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Tamino en interview : on a parlé EP, Leonard Cohen & influences

RDV à la terrasse du Point Éphémère pour découvrir Tamino, la révélation belge de passage à Paris pour sa première date parisienne, avant de poursuivre le chemin de sa tournée européenne qui passera par le Printemps de Bourges et Rock en Seine. C’est en toute timidité et humilité qu’il s’est confié à nous autour de son premier EP, Habibi.

INTERVIEW-SELFIE

Tamino

USofParis : Tamino, ton premier EP Habibi vient juste de sortir, comment te sens-tu ?

Tamino : Super ! Je suis juste très heureux.
J’ai composé et écrit ces titres quand j’avais 18-19 ans et que je vivais à Amsterdam. C’est donc beaucoup d’attente, à l’échelle de ma courte vie. Mais c’est normal, cela prend du temps. Aujourd’hui, je suis juste content.

Pourquoi l’avoir appelé Habibi ​(qui veut dire “chéri, amour” en arabe) ?

C’est simplement parce que Habibi est la chanson que la plupart des gens connaissent. Je trouvais que c’était un bon choix pour cet EP, mais je chercherai un meilleur titre pour mon album !

Tu es souvent décrit comme étant un artiste dark, ténébreux. C’est comme cela que tu te vois ?

On dit ça de moi ? Ah bon ? Je ne sais pas… peut-être que ma musique est dark mais je ne me considère pas comme étant quelqu’un de sombre.

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Tu es belge et égyptien, comment cela influence ta musique ?

De manière très naturelle. Je veux dire que je n’aurais sûrement pas connu toutes les musiques arabes que je connais et que j’aime si je n’avais pas été égyptien. Et je n’aurais pas connu tous les sons occidentaux que je connais si ma mère n’avait pas d’aussi bons
goûts. Vos parents vous influencent toujours en un sens, les musiques qu’ils écoutent quand vous êtes enfants vous marquent : tout ce que j’aime, que je n’aime pas, ou qui m’inspire vient d’eux.

Qu’est-ce qui influence ton écriture ?

Tout. La vie. L’art des autres, leur écriture, leur musique…

Tamino

Qui t’inspire comme musicien ?

Il y en a beaucoup ! Mais si je ne devais en choisir qu’un, je dirais Leonard Cohen. J’ai beaucoup appris grâce à lui. Mais je n’ai pas la prétention de me comparer à lui.

Tu es entré au conservatoire à 17 ans, pourquoi si tard ?

C’est tard ? Ici, en Belgique, ce sont des études que vous faites après le bac. J’étais d’ailleurs l’un des plus jeune au conservatoire d’Amsterdam car beaucoup de gens essaient autre chose avant de réaliser qu’ils veulent faire de la musique. Moi, je l’ai su très jeune.
J’aurais d’ailleurs aimé pouvoir aller au conservatoire avant car je n’aimais pas particulièrement le lycée. Je n’avais qu’une hâte c’était de rentrer chez moi le soir pour faire de la musique.
Le conservatoire, c’était vraiment super et en même temps tout était nouveau : je vivais seul pour la première fois, dans une nouvelle ville, avec un tas de nouvelles personnes. Je pense que ce sont des choses qui influencent votre musique.

Tu as aimé Amsterdam ?

Oui, j’ai aimé y étudier, y vivre, y être avec mes amis. C’est une belle ville. Mais j’ai réalisé que ce n’était pas LA ville où je voulais vivre. Je ne l’ai pas encore trouvé mais j’adore Paris, il y a une superbe énergie !

Comment est la scène musicale belge aujourd’hui ?

Il y a beaucoup d’artistes et de styles très différents, de Stromae à Warhaus. Il y a vraiment énormément de talents, mais nous sommes aussi modestes et humbles c’est pour ça que la Belgique ne va pas conquérir le monde 🙂

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Quelle chanson écoutes-tu en boucle en ce moment ?

Catch it de Iceage, nouvelle chanson d’un groupe danois que j’adore.

Et si tu devais écouter une seule musique pour toujours ?

Pour toujours ? Je ne pas en nommer une seule ! Mais je pense à quelque chose…ce n’est pas que je pourrais écouter ça tous les jours, mais quand tu parlais de boucle tout à l’heure, ça me fait penser au compositeur William Basinski. Il a assisté à la chute du World Trade Center en 2001 et c’est là qu’il a terminé ses Desintegration Loops : c’est littéralement une boucle d’une pièce classique d’environ une heure. Ce n’est pas ma chanson ultime mais c’est vraiment quelque chose que je peux écouter facilement.

 

C’est ta première fois à Paris en tant que tête d’affiche, tu te sens comment à quelques minutes de monter sur scène ?

C’est dingue ! C’est complet…c’est juste incroyable ! La dernière fois que je suis venu à Paris, je faisais la première partie de Warhaus à La Maroquinerie et c’était tellement bon. Le public ici est adorable, c’est pour ça que j’aime jouer à Paris. Je sens qu’en France, les gens
comprennent vraiment ma musique. C’est le début d’une belle histoire avec les Français.ses…

Interview by Sarah

Tamino

Tamino
EP Habibi
(Communion / Caroline)

Concerts : 
25 avril au Printemps de Bourges
25 août Rock en Seine

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Initiation à la mixologie au bar Shake N’Smash, notre nouveau repère !

Avec une personnalité affirmée, tant dans l’esprit que dans ce qu’il propose, le Shake N’Smash joue la carte de la singularité. Loin d’être un énième bar à cocktails comme ceux qui pullulent en ce moment à Paris, il possède véritablement une âme. Sa carte aux influences cosmopolites ainsi que son univers très années folles, fleurant bon le swing et l’insouciance, incitent à l’évasion…

Une ambiance intimiste

Ce que l’on voit compte tout autant que ce que l’on boit ! La décoration est raffinée et élégante, la musique délicatement choisie. Rien n’est laissé au hasard. Entre les dossiers de chaises léopard, les abat-jour en plumes duveteuses ou les tables art déco, nous guettons le moment où Joséphine Baker fera son entrée. 😉

Shake N'Smash

Chaque partie du bar peut se privatiser. Selon l’espace, vous avez même la possibilité de diffuser votre propre musique, bénéficier d’un barman attitré ou encore de participer à un cours interactif de mixologie !

Une carte innovante et stylée

Jérôme Susini est un véritable artiste concevant ses cocktails comme une peinture. Sa palette regorge d’une « foultitude » (son mot fétiche) de combinaisons et de nuances. Comme tous les passionnés, il ne se satisfait pas de ce qu’on lui propose. Il veut toujours plus. Du coup, il explore et parcourt le monde à la recherche de nouvelles essences pour magnifier son art.

Grâce à cette exigence, il peut renouveler sa carte tous les six mois en proposant une quinzaine de créations, alcoolisées ou non, accompagnées de petites assiettes aussi savoureuses les unes que les autres ! Salut Tu Suze, Folie Bergère, I’m Qualified To Satisfy You, Itsi Bitsi Petit Bikini, ça donne envie, non ?

Shake N'Smash

Pendant l’initiation, j’ai pu profiter de son savoir-faire. La base d’un cocktail réussi ? Beaucoup de glaçons et la règle des 3S : Sweet, Sour and Spirit ! Un quart sucré, un quart acidulé et le reste en alcool. Privilège suprême, j’ai eu la chance d’avoir un cocktail sur mesure. En effet, son sirop maison Fève de Tonka-Hibiscus me faisait dangereusement de l’œil !

Nous avons improvisé dans la bonne humeur et j’ai précieusement noté les proportions de mon cocktail perso by Jérôme Susini. La classe totale ! 😉

Shake N'Smash
Mon cocktail personnifié

Ainsi, à la prochaine visite de mes potos, exit le sempiternel Mojito ! Je vais enfin pouvoir utiliser le Cointreau de mamie et le kit barman offert il y a des années. Maintenant, je sais à quoi servent les ustensiles (notamment l’étrange passoire !).

Interview-selfie

Tandis que les vapeurs des cocktails se dissipaient lentement, Jérôme Susini s’est livré à un petit jeu de confidences dans le salon-cabinet de curiosité du sous-sol…

USofParis : Quel est l’alcool que tu préfères travailler ?


Jérôme Susini : Le rhum ! C’est un alcool chaleureux, tout en rondeur avec lequel on peut quasiment tout faire. On peut partir sur un cocktail sec, un long drink…

Si tu devais créer un cocktail pour une personnalité, qui choisirais-tu ?
Jean Dujardin, sans hésiter ! Un cocktail décalé à la OSS 117.

Il serait composé de quoi ?
C’est un faux James Bond alors il faut un faux truc de bogosse. Genre un Dry Martini remixé. Qu’il puisse dire en tenant son verre : « Et ouais mec, c’est un Dry Martini ! » alors qu’en réalité c’est quelque chose de très doux et léger !

Le cocktail dont tu es le plus fier ?
Le Nikka-Melon-Martini. Des tranches de melon broyées avec du citron jaune, du sucre de canne et du whisky japonais Nikka. C’était censé être une création unique et il s’est finalement retrouvé sur la carte !

Ton plus beau souvenir en tant que barman ?
Un jour, des clients sont venus au Shake N’Smash pour goûter mon Sazerac. Juste pour ce cocktail ! Ils ont aimé, sont revenus puis sont devenus des amis. Par leur intermédiaire, j’ai eu la chance de pouvoir partir aux États-Unis pour une performance dans un bar clandestin digne du temps de la prohibition. C’était assez incroyable !

by Jean-Philippe
photos by Émilie Bacher

Shake N'Smash

Shake N’Smash

87 rue de Turbigo
75003 Paris
Tél : 01 42 72 30 76

du mardi au jeudi : 18h à 01h
vendredi et samedi : 18h à 02h
Food : 18h à 23h

 

Site officiel : shakensmash.com

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Hoshi en interview : on a parlé Femme à la mer, grand-mère, 1er album

C’est un de nos coup de cœur de ce début d’année, la jeune chanteuse Hoshi sort son tout premier album Il suffit d’y croire.
Après un concert complet à la Maroquinerie, elle débute sa tournée qui passera par plusieurs festivals et embarquera avec sa marinière au Flow à Paris le 11 avril prochain. L’occasion pour nous de la rencontrer pour en savoir plus sur cette artiste à la voix éraillée et aux textes forts.

INTERVIEW

Hoshi

USOfParis : Ton premier album Il suffit d’y croire est sorti le 23 mars, comment tu te sens ?

Hoshi : Je me sens bien, c’est enfin sorti. Ça fait un an finalement que je bosse sur ces titres, j’avais trop hâte que ça sorte.

Tu as participé à deux télé-crochets, qu’est-ce que cela t’a apporté ?

De l’expérience vraiment. Beaucoup moins de stress après ça, ça fait grandir. C’est la première fois que je chantais à la télé. Avant je chantais dans des petits bars, là c’était en direct devant 2 millions de personnes, ça vaccine contre le stress.

C’est grâce à Rising Star que j’ai rencontré ma manager. Elle m’a envoyé un message que je n’ai vu qu’un an après. Je lui ai envoyé mes maquettes et c’est comme ça que tout est né.

C’était différent pour le coup de travailler avec quelqu’un pour la composition ?

C’était bizarre parce que j’écrivais toute seule dans ma chambre, je n’avais jamais collaborer. Au final, j’étais un peu déboussolée mais ça s’est très bien passé. Le feeling est tellement bien passé avec Nazim que je pouvais tout dire et qu’on ne m’a jamais rien imposé. Il y a même eu des titres que je n’ai pas aimés finalement et qui ne sont pas sortis.

Ton inspiration pour écrire ?

Il y a du vécu forcément mais aussi beaucoup d’observations. J’observe ce qui se passe autour de moi, ce que les gens me racontent, leurs aventures et j’essaie d’en faire des chansons.

Hoshi

Quand on écoute ton album on sent beaucoup de maturité dans tes textes alors que tu es quand même très jeune…

Après ce que je dis souvent c’est que lorsque je vis quelque chose je le vis vraiment. Trop limite. Je le prends vraiment à cœur. Donc, en 21 ans, il y a beaucoup de vécu là-dedans oui.

Si je prends la chanson Manège à trois, par exemple, c’est quelque chose que tu n’as pas vécu puisque c’est un père qui se fait tromper par sa femme…

Une personne l’a vécu autour de moi. Je me mets dans la peau d’un père qui voit sa femme se barrer dans les bras d’un autre. J’aurais pu me mettre dans celle de la mère ou des enfants mais je trouvais ça intéressant de me mettre dans la peau d’un papa.

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Un titre que j’aime beaucoup c’est Femme à la mer, est-ce que tu peux m’en dire un peu plus sur cette chanson ?

Trop cool. Je l’ai coécrite et co-compo avec Nazim. On peut la prendre de plusieurs manières. On a tendance lors d’une rupture à aller faire la fête et à boire pour oublier c’est de cette manière-là que je la chante. Je l’ai écrite parce que j’ai vécu une petite rupture qui m’a fait un peu mal lorsque j’étais plus jeune, une rupture d’adolescence mais qui fait mal quand même. J’ai eu une période un peu dure, à remettre tout en question, à aller réfléchir un peu à ma vie en soirée.

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Tu as coécrit Je vous trouve un charme fou avec Gaëtan Roussel. Comment s’est faite la rencontre ?

Il m’a contacté pour aller dans son émission sur RTL2, j’y suis allée avec plaisir et le feeling est très bien passé. On a repris ma chanson Comment je vais faire. Puis on s’est revu pour collaborer. C’est lui qui est venu vers moi et c’était un peu impressionnant au début. Mais je suis super contente. C’est fou. C’est un petit rêve.

Tu seras en concert au Flow, le 11 avril, est-ce qu’il y aura des petites surprises ?

Il y aura un violon en plus des autres musiciens pour m’accompagner sur certains titres. On va proposer quelque chose d’un peu plus poussé musicalement.

Un petit duo surprise comme à la Maroquinerie avec Yadam qui était dans le public ?

Je ne sais pas 😊 ça dépendra de qui il y aura dans la salle. S’il y a une petite tête que je reconnais, pourquoi pas ! Ce n’était vraiment pas prévu. J’avais reçu sa vidéo où il reprend Comment je vais faire bien avant qu’il soit dans Nouvelle Star. Je lui avais répondu, c’était cool. Et un jour, j’allume ma télé je le vois. Il m’a vraiment touché dans l’émission, il était sur Paris donc je l’ai invité au concert mais je ne savais pas s’il viendrait. C’était totalement imprévu.

Dans ta musique tu parles beaucoup d’amour, de rupture mais aussi de ta famille, notamment de ta mère et de ta grand-mère. D’ailleurs, à la Maroquinerie c’était très mignon et très émouvant ta grand-mère était là et tu as chanté Poupée Russe

Elle était là, elle pleurait. Au premier accord, elle était déjà en train de pleurer au fond. Je me suis retenue pour ne pas faire pareil parce que je suis un peu émotive. Ma mamy c’est comme ma deuxième maman. C’est une chanson que j’ai écrite y’a 4 ans. Elle venait me voir en concert à Paris, dans un petit bar au Gambetta, je l’ai écrite la veille, c’était vraiment à l’arrache mais c’était important pour moi de le faire devant elle. J’ai voulu la garder parce que ça me parle énormément.

Hoshi

Sur Instagram, tu postes beaucoup de choses et tu parles souvent de doute. De quoi tu doutes ?

J’ai beaucoup de doutes parce que tout arrive là et je suis quelqu’un qui doute. Je ne doute pas spécialement de ma musique mais de la vie. Des fois j’ai peur que tout ça ne soit qu’un rêve, un rêve éveillé qui va s’arrêter. Mais je suis bien entourée, j’ai des personnes qui arrivent à m’enlever ces doutes rapidement.

Sur Instagram et Twitter, tu es très active, tu réponds à tout le monde. C’est important pour toi ce lien avec les personnes qui t’écoutent ?

Complétement. C’est ma force. Pour moi la tournée c’est la récompense de tout ça, je vais les voir en vrai, je vais pouvoir leur parler et me livrer vraiment. J’ai un lien important c’est comme une deuxième famille.

Ton dernier coup de cœur musical ?

Kimber Rose, j’ai écouté ça la semaine dernière et gros coup de cœur.

Ton dernier concert ?

Nick Cave au Zénith de Paris ça m’a retournée.

Le duo de tes rêves ?

Patti Smith !

La chanson que tu aurais aimé avoir écrite ?

Formidable de Stromae !

Ton guilty pleasure ?

Voyage Voyage de Desireless

Une bonne adresse à Paris ?

J’aime bien aller sur le toit du Printemps. J’aime bien y aller l’été pour boire un verre, on a une vue sur tout Paris, c’est cool.

Interview by Joan

Hoshi
album Il suffit d’y croire
(Jo & Co)

 

Concerts

11 avril à Paris (Flow)

23 et 24 mai à St Genis les Ollières (L’escale)

01 juin au Festival La Voix du Rock
02 juin au Festival Festicolor

04 juillet à Paris (Flow)
15 juillet au Francofolies de la Rochelle

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Carmen Maria Vega en interview : on a parlé Santa Maria, Lana Del Rey & Chilla

C’est une Carmen Maria Vega « émue » que nous avons rencontrée au Printemps de Bourges, dans le cadre de Rock in Loft dont elle était marraine. Chanter dans une chapelle n’était pas une première. Elle avait partagé un concert avec Mathias Malzieu aux Francos de la Rochelle. On a parlé de son dernier et bel album Santa Maria, Lana Del Rey, Mistinguett, VALD. Une rencontre passionnante avec une artiste déraisonnable à souhait.
Carmen à retrouver sur scène au Badaboum le 28 mars. 

INTERVIEW SELFIE / CARMEN MARIA VEGA

Carmen Maria Vega

UsofParis : Pourquoi avoir accepté cette invitation de Rock in Loft ?

Carmen Maria Vega : J’aime ce concept de faire des concerts rock dans des lieux insolites et dévoiler l’adresse que la veille pour créer la curiosité et l’envie. J’aime encourager les jeunes talents. Je connaissais Catfish. J’aime Mini-vague, c’est charmant !

Qu’a-t-il de plus Mathias Malzieu pour faire partie de ton album Santa Maria ?

D’abord, c’est un ami ! Ça justifie beaucoup de choses. Mais c’est pas parce que l’on a des amis qu’on les invite !  😉 Certains, on les aime mais de loin. Y’a plein de choses en Mathias qui me passionnent et me donnent plein d’espoir en ce métier. Peu d’artistes sont romancier, musicien, chanteur, cinéaste. Il me fait penser à Boris Vian.
Je voulais parler d’identité dans ce disque, au moment où il était en pleine tourmente personnelle, relevant de son identité aussi avec le changement de son rhésus sanguin – c’est presque de la science-fiction. Je lui avais demandé cette chanson, il y a 5 ans. Il ne m’avait pas encore sondée. Et après moultes copinages, apéros… on a appris à se connaître. Cette histoire l’a touchée.
Et Grand Secret résume le mieux mon histoire personnelle.

Ce Grand Secret touche au plus juste pour toi ?

Il y a quelque chose d’universelle avec cette chanson. Mais ce qui est aussi troublant c’est que 4-5 chansons m’ont été offertes par des gens que je ne connaissais pas. Ils ont juste connu le projet du nouvel album.
Santa Maria parle parfaitement de la quête de départ et Baptiste, son auteur, je ne le connaissais pas avant qu’il ne me propose ce titre. J’étais épaté qu’il soit aussi juste.
L’identité ce n’est pas que l’endroit où l’on naît, c’est aussi ce que l’on construit dans sa vie personnelle, l’amour, les rencontres…

Le mot reconstruire est très juste.

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Cette quête d’identité était-elle quand même légère ?

Carmen Maria Vega : Ce n’est pas un album thérapeutique. Je n’aurais pas pu sortir en pleurs du studio toutes les 5 minutes.
Il commence avec Santa Maria qui est très lumineux, parlant du voyage. Et ensuite, on enchaîne sur la vérité. Il y a des chansons dures comme Amériques Latrines ou La fille de feu, une confession. Puis ça s’ouvre sur Tout ce qui est se finit en ine qui est plus brutal et punk, garage, sur les addictions. On parcourt ce qu’est l’identité en mon sens dans tout l’album. Et puis, dans les ténèbres, il y a toujours de lumière.

L’ambiance de ton concert au Divan du Monde était totalement débridée !

Je rêverais de pouvoir transporter tout ce que nous avions au Divan en tournée. Ava la Dame en Verte en première partie était un rêve et Maria Dolorès en maîtresse de cérémonie ! La scénographie est en revanche la même en tournée. C’est du chant, de la danse, de la comédie. Ce n’est pas vraiment un concert au sens classique.

Les premiers retours sur ton album sont à la hauteur de tes attentes ?

Ils sont dithyrambiques ! 🙂 Sérieusement, je suis attachée à cet album, je suis ravie. Les gens sont surpris. Et pendant le live, il y a un gros charbon mais je rassure que l’on va le polir et que ça se passera bien. Ce qui me touche dans les retours, c’est la thématique du beau. J’avais demandé à Kim que les chansons soient belles, malgré les arrangements minimalistes – ce qui était volontaire.

Je suis assez passionnée par des personnages forts des années 70 comme Pink Floyd, Freddy Mercury, David Bowie, Klaus Nomie mais aussi Lana Del Rey sur l’album Honeymoon où il y a quasiment rien. Genre : « ma dépression, je suis belle... » Je trouve que c’est son meilleur !

Y’a quoi de Lana Del Rey en toi ?

Cette passion du rien. C’est un truc d’artiste contemporain !
Avec pas grand-chose, en étant juste chargée, les émotions passent.

Beaucoup de sensualité assumée. J’en profite car un jour le collagène va se barrer. 🙂

Tu arrives à garder une émotion intacte ?

Quand ça se barre, ça se voit.

Que t’a apporté l’aventure Mistinguett dans ta pratique du chant ?
Plein de choses ! J’ai refait de la danse professionnellement ce qui me manquait, car il faut du temps pour danser. Revenir au théâtre, c’est ma formation initiale. Y’avait une promesse tenue de comédie. Et en termes de chant, j’avais un coach vocal toutes les semaines. Ce qui aide à prendre confiance en soi.

Je suis beaucoup plus en paix maintenant. Ça s’entend dans ce disque. Je n’ai plus peur d’aller tâter mes aiguës que j’avais laissé sommeiller par crainte.

Un message d’un de tes fans, followers qui t’a touché ?
Ce qui me touche le plus, c’est que certains qui n’ont pas vécu l’adoption ou découverte de la vérité tardivement… sont bouleversés sans pouvoir dire pourquoi. Ils me disent : »j’écoute cette chanson et je ne sais pas pourquoi, mais j’ai la chiale ! »

Santa Maria fait beaucoup d’effet. Il y a aussi « J’ai tout aimé de toi » de Zaza Fournier qui parle d’identité sexuelle, de transsexualité.

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L’aventure Garçons avec Zaza Fournier est épanouissante ?

Carmen Maria Vega : Il n’y a rien de plus passionnant que de jouer sur les genres. On a tous ça en nous. A quel moment emporte le masculin ou le féminin sur nous ? Est-ce important ? Ça ne dérange au fond quelques cons et bien-pensants ou quelques c… de la Manif pour tous. 🙂
Ce qui était intéressant c’était de chanter des textes d’hommes sur des femmes. Et des hommes rustres qui avaient une certaine manière d’aborder l’amour. Ce qui était drôle c’était de faire sien un texte pareil, en assumant cette période.

Pareil pour Mistinguett, quand son amoureux lui donnait des coups et qu’elle revenait. J’ai eu des messages fous : « Comment peut-on chanter et mettre en avant la violence conjugale ? » Fallait juste remettre dans son contexte la vie de Mistinguett, les mœurs et mentalités des années 20…

Un coup de cœur musical récent ?

Mathilde Fernandez. Tu vas me dire : « vous êtes très obsédée par la mort, madame ! » Elle a un truc morbide. Il faut regarder son Instagram, passionnant : elle a des photos de sang.
Elle a une voix lyrique, dingue avec un physique très enfantin et très sexy. Un peu dérangeant comme l’actrice du film American Beauty.
J’ai aussi rencontré un jeune talent dans une émission radio : Chilla. Je l’ai écoutée et vue en live. Elle a 22 ans et elle a une maturité dans son écriture, étonnante. Elle est d’une beauté !

Ça donne de l’espoir au niveau du rap. Je ne sais pas ce que je déteste le plus entre PNL et Jul. Mais je suis devenue hystérique de VALD, c’est un génie ! Il est drôle et a une écriture animale.

Que représente le Printemps de Bourges pour toi ?

Ce festival a été très important dans ma carrière, en 2007. On est passé d’abord dans le off, en retournant Bourges à chaque concert. On a pourri la ville avec des affiches. Ceux qui ne voulaient pas nous connaître, ils étaient obligés de nous voir.
C’est de bons souvenirs. On est passé ensuite au In (Phoenix, avant le W).

Un mantra qui t’aide dans la vie ?

J’essaie de faire du sport, de courir. La danse ! Le corps doit être dans l’action pour aller bien.

Interview by Alexandre

CARMEN MARIA VEGA
album Santa Maria
(Label Athome)

en concert au Badaboum Paris
le mercredi 28 mars à 19h30 

Et tournée en France
selfie exclu UsofParis blog
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Saint Michel en interview : on a parlé The two of us, punchline & grand-mère

Philippe Thuillier se dissimule sans doute un peu derrière son nom de scène SAINT MICHEL mais ce n’est pas pour autant qu’il élude la franchise.
La preuve dans cette interview à l’occasion de la sortie de son nouvel album le très planant et éblouissant The two of us. Un album conçu dans le confort d’un beau succès versaillais et avec de guests : Elisa Joe, After Marianne, Holy Two ou encore Closegood.
Mais ce n’est pas pour autant que l’artiste a cédé à la facilité. Au contraire ! 

INTERVIEW / SAINT MICHEL

Saint Michel
selfie original pour UsofParis

UsofParis : Avantages / inconvénients d’un plus grand studio pour enregistrer ? 

Saint Michel : C’est plus confortable d’avoir plus d’espace, mais ça induit que tout soit moins accessible et moins direct aussi. Tout est histoire de méthodologie de travail. Chaque album ou chaque période de travail est l’occasion de tenter des méthodes différentes.
J’aime bien toujours retenter une autre approche.

C’est dur de changer ses habitudes ? 

C’est même une stratégie de se déstabiliser !
Ça peut prendre beaucoup de temps de retrouver une forme de stabilité. Ce qui est intéressant c’est le moment où il y a une pseudo stabilité. Sinon, on retombe dans le confort.
C’est hyper incertain.

Il y a quelque d’urgence dans la survie. Se mettre dans des zones d’inconfort c’est être en proie à une forme de survie, ici existentialiste et musicale. On se trouve à poil au milieu d’une pièce et faut une note, un accord, une ligne, le début de quelque chose.

Quel est le premier titre de l’album conçu en studio ?

Le plus vieux titre de l’album est sans doute : You call my name. Il y a eu des sessions ouvertes, bossées quelques jours. Puis je les ai laissées en pensant que ça ne ferait pas un bon morceau. Parfois, ça dort pendant un an et en réécoutant un export, je me dis « c’est cool ! » et là je pense à rajouter des éléments.
Tout est très composite.
Je suis à l’antithèse totale de l’écriture totale, du jet, du moment où je me pose avec une guitare ou un piano et j’écris une chanson.

Cette fois, la musique se fait en mécano. On peut bosser sur un riff instrumental dont on aime juste la couleur, le son du synthé.

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Es-tu adepte de la punchline ?

Le principe de l’interview est de se vendre, le but c’est que je donne envie qu’on écoute ma musique. Mais nous sommes dans une époque de telle sollicitation, de consommation….
Du coup, le réduire en 2 mois, en 2 phrases, ce serait réduire tout le boulot que j’ai fait pendant 5 ans. Plutôt que de prendre la peine d’aller le découvrir et de rentrer dans les nuances.
C’est ce que j’ai du mal à faire, comme le radio édit, 3 min 30.
J’ai découvert que pour faire le Quotidien de Yann B, du moins quand on est français, on ne joue qu’1 min 42 de musique. Les Anglo-saxons eux jouent leur morceau en entier.
On est au TV édit. Je ne sais pas ce que l’on fait.
Il faut donc tout réduire, tout condenser.
N’y aurait-il pas une sorte de connerie à réduire le monde à une seule vignette ?
C’est de plus en plus difficile d’avoir un petit apport d’âme. Du coup, je fais une forme de résistance tout en étant dans cette grande marmite qu’est ce super monde moderne.

Comment procèdes-tu pour faire passer tes idées ?

Soit j’essaie de dire la même chose tout le temps pour qu’il en reste peut-être un truc. Soit au contraire, je fais attention de tenir un discours trop frontal, évident, du coup.
J’ai consciemment une com un peu opaque.
Ce que je dis, par exemple, dans les chansons, c’est volontairement camouflé. A la fois, chaque chanson peut dire la même, j’ai des thèmes très récurrents (relations humaines, relations avec l’autre, amoureuses, amicales). Et à la fois, j’aborde des idées plus nuancées. Donc, elles demandent du temps, que l’on observe le détail.
Comment se sont faites les rencontres avec ces guests féminines ?
J’avais envie de présence dans le disque, étant seul pour le projet.
Je les connaissais toutes, sauf l’Américaine Closegood sur Church.

Deux artistes, s’ils partagent une conception intéressante, ils peuvent ne pas se connaître et se croiser que deux heures dans un studio, sans avoir rien partagé ensemble et faire un truc génial. J’en suis convaincu !

Le cœur bat quand on entend pour la 1ère fois ses mots chantés par une autre ?

Avant je n’étais pas du tout pour les collab. J’étais très restrictif : ma musique, ma tambouille, mon bébé, parce que ça vient de tes tripes. C’est pour cela que certaines chansons sont indissociables de leur interprète.
Avec le temps, m’amuser à faire « le producteur », il y a plein de choses rigolotes à tenter. Mais ce n’est pas le fait que les gens soient interchangeables.
Laisser les portes ouvertes pour de beaux accidents.

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Un secret de fabrication pour le titre Open Book ?

Je ne suis pas vraiment objectif. J’ai longtemps douté pour ce titre en me disant qu’elle était trop easy way, easy go. Un peu trop facile. Et puis, je ne sais pas pourquoi mais il y a quelque chose dans la mélodie du refrain très lancinant, très répétitif. Il m’a pris la tête pendant un long moment.
Je continue d’être spectateur de ce phénomène : parfois tu fais quelque chose de simple mais chiant et d’autres fois ce qui est simple va rester en tête et sera évident.
J’ai gardé la chanson car dans le refrain, il y a quelque chose qui me touche.
Elle a quelque chose de plastique qui m’agace, dans le coté gentillet. Et j’étais aussi intrigué, fasciné.
J’ai pas de souci de parler de mes chansons. Si je regarde ce que je fais avec trop d’amour et complaisance, je n’avance plus.
Ce sera intéressant d’en parler dans 6 mois.

Tu es le seul à choisir les titres sur l’album ?

Non, on est un collectif. Tout le monde a son avis.
Je sais maintenant qu’il y a une part d’influence des autres.
Tu passes ton temps à butiner, à glaner les avis. Il y aura Diane, de la maison de disque, mon producteur, voire ma grand-mère. J’écoute un bout titre, elle passera dans la cuisine et me demandera d’écouter. Et elle dira : « oh non, mon chéri, c’est un peu violent. C’est pas joli ! »
Et deux réactions : soit tu te dis ‘oui, on va clasher !’ Soit : « elle n’y connaît rien elle est has been » mais tu réécoutes et te dis qu’elle a peut-être raison. 🙂
Et c’est ce qui est intéressant : ce maelström mental. Ce que tu as en tronche, c’est influencé par les autres, comme ce pote : « sérieusement, tu te vois chanter ça sur scène ? » Et tu réalises !

Penses-tu que tu deviendras fou un jour ?

J’espère ! Soit pour aller au bout de toutes mes petites folies. Ça voudrait dire que j’ai cru à mon élan. Je trouve ça mignon quand tu vois des gens en fin de vie qui ont des rêves fous. Le petit pète dans le casque.
Les Belges, je les trouve gentiment tarés. Je n’aime pas qu’on se moque d’eux.
J’adore leur folie.

T’es-tu découvert le moyen d’évasion ?

La musique.
Ok il y a les voyages, la drogue, le sexe. Et l’imagination qui est sans doute le premier moteur.
Avec 3 cordes rouillées, désaccordées, tu peux faire de super voyages.Qui tentes-tu d’imiter ?
Pendant des années Jim Morrison, après Tom Yorke. 🙂
Ensuite un peu Jeff Buckley.
C’est super honnête ce que je dis. C’est cadeau !

Qu’écoutes-tu en ce moment ? 

J’essaie toujours de puiser dans des vieux trucs ringards.
Je réécoute des vinyles des années 70 d’un moine qui parle de l’orgue de l’Abbaye de Solesmes. C’est assez imbitable, avec une voix impossible. Mais il y des phases musicales folles.
Et j’écoute Louis Vierne, un compositeur et organiste français du siècle dernier.

interview by Alexandre 

Saint Michel

Saint Michel
nouvel album The Two of Us
(Un Plan Simple) 

concert à Paris 
Release Party au Point Éphémère, le 29 mars 2018

Page FB officielle : SaintMichelMusic 

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Girls in Hawaii en interview : on a parlé liberté, nuit et folie

Antoine Wielemans poursuit la promo, 6 mois après la sortie du nouvel album de Girls in Hawaii, Nocturne
Le groupe a enchainé 2 mois de tournée et sera de retour à Paris le 12 avril au Trianon. 
Le live a beaucoup bougé depuis Rock en Seine où nous avions entendu pour la première fois les nouveaux morceaux. Il est urgent de retrouver le band sur scène. 

INTERVIEW

UsofParis : Impressions des premiers concerts ? 

Antoine Wielemans : C’est toujours un challenge d’amener un disque sur scène. Beaucoup de boulot et d’aménagement. Surtout que celui-ci a des teintes électro. C’est une évolution qui nous va bien.
Pour cette tournée, on a choisi de produire vraiment le live et de ne pas rester dans quelque chose de trop rock. C’est minutieux.  On a retravaillé les anciens morceaux sur la base du nouvel album.

La setlist est libre ? 

C’est génial de faire des lives avec 4 albums et de pouvoir faire bouger la setlist.
On change la setlist de jour en jour, pour ne pas être dans la répét.
La tournée d’avant, on avait mis tellement de temps à créer une cohésion avec scénographie… C’était assez dur de le modifier. On est resté fort sur des rails. Les 30 premières dates, il y a une vraie dynamique et après on est en automatique et on s’ennuie un peu.
Cette fois, on a répété 35 morceaux et on n’a jamais répété une setlist précise.

Y’a-t-il toujours un stress à monter sur scène ? 

On n’est plus stressé comme au début. Mais quand on fait une grosse date comme à Bruxelles, on a vraiment du mal à être totalement dans l’instant et dans la jouissance de la date, comme tu peux être en pleine tournée. Il y a des moments de grâce comme ça avec 8-9 dates où tu es totalement libéré.
Les rendez-vous méga importants comme Rock en Seine, les gens ont beaucoup d’attente et nous aussi et ce  n’est pas évident.

Quelle a été la question la plus récurrente ?
L’hypnose ! On nous en a beaucoup parlé, parce que c’est une part importante du disque.
Les journalistes voulaient en savoir. Le nom du disque en fait directement référence.

Comment peux-tu en parler autrement ?

Ce n’était pas une question chiante, « comme d’où vient le nom du groupe ? » Ça arrive encore, alors que l’on joue depuis 20 ans.
La volonté était de stimuler notre créativité et de nous débloquer. On voulait faire quelque chose de non réfléchi, dans l’écriture automatique.
L’hypnose est un bon moyen de sortir des choses de soi. On n’a fait que 3 séances. Ça dure 3 heures, il faut du temps pour s’en remettre. Et pendant 3 semaines ensuite, il y a énormément d’images et de réminiscence de ce que tu as vécu.

Composer sans guitare, c’est plus de liberté ?

Oui, c’est sortir des schémas habituels. Composer directement au clavier, c’était un grand espace de liberté. Car je maîtrise très peu les claviers, je composais en cochant des cases, je n’arrivais pas à enchaîner certains accords. Je voulais faire des enchaînements d’accords beaux.
Quand tu composes, tu peux tricher un peu, en dessinant, de manière aléatoire aussi.
Il y a quand même un vrai défi technique et aussi un énervement quotidien pas assez bon.
Comme tu ne connais, tu arrives à des accidents souvent.

Tu n’as pas eu envie de prendre des cours ?

J’en ai pris mais c’était un peu fastidieux. Tu t’aperçois que pour vraiment maîtriser le piano, il faut en faire pendant 5 ans. Et il y avait trop de choses. Je venais d’être papa…
Je préférais jouer à la pétanque ou au foot.

Luke, votre producteur, vous a donné un conseil ? 

Il nous a demandé de lui faire confiance et de nous marrer.
C’est un bourreau de travail. Il est en continu au studio, la semaine comme le weekend. Il travaille 12 heures par jour toute la nuit.
C’est son environnement. Sa détente, son amusement, sa distraction est aussi présente dans le studio. Il a besoin de se pommer, de regarder des choses sur internet et ensuite il dévie : il pense à un groupe à nous faire écouter. Les séances de travail sont ludiques.
Il essaie continuellement des choses. C’est une espèce d’enfant génial, un petit génie.

Qu’est-ce qui est le plus propice à la nuit pour le groupe ? Écrire, refaire le monde, rêver ?

On a appelé ce disque Nocturne parce qu’il y avait plein de raisons : l’hypnose, la pochette. Mais c’est le disque le plus diurne que l’on est fait. C’est paradoxal !
On a toujours composé la nuit. Mais le fait d’avoir des enfants maintenant.
La nuit échappe à la société, à la norme, aux règles. La nuit, il y a de vrais beaux moments de créativité, de liberté mais tu le paies toujours après, il y a de l’autodestruction aussi, de l’excès, tu bois de la bière… Travailler 3 nuits de suite en studio, c’est difficile à s’en remettre. Alors que 3 jours de suite, ça se fait.

Penses-tu que tu pourrais devenir fou, un jour ?

J’espère que non de tout cœur. Ça m’a effleuré un peu l’esprit. Mais plus maintenant.
Le fait d’avoir un cadre familial, faire plus de sport. On s’est assaini au fil des années.
Mais j’ai eu une forme de folie nerveuse, proche de la dépression, avec la fatigue peut m’amener à des états particulier.

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J’aime le titre Indifference. Une anecdote de création ?

C’est une pure envie d’explorer le monde des synthés analogiques, le monde de JacnoKrafwerk. C’était une grande ambition du disque et c’est dans un de ces morceaux que c’est le plus évident. Il y une forme de minimalisme et d’ultra simplicité qui était en contraction avec ce que l’on a fait avant, avec un empilement de couches.
La démo de ce morceau qui faisait 1min10 environ et c’était juste tout une première montée, jusqu’à ce que la voix s’arrête au refrain, avec le thème de synthé.
C’était comme le titre Flevo (du premier album) une longue construction, sur lequel on avait mis beaucoup de couches en studio, avec un climax à la fin. Pleins de personnes trouvaient la démo géniale et ont été déçues en l’écoutant après le studio.
On avait pas envie de faire des climax pour Indifference.


Si tu pouvais composer la programmation d’un festival, qui inviterais-tu ?

Pas de rock’roll. De la musique planante.
Andy Shauf. Chassol à fond. Flavier Berger. De l’électro minimaliste, classique come Nils Frahm, méga trippant.
Un festival en plein air, bien installé.
Et un truc qui tabasse le soir comme Mr Oizo.

Un mantra d’artiste ?

Etre le plus possible dans l’instant présent. C’est basique.
J’ai eu du mal à me projeter après le décès de mon petit frère. Ne jamais anticiper.
La nuit, j’ai du mal à me coucher, à attendre de m’endormir.
Du coup, j’écoute un podcast intéressant.
Ou l’Heure du crime quand je suis fatigué. J’entends les 5 premières minutes et je m’endors.

J’ai besoin d’occuper mon cerveau.

T’es-tu trouvé le meilleur moyen de t’évader ?

Pas encore !
En tournée, on fume des joints le soir, on s’évade bien et on arrive à dormir dans le bus.
Y’a peu de moyen de nous évader aussi bien. Mais on ne prend jamais plus dur. Ça me fait un effet de malade, je suis en perte de tout contrôle. Mais sinon, c’est le voyage.

Interview by Alexandre 

Girls in Hawaii

Girls in Hawaii
nouvel album Nocturne
(Pias) 

CONCERT à Paris, le 12 avril au Casino de Paris

8 juillet ARRAS – Main Square Festival

site officiel : girlsinhawaii.be 

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Zaza Fournier et Le Déluge : son conte pour adultes #interview

Zaza Fournier nous embarque dans un spectacle-musique original, déroutant et poétique.
Le Déluge n’est pas à prendre à la légère tant il nous révèle à nous-mêmes. Mais il ne doit pas ralentir pour autant nos ardeurs à retrouver la chanteuse encore plus joueuse que jamais et prête à embarquer le public pour expérience musicale intense.
SAVE THE DATE ! Prochain concert le 13 mars au 104. 

Zaza Fournier
photo Raphael Neal

INTERVIEW

Quelle est l’origine de ce Déluge ?

Zaza Fournier : Ça a avoir avec un vrai petit déluge personnel.
Je lui ai laissé cours artistiquement lors d’une résidence. Je suis partie pour la première fois, seule, enfermée dans une maison proche du Bassin d’Arcachon. J’ai vu 2 personnes : la caissière du supermarché et le jeune mec qui vendait des huîtres qui rattrapait mon moral à deux mains.
Je m’autorisais des huîtres et du vin blanc à midi.
J’ai tout composé à la voix. Il y a eu un retour à la voix primaire, d’habitude je passais toujours par le vecteur d’un instrument.
Je me suis vraiment connectée à ma voix intime.

Le Déluge était présent dès les premiers jets ?

Bizarrement, tous les premiers jets sont restés. Il y a eu quelque chose de très évident dans l’écriture, ça ne m’était jamais arrivé.
La première chanson écrite est Pour que tu me voies, qui est la première chanson du spectacle.

Le fond est très concret, une chose que l’on a traversée, notre rapport au couple, à la fidélité, au désir. En revanche, j’ai vraiment écrit un conte pour adultes. Je voulais inviter un monde.

J’adore le titre Le Déluge. Est-ce que l’Orient s’est penché sur toi pour ce titre ?

C’est joli ! 😉
D’une façon plus large, je me suis connectée à ma voix ancestrale. Il y a une sorte d’harmonie sans âge qui s’est inscrite dans le chant tout de suite, dès la maquette. Je me suis sentie femme primaire au moment de la composition.
C’est ce que tu entends.
Je suis très associée à la chanson, ces harmonies je n’aurais pas pu les trouver en composant avec l’accordéon ou le ukulélé. C’est en ça que je parle de voix primaire.
Il y a aussi l’histoire de la femme dans le monde, la femme et son désir. Des questions anciennes.

Une punchline d’enfer pour inciter tout le monde à voir ton spectacle ?

Si tu veux que tes monstres retrouvent leur place, viens voir Le Déluge.

Le Déluge c’est aussi ouvrir de nouvelles voies artistiques ? 

Je ne l’ai pas pensé comme ça, mais c’est ce que l’on me renvoie du projet.
J’ai l’impression qu’à chaque nouvelle proposition, j’avais ce retour.
Je vis ça comme une expérience renouvelée, un terrain de jeu total. Je ne me pose jamais la question du résultat.
Je laisse donc la possibilité à un résultat inattendu 😉
Le Déluge
Zaza Fournier avec Diane Villanueva et Juliette Serrad

Ce spectacle, tu le portes depuis longtemps ? 

J’ai la sensation que tout ce que j’ai fait ces 10 dernières années c’était pour faire ce spectacle. Bien sûr, je suis partie de la forme la plus légère possible, toute seule, à parler beaucoup entre les chansons. Et puis il fallut que je me concentre sur la forme guitare-basse-batterie pour attraper ma « légitimité de chanteuse« .
Ma dernière fois, on était deux sur le plateau et je tendais vers ce spectacle. Avec Le Déluge, j’assume d’où je viens, mes désirs de casser le cadre.

La femme en 2018 a-t-elle encore des choses à prouver ? 

Je pense immédiatement à des femmes, sœurs, cousines d’autres pays, pour qui s’est un enjeu de chaque jour d’être femme et de tenter de trouver une sorte de liberté.

Sous nos latitudes aussi, en France, en Paris. L’actualité nous le dit haut et fort.
Il y a une violence latente auxquelles les femmes doivent faire face, mais les hommes aussi.
Ce qui est étrange dans cette violence-là c’est le poids de l’histoire que l’on se traine. Le regard de l’autre, le quotidien est un reliquat d’une violence sourde présente depuis l’origine.

Mélanie Doutey m’a répondu ne pas croire qu’un artiste est libre. Quel est ton sentiment ?

J’essaie de trouver ma liberté dans le fait d’être au plus près de ma singularité. Mais c’est remis en jeu tout le temps. Et il est très dur de s’échapper du cadre.
Le Déluge parle de ça : vivre c’est obéir à un cadre ou tenter de désobéir à celui-ci. Et là, ça dépasse le genre.

La liberté est quelque chose de conceptuel et tout à fait relative.

Le rapport au public a changé ? 

Ce qui est différent, c’est que les chansons ne sont pas sorties. Les spectateurs sont dans la découverte totale. Au début, des gens sont déstabilisés, surpris, crispés aussi. Certains ont sans doute peur de l’endroit où je les emmène.
Mais le moment où ça se dénoue c’est hyper émouvant. Ça donne envie de jouir tous ensemble 😉
Le spectacle impose une écoute hyper active. Tout le monde est acteur du spectacle.
Mes chansons vont chercher quelque chose d’intime.
Je suis très émue de certains bouleversements.

Penses-tu que tu deviendras folle un jour ?

C’est une de mes angoisses profondes. Ma théorie : les fous ne sont pas fous et c’est nous les sains d’esprit qui sommes à côté de la plaque.
Ça nous pend tous au nez. J’ai un bon terrain.
Je pense que l’on est extrêmement facile et que c’est balèze de vivre. On est sans arrêt solliciter de corps et d’esprit. Et on tient, tout en gérant nos pulsions internes.

Qui tentes-tu d’imiter ?

Je ne parlerai pas d’imitation. Des gens m’inspirent beaucoup.
Un ami m’avait conseillé : pense aux gens que tu aimes entendre. Et c’est les gens que l’on dit fous que j’aime entendre comme Sébastien Tellier, Brigitte Fontaine.
L’œuvre de Brigitte me porte beaucoup. Il y en a peu des poétesses-artistes-interprètes totales, comme elle.

T’es-tu découvert le meilleur moyen d’évasion ?

Depuis toujours, je lis, trop, il parait.
Le monde ne m’intéresse pas tant et il est souvent plus intéressant dans les livres. Si c’était un métier, ce serait un truc qui me ferait de l’œil : lire toute la journée ! Ça ferait concurrence à la musique.

Zaza Fournier

Garçons est une aventure révélatrice de ton autre part ?

Absolument ! Je suis vernie : j’ai le luxe d’explorer l’endroit de la masculinité qui est en moi. Quand on cherche dans la vie, on t’emmerde.
Tu fais un spectacle pour te révéler ça, on paie pour te voir : c’est une idée qui me réjouit beaucoup. De travailler avec d’autres artistes Carmen Maria Vega, Cléa Vincent et Raphaël Thyss notre musicien, ça fait énormément progresser, musicalement, vocalement.
Je ne voyais pas chanter Avec le temps. Non a été un réflexe et c’est Carmen qui me l’a proposé.

Interview by Alexandre

 

Zaza Fournier

Zaza Fournier
avec Diane Villanueva
(rythmique et chant) et Juliette Serrad (Violoncelle et chant)

Le Déluge
spectacle-musical

le mardi 13 mars 2018 à 20h30

au Cent-Quatre Paris
5 rue Curial
75019 Paris
billetterie : 01 53 35 50 00

Page FB officielle : ZazaFournier

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Samuele en interview : on a parlé sirène, amour, écriture

Samuele est prête à séduire la France avec son premier album Les filles sages vont au paradis et les autres vont où elles veulent. La chanteuse québecoise va assurer une série de concerts ce mois pour partager son songwriting élégant avec un gros lot de paillettes dans sa village et un sourire irrésistible. 

Samuele

INTERVIEW SAMUELE 

UsofParis : Comment t’es-tu préparée à conquérir le cœur et les oreilles des Français et Françaises ?

Samuele : J’ai changé les cordes de ma guitare et rempli mes valises de paillettes. J’adore les paillettes.  C’est ma façon de me préparer pour un spectacle, je me couvre de paillettes et je fais un gros câlin à Alex (contrebassiste) juste avant de monter sur scène.

La leçon que tu tires de tes concerts dans les bars et qui t’aide maintenant ?

Je pense que j’ai surtout appris à faire un bon contact avec le public. Ça prend beaucoup d’effort pour captiver les gens, il y a beaucoup de distractions dans un bar. J’apprécie beaucoup ma nouvelle vie d’artiste de salle, c’est tellement plus facile d’inviter les gens dans mon univers et je peux me permettre d’aller plus loin dans mes histoires.  Apprendre à jouer dans les bars c’est aussi apprendre à jouer dans des conditions sonores parfois désastreuses, j’ai donc appris à bien connaître et utiliser mon matériel, je suis aussi très facilement comblé par la sono en salle et rarement désarçonnée par des problèmes techniques.

Comment écris-tu ? Les mots viennent-ils facilement, réécris-tu beaucoup avant d’enregistrer tes titres ?

J’écris toujours. J’ai un cahier et un crayon avec moi en tout temps. J’écris des bouts de poèmes, des idées de chansons ou des réflexions sur tout et rien. J’écris dans pleins de cahiers en même temps c’est un peu chaotique mon truc, mais j’y trouve une précieuse équilibre.   Certaines de mes chansons se sont écrites pratiquement toutes seules comme La Sortie, par exemple, que j’ai écrite en moins de deux heures et d’autres comme ‘cours toujours’ doivent être réécrites des dizaines de fois avant que je sois satisfait.

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Un secret de fabrication au sujet du titre La révolte, qui me plait beaucoup ?

J’ai écrit cette chanson-là pendant la grève étudiante de 2012. J’étais remplie d’espoir, de colère et de tristesse et j’ai eu besoin d’en faire une chanson.  Je ne voulais pas en faire un hymne aux ‘carrés rouges’ (symboles de la grève). J’ai voulu en faire quelque chose de plus universel et y mettre de façon très poétique tout mon expérience de militance de la façon dont je perçois la révolte comme quelque chose de contagieux et de solidaire à la façon dont l’État (le roi) utilise les médias et la propagande pour invalider les mouvements populaires radicaux, mais surtout l’idée que l’État a raison d’avoir peur de la solidarité entre les personnes flouéEs/négligéEs par l’État (les fous) parce qu’elle est infiniment puissante.

J’aime aussi beaucoup Sirène. Où a été conçu cette chanson ?

J’ai écrit la première version de cette chanson-là sur la banquette arrière d’une camionnette pendant que mon amante racontait ses incroyables récits de voyages au conducteur qui nous avait prises en stop.  J’étais complètement sous le charme de cette sirène qui avait le don de  faire voyager en racontant ses histoires ramassées partout sur le globe.  Elle avait des amantes sur chaque continent et j’espérais me tailler une place dans son cœur avec une chanson.

As-tu déjà fait une déclaration d’amour en chanson, plutôt qu’en texto ?

Je préfère de loin déclarer ma flamme de vive voix, alors définitivement pas par texto, mais j’ai déjà essayé de séduire une certaine sirène en lui écrivant une chanson…

Le résultat a été concluant ?

Hahaha ! Non, mais ça reste un texte dont je suis très fière.

La plus belle chanson d’amour jamais écrite ?

C’est une grosse question, ça. Pour moi je crois que c’est To make you feel my love de Bob Dylan. J’ai entendu mon père la chanter à ma mère et je l’ai aussi beaucoup chanté à mon fils quand il était petit. C’est un texte qui me touche à chaque fois.

Une appli que tu adores ?

Magic 8 bit 8 ball.
Parce que j’adorais le côté mystique des magic 8 ball quand j’étais gamine.  C’était un peu une version 80’s des boules de cristal. Je pose régulièrement des questions à mon app.  J’adore avoir de l’aide pour prendre une décision, le design lo-fi et les bruits de laser.

Un mantra qui t’aide à vivre ?

Inspire, expire, lâche prise.

Un spot à Montréal inconnu des touristes français à nous conseiller ?

Le café coop Touski. C’est un endroit que j’ai appris à aimer à l’époque où j’habitais seul avec mon fils. C’est un espace accueillant pour les adultes et les enfants et c’est plutôt rare comme combo. La bouffe est bonne et abordable, l’ambiance est relaxe,  il y a une salle de jeux pour les enfants, des expos sur les murs et des concerts régulièrement. C’est aussi un espace militant important pour la communauté.  Je fais partie du collectif Touski Folk, qui organise une soirée mensuelle de musique et de poésie non mixte. Le Touski, c’est un peu comme mon deuxième salon.

Interview by Alexandre

Samuele

SAMUELE
1er album :
Les filles sages vont au paradis. Les autres vont où elles veulent
(
In Tempo)
sortie le 2 mars 2018

CONCERTS

02 mars – Montpeyroux
06 mars – Lempdes
07 mars – Riom
08 mars- Cébazat
09 mars – Fresne
13 mars – Deauville
16 mars – Sotteville-lès-Rouen
18 mars – Neufchâtel-en-Bray
20 mars – Bar-le-Duc
22 mars – Noyon
23 mars – Bruxelles
25 mars – Laon
29 mars – Hazebrouck

30 mars – Gauchy

site officiel : Samuelemusique.com

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Naya, une Girl on the moon aux pieds bien sur terre #interview

Découverte il y a 3 ans dans The Voice Kids sur TF1, la jeune Naya, 17 ans, a sorti un premier EP prometteur Blossom.
Cinq compositions qui donnent un bel avant-goût de l’univers de la jeune chanteuse. Nous avons eu un vrai coup de cœur pour son single Girl on the moon qui est accompagné d’un clip poétique.
Son premier album est prévu au printemps 2018.

Interview Selfie

USofParis : Que t’as apporté l’émission The Voice Kids ?

Naya : C’était ma première expérience à la TV c’était assez incroyable. J’ai découvert les coulisses d’un gros show TV, un des plus gros de France. C’est impressionnant à vivre ! C’était une très belle expérience.

Naya
Selfie exclu pour USofParis

Première expérience télé, cela veut dire que tu avais déjà fait de la scène ?

Oui, j’ai fait beaucoup de scènes. Depuis l’âge de 11 ans en fait. Je suis de Bordeaux et je me produisais beaucoup dans la région en faisant des reprises.
Je savais donc un peu comment aborder cela à la télé même si c’est différent. Se dire qu’il y a 8 millions de téléspectateurs qui vont te regarder ça change tout. 🙂

Ton coach était Garou, quels conseils t’a-t-il donné ?

En fait, on a beaucoup parlé en anglais tous les deux. Parce que j’adore l’anglais. Il m’a donné pas mal de conseils sur des techniques de chant. C’est quelqu’un de très gentil. Une belle rencontre humaine.
Maintenant sur scène j’ai plus d’aisance, c’est ce que je retiens de cette expérience aussi.

C’était il y a 3 ans, que s’est-il passé pour toi depuis ?

J’ai fait beaucoup de concerts, encore et encore. De belles premières parties pour Fauve, Mademoiselle K, Jain, Amir, Petit Biscuit… J’ai signé chez Sony Columbia, j’ai sorti mon EP en juin. Blossom veut dire éclosion, c’est un peu ma naissance en tant qu’artiste. J’ai pu faire beaucoup de choses, c’est super, je suis très contente jusqu’à présent.

NayaTu composes et tu écris, c’est quelque chose que tu fais depuis longtemps ?

Sur l’EP, il y a 5 titres que j’ai composés entre mes 14 et 16 ans. C’est une belle présentation parce que ce sont mes vraies 5 premières compositions, il n’y a pas eu de sélection. C’était naturel pour moi de mettre ces chansons, ça présente un peu toutes les facettes de ce que je fais. Il y a de l’acoustique et des morceaux plus électro.

L’EP est en anglais, on doit beaucoup te poser la question, pourquoi l’anglais ?

J’aime beaucoup la musicalité et surtout le sens rythmique de l’anglais. Pour moi, c’est naturel de chanter dans cette langue, j’ai écouté beaucoup de groupes anglo-saxons depuis toute petite. Quand je prends ma guitare et que je commence à chanter c’est l’anglais qui vient en premier.

C’est grâce à la musique que tu appris l’anglais ?

Oui, oui ! Notamment grâce aux Beatles que j’ai découverts très jeune vers l’âge de 7-8 ans et ça a été une vraie révélation dont je ne me suis toujours pas remise d’ailleurs. J’ai appris l’anglais au travers des reprises que j’ai pu faire.

NayaQu’est-ce qui t’inspires pour écrire et composer ?

Sur l’EP, j’aborde des thèmes différents. Avec Great Ocean Road, je parle de la région d’où je viens, du bord de l’océan, au Cap Ferret et cette idée de contact avec la nature, cette sensation de liberté, d’évasion. Il y a les expériences avec mes amis comme Ghost by your side sur une amitié qui a vraiment mal tournée.

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Peux-tu m’en dire plus sur Girl on the moon ?
Girl on the moon
c’est l’histoire d’une fille qui nous regarde depuis la lune. Elle a décidé d’aller s’y installer parce qu’elle ne trouve plus sa place sur terre. J’ai créé une sorte de personnage mystérieux, plutôt onirique, totalement imaginaire. Un personnage qui veille sur nous depuis la lune et qui nous rassure.
L’idée m’est venue lorsqu’on était dans la voiture, on revenait d’un concert avec mon équipe. Il faisait nuit noire et au bout de l’autoroute il y avait une espèce de grosse lune. Je n’avais jamais vu la lune d’aussi près.

Comment ça se passe pour toi entre ton début de carrière et tes études ?

Je continue mes études, je suis en terminale littéraire. Je suis l’école de chez moi, c’est plus pratique. C’est important pour moi de continuer à apprendre des choses en parallèle de la musique.

Naya

Tu baignes dans la musique depuis que tu es toute petite. Cela t’a-t-il aussi donné envie d’en faire ?

Oui, c’est sûr, mon environnement familial m’a énormément influencée. Depuis ma naissance, je baigne dans la musique. Ils m’ont fait écouter Radiohead, PJ Harvey, Cat Power… depuis que je suis toute petite, j’ai évolué avec ça.
Ils ne m’ont pas du tout forcé à faire de la musique, c’est vraiment moi qui ai choisi. J’ai commencé le piano à l’âge de 6 ans au conservatoire pendant plusieurs années.
Mes parents ont un groupe avec lequel ils ont énormément tourné en Europe, aux USA et oui ça m’a donné envie de faire la même chose.

Ton dernier coup de cœur musical ?
Eddy de Pretto
et le dernier album de Lorde, Melodrama.

Ton dernier concert ?
Rag’n’Bone Man
au Zénith de Paris

Le duo de tes rêves ?
Y’a beaucoup de gens avec qui j’aimerais collaborer. Dans l’idéal, ce serait cool de faire quelque chose avec Justice.

Si tu ne devais garder qu’une seule chanson de The Beatles ?
C’est trop difficile ! Ma préférée c’est Cry Baby Cry.

Interview by Joan

Naya

Naya
Premier EP disponible Blossom
(Columbia / Sony Music)

CONCERT
le mardi 24 avril au Printemps de Bourges

site officiel : nayamusic.fr

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PENDENTIF : Vertige exhaussé album orgasmique #interview

Notre groupe chouchou, Pendentif, nous revient avec une nouvelle chanteuse, Julia Jean-Baptiste et une inspiration aussi givrée que délicieuse avec l’album Vertige exhaussé.
Interview à deux voix avec Benoit et Mathieu.
#kiff 

Pendentif

INTERVIEW 

UsofParis : Quelle est la question la plus souvent posée au sujet de Vertige Exhaussé ?

Pendentif : Pourquoi avez vous mis autant de temps à sortir votre second album ?

Comment y répondre cette fois de manière totalement originale ?

Au début, on a voulu faire un concept album sur l’oisiveté mais cela demandait trop de boulot, on a préféré faire une pause. 🙂

Plus sérieusement. On a d’abord fait une tournée d’une centaine de dates qui nous à amené partout en France et à l’étranger : Angleterre, Chine, Russie, Canada. Notre première chanteuse Cindy nous a quittés pendant cette tournée et c’est Julia qui l’a remplacé. Cette fin de tournée nous a permis de mieux  connaitre Julia musicalement et de passer du temps ensemble. C’était parfait pour commencer ce second album. Benoit qui écrit les chansons est parti habiter à la montagne ce qui a beaucoup influencé la couleur de Vertige Exhaussé qui est plus bleu, plus froid que le premier.

Qu’est-ce qui n’a pas encore été dit sur l’album et que vous souhaitez nous confier ?

Cet album a été fait pour prendre de la hauteur. On voulait que l’artwork et sa présentation soient vécus comme une expérience dans le paysage.

C’est pourquoi les photos de presse et la pochette ont été réalisées lors d’une randonnée sur un glacier dans les alpes. Et nous avons fait une présentation de deux morceaux de l’album à bord d’un ULM au-dessus des nuages.

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Une punchline d’enfer pour donner envie d’écouter ce nouvel album ?

Ce disque est comme un orgasme qui n’en finirait plus de monter.

Focus sur le titre Armes Égales que j’aime beaucoup. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Ce titre fait parti des premières démos qu’on a faites pour ce nouvel album.
On l’a ensuite délaissé, et finalement c’est Thomas Brière le réalisateur de l’album  qui a relancé le titre  en divisant le BPM par deux pour en faire quelque chose de plus planant.
Les paroles racontent les déboires amoureux d’un des membres du groupe, mais on ne dira pas qui. 🙂

J’aime aussi Saphir. Un secret / une anecdote de fabrication ?

Là où vit Benoit dans les Pyrénées, il y a des séismes.
Il y avait l’idée de considérer les replis des montagnes, les vallées comme les micros sillons d’un vinyle. Un paysage qui fait vibrer des émotions en nous comme cette chanson.
Pour ce morceau, Mathieu a fait une prise de guitare direct dans la carte son, et la première fut la bonne, on n’a jamais réussi à retrouver le même son par la suite.

Le dernier choc musical ?

Pas de choc mais plein de bonnes ondes comme King Krule, Washed Out, Rhye, Myd, Muddy Monk, CCFX, Boy Pablo. Il y a tellement de bonnes choses qui sortent en ce moment…

Une leçon à tirer de votre belle tournée qui est passée par la Chine ?

La Chine est un pays où les libertés sont très cadrés, on nous a coupé le son 2 fois car notre concert dépassé de 5mn le temps alloué par les autorités.
Attention en Chine les festivals se termine à 21h. Du coup le public se déchaine le plus qu’il peut.
Ils sont très chaleureux, c’est la 1ère fois où le public nous demandait de faire des autographes sur leurs vestes en jean.
On a aussi redécouvert que l’on mange vraiment bien en France 🙂

La chose la plus folle que vous ayez faite ou que vous aimeriez faire sur scène ?

On aimerait passer  en rase motte au-dessus du public en ULM, sauter en vol pour un slam d’anthologie.

La plus belle chanson d’amour ?

Initials BB.

Le plus beau concert de votre vie ? Un des vôtres ou d’un autre artiste.

Le dernier concert de Philippe Katerine. 
Et le chant des oiseaux tous les matins.

Un mantra pour votre vie ou votre carrière musicale ?

« Il faut prendre le temps de prendre son temps »
Alexandre le Bienheureux.

Interview by Alexandre

Pendentif

PENDENTIF

Nouvel album : Vertige Exhaussé
(Le Label – Pias) 

CONCERT à Paris  

le 8 mars, à La Maroquinerie (Pias Nites) – concert sold out
et le 16 octobre, La Maroquinerie

en tournée :
7 mars – Lyon
9 mars – Strasbourg
10 mars – Bruxelles
21 mars – Rennes
22 mars – Tourcoinq

4 mai – Saint-Jean-de-Védas
27 juillet – Châlons-en-Champagne (Festival Musiques d’Icit et d’Ailleurs)

Page FB officielle : Pendentif

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