Chemins : enchanteur et captivant !

Si la vie tumultueuse de Louis II de Bavière vous est inconnue, rendez vous au Théâtre La Croisée des Chemins ! Vous serez fasciné par le côté avant-gardiste et la personnalité tourmentée de ce monarque. Plus qu’un récit biographique, Olivier Schmidt signe un portrait tendre, enivrant et bouleversant de celui qu’on nommait le « roi perché ».

ludwig

À tout juste 18 ans, Ludwig accède au trône de Bavière. Il doit faire face à une crise politique risquant de changer à tout jamais l’avenir de son pays… À la compagnie de ses ministres, il préfère celles de Richard Wagner, son amour inconditionnel, d’Élisabeth d’Autriche, sa cousine qu’il admire profondément et de jeunes hommes avec lesquels il se donne et s’abandonne, au grand désespoir de sa mère désirant lui imposer un mariage conforme au protocole, qu’il rejette…

ludwig

Ludwig est un homme libre, fantasque et lunaire se laissant dominer par ses passions destructrices dont certains proches abusent… Il va connaître la splendeur puis l’abandon, l’amour et ses désillusions, la défection des siens, la fourberie des autres, la folie et la trahison…

Avec ferveur, énergie et sans surjouer, les comédiens abordent des thèmes de la vie du souverain dont l’écho reste terriblement actuel : le droit à la différence, les enjeux du pouvoir, la liberté sexuelle et morale.

ludwig

L’aspect intime et enveloppant dû à la mise en espace du théâtre ne fait qu’accentuer l’intensité de l’œuvre. Quant à l’interprétation des comédiens, c’est juste un délice que de les voir évoluer sur scène ! Du partage, une belle complicité, un plaisir évident et beaucoup de talents. Vous ajoutez une mise en scène moderne et dynamique et vous obtenez Ludwig : un excellent moment de théâtre !

P.S : Ludwig est éligible aux P’tits Molières 2018 et sera présent cet été à Avignon 😉

By Jean-Philippe

ludwig

Ludwig



de et mise en scène : Olivier Schmidt
avec : Julien Hammer, Rafael Vanister, Charlotte Moineau, Séverine Wolff, Olivier Schmidt

jusqu’au 10 novembre 2017

les jeudis et vendredis à 19h30

au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

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Pour l’amour de Simone au Lucernaire : rencontre intime & confidentielle

Simone de Beauvoir a fait de sa vie une admirable odyssée intellectuelle menée par la philosophie, le féminisme et l’amour particulier qu’elle porte à trois hommes. Tout au long de son existence, elle entretint avec eux une correspondance ardente et frénétique. Anne-Marie Philipe fait revivre au Lucernaire ces relations épistolaires de manière à nous révéler la facette amoureuse d’une femme qui a marqué son époque.

Pour l'amour de Simone
Crédit Michel Slomka

Trois femmes et un homme se retrouvent sur scène. Ils vont alors faire revivre trois hommes et une femme. Un choix nécessaire car se révèleront trois Simone distinctes selon l’homme qui l’aime.

Tout d’abord, Anne-Marie Philipe figure le «Castor», la compagne lumineuse et épanouie de Jean-Paul Sartre. Ce sera son « amour nécessaire », plus intellectuel que charnel. Cependant, ils ne s’interdisent pas des « amours contingentes » sur le principe qu’il est impératif de vivre intensément.

Ensuite, Camille Lockhart sera une Simone mutine et aérienne auprès de Jacques-Laurent Bost, élève de Sartre, qui sera son amant avant de devenir un ami loyal.

Enfin, Aurélie Noblesse incarnera la Simone de Beauvoir amoureuse de Nelson Algren, sans doute sa relation la plus passionnée. Cependant, leurs conceptions divergentes de l’amour eurent raison de l’ivresse.

L’intensité et la justesse du jeu des trois comédiennes se retrouvent dans l’interprétation habile et subtile d’Alexandre Laval pour les différents personnages masculins.

Toutes les lettres que nous découvrons avec délectation nous laissent apercevoir une femme libre, surprenante et terriblement actuelle. Elle y est fougueuse, amoureuse, romanesque et même parfois ingénue ! Toutes ces confidences mettent en avant une Simone de Beauvoir méconnue mais d’autant plus envoûtante.

«On ne naît pas femme, on le devient. » Quel pari réussi !
À peine sortis, nous nous sommes précipités sur les œuvres de Simone de Beauvoir afin de nous (ré)imprégner de cet esprit fascinant…

by Jean-Philippe

Pour l'amour de Simone

Pour l’amour de Simone

textes Simone de Beauvoir et ses amants
Artistes : Camille Lockhart, Aurélie Noblesse, Anne-Marie Philipe, Alexandre Laval
Metteur en scène : Anne-Marie Philipe

jusqu’au 15 octobre 2017

du mardi au samedi à 18h30
matinée le dimanche à 15h

Le Lucernaire
53, Rue Notre Dame Des Champs
75006 Paris
Tél : 01 45 44 57 34

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Les Faux British au Saint Georges : incroyablement jouissif !

Pourquoi attendre pour s’offrir une dose de rires XXL ? Les Faux British, la comédie catastrophique, ne fait pas de pause depuis qu’elle est à l’affiche du Théâtre Saint Georges. La preuve : elle est prolongée jusqu’au 6 janvier 2018.
La nouvelle distribution est excellente, courez-y avant de succomber au Gros diamant du Prince Ludwig au Théâtre du Gymnase.

Les Faux british

Les Faux British : une équipe gagnante ! 

Le talent d’écriture du trio Henry Lewis, Henry Shields et Jonathan Sayer est à la hauteur d’un Thé à la menthe ou t’es citron, voire le surpasse.
Aucun temps mort, aucune envie de regarder sa montre.
On serait presque pris de spasmes tellement le rythme est effréné, les quiproquos s’enchaînent. On se prend à angoisser même pour les comédiens (les vrais) qui sont capables de cascades, d’accent improbable, de jeu très approximatif.
Avant tout, il faut être un très bon acteur pour jouer aussi mal avec brio !

Une pièce dans la pièce

La troupe de comédiens amateurs devant nous tentent de donner en représentation une enquête policière qui semblerait être signée Conan Doyle. Il y a un manoir, un meurtre, du suspense, de la passion.
Le tout est relevé par un décor bancal, des accessoires manquants, des bruitages inutiles et laborieux. C’est de l’amateurisme pur et qu’est-ce que c’est poilant !

Bref, la mécanique prend l’eau et le bordel débute très vite.  Alors il suffit d’une porte qui ne s’ouvre pas et c’est la cata. Tout va s’enchainer telle un grand 8 avec de magnifiques envolées et des descentes vertigineuses. On reste agripper à nos sièges.

On rit d’un bout à l’autre de la pièce.  Les Faux British est un chef d’œuvre d’humour.
Totalement inadaptable au cinéma, il faut donc foncer le découvrir en live !

Et bonne nouvelle : il n’y a pas d’âge pour succomber au charme très particulier des Faux British.

Les Faux British

Les Faux British

de : Henry Lewis, Henry Shields et Jonathan Sayer
Adaptation :
Gwen Aduh et Miren Pradier
Mise en scène :
Gwen Aduh
Avec (en alternance) : Gwen Aduh, Sandra Valentin, Christophe de Mareuil, Dominique Bastien, Henri Costa, Herrade Von Meier, Jean-Pascal Abribat, Lula Hugot, Michel Cremades, Michel Scotto Di Carlo, Yann de Monterno, Jean-Pascal Abribat, Yann Papin, Virginie Gritten

Molière de la comédie 2016

du mardi au vendredi à 20h30
samedi : 18h et 21h

51 rue Saint-Georges
75009 Paris
prolongations jusqu’au 6 janvier 2018
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Jérémy Lorca dans Bon à marier : une leçon d’optimisme !

Jérémy Lorca joue les prolongations au Théâtre du Gymnase. Un succès ne venant jamais seul son livre Chercher le garçon va avoir droit à une adaptation ciné. Il fait de la radio avec Anne Roumanoff pour Ça pique mais c’est bon !
Ce garçon Bon à marier est aussi déluré qu’attachant, naïf que fin observateur de nos mœurs. 

Pas évident de naître à Avion, proche du Pas de Calais. C’est pas nous qui le disons, c’est Jérémy Lorca. Rajoutez un père italien et une mère polonaise : le cocktail pourrait être explosif. 

D’autant que son cœur le porte plus vers Céline Dion et les garçons, que Booba et les filles en mini-short.

Généreux, il offre quelques moments de sa vie aussi drôles que désespérés : le 1er coup de foudre en boite, l’amour qui dure 3 ans, la séparation, les « dates »… La philosophie hallucinée de sa pote de boulot… la meilleure manière de faire fuir vos voisins. 

Alizée, Beyoncé, Grindr, coach sportif, Smic, vacances au Maroc : les sujets sont variés et l’enchaînement est très bien mené. 

Jérémy cède parfois à quelques facilités que l’on voit arriver mais il ne tombe pas, pour autant, dans l’enfilage de perles-clichés qui font bailler, bien au contraire. 

Bon à marier est un one man show tendre et malicieux, une leçon d’optimisme. Pourtant ce jeune talent de la scène serait toujours célibataire. 

Seul bémol : la chemise manches courtes à pois. C’est le printemps ok, mais c’est pas fashion du tout ! 🙂 

Jérémy Lorca dans Bon à marier

jusqu’au 29 juin 2017
les mercredis et jeudis à 20h

au Théâtre du Gymnase
38 Boulevard de Bonne Nouvelle
75010 PARIS

Follow la page FB officielle de Jérémy Lorca

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La Promesse d’un Chiffre ou l’histoire émouvante d’une renaissance !

Le Théâtre de la Croisée des Chemins nous permet de découvrir le premier « seule en scène », La Promesse d’un chiffre, touchant et drôle de Sonia Ountzian. Un hommage vibrant et singulier à ses origines arméniennes pas toujours évidentes à porter ! Explications.

L’enfance est un moment tendre et insouciant nous permettant de poser les fondements de l’être adulte que nous allons devenir. C’est un fruit qui a besoin d’être arrosé et choyé pour se développer et arriver à maturité. Tel est le cas de Sonia Ountzian. A la différence près qu’on l’a investie dès sa naissance d’une mission céleste : «Vivre pour tous ces Arméniens qui n’ont pas vécu ».

Évidemment, quand on est issue d’une famille génocidée, émigrée, la notion d’insouciance est quelque peu relative… Il faut vivre avec le poids de la douleur, du devoir et du souvenir. Une charge qui n’en finit pas de peser sur le développement psychique, mais aussi physique, de notre narratrice. En gros, elle trouve refuge dans la nourriture, dans un royaume sucré où vivent ses amis préférés Ben & Jerry’s, entourés de kourabies.

Au décès de sa grand-mère, Sonia a quarante ans et fait une introspection. Cette pièce en résulte. Elle semble avoir trouvé un équilibre entre son héritage familial et la vie qu’elle doit vivre. Au travers d’anecdotes sur son enfance, son poids, sa famille, son poids, ses relations amoureuses, son poids, nous voyons le magnifique travail de réparation qu’elle effectue avec une déclaration d’amour ardente et sensible à ses proches et à ses origines.

Le tout est mené et présenté avec une ironie folle ! Nous avons retrouvé toute la quintessence de ce que l’humour peut contenir en finesse et en esprit. La dérision est son armure pour affronter le monde. Son regard bleu perçant fait écho en nous de façon troublante et magique…

Lorsque le rideau se baisse, Sonia Ountzian nous rejoint. Elle dit adieu avec tendresse à la petite fille qu’elle était et s’en va vivre pleinement sa vie…

by JeanPhilippe

La Promesse d’un Chiffre

Metteur en scène : Jérôme Piques
Comédienne et auteure : Sonia Ountzian

Tous les jeudis et vendredis du 13 avril au 19 mai 2017 à 21h30

au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

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BenH : trublion aux chaussettes Marvel @ Théâtre du Marais

Ce samedi soir, l’équipe d’UsOfParis a rdv avec jeune talent comique, BenH, qui sévit actuellement au Théâtre du Marais.
Durant une heure, ce hobbit moderne partage avec le public les affres de sa vie d’adulte croisée avec les désillusions de ses rêves d’enfance.
Balancé comme cela, ça peut paraitre triste, mais BenH transforme ce mur qu’est le passage d’un monde adolescent à l’âge adulte en une fresque jouissive. Avec des salves de rires sans retenue, il est aussi touchant que trash, torpilleur que fin. Il a tout d’un grand !

En fait, dès les premières minutes de son one man, BenH accroche le gamin qui est resté au fond de nous, celui qui s’est laissé envahir par le quotidien mais que parfois nous avons envie de laisser exulter.

Oui, même adulte, on a envie de porter ce t-shirt Mickey, le même celui que BenH arbore sur scène.
Oui, on a encore envie de croire aux licornes qui transportent Michel Sardou sur leur dos, avec un fond de Connemara.
Oui, on aimerait retrouver cette innocence de l’enfance que l’on a perdue, parfois trop vite, parfois abruptement.

Et même si c’est ce que semble sous-tendre le spectacle de BenH, notre hobbit moderne propose de lui-même un autre chemin de réflexion.
En effet, avant de rejeter les autres, il faut s’accepter soi-même. Et c’est bien là le plus difficile.

Entre blagues potaches, humour noir, trash et beaux moments de poésie, BenH nous emporte dans son monde fantasmé de façon magistrale. Avec des pirouettes et des postures qui ne permettent pas concrètement de démêler le vrai du faux dans son conte humoristique. La seule réelle certitude : le garçon n’a pas froid aux yeux, ni de poils au torse.

Bon à savoir : si tu t’appelles Mathilde, tu auras droit à un supplément d’attentions. Chanceuse !

Et parents, lorsque que votre ado vous dira « Je veux aller voir la maison d’Anne Frank », ne pensez pas qu’il a été touché par une illumination humaniste… c’est simplement qu’il veut tester ses capacités d’imagination lors d’un voyage initiatique. BenH vous relèvera tous les détails en temps voulu.

BENH
Le monde des grands

Samedi à 20h
Dimanche à 17h30

au Théâtre du Marais
37, rue Volta
75003 PARIS
tél. 01 71 73 97 83

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Irma Rose : rire généreux & contagieux A La Folie Théâtre

Elle est de retour ! Jusqu’au 1er juin, Irma Rose investit A la Folie Théâtre, avec son deuxième seul en scène, Irma rit Rose. Si vous ne la connaissez pas encore, c’est l’occasion de découvrir son humour grinçant, de humer l’air des plages du Nord et d’apprendre à écrire du slam.

irma rose Irma rit rose théâtre les déchargeurs critique Pièce humour United States of ParisUne fois n’est pas coutume, nous allons commencer cette critique par les points négatifs. Rassurez-vous, ils ne sont pas nombreux, parce que globalement Irma Rose tient son spectacle de bout en bout.
Son petit point faible, c’est cette impression, ça et là, de déjà-vu. Il faut dire que l’exercice est compliqué, elle aborde des thèmes récurrents sur les adolescents, la télé-réalité et la vie de couple. Et pourtant…

Rythme et dextérité
Il s’agit là d’une observation générale. Parce que dans le détail, cette Irma Rose nous fait bien marrer ! Son imitation de la vieille nordiste à la langue bien pendue et aux réflexions philosophiques ancrées dans un terroir profond, est aussi vraie qu’hilarante. Les Parisiens y apprendront même quelques expressions de là-bas. Irma Rose, c’est la bonne copine ! Elle est sympathique et intelligente ; on passerait volontiers la soirée avec.

irma rose Irma rit rose théâtre les déchargeurs critique Pièce humour spectacle United States of Paris.jpg
Elle nous plonge dans l’histoire de Stéphanie, peu épanouie ni dans son travail, ni dans sa vie privée. Point de départ un peu classique, certes.
Mais l’actrice enchaine sans aucun temps mort une ribambelle de personnages qui gravitent autour de cette célibataire un peu paumée. La performance est à souligner.

Nous nous laissons embarquer sur une plage du Nord, puis dans la cuisine d’une maman dépressive sans être lassés. Puis en un clin d’œil, nous voilà au beau milieu d’une fête de Noël un peu particulière, avec au programme : réflexions politiques, dépression et petites piques bien vachardes. Slam et chorégraphies en primes ! C’est là qu’on se dit qu’avec un peu de savoir-faire, Irma Rose accommode du réchauffé en un repas délicieux.

By Joël Clergiot

Irma rit Rose 
De et avec Irma Rose

Jusqu’au 1er juin 2017
tous les jeudis à 20h30

A La Folie Théâtre
6 Rue de la Folie Méricourt
75011 Paris

 

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Charlotte CREYX intégralement drôle @ Le Point Virgule

Charlotte Creyx revient sur scène, et cette fois au Point Virgule, avec son spectacle sobrement appelé L’intégrale, tout l’été. Il est temps de la découvrir, le mardi à 21h15. Suivez notre avis !

Charlotte Creyx intégrale Comédie des 3 bornes Grand point virgule paris critique spectacle humour comédie one man show one women show Photo Gil Remon
Gil Remon

Une fille qui à la niaque, en veut et vous retourne un théâtre ! Voilà, ce qu’est Charlotte Creyx. Une meuf qui défonce tout… ou presque. Parce que la fille dynamique qui nous enfume avec sa bonne humeur agaçante ou des torrents d’aigreur contre le monde qui l’entoure, c’est pas vraiment son truc ! Charlotte Creyx n’a pas d’énergie à revendre, il lui suffit de nous raconter ses histoires de vacances, de boulot et de… se taire. C’est ce qui est fort chez elle. Un simple regard, une attitude, et on sent déjà nos zygomatiques qui s’activent. « Beaucoup d’humoristes sont sur la sur-énergie alors que ce n’est pas nécessaire. Certains le font très bien, mais pour les autres, c’est souvent une béquille », explique-t-elle.

Neurasthénie
Tout comme Charloose, le personnage qu’elle a créé pour son premier spectacle, en 2008, et qu’elle reprend dans son Intégrale, Charlotte Creyx est timide et a tendance à voir le côté négatif dans toute chose. « C’est ma mère qui m’a donné ce surnom. J’ai passé mon bac et mon permis de conduire à de nombreuses reprises tant j’étais angoissée à l’idée de passer un examen. ça m’a inspiré. J’aime les loosers, les outsiders. Quant on rate, c’est souvent drôle et touchant à la fois ».

Bien vu, son stoïcisme à la limite de la neurasthénie fait mouche et le spectacle, malheureusement un peu trop court, est désopilant. Anti-héroïne par excellence, elle a des faux airs de Nora Hamzaoui, Elle affronte la vie la fleur au fusil et se vautre avec le même entrain. L’écriture est fine et incisive mais jamais cruelle. Si elle se moque, c’est souvent d’elle même. La jeune femme, n’a pas froid aux yeux et n’y va pas de main morte. Elle raconte ses nuits d’amour dans un langage aussi cru que grossier. Ça surprend mais les silences qui suivent sont tout aussi drôles que les répliques en elles-mêmes. « Je me considère comédienne avant d’être humoriste. Je ne veux pas uniquement raconter des blagues. Je joue avec le dialogue intérieur du personnage. Mon corps est en contradiction avec de ce que je dis », continue-t-elle.


Le théâtre contemporain, l’une de ses cibles préférées, lui donne également matière à réflexions. Il faut la voir décrire dans un récit très imagé une pièce dont on taira le nom par respect pour l’auteur (et le théâtre qui l’a programmé). C’est jubilatoire ! Le spectacle devrait évoluer et tout l’art contemporain en général pourrait y passer. D’autres personnages, dont celui de sa tante Marie-Do, devraient également être développés. Chouette ! Nous avons déjà hâte d’entendre les conseils de cette dame très avisée.

by Joël Clergiot

L’intégrale
Charlotte Creyx

@ Le Point Virgule

7, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie
75001 PARIS

Tous les mardis à 21h15

Jusqu’au 30 août 2016

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