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Charlotte OC : Interview Careless People / pop sensuelle #concours

Tout sur Charlotte OC, notre nouvel ange de la chanson anglaise ! 
Son nouvel album, Careless People, nous obsède depuis plusieurs semaines d’écoute. Chansons sublimes comme Shell ou Mecidine Man, inoubliable comme Darkest Hour.
Au-delà de cette voix étourdissante, nous avons découvert un irrésistible sourire lors de notre interview à l’Hôtel Le Pigalle.
SAVE THE DATE! Charlotte OC sera en concert au Badaboum à Paris, le 26 avril.
#concours inside

INTERVIEW SELFIE

Selfie exclu UsofParis

UsofParis :  Quand as-tu commencé à chanter ? 
Charlotte OC : J’ai commencé à chanter quand j’avais environ 6 ans. Je pense que c’était à ma première classe de musique. J’ai chanté avec mes camarades, j’ai appris la chanson et nous avons tous chanté ensemble. Et je me suis dit «Holy Fuck! » J’ai ressenti quelque chose de fort, tout en comprenant que je pouvais.
C’était un sentiment assez étrange pour une enfant de 6 ans. C’était très profond. Je ne sais pas si c’était parce que je faisais juste un peu de spectacle ou simplement le fait de chanter.
J’ai su que je voulais faire carrière, vers 15 ans. Mais j’ai commencé à prendre ça sérieusement quand j’ai signé avec mon label, à 16 ans. Et c’est devenu encore plus sérieux quand j’ai signé pour mon disque à 18 ans.

Quand as-tu décidé d’écrire ? 
J’avais 15 ans. Et c’est à cause de mon père qui avait réservé des leçons de guitare pour moi, dans mon dos alors que je n’avais pas vraiment envie d’apprendre à jouer d’un instrument.
Nous partageons un truc ensemble : le chewing-gum. J’aime toujours le chewing-gum, je ne sais pas pourquoi mais et je le fais toujours.
Un jour, nous étions dans la voiture. J’avais l’habitude d’avoir tous les chewing-gums que je voulais,
Mais mon père m’a dit, cette fois que nous n’allions pas en chercher et qu’il m’emmenait à un cours de guitare. La guitare était dans la voiture et je me suis dit : « c‘est le pire jour de ma vie ! »
C’est surprenant mais je suis vite devenue obsédée par la guitare, je me suis sentie à l’aise avec cet instrument.
Alors c’est en jouant des mélodies pop  que j’ai commencé à écrire.

L’as-tu remercié ?
Oui, je parle de lui maintenant en interview. C’est une façon de le remercier. C’est la meilleure chose qu’il ait jamais faite pour moi.

Avions, hôtel, promo, concerts. T’es-tu préparé à cette vie ? 
Pas quand j’étais plus jeune. Avant, je n’étais pas prête pour ça.
J’avais créé une ambiance, mais pas encore un univers.
Maintenant, après avoir fait tout ce travail, constitué ce monde, je suis prête à en parler.

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Sortir un album, c’est un soulagement, le Paradis, un stress énorme ?
Faire un disque: c’est tout ça à la fois. Etre dans un studio est assez effrayant, il ya beaucoup de pression parce qu’il faut se projeter. J’ai trouvé assez stressant et je ne trouve pas encore un espace de confort en studio.
Mais c’est aussi vraiment gratifiant, j’ai beaucoup appris et j’aimerais beaucoup produire mon propre album un jour. J’apprends à utiliser la logique et alors … peut-être que je pourrais faire ça tout seule un jour.

C’est ton rêve ?
J’aimerais ! 🙂

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Ton premier single Darkest Hour m’obsède. Je l’adore. Quelle est l’histoire de cette chanson ? 
J’ai écrit cette chanson dans une maison / studio à Los Angeles. J’ai écrit au sujet d’une  personne ayant une relation vraiment toxique et ce que vous pouvez faire face à cela. Et quand c’est quelqu’un à qui tu tiens, ce qui se passe te touche aussi.
Et quand tu es attaché, tu ressens aussi cette douleur que la personne vit. J’avais besoin de poser des mots sur cette histoire et sur la façon dont moi et ma famille l’avons vécue. C’était une sorte de thérapie pour moi d’écrire cette chanson.

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Que peux-tu me dire de la chanson Shell ?
Elle parle de ce type qui était plus vieux que moi et qui était assez manipulateur. Il était mauvais, pas un garçon très gentil en général. Quand ma mère l’a rencontré pour la première fois, elle a dit : « non, je ne l’aime pas !  »
J’étais une enfant et il a bouleversé ma vie au point de me perdre. Et je me suis rendu compte : «Je ne sais plus qui je suis et c’est à cause de toi ».

Au sujet de ta musique, certains journalistes ont parlé d’alternative pop, noire, mais aussi de peinture sombre. Qu’en penses-tu ?
La musique appartient à chacun. Tu crées une ambiance, quelle qu’elle soit. Et c’est totalement personnel, c’est une expérience individuelle. Effectivement, il y a une partie sombre dans ma musique, mais il y a aussi beaucoup de chaleur. 🙂

Lou Reed est une de tes sources d’inspiration. Est-il présent dans cet album ?
Peut-être… Je pense juste que c’est quelqu’un que j’admire, je pense qu’il est vraiment étonnant. J’aime sa voix. Mais je ne pense pas être influencée à ce point.

Quelle chanson est ta préférée ?
Pale blue eyes. C’était à l’époque du Velvet Underground.

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Que ressens-tu quand tu es sur scène ? 
Il y a des moments à la fois d’incertitude et aussi de réelle euphorie et d’autres sois où tu penses à beaucoup trop de choses en même temps. Il y a tellement de sentiments quand tu es sur scène, ce n’est pas une expérience commune. Tu peux savoir dès la première note que tu chantes si ça va être un bon concert ou pas.

Aimes-tu ?
J’adore ! 🙂 C’est une part de moi.

BONUS
Charlotte s’est installée à Los Angeles pour travailler avec son producteur. Elle n’aime pas la ville. Et elle retournera certainement en Angleterre quand elle réalisera elle-même son prochain disque.
La chanteuse a passé 3 jours à Paris uniquement pour rencontrer les médias web et les blogs. Respect !

Interview by Alexandre
Merci à Leila Lamnaouer pour la traduction

Charlotte OC
Nouvel album : Careless People
(Capitol Music France)

Concert à Paris !! 

mercredi 26 avril au Badaboum

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#CONCOURS

Nous vous faisons gagner, au choix, 1 album Careless People ou 2 places de concert pour découvrir notre chouchoute Charlotte OC !

Pour tenter votre chance, rien de plus simple, remplissez le formulaire ci-dessous pour participer.

Les gagnant(e)s seront tiré(e)s au sort parmi les inscrits. Ils recevront un mail leur confirmant leur lot : soit l’album, soit les 2 places de concert.

Avant de participer, vérifiez que vous êtes bien disponible à la date proposée afin de laisser sa chance à ceux qui veulent vraiment venir !

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Charlotte OC / Careless People Interview – sensuous pop!

All about Charlotte OC, our new angel of British music!
Her second album, Careless People, has obsesses us since several weeks. Sublime songs like Shell, Medicine Man, unforgettable like Darkest Hour.
Beyond the stunning voice, we discovered an irresistible smile during our interview at Le Pigalle Hotel, in Paris.

SELFIE INTERVIEW

 

UsofParis exclusive selfie

UsofParis: When did you start to sing?
Charlotte OC: I started singing the first moment I’ve realized that I loved it. It was when I was about 6 years old. I was enquired I think it was the first class music I’ve ever heard and we were singing and learning the song and we just finished learning it and we have to sing all together to the class and thinking singing was like « holy fuck! ». I’ve felt like « how great! », like I could do it, I’ve felt like i knew I could do it. That was a quite strange feeling when you are 6 years old. It was quite profond, just like really knowing. I am not sure if it was because I was doing just a bit of show off or genially just to know just to do it.
I knew I wanted it to do as a career like when I was 15. But then I’ve started to take it serious when i signed my first major company when I was 16. And when I was got signed to a record label when I was 18 and I took it properly seriously.

And when you have decided to write?
It was when i was 15 years old. and it was my dad who’ve booked guitar lessons for me behind my back but I didn’t really want to learn guitar. We had this thing together by using chewing gum together. I still love chewing gum, I don’t know why but and I still do, it’s my trick. One day, we were in the car and I was used to have all the chewing gum I wanted, and it was literally two steps away from home and he told me that « we ware not going in that way and I will drop you here and you are going to have guitar lessons. » And the guitar was in the car and I was just thinking: « it’s the worst fucking day of my life! »
And I became obsessed with guitar, I’ve felt confortable with the instrument.
Then as I started to get play with it I started to pop melodies all over the cords I was learning and it was how I started writing.

Did you thank him?
Yes. Even mentioning him in the interviews now. I think it’s thanking him in a way. Because what he did was the best thing he’ve ever done for me.

Airplanes, hotels, promotion, showcases, were you prepared for this in your life?
Not when I was younger. Now I feel like I am. Before I wasn’t ready for it.
I knew I’ve create a vibe or something but not created a world. So I wasn’t quite ready to talk about it. But now after making a body of work, a few world, I lived for that long, I ‘ve spend that long marking it and now I am ready to talk about it.

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Release an album is a relief, an heaven or a big stress?
Making a record: it’s all of that, it’s everything. I find being in a studio quite scary, there a lot a pressure because you are there to really project yourself and I don’t know, I found it quite stressful and I don’t find yet a confortable space in the studio so I did find it stressful. But it’s also really rewarding, I’ve learnt a lot and I’ll quite love produce my own album one day and I am learning how to use logic and things like that, so… maybe I could do this all my own one day.

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It’s your dream?
I would love it. 🙂

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The first track Darkest Hour obsessed me. I love it. What is the story?
I wrote this song in a tree house/studio in Los Angeles. I wrote about watching somebody having a really toxic relationship and what you can do about it. And when it’s somebody you really care about, it’s not only them going through, you’re going trough as well. When you care about somebody you feel the pain that they’re feeling. I quite needed to write a song about how me and my family fell about what she’ve done and put herself all through. I was a bit a therapy for me writing this song.

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What about the track Shell?
That’s about this guy who was older that me and he was quite manipulative. He was bad ache, the guy who was not very nice in general. When my mum first met him, she was: « no! i do not like him »
I was basically a child and he completely swept the life out of me and I completely lost who I was. And it was me realizing: « I dont know who I am anymore and it’s because of you ».

About your music, some journalists describe it as an alternative pop, dark, also black paint… Do you agree?
Music is interpreted by you own. You create a mood, whatever the mood it is. And it’s totally personal to each, it’s individual. I guess there is a part of dark in it but there is also a lot of warmth.

Lou Reed is a major influence for you generally. And in this album?
Let me think… Maybe. No, I just think it’s someone i admire, I think he is just amazing. I love the ton of his voice. I don’t channel anything of his.

Which song of him do you prefer?
Pale blue eyes. This song was when he was in the Velvet Underground.

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Funny or strange story during one of your shows you want to share?
My uncle passed away about 5 years ago, he used to come at every show that I did and he was a really important part of my life and I’ve dedicated the album to him. Whenever I went on stage, my guitar used to break, and somebody would always be there to lent me a guitar and it never worked and every time I’ve gone to the shop I would be like: « what the fuck it’s wrong with my guitar and why it keep doing this? ». But I’ve realized there was nothing wrong with this. I did’t realized I get in touch with those people and basically my uncle came through and I was very skeptical about all this but this all kind of all things about me and my family that nobody would know. And he basically said: « I know that you know that I have been there with you on stage, I am sorry for breaking your guitar ». That’s something a kind of weird. After that, true or not, it was really nice knowing that he was there.

How do yo feel when you are on stage?
There are moments of little bit of incertity and sometimes real euphoria and moments you’re thinking a little bit much about stuff. There’re so much many feelings when you are on stage, it’s not a common experience. You always can tell about he first note that you sing if it’s going a good show or not.

Do you enjoy?
I love it! 🙂 It’s a part of me.

BONUS 
Charlotte who chose Los Angeles to make her album, spent 3 days in Paris meeting web media and blogs. Respect!

Interview by Alexandre
Thanks Leila Lamnaouer for the translation

Charlotte OC
New album: Careless People
(Harvest Records / Capitol Music France)

Shows 

Wed 19 April, LONDON / Omeara
Wed 26 April, PARIS / Badaboum
Thu 20 July – Sun 23 July, HUNTINGDON / Secret Garden Party 2017

 

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Les Femmes s’en Mêlent 2017 / ITV 20 ans de passion avec Stéphane Amiel

Les Femmes s’en Mêlent ont 20 ans !
20 ans que Stéphane Amiel, le directeur du festival culte, s’engage à faire connaître les artistes femmes de France et du monde avec une programmation aussi pointue qu’éblouissante.
Il nous éclaire sur cette édition anniversaire (avec Austra, Little Simz, Rebeka Warrior, Sônge…) et sur quelques souvenirs dont Christine & The Queens fait partie et que Stéphane aimerait retrouver pour une création.  

INTERVIEW

photo Anne-Laure Nomblot

UsofParis : Être un homme au milieu de toutes ces femmes, ce n’est pas un peu trop étourdissant ?
Stéphane Amiel : C’est galvanisant, enthousiasmant et étourdissant d’être entourée de toutes ces artistes assez exceptionnelles et talentueuses. Tant de talent, tant de générosité.
Les artistes que l’on accueille sont souvent au début de leur carrière ou en mode indé. On a une vraie « fraternité » avec ces filles. On partage les mêmes valeurs 

Sont-elles reconnaissantes ? 
J’espère ! 🙂 A chaque fois que je leur pose la question sur le fait d’être programmée dans un festival de filles, fait par un homme, la réponse : « c’est génial ! » ou « ça n’existe pas dans mon pays ! »
Elles sont en tout cas heureuses de jouer dans ces conditions. On met beaucoup de moyens de promo. On y travaille sur une année. On se met en danger aussi.

Programmer LFSM c’est beaucoup d’écoute ?
Comme le festival est assez unique. Je reçois beaucoup de propositions du monde entier. Que ce soient artistes, agents, de musiciennes venues aussi qui conseillent des amies.
Pour la plupart, je vais les découvrir au festival, comme JFDR ou Nilüfer Yanya. Je me laisse aussi une part de découverte, même pour moi. J’ai beaucoup de sympathisants dans plusieurs pays qui vont voir les concerts pour moi et qui partagent leur avis sur un projet.

Quelle est la petite perle de 2017 ?
Y’en a beaucoup. Nilüfer Yanya, l’Anglaise de 21 ans. C’est comme une évidence. Elle fait des chansons qui ont l’air un peu passéistes mais il y a un talent monstre. Une voix assez grave avec une guitare cristalline. Elle est très attendue.
Et Sônge côté français. Avec un spectacle très abouti. Je l’ai découverte sur scène et elle m’a bluffé. Elle a pensé à la dramaturgie. Elle apporte un personnage.

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Sônge, elle est un peu trop gentille pour ce monde musical de brutes ?
Non, on peut survivre de plein de manières différentes dans ce monde, justement. Grâce au réseau. On peut être aussi dans une niche et survivre tout en étant content de ça. Toutes les artistes qui se produisent ne sont pas destinées à une carrière comme celle de Christine and The Queens qui est venue 2 fois et que l’on a emmenée en Russie et en Pologne.
Ce qui est dur surtout c’est qu’un projet en chasse un autre.
Sônge me fait justement penser CATQ, avec cette longueur d’avance, sur d’autres.

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Qu’a-t-elle de si particulier Austra, une des têtes d’affiche ?
C’est historique avec le festival. On est un des premiers à l’avoir programmée.
J’étais fan de Katie Stelmanis avant qu’elle ne soit Austra. J’ai toujours été impressionné par sa voix, son culot et son kitsch électronique.
C’est une artiste qui évolue aussi. La Katie que j’ai rencontrée il y a 5 ans n’est pas la même que je verrai cette semaine. Elle ne voulait plus parler d’amour dans ses chansons. Son engagement actuel sur la politique, l’écologie montre son évolution. Et puis, il y a Maya aussi !
C’est une petite famille.

Une anecdote de programmation 2017 ?  
Je pourrais parler des ratés. Toutes les artistes que j’aurais voulues avoir. Il y a Kate Tempest derrière qui je cours après depuis 3 ans. A chaque fois, c’est presque et puis il y a de meilleures offres, une nouvelle tournée et c’est repoussé. J’ai peur que ce soit un rendez-vous manqué.

20 ans de festival, c’est 20 ans de… ?
D’aventures, de chemin solitaire. On n’a pas toujours été soutenus. C’est difficile de trouver de l’argent.
C’est 20 ans de curiosité et de passion et d’acharnement. On n’aurait pu tout laisser tomber plus d’une fois.

Une chanson d’une artiste programmée qui correspond à l’esprit du festival ? 
Michelle Gurevich, Party Girl. Une de mes chansons préférées de ces 10 dernières années. Une chanson magnifique, très triste. D’une mélancolie dont tu tires une force. Tellement puissante !

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Une anecdote de coulisses de ces 20 ans ?
Tous ces moments qu’on passe avec les artistes ! C’était plus vrai il y a 10 ans que maintenant.
Je me souviens de Ari Up, de The Slits, un groupe anglais punk et culte des années 70 ans. Quand le groupe s’est reformé, on l’a invité à jouer en 2007. C’était les 10 ans du festival.
Elle m’a raconté toute sa vie et c’était assez triste. Et pourtant elle avait une force et une vraie énergie punk. Un « no future » permanent. Très peu de contrôle sur sa vie avec une bonne humeur.

Un mantra de directeur de festival ?
J’aime la chanson de Cindy Lauper, Girls just want to have fun. Quand on est trop sérieux, quand on est trop donneur de leçon, je rappelle que l’on est là aussi pour s’amuser. On peut avoir des questions sur la place des femmes mais on a toujours une attitude positive.
C’est un festival genré mais avec plein de garçons bienveillants autour.

Interview by Alexandre

FESTIVAL LES FEMMES S’EN MÊLENT #17
édition anniversaire 20 ans

festival du 23 au 8 avril 2017
à Paris et en tournée

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François and The Atlas Moutains – Solide Mirage, divine audace #interview

François and The Atlas Moutains brouille si bien les pistes que le groupe ne semble pas « bankable » de l’aveu même de son leader. Pour nous, c’est justement cette audace à chaque nouvel album qui nous porte. Avec Solide Mirage, le monde ne tourne pas idéalement sur son axe, des fantômes viennent faire les chœurs, la bête se meurt. Le pouls est pourtant vigoureux et nous donne une furieuse envie de hurler pour balayer toutes les déconvenues qui nous entourent.
SAVE THE DATE : tournée des festivals ! We Love Green à Paris, les Nuits de Fourvière à Lyon, les Francofolies de la Rochelle.

INTERVIEW SANS SELFIE / FRANÇOIS

by Tom Joye
UsofParis : Une bonne raison d’écouter Solide Mirage ?
François : C’est un album de 2017. Si on cherche une expression musicale représentant la France en 2017, je trouve que ça le représente bien.

C’est un album sans maniérisme. Une musique détachée de tout effet de style.

Ce Grand Dérèglement est finalement dansant et joyeux.
Il est optimiste par l’énergie.
J’essaie souvent de rééquilibrer la barre pour que ce ne soit pas trop plombant. On partage toujours une énergie avec le groupe. On se pousse vers le haut. J’ai écrit les paroles dans le train, à l’été 2015. Et on l’a mise en musique le lendemain des attentats. On préparait un concert et on était à Bruxelles dans une espèce d’Abbaye.

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Justement, on s’arrête de jouer face à des événements pareils ?
Ça touche, ça nourrit la musique. On se rend compte de la chance que l’on a d’être safe, entre amis et bien entouré. Et on se sent aussi inutile car une action musicale c’est très limitée par rapport au travail des assoc, aux profs qui gèrent les générations futures. Ça fait prendre un recul étrange en tout cas.
 
Une leçon de vie de Mohammed Okal, l’ambulancier palestinien qui danse dans le clip Grand Dérèglement ?
Il parle peu et est dans l’instant. Il est très généreux. Ça me conforte dans l’idée d’être proche des gens qui nous entourent.
Il est impressionnant. Quand je lui ai demandé de faire le clip, il sortait de l’hôpital mais je ne savais pas pourquoi. Et deux jours plus tard, il était disponible pour tourner de nuit, en décembre, dans le froid en plein Palais de Justice de Bruxelles.
Ses amis m’ont appris qu’en fait il s’était fait enlever une balle qu’il avait reçu à Gaza.
Que signifie « Être son propre fantôme » pour présenter le nouveau titre ?
C’est s’éloigner de soi-même, de ses rêves, de son éthique profonde. Le fait de se laisser happer par la pression sociale en oubliant nos aspirations. On l’a tous à des degrés différents.
La solution est souvent de prendre conscience de ce que l’on est devenu, de ce qu’est le monde, plutôt que de se limiter aux habitudes que l’on peut prendre.
Un artiste rêve mais il est pris aussi par des schémas de travail qui limitent parfois, qui nous détournent.
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Le titre Bête morcelée fait l’effet de rupture dans l’album.

C’est comme un exutoire. Les membres du groupe ne voulaient pas que je le mette dans l’album et moi j’y tenais, par cette énergie grunge. Ce morceau c’est plein de souvenirs dont un concert au Caire, où l’on était surexcités et électrisés. J’avais ce bruit constant en tête.

Qu’a-t-il apporté le producteur Ash Workman à cet album ?
Comme pour l’album précédent, Ash clarifie le propos. Je n’avais pas envie de conceptualisation, ni de doute. Il n’est, en fait, jamais dans le doute. Il est toujours dans l’action.

Ses solutions : aller au plus simple. Il m’a conseillé de moins forcer sur certains textes.

Tu lui as traduit tes chanson pour qu’il comprenne ?

J’ai préféré lui imprimer des images qui m’évoquaient l’album. Beaucoup de symbolistes belges (Félicien Khnopff et Léon Spilliaert, pour le côté homme seul dans la ville) et de cacao fluo, ça représentait, pour moi, Bruxelles. C’est tellement chocolat cette ville. 🙂

Owen Pallett qu’a-t-il de plus que les autres violonistes ?
Il est très connecté à la musique indé. Il est sensible à lo-fi, à la pop un peu queer. Il est très pop et très maniéré. J’aime ces deux facettes.
Quels sont les sons qui ont bercé cet album ?
J’avais fait un voyage à Los Angeles chez Burger Records, à l’invitation d’Hedi Slimane. Et j’ai pas mal écouté The Garden qui m’a rappelé des sons que j’écoutais quand j’étais ado.

On a été touchés aussi par les mélanges arabes-électro qui sont en train d’émerger. Notamment, ce qui sort chez Principe, le label de DJ Nigga Fox et Nidia Minaj.

Être une image, en plus de faire de la musique, c’est facile à vivre ?
Je me limite pas en termes d’image. Du coup, ça donne un résultat assez protéiforme qui peut perturber l’industrie du disque. Ce qui fait que beaucoup de gens n’arrivent pas à nous rendre bankable. On n’est pas identifiable. Mais tant pis. 🙂
Je n’accepte pas tout, notamment pour les captations de concert. Pour moi, le live c’est du sang, de la chair. Faut être présent.
J’aime les petits concerts et les téléphones portables doivent disparaitre pour apprécier ces moments.
Je pense que ça va s’autoniquer : les images vont devenir tellement abondantes qu’elles vont devenir de moins en moins importantes.

Donc l’image oui, mais comme élément artistique.

Un souvenir fort de concert ?

Le concert au Caire devant 2 000 personnes. A Ouagadougou. En plus d’être face à un public qui ne nous connaissait pas, ça nous ramenait à la raison brute de ce qui faisait notre présence : faire un son pour emporter. On était dans des résonances musicales fortes.

Une chanson qui te rend heureux ?
Only you de The Platters.

La plus belle chanson d’amour ?
Je t’ai toujours aimée chantée par Dominique A. Elle me plait beaucoup, d’autant qu’elle est un peu érotique. 🙂

Une claque musicale récente ?
Doing it in Lagos, une compil de disco nigérien des années 80, sortie chez Soundway Records. J’ai écouté ça dans le van hier.

Interview by Alexandre

FRANÇOIS & THE ATLAS MOUNTAINS
Nouvel album Solide Mirage
(Domino Recordings)
sortie le 3 mars

 

Concert à Paris au WE LOVE GREEN, le 11 juin

en tournée en France :
07.04 LAVAL – Le 6 par 4
08.04 ROUEN – Le 106
27.04 TOURCOING – Le Grand Mix
28.04 NANCY – Festival Off Kultur
30.04 GUISE – Le Familistère
10.05 ALLONNES – Complexe Jean Carmet
12.05 MASSY – Paul B
18.05 GRENOBLE – La Belle Électrique
19.05 ST JEAN DE LA RUELLE – Salle des Fêtes
29.06 ANTIBES – Amphithéâtre du Fort Carré
07.07 LYON – Théâtres Romains de Fourvière
13.07 LA ROCHELLE – Francofolies

En Angleterre :
27.03 LONDRES (UK) – Moth Club

28.03 BRISTOL (UK) – Thekla
29.03 MANCHESTER (UK) – Soup Kitchen
30.03 GLASGOW (UK) – Mono
31.03 NORWICH (UK) – Arts Center

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Julie Zenatti : Voyage en terres Méditerranéennes #Interview

Après son album Blanc et une tournée qui a duré plus de deux ans et demi, Julie Zenatti revient avec un projet passionnant réunissant plusieurs artistes aux univers bien différents. C’est un véritable retour aux sources et une envie de renouer avec ses racines qui ont motivé la réalisation de Méditerranéennes. Une très belle façon de rendre hommage mais aussi de découvrir les cultures musicales du bassin méditerranéen.

INTERVIEW SELFIE

selfie exclu #UsofParis

USofParis : Comment est né le projet Méditerranéennes ?
Julie Zenatti : Quand j’ai commencé à le penser je me suis dit qu’il fallait très vite que j’entre en studio pour essayer des choses. J’en ai parlé avec Franck Authier (réalisateur de l’album Blanc) qui a aimé l’idée. On s’est enfermé pendant 3 semaines pour voir ce qui était possible. Je l’ai ensuite proposé à  l’équipe Capitol qui a été emballée.

Dès le départ, vous avez pensé le projet comme un album de duos ?
En fait, c’est un album collégial. On a essayé de créer des formats de duos, de trios différents. L’idée c’était que les artistes participent à cet album en tant que solo mais pas que. Certains viennent sur un titre faire les chœurs, d’autres qui ont fait une double voix,… L’idée c’était vraiment de créer un groupe.

Certaines personnes que vous auriez aimé avoir sur le projet vous ont-elles dit non ?
En fait, je ne suis jamais déçue de rien. Je ne suis pas fataliste mais je crois au destin. Toutes les personnes qui ont embarqué sur ce projet (les 13), je n’ai pas eu besoin de leur raconter ce que j’avais envie de raconter, ni de les convaincre. C’était pour eux une évidence.
Dès qu’il fallait que je passe à 3 phrases, je savais fatalement que c’était des gens que je n’aurais pas sur le projet. Je ne m’attendais à rien, j’ai laissé les choses venir.

Pourquoi ce projet, est-ce qu’il y a une raison derrière ?
Il y a toujours une raison. On ne fait pas les choses pour rien. Jamais.

Un album de reprises c’est une démarche très différente que de sortir un album à soi, il y a une vraie démarche derrière.
C’est un peu ma madeleine de Proust. Nos vies sont souvent ponctuées par des chansons qui font partie de notre héritage, de notre inconscient, d’un moment de notre vie, et c’est un peu comme ça que ça commence quand on a envie de reprendre les autres.
Puis, il y avait aussi une envie de faire découvrir des gens d’ailleurs, c’est pour ça qu’il y a des chansons très connues et d’autres moins, même parfois il va falloir qu’on dise d’où viennent les chansons, comme Zina. C’était cette envie-là de faire découvrir des chansons incroyables qui viennent d’ailleurs. La démarche est très personnelle au départ.

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Dans le contexte actuel, on peut penser à un album engagé, c’est ce qui m’est venu à l’esprit quand je l’ai écouté et que j’ai découvert le concept.
Pour moi, ce n’est pas un concept, c’est une parole. D’essayer que le beau métier qu’on fait serve à raconter des choses qui soient réelles, en y mettant un peu de magie. De se dire qu’un jour, ça a été possible et ne jamais l’oublier.
Je ne sais pas si c’est un album engagé car déjà j’ai beaucoup de mal avec les étiquettes et c’est vrai qu’après on a du mal à s’en défaire.

Il y a quand même un message de tolérance. Je l’ai ressenti avec la reprise de Et si en plus y’a personne d’Alain Souchon, qui est juste magnifique.
Cette chanson, c’est une chanson qui a tout de suite fait partie de ma liste, même si elle n’est pas méditerranéenne. Ça me semblait assez normal et évident de donner mon point de vue, qui n’est  que mon point de vue. D’ailleurs, au départ, je devais la chanter seule, je ne voulais imposer mon point de vue à personne. Je la chante avec Samira Brahmia qui est une chanteuse algérienne. J’étais en train de l’enregistrer quand elle est arrivée au studio pour enregistrer une chanson, et elle m’a dit « Je veux chanter ce titre ! ». Et là je lui ai dit « Tu sais ce que ça implique de chanter ce titre, c’est que tout d’un coup tu te positionnes » et elle m’a répondu « Mais je veux ! ».
Donc oui cette chanson est une chanson engagée à la base et c’est vrai que nous, de par notre association et de par la manière dont on l’a réalisée, c’est à dire qu’on ne met que les mots en avant (si on avait pu la faire a capella on l’aurait fait), c’était vraiment une envie de mettre en valeur ce texte et cette pensée qui, au fond, est la mienne.

J’imagine qu’il y a un désir de porter cet album sur scène ?
Grave ! Mais ça ne va pas être simple. Mais je suis sûre qu’on va y arriver. Je ne sais pas comment, mais on y arrivera !

En parallèle, avez-vous un album solo en préparation ?
Avec la période de blanc avant Blanc, j’ai eu pas mal le temps de réfléchir à pleins d’envies. Au moment où Blanc est sorti, j’avais déjà Méditerranéennes en tête. Il ne s’appelait pas comme cela au départ dans ma tête. Le prochain album j’y pense, bien sûr. Je fais des chansons et puis après on verra si ça va au bout, si cela devient un truc à la fin. Là, le fait de travailler différemment, avec d’autres chanteuses, de travailler sur la réalisation, ça m’a aussi permis de respirer et de me donner beaucoup de matière pour commencer déjà à écrire la suite. C’est assez chouette.

Selfie polaroid original #UsofParis

C’est vous qui avez choisi les combinaisons d’artistes sur les différents titres ?
J’avais prévu et après je me suis adaptée en fonction des envies, des voix et aussi de la manière dont les artistes avaient envie de raconter leurs appartenances à un endroit ou à une double culture. C’est pour cela que ça chante en différentes langues, que certains textes ont été adaptés, mais pas dans le sens original ou littéral, plutôt complètement réécrits. C’est considéré comme des adaptations mais ce sont des textes tout nouveaux.
Par exemple, Slimane avait très envie de porter Mon amie la rose car pour lui c’est un hommage à la femme. Il voulait rendre hommage à toutes ces femmes et à son éducation matriarcal. Et il n’a pas voulu qu’on change le texte qui est tout au féminin. Pour lui, c’était ça aussi rendre hommage. On s’est adapté aux envies, à la manière dont ils avaient envie de porter ce message parce que cela peut faire peur aussi de se dévoiler.
Ce que j’ai envie c’est que ces artistes défendent et racontent cette histoire et je suis assez contente parce que chacun de son côté porte ce projet et le porte fièrement et j’en suis la première surprise.

Difficile de ne pas évoquer Notre Dame de Paris qui a fait son retour à Paris. L’avez-vous vu ?
Non, j’étais en studio et je n’ai pas pu aller les voir.

Que pensez-vous de ces reprises de comédies musicales à succès ?
On m’a dit que c’était super, et cela ne m’étonne pas car Hiba Tawaji est juste magique. C’est un choix super.
Qu’est-ce que j’en pense ? Je suis fière. Je me dis qu’il y a une Fleur-De-Lys qui regardait mes prestations pour savoir quoi faire et comment se différencier aussi de mon interprétation. Je trouve ça génial. Quelque part, j’ai l’impression que nos rôles, notre manière d’aborder le rôle a un moment, ça a été un petit modèle pour quelqu’un et ça continue à grandir. Notre Dame de Paris est un spectacle très moderne, c’est à dire que c’est cruellement d’actualité.

Un bon ptit resto  à nous conseiller à Paris ?
Un très bon resto que j’ai découvert récemment : Bonhomie. C’est dans le Xe (22 rue d’Enghien) et c’est très très bon.

Votre dernier coup de cœur musical ?
Le dernier album de Véronique Sanson. Sur le cul. Textes, voix, arrangements, dans sa globalité pour un album complet.

Le dernier artiste que vous avez vu sur scène ?
Samira Brahmia, qui fait partie du projet. Je suis allée la voir au Cabaret Sauvage dans un spectacle qui retrace l’histoire de l’Algérie. C’était super, je me suis régalé.

Un duo rêvé ?
Oum Kalthoum, une très grande chanteuse du Moyen-Orient.

On vous a connu lorsque vous aviez 15 ans, vous en avez plus aujourd’hui. Vous n’avez pas changé ! Quel est votre secret ?
C’est sympa ! (L’attaché de presse derrière confirme ce que je viens de dire). Je suce toujours mon pouce c’est peut être ça.  🙂
Non, je ne sais pas. C’est gentil, ça me fait plaisir.
Un jour, on ne me le dira plus et là, je saurais que je l’ai pris d’un coup mon âge.

Interview by Joan

Julie Zenatti
nouvel album Méditerranéennes
(Capitol Music France)

sortie le 24 mars 2017

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Inna Modja : interview selfie et rayonnante pour Motel Bamako

Inna Modja marque son retour musical et son retour aux sources avec Motel Bamako. Un album qui invite au voyage dans le pays de la chanteuse : le Mali. On redécouvre l’artiste à travers des textes forts, engagés et une musique qui mélange les genres.
Rencontre avec la nouvelle Inna Modja, qui poursuit sa tournée en France et à l’international.

Le sourire de la chanteuse Inna Modja smile interview pour nouvel album Motel Bamako warner music 2015 photo originale united states of paris blog usofparis

INTERVIEW

UsofParis : Vendredi à la Cigale, j’ai découvert une nouvelle Inna Modja. Hip-hop, rap, world music, électro… La pop c’est fini ?
Inna Modja
: Non, la pop a influencé l’album précédent mais le premier qui était plus acoustique. Je ne sais pas si c’est fini, mais sur cet album j’avais envie de rentrer chez moi au Mali et de retourner là où j’ai commencé avec la langue et le genre aussi. Au Mali, après la musique traditionnelle, le hip-hop est la musique la plus importante et la plus populaire. Naturellement donc, j’en écoute et j’ai commencé à en faire quand j’avais 15 ans. Je ne me suis pas improvisée comme ça, c’est juste quelque chose que je n’avais pas eu l’occasion de faire sur les 2 albums précédents.
Je me dévoile plus sur celui-ci. Avant, je parlais beaucoup des autres, de ce qu’il y avait autour de moi, sur celui-ci je parle de moi, de ma vie, de ma culture donc naturellement c’est un genre qui s’est imposé avec la langue aussi.

Du coup, tu ne chantes pas en français sur l’album, ce sont les personnes avec qui tu es en duo qui l’utilise…
Pas sur celui-ci. Mais c’est parce que j’ai grandi en Afrique anglophone, notamment à Bamako, et je parlais anglais. L’anglais sur l’album n’était pas un choix, ça s’est fait naturellement, de façon cohérente. Peut-être que sur le prochain, il y aura du français à nouveau.

Inna Modja Marco Conti Siki The journey of wingsforfreedom in Bamako wingsforbamako photo Facebook

Tu es donc repartie au Mali pour faire cet album, c’était vital pour toi ?
J’habite en partie à Paris et en partie à Bamako, j’y suis très souvent. Au moment où la guerre a commencé, j’étais en tournée et je n’avais envie que d’une chose c’était de tout plaquer et partir auprès de ma famille pour être avec eux dans ce moment pas facile. Quand j’ai commencé à écrire l’album je suis donc partie, j’ai pris ma valise, je suis rentrée chez mes parents sans décider du moment où je reviendrais. Je me suis imprégnée du Mali encore plus. C’est une autre atmosphère, je peux mieux parler de là-bas quand j’y suis.

Cet album-là est très engagé, c’est important pour toi ?
Sur le précédent, il y avait pas mal de chansons engagées aussi comme EmilySpirit, … J’ai abordé beaucoup de thèmes mais quand on a une chanson qui prend le dessus comme French Cancan, les autres sont moins mises en lumière. French Cancan, c’est une chanson qui m’a tellement porté chance et ça m’a permis de faire un 3e album.
Sur cet album, je parle plus de moi, et je suis quelqu’un d’engagé. Ça fait plusieurs années que je milite contre l’excision, je suis ambassadrice de l’AMREF qui aide à former des sages-femmes en Afrique. Ça fait partie de ma vie et de mon quotidien, et donc forcément cela s’invite dans ma musique. En plus, mon pays est en guerre, je ne pouvais pas ne pas en parler car ça bouleverse tellement de choses dans nos vies.

Tu as co-réalisé le clip de Tombouctou, ton concert est très visuel, avec des vidéos magnifiques du Mali, est-ce toi aussi qui les as tournées ?
Oui, je les ai faites avec Marco Conti Sikic. On avait envie de montrer une Afrique différente. On a tendance à parler des guerres… j’avais envie de montrer quelque chose de plus juste, de plus réel. J’ai utilisé des codes africains comme la récup’, le studio de  Malick Sidibé, etc.
On est dans une période qui est un peu flippante, où l’on ne sait pas qui est l’autre et quelle est sa culture. Et je pense qu’en découvrant des cultures différentes et riches, les gens peuvent être amenés à s’intéresser. J’avais envie de montrer l’Afrique dans laquelle j’ai grandi, sans une vision misérabiliste car on n’est pas misérable !

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Qui sont les femmes qui apparaissent dans le clip de Tombouctou ?
Il y a ma mère, ma grand-mère, ma sœur et sa fille et ma petite-cousine. C’était une expérience familiale. Elles se sont prêtées au jeu car elles croient en ce que je fais et dis. Les engagements que j’ai, je ne les tire pas de nulle part. Mon père est le plus grand féministe que je connaisse, il pense que l’avenir de l’Afrique est entre les mains des femmes. Ma grand-mère aussi est ultra-moderne.

Je suis ultra fan de The Noisettes, tu as travaillé avec eux pour le titre The man accross the streets » comment est née cette collaboration ?
Ce sont des copains. On est parti à Brighton chez Dan Smith, on a passé une semaine là-bas à discuter, refaire le monde, faire de la musique… Avec Shingai Shoniwa, on partage beaucoup de choses, elle est originaire du Zimbabwe, on a beaucoup de choses en commun. Ça faisait un moment qu’on voulait faire quelque chose ensemble et pour cet album ça s’y prêtait bien.

Vous n’avez fait qu’une chanson ?
Non, on en a fait plusieurs mais on n’en a gardé qu’une. Pour le live, je pense qu’on fera des chansons qui ne sont pas sur l’album.

Quelle est ta chanson la plus personnelle sur cet album ?
Forgive yourself dans le texte est celle où je me dévoile le plus. Sambe et Tombouctou sont vraiment mon état d’esprit.

selfie original et exclu pour UsofParis
selfie original et exclu pour UsofParis

Dans une ancienne interview, tu disais que ton rêve était de faire un duo avec Baloji et Oxmo Puccino, tu l’as fait ! Une envie pour un nouveau duo ?
Oh non, quand je prie ça arrive… Je ne sais pas encore, je ne fais pas beaucoup de collaboration. Quand j’en fais, c’est parce que j’ai un coup de cœur artistique.
Je pense qu’avec Salif Keïta ce serait une belle chose. Mais ça se fera certainement.

Quel est le dernier concert que tu as vu ?
Asa
, mais c’était il y a un moment.

Ton dernier coup de cœur musical ?
Janet Jackson
. Je l’adore depuis que je suis enfant et son dernier album est très chouette.

Un concert inoubliable dans ta carrière ?
Celui de La Cigale, qui vient de passer, parce que 90% de la set-list était composée des nouveaux titres ou chansons moins connues. C’était quitte ou double. C’était un très beau moment. Les gens ont dansé tout le long. C’était génial !

Inna Modja smile lookée nappy interview pour nouvel album Motel Bamako warner music 2015 photo originale united states of paris blog usofparis

Pendant ce concert, tu as repris le titre Caroline de MC Soolar, pourquoi ce choix ?
J’adore MC Soolar, et il manque à la scène hip-hop actuelle. Il est venu au Mali quand j’étais toute petite, j’étais allée le voir en concert avec mes sœurs et Caroline était une chanson qui m’avait marqué. Je ne sais pas ce qu’il fait en ce moment mais « reviens ! ».

Une dernière question qui m’a été soufflée par une fille (elle rit) : le nappy est à la mode depuis 4-5 ans, tu es l’une des précurseurs, c’est une mode ou un réel black power ?
Je ne pense pas que ce soit black power, c’est juste la nature, qui on est.
J’ai commencé il y a un peu plus de dix ans, ce n’était absolument pas la mode. Je me souviens que je me faisais pointer du doigt dans la rue, on se moquait de moi, on m’appelait Jackson Five, etc.
Et je suis heureuse de voir de plus en plus de filles avoir leurs cheveux naturels parce que c’est qui l’on est. On ne peut pas toutes être des grandes blondes d’1m80, parfois on est brune, parfois on est rousse, parfois on a les cheveux crépus parce qu’on est métis, noire, asiatique, etc. On ne peut pas tous rentrer dans le même moule. Le fait d’accepter que chacun est unique est important. Si tout le monde se ressemble, il n’y a pas d’intérêt.

Interview by Joan
Photos by Emmanuel 

Cover Motel Bamako pochette nouvel album Inna Modja Warner Music France 2015

Inna Modja
nouvel album Motel Bamako
(Warner)

En concert à :
Briec – 25 mars
Viry-Chatillon – 31 mars
Piédran – 29 avril
Toulon – 4 mai

Institut du Monde Arabe (Paris), 13 mai 2017

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Cyril Mokaiesh : une chanson, c’est un petit volcan ! #Interview

Cyril Mokaiesh a la poésie qui fait sens dans ce contexte particulier de secousses politiques, d’incertitudes, de rêves empêchés, gâchés. Avec son nouvel album Clôture, il nous encourage à nous débattre, à savourer, à crier notre liberté.
La loi du marché en duo avec Bernard Lavilliers est un regard porté poignant et efficace sur le monde qui se dérobe tout autour de nous.
Dans ces temps troubles, l’attachement à la musique est plus fort que tout, un vrai réconfort, que ce soit pour nous, que ce soit pour un artiste. D’ailleurs, C
yril redevient collectionneur de vinyles depuis qu’il a reçu une platine disque à Noël et son album préféré de Bashung, Fantaisie Militaire.

INTERVIEW

Selfie original pour UsofParis

UsofParis : Trois duos dans cet album. C’est pour partager un moment privilégié avec un artiste ou lui faire dire des mots qu’il n’a pas l’habitude de dire ?
Cyril : C’est un peu des deux. 🙂
Je n’avais jamais fait de duos. Je suis donc crédible en disant que je ne cours pas après cet exercice. Mais parfois, il y en a qui peuvent s’imposer dans un disque. C’était cohérent de chanter La loi du marché avec Bernard Lavilliers, un artiste avec lequel je peux revendiquer une espèce d’héritage. Je l’ai beaucoup écouté et je me fais encore cueillir par certaines chansons un peu confidentielles, d’une époque un peu révolue.
J’aime bien quand on prend la plume pour parler d’actualité de se mettre à deux pour le chanter. Ça peut avoir une résonance supplémentaire.
Le duo met de l’air aussi dans un album. Élodie Frégé amène une lumière. Je savais qu’il fallait une voix de femme. Il y a quelque chose qui plane dans ce titre. C’était naturel de faire appel à elle, parce que ça fait un moment qu’on se suit, qu’on s’aime, qu’on partage de la musique ensemble.
J’ai aussi pensé à Mélanie Doutey, mais la chanson n’est pas sur le disque.

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Houleux avec Élodie Frégé est un très beau titre, comment l’as-tu conçu ?
Je l’ai écrit en pensant que j’allais le chanter tout seul. Et c’est en studio que j’ai pensé à elle.
C’est une des dernières chansons que j’ai écrites. Je voulais essayer de faire une chanson un tout petit plus fraîche même si je n’ai pas pu m’empêcher de parler de l’époque.
Ce mot houleux caractérise bien ce que l’on vit. Et il est peu utilisé.

C’est audacieux comme titre !
Je revenais d’Ostende aussi. Peut-être qu’à force de prendre du vent dans la gueule, ce mot est resté. ! 🙂

Il se passe de belles choses dans ces collaborations ? Ou c’est trop court pour en profiter ?
Il y a eu une petite correspondance par mail avec Stéphane Brizé, le réalisateur du clip La loi du marché, avant que l’on se rencontre. On avait la pudeur de se donner des nouvelles sans trop se dire que l’on aimerait bien faire quelque chose ensemble. J’ai aimé l’élégance de cet échange. Je me souviens du moment où je lui ai demandé de réaliser mon clip, il a dit oui. Je me suis dit : quelle chance !

L’écriture au fil des années est plus facile ?
J’aurais tendance à dire oui. Parce que j’ai commencé tard, et j’étais autodidacte. Parce qu’au début, je voulais mettre toute la poésie, la philosophie, la politique que je connaissais, dans une chanson. Ça passait en force.
Aujourd’hui, je m’autorise à penser qu’une chanson est une photo d’un moment qui dure 3 minutes, dans lequel on a le droit de se gourer, d’être maladroit. Une chanson c’est un petit volcan.
J’essaie d’écrire le plus possible et avec un peu plus de confiance qu’avant.

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J’ai lu sur un site : « J’aime cet album, bien sûr, même s’il est très dur. »
Je suis conscient que c’est un disque sombre, qui ne mâche pas ses mots sur l’Europe, les hommes politiques, la confiance en l’avenir. Aujourd’hui, je suis très sceptique. J’ai l’impression d’avoir été trahi par un candidat à qui j’ai donné ma voix.
J’évoque mes doutes avec cet album.
J’ai lu un article dans Libé qui disait : « ça parle de l’époque et d’amour, les deux ne sont pas très en forme. » Et c’est vrai.
Je l’aime cet album car il n’a jamais été aussi vrai. Je ne pas être plus nu dans un disque, même s’il est âpre.

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L’amour, c’est toujours l’espoir ?
Oui. C’est ce que l’on a inventé de mieux. Il n’y a pas de chanson qui ne soit pas d’amour. On peut parler de politique avec amour.
Quand on est romantique, on a envie que ça brûle sans cesse, que ça vibre.
Écrire, c’est poser des mots sur ce qu’on rate et sur ce qu’on aimerait réussir.

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Quelle était ton intention avec le titre Clôture ?
On ne la connaît jamais avant de faire une chanson. C’est l’histoire d’un mec qui se balade dans Paris, avec les heures de la nuit, il fatigue un peu et fait le bilan de sa propre vie.
Il y a un lien avec le contexte actuel. Ça démarre sur l’Europe et ça finit par son fils. Il y a un côté à la fois désabusé et ironique car il est un peu bras cassé ce mec, mais il peut dire toutes les vérités du monde.

Quel est ton rapport aux réseaux sociaux ?
On se renifle un peu. On se regarde de loin, parfois on se rapproche un peu. Mais on ne passe pas nos journées ensemble.
C’est indispensable d’avoir une page Facebook pour un artiste. Et je m’aperçois que ça pourrait être un jour un outil si je n’ai plus de label. Si je décidais que j’avais suffisamment de personnes qui me suivent, que je ferai uniquement la promo avec. C’est peut-être l’avenir des labels.
Je le fais volontiers mais je ne suis pas très à l’aise.

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by Alexandre

Cyril Mokaiesh
nouvel album Clôture
(Un Plan Simple / Sony Music)

CONCERTS

28/02/2017 – PARIS – La Maroquinerie
31/03/2017 – RABASTENS (81) – La Halle
03/04/2017 – NANTES (44) – Les Ferrailleurs
05/04/2017 – BORDEAUX (33) – Club Barbey
07/04/2017 – MARSEILLE (13) – Le Poste à Galène
06/05/2017 – CLERMONT-FERRAND (63) – La Coopérative de Mai

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Rocky : une bande-son taillée pour les festivals #interview

Essayez seulement de détourner l’oreille d’un son pareil.
Même ma daronne n’a pas résisté à Band against the wall.
Rocky (the band) a enflammé les rédacs, les blogs, le Cent Quatre et le dernier Bar en Trans. Le groupe n’est pas prêt de lâcher les festivaliers qu’il va rencontrer sur sa route en 2017. Le programme est riche.
Inès et ses boys forment une équipée folle prête à encaisser un max de kilomètres et de miles pour déchainer les foules, à grands coups de tresses déchainées, de rythmes imparables et de ptits shoots de vodka d’avant-scène. 

L’album Soft Machines est d’une redoutable efficacité, dansant, trippant et addictif. A écouter en live à la Gaité Lyrique le 3 mai et dans un max de festivals.

INTERVIEW SELFIE / ROCKY

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UsofParis : Votre culture musicale : plutôt bons disquaires, dealers de bons sons ?
Laurent : Y’a deux cultures dans le groupe. Inès qui est plus net et Youtube. Et nous, vu notre âge (bientôt 40 ans) : c’était les disquaires et les magazines.

Un titre de malade mal connu du grand public, incontournable pour vous ?
Laurent : Joe Smooth : Promise Land. Un gros tube de la culture gay !

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1er titre accrocheur de votre album pour moi : Band against the wall. Quelques mots sur sa genèse.
Laurent : On ne devait même pas encore s’appeler Rocky quand on l’a fait. Tom et moi avions le refrain et une vague idée du couplet.
Tom : Le titre s’appelait Seul tout !
Laurent : J’attendais en studio et je faisais une rythmique.
Inès est arrivée deux semaines après. Et on lui a fait chanter : Just away et ce titre.
Guillaume Brière (The Shoes) l’a aimé. Ça nous a vraiment donné confiance et nous a permis d’écrire les autres titres.

L’autre titre accrocheur : Edzinefa Nawo. Quelle est l’histoire ?
Laurent : Pour nous, c’est GINEFANO à l’écrit ! 🙂
Inès : Au départ, on avait un couplet au yaourt de Tom que je trouvais fort mélodiquement.
Un jour en studio, on écoutait un titre en mina. Et ça m’a inspiré pour le texte. J’ai tout de suite écrit en mina alors que d’habitude, je pense en anglais.
C’est l’histoire d’une mère qui donne du courage à sa fille et qui lui dit : « je ne suis pas inquiète, je sais que tout ira bien. » C’est une chanson bienveillante. C’est un clin d’œil à ma culture togolaise et à ma mère.
Laurent : C’est tout l’inverse de Band against the wall, en fait ! 🙂

Quel conseil vous a donné Guillaume (The Shoes) ?
Laurent : Il nous a surtout donné confiance en nous.
Inès : Il a un côté très rentre-dedans aussi.
Tom : Il est dans l’enthousiasme !
Laurent : Quand on doutait d’un son ou d’autre chose, lui le prenait direct pour servir la production et la chanson, sans aucun détour.

Pourquoi mixer à LA ? C’est pour se la péter un peu ?
Laurent : 🙂 Le label nous avait demandé une short-list de mixeurs. Et Eric Broucek a répondu très vite. C’était un de nos premiers choix et il était à LA. On s’est dit que c’était foutu. Mais le label a défendu le fait que tous leurs artistes participent au mix de leur album du coup, on est parti. Pour le groupe, c’était une expérience de fou.
Eric a apporté une sorte d’unité dans le son.
Tom : Il a lié tous les morceaux entre eux. Il a donné la couleur de la voix, de la batterie. Tu vois ton album se dessiner de jour en jour. C’est un peu fou. Chaque jour, une nouvelle chanson de l’album se découvrait.

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Soft Machines a-t-il eu une vie sur scène avant le studio ?
Laurent : On a testé l’album sur scène, une fois qu’il a été écrit. On le découvre en live maintenant. On ne peut pas le plaquer à l’identique. Il y a beaucoup de séquences, de synthés. Il faut donc tester pas mal.
On fera sans doute autrement pour le prochain.

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« KO », « se faire dérouiller »… les mots sont forts dans la presse. Vous attendiez-vous à un tel accueil ?
Inès : Tu ne peux jamais savoir. Jusqu’à la date de ta release, tu flippes. Tu te dis que les gens peuvent ne pas comprendre.
On aurait pu avoir un bon accueil, point. Et on a un très bon accueil. On est plutôt verni.
Laurent : On avait peur que la presse parle d’une musique hétéroclite, sans unité. Et que les gens comprennent et écrivent qu’il y a un vrai univers et que c’est une qualité, c’est gratifiant.

On vous prédit une année 2017 en festivals, c’est le cas ?
Laurent : Tout n’est pas confirmé. Mais il y a déjà Les Vieilles Charrues, Sakifo à La Réunion, Les Eurockéennes, le Paléo…
On fait partie du dispositif Talents Adami Détours.
On va jouer en plein jour. On réfléchit à un dress-code pour se faire repérer. Et ne pas tous arriver habiller en noir.

Quand avez-vous pris votre pied pour la 1ère fois sur scène ?
Laurent : A Nancy, la première partie des Naive New Beaters.
Tom : On commençait à être un peu plus à l’aise. Il y a eu un vrai changement : le public a commencé à se mettre à danser.

Une appli de malade dans vos phones ?
Tom : J’ai un Iphone 3. J’ai Safari ! 🙂
Laurent : Figure par Propellerheads. Une appli très intuitif pour ceux qui veulent faire de la musique facilement.
Olivier : La carte de France des stations Total pour cumuler des points.
Inès : Prisma, une appli photo sympa.

Interview by Alexandre

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ROCKY 

album Soft Machines
(Labelgum)

Concert à Paris : le 3 mai @ La Gaité Lyrique

Tournée : Saint-Nazaire (18 février), Strasbourg (24 février), Lausanne (25 février), Belfort (31 mars), Romans sur Isère (14 avril),

Page FB officielle Rocky

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Calypso Valois : envoûtante & percutante #Interview

Calypso Valois est la première révélation musicale qui va compter en 2017. Après avoir dévoilé un clip claquant avec Le Jour (réalisé par Christophe Honoré), la jeune chanteuse se prépare à sortir son 1er EP en version vinyle. Audacieuse, non ?
Ne lui demandez surtout pas son style musical, elle est bien en mal de répondre. C’est de la chanson, de la pop en français dans le texte. C’est frais, efficace et captivant, comme ce sourire irrésistible quand elle est face à vous.
Cette fille de…, également comédienne, a tous les atouts pour faire de la scène musicale son nouveau cadre d’interprétation.

INTERVIEW

UsofParis : Sortir un 45 tours c’est réaliste ou une pure folie ?
Calypso Valois : Je suis folle ! 😉
J’adore les vinyles. Je n’écoute pas de CD. Je déteste écouter de la musique sur ordi ; parfois je suis obligée pour le travail. Pour le plaisir, c’est toujours le vinyle.
Je ne suis pas matérialiste mais l’objet livre, comme le disque, est important et attrayant.
Ça me rappelle mon enfance aussi.

photo Christophe Decarnin
photo Christophe Decarnin

Quand as-tu décidé de devenir chanteuse, auteure ?
Au départ, la musique était avant tout un plaisir : jouer mal des morceaux que j’aimais. 🙂
Ma première émotion musicale a été Chopin, vers 5-6 ans. Je me suis demandé comment il pouvait ressentir ce que je ressentais et sans aucun mot. Ça m’a bouleversée.
J’avais aussi une cousine qui jouait du piano à la campagne. Je me disais : « que peut faire un être humain de plus beau que ça ? » Je l’espionnais par la fenêtre. Et j’ai demandé un piano à mes parents.
En parallèle du conservatoire de théâtre, j’ai commencé un groupe, mais c’était une blague ! Les chansons c’étaient des blagues.
On s’amusait tellement. Et puis des personnes ont commencé à écouter et c’est devenu sérieux. La musique m’a rattrapée.

Tu n’assumais pas ?
Sans doute. Et puis, cet esprit de contradiction à la con vis-à-vis des parents quand on te demande : « tu feras de la musique comme tes parents ? » Et que tu réponds : « NON ! »

D’autres émotions musicales fortes ont marqué ta jeunesse ?
Gainsbourg, j’adorais. J’ai compris que tardivement ce que voulais dire Love on the beat.
Je volais les CD de Gainsbourg à mon père. J’avais droit d’emprunter un disque à la fois.
J’ai beaucoup écouté Nico and The Velvet Underground. Quand j’étais petite, j’avais du mal à dormir. Ce disque agissait comme un calmant. J’ai dû l’écouter toutes les nuits pendant longtemps. 🙂
J’ai aussi beaucoup écouté de la musique classique avec mon père.

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Comment écris-tu ?
J’écris sur des carnets. Mais je pars toujours de la musique pour écrire des chansons. La musique m’inspire. Parfois, c’est une sonorité et je m’amuse avec les mots.
Il faut qu’il y ait toujours le fond et la forme.
Le jour, ce morceau je l’ai toujours bien aimé. C’est rare, car d’habitude, je me lasse vite de ce ce que compose : « Ah, cette vieillerie d’y à 2 mois me saoule. »

Yann Wagner qu’a-t-il apporté à ton projet ?
C’est assez fou. Nous avons une sorte d’osmose de la musique. Parfois, j’ai des trucs dans la tête que je n’arrive pas à exprimer. Je lui parle en en onomatopées ou bruits d’animaux. Et il comprend ce que je veux lui dire. C’est très particulier !
Je ne pensais pas rencontrer quelqu’un comme lui, musicalement. On s’est rencontré lors d’une interview croisée et puis on s’est retrouvé à Pleyel pour le concert d’Etienne Daho.
On se parle en termes de références, pas forcément musicales en plus. Du style : « j’aimerais un truc plus diabolique ! » Et il me répond : « je vois tout à fait ! »
Il a une vision. Et il m’a dit, ce qui m’a impressionnée : « ce sont tes morceaux qui m’inspirent ». Ce n’est pas le producteur qui cherche à plaquer ses recettes habituelles sur les nouveaux projets.
Il sert à faire ce qu’il y a de meilleur pour les morceaux.

As-tu pensé, ne serait-ce qu’une minute, à être une artiste anonyme et ne pas être la fille de ?
Je n’ai pas honte de mes parents ! 🙂
Ça n’aurait pas été trop possible. Ce serait un peu dur de le cacher.
Et puis c’est normal. Les gens ne me connaissant pas ont, sans doute, besoin de me situer, de savoir d’où je viens. Ça rassure en quelque sorte.
Ce qui ne me dérange pas c’est que je fais quelque chose de différent. Je ne suis pas dans la comparaison avec mes parents.

Un conseil, une leçon de vie de tes parents ?
A 18 ans, quand j’ai dit à mon père que je voulais faire du théâtre, il m’a dit : »tu n’y arriveras jamais, c’est trop dur. » Mais après, il est venu me voir jouer sur scène et a accepté : « Ok. Tu y arriveras, mais ce sera très dur. »
Et pour la musique, il me disait : « surtout, ne fais pas ça, tu vas t’en prendre plein la gueule. Fais autre chose ! » Je lui ai demandé quoi, il voulait que je lui proposer autre chose 🙂
Il voulait avoir tout me protéger.

calypso-valois-le-jour-jeu-flou-pochette-cover-vinyle-45-tours-ep-pias-le-labelQue peux-tu nous dire sur ton EP ?
Chaque morceau a son univers. J’aime pas trop les albums qui sont très linéaires.
Il y aura du relief mais avec une cohérence.
Je suis contente. Je le vois comme un univers constitué de pleins de petits autres univers.
Ce ne sera pas autobiographique. Mais ça parlera de choses qui m’ont touchée.

Une chanson pour dire je t’aime ?
Il y en a tellement ! Je t’aime moi non plus de Gainsbourg.

Une chanson qui te fait pleurer ?
L’Adorer d’Etienne Daho. C’est assez systématique quand je le vois en concert, c’est tellement fort. Il me touche. J’étais allée le voir la première fois en live avec mon père. Et c’est assez rare d’avoir autant d’émotions en concert.
Etienne Daho est un exemple de ce j’aimerais tendre pour la scène. Il n’y a pas d’artifice, il ne fait pas de cabrioles et pourtant il t’emporte.

Une chanson pour t’évader ?
L’Etude Révolutionnaire de Chopin. J’ai tout de sa vie : je l’adore !
Il a écrit cette étude à 19 ans. Il y a une puissance impressionnante ! Une telle maturité à 19 ans c’est absolument improbable.
Quand on est comédien, on accepte notre part schizophrène. J’ai beaucoup de plaisir à être quelqu’un d’autre. C’est très reposant, mais il faut avoir confiance en son metteur en scène. On est l’instrument et pas le compositeur.
Et dans la musique : c’est très personnel car c’est ma composition, mes mots. Et en même temps, je ne suis pas dans l’autobiographie. Je suis très sincère dans l’émotion et aussi dans la distance dans qui parle à qui (je ne suis pas le « je » que je chante).

Interview by Alexandre

calypso-valois-le-jour-ep-vinyle-45-tours-cover-pochette-pias-le-label

CALYPSO VALOIS

LE JOUR / JEU FLOU
EP vinyle 45 T (édition limitée à 1000 ex)
Sortie le 13 janvier 2017
(PIAS Le Label)

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Naive New Beaters ITV chic & sauvage pour le puissant A la Folie !

Depuis cet été, A la folie le 3e album dance, fun et débridé de Naive New Beaters nous fait affronter tous les aléas de la vie. Le bonheur tient parfois en une simple et vigoureuse chanson d’amour, en un duo avec Izia ou une déflagration de beats.
David, Eurobelix et Martin reviennent sur l’accueil de leur disque, confient leur stratégie marketing imparable et dévoilent quelques bons spots parisiens.
ITV en mots, selfie et vidéos ! 

INTERVIEW / NAIVE NEW BEATERSNaive-New-Beaters-A-la-Folie-album-pochette-promo-Lac-de-Roselend-photo-usofparis-blog

Accueil, promo d’A la folie, sont à la hauteur de nos attentes ?
David Boring : Même plus !
Wallace, le premier album avait bien marché. Et avec celui-là, on a l’impression que c’est un peu plus fate. On a plus d’expo en média.
Eurobelix : C’est la 1ère fois qu’un de nos titres tourne pas mal en radio.
David : Et qu’on n’est pas obligé nous-mêmes de programmer.
Martin Luther B.B King : On a commencé à jouer les titres avant même la sortie de l’album. Et le public réagissait bien,
David : Ils dansaient. Et ça ne faisait pas un blanc, comme d’autres fois. Je me rappelle de Made to last long et le public était en plein kiff.

3-4 adjectifs pour décrire les premiers lives d’A la Folie ?
David : Dansant ! Chic-et-sauvage, un seul adjectif (c’est une contraction). Dance-grunge.

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Un succès en musique en 2016 c’est un succès ou c’est un travail de longue haleine ?
Martin : C’est pas un coup de bol !
David : Heal Tomorrow était prêt, deux ans avant la sortie de l’album. On l’a un peu diffusé. C’est pas mal de sortir ton album 2 ans avant en faisant semblant. On élabore plusieurs techniques.
On s’est dit que c’était pas si mal de le sortir en plein milieu de l’été : personne à Paris.
Ce retard cumulé qui était une faiblesse, on en a fait notre force. José de Stuck in the Sound nous a dit : « Trop stylé les gars. Vous sortez votre album en plein été. Vous êtes des génies ! »

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J’ai kiffé Monte Christo. Ca donne envie d’hurler : « It’s ok now!« 
David : C’est top, mec ! On l’a conçu dans le manoir d’Eurobelix en Ardèche. On faisait des sessions d’enregistrement.
Martin : J’ai une théorie que nous n’avons jamais évoquée. On était dans une pièce très mal insonorisée avec pas mal de réverbérations. Et le fait de brailler faisait un beau son naturellement.
David : C’était en fait un peu chelou parce que c’était de la dance. Y’avait une gène.
Martin : On s’est dit : est-ce qu’on ne va pas un peu trop loin dans la dance ?
David : Au final, il s’est pris une ptite couche de mix qui le rendait un peu plus craspouille, agressif et moins dance-disco-club. Puis un nouveau vernis. Du coup, il est hybride !

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Words Hurt est super efficace aussi. Les beats c’est au premier jet ou long travail ?
Martin : C’est assez souvent des premiers jets, oui.
David : On l’a assez vite fait dans sa globalité. Mais on a galéré pour le gimmick avec les voix d’enfants.
Martin : On garde les premières prises de voix. Après c’est la hantise de refaire quelque chose. T’as l’impression de perdre l’émotion du début.
Eurobelix : C’est bien aussi de ne pas trop écouter les démos.

Un lieu improbable pour un concert ?
David : On nous parle souvent de la Tour Eiffel. Faudrait peut-être qu’on le fasse.
On te balance : « Waouh Lilly and The Prick on fait un concert à la Tour Eiffel« . Mais au final c’était dans un restaurant, non ?

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Anecdote de concert cette année ?
David : On a fait un concert bien foiré à Millau. On nous a même dit d’arrêter avant la fin du concert.
Martin : En général, on n’est pas super content quand on nous dit ça, mais le concert était tellement catastrophique pour plein de raisons.
David : En plus, Joey Starr nous avait bourré la gueule avant !

Un spot de ouf pour boire un verre à Paris ?
David : Le Grand Train !
Alex : Il est fermé !
Martin : Le Sans Souci, c’est du classique, du solide. Avec une Naive New Beer ! 😉
David : J’aime beaucoup les cromesquis au chorizo du Barbès.
Martin : Faut pas se mentir : c’est juste des croquettes ! 😉

Spot de ouf pour un dîner en amoureux ?
Martin : Le Jourdain ! Ou le Kushikatsu Bon, les brochettes fines japonaises.
David : Avec le gros four en cuivre. T’amènes ta meuf ou ta mère : tu gagnes des points !

Claque musicale récente ?
David : Asgeir King and Cross. Il est ouf ce morceau ! On dirait un maxi gold d’un tube d’y a 20 ans.
Martin : Le 2e album de Fidlar. Je l’écoute plusieurs fois par semaine.
Eurobelix : Tampe Impalia ont fait très fort.
David : Et Dan Croll – From Nowhere !

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Interview by Alexandre

Naive New Beaters
album A la folie
(Capitol Music France)

En concert à l’Olympia, le 22 mars 2017

et en tournée en France : Les Angles (7 janvier), Villeneuve La Garenne (13 janvier), Grenoble (3 mars), Ris Orangis (4 mars), Hérouville-St-Clair (9 mars), Lille (15 mars), Merignac (17 mars), Le Mans (30 mars), Rennes (1er avril), Morlaix (7 avril), Villeurbanne (14 avril), Terville (29 avril)…

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