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Un rêve d’Italie – Collection Campana : l’ambition d’un homme passionné

Faut-il nécessairement choisir entre rêve et vie ? Au final, l’un et l’autre ne restent qu’une question de désir… Un rêve d’Italie au Musée du Louvre présente celui du Marquis Campana. Un homme dont la passion dévorante lui a permis de constituer une des plus importantes collections privées du XIXème siècle.
Dispersée aujourd’hui, cette collection a servi à étoffer de nombreux musées dont celui du Louvre ou de l’Ermitage de Saint-Saint-Pétersbourg. Comme un hommage, ils s’associent afin de nous livrer un rare et magnifique aperçu d’un héritage sans égal.

Collection CampanaCollection Campana

La volonté d’un homme

Le marquis Giampetro Campana a eu la chance de vivre dans une période de pleine effervescence, propice aux explorations archéologiques. Il est totalement fasciné par l’aspect pédagogique mais également par la mémoire intrinsèque de ces découvertes. C’est pourquoi il sillonne très tôt l’Italie afin de rassembler des œuvres en tout genre. Son désir est d’offrir une vision globale de l’art italien.

Il s’agit pour lui d’un vaste projet culturel mais également politique. En effet, dans une nation encore divisée, il cherche à unir ses habitants grâce au génie de leur patrimoine riche et foisonnant. Il finance alors ses propres fouilles archéologiques mais ce n’est pas suffisant. Profitant de son poste de directeur du mont-de-piété à Rome, il agrandit assez rapidement sa collection, de façon plus ou moins légale…

Attisant les jalousies, le marquis est arrêté et emprisonné en 1857. S’organise alors une vente historique de plus de 12 000 pièces ! De nombreux pays se portent acquéreurs dont la France, la Russie et la Grande-Bretagne.

Ironie du sort : c’est au même moment qu’a lieu l’unification italienne. Bien que la finalité n’était pas celle désirée, le rêve de Giampetro Campana se réalise d’une certaine façon…

Collection CampanaCollection Campana

Des goûts éclectiques

Vous l’aurez bien compris, le marquis est un collectionneur boulimique, que tout passionne. Ainsi, son immense collection se caractérise par sa diversité dont voici un petit aperçu…

Tout d’abord les vases antiques. À eux seuls, ils fournissent une encyclopédie de la céramique et de la peinture sur vase. Ensuite, de nombreuses terres cuites avec statues, urnes funéraires ou plaques à décor figuré. D’ailleurs, Giampetro Campana en était tellement friand qu’il les a rebaptisées les «plaques Campana» !

Les bronzes honorent les objets du quotidien tels que miroirs ou figurines, mais aussi de nombreuses armes. Elles évoquent au marquis les exploits des guerriers italiens. Quant aux sculptures antiques et de la renaissance, nombreuses et variées, elles tentent de rivaliser avec les grandes collections romaines des Borghèse ou des Ludovisi.

Les peintures sont particulièrement représentées. Se mêlent alors toutes les époques, techniques, formats ainsi que l’évocation des différentes écoles régionales (toscane, florentine, Italie du nord…).

Les bijoux et monnaies montrent à l’Europe la virtuosité des orfèvres de la péninsule. Les verres ne sont pas en reste avec des vases à parfum, des coupelles… Autant d’objets préfigurant les plus belles créations de Murano. Nous sommes également surpris par de magnifiques majoliques, faïences typiques de la renaissance italienne.

Et, enfin, les objets de curiosité. Totalement inclassables et surprenants ! Fragments de mobiliers, épingles, instruments de musique mais également de plaisir…

En arrivant, une citation un peu présomptueuse attise la curiosité. Pour autant, après avoir visité cette exposition, nous ne pouvons que la partager…

« C’est une histoire belle comme une légende que celle de la collection Campana et pourtant une histoire vraie… »

by Jean-Philippe

Collection CampanaCollection Campana

Un rêve d’Italie. La collection du marquis Campana

Jusqu’au 18 février 2019

Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9 h à 18 h.
21h45 les mercredis et vendredis.
Nocturne gratuite le premier samedi du mois
de 18h à 21h45.

Au Musée du Louvre
Rue de Rivoli
75001 Paris

Collection Campana

Collection Campana

Collection Campana

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Dorothea Lange au Jeu de Paume : une oeuvre magnifique et puissante

L’exposition Politiques du visible proposée par le Jeu de Paume est la première exposition sur Dorothea Lange organisée en France depuis 20 ans. Elle mêle à la fois les images iconiques réalisées par la photographe ainsi que des images inédites tout autant puissantes.

Dorothea Lange

 Dorothea Lange, une photographe humaniste engagée

Qui ne connait pas Dorothea Lange (1895-1965), photographe américaine emblématique connue pour son oeuvre humaniste ? 

Tout d’abord portraitiste, Dorothea décide, dés 1932, de se concentrer sur des scènes de rue à San Francisco. Elle témoigne ainsi des conséquences de la terrible crise sociale que connurent les États-Unis pendant les années de la Grande dépression.

Dorothea Lange
Damaged Child, Shacktown, Elm Grove, Oklahoma 1936 Dorothea Lange © The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California

C’est à cette période qu’elle rencontrera celui qui deviendra son deuxième mari, Paul Schuster Taylor, professeur d’économie à l’université de Californie à Berkeley. Spécialiste des conflits agricoles des années 1930, Taylor utilise les photographies de Dorothea pour illustrer ses articles.
A partir de 1935, ils travailleront ensemble au profit des agences fédérales dans le cadre du New Deal.

Dorothea Lange

Leur collaboration durera plus de trente ans. Dorothea Lange ne cessera jamais, par sa pratique documentaire, de vouloir témoigner des injustices sociales.

Une exposition inédite et fascinante

L’exposition s’articule autour de cinq chapitres bien distincts qui soulignent, des années 30 jusqu’à la fin des années 50, le contexte des images réalisées par la photographe mais aussi la puissance émotionnelle qui s’en dégage. 

Dorothea Lange
Manzanar Relocation Center, Manzanar, California 1942
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California, City of Oakland

Plus d’une centaine de photographies est exposée : œuvres majeures de la photographe dont la célèbre et controversée Migrant Mother, réalisée en 1936.

Dorothea Lange
Migrant Mother, Nipomo, California 1936
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California

Mais également des photographies inédites en France comme celles, magnifiques d’humanité, retraçant l’histoire des citoyens américains d’origine japonaise internés durant la Seconde Guerre mondiale.

Dorothea Lange
Japanese Children with Tags, Hayward, California, May 8 1942
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California

Les photographies de Dorothea Lange sont sensibles, émouvantes, sans artifice. Accompagnées de légendes détaillées, nous sommes profondément touchés par l’empathie de la photographe avec ses sujets et par son engagement social sans limite.

On ne s’en lasse pas. A voir absolument !

by Caroline

Exposition Dorothea Lange : Politiques du visible

jusqu’au 27 janvier 2019

au Jeu de Paume 
1, place de la Concorde
75008 Paris

tous les mardis de 11h à 21h
du mercredi au dimanche de 11h à 19h
fermé le lundi et les jours féries

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Giacometti au Musée Maillol : la sculpture en majesté

Éblouissement au Musée Maillol avec une présentation inédite de sculptures de Giacometti, en dialogue avec celles de ses pairs et amis.
La salle dédiée aux têtes réalisées par l’artiste est absolument grandiose, la scénographie donnant plein éclat à ses créations. Un nombre conséquent de plâtres rarement montrés est dévoilé à cette occasion par la Fondation Giacometti. 

Giacometti

Giacometti Le Couple, 1927

Giacometti, sculpteur et artiste libre 

Après la rétrospective de Pompidou en 2008, gros plan sur la création sculpturale de Giacometti.
Les évolutions se déploient sous nos yeux, dès notre entrée, dans l’exposition.
D’abord figuratif, fidèle à son modèle (son frère Diego, vers 1914-1915, par exemple) et de ses pairs, l’artiste embrasse ensuite l’avant-garde.
Le Couple de 1927 ou encore l’accordéoniste témoignent de cette recherche constante de nouvelles manières de concevoir l’humain.
L’une des pièces les plus surprenantes est sans aucun doute la Tête crâne de 1934 qui efface la rondeur du crâne pour adopter des angles droits synthétiques brillants. C’est aussi déstabilisant qu’audacieux.
Son sujet d’exploration exclusif restera, tout au long de son travail, l’humain, même si l’artiste tend vers l’abstraction.

Giacometti Tête crâne, vers 1934

Giacometti

Une obsession pour les têtes 

La troisième salle de l’exposition déploie une série de sculptures de formats raisonnables qui émeuvent, surprennent, comblent.
Comme l’indique Catherine Grenier, la commissaire, « Giacometti est un artiste qui valorise l’incertain, le doute, l’échec. » Il n’aura jamais fini, toute sa vie durant, d’explorer une tête.

Le bronze Petit buste de Silvio sur double socle (1943-1944) qui trône au centre de la salle surprend par son jeu d’échelles. Les œuvres réalisées en plâtre confirment l’attrait de l’artiste pour ce matériau qu’il retouchera à coup de canif et qu’il peindra aussi.
« L’homme qu’il montre est fragile », insiste Catherine Grenier et c’est sans doute aussi cela qui permet cette proximité avec les oeuvres, il n’y a pas de filtre. « Giacometti est un artiste qui valorise l’incertain, le doute, l’échec. » Il se gardera bien d’appartenir à un mouvement. Il restera un artiste libre.

Giacometti Diego, tête sur socle cubique, 1958

Bonus 1 : ouvrez l’oeil et laissez vous charmer par les jeux d’ombres des sculptures sur les murs et le sol du Musée Maillol.

Bonus 2 : « Mais l’aventure, la grande aventure, c’est de voir surgir quelque chose d’inconnu chaque jour, dans le même visage. Ça vaut tous les voyages autour du monde. » Alberto Giacometti, 1963.

Giacometti Tête de femme (Rita), vers 1937-1938

Exposition Giacometti, entre tradition et avant-garde

au Musée Maillol
59/61 rue de Grenelle
75007 PARIS

Prolongation jusqu’au 03 février 2018

Horaires :
ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30
nocturne le vendredi jusqu’à 20h30

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Exposition Louis-Philippe et Versailles : l’insoupçonné destin croisé

Le château de Versailles n’a pas toujours bénéficié du rayonnement que nous lui connaissons aujourd’hui. En effet, après la révolution française s’est posée la question du devenir de l’ancienne demeure royale, dont la symbolique divisait l’opinion publique.
Avec l’exposition Louis-Philippe et Versailles, nous découvrons le projet du monarque afin d’assurer la transition tant désirée : édifier un musée « À toutes les gloires de la France » au sein de son emblème le plus fort. Aujourd’hui oubliée, cette histoire dans l’Histoire a pourtant largement contribué au mythe de Versailles !

5000 m2 de nouveaux espaces à découvrir, des salles restaurées pour l’occasion, des œuvres variées, l’exposition est à l’image du lieu : fastueuse, élégante et captivante. L’occasion pour Versailles de nous présenter un de ses visages méconnus pour un moment intime et stimulant…

Louis-Philippe et Versailles

L’impulsion d’un homme

Au début de son règne, Louis-Philippe doit faire face à un pays épuisé et divisé par des années de conflits et d’instabilité politique. En fin stratège, il sait que le secret d’une nation forte, c’est l’union. Dans ce dessein, il va miser sur ce qui relie les Français : l’histoire nationale.

Lui vient alors l’idée de créer un musée, ouvert à tous, afin de faire revivre les héros de l’histoire de France. Le choix de décor s’est dirigé vers le château de Versailles, longtemps délaissé du fait de son lourd passé.

Louis-Philippe et Versailles

Le corps central du château conserve ses attributs palatiaux avec les appartements du Roi et de la Reine. Pour le reste, l’architecte Frédéric Nepveu associe à merveille l’héritage décoratif de l’ancien régime avec les nouvelles techniques de son époque.

Louis-Philippe et Versailles

Ce qui devait initialement être une adaptation s’est en réalité transformée en une véritable appropriation du lieu ! Grâce à cette initiative, le dialogue entre passé et présent est enfin rétabli. Comme Louis XIV en son temps, Louis-Philippe désire faire de Versailles l’image de son règne.

Louis-Philippe et Versailles

Un superbe écrin retrouvé

L’atout de l’exposition est l’ouverture de salles habituellement fermées au public. Dans les salles d’Afrique et de Crimée, des structures métalliques permettent un éclairage zénithal des plus intéressants. Ainsi, notre vision de l’esprit souhaité par Louis-Philippe s’affine.

Nous y découvrons ses goûts personnels, son ouverture au monde et son esprit révolutionnaire. Aidé par la sensibilité romantique de l’époque et passionné des Arts, son attirance pour l’éclectisme s’illustre également par des toiles monumentales, du mobilier ou des porcelaines.

Louis-Philippe et Versailles

S’ensuivent les salles des Croisades, richement ornées. Avant d’observer la galerie des Batailles et la salle du Sacre de Napoléon d’un nouvel angle, une surprise nous attend…

Louis-Philippe et Versailles

Louis-Philippe et Versailles

Direction le théâtre royal ! Sa beauté seule vous transporte directement au cœur du XIXème siècle… Vous ajoutez alors un des décors ayant servi pour la soirée inaugurale du 10 juin 1837 et l’immersion est totale… Son état est exceptionnel. À ce jour, il reste au monde l’unique décor de théâtre de cette époque.

Louis-Philippe et Versailles Louis-Philippe et Versailles

Le domaine de Versailles n’en finit donc pas de nous livrer ses secrets… Bien que peu connu de nos jours, l’impact de Louis-Philippe sur le château a eu un effet extraordinaire : il l’a rendu éternel…

by Jean-Philippe 

Louis-Philippe et Versailles

Exposition Louis-Philippe et Versailles

Jusqu’au 3 février 2019

du mardi au dimanche
de 9h à 18h30 jusqu’au 31 octobre
puis de 9h à 17h  à partir du 1er novembre

Le décor du théâtre est visible uniquement jusqu’au 4 novembre.

au Château de Versailles
Place d’Armes
78000 Versailles

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Alphonse Mucha au Musée du Luxembourg : étonnante rétrospective

La rétrospective émouvante de l’œuvre d’Alphonse Mucha au Musée du Luxembourg nous donne de nouvelles raisons d’être fou amoureux de son style. L’artiste connu pour ses affiches sublimant la comédienne Sarah Bernhardt émerveille aussi bien par ses dessins, ses autoportraits, (quel regard !), ses pastels que ses toiles qui vibrent toutes.
La force des détails pourra faire perdre la raison à plus d’un visiteur qui aspire à une plongée ardente et complète dans l’œuvre de l’artiste.

Alphonse Mucha

Alphonse Mucha
Lorenzaccio, 1986

Sarah Bernhardt immortalisée par Alphonse Mucha

Il y a des rencontres artistiques qui font des étincelles. Sarah Bernhardt se découvrant sublimée sur l’affiche du spectacle Gismonda réalisée par Alphonse Mucha, ne manquera pas de signer un contrat pour sceller sans tarder sa collaboration avec le peintre. Six autres affiches seront conçues, toutes ayant pour unique sujet la comédienne incarnant tour à tour, La Dame aux Camélias, Lorenzaccio ou encore Médée – la force du regard est assez incroyable.
Plus d’un siècle après, les affiches impressionnent, magnétisent. Impossible de totalement les quitter des yeux.
Pourtant d’autres femmes, d’autres incarnations de la beauté viennent nous émerveiller par la suite.

Alphonse MuchaAlphonse MuchaAlphonse Mucha

Gourmandises, saisons et arts 

Mucha arrive à nous émerveiller avec une boite pour des gaufrettes, des flacons ou des boites pour des parfums. Les contenus ne nous importent peu. C’est l’emballage qui nous a plus de valeur pour nous. On se prend à imaginer pareilles œuvres dans notre salle à manger ou notre salle de bain.
Un peu plus loin, les saisons incarnées par des modèles de choix viennent nous faire autant aimer l’hiver glacial que l’été caniculaire.
Les arts (peinture, danse, musique, poésie) trouvent aussi de sublimes illustrations, tout est dans la délicatesse, les arrondis merveilleux.

Alphonse Mucha
autoportrait, 1907

Face-à-face avec l’artiste

Il y a beaucoup d’aspects peu connus du public. En premier, les autoportraits peints ou dessinés de l’artiste. Celui qui ouvre l’exposition est une invitation complice à découvrir ce que cache l’homme.
S’en suit l’autoportrait de 1907 au crayon bleu et blanc sur papier. Le regard incroyable, on pourrait échanger avec l’artiste sans limite.
Ce qui suit dans les salles suivantes du Musée du Luxembourg est une vraie révélation. L’attachement de l’artiste pour des thèmes moins connus (la franc-maçonnerie, l’attrait de la nuit et de ses étoiles…) et l’œuvre d’une vie L’Épopée slave qui a elle-seule méritait un aller-retour à Prague pour admirer les 20 toiles qui la constituent.

Alphonse Mucha

Exposition Alphonse Mucha

au Musée du Luxembourg 
19 rue de Vaugirard
75006 Paris
Tél. : 01 40 13 62 00

du 12 septembre 2018 au 27 janvier 2019 

Horaires :
tous les jours de 10h30 à 19h
nocturne jusqu’à 22h tous les vendredis
nocturnes supplémentaires les lundis du 12 novembre au 17 décembre 2018

les 24 et 31 décembre de 10h30 à 18h
fermeture le 25 décembre

Alphonse Mucha

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Picasso Chefs-d’œuvre, des toiles pour la 1ère fois à Paris

La notion de chefs-d’œuvre est toujours relative. Mais avec Picasso. Chefs-d’œuvre !, le musée Picasso Paris propose une nouvelle manière d’aborder le travail du maitre.
Peintures de jeunesse, dessins, sculptures, moulages, création d’objets, rien ne fait défaut dans cette exposition qui frôle parfois l’agglutination murale (notamment la collection de photos).
Malgré tout, on trouve des pépites. Voici un focus de quatre d’entre elles.
Un choix partial totalement assumé. 😉

Science et charité, 1897

Ce qui surprend avec Science et charité c’est que ce tableau a été peint par un Picasso ado, à 16 ans, encore étudiant en art à Barcelone. Il prend un thème de réalisme social mais le sujet fait écho à la mort de sa sœur en 1895. Et son père pose pour la figure du docteur.

chefs-d'oeuvre
Esquisse, huile sur bois

Sa présentation, pour la première fois à Paris, fait suite à sa restauration entreprit en novembre 2017.
En prémisse,  la radiographie a mis au jour les procédés créatifs du jeune Picasso comme les retouches au fur et à mesure de l’élaboration de la toile.

chefs-d'oeuvre
Image rayons X augmentée de parties de la toile

Comme cette toile est la première à ouvrir l’exposition, on découvre aussi le parti pris formel de l’installation, avec ces ouvertures qui permettent d’observer partiellement les tableaux avant de les découvrir en entier.
chefs-d'oeuvre

La chèvre, 1946

En 1946, Pablo Picasso prend villégiature à Golfe-Juan, pas loin d’Antibes. Sur proposition de Romuald Dor de la Souchère, il installe son atelier dans le Musée Grimaldi.

Entre septembre et novembre 1946, il crée 23 peintures et 44 dessins. C’est là que  la chèvre devient un animal clef du bestiaire de Picasso.
Si le texte dans la pièce penche pour le dessin, on a eu un coup de cœur pour cette chèvre sculptée.

chefs-d'oeuvreL’animal est brut mais la matière est vivante.  Cette chèvre mélange des feuilles palmes, du métal et du plâtre. Ses yeux sont imparfaits mais la bête a une âme, que l’on aime contempler.
De cette sculpture émane une belle énergie.

Les Baigneuses, 1937

Cette année-là, Malaga, la ville natale de Picasso, est prise par les troupes franquistes. En l’espace de 8 jours, entre le 10 et le 18 février, Picasso peint ces 3 scènes de plage.

chefs-d'oeuvre
Esquisse

Des baigneuses aux corps déformés, avec des teintes minérales et froides. Des figures construites lors d’échanges avec Man Ray, Dora Maar ou Paul Éluard.

chefs-d'oeuvreRéunies pour les premières fois en France, et peu exposées, ces baigneuses tristes et hors norme permettent de capter l’état d’esprit de Picasso.

Et ce qui est frappant c’est l’emploi de techniques mixtes pour chaque toiles : aquarelle, huile, pastel, crayon….chefs-d'oeuvre

Lithographies, 1948

Ce qui est un chef d’œuvre ici,  ce n’est pas le résultat mais bien de voir la technique de base.

chefs-d'oeuvre

Il est rare de pouvoir admirer les pierres qui ont servi à créer des lithographies.
Dans cette salle, il y a quelques exemplaires de dalles qui montrent certaines étapes de la gravure. Et on a envie de les effleurer…
Pure, alcaline et magique.
Et les compositions en noir et blanc de cette salle en ressortent magnifiées.

chefs-d'oeuvre

Avec cet ensemble, le Musée Picasso Paris offre aux visiteurs une nouvelle palette de découvertes des œuvres du Maître.

On a toujours un pan de création by Pablo à découvrir…

Exposition Picasso. Chefs-d’œuvre !

du 04 septembre 2018 au 13 janvier 2019

Musée national Picasso-Paris
5 rue de Thorigny
75003 Paris

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La Villa Cavrois : succomber au chef-d’oeuvre de Robert Mallet-Stevens

La Villa Cavrois est un joyau architectural jouant à merveille avec les rayons du soleil. A quelques kilomètres seulement de Lille et à portée de tram, ce monument qui a bénéficié d’une belle rénovation offre – en plus de ses volumes spectaculaires – une exposition inédite de photographies revenant sur les créations de son concepteur : Robert Mallet-Stevens.
Jusqu’au 18 novembre, il est possible de découvrir les autres créations de l’architecte dont beaucoup ont disparu. 

Villa Cavrois Villa Cavrois

La Villa Cavrois : divine obsession !

Depuis que j’ai eu connaissance de son existence via une photographie, La Villa Cavrois m’obsède. Son architecture, sa couleur, le jardin qui l’accompagne, sa piscine, absolument tout m’attirait.
Il fallait me voir la découvrant un beau jour de juin, en plein soleil. Je n’ai pas arrêté de la regarder, de la voir jouer avec le soleil, à scruter les silhouettes passant devant sa large baie vitrée. Je l’ai shootée comme un fou tout en l’explorant. Il était alors impossible de m’arrêter dans ma visite.
Et la réalité dépasse l’imagination. Cette villa est folle, génialement inspirante, rayonnante. Je n’ai aucun mal à me voir y vivre, même si les meubles sont d’un autre temps, que le confort n’est pas tout à fait le même et que je n’ai pas la nécessité d’avoir une aussi imposante salle de bain.

Villa Cavrois

Villa Cavrois

Robert Mallet-Stevens, géniale inspiration 

A travers l’exposition photographique présentée jusqu’au 2 septembre, nous apprenons que l’architecte Robert Mallet-Stevens a fait deux essais avant de réaliser la Villa Cavrois.
Le premier est la villa de Paul Poiret à Mézy-sur-Seine. Pour l’anecdote, le grand couturier ayant fait faillite, il devra vivre dans la maison du gardien pendant quelques temps avant de gagner le confort de sa demeure.
Le deuxième essai sera la Villa Noailles à Hyères. L’architecte aurait eu quelques difficultés avec ses commanditaires. Il avait conçu un belvédère pour celle-ci, photo d’époque à l’appui. Mais le Vicomte le fera raser car jugé « trop ostentatoire« .

L’exposition conçue grâce à la collection de Jean-Louis Cohen et la complicité de Richard Klein met en lumière une heureuse collaboration. Celle de Mallet-Stevens et André Salomon, ingénieur éclairage, spécialiste en France de l’éclairage indirect, à l’époque. Dans la Villa Cavrois, par exemple, il est impossible de voir les sources de lumière. L’avantage est d’avoir un éclairage linéaire et de proposer des effets visuels spectaculaires.
Pour voir le résultat, rien de mieux que de visiter la villa lors de nocturnes exceptionnelles.

Une composante méconnue du travail de l’architecte est révélée aussi à travers ce large fond : la réalisation de magasins.
Mallet-Stevens avait un sens théâtral pour capter l’attention sur la marchandise et privilégier l’ambiance.
Les photographies sont de précieux témoins de concepts disparus : des pavillons d’expositions – comme le relais d’essence sur une grande route pour le Salon d’automne à Paris en 1927 – ou encore des magasins pour les enseignes Peugeot et Alpha Roméo.

Villa Cavrois

Villa Cavrois
60, avenue John-Fitzgerald Kennedy
59170 CROIX
Tél. 03 28 32 36 10

Horaires :
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h
Fermé : les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Exposition photographique
Robert Mallet-Stevens et ses photographes.
Collection Jean-Louis Cohen
Prolongations jusqu’au 18 novembre 2018

Ouvrage : Robert Mallet-Stevens et ses photographes
Collection Regards
Parution : 7 juin 2018 – Prix : 12 euros

Villa Cavrois

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En Société : les pastels du Louvre incroyables et éclatants

Avec l’exposition En Société, Pastels du Louvre, près de 150 pastels du 17e et 18e siècle qui sont mis en lumière.
Cet accrochage clôturant une campagne de restauration de 7 années effectuée grâce au mécénat des American Friends of the Louvre.
L’occasion pour le Musée du Louvre d’éditer un nouveau catalogue-inventaire raisonné de la plus grande collection de pastels du monde, tout en révélant les secrets de conception de pièces maitresses. 

pastelChacune des œuvres a donc été revue et restaurée.

Les pastels ont été ôtés de leur cadre et les protections arrière retirées. Le but : dépoussiérer les œuvres mais surtout aspirer la moisissure (un champignon essentiellement présent dans les couleurs sombres).
A coups de pinceau minutieux et experts, les pastels ont donc retrouvé un éclat qu’ils avaient perdu avec le temps.
Et si certains verres de protection ont été changés, d’autres sont encore d’époque.

Parmi ces 150 œuvres exécutées sur papier ou sur vélin, nous proposons ce focus sur 4 pièces qui nous ont particulièrement touchés.

Jeanne-Antoinette Lenormant d’Etiolles, marquise de Pompadour

C’est sans conteste la pièce maîtresse de cette exposition.
Et sans parler de la finesse de la réalisation, Maurice Quentin de La Tour réalise avec ce portrait de véritables prouesses techniques.pastel

Pour créer les 178,5 x 131 cm de cette toile, l’artiste a dû assembler 8 feuilles de papier – aucune production à l’époque ne permettait d’avoir une feuille unique de papier aussi grande. Et à l’origine, l’œuvre était encore plus grande de 5 à 6 cm de chaque côté !

Maurice Quentin de La Tour a donc pensé la composition de son portrait afin qu’aucun élément important ne se retrouve sur les jointures des feuilles.
Mais, en s’approchant de la toile, on peut voir que l’artiste a fait des modifications tout au long de sa création. Ce qui est très dur en pastel.

pastel
Ainsi, une main aurait changé d’orientation. Les mules et les pieds ont été modifiés et l’artiste a gratté une partie du papier plutôt que de le remplacer par un autre morceau.

Prenez donc bien le temps d’observer les détails de ce pastel !

Une académie masculine dévoile ses secrets

La restauration de cette œuvre de Joseph Ducreux a révélé que l’artiste avait contrecollé plusieurs académies de son atelier pour protéger le châssis de sa toile.
Ne manquez pas de saisir le volume de la série de feuilles sacrifiées pour la réalisation de ce nu.

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Maurice Quentin de La Tour : joyeux autoportraits 

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pastel

Il y a un côté facétieux qui nous plait beaucoup dans cette série d’autoportraits. Un incroyable regard souriant et complice invitant à un échange original avec un artiste, à travers les siècles.
Cet ensemble donne irrémédiablement envie de se pencher sur la biographie de Maurice Quentin de la Tour.

Portrait de Mme Jean Tronchin

La délicatesse de ce portrait réalisé par Jean Étienne Liotard est assez bouleversante. Le peintre a osé un jeu de transparence réalisé grâce à de la gaze noire. Des touches de couleurs à l’arrière des yeux et de la bouche ont été découvertes au cours de la restauration de cette œuvre. Elles donnent encore plus de vigueur à cette discrète inconnue.

pastel

Exposition
En société
Pastels du Louvre des 17e et 18e siècles

jusqu’au 10 septembre 2018

Horaires :
Tous les jours sauf le mardi, de 9h à 18h
21h45 les mercredis et les vendredis

au Musée du Louvre
Rue de Rivoli
75001 Paris

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Sur les murs : les graffitis font l’Histoire au château de Vincennes

Les graffitis ne sont pas une invention moderne ! Au Château de Vincennes, l’exposition Sur les murs fait raisonner les graffitis anciens et modernes à l’aune de l’histoire.
A chaque époque sa signification et son interprétation : témoignage, propagande ou simple trace de passage, vous saurez tout sur les grafs d’anonymes ou de grands noms !
Car l
e graffiti ce n’est pas que de la bombe aérosol sur un mur. C’est aussi la gravure au cutter sur un bureau d’écolier, un dessin sur le mur d’une prison ou encore un simple nom gravé, par un soldat, dans la pierre d’une salle de garde.

Sur les Murs

Graffiti : marque visible de l’histoire

Le Centre des Monuments Nationaux (CMN) propose de découvrir cette diversité d’expression grâce à l’événement Sur les Murs.
En visitant le Château de Vincennes, vous plongerez dans l’histoire de ces dessins et ces textes laissés çà et là.

Sur les Murs
Marque de tâcheron sous le porche

Codés ou plus compréhensibles, les graffitis ont toujours pour but de délivrer un message.
Cela peut être du corporatisme, comme avec les marques de tâcheron qui codent dans la pierre le travail de différentes confréries utiles à la construction d’un bâtiment.

Sur les Murs
Tableau répertoriant les marques de tâcherons

C’est aussi laisser une trace de vie.
Le plancher de Joachim en est un exemple particulier.
Un menuisier a raconté sa vie et celle de son village au revers d’un plancher au 19e siècle. Fascinant !

Sur les Murs

Un parquet étant changé tous les 80/100 ans, son texte est le témoignage d’une société, d’une époque pour le futur. Joachim avait aussi souhaité que le menuiser suivant prenne exemple sur lui.

Il y a la même volonté de transmissions d’une histoire particulière avec les 73 plaques de plâtre Drancy.
Les juifs enfermés dans ce camp ont choisi de graver leur état civil afin de témoigner de leur passage et que leur vie fût bien réelle.

Sur les Murs
ICI A DORMI LE JUIF / ALBERT ALTERMANN / DRANCY LE 11 – 12 – [19]43 / DEPART LE 16 – 12 – [19]43 / ARRIVE LE 08 – 12 – [19]43 / BON MORAL

Sur les murs : une expo de A à Z

Partir sur les traces des graffitis, c’est donc remonter l’histoire des monuments nationaux français.

Sur les Murs
Des rares graffitis historiques féminins

Car cette exposition ne se concentre pas uniquement sur les graffitis présents sur les murs du Château de Vincennes.
C’est un petit tour de France des plus représentatifs, mêmes si vous en aurez beaucoup à contempler et décoder dans les salles.

Sur les Murs

Et dans 30 monuments du CNM à travers la France, vous trouverez des expositions complémentaires à celle de Vincennes.
A chaque coin de mur, vous risquez de tomber sur un mot de Victor Hugo, sur la recette de fabrication des balles pour le fusil et, bien sûr, sur les traces des prisonniers qui tuaient le temps en gravant la pierre. #Passionnant

Sur les Murs
Armand de Barthillat n’a pas eu le temps de gravé la fin de sa détention à Vincennes

Mission Graffiti : enquête en mode 2.0

Si le terme graffiti est entré dans la langue française en 1856, le CMN, a décidé de le transporter dans le monde numérique.

Mission graffiti

Avec Mission Graffiti, mener l’enquête à travers les différents sites du CNM, sur le web et les réseaux sociaux.
Via Instagram, Youtube, Twitter, Facebook… des personnes du jeu vous aideront à mener votre mission.

Mission graffiti

Une façon originale de partir à la chasse aux graffitis en mêlant réflexion virtuelle du jeu en point and click et découverte in situ pour dénicher d’autres trésors graphiques.
Si vous trouvez la solution avan le 16 septembre 2018, vous ferez peut-être partie des 50 gagnants tirés au sort…

Sur les Murs
Graffitis de visiteurs dans l’une des cheminées

N’hésitez pas à partager vos découvertes sur les réseaux sociaux avec  #Surlesmurs ou #MissionGraffiti. Plutôt que de laisser une trace de votre passage sur les murs de nos beaux monuments. ;-)

Sur les Murs

Exposition Sur les Murs : « Histoire(s) de graffitis« 

du 6 juin au 11 novembre 2018

Tous les jours de 10h à 18h

Château de Vincennes
1 avenue de Paris
94300 Vincennes

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Aurélien Mole, artiste et visiteur passionné du Château d’Oiron

Aurélien Mole est un artiste à la barbe qui change selon les saisons.
Dans le cadre de l’exposition Déclassement au Château d’Oiron, il a conçu une série de cartels aussi discrets que barrés pour réinventer les œuvres de cette collection unique en France.
Son brin d’humour et de surréalisme nous ont convaincu de la nécessité d’échanger avec lui.
Autre particularité, Aurélien Mole a une relation forte avec le Château d’Oiron qu’il a fréquenté jeune, en voisin, déterminant sa fibre artistique.

Aurélien Mole
selfie de l’artiste exclu pour UsofParis

Rencontre

UsofParis : Une image forte du Château d’Oiron ?

Aurélien Mole : Ma première visite à 17-18 ans a été marquante. Ça a été la découverte d’un lieu et de son influence sur les œuvres exposées. Il y a une vraie alchimie entre les œuvres et le lieu. Je me souviens du fait de pousser des portes, l’absence de gardien et donc la liberté de déambuler, d’explorer.
Ça a déterminé toute ma carrière. Aujourd’hui, je travaille autour du concept de l’exposition.

Quelle a été ta démarche pour cette œuvre in situ ?

C’est une pièce ancienne que j’ai faite à différents endroits (Villa Arson…). Quand Barbara Sirieix, la curatrice de l’exposition, m’a invité, elle a parlé de déclassement, le fait de ne pas toucher au Château. Il y avait en fait beaucoup de contraintes dans ce qu’elle proposait.
Et j’ai proposé de réactualiser cette pièce, Un cabinet d’amateur. C’est une façon d’étirer les œuvres vers des dimensions fictionnelles.
Je ne fais pas d’œuvres autonomes. L’exposition est toujours importante. Mes cartels sont des sortes de collage par rapport à des œuvres déjà présentes et comment broder des fictions, comme une tapisserie.

Aurélien Mole

Aurélien Mole

Les cartels n’ont pas tous le même effet sur les visiteurs.

Il y a un rapport de vérification entre ce qui est écrit et l’œuvre.
Il y a une trentaine de cartels, certains vraiment très loufoques, d’autres se veulent explicatifs et aussi des ouvertures dans le fantastique.
Ça s’appelle Un Cabinet d’amateur en référence à Georges Perec mais ça s’inscrit vraiment dans l’idée de l’exposition de Jean-Hubert Martin – ancien Directeur artistique du château d’Oiron et conservateur général du patrimoine.

Comment écris-tu, face aux œuvres, sur place ?

Je connais bien les œuvres, je les avais en tête.
Mais, en général, je demande des photos, sans texte pour les autres lieux. Car les photos font sortir des points saillants de certaines pièces. Et c’est à partir de là que je peux commencer à broder des choses.
Je fais beaucoup de photographies d’expositions et je transforme les objets en image. Ainsi, je vois apparaître des choses dans les images qui ne se voient pas forcément dans les œuvres.

Joie d’Hélène Bertin

Connaissais-tu les autres artistes de Déclassement ?

Oui, je connaissais Hélène Bertin et Flora. Je les ai photographiées. En revanche, j’ai découvert l’Américain Tyler Corburn.
Barbara Sirieix a un commissariat très peu formaliste. Les propositions sont très différentes d’un artiste à un autre.
Mais il y a plein d’échos, on s’en rend compte à posteriori.
Et puis, le château influence énormément le travail de chacun.

De quel artiste serais-tu le plus proche ?

Plutôt de Tyler Corburn, qui a une démarche plus conceptuelle, comme moi. Même si j’accepte de produire des formes.
En fait, je suis un conceptuel défroqué ! 🙂

L’œuvre qui te touche le plus au sein de la collection du Château d’Oiron ?

C’est compliqué. Je les aime toutes.
Je passais beaucoup de temps dans la pièce de La Collection de Mama W. Ça ressemblait peu à ce que faisait Daniel Spoerri.
J’aime aussi la pièce de Claude Rutault pour sa radicalité. Je la trouve assez forte, dans sa volonté de disparaître complètement.
La pièce de Sol Lewitt est aussi très bien placée.

L’humour est-il nécessaire dans l’art ?

« Il faut de tout pour faire un monde… » comme la chanson du générique d’Arnold et Willy. 🙂
L’humour n’est pas nécessaire. Mais il est important d’avoir un bon mauvais goût. Et dans l’humour, il peut y avoir quelque chose de l’ordre du mauvais goût. Réussir à cultiver quelque chose de dissonant est important.
L’humour peut être dissonant.
Par exemple, j’adore William Wegman et Buster Keaton, c’est à la fois très drôle et poétique.

L’œuvre de ta vie est-elle déjà réalisée ?

Ça peut se dire rétrospectivement. Je vise quand même un temps très long.
J’aimerais être un bon vieil artiste. 🙂
Il y a des artistes qui donnent tout jusqu’à l’âge de 30 ans et après ils restent enfermés dans le carcan formel. Et puis, il y en a d’autres, parce que découverts tard ou qui se remettent en question, qui a 70 ans ont encore des choses à dire. Ils charrient tout un pan d’histoire.

Propos recueillis par Alexandre

Exposition Déclassement

au Château d’Oiron
10 Rue du Château
79100 Oiron

jusqu’au 30 septembre 20018

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