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Cyril Mokaiesh : une chanson, c’est un petit volcan ! #Interview festivals d’été

Cyril Mokaiesh a la poésie qui fait sens dans ce contexte particulier de secousses politiques, d’incertitudes, de rêves empêchés, gâchés. Avec son nouvel album Clôture, il nous encourage à nous débattre, à savourer, à crier notre liberté.
La loi du marché en duo avec Bernard Lavilliers est un regard porté poignant et efficace sur le monde qui se dérobe tout autour de nous.
Dans ces temps troubles, l’attachement à la musique est plus fort que tout, un vrai réconfort, que ce soit pour nous, que ce soit pour un artiste. D’ailleurs, C
yril redevient collectionneur de vinyles depuis qu’il a reçu une platine disque à Noël et son album préféré de Bashung, Fantaisie Militaire.

Il sera à l’affiche de 3 festivals cet été : Les Francos de la Rochelle, le Paléo Festival et les Nuits de Fourvière à Lyon !

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INTERVIEW

Selfie original pour UsofParis

UsofParis : Trois duos dans cet album. C’est pour partager un moment privilégié avec un artiste ou lui faire dire des mots qu’il n’a pas l’habitude de dire ?
Cyril : C’est un peu des deux. 🙂
Je n’avais jamais fait de duos. Je suis donc crédible en disant que je ne cours pas après cet exercice. Mais parfois, il y en a qui peuvent s’imposer dans un disque. C’était cohérent de chanter La loi du marché avec Bernard Lavilliers, un artiste avec lequel je peux revendiquer une espèce d’héritage. Je l’ai beaucoup écouté et je me fais encore cueillir par certaines chansons un peu confidentielles, d’une époque un peu révolue.
J’aime bien quand on prend la plume pour parler d’actualité de se mettre à deux pour le chanter. Ça peut avoir une résonance supplémentaire.
Le duo met de l’air aussi dans un album. Élodie Frégé amène une lumière. Je savais qu’il fallait une voix de femme. Il y a quelque chose qui plane dans ce titre. C’était naturel de faire appel à elle, parce que ça fait un moment qu’on se suit, qu’on s’aime, qu’on partage de la musique ensemble.
J’ai aussi pensé à Mélanie Doutey, mais la chanson n’est pas sur le disque.

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Houleux avec Élodie Frégé est un très beau titre, comment l’as-tu conçu ?
Je l’ai écrit en pensant que j’allais le chanter tout seul. Et c’est en studio que j’ai pensé à elle.
C’est une des dernières chansons que j’ai écrites. Je voulais essayer de faire une chanson un tout petit plus fraîche même si je n’ai pas pu m’empêcher de parler de l’époque.
Ce mot houleux caractérise bien ce que l’on vit. Et il est peu utilisé.

C’est audacieux comme titre !
Je revenais d’Ostende aussi. Peut-être qu’à force de prendre du vent dans la gueule, ce mot est resté. ! 🙂

Il se passe de belles choses dans ces collaborations ? Ou c’est trop court pour en profiter ?
Il y a eu une petite correspondance par mail avec Stéphane Brizé, le réalisateur du clip La loi du marché, avant que l’on se rencontre. On avait la pudeur de se donner des nouvelles sans trop se dire que l’on aimerait bien faire quelque chose ensemble. J’ai aimé l’élégance de cet échange. Je me souviens du moment où je lui ai demandé de réaliser mon clip, il a dit oui. Je me suis dit : quelle chance !

L’écriture au fil des années est plus facile ?
J’aurais tendance à dire oui. Parce que j’ai commencé tard, et j’étais autodidacte. Parce qu’au début, je voulais mettre toute la poésie, la philosophie, la politique que je connaissais, dans une chanson. Ça passait en force.
Aujourd’hui, je m’autorise à penser qu’une chanson est une photo d’un moment qui dure 3 minutes, dans lequel on a le droit de se gourer, d’être maladroit. Une chanson c’est un petit volcan.
J’essaie d’écrire le plus possible et avec un peu plus de confiance qu’avant.

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J’ai lu sur un site : « J’aime cet album, bien sûr, même s’il est très dur. »
Je suis conscient que c’est un disque sombre, qui ne mâche pas ses mots sur l’Europe, les hommes politiques, la confiance en l’avenir. Aujourd’hui, je suis très sceptique. J’ai l’impression d’avoir été trahi par un candidat à qui j’ai donné ma voix.
J’évoque mes doutes avec cet album.
J’ai lu un article dans Libé qui disait : « ça parle de l’époque et d’amour, les deux ne sont pas très en forme. » Et c’est vrai.
Je l’aime cet album car il n’a jamais été aussi vrai. Je ne pas être plus nu dans un disque, même s’il est âpre.

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L’amour, c’est toujours l’espoir ?
Oui. C’est ce que l’on a inventé de mieux. Il n’y a pas de chanson qui ne soit pas d’amour. On peut parler de politique avec amour.
Quand on est romantique, on a envie que ça brûle sans cesse, que ça vibre.
Écrire, c’est poser des mots sur ce qu’on rate et sur ce qu’on aimerait réussir.

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Quelle était ton intention avec le titre Clôture ?
On ne la connaît jamais avant de faire une chanson. C’est l’histoire d’un mec qui se balade dans Paris, avec les heures de la nuit, il fatigue un peu et fait le bilan de sa propre vie.
Il y a un lien avec le contexte actuel. Ça démarre sur l’Europe et ça finit par son fils. Il y a un côté à la fois désabusé et ironique car il est un peu bras cassé ce mec, mais il peut dire toutes les vérités du monde.

Quel est ton rapport aux réseaux sociaux ?
On se renifle un peu. On se regarde de loin, parfois on se rapproche un peu. Mais on ne passe pas nos journées ensemble.
C’est indispensable d’avoir une page Facebook pour un artiste. Et je m’aperçois que ça pourrait être un jour un outil si je n’ai plus de label. Si je décidais que j’avais suffisamment de personnes qui me suivent, que je ferai uniquement la promo avec. C’est peut-être l’avenir des labels.
Je le fais volontiers mais je ne suis pas très à l’aise.

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by Alexandre

Cyril Mokaiesh
nouvel album Clôture
(Un Plan Simple / Sony Music)

CONCERTS

14 juillet – Francos de la Rochelle
20 juillet – Paléo Festival / Nyon
26 juillet – Nuits de Fourvière / Lyon

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Bessa en interview : on a parlé De l’homme à l’animal, Mexique et gym

Bessa nous a bercés avec un Héloïse, un EP magnétique, élégant. A la veille de la sortie de son premier album, De l’homme à l’animal, cette autodidacte du dessin et de la musique (« je ne connais pas les notes que je joue« ) nous dévoile quelques clés pour la découvrir. 
Celle pour qui « le chaos et l’art se mélangent si bien » a tous les talents.

INTERVIEW SELFIE

 UsofParis : Te souviens-tu de la première fois que tu as chanté devant quelqu’un ?
Bessa : Au début, j’avais beaucoup de mal à chanter devant mes proches. Je préférais faire une scène devant des inconnus. Je pense que c’était dans mon jardin, devant mon chien. 🙂 Car c’est un auditeur incroyablement attentif et tolérant. Et il attend la fin du concert avant d’aboyer, un peu comme les Japonais qui applaudissent le concert fini.
Rien que pour ça, j’ai envie de jouer là-bas. Ça permet de raconter une histoire de A à Z, sans être interrompue ni interférée par des énergies. C’est assez fou !
Ta première émotion scénique ?
Je ne me suis jamais posé la question de légitimité : si la scène était une place ou pas pour moi. Le plaisir étant tellement intense que je n’y pense pas.
Quand je suis arrivée à Paris, j’allais dans pleins de jams et je lâchais le lion qui était en moi. J’allais faire des jams punk. Être sur scène, sans nom, inconnue, c’était grisant !
Je faisais des impros, je prenais le journal et j’essayais de construire autour, avec une répétition de mots.
En revanche, j’ai mis du temps après à retrouver cette fougue, cette liberté et émotion, avec mes propres textes, cette matière qui venait de moi. J’ai dû me détacher de ce que j’avais écrit pour exprimer le moment présent.
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La chanson La fin du règne m’a accroché. Quand l’as-tu écrit e?
Je l’ai écrite il y 4 ans environ, au Mexique, sur la Côte du Yucatan. Elle a eu plein de versions. Elle a été remodelée.
Je l’ai écrite en rentrant d’une séance photo (je travaillais et voyageais en même temps). Il y avait plein d’Américains dans mon hôtel et c’était la période de ponte des tortues. Les touristes les prenaient en photo, les empêchant de pondre sur cette plage. Et ça a été très violent, je me suis dit : »on est si laid que ça ? Faire une photo sans se soucier de l’impact sur ce qui nous entoure. » Je suis rentrée dans ma chambre et j’ai commencé à écrire. Ce qui me choquait aussi  c’était aussi les inégalités sociales.
Quelle est l’histoire du titre Exode ?
Je l’ai écrite en référence à ma grand-mère qui était pied noir. Elle nous racontait son histoire, son départ.
J’imaginais une population qui marchait sans savoir vraiment où poser ses valises. Pendant cette longue marche, lente, il y a plein de questions qui viennent. C’est une sorte de danse.
Et l’on trouve des clés en marchant. En tout cas, c’est ce que je fais. Ça me vide la tête.
As-tu besoin de t’isoler pour composer ?
Je n’ai jamais un thème quand j’écris. En général, j’ai toujours une espèce de premier jet qui arrive de manière volcanique. Une sorte de frénésie de mots qui sort. Je suis mes doigts qui au final écrivent tout ce que j’ai envie de dire, en mieux ! 🙂 Ils sont toujours très justes et sont en corrélation parfaite avec mon émotion du moment. Je pense que la raison est un frein. Alors que ton corps va s’exprimer sans limite.
Du coup, je me pose, j’écris des phrases et ensuite je sors mon couteau et j’élague. Et ça sculpte quelque chose de très vrai.
Que t’a apporté la pratique du sport pour ta carrière de chanteuse ?
Je ne sais pas si je suis rigoureuse mais je suis coriace. Je suis très endurante. J’ai beaucoup couru. Un été, je courrais 1h30 tous les soirs mais il a fallu que je m’arrête. Je continue de faire du sport car il y a quelque chose de méditatif comme dans la musique. Et dans la musique, c’est aussi un travail du corps.
La gym est un travail de répétition, avec une conscience de l’espace que prend ton corps.
Et ton corps est à l’aise sur scène ?
J’apprends à lui redonner une direction, car je suis devenue un chamallow à force de me désarticuler aImage de prévisualisation YouTubevec la gym. 🙂
Aux Francofolies, Bénédicte Le Lay, la coach corporelle m’a appris que je pouvais avec un simple mouvement de phalange exprimer quelque chose. J’ai appris à penser petit avec mon corps.

Car sur scène, en pleine lumière, une posture peut dégager une énergie folle. On noie le poisson à faire trop de mouvements. 🙂

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Une chanson pour pleurer ?
Ça fait longtemps que je n’ai pas pleuré sur une chanson. J’ai beaucoup aimé Rodrigo Amarante qui a pu m’émouvoir, mais pas pleurer. 😉
Une chanson pour s’évader, quitter Paris ?
J’écoute beaucoup Brian Eno en ce moment. La dernière fois, j’ai mis Music for Airports sur un documentaire de Netflix sur les méduses. Et c’était incroyable. Je suis restée scotchée toute la soirée en regardant ces méduses évoluer sur les notes de piano. La musique du doc n’était pas au top. Le concept l’aurait médusé.
Un mantra, une philosophie pour t’aider à vivre?
Je lis et relis et je pense que je le relierai toute ma vie : Autobiographie d’un yogi de Yogananda.
Le premier yogi à aller aux Etats-Unis et à monter un centre à Los Angeles, au Mount Washington. Chaque mot c’est de l’amour en barre. C’est tellement beau que tu ne peux qu’aimer la vie.
Interview by Alexandre

Bessa

premier album De l’homme à l’animal
(Low wood / Elektra France)
Sortie le 9 juin 2017
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AUSTRA en interview : on a parlé Future Politics, États-Unis, Montréal

« C’est toujours une joie de revenir à Paris » pour Katie Stelmanis, la leader du groupe Austra. A l’occasion de son concert au Trianon dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent, elle nous évoque son fascinant nouvel album Future Politics, sa relation avec les États-Unis, Montréal et surtout ce qu’elle attend de ses fans français !

INTERVIEW

 

UsofParis : Tu as débuté ta tournée aux États-Unis, comment
Katie Stelmanis : Notre live est une combinaison de nos trois albums. Il y a des moments très intimes, notamment avec les nouvelles chansons. Et on a remixé certains anciens titres pour les rendre encore plus dansant.
Je dirais que le public est plus passionné par le sens des chansons qu’en Europe. C’est surtout parce que l’on a débuté la tournée juste après l’élection de Trump. Les gens s’identifient vraiment au concept de « Future Politics« .

Comme David Bowie, es-tu « Afraid of America » ?
Je suis effrayée par certains côtés des États-Unis. Quand on s’arrête en plein milieu de nulle part avec notre tour bus, on se dit : »Fermez les portes ! » 🙂 Je pense toujours au fait qu’il y a des armes là-bas.

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Qui est ton ange pour ce nouvel album ?
Alice qui l’a mixé ! On travaille ensemble depuis de nombreuses années ensemble.
C’était un peu un processus de création DIY (Do it yourself) : mix et production. Personne ne l’avait fait avant sans une aide extérieure.
Alice n’avait jamais mixé d’album avant. Du coup, j’ai été obligé de m’impliquer plus aussi dans cette partie.

We are alive est une de mes titres préférés.
C’est l’une de toutes premières chansons écrites pour cet album. J’ai passé des stades où je l’ai aussi bien aimée puis détestée. On l’a joué sur scène avant et je sortais du concert, en disant : « je veux la virer ! » 🙂 Et après je disais l’inverse.
J’ai eu cette réaction parce que ce n’est pas une chanson « habituelle » d’Austra. Elle est plus simple, basique, strip down. C’était donc un peu inconfortable parce qu’aussi très vocal.
Pour moi, cette chanson est plus une conversation, ce n’est plus une ballade. Je parle aux gens. Je dois donc être investie de ce que je dis.

J’aime aussi beaucoup I love you more than you love yourself.
C’est aimer une personne qui est dépressive. C’est très simple en fait comme sentiment. Et en même temps très difficile, de faire s’aimer une personne.

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Quelle est l’histoire de la vidéo I love you more than you love yourself ?
L’idée du clip est basée sur l’astronaute, Lisa Nowak. Elle était la sensation aux États-Unis après son premier voyage dans l’espace. Et elle a eu un break-down. Elle était amoureuse d’un homme qui avait une autre femme dans sa vie.
Elle a essayé de le conquérir d’évincer s petite-amie. Elle avait tout un tas d’accessoires comme un pistolet et a traversé les Etats-Unis pour la kidnapper. Elle a été arrêtée et le mot qui lui était associé quand on cherchait sur internet était : lunatique.
On s’est servi de cette histoire, car les gens se sont acharnés sur elle, sans lui accorder justice. Il n’y a pas eu de jugement sur son état psychique et tout le stress qu’elle a pu ressentir en se préparer à son voyage dans l’espace. Avec cette vidéo, nous voulions apporter un point de vue compassionnel à son histoire.

Que pouvons-nous faire pour sauver l’humanité ?
Waouh ! Grande question. Je n’ai pas la réponse. 🙂
Mais ce que j’essaie de faire avec cet album c’est encourager les gens à penser différemment et à challenger les idées, à vérifier beaucoup plus les informations que ce que l’on fait.
Penser plus grand. Le changement doit être global et pas seulement local « être locavore », par exemple.

As-tu un mantra pour mieux vivre ?
Je n’ai pas une façon poétique de le dire, mais ce qui est le plus important pour moi est de toujours de déstresser.
Être libérée du stress te rend capable de créer. Ce métier peut être très stressant. Beaucoup de mauvaises choses peuvent arriver, de critiques, mais il faut arriver à prendre la distance.
C’est la chose la plus importante de ma vie.

As-tu une bonne raison d’écouter Future Politics ?
Je n’avais pas anticipé quel serait l’ambiance au moment de la sortie de l’album. Je suis pessimiste quant à la politique actuelle et maintenant j’ai des chansons tristes sur la politique.

Quand sais-tu que tu as écrit une bonne chanson ?
Je n’ai pas la moindre idée. Pour moi, c’est une question de longévité. J’écris une chanson, je vois combien de temps je peux l’écouter.
Mais je travaille avec beaucoup de monde : mes musiciens, mon équipe en tournée, les gens de la maison de disque. J’ai donc beaucoup de conseils.
Et la meilleure des choses est de la jouer en live. Ne serait-ce que la répéter avec le groupe est une étape cruciale. Quand tu es chez toi, seule, c’est impossible à dire.

Une histoire marrante qui te serait arrivée à Paris ?
La dernière fois que je suis venue à Paris, j’avais un date. Et j’ai eu l’idée d’un moment romantique au Sacré Cœur avec une bouteille de vin. Je n’avais pas anticipé le fait qu’il y ait des centaines d’autres personnes qui avaient la même idée que moi.


As-tu fait une cure de français à Montréal ?
J’ai tenté d’apprendre à parler français. Je suis resté dans le quartier pendant un an. Et après je suis partie à Mexico et j’ai appris l’espagnol. Et du coup, je confonds les deux langues tout le temps.
J’ai un meilleur accent espagnol que français, en tout cas.
Montréal est unique au monde. Comme Berlin. C’est une ville allemande bien sûr, mais tellement différente de toutes les autres. Il y a beaucoup de gens qui y habitent qui ne parlent pas allemand, comme Montréal. Il n’est pas nécessaire de parler français pour y habiter.

Une belle adresse à nous conseiller à Montréal ?
Oui, un spot pour le petit-déjeuner que j’adore : Byblos Café.
C’est la première adresse où je vais quand je retourne à Montréal. C’est beau, apaisant et la nourriture est bonne.

Un message pour tes fans français ?
Continuez à être toujours plus excités et débridés que les berlinois.
Ces temps, le public berlinois est vraiment ennuyant. J’ai beaucoup d’attente avec le public français, qu’il soit toujours aussi fou.

Interview by Alexandre


AUSTRA
nouvel album Future Politics
(Domino Records)

Concert en France :
le 23 juin au festival Rock in Evreux

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Carmen Maria Vega en interview : on a parlé Santa Maria, Lana Del Rey et Chilla

C’est une Carmen Maria Vega « émue » que nous avons rencontrée au Printemps de Bourges, dans le cadre de Rock in Loft dont elle était marraine. Chanter dans une chapelle n’était pas une première. Elle avait partagé un concert avec Mathias Malzieu aux Francos de la Rochelle. On a parlé de son dernier et bel album Santa Maria, Lana Del Rey, Mistinguett, VALD. Une rencontre passionnante avec une artiste déraisonnable à souhait.

INTERVIEW SELFIE

selfie exclu UsofParis
UsofParis : Pourquoi avoir accepté cette invitation de Rock in Loft ?
Carmen Maria Vega : J’aime ce concept de faire des concerts rock dans des lieux insolites et dévoiler l’adresse que la veille pour créer la curiosité et l’envie. J’aime encourager les jeunes talents. Je connaissais Catfish. J’aime Mini-vague, c’est charmant !
 
Qu’a-t-il de plus Mathias Malzieu pour faire partie de ton album Santa Maria ?
D’abord, c’est un ami ! Ça justifie beaucoup de choses. Mais c’est pas parce que l’on a des amis qu’on les invite !  😉 Certains, on les aime mais de loin. Y’a plein de choses en Mathias qui me passionnent et me donnent plein d’espoir en ce métier. Peu d’artistes sont romancier, musicien, chanteur, cinéaste. Il me fait penser à Boris Vian.
Je voulais parler d’identité dans ce disque, au moment où il était en pleine tourmente personnelle, relevant de son identité aussi avec le changement de son rhésus sanguin – c’est presque de la science-fiction. Je lui avais demandé cette chanson, il y a 5 ans. Il ne m’avait pas encore sondée. Et après moultes copinages, apéros… on a appris à se connaître. Cette histoire l’a touchée.
Et Grand Secret résume le mieux mon histoire personnelle.
 
Ce Grand Secret touche au plus juste pour toi ?
Il y a quelque chose d’universelle avec cette chanson. Mais ce qui est aussi troublant c’est que 4-5 chansons m’ont été offertes par des gens que je ne connaissais pas. Ils ont juste connu le projet du nouvel album.
Santa Maria parle parfaitement de la quête de départ et Baptiste, son auteur, je ne le connaissais pas avant qu’il ne me propose ce titre. J’étais épaté qu’il soit aussi juste.
L’identité ce n’est pas que l’endroit où l’on naît, c’est aussi ce que l’on construit dans sa vie personnelle, l’amour, les rencontres…

Le mot reconstruire est très juste.

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Cette quête d’identité était-elle quand même légère ?
Ce n’est pas un album thérapeutique. Je n’aurais pas pu sortir en pleurs du studio toutes les 5 minutes.
Il commence avec Santa Maria qui est très lumineux, parlant du voyage. Et ensuite, on enchaîne sur la vérité. Il y a des chansons dures comme Amériques Latrines ou La fille de feu, une confession. Puis ça s’ouvre sur Tout ce qui est se finit en ine qui est plus brutal et punk, garage, sur les addictions. On parcourt ce qu’est l’identité en mon sens dans tout l’album. Et puis, dans les ténèbres, il y a toujours de lumière.

L’ambiance de ton concert au Divan du Monde était totalement débridée !

Je rêverais de pouvoir transporter tout ce que nous avions au Divan en tournée. Ava la Dame en Verte en première partie était un rêve et Maria Dolorès en maîtresse de cérémonie ! La scénographie est en revanche la même en tournée. C’est du chant, de la danse, de la comédie. Ce n’est pas vraiment un concert au sens classique.

Les premiers retours sur ton album sont à la hauteur de tes attentes ?
Ils sont dithyrambiques ! 🙂 Sérieusement, je suis attachée à cet album, je suis ravie. Les gens sont surpris. Et pendant le live, il y a un gros charbon mais je rassure que l’on va le polir et que ça se passera bien. Ce qui me touche dans les retours, c’est la thématique du beau. J’avais demandé à Kim que les chansons soient belles, malgré les arrangements minimalistes – ce qui était volontaire.

Je suis assez passionnée par des personnages forts des années 70 comme Pink Floyd, Freddy Mercury, David Bowie, Klaus Nomie mais aussi Lana Del Rey sur l’album Honeymoon où il y a quasiment rien. Genre : « ma dépression, je suis belle... » Je trouve que c’est son meilleur !

Y’a quoi de Lana Del Rey en toi ?
Cette passion du rien. C’est un truc d’artiste contemporain !
Avec pas grand-chose, en étant juste chargée, les émotions passent.

Beaucoup de sensualité assumée. J’en profite car un jour le collagène va se barrer. 🙂

Tu arrives à garder une émotion intacte ?

Quand ça se barre, ça se voit.

Que t’a apporté l’aventure Mistinguett dans ta pratique du chant ?
Plein de choses ! J’ai refait de la danse professionnellement ce qui me manquait, car il faut du temps pour danser. Revenir au théâtre, c’est ma formation initiale. Y’avait une promesse tenue de comédie. Et en termes de chant, j’avais un coach vocal toutes les semaines. Ce qui aide à prendre confiance en soi.

Je suis beaucoup plus en paix maintenant. Ça s’entend dans ce disque. Je n’ai plus peur d’aller tâter mes aiguës que j’avais laissé sommeiller par crainte.

Un message d’un de tes fans, followers qui t’a touché ?
Ce qui me touche le plus, c’est que certains qui n’ont pas vécu l’adoption ou découverte de la vérité tardivement… sont bouleversés sans pouvoir dire pourquoi. Ils me disent : »j’écoute cette chanson et je ne sais pas pourquoi, mais j’ai la chiale ! »

Santa Maria fait beaucoup d’effet. Il y a aussi « J’ai tout aimé de toi » de Zaza Fournier qui parle d’identité sexuelle, de transsexualité.

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L’aventure Garçons avec Zaza Fournier a été épanouissante ?
Il n’y a rien de plus passionnant que de jouer sur les genres. On a tous ça en nous. A quel moment emporte le masculin ou le féminin sur nous ? Est-ce important ? Ça ne dérange au fond quelques cons et bien-pensants ou quelques c… de la Manif pour tous. 🙂
Ce qui était intéressant c’était de chanter des textes d’hommes sur des femmes. Et des hommes rustres qui avaient une certaine manière d’aborder l’amour. Ce qui était drôle c’était de faire sien un texte pareil, en assumant cette période.

Pareil pour Mistinguett, quand son amoureux lui donnait des coups et qu’elle revenait. J’ai eu des messages fous : « Comment peut-on chanter et mettre en avant la violence conjugale ? » Fallait juste remettre dans son contexte la vie de Mistinguett, les mœurs et mentalités des années 20…

Un coup de cœur musical récent ?
Mathilde Fernandez. Tu vas me dire : « vous êtes très obsédée par la mort, madame ! » Elle a un truc morbide. Il faut regarder son Instagram, passionnant : elle a des photos de sang.
Elle a une voix lyrique, dingue avec un physique très enfantin et très sexy. Un peu dérangeant comme l’actrice du film American Beauty.
J’ai aussi rencontré un jeune talent dans une émission radio : Chilla. Je l’ai écoutée et vue en live. Elle a 22 ans et elle a une maturité dans son écriture, étonnante. Elle est d’une beauté !

Ça donne de l’espoir au niveau du rap. Je ne sais pas ce que je déteste le plus entre PNL et Jul. Mais je suis devenue hystérique de VALD, c’est un génie ! Il est drôle et a une écriture animale.

 Que représente le Printemps de Bourges pour toi ?

Ce festival a été très important dans ma carrière, en 2007. On est passé d’abord dans le off, en retournant Bourges à chaque concert. On a pourri la ville avec des affiches. Ceux qui ne voulaient pas nous connaître, ils étaient obligés de nous voir.
C’est de bons souvenirs. On est passé ensuite au In (Phoenix, avant le W).

Un mantra qui t’aide dans la vie ?

J’essaie de faire du sport, de courir. La danse ! Le corps doit être dans l’action pour aller bien.

Interview by Alexandre

CARMEN MARIA VEGA

nouvel album, Santa Maria
(Label Athome)

en concert :
1er juillet – Le Réacteur – Issy Les Moulineaux
8 juillet – Parc du Château du Domaine A. Bichot – Nuits Saint Georges
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Nord en interview : on a parlé Grand Turn Over, concert & Elle voudrait

Depuis le Point FMR où nous l’avions rencontré, Xavier Feugray alias NORD a foulé les scènes des Francofolies de la Rochelle, du Granby au Canada, reçu le Prix Félix-Leclerc « une belle surprise » et a signé avec Columbia pour son premier album qui sortira à la rentrée.
En attendant, on savoure comme des fous son single Elle voudrait (avez-vous vu les graffs au sol de Paris à Rouen ?) et nous nous impatientons pour son concert aux Etoiles, à Paris, le 14 juin. 

INTERVIEW SELFIE

selfie original pour UsofParis !

UsofParis : Une émotion forte depuis notre dernière rencontre ?
Xavier : Les Francofolies de la Rochelle ! On jouait au Théâtre Verdière en plein après-midi et dès le premier morceau, il s’est passé un truc dans la salle. Il y avait plein de monde. Le public était déjà à fond avec L’Amour s’en va. Je n’en revenais pas. Une belle émotion.
Jouer aussi devant 10 000 personnes, à Granby, au Canada, c’était trippant !

Tu acquières de l’assurance à force de tourner ?
Non pas du tout 🙂
Je suis toujours en train de me remettre en question. C’est pénible !

Personne ne te rassure ?
J’ai toujours ce doute. Il va falloir que je vive avec et que je m’adapte.
C’est sûrement ce qui me fait avancer.

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Qui est « elle » de ton titre Elle voudrait ?
Une femme qui a envie de vivre autrement, de s’évader de son quotidien qui n’est pas forcément glamour.

« Elle » existe ?
Elle peut exister. Je l’ai peut-être rencontrée via des témoignages. Et j’ai fait une chanson à partir de bribes entendues. J’ai un peu inventé. 😉

Elle a quand âge ?
Une petite trentaine passée. Mais elle est très jeune dans sa tête. 🙂

Quand l’as-tu écrite ?
Au tout début de l’aventure Nord. Elle a évolué avec le temps.
Elle s’est dessinée pendant ces deux ans. J’ai tenté de trouver un bel écrin à cette chanson.
J’ai refait toutes les prods avec Thierry Minaud qui m’accompagne aussi sur scène. Je lui ai confié la réalisation du disque.
Il a remis des synthés au titre. Sinon, elle aurait été plus folk.

Le clip a été tourné en Normandie ?
A Cherbourg. On avait envie avec Erwin et Camille, les réalisateurs, d’un décor qui fasse penser à l’Irlande. Que l’on n’est pas l’habitude de voir ces côtes-là.
Il y a un côté sauvage à Cherbourg, avec l’idée de fuguer, d’aller ailleurs. Une très bonne idée de leur part.

Tu me disais avoir une tendance au noir, à une certaine chanson française sombre. Va-t-il y avoir plus de lumière dans l’album ?
J’avais pas mal de titres plus lumineux, comme Elle voudrait.
Avec le premier EP, j’étais dans quelque chose de plus intime. Je parlais de moi, de mes petits malheurs.
Et là, j’ai envie d’élargir. Que ce soit le Grand Turn Over (titre de l’album), des émotions et des sentiments qui te traversent et te chamboulent… C’est « ma petite entreprise« .

Il y aura moins de « je » dans cet album ?
Oui. J’ai tenté d’écrire autrement après l’EP, à partir d’Elle voudrait. Il y a une autre chanson qui parle de l’autre « Tu n’as pas changé« ..
Je prépare l’album, j’ai quelques titres à terminer. J’ai encore un mois pour me décider s’ils feront ou pas partie de l’album. 95% des titres sont enregistrés. J’ai posé des voix témoin sur certaines chansons, je vais les réenregistrer. J’ai encore un peu de boulot.

Comment écris-tu ?
J’aime bien écrire isolé. J’ai besoin de moment de concentration, de doute Les chansons viennent, en fait, du doute. Tu remets en cause pas mal de choses et tu poses ce qui te fait avancer, ce qui te fait réfléchir, réagir.
Je pars souvent d’un constat pour écrire. J’aime me mettre des frissons tout seul.

Quand sais-tu que la chanson est bonne ?
Quand tu as le premier frisson justement, tu sais que tu tiens quelque chose. Mais après, c’est parfois dans l’habillage que tu peux te prendre la tête.
Tu peux vouloir mettre une chemise, alors que tu préfères être en t-shirt. Et c’est difficile car le temps est changeant.

Avec qui collabores-tu ?
Thierry Minaud et Ludwig, guitariste, bassiste, claviers. Il est venu nous filer un coup de main sur les guitares électriques.
Et une copine qui est venue pour les cuivres.

Tu es prêt à rencontrer ton public ? A la plein lumière ? 
Un album fait en huis clos. J’aime travailler dans le secret aussi.
J’ai envie de connaître la lumière. J’aimerais que ça aille plus vite. Je suis impatient parce que je commence à vieillir.
Mais « On n’est jamais vieux quand on a le cœur ardent » comme le dit Clark Gable dans le film The Misfits.

Interview by Alexandre

NORD
single Elle voudrait
(Columbia)

Grand Turn Over, premier album
Sortie prévue à la rentrée

CONCERT
le 14 juin @ Les Etoiles Paris 

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Sônge en interview : on a parlé Debussy, contes et synestésie

Sônge fait partie de ces filles qui la jouent en solo pour créer et performer sur scène, comme Christine and The Queens ou Jain. Ces deux références n’en sont pas forcément pour cette fille au sourire inaltérable – et bien qu’elle trouve géniale leur évolution à chacune. Découverte aux Transmusicales, nous la retrouvons aux Inouïs 2017 du Printemps de Bourges pour un face-à-face sans filtre avant qu’elle file au festival Days Off et aux Vieilles Charrues.

SELFIE-INTERVIEW

UsofParis : Quand tu entres sur scène, on n’a pas l’impression que tu es une jeune femme adorable. Tu apparais mystérieuse.
Sônge : Je ne suis pas gentille ! 🙂
Quand j’arrive, je suis éblouie, je ne vois personne. Je suis dans ma bulle.
Pour l’anecdote, j’ai du mal à dormir et j’ai consulté plusieurs spécialistes. L’un d’entre eux m’a conseillé les lunettes de luminothérapie. Je les mets le matin, ça soulage le cerveau : c’est bon pour le stress, le moral et le sommeil. Du coup, je les ai gardées pour le spectacle.

As-tu le trac avant d’entrée sur scène ?
J’ai surtout le trac un mois avant le concert. Je stresse, du coup je me mets au point. Et comme j’ai réglé les choses bien avant,  j’arrive en meilleure confiance qu’un mois avant.

Ta tenue de scène, tu l’as prévoie un mois avant aussi ?
C’est en constante évolution. Jeanne Friot m’a confectionné ce bombers iridescent.
J’ai eu plusieurs retours. Comme à la Gaité Lyrique, on m’a dit : « c’est poétique, on dirait que tu marches sur des feuilles, à l’automne ». J’ai aussi eu : »la pluie qui ruisselle dans les rues de Paris. » J’ai beaucoup aimé. Les gens sont partis dans un trip.

Mon ingé son n’a pas du tout dit ça. Il a transpiré. C’est le piment du live ! 🙂

As-tu le temps d’écrire en pleine tournée ?
Entre les concerts, je fais des compos. Mais ça va très vite..
Et je ne peux pas créer si je ne vis pas. Je ne peux pas m’enfermer 2 semaines couper du monde avec mon ordi et synthés. Ce que tu vis se stocke quelque part, dans ton patrimoine. Et ça peut ressortir 5 après.
Quand j’ai vécu à Amsterdam, pendant un an, j’ai vraiment vécu et rencontré des gens de ouf. Mais je n’ai rien créé. J’ai créé quelques sons. Et j’ai eu ensuite des remontées, mais bien plus tard. Je me laisse nourrir.
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Quand tu crées un titre, tu commences par la musique ou le texte ? 
C’est toujours la musique qui arrive en premier. Je commence par une trame harmonique. J’entends ensuite des couleurs (Colorblind), c’est le propre de la synesthésie.
Ensuite, je travaille comme un dessin, une peinture, avec les contrastes.

 

Qu’est-ce qui t’inspire ?
Je lis pas mal de contes. Enfin, je m’arrange pour que l’on me les lise, parce que je n’aime pas lire. 🙂
J’ai beaucoup de contes de Mongolie, Ethiopie, du Maghreb. C’est super inspirant.
J’aime les bêtes magiques, les forêts, les pleines lunes. Un de mes titres s’appelle Phacochère, ça évoque des phacochères magiques dans des savanes.
J’aime aussi les films de science-fiction magique, pas machine, robots.
Les rencontres.
Les oeuvres de tout sorte. Par exemple, I come from pain a été influencé par Claire de Lune de Debussy. Je suis partie d’une progression harmonique que j’aimais trop. J’ai tenté de la refaire avec mon synthé, en changeant des trucs. Et ça en a fait mon morceau. Bien sûr, ça n’a plus rien à avoir mais je connais le parcours.
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La prochaine étape c’est de jouer sur scène avec des musiciens ?
Non. Je préfère rester toute seule.
Je préfèrerai plus avoir des danseurs que des musiciens avec moi.
Je me sens super libre et je veux garder ça.
Mon projet Sônge me donne de l’air et je ne voudrais pas qu’il devienne complexe avec des contraintes.

C’est instantané aussi. Si je veux faire une répét à 5h du mat, si je dors pas, je suis libre. Même chose, si je voulais faire une résidence à l’étranger.

Quel artiste du Printemps de Bourges te fait battre le coeur ?
Tommy Genesis !

Interview by Alexandre 

Sônge 

EP éponyme
A télécharger ici

CONCERTS  :
04.07.17 / Days Off – Soirée Hexagone #2 / PARIS
avec Jacques, Juliette Armanet, FAIRE et Requin Chagrin
14.07.17 / Les Vieilles Charrues / CARHAIX
28.07.17 / Cabourg Mon Amour / CABOURG

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Inna Modja : interview selfie et rayonnante pour Motel Bamako

Inna Modja marque son retour musical et son retour aux sources avec Motel Bamako. Un album qui invite au voyage dans le pays de la chanteuse : le Mali. On redécouvre l’artiste à travers des textes forts, engagés et une musique qui mélange les genres.
Rencontre avec la nouvelle Inna Modja, qui poursuit sa tournée en France et à l’international.

Le sourire de la chanteuse Inna Modja smile interview pour nouvel album Motel Bamako warner music 2015 photo originale united states of paris blog usofparis

INTERVIEW

UsofParis : Vendredi à la Cigale, j’ai découvert une nouvelle Inna Modja. Hip-hop, rap, world music, électro… La pop c’est fini ?
Inna Modja
: Non, la pop a influencé l’album précédent mais le premier qui était plus acoustique. Je ne sais pas si c’est fini, mais sur cet album j’avais envie de rentrer chez moi au Mali et de retourner là où j’ai commencé avec la langue et le genre aussi. Au Mali, après la musique traditionnelle, le hip-hop est la musique la plus importante et la plus populaire. Naturellement donc, j’en écoute et j’ai commencé à en faire quand j’avais 15 ans. Je ne me suis pas improvisée comme ça, c’est juste quelque chose que je n’avais pas eu l’occasion de faire sur les 2 albums précédents.
Je me dévoile plus sur celui-ci. Avant, je parlais beaucoup des autres, de ce qu’il y avait autour de moi, sur celui-ci je parle de moi, de ma vie, de ma culture donc naturellement c’est un genre qui s’est imposé avec la langue aussi.

Du coup, tu ne chantes pas en français sur l’album, ce sont les personnes avec qui tu es en duo qui l’utilise…
Pas sur celui-ci. Mais c’est parce que j’ai grandi en Afrique anglophone, notamment à Bamako, et je parlais anglais. L’anglais sur l’album n’était pas un choix, ça s’est fait naturellement, de façon cohérente. Peut-être que sur le prochain, il y aura du français à nouveau.

Inna Modja Marco Conti Siki The journey of wingsforfreedom in Bamako wingsforbamako photo Facebook

Tu es donc repartie au Mali pour faire cet album, c’était vital pour toi ?
J’habite en partie à Paris et en partie à Bamako, j’y suis très souvent. Au moment où la guerre a commencé, j’étais en tournée et je n’avais envie que d’une chose c’était de tout plaquer et partir auprès de ma famille pour être avec eux dans ce moment pas facile. Quand j’ai commencé à écrire l’album je suis donc partie, j’ai pris ma valise, je suis rentrée chez mes parents sans décider du moment où je reviendrais. Je me suis imprégnée du Mali encore plus. C’est une autre atmosphère, je peux mieux parler de là-bas quand j’y suis.

Cet album-là est très engagé, c’est important pour toi ?
Sur le précédent, il y avait pas mal de chansons engagées aussi comme EmilySpirit, … J’ai abordé beaucoup de thèmes mais quand on a une chanson qui prend le dessus comme French Cancan, les autres sont moins mises en lumière. French Cancan, c’est une chanson qui m’a tellement porté chance et ça m’a permis de faire un 3e album.
Sur cet album, je parle plus de moi, et je suis quelqu’un d’engagé. Ça fait plusieurs années que je milite contre l’excision, je suis ambassadrice de l’AMREF qui aide à former des sages-femmes en Afrique. Ça fait partie de ma vie et de mon quotidien, et donc forcément cela s’invite dans ma musique. En plus, mon pays est en guerre, je ne pouvais pas ne pas en parler car ça bouleverse tellement de choses dans nos vies.

Tu as co-réalisé le clip de Tombouctou, ton concert est très visuel, avec des vidéos magnifiques du Mali, est-ce toi aussi qui les as tournées ?
Oui, je les ai faites avec Marco Conti Sikic. On avait envie de montrer une Afrique différente. On a tendance à parler des guerres… j’avais envie de montrer quelque chose de plus juste, de plus réel. J’ai utilisé des codes africains comme la récup’, le studio de  Malick Sidibé, etc.
On est dans une période qui est un peu flippante, où l’on ne sait pas qui est l’autre et quelle est sa culture. Et je pense qu’en découvrant des cultures différentes et riches, les gens peuvent être amenés à s’intéresser. J’avais envie de montrer l’Afrique dans laquelle j’ai grandi, sans une vision misérabiliste car on n’est pas misérable !

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Qui sont les femmes qui apparaissent dans le clip de Tombouctou ?
Il y a ma mère, ma grand-mère, ma sœur et sa fille et ma petite-cousine. C’était une expérience familiale. Elles se sont prêtées au jeu car elles croient en ce que je fais et dis. Les engagements que j’ai, je ne les tire pas de nulle part. Mon père est le plus grand féministe que je connaisse, il pense que l’avenir de l’Afrique est entre les mains des femmes. Ma grand-mère aussi est ultra-moderne.

Je suis ultra fan de The Noisettes, tu as travaillé avec eux pour le titre The man accross the streets » comment est née cette collaboration ?
Ce sont des copains. On est parti à Brighton chez Dan Smith, on a passé une semaine là-bas à discuter, refaire le monde, faire de la musique… Avec Shingai Shoniwa, on partage beaucoup de choses, elle est originaire du Zimbabwe, on a beaucoup de choses en commun. Ça faisait un moment qu’on voulait faire quelque chose ensemble et pour cet album ça s’y prêtait bien.

Vous n’avez fait qu’une chanson ?
Non, on en a fait plusieurs mais on n’en a gardé qu’une. Pour le live, je pense qu’on fera des chansons qui ne sont pas sur l’album.

Quelle est ta chanson la plus personnelle sur cet album ?
Forgive yourself dans le texte est celle où je me dévoile le plus. Sambe et Tombouctou sont vraiment mon état d’esprit.

selfie original et exclu pour UsofParis
selfie original et exclu pour UsofParis

Dans une ancienne interview, tu disais que ton rêve était de faire un duo avec Baloji et Oxmo Puccino, tu l’as fait ! Une envie pour un nouveau duo ?
Oh non, quand je prie ça arrive… Je ne sais pas encore, je ne fais pas beaucoup de collaboration. Quand j’en fais, c’est parce que j’ai un coup de cœur artistique.
Je pense qu’avec Salif Keïta ce serait une belle chose. Mais ça se fera certainement.

Quel est le dernier concert que tu as vu ?
Asa
, mais c’était il y a un moment.

Ton dernier coup de cœur musical ?
Janet Jackson
. Je l’adore depuis que je suis enfant et son dernier album est très chouette.

Un concert inoubliable dans ta carrière ?
Celui de La Cigale, qui vient de passer, parce que 90% de la set-list était composée des nouveaux titres ou chansons moins connues. C’était quitte ou double. C’était un très beau moment. Les gens ont dansé tout le long. C’était génial !

Inna Modja smile lookée nappy interview pour nouvel album Motel Bamako warner music 2015 photo originale united states of paris blog usofparis

Pendant ce concert, tu as repris le titre Caroline de MC Soolar, pourquoi ce choix ?
J’adore MC Soolar, et il manque à la scène hip-hop actuelle. Il est venu au Mali quand j’étais toute petite, j’étais allée le voir en concert avec mes sœurs et Caroline était une chanson qui m’avait marqué. Je ne sais pas ce qu’il fait en ce moment mais « reviens ! ».

Une dernière question qui m’a été soufflée par une fille (elle rit) : le nappy est à la mode depuis 4-5 ans, tu es l’une des précurseurs, c’est une mode ou un réel black power ?
Je ne pense pas que ce soit black power, c’est juste la nature, qui on est.
J’ai commencé il y a un peu plus de dix ans, ce n’était absolument pas la mode. Je me souviens que je me faisais pointer du doigt dans la rue, on se moquait de moi, on m’appelait Jackson Five, etc.
Et je suis heureuse de voir de plus en plus de filles avoir leurs cheveux naturels parce que c’est qui l’on est. On ne peut pas toutes être des grandes blondes d’1m80, parfois on est brune, parfois on est rousse, parfois on a les cheveux crépus parce qu’on est métis, noire, asiatique, etc. On ne peut pas tous rentrer dans le même moule. Le fait d’accepter que chacun est unique est important. Si tout le monde se ressemble, il n’y a pas d’intérêt.

Interview by Joan
Photos by Emmanuel 

Cover Motel Bamako pochette nouvel album Inna Modja Warner Music France 2015

Inna Modja
album Motel Bamako
(Warner)

En concert à Enghein-les-bains
le samedi 1er juillet à 20h30
(événement gratuit à 15 min depuis Paris Gare du Nord)

 

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Asgeir : interview Afterglow, nouvel album électro-planant !

Asgeir le retour. L’Islandais super star sort son nouvel album Afterglow, avec de belles pépites électro.
Attaché à notre pays, les Français sont, pour lui, plus curieux que les autres et notamment. Ils sont prêts à écouter une chanson en islandais dans le texte, à la différence des Américains.
Il revient sur sa tournée mondiale et partage les coulisses de son nouveau disque.
Il est à retrouver en concert au Cabaret Sauvage, le 15 mai (sold out) avant un Bataclan le 12 octobre.

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INTERVIEW 

UsofParis : Qu’as-tu appris de cette longue tournée pour ton 1er album ?
Asgeir : Par quoi comment commencer ?
On a voyagé beaucoup pendant 3 ans. Les gens sont différents d’un pays à un autre. On ne peut connaître vraiment les villes où l’on joue. On reste un jour. Et du coup, je ne pourrais citer toutes les villes où j’ai chanté. Mais ce n’est pas si important.

J’ai appris des mots étrangers aussi.
Mais voir le monde ne m’a pas réellement changé 🙂

Gardes-tu un souvenir fort sur scène ?

Je ne suis pas un gros performeur. Quand je suis sur scène, c’est simplement moi. Je n’en fais pas plus. J’adore jouer. Je connais mes limites.
Je me souviens des concerts en Australie. Ça représente un marché important pour moi et l’on y a fait de gros concerts là-bas. J’aime aussi jouer en France, pas seulement à Paris. C’est très différent des autres pays.

Qu’y-a-t-il de nouveau dans cet album ?
Il y a plus de synthé, plus de piano, moins de guitare acoustique.
Moins folk et plus électro.
Je voulais que l’album sonne plus produit, plus travaillé que le précédent.
Je me souviens que l’enregistrement du premier album avait duré 3 mois et pour celui-là : 2 ans. On n’avait absolument rien quand on a fini la tournée.
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J’aime beaucoup Afterglow. Que peux-tu me dire sur ce titre ?
Quand je pense à cette chanson, je pense au temps passé dans ma ville natale : Laugarbakki.
J’y suis resté pendant plusieurs semaines. Mon père y habite toujours. C’est une chanson différente des autres. Parce c’est la première fois que nous étions ensemble, avec mon père, pour créer une chanson. Je lui ai joué le titre au piano et lui ai demandé d’écrire.
D’habitude, je compose la musique à Reykjavik et je l’envoie par mail pour qu’il écrive le texte.
Et c’est mon frère qui a traduit en anglais.
Le thème de la chanson est la nature, les paysages.
 
Un autre titre me plait aussi beaucoup : I know You know.

C’est la première chanson que j’ai composée pour cet album quand je suis rentré de tournée.
J’avais envie de quelque chose de fun. Et très vite, j’ai eu l’idée que la première partie soit acoustique que la suite soit plus électro. C’est une idée simple faite d’une boucle vocale, avec un ordi. Ce n’est pas une chanson composée au piano.

La scène te manque ?
C’est bon de faire un break, honnêtement. Mais j’ai envie de retourner sur scène maintenant car je n’ai pas joué depuis 2 ans.
C’est bon aussi d’avoir de nouvelles chansons à jouer sur scène. Les précédents ont les a joué tellement.
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Être une personne célèbre dans ton pays, ce n’est pas compliqué à vivre ?
En Islande, les gens ne dérangent pas les « super stars » pour une photo ou autre.
La seule différence, c’est qu’on me regarde plus dans la rue. Mais ça ne pose jamais problème.

C’est surtout quand je vais en centre-ville pour une soirée et que les gens sont bourrés. Alors là on me demande plus souvent des selfies.

Et est-ce que tu acceptes ?
Oui, si je suis bourré aussi ! 🙂

Un conseil pour découvrir au mieux ton pays ?
Profiter de Reykjavik et ensuite se balader autour. Il y a possibilité de se détendre facilement et de voir des concerts !
Le plus bel endroit est là d’où je viens, côté nord est. Prendre la route pour Hrutafjordur et Midfordur. C’est aussi très beau à l’est autour de Egilsstadir, Neskaupsstadur. Si tu as une voiture, roule et découvre tout le pays. Tout est beau !

Interview by Alexandre

Asgeir

nouvel album Afterglow 
(Because Music)

concerts :
15 mai au Cabaret Sauvage (Paris) : complet 

13 juin aux Abattoirs (Cognac)
14 juin à la Rock School Barbey (Bordeaux)
16 juin à la Cartonnerie (Reims)
17 juin à la BAM – Boite à Musiques (Metz)
18 juin au Brise Glace (Annecy)
23 juin à l’Hippodrome de Navarre (Rock in Evreux)

12 octobre au Bataclan (Paris)

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Charlotte OC : Interview Careless People / pop sensuelle #concours

Tout sur Charlotte OC, notre nouvel ange de la chanson anglaise ! 
Son nouvel album, Careless People, nous obsède depuis plusieurs semaines d’écoute. Chansons sublimes comme Shell ou Mecidine Man, inoubliable comme Darkest Hour.
Au-delà de cette voix étourdissante, nous avons découvert un irrésistible sourire lors de notre interview à l’Hôtel Le Pigalle.
SAVE THE DATE! Charlotte OC sera en concert au Badaboum à Paris, le 26 avril.
#concours inside

INTERVIEW SELFIE

Selfie exclu UsofParis

UsofParis :  Quand as-tu commencé à chanter ? 
Charlotte OC : J’ai commencé à chanter quand j’avais environ 6 ans. Je pense que c’était à ma première classe de musique. J’ai chanté avec mes camarades, j’ai appris la chanson et nous avons tous chanté ensemble. Et je me suis dit «Holy Fuck! » J’ai ressenti quelque chose de fort, tout en comprenant que je pouvais.
C’était un sentiment assez étrange pour une enfant de 6 ans. C’était très profond. Je ne sais pas si c’était parce que je faisais juste un peu de spectacle ou simplement le fait de chanter.
J’ai su que je voulais faire carrière, vers 15 ans. Mais j’ai commencé à prendre ça sérieusement quand j’ai signé avec mon label, à 16 ans. Et c’est devenu encore plus sérieux quand j’ai signé pour mon disque à 18 ans.

Quand as-tu décidé d’écrire ? 
J’avais 15 ans. Et c’est à cause de mon père qui avait réservé des leçons de guitare pour moi, dans mon dos alors que je n’avais pas vraiment envie d’apprendre à jouer d’un instrument.
Nous partageons un truc ensemble : le chewing-gum. J’aime toujours le chewing-gum, je ne sais pas pourquoi mais et je le fais toujours.
Un jour, nous étions dans la voiture. J’avais l’habitude d’avoir tous les chewing-gums que je voulais,
Mais mon père m’a dit, cette fois que nous n’allions pas en chercher et qu’il m’emmenait à un cours de guitare. La guitare était dans la voiture et je me suis dit : « c‘est le pire jour de ma vie ! »
C’est surprenant mais je suis vite devenue obsédée par la guitare, je me suis sentie à l’aise avec cet instrument.
Alors c’est en jouant des mélodies pop  que j’ai commencé à écrire.

L’as-tu remercié ?
Oui, je parle de lui maintenant en interview. C’est une façon de le remercier. C’est la meilleure chose qu’il ait jamais faite pour moi.

Avions, hôtel, promo, concerts. T’es-tu préparé à cette vie ? 
Pas quand j’étais plus jeune. Avant, je n’étais pas prête pour ça.
J’avais créé une ambiance, mais pas encore un univers.
Maintenant, après avoir fait tout ce travail, constitué ce monde, je suis prête à en parler.

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Sortir un album, c’est un soulagement, le Paradis, un stress énorme ?
Faire un disque: c’est tout ça à la fois. Etre dans un studio est assez effrayant, il ya beaucoup de pression parce qu’il faut se projeter. J’ai trouvé assez stressant et je ne trouve pas encore un espace de confort en studio.
Mais c’est aussi vraiment gratifiant, j’ai beaucoup appris et j’aimerais beaucoup produire mon propre album un jour. J’apprends à utiliser la logique et alors … peut-être que je pourrais faire ça tout seule un jour.

C’est ton rêve ?
J’aimerais ! 🙂

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Ton premier single Darkest Hour m’obsède. Je l’adore. Quelle est l’histoire de cette chanson ? 
J’ai écrit cette chanson dans une maison / studio à Los Angeles. J’ai écrit au sujet d’une  personne ayant une relation vraiment toxique et ce que vous pouvez faire face à cela. Et quand c’est quelqu’un à qui tu tiens, ce qui se passe te touche aussi.
Et quand tu es attaché, tu ressens aussi cette douleur que la personne vit. J’avais besoin de poser des mots sur cette histoire et sur la façon dont moi et ma famille l’avons vécue. C’était une sorte de thérapie pour moi d’écrire cette chanson.

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Que peux-tu me dire de la chanson Shell ?
Elle parle de ce type qui était plus vieux que moi et qui était assez manipulateur. Il était mauvais, pas un garçon très gentil en général. Quand ma mère l’a rencontré pour la première fois, elle a dit : « non, je ne l’aime pas !  »
J’étais une enfant et il a bouleversé ma vie au point de me perdre. Et je me suis rendu compte : «Je ne sais plus qui je suis et c’est à cause de toi ».

Au sujet de ta musique, certains journalistes ont parlé d’alternative pop, noire, mais aussi de peinture sombre. Qu’en penses-tu ?
La musique appartient à chacun. Tu crées une ambiance, quelle qu’elle soit. Et c’est totalement personnel, c’est une expérience individuelle. Effectivement, il y a une partie sombre dans ma musique, mais il y a aussi beaucoup de chaleur. 🙂

Lou Reed est une de tes sources d’inspiration. Est-il présent dans cet album ?
Peut-être… Je pense juste que c’est quelqu’un que j’admire, je pense qu’il est vraiment étonnant. J’aime sa voix. Mais je ne pense pas être influencée à ce point.

Quelle chanson est ta préférée ?
Pale blue eyes. C’était à l’époque du Velvet Underground.

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Que ressens-tu quand tu es sur scène ? 
Il y a des moments à la fois d’incertitude et aussi de réelle euphorie et d’autres sois où tu penses à beaucoup trop de choses en même temps. Il y a tellement de sentiments quand tu es sur scène, ce n’est pas une expérience commune. Tu peux savoir dès la première note que tu chantes si ça va être un bon concert ou pas.

Aimes-tu ?
J’adore ! 🙂 C’est une part de moi.

BONUS
Charlotte s’est installée à Los Angeles pour travailler avec son producteur. Elle n’aime pas la ville. Et elle retournera certainement en Angleterre quand elle réalisera elle-même son prochain disque.
La chanteuse a passé 3 jours à Paris uniquement pour rencontrer les médias web et les blogs. Respect !

Interview by Alexandre
Merci à Leila Lamnaouer pour la traduction

Charlotte OC
Nouvel album : Careless People
(Capitol Music France)

Concert à Paris !! 

mercredi 26 avril au Badaboum

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#CONCOURS

Nous vous faisons gagner, au choix, 1 album Careless People ou 2 places de concert pour découvrir notre chouchoute Charlotte OC !

Pour tenter votre chance, rien de plus simple, remplissez le formulaire ci-dessous pour participer.

Les gagnant(e)s seront tiré(e)s au sort parmi les inscrits. Ils recevront un mail leur confirmant leur lot : soit l’album, soit les 2 places de concert.

Avant de participer, vérifiez que vous êtes bien disponible à la date proposée afin de laisser sa chance à ceux qui veulent vraiment venir !

Concours Charlotte OC
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Concours Gratuits

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Charlotte OC / Careless People Interview – sensuous pop!

All about Charlotte OC, our new angel of British music!
Her second album, Careless People, has obsesses us since several weeks. Sublime songs like Shell, Medicine Man, unforgettable like Darkest Hour.
Beyond the stunning voice, we discovered an irresistible smile during our interview at Le Pigalle Hotel, in Paris.

SELFIE INTERVIEW

 

UsofParis exclusive selfie

UsofParis: When did you start to sing?
Charlotte OC: I started singing the first moment I’ve realized that I loved it. It was when I was about 6 years old. I was enquired I think it was the first class music I’ve ever heard and we were singing and learning the song and we just finished learning it and we have to sing all together to the class and thinking singing was like « holy fuck! ». I’ve felt like « how great! », like I could do it, I’ve felt like i knew I could do it. That was a quite strange feeling when you are 6 years old. It was quite profond, just like really knowing. I am not sure if it was because I was doing just a bit of show off or genially just to know just to do it.
I knew I wanted it to do as a career like when I was 15. But then I’ve started to take it serious when i signed my first major company when I was 16. And when I was got signed to a record label when I was 18 and I took it properly seriously.

And when you have decided to write?
It was when i was 15 years old. and it was my dad who’ve booked guitar lessons for me behind my back but I didn’t really want to learn guitar. We had this thing together by using chewing gum together. I still love chewing gum, I don’t know why but and I still do, it’s my trick. One day, we were in the car and I was used to have all the chewing gum I wanted, and it was literally two steps away from home and he told me that « we ware not going in that way and I will drop you here and you are going to have guitar lessons. » And the guitar was in the car and I was just thinking: « it’s the worst fucking day of my life! »
And I became obsessed with guitar, I’ve felt confortable with the instrument.
Then as I started to get play with it I started to pop melodies all over the cords I was learning and it was how I started writing.

Did you thank him?
Yes. Even mentioning him in the interviews now. I think it’s thanking him in a way. Because what he did was the best thing he’ve ever done for me.

Airplanes, hotels, promotion, showcases, were you prepared for this in your life?
Not when I was younger. Now I feel like I am. Before I wasn’t ready for it.
I knew I’ve create a vibe or something but not created a world. So I wasn’t quite ready to talk about it. But now after making a body of work, a few world, I lived for that long, I ‘ve spend that long marking it and now I am ready to talk about it.

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Release an album is a relief, an heaven or a big stress?
Making a record: it’s all of that, it’s everything. I find being in a studio quite scary, there a lot a pressure because you are there to really project yourself and I don’t know, I found it quite stressful and I don’t find yet a confortable space in the studio so I did find it stressful. But it’s also really rewarding, I’ve learnt a lot and I’ll quite love produce my own album one day and I am learning how to use logic and things like that, so… maybe I could do this all my own one day.

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It’s your dream?
I would love it. 🙂

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The first track Darkest Hour obsessed me. I love it. What is the story?
I wrote this song in a tree house/studio in Los Angeles. I wrote about watching somebody having a really toxic relationship and what you can do about it. And when it’s somebody you really care about, it’s not only them going through, you’re going trough as well. When you care about somebody you feel the pain that they’re feeling. I quite needed to write a song about how me and my family fell about what she’ve done and put herself all through. I was a bit a therapy for me writing this song.

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What about the track Shell?
That’s about this guy who was older that me and he was quite manipulative. He was bad ache, the guy who was not very nice in general. When my mum first met him, she was: « no! i do not like him »
I was basically a child and he completely swept the life out of me and I completely lost who I was. And it was me realizing: « I dont know who I am anymore and it’s because of you ».

About your music, some journalists describe it as an alternative pop, dark, also black paint… Do you agree?
Music is interpreted by you own. You create a mood, whatever the mood it is. And it’s totally personal to each, it’s individual. I guess there is a part of dark in it but there is also a lot of warmth.

Lou Reed is a major influence for you generally. And in this album?
Let me think… Maybe. No, I just think it’s someone i admire, I think he is just amazing. I love the ton of his voice. I don’t channel anything of his.

Which song of him do you prefer?
Pale blue eyes. This song was when he was in the Velvet Underground.

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Funny or strange story during one of your shows you want to share?
My uncle passed away about 5 years ago, he used to come at every show that I did and he was a really important part of my life and I’ve dedicated the album to him. Whenever I went on stage, my guitar used to break, and somebody would always be there to lent me a guitar and it never worked and every time I’ve gone to the shop I would be like: « what the fuck it’s wrong with my guitar and why it keep doing this? ». But I’ve realized there was nothing wrong with this. I did’t realized I get in touch with those people and basically my uncle came through and I was very skeptical about all this but this all kind of all things about me and my family that nobody would know. And he basically said: « I know that you know that I have been there with you on stage, I am sorry for breaking your guitar ». That’s something a kind of weird. After that, true or not, it was really nice knowing that he was there.

How do yo feel when you are on stage?
There are moments of little bit of incertity and sometimes real euphoria and moments you’re thinking a little bit much about stuff. There’re so much many feelings when you are on stage, it’s not a common experience. You always can tell about he first note that you sing if it’s going a good show or not.

Do you enjoy?
I love it! 🙂 It’s a part of me.

BONUS 
Charlotte who chose Los Angeles to make her album, spent 3 days in Paris meeting web media and blogs. Respect!

Interview by Alexandre
Thanks Leila Lamnaouer for the translation

Charlotte OC
New album: Careless People
(Harvest Records / Capitol Music France)

Shows 

Wed 19 April, LONDON / Omeara
Wed 26 April, PARIS / Badaboum
Thu 20 July – Sun 23 July, HUNTINGDON / Secret Garden Party 2017

 

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