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André Manoukian en interview Apatride… à écouter sous la couette

Il y a des artistes pour lesquels on se dit « J’aimerais m’assoir autour d’une table pour parler musique ». André Manoukian est de ceux-là. Apatride, son nouvel album nous a offert cette chance.
Sa jovialité naturelle a donné naissance à une discussion conviviale, dense et riche, dans son appartement parisien.
Beethoven, Dave Brubeck, histoire de la musique et familiale : rencontre avec un homme aussi chaleureux que son album.

 


INTERVIEW – SELFIE

En écoutant l’album, sans prêter attention aux titres, j’ai senti une filiation avec Dave Brubeck. Pourquoi a-t-il autant influé sur cet album ?

André Manoukian : En fait, Dave Brubeck a écrit Blue Rondo à la Turk, et les rythmes à la turque. Ce sont des rythmes composés à 5 temps, 7 temps, 9 temps ou 11 temps. Je crois que c’est le premier à avoir fait ça. De la même manière qu’en découvrant la musique de mes ancêtres, j’ai découvert des nouveaux modes, des nouveaux rythmes.
Et il se trouve que ces nouveaux rythmes sont plutôt turcs. C’est ce qui m’a plus dans la musique de mes grands-parents. Si on m’avait dit, quand j’étais petit : « tu joueras la musique de ta grand-mère ! », j’aurais éclaté de rire.

André Manoukian
Selfie original pour USofParis

Et j’ai découvert des petites cellules mélodiques un peu entre Satie et Ravel pour un projet documentaire sur la diaspora arménienne. Quelque chose que se marie super bien au jazz en fait. Au même moment, j’étais juste en train de me poser la question de me remettre au piano sans chanteuse. L’idée c’était de trouver une clef, parce qu’entre Thelonius Monk et Bill Evans le paysage est large.

Quand j’ai fait la musique de ce documentaire, je l’ai joué : piano, contrebasse et percussion balai. Du coup, mes potes jazzmans me disaient :
« – C’est incroyable ! Tu devrais en faire un disque. C’est des standards?
Non, non ce sont des thèmes traditionnels Arméniens »
Eh bien je me suis dit : « Pour une fois que mes ancêtres m’amènent autre chose que des névroses, je vais en profiter ! » Et pour moi c’était un beau cadeau.

Je voulais explorer un peu ce sentiment très oriental qui est de se réjouir de la mélancolie. Mais ça c’est pareil avec le blues, la saudade, c’est les même mots, ou le Spleen de Baudelaire. Ça évoque l’idée que nous, les musiciens quand il nous arrive un truc pas cool, on se met derrière le piano et on en fait un truc cool. Ça nous guérit de notre tristesse bizarrement. L’expression musicale de la tristesse vous guérit de votre propre tristesse. Et sur ce troisième album, j’avais envie d’aller sur des choses festives.

Vous avez pointé tout de suite le propos du disque surtout autour du morceau Apatride. Dans Brubeck Jan, jan c’est un suffixe qu’on peut coller à tout le monde qu’on s’aime bien.

André Manoukian

Écoutez la musique de ses ancêtres, ça fait remonter des émotions ? La musique a-t-elle une mémoire ?

André Manoukian : Bonne question ! Non seulement la musique a une mémoire mais alors pour le coup la première fois qu’on m’a demandé de jouer quelque chose d’arménien j’ai dit « Mais c’est quoi cette question ? Qu’est-ce que je vais faire ? »

Je me suis assis derrière le piano et je me suis souvenu d’une vague mélodie d’une berceuse de ma grand-mère. Alors ça m’a remis dans cette histoire-là. Il y a un morceau que j’ai appelé Danse du sable, qui fait un peu penser à Khatchatourian [et sa danse du sabre].
Mais surtout la Danse du sable, c’était pour moi ma grand-mère qui marchait dans le désert Deir-Zor et qui disait quand il y avait du vent « le sable, il va nous emporter. Il ne va rien rester de nous.» Et finalement, elle est restée, elle a survécu.

Donc c’est pour ça qu’il y a aussi des morceaux qui sont comme le parcours qu’à fait ma grand-mère : 1 000 kilomètres du nord de la Turquie, au débord de la Mer Noire, jusqu’au désert de Syrie. Pendant que mon grand-père était prisonnier chez les Russes parce qu’il avait été enrôlé de force dans l’armée Ottomane. Il s’est échappé, il est revenu, mais il ne retrouve pas sa famille. Et pour finir, il se retrouve par miracle chez un cousin en Bulgarie qui faisait des roses (la Rose de Damas). Et c’est la même rose que celle de Ronsard qui poussait à Cachan, mais ce n’est pas le Cachan de chez nous. C’est une ville de Perse où la rose est née et Ronsard vivait à Cachan.
Bref, il y avait des boucles comme ça dans l’histoire, dans la musique qui m’ont alimenté pour aller vers tous les titres de cet album.

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Comment vous composez ? Vous êtes forcement derrière votre piano, ou il vous arrive de poser des notes sur le papier ou sur un smart phone ?

Beaucoup de smartphone ! Enclencher le record et jouer des choses le matin. Et même sur un tire-fesse, j’ai eu une super mélodie mais mon smartphone ne marchait pas. J’ai sorti un bout de papier et j’ai écrit comme j’ai pu. J’ai vite fait une portée et quelques lignes. Quand les mélodies viennent, il ne faut pas les louper.

Les thèmes aussi, je les ai beaucoup travaillés. C’est un répertoire qui peut se jouer tout seul au piano. Comme si c’étaient des pièces classiques.

En composant cet album j’étais dans Beethoven. J’avais retrouvé une sonate n°8 que je bossais quand j’étais petit et tout d’un coup je vois des accords géniaux. Et quand on commence à les analyser à l’aune du jazz, les compositeurs classiques font tous des accords incroyables.
Ce que j’aime chez Beethoven c’est sa manière de contracter, d’être très sombre et puis tout d’un coup d’ouvrir. C’est ce va-et-vient permanent, cette espèce de passion.

J’ai lu une interview où vous dites « J’ai mis ma libido dans le piano ». On veut en savoir plus ! 

Ça veut dire qu’avant c’était le timbre de voix d’une chanteuse qui m’inspirait. Il y a des timbres qui me racontaient des histoires. Un jour je faisais mon premier album avec mes musiciens. On était dans un studio à Grenoble, il y a une fille métisse mimi qui passe. On était tous en train de s’engueuler pour savoir qui allait faire le prochain solo. On la rattrape, on lui pose le casque et elle se met à chanter. Et là elle chantait comme Sarah Vaughan !
C’est là que je suis passé du côté féminin de la Force. Et j’ai vu ce que c’était qu’une muse.
Puis un jour je suis allé voir le docteur qui m’a dit :
« – Vous ne pouvez pas continuer comme ça. Vous tombez amoureux, vous écrivez. Vous êtes largué, vous écrivez.
– Que dois-je je faire, docteur ?
– Mettez votre libido dans le piano ! »
Et ça fait mal !

Maintenant, la chanteuse c’est mon piano. Et ce n’est pas le plus facile des instruments pour sortir une expression. Pour moi, il y a plein de pianistes qui font chanter leur piano, comme Brad Mehldau.

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Et le piano est une belle muse ?

Oui ! Le piano mais plus que ça : l’Orient ! En plus d’une muse, j’avais trouvé, tout d’un coup, une source d’inspiration incroyable. Aujourd’hui une musique pour qu’elle se régénère, elle doit incorporer des éléments nouveaux.

Le jazz c’est devenu la musique classique des noirs américains. Et tout ce qu’il se passe d’intéressant et de nouveau aujourd’hui, ça vient d’Orient quand on le mélange. C’est Tigran Hamasyan, c’est Ibrahim Maalouf, c’est Dhafer Youssef. Il y a tout un courant.

J’ai découvert un pianiste de flamenco Dorantes. J’étais sur le cul : c’est Jean-Sébastien Bach qui rencontre les gitans. J’ai le sentiment que je suis toujours en train de tirer sur un fil et dérouler et de découvrir des trucs de dingue.

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Quelle est la création la plus personnelle dans cet album ?

Apatride. Je l’ai appelé comme ça parce que j’ai retrouvé les papiers de mon grand-père il n’y a pas longtemps. Et dessus il y avait un gros tampon apatride. On était en plein débat sur la déchéance de nationalité et je me suis dit : « Mais putain les gars, il y a un moment où on était tous des apatrides ! » Et je le revendique. Pour moi, apatride ça serait presque la solution. Et les musiciens par essence, ce sont des gitans, ce sont des nomades. Leur patrie c’est la musique.

Et pour cet album, je suis allé enregistrer avec des musiciens Turques, Iraniens, Palestiniens, Syriens. Pas pour faire « United Colors of B… » mais juste pour aller choper une âme musicale. J’ai rencontré un violoncelliste turc qui avait une telle manière de jouer. Il avait un super vibrato. Tu avais l’impression qu’il y avait des voix qui sortaient de l’instrument.
A la fin il me dit : « c’est quoi cette musique ? » On était à Istanbul et l’ingé son lui dit « c’est un Arménien qui l’a faite ». Il m’a pris dans les bras et m’a dit « Kardeş » : ça veut dire mon frère en turc.

J’avais aussi envie de replacer la musique Arménienne dans son contexte. Parce que depuis le génocide, les Arméniens ont eu tendance à dire « On n’a plus rien à voir avec l’Orient, on est des occidentaux ». Ils ont même enlevé les quarts de tons de leur instrument.
Donc j’ai eu envie de retrouver la musique d’avant que j’ai imaginée, d’avant le génocide, d’avant la catastrophe. L’époque où ils vivaient heureux, tous les uns avec les autres.

André ManoukianUn bel endroit où l’on peut écouter cet album ?

Dans une bagnole, sous la pluie avec un paysage qui défile. Mais ce n’est pas forcément une musique des grands espaces c’est plus une musique de cocooning. Peut-être sous la couette.

Le souvenir d’un beau concert cette année ?

Oui, c’est trois cinglés : deux saxos et un batteur : Moon Hooch. C’est génial. ! C’est une nouvelle génération de gars qui maîtrise tout.

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D’abord le jazz, et comme ce sont des mômes, ils sont venus avec l’électro. Ils arrivent à faire des plans électro juste avec leurs instruments acoustiques en faisant des espèces d’accidents qui font penser à des loops. Ou en jouant des riffs de techno, des séquences hyper répétitives en allant vers la transe. C’était chouette !

André Manoukian

André Manoukian
nouvel album APATRIDE

(Enzo Production)

CONCERTS

28 novembre 2017 à Nîmes :  Elodie Frégé et Andre Manoukian en duo
16 décembre 2017 à Marseille :  Malia / Andre Manoukian
10 janvier 2018 à Dijon : China Moses  / André Manoukian
13 janvier 2018 à Saint Michel sur Orge  : Malia / André Manoukian
19 janvier 2018 à Vierzon : Elodie Frégé et Andre Manoukian en duo
29  janvier 2018  au Trianon – Paris

Plus de dates sur le site Enzo Production

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On a tous quelque chose de J. Hallyday : interviews croisées !

Focus sur la sortie de l’album On a tous quelque chose de Johnny. USofParis a assisté à la conf de presse avec Yarol Poupaud (le guitariste de Johnny Hallyday) et Sébastien Farran (le manager du rocker) et a réalisé une série d’interviews avec trois artistes passionnés :
Marco Prince (de FFF), Slimane et Lisandro Cuxi.

Johnny Hallyday
de guache à droite l Yarol Poupaud, Lisandro Cuxi, Gauvain Sers, Amel Bent, Marco Prince (FFF), Slimane et Sébastien Farran

Même si c’est Universal qui est à l’initiative de ce disque, c’est bel et bien le tout premier album hommage autour de Johnny Hallyday.
Il faut alors savoir que le tôlier était partie prenante dès le début dans sa conception. Sa femme et lui ont d’ailleurs choisi les artistes.
Johnny s’est plutôt concentré sur les chanteurs proches de son univers et Laetitia a proposé des chanteurs plus jeunes et d’autres plus éloignés de l’univers de Johnny, comme Benjamin Biolay.
Si tous les artistes présents sur ce disque ont été validés par le boss, tous ceux qui se sont proposés n’ont pas forcément été acceptés.

D’ailleurs, Lisandro Cuxi, le benjamin de l’album, n’en revient toujours pas. « Ma maison de disque m’a dit : «Veux-tu participer à l’album de reprises de Johnny ?» J’ai fait : « Euh… quoi ? … Vraiment !?»
Et puis après, on a décidé quel morceau j’allais faire :
Noir c’est Noir».

Reprendre Johnny Hallyday : une folie ?

« Je pense qu’il y a une dose d’inconscience ou de folie quand tu décides de faire une reprise en sachant que l’interprète c’est Johnny et le créateur Stevie Wonder, confirme Marco Prince (le leader du groupe FFF). Il faut y aller avec le degré d’inconscience qui sied au chanteur. Y aller sans y réfléchir parce que si tu réfléchis, c’est effrayant. »

Slimane ajoute que « ce qui était important c’est que ce soit validé, par Johnny et qu’il en ait envie. Et c’était un honneur de me dire qu’il allait entendre ma voix posée sur une de ses chansons. »

Johnny Hallyday
Slimane

Lisandro a conscience que « chanter après Johnny, ça peut être un danger. Les gens ne peuvent ne pas aimer. Mais je pars du principe que si je prends du plaisir en l’enregistrant et que j’aime, et bien tout roule. »

Pourtant pas de quoi s’inquiéter car d’après le manager de Johnny, Sébastien Farran : « Ce qui plaît le plus à Johnny, c’est d’avoir un vrai panel artistique large, il a été très touché par ça. Il a souhaité que l’on fasse perdurer cet état d’esprit du rock’n’roll. Si le projet final ne lui avait pas plus, il ne serait pas sorti. »

De la sélection des titres au studio

Côté musique c’est Yarol Poupaud qui a supervisé les arrangements et les orchestrations de cet album. « Musicalement, on voulait rester dans un univers proche de celui de Johnny. Garder la couleur rock, les premières prises, toujours les plus vivantes.
On a été surpris des choix des artistes. Comme Louane avec Toute la musique. »

Johnny Hallyday
Yarol Poupau

Pourquoi ce choix ?

Lissandro – Noir, c’est Noir : « J’ai eu un feeling pour cette chanson. C’est un peu à l’ancienne dans le blues, le rock… dans la rythmique. Je voulais qu’il y ait cette touche que j’ai au fond de moi aussi. J’ai mis dans cette chanson ce que je ne peux pas mettre dans mes albums. »

Marco Prince – Les Coups : « On a hésité longtemps entre reprendre une ballade et une chanson plus énergique, dont le groove nous semblerait plus palpable. C’était important, parce que ce n’est pas exactement notre culture musicale non plus. On avait besoin de ressentir physiquement un émoi sincère. On s’est dit : « On ne sait pas où ça ira, mais c’est sur celui-là qu’on est le plus à l’aise, que l’on s’exprime le mieux, on a trouvé un espace.»

Johnny Hallyday
Marco Prince

Yarol Poupaud a donc fignolé les arrangements en fonction des artistes qui faisaient les reprises. Pour Louane, « on a baissé la tonalité, fait un peu moins rock brut niveau musique. »

En studio avec les musiciens de Johnny

« On a enregistré live, musiciens et chanteurs » confirme Yarol Poupaud.

Marco Prince a kiffé le fait de retrouver cette sensation de liberté en enregistrement : « C’était une espèce de fantasme musical d’avoir tout le monde dans le studio. De faire 3, 4 et bam : tu balances la chanson et tu vois ce qu’il se passe. On a fait le titre en une journée. Il y a eu très peu de prises, à l’ancienne quoi ! »

Slimane était en studio pour son album en même temps. « Je ne voulais pas trop répéter la chanson [Marie], pour ne pas en perdre l’essence. Cette folie et ce premier jet que l’on a quand on fait une chanson. Donc je l’ai travaillée directement en studio. »

Au final, Marco Prince juge que le plus intéressant : « c’était de réussir à trouver ma place, sans me faire vampiriser par la version de Johnny, ni celle de Stevie Wonder. Il y a même eu un truc assez animal : le fait d’être à la place de Johnny. J’estime avoir réussi à faire ça. Et j’y ai pris beaucoup de plaisir à le faire. C’était très joyeux. »

Johnny, dans nos mémoires…

Pour conclure, on a demandé aux artistes quelle était l’image la plus forte qu’ils avaient du king Hallyday.

Pour nous, c’est un concert diffusé à la TV dans les années 80. Avec la chanson phare La Peur, et un Johnny en tenue cuir-cloutée et sanguinolent dans la mise en scène. En mode Mad Max parfait. Un peu effrayant aussi quand tu es gamin.

Johnny Hallyday
Lisandro Cuxi

Lisandro se souvient d’un live, à la télé aussi, « où il a chanté Allumer le feu. Il y avait plein de flammes derrière qui partaient dans tous les sens. Je me suis dit : « Waouh, c’est du vrai show ! ». J’ai eu envie d’être à sa place en mode show-man, d’être avec lui, de chanter avec lui. Vraiment c’était dingue. »

Pour Slimane, ce sont les concerts au Stade de France : « C’était impressionnant. Je n’y étais pas, j’étais un peu jeune. J’ai vu des vidéos. Mais quand tu es jeune chanteur, c’est le genre de choses qui te font rêver. »

Et pour conclure, Marco Prince se souvient d »images proches de la transe de Johnny à la télévision, en très gros plans et en sueur, avec un costume bleu azur et des strass. J’étais gamin.
Plus tard , j
’ai trouvé  que ça ressemblait à des images de James Brown. »

Johnny Hallyday

On a tous quelque chose de Johnny

album disponible à partir du 17 novembre 2017

Avec la participation de : Kendji Girac, Slimane, Garou, Benjamin Biolay, Louane, thomas Dutronc, Lisandro Cuxi, Patrick Bruel, Gauvain Sers, Florent Pagny, FFF, Amel Bent, Gaëtan Roussel, Nolwenn Leroy, Raphaël, Calogero

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Ours – Interview Pops : une furieuse envie de danser !

Après Mi et El, le chanteur Ours ajoute Pops à sa discographie, des mélodies plus dansantes, plus chantantes, pour un album résolument pop.
Entre temps, Charles Souchon a participé à plusieurs projets, les prochains mois vont être intenses avec la tournée, la promo, Le Soldat Rose
Nous l’avons rencontré pour discuter de tout.

Interview-selfie OURS

Ours

UsofParis : Dans une interview lors de la sortie de ton deuxième album, tu disais que tu avais déjà de la matière pour le prochain. Et au final, on a attendu 6 ans pour Pops. Que s’est-il passé ?

Ours : Je n’ai pas mis autant de temps à faire ce disque, j’ai juste accepté d’autres projets musicaux qui sont venus à moi. Des musiques de pièces de théâtre, pas mal de créations : la réalisation du prochain album de Pauline Croze ou composer des musiques avec mon père et mon frère pour le prochain Soldat Rose, écrire des chansons pour d’autres gens… tout ça a stoppé l’élan.
C’était bien que je fasse ces autres projets. Déjà ça fait une récréation plutôt que d’être recroquevillé sur ses chansons, ses émotions et ça nourrit mon album. Je suis allé en Afrique pour faire un disque.
Cela a enrichi et nourrit l’album je pense. Tout est expérience et un album est un peu le résultat de toutes les expériences qu’on a eu ces dernières années et ça en fait partie.

Cet album est beaucoup plus pop que les précédents, c’était une envie de ta part ?
C’est venu assez naturellement, l’envie d’être un peu moins bavard, moins de textes, ne pas hésiter à répéter les mots. Au lieu de faire 3 couplets bien denses, j’en fait que 2 et je n’hésite pas à en répéter un. Je suis aussi plus synthétique, au lieu de dire pleins de choses je résume le tout en un gimmick.

Pourquoi ?
Pour laisser plus de place à la musique. J’avais envie de ça. Dans cette phase de vie, j’avais envie d’un truc plus chantant, plus généreux. Et c’est ça aussi le fait de faire un album plus pop, c’est un album plus facile d’accès, avec des mélodies plus chantantes.

Ta collaboration avec Lily Allen a joué dans ce cheminement ?
Ça a dû influencer oui. Ce n’est pas ça qui a déclenché du tout, mais c’est vrai qu’au début j’avais très peur avec ce duo. Je me suis vraiment amusé à le faire quand je l’ai fait dans mon petit studio. Une fois que c’était en boîte et que ça passait à la radio je me suis dit « Mais c’est très pop pour moi ça !». Puis avec du recul, j’ai trouvé ça bien « si tu as aimé le faire pourquoi tu as peur maintenant que c’est en radio » ça m’a passé au bout de 3 jours. Puis y’a eu le duo avec Ornette en anglais aussi. Ça a débloqué quelque chose chez moi.

Il y a deux duos sur l’album dont un avec Pauline Croze, comment s’est passée cette rencontre ?
Elle m’a vu en concert, je jouais dans une soirée privée où il y avait Matthieu Chedid. Elle s’est retrouvée dans mon mélange de chansons à textes et en même temps de musiques rythmées.
Elle a demandé à Matthieu mon numéro, il nous a mis en relation et elle m’a dit : « je cherche quelqu’un pour réaliser mon album, tu aimerais bien le faire ? » J’ai répondu : « j’aimerais bien mais je ne sais pas si je sais le faire. »
Je lui ai proposé de faire un essai. Elle m’a avoué qu’elle avait demandé à d’autres gens aussi. On a fait l’essai et puis elle a préféré ce que je lui avais proposé. Et de là on a fait plus qu’une réalisation, on a fait un atelier. C’est elle qui a fait toutes ses chansons, ses textes, ses musiques. On a passé beaucoup de temps ensemble à travailler sur ses titres avec Romain Preuss. Et à un moment est venu ce morceau qui part d’accords de Romain, Pauline fait la mélodie des refrains, moi je fais la mélodie des couplets. C’était marrant, on a fait ça ensemble, un vrai truc à 3. On s’est dit que la chanson irait sur l’album qui sortira en premier, et donc j’ai gagné :-).

Les noms de tes 3 albums forment MiEl Pops, c’était prémédité ?
Un petit peu. En fait, ça me dérange même de donner un titre à ce format qui est un recueil de chansons qui sont toutes différentes, qu’ont des thèmes différents. Trouver un titre d’album m’a toujours embêté parce que c’est réducteur pour moi, trop emphatique…
J’ai trouvé un moyen de contourner ça en trouvant des noms un peu neutres, des non-noms. Le premier, je l’ai appelé Mi parce que c’est la note qui revient le plus souvent. Et j’ai pensé tout de suite que le prochain je l’appellerai El, que ça ne voudra rien dire mais que les deux accolés formeront le mot Miel. Ça illustre un truc plus logique pour moi, pour dire que chaque disque est une pierre posée et que tout cela est un chemin, qu’on tire des leçons à chaque fin de disque.

On peut imaginer une suite pour le 4e ?
Je ne sais pas. Je pensais m’arrêter à Miel, mes amis m’ont beaucoup charrié, y’a eu pleins d’idées comme « Eux » pour faire Mielleux, Miel d’Acacias, enfin bon pleins de trucs. Et c’est devenu Pops, qui sont ces fameuses céréales qui font partie de notre pop culture, même le packaging. Je l’ai fait pour la blague, pour contourner et j’aime bien quand c’est un peu ludique, marrant. Ça n’a pas beaucoup de sens mais je l’ai appelé Pops pour continuer ce puzzle mais aussi parce que l’album est plus Pop, mais aussi un petit clin d’œil à Pop Satori un album d’Etienne Daho que j’aime beaucoup.

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Quelle est l’origine du titre Liu Bolin, le nom d’un artiste chinois ? 
Ours :
En fait, c’est son travail. C’est un artiste très controversé qui est même interdit de son pays en Chine, il ne peut plus y retourner. Quand j’ai vu ses œuvres qui se dessinent en trompe l’œil au milieu d’un décor, ça m’a parlé. Lui a son message politique, sur la société de consommation, on est noyé dans cette société. Moi j’ai pensé au fait qu’on était effacés. Que certaines personnes s’effaçaient dans la société, et la société effacent des personnes.
J’ai pensé à tous ces gens, qui sont comme noyés dans la masse, qui sont pour moi des héros discrets à l’heure où tout le monde veut être sous les projecteurs, A la recherche de la Nouvelle Star, on veut monter sa start-up, on fait des profils Facebook,… je fais partie j’imagine de tout ça. Mais il y a aussi tous ceux qui ne bronchent pas et qui vont travailler dignement.

La chanson qui clôt l’album est Tordu, tu parles de toi ?
OUI. Je me complique la vie. Je ne suis pas extrêmement torturé, mais je suis hypocondriaque. Je ne suis pas fondamentalement torturé, je suis assez optimiste et joyeux. Mais j’ai souvent des idées sombres et morbides. Je pense à des trucs un peu bizarres, mon imagination va trop vite, je me complique parfois.

Qu’est-ce qui arrive dans les prochains mois pour toi ?
Je pars en tournée jusqu’en juillet, je vais défendre mon album encore, un autre single peut-être. Je viens de composer avec mon frère et mon père toutes les musiques du prochain Soldat Rose qui sort le 24 novembre. On a travaillé avec beaucoup d’artistes comme Jean Louis Aubert, Sandrine Kiberlain, Édouard Baer, Calogero, Gaëtan Roussel, … Ce sera le 20 novembre sur scène à l’Olympia.
Il y a aussi le deuxième album sur mon père Souchon dans l’air (vol.2) qui est fait. Il va sortir un peu plus tard.
Et puis, je voudrais vite refaire des chansons pour moi. J’aimerais aller vite pour ce prochain disque.

Ton dernier coup de cœur musical ?
Andy Shauf
, c’est un gars comme ça qui a l’air penaud avec sa guitare et c’est super. J’aime bien aussi Solange Knowles, la sœur de Beyoncé.

Ton dernier concert ?
Ours :
J’ai vu une prestation dans un concert multi-artistes de Rover et j’ai adoré. Ça m’a même bluffé !

La chanson que tu aurais aimé avoir écrite ?
Je veux être un homme heureux de William Scheller.

Une bonne adresse food à partager avec nous ?
Le Flakes, c’est un bar à céréales. C’est sur la pop culture, c’est drôle, on mange des céréales, on boit du lait.

Ta madeleine de Proust ?
Michaël Jackson
et Phil Collins en musique.
L’île-de-Bréhat en Bretagne.
L’odeur quand on ouvre un livre neuf de la colle qui relie les pages.

Interview by Joan 

Ours

Ours
Nouvel album Pops
(Capitol Music France)

En tournée en France :
08/11 Le Splendid – Lille
09/11 Le Flow – Paris
10/11 La Laiterie – Strasbourg
17/11 Ninkasi Kao – Lyon
18/11 Le Rockstore – Montpellier
15/12 R2B – Vouneuil-Sous-Biard

Site officiel : oursmusique.fr 

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CORSON dévoile son nouvel single Nos amours embouties

Comme David Bowie ou U2, Corson s’est frotté à l’énergie berlinoise. C’est là que les premières notes du nouveau single, Je respire comme tu mens, ont été posées.
Cordon nous dévoile, en avant première, quelques secrets sur cette nouvelle aventure et son nouveau single Nos amours embouties.

INTERVIEW SELFIE / CORSON

Corson

Quand as-tu décidé de devenir chanteur ?
Très tôt. Déjà petit, je pianotais sur le piano de mon cousin. Je pouvais y rester des heures.
Ça a donné l’idée à ma mère de m’inscrire au solfège. J’ai commencé à prendre des cours de piano, tout en débutant le chant. C’est venu assez instinctivement.
J’ai commencé à avoir des groupes. J’ai fait le conservatoire de ma région, en chant lyrique.
Après mes études, je me sentais pas de bosser dans une banque. Je suis parti, vers 22 ans, pour essayer de ne faire que de la musique et d’en vivre.  Je l’ai dit à mon père. Il n’était pas très content.

Une émotion musicale intense dans ta jeunesse ?
C’était à l’âge de 12-13 ans. C’était la première écoute de Bloody Sunday. J’étais en colo de ski. C’était le soir de la boom où tu essaies de pécho un peu.
Ça m’a fait une réaction physique quand j’ai entendu le titre. Et quand on m’a dit U2, j’ai filé tout écouté ! Et je me suis dit : « je veux être Bono, je veux faire de la scène ! »

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Qu’est-ce qui est à l’origine de ton nouveau titre Je mens comme tu respires ? Du vécu ? Un sentiment ?
C’est un constat de ce que je peux voir autour de moi : des séparations, certains qui se trompent. Arrivé à mon âge – c’est pas une préoccupation à 20 ans – tu te poses la question de savoir si ta relation va durer, si tu vas avoir des tentations, si la routine va tuer le couple ou pas.

La rythmique de ce titre est prenante.
J’ai composé la chanson à Berlin avec mon collègue danois, Jesper Nielsen. Nous avions la base de chanson. Et je suis revenu poursuivre la compo à Paris.
J’ai fait les arrangements avec le réalisateur de mon 1er album, Boban Apostolov. On voulait un rythme répétitif et lancinant qui retrace la routine du couple. Comme si tout était écrit et qu’un marteau vienne marteler tout ce qui allait se passer année par année, jour après jour.

Tu retravailles beaucoup tes compos ?
Je suis partisan du premier jet. Il est toujours bon pour moi. Les premières notes au piano sont les bonnes. Plus je travaille une mélodie moins elle est bonne.
Ensuite, c’est au niveau des arrangements qu’on se prend la tête. Le choix de vraies cordes ou de cordes synthétiques, par exemple.

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Qu’est-il autorisé de dire sur le nouvel album ?
Il parle essentiellement des relations amoureuses dans tous les états possibles.
Fille à Copenhague parle d’un amour manqué, quelqu’un qui croise une jeune femme dans cette ville (je suis aussi allé y composer un titre). C’est quand on se dit : pourquoi je ne suis pas allé lui parler ? Qu’est-ce qui ce serait passé, si je l’avais rencontrée ?
Le titre Faisons l’amour parle des gars qui sont timides. Je l’étais il y a dix ans, quand je sortais en boite. 🙂
J’ai fait quelques titres aussi en Bretagne.

Une anecdote de studio ?
L’enregistrement des cordes s’est fait à distance. J’étais en Bretagne et Boban à Skopje avec les cordes. Je suivais l’enregistrement à distance. Mais j’avais une mauvaise connexion. J’entendais tout en décalé et je suis devenu fou.

Qu’a-t-il de particulier Jan Pham Huu Tri ?
Jan est un ami. Il a collaboré avec David Hallyday, Brigitte et il a fait les guitares de mon premier album. Pour le nouvel album, il joue de la guitare (avec un archet) et de la basse. Il a un son bien à lui. Il a une façon d’aborder les titres très instinctive.

Corson
Selfie original pour UsofParis

Un duo de rêve ? Un fantasme ?
J’en ai plein ! 🙂
Il y a le titre Fil Amant que j’aimerais partager avec une artiste. Je n’ai pas encore d’idée. Mais je cherche.
Sinon, j’aimerais beaucoup chanter avec Cœur de Pirate. Une artiste que j’aime de plus en plus.

Une anecdote de concert ?
Une première partie au début chaotique. C’était au Zénith, en ouverture du concert de Laura Pausini. J’étais avec mon musicien, Brice Davoli. Et il avait un clavier connecté à un ordi pour une palette de notes mais qui ne marchait pas. On ne comprenait pas pourquoi.
On a fini par faire le live en piano voix. C’était un beau moment mais beaucoup de stress.

Une belle rencontre musicale ?
Mon réalisateur : Boban Apostolov. On s’est rencontré à Londres. C’est un jeune réalisateur macédonien. Et je bosse depuis mon premier album tout le temps avec lui. On travaille aussi pour d’autres artistes. Il a beaucoup de talent.

Quel rapport as-tu avec les réseaux sociaux ?
C’est moi qui gère. J’aime tweeter des photos, des vidéos, j’aime beaucoup Instagram parce que j’adore faire de la photo.
FB c’est un lien quand t’es pas en promo, en concert. Je réponds aux questions quand je peux.

Une chanson pour dire Je t’aime ?
La nuit je mens d’Alain Bashung.

Une chanson pour pleurer ?
Ne me quitte pas de Brel.

Une chanson pour s’évader, quitter Paris ?
No Surprises de Radiohead.

Une claque musicale récente ?
Half Moon Run, un groupe canadien. Je l’avais vu au Trianon, en 1ère partie.
Le batteur faisait à la fois de la batterie et du pad. J’aimerais bien l’avoir pour mes prochains lives.
Le groupe mélange pas mal l’électro et l’acoustique et j’adore la voix du chanteur.

Corson

CORSON

Nouveau single : Nos amours embouties

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Itv réalisée au Terrass’Hôtel
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Petit Fantôme en interview – Un mouvement pour le vent

Rencontré au début de sa tournée estivale au festival We Love Green, Pierre Loustaunau alias Petit Fantôme nous dévoile son album Un mouvement pour le vent avec sincérité.
Un accident technique l’a conduit à tout recommencer en urgence. Le résultat est planant, une série de haïkus musicaux, purs à l’image de leur interprète.
Petit Fantôme est en tournée et sera en concert à la Gaité Lyrique le 20 mars 2018.


INTERVIEW PETIT FANTÔME

Petit Fantôme

 

UsofParis : Que retiens-tu de ton aventure avec François and The Atlas Mountains ?
Petit Fantôme : Ça m’a bâti ! La personne que je suis maintenant n’est pas la même sans tout ce que j’ai vécu. Ça a fait mon ADN. C’est ma base, mon essence. Et ce que j’ai vécu avec François c’est d’une intensité incroyable. J’ai tout appris : la scène, un langage, un langage commun de concert, de live, de transe…

Un langage musical ? Un langage corporel ?
C’est un langage mystique, un langage commun… un langage avec les gens, avec ce qui se passe sur scène… Pourquoi on fait de la musique, pourquoi on veut montrer sa musique… Pourquoi on veut l’expliquer, pourquoi on veut la jouer, pourquoi on veut la mener plus loin, la jouer plus fort.

Et cet album tu l’as conçu où ? En tournée ? En voyage ?
En revenant vivre au pays basque. Je me suis reposé, un peu, avec mon amoureuse. Je me suis décentré de plein de choses, de la vie de tournées avec François. Je me suis décentré un peu de ma vie, en prenant un peu de recul. Je me suis apaisé.
Je vis à côté de la montagne et de l’océan. Ça m’a fait beaucoup de bien, ce petit moment où j’ai fait autre chose : des travaux, du bâtiment, du plâtre,  des cuisines, du chantier.

C’était pour te libérer l’esprit ?
Oui. Pour faire autre chose. Et aussi peut-être inconsciemment pour me créer une frustration, pour me donner une envie forte de faire de la musique. 🙂

Et le premier titre composé a été ?
Ma naissance qui vient de sortir.
Et l’autre morceau qui s’appellera Quelque chose à vivre.
L’album, je l’ai créé à Bayonne et j’ai tout perdu ce qu’il y avait sur mon disque dur. J’ai dû le recréer très vite avec Vincent qui joue à la base dans le groupe. J’ai récréé des morceaux que j’avais réussi à faire comme Ma naissance et après on a retravaillé, on a écrit des morceaux.
C’était nouveau, c’était plus frais. C’était super !

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Finalement, la perte ça a été une bonne chose ?
Oui car je m’étais enfermé dans des choses qui étaient très compliquées et comme dirait un bon copain : « ne fais pas compliqué quand tu peux faire simple. »

Donc tu as simplifié du coup ? Parce que c’était l’urgence ?
Oui, parce que j’allais perdre trop de temps sinon.
Je suis allé à Paris enregistré les basses et les batteries avec Jean de François and The Atlas Mountains et Vincent à la basse. On a enregistré les batteries dans son studio à Pigalle, dans une toute petite cave. Après j’ai récupéré toutes les pistes et j’ai fait tout chez moi, dans ma chambre, une petite chambre de musique.
Je suis revenu mixer à paris.

Quelle est la chanson la plus personnelle de cet album ?
Elles le sont toutes !
Il y en a une sur ma mère qui a été très malade. C’est celle-là la plus personnelle.

Et pourquoi écrire sur ce sujet ?
Ce groupe c’est une catharsis et m’aide à libérer la parole, les mots… des choses qui m’émeuvent, des choses qui me font mal.
J’essaie d’universaliser le message du coup ça peut paraitre perso mais ça passe. Les gens ne font pas gaffe, alors que moi je sais que c’est très perso. C’est très référencé et vraiment ça me fait du bien.
Ça peut paraitre comme un manque d’humilité de parler de soi, d’avoir des choses personnelles, mais moi je ne fais pas de psychanalyse, je fais de la musique.
C’est quand même assez génial de pouvoir se libérer par la musique et c’est de transcender l’âme ; d’aller en profondeur dans des choses libératrices et de pouvoir chanter de sa mère qui est malade devant des gens ou devant ses copains ça me libère…

Mais ça fait remonter des émotions ?
Si mais ça fait du bien d’être pur comme ça, d’être dans la pureté. Je ne suis pas là pour raconter un mec qui va coucher avec une meuf.
Je déteste raconter des histoires en fait et a part William Sheller y a personne qui sait le faire.
Il y a très peu de paroles dans mes titres c’est des sortes de haïkus.

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Qui a grâce à tes yeux dans la chanson française ?
Sheller, Manset, Dominique  A, Katerine.
Et Amadou et Mariam c’est mon groupe préféré qui chante en français ! Je les ai vus plusieurs fois sur scène.
Et il y a aussi Chocolat, un super groupe canadien que j’adore. Corridor aussi.

As-tu as un mantra qui t’aide à vivre où qui t’aide à survivre ?
« Sois bien ! ». J’adore me dire ça. Et « Offre ta musique », tu te dis ça avant un concert, « Ne t’excuse pas pour qui tu es ». C’est un poème de René char qui dit «Impose ta chance, à te regarder ils s’habitueront ».
Çacorrespond plus à ma musique. Fais ta musique, même si c’est trop chelou, ils s’habitueront.

Claques scéniques récentes ?
Teenage FanClub ! C’est un groupe culte écossais. Ils ont 60 ans.
J’ai enchainé 3 concerts géniaux : les Swans à Biarritz, Teenage FanClub et Chris Cohen à Bordeaux.
Pour mes claques musicales : c’est Powerdove et Chocolat.
Chocolat c’est super !

Une chanson qui te fait pleurer ?
Un homme heureux de William Sheller me fait pleurer et je suis souvent touché par Le petit bal perdu de Bourvil.

Interview by Alexandre

 Petit FantômePetit Fantôme

Petit Fantôme
nouvel album : Un mouvement pour le vent
(Because Music)

sortie le 6 octobre 2017

Site officiel : petitfantome.com

EN CONCERT
A la Gaité Lyrique, le 20 mars 2018

& EN TOURNÉE
08/11 : AMIENS / LUNE DES PIRATES
12/11 : LA ROCHELLE / LA SIRÈNE (AVEC PARCELS)
15/11 : TOURS / TEMPS MACHINE
16/11 : BEAUVAIS / OUVRE BOITE (AVEC HER)
27/11 : NANTES / SOY FESTIVAL
09/12 : CLERMONT / COOPE CLUB

Tournée 2018
18 janvier — Bordeaux — Rock School Barbey
19 janvier — Biarritz – Atabal
27 janvier — Saint Etienne – 10 ans du Fil
2 février — Montpellier – Rockstore
3 février — Lyon – Transbordeur Club
(20 ans du Festival Woodstower)

 

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Grease le musical : Yanis Si Ah en interview coulisses

Yanis Si Ah porte le perfecto à merveille depuis plusieurs semaines pour interpréter le rôle de Kenickie dans Grease, le musical. Le comble pour ce jeune artiste est de jouer le rôle d’un étudiant alors qu’il s’est arrêté avant le lycée.
Vraie performance physique : le cuir colle à la peau quand l’artiste danse et chante sur scène.
#Respect

Interview dans les coulisses

Yanis Si Ah

UsofParis : Quelle était l’ambiance des auditions ?

Yanis Si Ah : Les castings ont été longs. Il y a eu 8 tours. On était nombreux à vouloir les passer. Je ne pensais pas être pris. J’ai été très surpris.
Il y avait une très bonne ambiance. On ne s’est jamais senti juger.
C’était 8 tours de plaisir.

Une anecdote ?
J’étais dans CATS, il y a 2 ans et j’étais doublure de 6 rôles.
Quand j’ai été auditionné, comme l’équipe savait que j’avais la capacité de changer de rôle facilement, on m’a fait jouer tous les T-Birds (ou Burger Palace). Je suis passé de Danny à Kenickie, puis Doody.
Ce qui est drôle : j’ai jonglé plusieurs personnages jusqu’à la fin.
C’est pour ça aussi que je n’y croyais pas trop.
Et l’équipe ne m’a annoncé qu’à la fin que j’étais pris pour le personnage de Kenickie.

Comment s’est passée l’annonce ?
Quand l’équipe m’a appelé, elle m’a dit que j’avais oublié mon t-shirt. J’oublie tout partout. 🙂 Hyper crédule, j’ai répondu : « désolé !  »
On m’annonce qu’ils ont encore besoin de moi pour un nouveau tour dans 2 mois. J’ai foncé dedans : « ah oui ? »
Et ils ont fini par me dire que j’étais pris. Et là, les larmes, les violons. « Je vais raccrocher pour appeler maman. »

Ton 1er coup de fil était pour ta mère ?
Oui, c’est un peu mon agent ! 😉

Qu’as-tu en plus des autres qui ont passé le casting ?
Ce n’est pas à moi de répondre 🙂
Sans doute que je suis à fond. J’ai fait mon maximum.

Qu’est-ce qui est difficile pendant les répétitions ?
Être constant. Ne pas se laisser avoir par la fatigue, le quotidien.
Garder le niveau chaque jour. Garder en mémoire ce que tu as appris la veille pour toujours progresser.

Interview by Alexandre

Yanis Si Ah

Grease le musical
la comédie musicale de Jim Jacobs et Warren Casey

au Théâtre Mogador
25, rue Mogador
75008 PARIS

site officiel : greaselemusical.fr 

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SOL en interview : on a parlé voix, écriture et 1er album

SOL (Samy Defosse), talent de The Voice 2016, parcourt les routes de France tout en offrant des reprises (sur)prenantes de Sting, Rag’nBone Man ou Bill Withers sur sa page Facebook.
En attendant son premier album au casting prestigieux (Boris Bergman, parolier de Bashung en tête), l’EP Mon Frère confirme le talent de ce jeune homme indocile et charmant.

INTERVIEW-SELFIE DE SOL

Sol

UsofParis : Comment on sort de l’aventure The Voice ?

Sol : On sort très fatigué, surtout physiquement. C’est beaucoup de rythme, c’est du 7j/7. On est très sollicité et on chante beaucoup. Mais mentalement, du fait que ce n’est pas une télé-réalité qui pénètre ton quotidien, c’est assez tranquille.
Émotionnellement c’est chargé. Pour faire descendre la pression, je suis rentré chez moi.
J’ai gardé la même vie après : mêmes amis, même appart.

Les meilleures leçons à retenir pour ta jeune carrière ?

L’importance de l’image que l’on renvoie. La résistance en tant que chanteur. Comment arriver, semaine après semaine, à performer, à aller plus loin.
Donner l’impression « step-up » à chaque, devenir meilleur.
Et imagination : pour se renouveler. Trouver des façons de chanter différentes, procurer des émotions autres.

Être un sujet d’observation via les réseaux sociaux, c’est troublant ?

Au début, on passe son temps à tout regarder. Je regardais les commentaires Youtube. Et au final, on apprend à se détacher, car Internet est une zone de récré pour tout le monde et pour des trolls que l’on a du mal à cerner. J’ai fait rapidement le tri.
Et j’ai eu beaucoup de choses positives pendant The Voice.
Je jouis d’une côte de sympathie, je le vois dans la rue.

Une voix, ça s’entretient aussi quand on est jeune chanteur ?

Ce sont des muscles, des tissus. C’est de l’organique. On s’entraine comme un sportif. On se préserve aussi. Y’a du coaching. On prend de la propolis, de l’homéopathie.

Ils ne sont peu nombreux les finalistes de The Voice à signer un EP, un album. As-tu eu une bonne étoile ?

Une bonne étoile. Et un bon directeur artistique. Universal m’a contacté dans l’été qui a suivi l’émission, pour me proposer un contrat d’artiste. C’est une grosse boite mais un label à taille humaine.
Il faut être à la hauteur. C’est un challenge.
C’est bonne enfant mais on travaille beaucoup.

Quand as-tu écrit la chanson Mon Frère ?

Sandro Abaldonato m’a proposé un sample de guitare des 70’s, des Commodores (groupe de Lionel Richie). En rentrant chez moi, dans le TGV Paris-Dijon, j’ai écrit le texte. Sur un bout de table. Après je l’ai finalisé chez moi.

Comment se passe la conception de ton premier album ?

J’aime bien bosser en équipe, en atelier, comme les pôles d’auteurs US qui bossent sur les séries. C’est l’émulation qui motive. On pouvait être 7/8 autour de la table avec l’équipe des Mutin & Nazim qui sont des hit makers français. Ils écrivent pour beaucoup de monde.
Mais j’aime aussi être seul ou m’isoler dans la musique quand il y a du monde autour pour être sûr de ce que je dis, ce que j’écris.
En fait, on a tout essayé avec cet album et c’est génial.

Quel sera le style ?

Je suis très fier de cet album : il est populaire et chic ! Le mélange est assumé.
Je suis très content. Les thématiques sont pour tous, les mélodies faciles à fredonner. Sans léser les moyens : arrangements, les timbres, les couleurs musicales, de vraies cordes, des guitares enregistrées à l’ancienne.

Comment s’est faite la rencontre avec Boris Bergman ?

Sol : C’est grâce à Benjamin qui est mon DA. Il m’a posé la question : « t’aimerais bosser avec qui dans un monde idéal ? » Je lui réponds : « Sais pas, Bergman, Faulque… des mecs comme ça ! »
Il me dit répond : « ok, on se rencontre la semaine pro« .
Bergman revenait d’Oxford – il est prof d’écriture – style rockeur à l’ancienne : « suis crevé, jet lag… » Ça déconne pas !
Il me raconte sa vie, incroyable : ‘j’ai travaillé pour Placebo, Prodigy et puis Christophe il a pris 2 chansons… »

Bergman t’avait vu à la télé ?

Oui, il avait vu ma presta dans The Voice, il était flatté que je connaisse si bien son boulot, sa vie.
On avait une instru sur laquelle j’avais posé un yaourt en anglais et je l’ai proposée à Boris.
Il était à Londres, il l’a écrit en 3 jours. Le texte était génial. Le Grand Écart parle des relations homme/femme et de la difficulté d’être fidèle dans ce monde et des remords que l’on peut avoir.
Il a le son au cœur de sa démarche d’écriture.

Qu’es-tu prêt à faire pour qu’il rencontre le plus grand nombre d’oreilles ?

Je suis prêt à le défendre, à m’investir totalement. On est sans arrêt sur scène. Il y a du contenu numérique qui sort Et le laisser vivre aussi, car l’album a sa vie propre.

Arrives-tu à t’étonner encore ?

Tous les jours ! Suis étonné de tout. Je suis étonné là.

As-tu trouvé un moyen d’évasion ? De partir ailleurs ?

Je suis un éclectique, je suis intéressé par tout : les jeux vidéo, le cinéma, la zic c’est sûr. Je reprends le sport. Je geek.

La plus belle chanson d’amour ?

Les vieux amants de Brel.

Une chanson qui te fait pleurer ?

Les vieux chanteurs de soul américains comme Anne Peebles. Les vieilles divas : Ella Fitzgerald.
Round midnight de Thelonious Monk me fout à l’envers.
Radiohead aussi. Les Anglais qui font de la belle folk.
Je suis un peu un tire l’arme au cinéma et en musique mais moins dans la vie.

Dernière claque musicale ?

C’est tous les jours quand on écoute ce que font les autres. Mais la toute dernière : Kendrick Lamar.
Hoshi en France.

Un mantra ?

Sol : « Je suis le maître de mon destin. Je suis le capitaine de mon âme » de William Ernest Henley
Et Nelson Mandela : « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends. »

Interview by Alexandre

Sol

SOL
EP Mon Frère

Page FB officielle : SolMusicOfficiel

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AYO en interview : on a parlé maternité, amour, inspirations

AYO, un sourire qui fait littéralement fondre, revient avec un nouvel album au charme profond, fort et émouvant. Un 5e disque qui a suivi l’arrivée d’un troisième enfant. Ce petit dernier accompagne sa maman lors de la promo.
On a parlé maternité, amour, inspirations avec la chanteuse qui a quitté Paris pour New York.
Une interview sur un nuage.


INTERVIEW AYO

Ayo

UsofParis : Le premier post FB après une longue absence a été la photo de la naissance de ton ptit dernier. Pourquoi partager cet événement très intime ?

Ayo : Parce que je n’ai rien posté pendant ma grossesse. Personne ne savait. Même mes amis proches. Ce n’était pas la peur. Mais javais déjà eu une grossesse extra-utérine. C’est un cadeau donc c’était entre moi et Dieu.
J’étais tellement heureuse le jour de la naissance que je souhaitais partager.

Comment on gère sa vie entre la famille, ce nouveau né et le nouvel album ?

Je ne sais pas sincèrement. 🙂 Je suis un peu dans la twilight zone. J’avais même peur, j’ai 36 ans. Je pouvais être plus fatiguée. Je voulais presque annuler la promo.
Je me demandais si mon fils allait supporter, car chaque enfant est différent. Mais en fait, c’est la paix. Il est calme.
Il y a le jet lag bien sûr mais aussi l’excitation d’être là.

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Quand as-tu écrit I’m a fool pendant ta grossesse ?

C’est une vieille chanson. La vidéo n’a rien à voir avec l’histoire d’origine.
Je l’ai écrite pour mon premier fils qui était amoureux fou d’une fille. Il était tellement maladroit. Ça m’a fait penser à ma première fois quand je suis tombée amoureuse. Je me souviens de ces sentiments.
Et c’est en fait le même sentiment qu’avec un bébé, les papillons dans le ventre.

Mais l’origine c’est une jeune fille de 11 ans qui était venue à un de mes concerts. Sa mère m’a contactée 8 ans après pour m’informer que sa fille, Yasmine, allait signer pour Wagner. J’ai voulu l’aider, la conseiller.
J’ai tenté d’écrire une chanson pour elle, alors que je n’écris jamais pour d’autres artistes. Et j’ai pensé à l’amour, mon fils m’inspirant.

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Tu as sorti un album après ton 2e enfant, là ton dernier album avec ton 3e enfant.

C’est par hasard !
Avant la grossesse, je ne savais pas si j’allais signer et avec qui, si j’allais faire un nouveau disque. J’ai quitté Paris, je me retrouvais à New York.
J’avais envie d’être maman, d’être avec mes enfants. Je n’avais pas eu l’habitude de faire la cuisine pour eux. Ils ont voyagé pas mal avec moi.

Ayo

Quelle est l’histoire de Boom Boom ?

Boom Boom a 3 ans. Je l’ai écrite suite à l’assassinat de Michael Brown à Ferguson, ça m’a touchée énormément. J’ai pensé à mon fils qui avait 8 ans et me suis dit que ça pouvait être lui. Comment une mère peut ressentir ça ?
Je voulais sortir cette chanson sans maison de disque. J’ai fait la vidéo chez moi avec des images fortes. Et je l’ai mise en ligne sur Youtube en pleine nuit. Plus de 10 000 personnes l’ont vue en très peu de temps. Je l’ai retirée après.
C’est une histoire qui fait écho à d’autres actuelles.
Je ne comprends pas pourquoi un Jay-Z (le rap c’est la voix des gens) n’écrit pas sur ces drames.

Et Pray ?
Je l’ai écrite à Paris, dans mon appart de 45 m2, j’avais mon stanway. Je l’ai enregistrée avec mon smartphone et c’est le son que l’on entend sur le disque. Mais ce n’était pas un contexte heureux. J’ai eu des problèmes avec l’administration française, à cause d’impôts à payer,. J’avais pourtant une cabinet qui s’occupait de mes droits. J’en payais en Allemagne, j’en payais en France. Et j’ai écrit Pray la nuit précédent ma comparution au tribunal. J’avais tellement peur.  J’ai écouté la musique, je me suis mise à danser, la preuve avait disparu.

As-tu une anecdote de tournage du clip I’m a fool ?
J’étais tellement enceinte. La vidéo était mon idée, c’était ma première réalisation.
Tout a débuté en retard. Le studio était disponible pour peu de temps.
On a loué la baignoire. 3 semaines après le tournage, j’avais encore de la couleur dorée.
A la fin de la vidéo, j’ai eu des contractions. Je me suis dit que c’était dangereux si l’accouchement avait lieu dans toute cette couleur.
Les mouvements de tissu représentaient les mouvements du bébé dans le ventre.

Quelle est la meilleure raison d’écouter ton disque ?

Il y en a plein !
Si on veut être inspiré et avoir un regard sur le monde actuel. Avoir l’amour et un message aussi.

Interview by Alexandre et Joan

Ayo

AYO 

nouvel album Ayo 
(Believe Rec / 3 Pom Prod)

sortie le 13 octobre

concerts du 24 au 28 octobre 2017

aux Bouffes du Nord
37 bis Boulevard de la Chapelle
75010 Paris

Et en tournée en France : Nîmes, Nancy, Lyon, Reims, Bordeaux, Carpentras…

site officiel : ayomusic.com 

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Anne Sila en interview : on a parlé concert, écriture, The Voice et Jésus

C’est au lendemain de son concert acoustique au Théâtre Déjazet que nous avons rencontré Anne Sila. L’occasion de revenir sur son passage dans The Voice, sur ses deux tournées et de sa participation à la fresque musicale Jésus. Un véritable moment d’échange et de partage avec une artiste adorable et passionnée.

INTERVIEW SELFIE ANNA SILA

USofParis : Ton album est sorti il y a plus d’un an, tu as fait une première tournée avec un groupe et ensuite une tournée plus intimiste en acoustique. Comment ça va Anne Sila ?

Anne Sila : Je me sens chanceuse parce que j’ai vraiment un public attentif et ça me touche beaucoup car je cultive beaucoup l’instant et le moment très intime. Je trouve ça hyper agréable. On a commencé par une grosse tournée avec beaucoup de musiciens sur scène, qui avait son charme aussi parce qu’on avait une grosse énergie de groupe. Et là on est sur quelque chose de plus intime, qui me plaît beaucoup aussi, on a plus de possibilités d’interagir avec le public. En piano-voix, on a beaucoup plus de plages d’improvisation et de moyens de proposer des concerts différents chaque soir.

anne sila
Selfie pour USofParis

Tu reviens un peu à ce que tu faisais à New York, le piano-bar, c’était une volonté de ta part ?
Ma volonté ce n’est pas vraiment de revenir à ça, mais c’est de mélanger les styles. Et ce qui est cool dans le piano-voix c’est que c’est assez subtil, on peut faire une chanson pop, une chanson française la transformer un peu, partir vers des allures jazz, un peu classique. Ce qui m’intéresse c’est de mélanger ça. Je trouve que là on a un bon compromis et je sens que les gens sont réceptifs à ça. C’est ça qui me plaît et me rend encore plus heureuse.

Tu nous as fait revivre ton audition de The Voice à l’aveugle, en plongeant la salle et la scène dans le noir. C’était un moment important pour toi j’imagine cette émission ?

Ça apporte de l’adrénaline d’une manière improbable, dont on ne peut pas se douter quand on n’y est pas, mais il y a surtout tout cette médiatisation qui apporte le lien avec les gens. Aujourd’hui, il y a pleins pleins de groupes, de personnes qui chantent, qui écrivent des trucs de dingues qu’on ne connaîtra jamais… et c’est vrai que ce n’est pas évident d’avoir un lien avec le public aussi « facilement » qu’avec une émission qui est vue par des millions de personnes. Forcément c’est énorme médiatiquement !

anne sila

Tu avais essayé déjà de présenter ton travail en maison de disque ?
J’étais en train d’écrire un peu mais je ne savais pas trop, donc je n’avais pas vraiment essayé. J’avais sorti des choses mais c’était dans ma région.
Effectivement, The Voice ça te propulse là-haut, ensuite il faut faire bien là-haut et savoir vers quoi tu vas. C’est une super expérience. J’ai rencontré Florent Pagny (ndlr : son coach dans l’émission), j’ai rencontré pleins de gens que j’adore et j’admire. J’en garde un très bon souvenir.

Si Zazie s’était retournée, elle ne pouvait pas puisqu’elle était complète, est-ce que tu aurais fait un autre choix ?
Moi je voulais Zazie ou Mika. C’est drôle parce que Jenifer et Florent se sont retournés et dans ma tête c’était les deux autres que je voulais.
Mais je suis vraiment fière d’avoir fait l’aventure avec Florent. C’est une rencontre inattendue et je le respecte beaucoup, c’est quelqu’un de très humble et de très fiable. Il me soutient encore aujourd’hui. Si c’était à refaire, je referais la même chose.

Tu as écrit et composé la plupart de tes chansons sur l’album, comment se passe ton processus d’écriture ?

Je suis du genre à ne pas écrire beaucoup. Une chanson elle sort d’un coup comme ça. Soit il m’est arrivé quelque chose soit à une personne de mon entourage. J’aime bien parler de l’humain, du rapport aux gens. J’ai du mal à faire quelque chose de descriptif. Je suis dans le toi et moi, l’humain, la relation à l’autre. C’est assez instinctif, je ne me dis pas : « aujourd’hui, j’écris un couplet. »

Il y a certaines de tes chansons qui datent de 10 ans, ça veut dire que ton album était déjà prêt avant l’émission ?
Non, en fait quand on m’a proposé de faire l’album je leur ai dit « Voilà ce que j’ai ». J’ai pris toutes les chansons que j’avais, pour moi c’était l’occasion de ma vie de faire un album donc j’ai pris Tends-moi les bras que j’ai écrit à 19 ans, Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? quand j’avais 17 ans.
C’est pour ça que j’ai hâte aussi de faire un deuxième album. Le premier c’est un peu une sorte de melting-pot de mes 10 ans passés. Le prochain ce sera Anne de maintenant.

A la dérive
C’est une amie qui s’appelle Norig qui m’a envoyé un texte en me disant qu’elle avait pensé à moi et que je pouvais en faire ce que je veux. Le texte m’a beaucoup touché. J’étais devant mon ordinateur, je me souviens parfaitement de ce moment, j’ai reçu le texte, je l’ai pris et j’ai composé la musique dessus. Ensuite ce qui est rigolo c’est que je suis parti en studio pour enregistrer Mon amour qui est une chanson d’un autre ami, Mehdi. On avait des cordes à disposition. J’ai demandé à l’arrangeur de faire une surprise à Norig : d’enregistrer la chanson et de mettre des cordes dessus. Pour moi, c’est une des chansons les mieux produites de l’album.

anne sila

Tu as été choisie pour jouer le rôle de Marie dans Jésus, de Nazareth à Jérusalem la comédie musicale de Pascal Obispo. Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce projet ?

Anna Sila : Sur le coup, c’était un peu comme The Voice, un peu comme tout ce que je fais, je suis souvent dans le doute quand on me propose des projets. Puis on me propose surtout des projets à l’inverse de ce à quoi j’aspire, enfin je crois. Par exemple, The Voice, je sortais du jazz, pour moi c’était improbable de passer à la télé et j’étais sûre que je n’allais pas le faire, et pourtant.

Quand ils m’ont dit le titre, j’étais un peu sceptique. Je me suis dit que comme projet c’était compliqué, surtout aujourd’hui. J’ai eu la chance de rencontrer Pascal Obispo et Christophe Barratier que j’admire beaucoup.
Et j’ai été touchée vraiment par le côté humain de l’histoire. Je ne suis pas du tout dans une approche religieuse. Quand on a tourné le clip de L’ Adieu j’ai appréhendé le rôle dans une manière très humaine. Je me suis imaginée une mère qui perd son fils. C’est comme ça que je vis pour l’instant le projet. Le clip qu’on a tourné c’est une des meilleures expériences de ma vie.

C’était une envie de faire de la comédie musicale ?

Ça m’attirait depuis longtemps. Après, je rêvais de Broadway, de New-York. Je pense que ça va être un beau projet. C’est vrai que ce sera sûrement quitte ou double mais en tout cas ce sont des gens biens qui savent ce qu’ils font. Je crois que juste pour le côté humain, il faut y aller.

Et si tu pouvais jouer dans une comédie musicale, laquelle choisirais-tu ?
C’est une bonne question. Je ne pense pas que je pourrais faire ce rôle-là, mais c’est un rôle qui m’a vraiment marqué lorsque j’avais vu The Lion King à New-York. C’est le rôle de Rafiki qui était joué par une femme dingue. Ça c’est un beau rôle. C’est n’est pas très sexy mais c’est un beau rôle.

anne sila
Tu prépares déjà le prochain album ?

Anna Sila : On est déjà en train d’y réfléchir. J’ai déjà quelques chansons qui arrivent et je suis en pleine prise de possession du terrain. Je commence à me demander ce que je vais faire. Je tate un peu. J’écris des chansons, je demande aux gens autour de moi ce qu’ils en pensent. On n’est pas en train de faire l’album mais on y réfléchit sérieusement.

Tu sais déjà un peu ce que tu as envie avec cet album ?
J’ai envie d’être plus proche de moi aujourd’hui. Un peu plus comme ce que je fais en tournée acoustique, un peu plus sobre que l’album dans la manière de produire. Je voulais en mettre partout, j’étais très enthousiaste. Pour moi ça manque un peu d’authenticité. Peut-être quelque chose qui va plus à l’essentiel, où la voix et les paroles sont plus mises en valeur.

Ton dernier coup de cœur musical ?
Ce n’est pas le dernier, mais j’écoute l’abum My favorite faded fantasy de Damien Rice (Elle est trop marrante car à chaque fois qu’elle dit un nom, elle s’approche du micro pour que j’entende bien après pour retranscrire).
Je l’écoute en boucle en ce moment.
J’ai un vrai coup de cœur pour la nouvelle chanson d’Amy Lee, c’est exactement le genre de truc que j’aimerais faire. Elle faisait partie d’Evanescence et elle a fait un projo solo : Speak to me. C’est magnifique ! La chanson est parfaite.

anne sila

Le dernier concert que tu aies vu ?

Anna Sila : Oh la, il serait temps que j’aille voir un concert… Je crois que c’était Francis Cabrel il y a un an.
Ah ! Puis Pascal Obispo, j’ai fait sa première partie à Bercy et après j’ai vu son concert.

Si je pouvais faire apparaître n’importe qui pour que tu puisses faire un duo, ce serait qui ?
Alain Leprest ! Tu écouteras Le temps de finir la bouteille. Il y a une version live où il est malade, c’est un peu compliqué, mais c’est magnifique. Le pire c’est que je l’ai rencontré, et je n’ai pas osé lui parler. 3 fois et je n’ai jamais osé.

La chanson que tu aurais aimé avoir écrite ?
Aimer pour deux d’Alex Beaupain.

Interview by Joan

Anna Sila à l’affiche du spectacle Jésus, de Jérusalem à Nazareth
à partir du 17 octobre 2017

au Palais des Sports, Paris

 

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Ehla interview de l’ombre à la lumière pour l’EP Au loin

Ehla, jeune artiste pétillante, qui cache bien sa timidité, sort cette semaine son premier EP Au loin. Fabien alias Grand Corps Malade, en véritable ange gardien, l’a aidée à révéler ses talents d’écriture.
Au total, 4 titres qui dévoilent une personnalité attachante que l’on a hâte de découvrir en live sur la scène du Réservoir à Paris, le 25 septembre.

Interview selfie EHLA

Elha
selfie original pour UsofParis

UsofParis : Te souviens-tu de ta première émotion musicale ?

Ehla : Mon père fait de la musique. Pendant les voyages en voiture, je me souviens qu’on chantait tous les 3 avec ma sœur, Lara.
Les premiers émois sur scène, ça a été avec la danse.
Et Alicia Keys, le premier gros concert que j’ai vu. Elle est musicienne, souriante, auteur-compositeur. J’ai un vrai crush pour elle. Et aussi Ben l’Oncle Soul, j’aime le RnB, la soul.

Qui a dégainé en premier pour faire de la musique, ta sœur ou toi ?

J’étais un peu le Tanguy de la famille. 🙂 Je faisais de la musique dans ma chambre en attendant que ça arrive. Clara est partie plus tôt, à 18 ans. Moi, ça a été 5 ans plus tard. J’avais besoin de faire d’autres expériences.

Si elle n’avait pas ouvert la voie, tu serais quand même partie ?

J’ai eu des opportunités qui m’ont convaincue que j’étais faite pour la musique. C’était tellement une passion pour moi, que je serai partie quand même.

Vous donnez-vous des conseils mutuellement ?

Oh oui ! J’ai un manager mais ma sœur est mon 2e manager et inversement.
On se consulte pour tout : une tenue pour la scène, pour les clips (je suis la première à voir ses clips). Qui peut être plus franc qu’une sœur ?
Des fois, ça fait mal mais au moins c’est réaliste.
Image de prévisualisation YouTube

Quels mots de Grand Corps Malade t’ont touchée ? 

Fabien m’a vue en concert à la Bellevilloise et quand je suis sortie de scène, il m’a attrapée par le bras et m’a dit : « y’a pas de doute, t’es une putain d’artiste !« 
Ce qui est touchant, c’est qu’il est le même sur scène et en dehors, sincère. J’ai envie de suivre son exemple.

Comment s’est passée l’écriture des textes ?

Dans l’EP, j’ai coécrit Demain Encore et La Perle avec Fabien.
Sinon, je suis allée le voir sur une petite scène dans le Sud. Il a eu le temps de m’analyser, on a voyagé en train ensemble. Il y a peu de chansons sur la timidité. Je lui en ai parlé et deux jours après je recevais le texte La Timide. C’était du sur-mesure. Je me reconnais dans toutes les paroles. C’est juste moi et beaucoup d’autres personnes aussi.
Pour les musiques, je travaille en studio avec High P, mon producteur. Pour Demain Encore, on a débuté guitare-voix, j’ai fredonné un mix franço-anglais, j’ai commencé à écrire.
Avec l’intervention de Fabien, le texte a été bouclé en 30 minutes.

Pour l’écriture, tu as besoin d’être seule ?

Seule oui et avec aucun bruit, pour être concentrée. C’est plus dur d’écrire que de trouver des mélodies avec mon synthé. Ce n’est pas encore un plaisir.
Je suis dans la rythmique avec les mots. Ils sonnent bien mais n’ont pas forcément de sens.
C’est là que Fabien m’aide aussi. Il m’aide à concevoir une histoire.

L’album sera-t-il différent de l’EP ?

Sur l’EP, il y a des sonorités différentes. Et le liant de tout ça c’est la patte musicale d’High P et ma voix. C’est assez éclectique. Je ne pense pas que l’EP sera un avant-goût de l’album.
High P est très rapide, il est très ouvert. Il a mille inspirations. C’est un guitariste.

Comment passe-t-on de l’ombre à la lumière et on va au-delà de sa timidité ?

Je ne sais pas si je la dépasse. Sur scène, je continue de l’être. 🙂
Je l’ai intégrée, je ne cherche pas à être quelqu’un d’autre. Ca peut être touchant aussi.
Il y a 10 ans, je pense que j’étais incapable d’acheter une baguette de pain sans bégayer. Ce sont, au final, des caps que l’on passe sans s’en rendre compte.
Mes premiers concerts,  chanter devant Grand Corps Malade pour la première fois sont aussi des étapes qui ont fait que je suis moins timide.

Faire de la musique, c’est s’exposer à des critiques, des faux amis aussi. Te sens-tu prête à affronter ce côté-là ?

Avant, j’étais agent administratif, je faisais un métier qui ne me plaisait pas, avec une équipe difficile. Je me suis battue pour faire de la musique maintenant et je suis tellement heureuse, je fais en sorte de positiver.

Un mantra qui t’aide à vivre ?

N’avoir aucun regret. Tout tenter et n’avoir peur de rien.
Ehla
Chaussures d’Ehla

Qu’est-ce qui te fait le plus rire ?

J’adore rire ! Je me calme quand je suis en interview. 😉
Il y a de très bon youtubeurs : Norman, Kemar. Et à la base, j’adorais Eric et Ramzy.
Mon côté du sud est d’observer les gens et de voir ce qui est drôle dans certaines situations.

Les réseaux sociaux, comment tu gères ? C’est naturel pour toi ?

Oui. J’adore Instragam, car j’aime la mode. Ça me permet de puiser des inspirations.

Tu as partagé sur FB que New York était une ville inspirante. 

J’ai bossé là-bas, je suis partie avec mon ordi et un mini-synthé Logic.
La ville est plus énergique. Ça inspire d’autres choses. J’ai composé des titres, je vais les faire écouter à mon équipe. J’espère bien que ça se retrouvera dans l’album. 😉

Un spot à New York à nous conseiller ?

Le restaurant Sylvia’s.
De la cuisine traditionnelle américaine, très simple et c’est très bon.
On y est allés un dimanche, les clients sortaient de l’église et chantaient du gospel.

 

by Alexandre

Ehla

EHLA
EP Au loin
(Capitol Music France)


FB officiel : ehlamusic

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