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Game of Thrones expo : magistrale minutie & costumes sidérants

L’exposition Game of Thrones ou The Touring Exhibition est le meilleur moyen de calmer l’impatience des fans de la série à succès avant la diffusion de l’ultime saison, en 2019.
La plongée est grisante à souhait et révèle une incroyable précision dans les détails des costumes et accessoires qui ne peut être perçus sur votre écran.

Nous avons visité l’expo à deux : Emmanuel un vrai fan qui n’a manqué aucun épisode mais qui n’est pas prêt à dépenser des sommes folles en merchandising et moi qui n’ai vu aucun épisode.
Mon seul lien avec Game of Thrones est un modeste selfie avec Kit Harington rencontré à Londres.

Game of thrones

Le jour de la visite de presse, trois personnages de la saga étaient au rendez-vous : Meryn Trant (Ian Beattie), Melissandre (Carise Van Houten) et Bran Stark (Isaac Hempstead-Wright).
Autant dire que les journalistes et blogueurs présents s’en sont donné à coeur joie.

Alors que beaucoup de questions leur étaient posées sur l’expo, nous avons axé nos échanges autour #GOT et du tournage, afin de ponctuer ce billet.

Game of thrones
Costume de Tyrion Lannister

Un seul spoiler pour la saison 08 : « Winter is coming« 

On va évacuer tout de suite les deux choses qui fâchent :
– L’absence de mise en scène poussée avec des reprises de décors pour encore plus mettre en valeur les costumes et les objets.
– Un audio guide en option, et en surplus un peu cher (6€), mais qui apportera des compléments d’infos essentiels aux grands fans de la série.

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Cette expo est vraiment conçue pour permettre d’admirer le travail de création dans ses moindres détails.
Car oui, il est fou de voir tout le soin apporté aux broderies ou enluminures des costumes et des accessoires, notamment les armes.
Des détails que jamais le téléspectateur ne voit, par manque de gros plans et par manque de temps.

Game of thrones

Et pour comparer : sur les costumes vus dans l’expo Harry Potter, point d’ouvrage autant abouti.

« C’est un degré de perfection extraordinaire, qui révèle l’esprit de toute la série. » nous confirme Ian Beattie.

Game of Thrones : émerveillement pour les yeux

Ce qui est surprenant c’est que certains costumes ont vraiment vécus, ils semblent avoir combattu.
Une fois que votre œil a capté cette parcelle de vie, il se focalise sur leurs enluminures.
Alors il devient impossible de ne pas chercher l’élément qui rend la création unique.

Comme ce lion brodé sur les épaules de la robe de Cersei.

Game of thrones Game of thrones

Ce sont les enchevêtrements de roses et d’épines argentées de la robe de mariée de Margaery Tyrell, délicats à souhait.

Game of thrones Game of thrones

Ce sont les écailles de dragons de l’armure de Jaime Lannister qui donnent l’impression d’être tranchantes.

Game of thrones

Ou encore l’élégance des boutonnières et la finesse des broderies de la tenue de mariage de Joffrey Baratheon dans un épisode tant attendu…

Game of thrones

Côté accessoires, la poignée l’épée de Ramsay Bolton sous-tend toute l’ignominie du personnage.

Game of thrones

Ou encore cette hache de la Maison Greyjoy sur laquelle on découvre une pieuvre d’une finesse incroyable qui enlace toute la partie tranchante. Vraiment magnifique.

Impossible de percevoir ces éléments en pleine scène de sang et de  règlements de compte. A croire qu’ils ont conçu pour être exposés et ainsi faire entrer encore plus la série dans la légende.

Game of thrones

Des tableaux pour un univers foisonnant 

Dans chaque salle, un univers de Game of Thrones est mis en avant : le Dieu Multiface et Arya, les contrées au-delà du mur, les différentes maisons de Westeros, Port Réal et les Lannister-Baratheon, Witerfell…

Mais l’on est toujours fasciné par quelques lieux ou scènes emblématiques.

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Un panneau « Traître » qui résonne de façon particulière dans la cour de Château Noir.

Game of thrones Game of thrones

L’épique et terrifiante Garde des Immaculés entourant les costumes de Daenerys, la Reine des dragons.

Game of thrones

Et impossible de ne pas croiser la route de l’inénarrable Trône de Fer.
Une sensation épique.

Game of thrones

Chaque salle a son univers propre et contient son lot de surprises.

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Une expo pour les fans mais pas que…

Alors oui, entre un fan de Game of Thrones et un néophyte, la visite a suscité des réactions diverses.
Et ce n’est pas forcément celui que l’on croit qui a été le plus bluffé par les pièces présentées.

Car oui à force de créer des expositions évènements autour de sagas, si le fond (costumes et accessoires) est bien présent, la mise en espace et les décors méritent une attention tout aussi particulière.

On a aussi aimé les petits spots photo où chacun peut se transformer en Arya Stark ou en marcheur blanc grimpant le mur de Château Noir.

Game of thrones

Mais au final, le néophyte et le fan n’ont qu’une seule envie : (re)commencer la série du début !

Game of Thrones Exposition
The Touring Exhibition

du 1er juin au 2 septembre 2018

Tous les jours de 10h à 19h
Le samedi jusqu’à 22h

Paris Expo -Porte de Versailles
Pavillon 2.1
Place de La Porte de Versailles
75015 Paris

Plus d’info sur : Gameofthronesexposition.fr

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Miss Van à la Galerie Openspace : « ma peinture a toujours été dans l’émotion »

Miss Van est une artiste fascinante qui prend le temps de regarder dans le rétro de sa production artistique, à l’invitation de la Galerie Openspace.
Celle qui se dit nomade et dotée d’un monde intérieur très riche, ne donne pas de prénoms à toutes ces femmes qu’elle peint. « Elles sont des personnages à part entière et c’est que si c’était dérivé d’un même personnage, à chaque fois. C’est une évolution du personnage féminin en général. Je voudrais que les femmes puissent s’y retrouver. »
La peinture est la chose la plus précieuse pour elle, raison pour laquelle, elle n’a jamais voulu devenir une marque.
Rencontre délicieuse autour de 3 œuvres exposées. 

Miss Van

Gitana VI : « une sorte de synthèse de mon travail. »

« Cette toile a 2 mois, je l’ai faite en Californie, après une expo sur les portraits de Maori.
Des peintures du XIXe siècle incroyables. J’ai été complètement submergée par le portrait classique, pyramidale, intemporel et solennel. A la fois doux et guerrier, avec le cuir, la peau, les plumes, tout ce qui donne de la force à la parure. Et je travaille là-dessus depuis longtemps.
Ça m’a redonné envie de renouer avec le portrait, avec mon propre folklore, un mélange de plein de choses, du Brésil, de Mexico.
Ça me permet d’être libre, je passe de choses très minimales, des corps nus à des choses à choses très élaborées, composées.
C’est comme un playground. Je mélange toutes les couleurs. Il y a quelque chose de très gitan.
Je n’ai pas une culture mais plusieurs. Je pourrais vivre dans plein d’endroits, parler plusieurs langues. »
Miss Van

Twinkles : « Si elle se vend, ça me fera mal au cœur. » 

« C’est la série Twinkles, sombre, romantique, réalisée en 2010, à Barcelone, dans un sous-sol sans lumière. Elle a été exposée à la galerie Magda Danysz à Paris puis transférée à Shanghai. Elle a été aussi exposée à New York au Museum of Sex pour une expo street art.
C’était une manière de sortir la lumière d’une autre façon, de partir sur une base de fond très sombre et de corps nu mais maquillé. C’est une série qui est en rupture et une prouesse aussi de travailler une gamme très sombre.
Et faire des portraits très classiques, intemporels. Elle est associée à une autre toile avec un vautour. J’ai gardé cette œuvre que je mets à la vente un peu à contrecœur.
Je garde tout, en fait. »

Miss Van
Lagrimas de Mariposas : « ma peinture a toujours été dans l’émotion »
« C’était après une rupture, pour l’exposition Lagrimas de Mariposas, en 2006. Une expo un peu triste. 
Le maquillage de clown triste c’était pour accentuer l’aspect dramatique. 🙂 
Toute la série était comme ça, travailler le dépouillement, le rien, le vide, le côté anéanti. 
Je me rappelle de tous mes ex avec ma peinture. Mes peintures sont mes repères pour les histoires. Avant qui, après qui, ce que je ressentais…
Je suis tellement sincère dans ma peinture, ce sont des témoignages réels. »

Qui tentes-tu d’imiter ? 

« Quelle question horrible ! 😉
On a tous des influences. Mais j’ai jamais eu envie d’imiter quelqu’un. Car ma préoccupation était d’être unique et différente de ma sœur jumelle et de tout le monde.
Et qu’on me voit, pour des raisons personnelles, pas pour être connue.
J’avais besoin de me séparer de ma sœur où moment où j’ai commencé à peintre, à être différente, à me raser la tête, à me colorer les cheveux, à mettre une grande robe de princesse pour qu’on me voit la nuit. J’avais une rage et un besoin d’identité.
Petit à petit, avec les années, j’ai eu moins besoin de me justifier.
J’ai eu de la chance que mon travail soit toujours resté personnel. J’ai eu de la concurrence, ça m’a poussée. Des années difficiles à être seule, je me suis forgée une personnalité d’acier. C’est pour cela que je peins des guerrières, des amazones, des muses.

C’est un peu une idéalisation de la femme. C’est important qu’elle soit féminine, fragile et forte à la fois. » 

Miss Van
portrait par Julie Morize

Leonor Fini, un modèle ? 

« J’en ai marre que l’on m’associe au street art. J’ai fait une expo avec Leonor Fini, artiste des années 50, hyper libérale et révolutionnaire en son temps. Pas assez connue, parce que c’était une femme. Elle a toujours été célibataire, elle a vécu en trio, elle avait plein d’amants. Ses peintures étaient hyper érotiques et dérangeantes. Et je me retrouve vraiment dans son travail. 
C’est la 1ère fois que je vois mes tableaux à côté de ceux d’une autre artiste qui n’est plus de ce monde. Mais en ayant l’impression de dire les mêmes choses et d’avoir un peu la même sensibilité. Et ça m’a vachement émue. 
Et je me dis que mon travail doit être plus surréaliste que je ne le pense. Je n’ai pas le recul nécessaire. Cette obsession que j’ai pour les cheveux, les masques… J’ai toujours cru qu’elle me limiterait. Et finalement, je me suis dit que toutes mes faiblesses seraient mes forces et que mon obsession serait ma force, comme mon hypersensibilité qui me pourrit la vie. »

La peinture plus précieuse que l’amour ? 

« Ça va ensemble. 😉 C’est pareil.
A la différence que la peinture ne dépend que de moi. On n’a pas besoin de quelqu’un pour nous rendre heureux. C’est titre au fond : après chaque histoire, il faut que je me remette à ma peinture, que je me recentre sur moi-même.

C’est aussi pour ça que j’aime voyager, rencontrer des gens. Pour changer de vie, m’oublier un peu. »

Devenir folle un jour ? 

« Je le suis déjà ! 🙂
Les vrais artistes – ils ne sont pas nombreux -, nous avons des névroses que nous avons la chance de pouvoir exprimer. Mais on n’est pas plus fous que d’autres. On a juste un médium pour exprimer cela. Beaucoup de gens qui cherchent un exutoire pour sortir leurs peurs…
J’aime les gens barrés, un peu cas sociaux. Ça m’attire. 🙂 »

 

Propos recueillis par Alexandre 

Miss Van

Exposition MISS VAN
rétrospective 2003-2018

du 19 mai au 16 juin 2018

à la Galerie Openspace
116, boulevard Richard Lenoir
75011 PARIS
tél. 09 80 66 6 94

du mercredi au samedi de 14h à 19h

Site officiel : missvan.com

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Photo du mois #74 : made in Japan

Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.

Cette fois, c’est au tour de Mirovinben de choisir le sujet : made in Japan.

C’est au Palais de Tokyo que j’ai fait la rencontre avec les daimyo, des seigneurs de la guerre au Japon. Il s’agissait de gouverneurs qui ont eu pleine autorité entre le XIIe et XIXe siècle.
Leurs armures sont spectaculaires par les détails, certaines ont des reproductions d’insectes géants sur les casques.
La scénographie donne encore plus d’éclat à ces atributs d’un autre temps et d’une autre culture.

Daimyo
D’autres cartes postales du Japon sont à glaner sur les autres blogs : Gine, Lyonelk, Gilsoub, The Beauty is in the Walking, Betty, Xoliv’, Renepaulhenry, Mamysoren, Brindille, Marie-Paule, J’habite à Waterford, Philisine Cave, magda627, Nicky, Amartia, FerdyPainD’épice, DelphineF, Pink Turtle, Chiffons and Co, Céline in Paris, Albane, Julia, BiGBuGS, Lavandine, Escribouillages, écri’turbulente, Ventsetvoyages, Pat, El Padawan, Laurent Nicolas, La Fille de l’Air, Pilisi, Blogoth67, Mirovinben, Angélique, Tambour Major, Morgane Byloos Photography, Sandrin, Krn, Bubble gones, Josiane, Frédéric, Giselle 43, Cricriyom from Paris, Alexinparis, Akaieric, Eurydice, Nanouk, Rythme Indigo, Sous mon arbre, Christophe, Aude, Jakline, La Tribu de Chacha

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Exposition Game of thrones : plongée immersive dans Westeros

L’exposition évènement Game of thrones : The Touring Exhibition s’apprête à envahir la capitale pendant 3 mois.
L’univers artistique et créatif de la série HBO a un fort impact sur le spectateur.
A prévoir donc une affluence record Porte de Versailles entre le 1er juin et le 2 septembre
 pour arpenter Westeros en mode interactif.

Sur 2 000 m2, les fans de la série Game of thrones seront plongée dans l’univers d’héroïc fantasy au générique envoutant.
Décors originaux, costumes, armes et accessoires, vous admirerez de près la qualité de réalisation de ces objets.

La scénographie vous fera voyager dans 4 des grandes régions de la série de HBO :

Les paysages hivernaux du Nord et les décors princiers de Port-Réal
Meereen : la mythique cité conquise par Daenerys Targaryen, la Khaleesi mère des dragons.
Châteaunoir : le siège de la Garde de Nuit, et les terres glacées Au-delà du Mur.
La salle du Trône de Fer : l’emblème du pouvoir de Westeros dans toute son inquiétante splendeur.

Game of thrones

 Game of thrones : The Touring Exhibition promet un parcours immersif, des expériences interactives et des contenus multimédias.
De quoi se prendre, pendant 1h ou 2, pour John Snow, Daenerys, Tyrion, Cersei, Ver Gris, Sansa ou Arya…
Espérons simplement que les visiteurs qui voyageront sur les terres de Westeros et Essos profiteront d’une expérience à la hauteur de leurs attentes qui seront forcément grandes. Comme le fût  Starwars Identities par rapport à la décevante  Harry Potter, l’exposition !

Les billets d’entrée sont en vente depuis le 24 avril 2018.

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Game of thrones

Exposition Game of thrones : The Touring Exhibition

du 1er juin au 2 septembre 2018

Paris Expo / Porte de Versailles
Pavillon 2.1
Place de la Porte de Versailles
75015 Paris

Horaires :
Ouvert tous les jours de 10h00 à 19h00,
Nocturne le samedi jusqu’à 22h

Plus d’infos et prévente  des billets sur le site : gameofthronesexposition.fr

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Exposition Kupka au Grand Palais : en 4 oeuvres fortes

Je ne connaissais pas le peintre Kupka avant d’arpenter les galeries nationales du Grand Palais. Je ne pensais pas être saisi à la fois par ses oeuvres figuratives méconnues. Et je n’anticipais pas mon adhésion possible à sa saisissante abstraction.
Voici la sélection de 4 toiles devant lesquelles j’ai passé quelques minutes. 

Kupka

Méditation, 1899

Cette oeuvre saisit à la fois par sa technique (craie et fusain sur papier) et cette pose face à une montagne impressionnante et son reflet dans l’eau.
Le modèle est Kupka lui-même. Il y a l’idée de communion, de respect et d’humilité par la nudite face à la nature suprême.
Une image tellement éloignée de notre monde qui surjoue dans la mise en scène de soi à travers des selfies qui fatiguent la rétine.

Brigitte Leal, conservatrice générale et une des commissaires d’exposition, nous apprendra un peu plus tard au cours de notre visite que le peintre était végétarien et qu’il pratiquait la gymnastique, nu. Une qualité de vie qui est à l’opposé de l’image bohème que l’on pourrait se faire d’un artiste.

Kupka
Autoportrait, 1910
Prague, Narodni Galerie v Praze

Kupka, Autoportrait, 1910

Cette fois, l’artiste ne se dérobe pas à notre regard. L’échange est frontal, à la fois cocasse, simple et brut.
La barbe est magnifique, un hipster avant l’heure ! Et les ondes colorées sur son visage sont tout à fait fascinantes.

Kupka
Amorpha, fugue à deux couleurs, 1912
Prague Narodni galerie v Praze

Amorpha, fugue à deux couleurs, 1912

Kupka entre de plein-pied dans l’abstraction pour ne plus jamais la quitter. Brigitte Leal nous éclaire : « en 1912-13, il était le seul à peindre ces formes-là. » Preuve d’un engagement artistique et formel fort. Même si l’abstraction peut malmener, cette fidélité à son art impose le respect.
Il y a des formes qui intriguent, des formes appellent d’autres images. Amorpha m’offre un jeu visuel me fait appaître un animal par le biais des tracés rouges et bleus.

Kupka
Printemps Cosmique, 1913-1914
Prague Narodni Galerie v Praze

Printemps cosmique !, 1913-1914

C’est une explosion de couleurs, une image psychée capable de mille rêveries et interprétations. Ce pourrait être des nuages jouant avec les rayons colorés, une floraison inouie, les portes du Paradais.
Ce qui est sûr c’est qu’il y a un monde plus grand que nous, plus puissant, capable de nous remplir ou nous engloutir à tout jamais.
On croirait du bleu Klein dans certains coups de pinceau. C’est extrêment vif et fort.

L’exposition éclaire sur les sources spirituelles de l’abstraction « qui ont été niées de nombreuses années et notamment par les Américains », nous confie la commissaire. Elle nous offre de nouveaux classiques de la peintre à admirer, moins connus mais tout aussi passionnants.

Exposition Kupka
Pionnier de l’abstraction

jusqu’au 30 juillet 2018

au Grand Palais
Avenue du Général Eisenhower
75008 PARIS

Horaires :
Lundi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 10h à 20h
Mercredi de 10h à 22h
Fermeture hebdomadaire le mardi

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Takashi Murakami, éclat de la Fondation Louis Vuitton, en interview

Takashi Murakami a une place de choix dans la collection de la Fondation Louis Vuitton ne serait-ce que par le nombre de pièces et la taille de ces œuvres.
Au cœur de l’exposition Au diapason du monde, un étage complet présente ses oeuvres qui interpèlent, amusent et interrogent sur le monde actuel.
La légereté de premier abord est trompeur, l’artiste japonais culte nous révèlent à nous-mêmes dans nos contractions et excès. 

Takashi Murakami

INTERVIEW EXPRESS

UsofParis : Le public français a-t-il une perception différente de votre œuvre, par rapport au Japon ?

Takashi Murakami : En France, je suis considéré comme un artiste à part entière. Et le public français regarde et admire mes œuvres en tant que celles d’artiste. Mais au Japon, c’est différent.
Et je ne suis pas reconnu comme un artiste.
Les réactions sont assez froides.

Je suis étonné !

J’expose l’autoportrait des Japonais. Et je caricature leur fond, ce qu’ils sont. Et c’est ça qui ne leur plaît pas.

Pour moi, vous êtes le Andy Warhol du XXIe siècle.

Ça me fait plaisir. Mais il y a une différence de niveau pour moi. 🙂
La grande différente est que le Japon a perdu la Seconde guerre mondiale. Notre culture est basée sur cet échec de la guerre. Les États-Unis, eux, ont gagné la leur. Et leur culture est fondée sur la richesse d’après-guerre.
La nature de leur art populaire est fondé sur cette richesse. L’art populaire japonais ressemble plus à l’arte pobre (arte povera) de l’Italie, des années 60.

Un artiste français que vous aimez ?

Pierre Huyghe. Je suis admiratif.
C’est le mélange de la beauté et des beautés du temps actuel.

Takashi Murakami

Un mantra pour vivre ?

Travailler jusqu’au jour où je ne pourrais plus bouger.

Qu’aimez-vous faire quand vous venez à Paris ?

Je viens à Paris uniquement pour travailler.

Il y a bien un peu de plaisir ?

Oui, la cuisine française est délicieuse !
Ce qui est très à la mode actuellement c’est le smoothie avec légumes frais. Il y a beaucoup de variété à Paris.
Je ne bois pas d’alcool.

Un décor que vous aimez ?

Quand on roule en voiture, le long de la Seine, on peut voir la grandeur du ciel.
Si le ciel est très dégagé, j’aime beaucoup.

Interview by Alexandre

Takashi Murakami

Exposition Au diapason du monde
nouvelle sélection de notre collection

à la Fondation Louis Vuitton
8, avenue du Mahatma Gandhi
75116 PARIS
tel. 01 40 69 96 00

jusqu’au 27 août 2018

Horaires :
Lundi, mercredi, jeudi de 12h à 19h
Vendredi 12h à 21h (jusqu’à 23h les soirs de nocturne)
samedi et dimanche de 11h à 20h
fermé le mardi

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L’épopée du canal de Suez : remarquable aventure au cœur du monde à l’Institut du monde Arabe

1869. L’Égypte se prépare à un grand bouleversement : l’inauguration d’une voie maritime permettant de relier l’Europe à l’Asie sans contourner l’Afrique. Une véritable révolution ! L’Institut du Monde Arabe retrace les dessous d’un des projets les plus fous de notre monde moderne. De son histoire antique jusqu’à la percée d’une deuxième tranchée en 2015, L’épopée du canal de Suez nous permet de mieux comprendre les enjeux d’un canal dont l’histoire ne fait que débuter.

L’exposition s’ouvre sur l’inauguration du canal de Suez à Port-Saïd, le 17 novembre 1869. Parmi les milliers d’invités conviés à cette occasion figure l’impératrice Eugénie. Le faste et la somptuosité exigés par le Khédive et vice-roi d’Égypte Ismaïl Pacha nous saisissent d’emblée. Cet événement représente l’entrée de son pays dans une ère moderne et indépendante. Il est donc crucial.

épopée du canal de Suez

Une histoire ancienne

En raison de sa position géographique stratégique, la percée du canal de Suez n’est finalement que l’aboutissement de nombreux autres projets ayant vu le jour au cours de l’Histoire. Tout commence il y a près de 4 000 ans avec Sésostris III. Il crée un canal entre le Nil et la mer Rouge afin de faciliter le commerce. Au fil du temps, il fut ensablé, modifié, prolongé, délaissé avant d’être détruit au VIIIe siècle pour éviter une invasion maritime.

épopée du canal de Suez

Par la suite, l’exploitation de l’isthme a été envisagée à de multiples reprises, sans succès. Il faut attendre l’accord de 1854 entre le diplomate français Ferdinand de Lesseps et le roi d’Égypte Saïd Pacha pour aboutir à l’élaboration du canal que nous connaissons.

Une prouesse technique

Entre les conditions météorologiques, les contraintes géographiques et la pénibilité du travail, des dizaines de milliers d’Égyptiens réquisitionnés périssent. Profitant de l’essor technologique de l’époque, de nombreuses machines innovantes sont alors créées de façon à améliorer les conditions de travail. Au terme de dix années de travaux colossaux, le chantier s’achève enfin.

Néanmoins, sa position stratégique dérange…

épopée du canal de Suez épopée du canal de Suez

Une source de convoitise

Peu de temps après, face à son déficit important, l’État égyptien est contraint de céder ses parts de la Compagnie universelle du canal maritime de Suez. Suite à leur rachat par la Grande-Bretagne, l’Égypte se trouve ainsi sous tutelle financière franco-britannique.

Face à une occupation étrangère de la zone du canal de Suez, sa reconquête devient une priorité nationale.

épopée du canal de Suez

C’est chose faite le 26 juillet 1956 lorsque Gamal Abdel Nasser annonce la nationalisation du canal. Alors, les relations internationales avec l’Égypte deviennent houleuses et de nombreuses guerres s’ensuivent jusqu’en 1975 dans le but d’obtenir le contrôle de cette zone géographique privilégiée.

Un pari pour l’avenir

Régulièrement élargi ou creusé, le canal atteint son record d’affluence en 2008. Il se voit même doublé en 2015 dans le but de faciliter le croisement des bateaux. Son importance est telle qu’il est la troisième source de revenu du pays.

Situé au centre du monde et lien tangible entre les civilisations, le canal de Suez n’a donc pas fini de nous surprendre !

Bonus : de nombreuses activités sont proposées en lien avec l’exposition : visites guidées, concerts, conférences, ateliers pour ravir petits et grands !

by Jean-Philippe

épopée du canal de Suez

Exposition L’épopée du canal de Suez

Jusqu’au 5 août 2018

du mardi au vendredi de 10h à 18h
samedi et dimanche de 10h à 19h

À l’Institut du Monde Arabe
1, rue des Fossés-Saint-Bernard
75015 Paris
Tél : 01 40 51 38 38

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Tintoret au Musée du Luxembourg : révélations sur un génie

Tintoret se dévoile comme jamais à Paris, au Musée du Luxembourg et pour fêter ses 500 ans. Raretés, redécouvertes et détails incroyables ponctuent l’exposition qui a comme volonté de révéler au plus grand nombre la Naissance d’un génie

Ma chance a été de suivre la visite guidée menée par le commissaire  général Roland Krischel. Venu du Wallraf-Richartz-Museum & Fondation Corboud de Cologne, en Allemagne, il a partagé un regard neuf sur ce grand peintre de la Renaissance vénitienne.
Je n’étais pourtant pas convaincu d’être saisi lors de ma visite. Et je me suis fait cueillir magistralement.

Voici ce qu’il ne faut absolument pas râter.

Tintoret

« Je l’ai chassé pendant des années ! » 

Ce n’est pas un animal mais bien un tableau qu’a recherché. « Il était référencé mais personne ne savait où il se trouvait. Il est apparu sur le marché de l’art en 2016« . Il est question du Portrait de Nicolo Doria, qui a une place royale au sein de l’exposition.

On passerait sans doute rapidement devant et ce serait un tort. D’une part, parce que Tintoret a réalisé très peu de portraits en pied et qu’il a été très longtemps associé au nom du Titien.
La petite histoire est savoureuse : Le Titien aurait exécuté l’esquisse de la tête et Tintoret aurait réalisé le tableau, sans que les commanditaires ne soient au courant.
Cependant, le jeune peintre aurait eu vent de l’argent touché par son ainé. La différence avec ce qu’il aurait reçu finira par le faire sortir de l’ombre et ainsi révéler qu’il en est l’auteur.

Dans la même salle, un homme a retrouvé son nom. Alvise Mocenigo – qui sera un futur doge – a été identifié à l’occasion de cette exposition.

Tintoret

Tableaux à plusieurs mains – Partager l’atelier

Ce que révèle le parcours c’est la pratique de l’atelier, à l’époque.
« Il était possible qu’un tableau soit réalisé par deux ou trois peintres différents. » Ainsi, Saint Marc en trône est signé par Giovanni Galizzi, membre de l’atelier du Tintoret. Cependant, le visage de saint Patrick à droite est plus abouti que les autres figures de l’oeuvre. Ce qui confirme qu’il a pu être réalisé par le Tintoret.

Tintoret

Tintoret
Détail

La Princesse et son reflet

Un des prêts importants de cette exposition, La Princesse et saint Georges et saint Louis a été exécutée pour un monument d’administration financière à Venise.
Et c’est une révolution de voir une femme dans une scène et dans un bâtiment fréquenté par des hommes. Cette toile leur est donc bel et bien destinée. Les regards des deux hommes sur cette femme autorisent celui des visiteurs. Le reflet du décolleté de la Princesse dans l’armure participe encore à cette contemplation.
« Comme un sculpteur, Le Tintoret montre la figure humaine de plusieurs points de vue. »

Tintoret

Exposition Tintoret, naissance d’un génie

jusqu’au 1er juillet 2018

au Musée du Luxembourg 
19 Rue de Vaugirard
75006 PARIS
Tél. : 01 40 13 62 00

horaires :
du lundi au jeudi de 10h30 à 18h
vendredi, samedi, dimanche et jours fériés de 10h30 à 19h
fermeture le 1er mai
(pas de jour de fermeture hebdomadaire)

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Expo Delacroix au Musée du Louvre : rétrospective magistrale

Plus d’un demi-siècle est passé sans qu’une rétrospective Eugène Delacroix ne soit organisée à Paris. C’est un peu fou.
Donc l’exposition qui s’ouvre au Musée du Louvre va être celle à ne pas manquer lors de ce printemps.
Comme l’a été la rétro de Vermeer en 2017.

Delacroix
Le christ sur la croix

Une exposition en trois temps

Car ce n’est pas moins de 180 œuvres qui sont présentées dans le Hall Napoléon du Palais des Tuileries.
Et pour retracer l’évolution du travail d’Eugène Delacroix, sa carrière a été découpée en trois phases chronologiques :
– 1822 à 1834 : la décennie de la nouveauté, de l’appétit de gloire et de liberté.
– 1835 à 1855 : la révélation de la peinture murale, la tradition et l’apothéose de 1855.
– 1855 à 1863 : l’art du paysage et les variations autour de son travail passé.

Delacroix

Et même si l’exposition est organisée de façon chronologique, la distinction entre ces périodes n’est pas toujours facile à garder en mémoire pour un visiteur non aguerri à l’histoire de Delacroix
Un petit rappel en début de salle aurait été bienvenu.
Mais ce sera la seule critique négative que l’on peut faire sur cette mise en espace.

Une parenthèse artistique merveilleuse

Mais faisons un peu abstraction de ce cloisonnement pour simplement se laisser aller au plaisir d’admirer le travail de ce géant de la peinture du 19ème siècle.

Se rendre compte que ses pièces maitresses La Liberté guidant le peuple et Scènes des massacres de Scio ont été réalisées dans sa première décennie de peintre.  Vous n’aurez donc pas à attendre la fin de la visite pour les (re)découvrir. 😃

Delacroix
La Liberté guidant le peuple et Scènes des massacres de Scio

On est surpris par la finesse des dessins qui illustrent l’édition en 1828 du Faust de Goethe.

Delacroix
Duel de Faust et Valentin

Et de salle en salle, la virtuosité de Delacroix est toujours là mais le style évolue selon les périodes.

Delacroix
Étude de reliures, veste orientale et figures d’après Goya

Un regard particulier sur le Maroc du 19ème, loin des questions esthétiques et sociales.

Delacroix
Femmes d’Alger dans leur appartement


Un de ses rares voyages à l’étranger qu’il retranscrit dans des carnets superbement illustrés et dans des aquarelles toute en simplicités.

Delacroix
Sur la route entre Tanger et Mèknes
Delacroix
Carnet : Notes et croquis pris à Mèknes

On admire la force poignante qui ressort des ses tableaux religieux. Des toiles qui ne sont qu’émotion et qui ne peuvent laisser indifférente.

Delacroix
Le christ sur la croix (dit Le calvaire)

On termine cette exposition par une salle qui offre la dernière facette du travail de Delacroix : des paysages « fantaisies ». Ils ne sont pas réels mais font appels aux souvenirs de l’artiste, mêlant parfois deux lieux différents.

Delacroix
Les baigneuses

Prenez vos billets !

Une telle réunion de toiles signées Delacroix est plus que rare. C’est un vrai bonheur de parcourir ces salles du Louvre à la découverte de peintures méconnues, d’aquarelles légères, d’eaux-fortes magistrales… Et certaines viennent des quatre coins de France (Lille, Nancy, Bordeaux…) ou du monde (États-Unis, Canada, Allemagne, Hongrie…), ou même Paris…

Il y a aussi tous ces carnets manuscrits qui montrent l’érudition et les amitiés artistiques ou sociales qu’avait tissées Delacroix.

Delacroix
Journal : 2 et 3 aout 1855

Dernier conseil : certaines toiles n’ont pu être déplacées, comme La Mort de Sardanapale ou le plafond de la galerie d’Apollon (aile Denon du Louvre), une raison de plus de poursuivre votre visite par les galeries du Musée du Louvre.

Magnifique et unique cette exposition !

Delacroix

exposition Delacroix : 1798 – 1863

du 29 mars au 23 juillet 2018

horaires :
de 9h à 18h, sauf le mardi
Nocturnes : les mercredis et vendredis jusqu’à 22h

Hall Napoléon
au Musée du Louvre
Rue de Rivoli
75001 Paris

 

#CONCOURS

Nous aimons, nous vous invitons !
Des laissez-passer pour le Musée du Louvre sont à gagner. Ils vous donneront droit à visiter l’exposition Delacroix.

Pour participer, dites-nous EN COMMENTAIRE quelle œuvre vous aimez le plus au Musée du Louvre.

Les gagnants.es seront tirés au sort parmi tous les participants.

Bonne chance à tous !


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Peter Knapp et la Mode 1960-1970 : le triomphe de la technique

Le photographe Peter Knapp se dévoile à travers plus de 70% tirages réalisés à l’occasion d’une large exposition à la Cité de la mode et du design, qui déborde jusqu’à la Gare de Lyon. 
Effets visuels audacieux, photomontages originaux, photoshop ou plutôt détourage manuel et collaborations inouïes avec Grace Jones, Audrey Hepburn, Jane Fonda ou encore Mireille Darc. 

Peter Knapp

Peter Knapp

« La photogénie c’est être mieux en photo qu’en vrai ! » 

C’est un homme passionnant que j’ai eu la chance d’écouter lors du vernissage. Affichant 86 belles années, bientôt 87, Peter Knapp n’a absolument rien perdu de sa passion, partageant anecdotes, coulisses de ses séances photos et trucs de doyen de la photographie de mode. Il avoue : « j’ai pris presque plus de plaisir à me replonger dans ces photos que quand je les réalisais. »

Il nous révèle entre autres que « les très bons mannequins de l’époque avaient fait des écoles d’art ou avaient déjà posé » ; « c’étaient de vrais collaborateurs : elles savaient se tenir, connaissaient leur photogénie. »

La preuve avec la mannequin Nicole de Lamargé « qui avait de vilaines mains ». Mais on ne le remarquera jamais sur les photos, car « elle savait comment les placer. »

L’une de ses réussites rares est le travail de commande réalisé pour une marque de sous-gorge. Peter Knapp a littéralement coupé le visage de la mannequin. « Dès que l’on laisse un regard, l’information passe en second. »

Peter Knapp

Peter Knapp

François Cheval, un des commissaires de l’exposition, dévoile le style de Peter Knapp : « être un caméléon, capable de garder en ligne de mire les éléments premiers comme l’eau, la terre, l’air, tout en s’élevant. »

Avant de rajouter : « c’est un voleur, un pilleur. Il s’est prendre au bon endroit et au bon moment. »
Ainsi les influences circulent d’un artiste à un autre. Nombreux seront les visiteurs, les instagrammeurs à avoir envie de reproduire, adapter des techniques du passionnant octogénaire.

BONUS : télécharger l’appli de l’exposition pour faire le plein d’anecdotes contés par le photographe lui-même à vos oreilles.
Peter Knapp

Exposition DANCING IN THE STREET, PETER KNAPP ET LA MODE 1960-1970

Commissariat : François Cheval et Audrey Hoareau (The Red Eye)
Scénographie : Vasken Yéghiayan

aux Docks – Cité de la Mode et du Design 
34 quai d’Austerlitz
75013 PARIS

jusqu’au dimanche 10 juin 2018

Horaires : de 12h à 18h
Ouvert tous les jours, sauf les mardis

site officiel : www.peterknapp.ch Peter Knapp Peter Knapp

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