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Interview-selfie électro & géométrie de Gérald Kurdian pour l’EP “Icosaèdre”

This is the Hello Monster! s’est transformé en Gérald Kurdian pour un premier EP au nom géométrique : Icosaèdre. Prémices d’un futur album prévu fin 2016 plutôt prometteur.
Je l’ai rencontré dans un petit bar du 11e arrondissement, sa « deuxième maison », comme il dit.

UsofParis /Joan : Comment es-tu arrivé à la musique ?
Gérald Kurdian :
J’ai étudié aux Beaux-Arts, j’écrivais beaucoup de textes et pour les lire je faisais des petits montages sonores avec des bruits que j’avais enregistrés, des sons que j’aimais bien, des petits instruments. Petit à petit, c’est devenu des morceaux, des objets de mon intimité, des cartes postales sonores. J’ai fait de la danse aussi et puis par la force des choses j’ai osé chanter en public. J’avais peur de ma voix mais je savais qu’il y avait quelque chose. J’ai eu du bol : une chorégraphe de danse contemporaine, qui bossait avec Katerine,a grillé un soir dans le studio que j’écrivais des chansons. J’ai enregistré un truc en 10 minutes et elle l’a filé à Katerine qui a dit que c’était pas mal. Et de rencontres en rencontres j’ai monté This is The Hello Monster! et j’ai assez vite trouvé une manageuse.

Gerald Kurdian EP Icosaèdre interview selfie musique concert Photo by Blog United States of Paris
Selfie exclu pour USofParis

Du coup tu as changé de nom pour ce projet-là. Pourquoi ?
This is the Hello Monster! me permettait de me cacher. Déjà il y avait la langue, qui est la langue de mon père, une langue d’un type qui est une sorte de mystère « outre-atlantiste ». Ça me permettait aussi de traverser plusieurs expériences sonores sans me dévoiler, une sorte de prudence.
Pour ce disque il fallait être frontal et présent. J’ai des choses à dire qui sont claires.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te dévoiler ?
Je me suis dit que dans la grande machine du spectacle personne ne saura jamais qui je suis et moi-même je ne le sais pas. Autant s’appeler soi et que cela devienne un jeu.

Comment est née ta collaboration avec Chapelier Fou pour cet EP ?
On s’était rencontré en tournée, sur un festival québécois. De Montréal à Rouyn-Noranda on a voyagé ensemble en voiture avec son ingé son et mon batteur. On a fait ces 900 km en riant beaucoup et en parlant musique. Quelques semaines plus tard il m’a proposé d’écrire une musique pour lui. On est devenu très amis et on a pas mal collaboré depuis.

Tu as tapé dans l’oeil des Inrocks, petite fierté ?
Je suis hyper content. Ça me rassure qu’un disque comme ça soit soutenu par ce genre de presse.

Parlons du titre de cet EP. Pourquoi Icosaèdre ?
C’est un exercice de diction. J’aime bien faire appel en général à la science.
Un Icosaèdre est un objet fascinant, qui du temps de Platon avait des vertus de sagesse. Il a le rapport au cosmos. J’aimais bien cette idée de forme synthétique, avec des facettes, chacune portant un aspect, mais qui font toutes parties d’un même objet, d’une cohérence.

La suite pour toi c’est un album ?
Oui il y a un album à venir, on cherche du soutien pour cela. Idéalement ce serait pour début 2017. J’ai les matières de morceaux, j’ai assez pour faire un disque. Il y a de quoi faire. J’ai trouvé un fil qui m’intéresse qui est ce mélange de textes et d’électronique que je trouve passionnant. Et j’ai envie de dire des trucs sur le corps. J’étais parti sur une sorte de vocabulaire du corps érotique, on va dire, et son rapport à la ville, aux espaces.

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Je vais te poser les petites questions que je pose à chaque artiste que je rencontre.
Ton dernier coup de cœur musical ?
Il y a un garçon que j’aime beaucoup, il s’appelle Arca. Il a bossé sur le dernier album de Björk. J’aime beaucoup ce qu’il fait et j’aime bien son rapport au silence.
Dans la scène française, Laura Cahen. C’est quelqu’un qu’il faut aimer car c’est un auteur réel, comme à l’époque. C’est Brigitte Fontaine dans les 70’s.

Le dernier concert que tu as vu ?
(Il réfléchit beaucoup, car rien ne lui revient)
J’ai vu Radio Elvis et c’était cool.

Vu que tu es parisien, est-ce que tu as une bonne adresse food à nous partager ?
J’ai le droit à un truc un peu cheap ?
L’endroit où je vais dans mon quartier c’est « 3 fois plus de piment », c’est un resto asiatique pas cher et c’est vraiment trop bon.
Je suis très mauvais en bouffe, c’est très secondaire pour moi.

Si tu ne vivais pas à Paris, où aimerais-tu vivre ?
Là j’habite à Bruxelles en ce moment, je trouve ça vraiment cool, ça me rend très heureux.
J’aimerais habiter à Montréal, c’est la ville que je sens le mieux.

Ton endroit préféré à Paris ?
Je crois que j’aime vraiment ce bar. J’habite vraiment pas loin et j’ai tout vécu ici : des amours concrétisés, des ruptures, des amis. Je suis déjà venu en chaussettes, le barman m’a vu dans tous les états, j’ai pleuré, j’ai ri, j’étais ivre mort dans ce bar.
C’est ma deuxième maison. Par contre j’ai un problème, ils ont refait le bar avant il était en zinc et ça sent le neuf donc ça me gêne. Je me concentre sur le carrelage maintenant.

Interview by Joan

Gerald Kurdian EP Icosaèdre interview selfie musique concert dédicace Photo by Blog United States of Paris

Gérald Kurdian

EP : Icosaèdre

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Marvin Jouno – Intérieur Nuit : pop sur grand écran #interview

D’abord, un premier échange par mail avec ce jeune artiste, Marvin Jouno, pour comprendre ce qui venait de nous scotcher. Un EP 4 titres, Ouverture, qui nous redonnait mille foi en la chanson française. Une poésie énigmatique, qui offrait toutes les évasions et projections possibles avec une orchestration fine nous rappelant le doux souvenir d’artistes masculins racés – ce qui n’a pas échappé aux Inrocks. Benjamin B. en ligne de mire, comme référence incontournable ou figure tutélaire à mieux pourfendre pour s’émanciper. 

La sortie du premier album, Intérieur Nuit, est l’occasion d’une interview face-à-face avec Marvin Jouno. Impossible de tout savoir sur le titre Est-ce l’Est ? – texte le plus impudique du CD pour son auteur – “le sens profond de la chanson est secret“.
L’approche du premier concert en tête d’affiche à la Flèche d’Or rappelle à Marvin le souvenir de ce premier live à Paris au cours duquel il a gardé le plus souvent les yeux fermés face à son public.
Alors qu’il se voit déjà partir à l’étranger avec son film dans le sac à dos – car Intérieur Nuit est un album et un film – pour faire écouter sa musique aux francophiles de tout bord, notre trentenaire se laisse désirer avant d’envoyer sa cover du Grand Sommeil à Etienne Daho, en guise de postcard hommage.

Marvin Jouno interview premier album Intérieur Nuit un plan simple sony music france photo presse Elise Toïdé

UsofParis : Un EP puis un album, est-ce désormais une suite logique pour un jeune artiste ?
Marvin : C’est dans l’air du temps. Je vois l’EP comme une sorte de carte de visite. Ce qui est intéressant, c’est que c’est un vrai entrainement sur tous les plans : fabrication, gestion d’une sortie, on apprend de ses erreurs aussi. C’est une balle à blanc.
L’EP Ouverture était un condensé de l’album Intérieur Nuit. Mais c’est l’album qui fait le plus sens.

J’ai eu un problème avec le 1er titre : L’Avalanche. Impossible de décrocher, c’était très fort comme accroche. Comment l’as-tu composé ?
J’ai eu peur 🙂
La genèse de ce morceau est une déception professionnelle. J’ai pris ma voiture sur un coup de tête et je me suis isolé dans une maison en Bretagne. Et j’ai écrit 2-3 chansons dont Antoine de 7 à 9 et L’Avalanche. Je voulais exprimer ce que je ressens depuis tout petit : ces insomnies dans la nuit du dimanche au lundi. C’est un classique, je ne dors pas beaucoup. Je fais le bilan de la semaine passée et je pense à celle qui va arriver. C’est totalement involontaire.
La base de ce titre est un piano-voix, comme les autres morceaux. Et toute la production a été faite à Carpentras au Studio Vega, à 4 : Angelo, Agnès, Rémi. Et je ne sais pas ce qui s’est passé : on est arrivé avec 13 piano-voix et nous avons réussi à tous les arranger et les développer en 6 jours.
On avait la vision : décor, ambiance, lumière. Et l’orchestration s’est faite en une soirée.

Que L’Avalanche ouvre l’album était une évidence ?
La track-list a été un long travail de réflexion. Il y a eu plusieurs ébauches. Et L’Avalanche s’est imposée, sans doute à cause de la phrase : “la nuit sera immense“.

Affiche Intérieur Nuit un film de Marvin Jouno et Romain Winkler projection MK2 Grand Palais Paris Un Plan Simple Deux Minute Trente
Qu’est-ce qu’il y a de cinématographique dans tes textes ou dans la composition de tes chansons ?

Je viens de ce média. J’ai étudié la mise en scène et ensuite été décorateur pendant 10 ans. Les premières chansons que j’ai écrites étaient inspirées d’un scénario que je n’ai jamais tourné.
Quand j’écris, j’ai souvent le clip en tête. Je fonctionne beaucoup par images. Et je m’efforce d’avoir des compositions qui collent avec les textes. L’album peut être considéré aussi comme une sorte de BO.
Mais Intérieur Nuit ne devait pas, pour autant, être un film.
Je ne sais pas si je retombe sur mes pattes. Mais ça fait 15 ans que je cherche à faire un film et la musique est presque accidentelle dans mon parcours.
Elle m’amène à faire des photos, à partir tourner un film à l’étranger, à jouer la comédie.
Je suis un vrai touche-à-tout et je m’éclate.

Était-ce essentiel d’accompagner l’album d’un film ?
Ça ne l’était pas. En fait, j’avais envie d’inviter les gens à venir voir mon 1er album. 🙂
Une fois l’album mixé, j’ai beaucoup travaillé les visuels avec Élise Toïdé et cette envie d’esthétique ciné. Et je réfléchissais aux clips. Mais les propositions que j’ai reçues pour Love Later ne me plaisaient pas.
Petit à petit, il y a eu un fil rouge et un vrai désir de fiction. En une nuit, j’ai déstructuré la track-list et j’ai écrit une histoire.
Avec Romain Winkler, le réalisateur, on a privilégié l’objet film et non une compilation de 11 clips.

Jouer c’est une mise à nu plus difficile que de donner à entendre ses mots ?
J’avais déjà la sensation de m’être totalement déshabillé sur l’album. Et je dis, actuellement, à mes amis que le film est un IRM, une radiographie. Je suis plus qu’à poil. On voit tout. C’est du 360 degrés.
Et puis je ne suis pas comédien. Mais je voulais incarner ces chansons jusqu’au bout bien que je sois très pudique aussi. Ce processus est une ouverture et une mise à nu qu’il faut assumer. A la veille de la sortie de l’album, je me demande : est-ce que je n’ai pas été trop loin ?

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Quel est le véritable rôle d’Angelo dans cet album ?
Angelo est l’architecte, le chef opérateur qui met en lumière. Il y a une vraie direction artistique.
Avec lui, j’oublie la partie arrangements. Je me concentre sur les compo piano-voix qui doivent tenir, exister comme telles. C’est lui qui a la vision globale.
C’est un vrai plaisir de collaborer avec des gens talentueux, comme lui et Agnès, mais c’est une lutte aussi. Je veux garder le contrôle, j’ai des idées très précises. Ce n’est pas facile de travailler avec moi, en fait. Même si je suis courtois et gentil. Je peux être têtu.

Pour quelle chanson y’a-t-il eu le plus de lutte ?
Antoine de 5 à 7. On était en studio, la chanson était à peine finie de composer. Et la veille, je décidais de ne plus la faire. Je l’abandonnais. Le lendemain matin, on s’est remis au travail avec Agnès et nous l’avons sauvée. On a retrouvé un fil pour le refrain. On a sauvé le “Soldat Antoine” !

A qui as-tu fait écouter ton album en 1er ?
A ceux avec qui je travaille. Puis il est resté secret un moment car je n’aime pas faire entendre les versions à plat. Je préfère la version mastering. Et c’est en fait Pierre Siankowski des Inrocks qui l’a écouté. Il m’avait contacté via Twitter cet été et on l’a invité.
On a vraiment senti quelqu’un d’attentif et réactif.
Il a repéré très vite les références ciné et les clins d’œil à Bashung.

Être un artiste connecté, est-ce inné ?
Je ne suis pas bon, parce que je n’aime pas parler pour ne rien dire.
Mais j’essaie de distinguer les 3 médias : je relais systématiquement tout sur Twitter, tous les articles. Sur Instagram, je tente d’ouvrir et ne pas faire que de l’autopromo, je me suis remis à la photo. Je retrouve le goût en faisant des photos en Géorgie.
Et sur Facebook, il faut attendre le bon moment, avoir la bonne formule. J’ai trouvé un ton, du coup, personne ne peut publier à ma place. Ça se verrait.
Et je réponds à tout le monde.

Propos recueillis par Alexandre

Couverture album Intérieur Nuit de Marvin Jouno Un Plan Simple Sony Music photo Elise Toïdé

MARVIN JOUNO
album Intérieur Nuit
(Un Plan Simple/Sony Music)

Concert à la Maroquinerie le 3 novembre !

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Pony Pony Run Run – interview tour du monde pour Voyage Voyage

Pony Pony Run Run c’est de la générosité en barre.
En musique, parce que le groupe composé de deux frérots Gaëtan et Amaël, nous agrippent le col avec un nouvel album gorgé de mille influences dépaysantes, exotiques, imperceptibles qui font de leur électro un moment de folie pure que ce soit en bord de mer, les pieds dans le sable ou avec un nœud pap à une soirée de la Fashion Week.

Voyage Voyage nous prépare, avec quelques jours d’avance, au retour au printemps. Le pied !
Générosité aussi en interview, quand ils nous reçoivent dans une chambre d’hôtel de Pigalle où tout y passe : le Groenland, les Baléares, le studio de Damon Albarn, David Bowie et les origines de leur vocation musicale. Intense.

Sortez les sunglasses, Gaëtan et Amaël rayonnent et sont à retrouver en tournée en France et à Nogent sur Marne, le 9 juin.

Pony Pony Run Run interview Gaëtan et Amaël album Voyage Voyage Pias France Le Label

INTERVIEW 

Trois adjectifs pour décrire votre partenaire de scène, de création ?
Amaël : Brillant, charismatique et subtil.
Gaëtan : Flatteur, mais honnête… non mais c’est mon frangin que j’adore, j’en pense pas moins !

Quelles sont les vertus de partir en périple mondial ? C’est pour échapper à la routine ? Trouver l’inspiration ? Se faire du bien ?
Gaëtan : Je pense que la notion de se faire du bien c’est plutôt le moteur. Après les morceaux ont été créés sur la route. Ce n’était pas un choix conceptuel de base. C’est juste que ça se soit fait comme ça, au cours du voyage. En voyage, tu continues à composer, à penser à autre chose. C’est un peu comme des carnets de routes mais qui ne sont pas forcément en lien avec les lieux avec lesquels j’étais amené à découvrir.

Mais le tour du monde état déjà fixé au départ ?
Gaëtan : En fait, j’avais un billet ouvert, sur deux ans. D’abord, une première destination et après j’ai compilé. J’ai essayé d’aller là où je pouvais, en fonction des envies. Parfois ça t’emmène dans des endroits improbables. Je me suis retrouvé dans le Yucatan où j’ai rencontré un mec du Belize (ça ce n’était pas prévu). Donc j’ai pris un bateau avec ma copine et on a traversé une frontière improbable, avec des mecs armés, car il y a beaucoup de trafic par là-bas. On s’est retrouvé sur une île de Mangrove avec beaucoup de rastas, et aussi beaucoup de mayas, de leurs descendants.
C’est que des découvertes, des lieux et des rencontres assez improbables. C’était parfois des chemins de traverse. Même s’il y a des lieux plus classiques comme Sidney.

Et du coup, Amaël, tu l’as rejoint sur certaines destinations ?
Amaël : Absolument pas ! On avait décidé, à la fin de la tournée asiatique de 2013, de prendre un vrai temps pour nous. De stopper un petit peu Pony et de mettre ça entre parenthèses pour pouvoir se recentrer, vivre des choses, voir nos familles. Gaétan a choisi de voyager et a composé les bases des morceaux pendant ses voyages. Il n’a pas composé pour l’album.
C’était aussi le plaisir de faire un break. De faire de la musique juste pour faire de la musique sans nous dire que ça va servir ou qu’il faut faire un truc catchy ou pas catchy.
Gaëtan : Il n’y avait pas de contraintes.

Pony Pony Run Run Amaël et Gaëtan selfie original pour UsofParis blog interview album Voyage Voyage Pias France Le Label
selfie original de Pony Pony Run Run pour UsofParis

Est-ce que tu faisais écouter à ton frère à distance ?
Gaëtan : Non. La première fois qu’on s’est retrouvé pour parler de l’album, il y avait que 80 bouts de chansons. Et on a choisi par affinité. C’est très arbitraire et pas calculé. On en a choisi 30 pour les avancer un peu plus et après sur ces trente, on en a travaillé 20.

Mais vous avanciez tous les deux, ou chacun de votre côté ?
Gaétan : Sur la première phase, j’ai plutôt refait les trucs tout seul.
Amaël : En fait, ça a toujours été comme ça. Gaëtan est plus producteur et compositeur. Mais on a quand même continué à échanger.
Gaëtan : Techniquement, c’est ça. Il y a des petites brides, des petits brouillons. On les a choisis ensemble. Après, j’ai vraiment composé les lignes de chants et les paroles, structuré toutes les harmonies et les mélodies. Et c’est après ça qu’on est revenu dessus, que l’on a choisi. Il y avait plus d’échange à ce moment-là. Après, il fallait leur donner une vie, une couleur.
Amaël : Les choisir, parfois les mélanger, les déstructurer pour les refaire à l’identique. S’interroger sur « est-ce qu’il faut plus de paroles, moins de paroles ? ». Vraiment échanger autour de la musique.
Mais dans un premier temps on s’est vraiment retrouvé pour passer du temps ensemble et parler de musique tranquillement. On a fait ça sur deux ou trois stop : Anger, Hossegor…
Gaëtan : Après, j’ai un petit home studio aux Baléares. 🙂

On imagine tout de suite la carte postale …
Gaëtan : Mais c’est une carte postale ! Et en dix fois moins cher qu’un petit studio à Paris. 🙂 C’est hallucinant. Du coup, on a eu cette chance là, et c’était surtout pour se retrouver tous les deux, passer du bon temps.
Et puis on y a amené notre pote Fred Lo qu’on a croisé à Paris par hasard un soir, qui a produit notre premier album, pour partager des bons moments aux Baléares mais aussi finir l’album avec lui.
Amaël : Il est venu tester notre compatibilité d’humeur. Et malheureusement, ça s’est trop bien passé parce qu’on a énormément rigolé et qu’on a fait du bon taff.
Au final, on a fini dans sa cave de 10m² au 3ème sous-sol à Paris.
Gaétan : Mais on a vraiment fini à Londres en fait, dans un studio.

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J’allais y venir, pouvez-vous me décrire le studio de Damon Albarn ?
Amaël : C’est un bedroom studio selon Stephen Sedgwick.
Gaëtan : De 350 ou 380 m² en plein Londres.
Amaël : T’es face à un hangar, une devanture de garage automobile…
Gaëtan : C’est quand même à Damon Albarn et tu rentres dans un studio de fou avec des instruments du monde entier, du matériel haut de gamme et une acoustique incroyable. Y’a des bacs où tout est posé par terre.
Amaël : Ça peut être dans des flight cases avec des autocollants Gorillaz dessus, des caisses où il y a mille percussions, des vieux meubles où tu trouves des micros qui valent une blinde.
Gaëtan : Il y a même les paroles des futurs albums !
Amaël : C’est tellement pas tape-à-l’œil, en plus. T’as un babyfoot, une petite cuisine pour te faire à manger. Tout ça accessible et avec le droit de t’en servir. C’est le vrai bonheur.

Alors qui avait les clefs de ce studio ?
Gaëtan : C’est un peu un coup de chance en fait.
Amaël : C’est vraiment l’ingé son du studio. C’est un studio privé en fait. C’est le studio de Damon Albarn qui lui sert tous les jours de l’année.
On a eu un coup de bol monstre. C’était la reformation de Blur et ils étaient en tournée en Asie au moment où on voulait mixer.
On voulait bosser avec Stephen Sedgwick et on a eu la possibilité de le faire.
Gaëtan : C’est un truc assez rare, c’est par connaissance qu’on a eu accès à ce studio personnel. On était vraiment dans l’univers de Damon.
Amaël : Il y avait quand même une confiance car il y avait des partitions sur le piano et toutes ses affaires personnelles.
Gaëtan : Il y a beaucoup d’histoires dans ce studio car il y a beaucoup de voyages : des synthés chinois, russes. Des trucs étranges et incroyables : des vieux orgues d’églises, par exemple, mais qui sonnent mal.

Quels sont les instruments les plus incroyables que vous ayez utilisés ?
Gaëtan : Des percussions dont on ne connaît même pas le nom. On a eu une journée percussions, c’était très sensuel et percussif.
Amaël : Je me souviens d’un truc qui ressemble à un interphone du futur, genre film de science-fiction. Et puis tu as dix tirettes et ça te fait de séquences de son.
Gaëtan : Il y a le piano de Damon Albarn, qu’il utilisait dans Gorillaz. Il sonnait tellement bien, on l’a pris avec un micro à l’arrache avec des accords plaqués. On le retrouve sur You don’t feel it.
C’est que des expériences comme ça : il y a un truc qui traine, on sort le micro et tac tac tac … De vrais gosses en train de tout essayer.

Et vous êtes restez combien de temps dans ce studio ?
Amaël : Quinze jours !
Tout le monde nous a dit : « Vous allez à Londres, vous allez dépenser plein d’argent ! ». Au final, on pensait vraiment vivre la vie londonienne, mais on était de 9 heures du matin jusque 20h, parfois minuit dans le studio. On avait souvent des échanges avec Stephen sur le mix.

Justement : une leçon de musique que vous avez eu avec Stephen ?
Amaël : Ce n’était pas vraiment au niveau de la musique. C’est plus rentrer dans le son.
Gaëtan : Il a une approche très physique du son et très acoustique aussi. Il a aussi une oreille pas hip hop mais presque : dans la rythmique et la basse. Finalement, ça amène notre musique dans une autre direction, avec une autre dynamique.
Gaëtan : Il a repoussé tout ce qui était guitare stridente qui percutait, histoire d’avoir le relief qui nous intéresse car on vient plutôt du rock. Mais tout ça c’était hyper simple.

Et un accident heureux ?
Amaël : En fait, il n’y a que des accidents heureux. 🙂
On voulait vraiment se marrer, que ce soit ludique et expérimental. C’est vrai qu’il y a eu beaucoup d’accidents heureux.
Et je crois que celle qui est le plus proche de l’accident le plus heureux c’est Berlin, qui est une espèce de jam. C’est que deux prises, rien n’a été édité. On l’a laissée telle quelle.
Il y a aussi Belong. C’est que des accidents qu’on a laissés. On s’est dit « les dissonances on les garde ! ».
Un moment de musique c’est ça : c’est les choses que tu ne maîtrises pas. Des trucs spontanés qu’on a laissés, dans la cruauté de la prise…

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Mes oreilles a fait repeat sur 3 titres : Belong, Berlin et Dum dum
Amaël : On sent que tu aimes la musique !
Gaëtan : C’est intéressant Dum Dum car on en parle assez peu.
Amaël : Il a un côté super pop-rock !
Gaëtan : Il a un côté sixties. C’est un peu le Wall of sound de Phil Spector. Il y a les cloches tubulaires derrière. Dans le studio, on lance : « on va mettre des cloches là » et on les a mises. C’est des moments où tu te demandes si ce que tu as dit est vraiment une bonne idée. Et en fait oui, c’est une super bonne idée !
Du coup Dum Dum, c’est la première chanson qui a été composée pour l’album. Et c’est une chanson qui a été faite à Sidney. Et elle a eu beaucoup de vies. Au début, elle était très simple : guitare-basse-batterie. Après, elle est devenue grandiose électronique avec violons. Puis elle a fini hybride…
Amaël : Dans sa meilleure version…
Gaëtan : Elle s’est terminée justement dans le studio de Damon Albarn. Avec des centaines de prise des voix, des chœurs et des chœurs qui sont vraiment dans la bande. Une journée entière de prises de voix pour les chœurs. On les entend quasiment pas mais ils sont tous derrière. Et on a bien failli ne jamais s’arrêter…

Quelques mots sur le titre Berlin ?
Gaëtan : Il a été composé à Hossegor dans les Landes ! Le propos est d’aller à Berlin. J’y suis allé très souvent, j’étais même prêt à aller y habiter. J’y ai passé de très bons moments musicaux (électro, expériences assez fortes).
L’influence musique techno berlinoise était la base du titre. Le jour de la finition, on était en studio avec Fred à Paris, on a fait un grand djam sur ce titre, totalement spontanément.
Il y a juste eu 2 prises et on n’a même pas recalé les erreurs. Ça donne ce côté extensible.
On tente la version acoustique pour le live.

Le lieu le plus improbable pour composer un titre ?
Gaëtan : Kulusuk au Groënland, dans une vallée. J’étais dans une chambre avec une vue sur un fjord et des icebergs qui passaient, au mois d’août. Il y avait une vague pénombre entre minuit et 4 heures du mat. Un trait orange, avec des icebergs dans le champ de vision. J’ai composé 3 chansons dans cette chambre dont Alright, qui s’est appelé très longtemps Kulusuk 3. Car tous les titres de chansons portaient le nom des lieux où elles avaient été composées.
Kulusuk était vraiment le décor le plus improbable : 50 habitants Inuits, moi et ma copine.

Pony Pony Run Run Gaëtan et Amaël Réchin nouvel album Voyage Voyage Pias France Le Label interview musique

Les pays les plus inspirants musicalement ?
Gaëtan : Le Japon et le Laos. Y’a beaucoup de réminiscences asiatiques dans cet album. Ce sont des thèmes un peu masqués. L’Islande aussi, mais ça ne s’entend pas forcément.

La rencontre décisive qui a fait de vous un musicien, chanteur ?
Amaël : La rencontre de mon petit frère, tout simplement en faisant de la musique. Et aussi Laurent Piercon, prof de guitare à Angers qui a joué dans pas mal de groupes. Il m’a mis le pied à l’étrier, en me donnant confiance en moi.
Et ma fille ! Avant d’être papa, je ne pensais pas que chanter serait fait pour moi. C’était très con. J’ai commencé à chanter pour elle, et j’ai continué. J’ai compris la vibration. Et surtout, tu as tous les instruments de musique en toi.
Gaëtan : Pour moi, c’est la rencontre avec des instruments étranges quand j’étais gamin. Je tapais, apparemment, assez souvent sur les tables, en rythme. Ils m’ont mis dans un lieu : La Galerie Sonore avec tous les instruments du monde. Une flute bambou laotienne. Les enfants étaient lâchés dans ces instruments. J’ai eu une approche ludique (alors qu’à 8 ans, je séchais les cours de solfège).
Je leur dois tout.
Et toujours maintenant, dès que je vois un instru étrange dans un pays, j’essaie d’en jouer et je le ramène.

Une chanson pour quitter Paris ?
Amaël : Let’s dance de David Bowie
GaëtanVeneer de José Gonzalez

Une chanson pour aimer ?
Amaël : You goin’ miss your Candyman de Terry Callier
Gaëtan : I wanna be adored de The Stone Roses

Une chanson pour pleurer ?
Gaëtan : 900 miles de Terry Callier.
Amaël : Loro de Pinback

La dernière claque musicale ?
Gaëtan : Pas vraiment une claque. Mais un titre accrocheur : Tough Love de Jessie Ware, c’est un peu adolescent.
Amaël : Le dernier album de Room 204, un groupe matrock nantais. J’étais à un de leur concert dans un appart en réfection avec des vignerons bio. Et je me suis pris, musicalement, une grosse claque !

Interview by Alexandre

Pony Pony Run Run Voyage Voyage nouvel new album cover pochette Pias Le Label

Pony Pony Run Run
nouvel album Voyage Voyage

(Pias France / Le Label)

Edition vinyle à 1 000 exemplaires

En concert le 9 juin au Pavillon Baltard (Nogent sur Marne)
et en tournée : Montgey, Meneac, Anet, Douarnenez, Saint Priest, Ile d’Yeu, Saint-Julien, Nancy…

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YANIS interview Berlin-Paris pour son EP L’Heure Bleue

Le titre Hypnotized a fait l’effet d’une petite déflagration musicale au printemps dernier, alors que l’on n’avait plus de nouvelles du jeune phénomène de la musique électro acidulée qui avait fait danser plusieurs générations sur Wake Up.
Un nouveau visage, nouveau look et des tonalités plus fiévreuses.

YANIS a pris un aller pour Berlin, s’est plongé dans les nuits électro, a fait des scènes incognito. De retour à Paris, il conçoit L’Heure Bleue un EP chargé de 6 titres qui nous envoient dans les airs, prend une claque avec le chorégraphe Yoann Bourgeois qui lui inspirera le jeu d’équilibre de sa pochette.
Il pense déjà à retourner dans la capitale allemande pour un concert et a des pistes sérieuses pour un live à NYC.
En revanche, il n’est pas décidé à reprendre les cours de claquettes, après un mois de pratique assidue.

INTERVIEW SELFIE

Selfie exclu pour #UsofParis
Selfie exclu pour #UsofParis

Quelques mots sur l’ambiance de ce premier live L’Heure Bleue au Badaboum
 à Paris.
YANIS: C’était fou ! C’était la première date après la sortie de l’EP. En plus on avait travaillé en résidence, 3 jours avant. On a retravaillé les lumières, le son.
Et les gens étaient incroyables, ils chantaient. 
Je rigolais aussi sur scène parce que j’étais vraiment étonné. J’ai pris une claque. 
Le public m’a mis une claque.
J’aime voir les gens danser et ils se sont lâchés. Je suis, en fait, hyper fier de tous ceux qui sont venus me voir. Je les 
soupçonne d’être des licornes, je ne sais pas en fait d’où ils viennent, s’ils habitent vraiment ici.

Sur ton profil FB, tu as écrit : “je ne trouve pas d’endroit plus bouleversant et rassurant que la scène.” Comment être rassuré quand on a autant d’yeux qui te regardent ?
(il me montre son tatouage œil sur l’avant-bras droit)
On m’a beaucoup regardé depuis que je suis tout petit. Donc ça ne me dérange pas étrangement d’être regardé.
Et je dessinais beaucoup d’yeux aussi quand j’étais petit. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai cet œil tatoué.
Ça m’a toujours fasciné le regard de l’autre, une attention que l’on me portait très petit, déjà en maternelle. J’avais des relations particulières.
C’est pas des années incroyables la primaire, le collège. On me disait que j’étais “différent”. Et au final, c’est pour ça que j’ai fait de la musique. Il n’y a pas de jugement quand on est artiste. Et quand je suis scène, je sais pourquoi je suis là.
Je ne cache pas je suis stressé avant de monter. Mais c’est un lâcher-prise total pour moi.

Avais-tu un manque de la scène ?

Énorme manque ! Sans doute le plus difficile à gérer. C’est un shoot d’adrénaline, un peu une drogue.

Quel est le substitut ?
… En fait, on fait des chansons pour retourner sur scène ! 🙂



Tu t’es entrainé ?
Je suis en mode Rocky. Je monte des marches… Non, c’est pas vrai ! 🙂

Yanis EP L Heure Bleue hypnotized crave my name is yanis music new


Une émotion folle en tant que spectateur d’un live ?

J’étais au Festival Beauregard où j’ai vu Florence and the Machine. Elle a une énergie folle sur scène où elle prend le public pour ne plus le lâcher. J’étais dans la fosse. C’était fou !
Ce que j’aime chez elle c’est qu’elle retient aussi beaucoup mais elle sait aussi faire danser les gens. Je ne sais pas comment elle fait pour danser et chanter.

Une appréhension de revenir après 
la longue absence ?
On en a toujours, comme pour chaque projet.
J’avais une vraie liberté de m’arrêter. On ne m’a rien imposé.
Finalement, je suis content de la façon où tout s’est construit. Avec Hypnotized, c’était un moyen de tester des choses.

Certains ne t’ont d’ailleurs pas reconnu !
C’était le but ! 🙂 Je suis plein de personnes différentes.

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Dans quelle mesure était-il nécessaire de revenir à une autre identité et à ta propre identité ?
Ma vie a tellement changé entre ce que j’ai créé quand j’avais 13 ans. Sliimy était un personnage qui m’a protégé aussi. Ma vie a basculé depuis : l’indépendance, les voyages (Berlin, concerts au Japon…) et apprendre à me réconcilier avec l’autre.
J’ai été aussi entouré de beaucoup d’artistes. Sliimy, c’est un projet solitaire, réalisé dans une bulle, coincé, à Saint-Étienne.
En écrivant les nouveaux titres, ce n’était pas un alter-ego qui parlait mais moi.

Quand s’est produit le déclic ?
A Berlin ! Là-bas c’était neutre, personne ne me connaissait. J’ai découvert des lieux incroyables. 
J’ai pensé à une autre identité. Mais quand j’écrivais les textes, je me disais que je ne pouvais pas les faire chanter par une autre « personne ».
Chaque chanson de l’EP évoque ce rapport à l’autre. Et c’est souvent un duo, une idée de communion, comme Hypnotized. C’est une histoire d’emprise. Craved, c’est plus dans la séduction.

Quels adjectifs pourrais-tu poser sur ton EP ?
Un EP assez planant. C’est pas évident de mettre des adjectifs. 
L’Heure Bleue résume bien le projet. Cet entre-deux, où les couleurs changent. C’est aussi quelque chose de présent. 
L’heure bleue a inspiré de nombreux artistes. C’est un instant contemplatif qui a touché les peintres aussi.

Qu’est-ce qui est berlinois dans cet EP ?
Berlin m’a influencé musicalement mais aussi personnellement. 
Et y’a cette influence dans la pochette avec ce socle en béton, rigide, de la structure aussi. Et puis l’espace vide et épuré. 
La ville m’a permis de faire le vide aussi. Ce n’est pas forcément une ville belle au premier abord. Il faut creuser. Et j’ai rencontré des artistes pas forcément Pop, plutôt indépendant et avec une grande liberté.

Et musicalement ?
Dans chaque titre, il y a une retenue. On ne sait pas forcément sur quel pied danser. Même chose à Berlin, il y a des choses très club, mais il y aussi des vibrations plus sombres. Et chaque titre, il y a une vibration assez sombre aussi.

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Charlotte Le Bon a-t-elle accepté facilement de participer à ton clip ?
On se connaît depuis 7 ans, bien avant Canal +. C’est une artiste que j’admire. 
Je lui ai proposé de participer au clip car elle a eu une expérience dure avec Messmer sur le Grand Journal. Elle ne voulait pas le refaire. 
L’ambiance était plus posée. Ca a finalement été une thérapie pour elle et aussi pour moi.
Il y a l’idée de relaxation, d’apaisant. Il y a un contact avec l’autre, il faut accepter le deal.
Finalement, en préparant le clip, j’ai trouvé très peu de documents de vidéos, d’artistes contemporains qui avaient réalisé quelque chose sur l’hypnose. Très étonnant !

Qui est Apollo Noir avec qui tu as collaboré pour L’Heure Bleue ?
Il y a beaucoup de personnes avec des surnoms ou alter-ego dans mon entourage.
Ce qui est intéressant c’est qu’il n’est pas connu dans le milieu de la musique. Il est graphiste à la base. Le visuel nous rapproche aussi. Il ne me prend pas pour un fou quand je lui dis : « j’aimerais une chanson qui sonne bleu, ou comme une vague ». On fonctionne beaucoup avec les émotions et les couleurs. Dans la musique électro, c’est aussi très organique. 
C’est une relation très forte. On a composé les sons ensemble. Et surtout, il collectionne les instruments vintage.

Et donc, c’est lui le clavier Jupiter (utilisé pour Thriller de Michael Jackson) ?

Tout à fait. On a travaillé sur plusieurs instruments différents. Les claviers ont une âme.
J’arrive le plus souvent avec des mélodies, des idées de chants. Et on bosse ensemble. C’est comme un labo avec plein de liberté. On est en train de composer de nouveaux de nouveaux titres.

Christine and the Queens est un exemple pour toi ?
C’est une fille incroyable. Je la connais aussi depuis longtemps.
Elle a construit son projet sur le temps. Et je suis admiratif car elle s’inspire de tous les arts sans aucune limite.
Elle est humainement incroyable.
Chacun s’inspire, entre artiste. On a des liens : j’adore aussi danser sur scène. On partage l’amour de la performance, de Michael Jackson aussi.

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Qu’est-ce qui te manquait de Paris quand tu étais à Berlin ?
Une bonne baguette. Et du bon vin. C’est tellement franchouillard mais j’assume.

Et qu’est-ce qui te manque de Berlin quand tu es à Paris ?
La liberté dans la fête. Les espaces de danse sont plus vastes.
Paris, mon amour et Berlin, mon amant…

Une chanson pour pleurer ?
Je pense à une chanson des Rolling Stones…
Mais j’en ai une autre : The Cinematic Orchestra avec Patrick Watson, To built a home. Elle est dans le film The Tree avec Charlotte Gainsbourg.

Une chanson pour t’évader, pour quitter Paris ?
Ibeyi : River. J’adore le clip d’ailleurs. C’est très simple.

Une chanson pour aimer ? Ou tomber amoureux ?
Y’en a plein ! C’est tellement français, mais encore une fois, j’assume : La vie en est rose de Piaf. Ma maman me la chantait tout le temps quand j’étais petit.

La dernière claque musicale ?
Dernier album de Tame Impala, c’est incroyable ! « Cause, I’m man ». Leur premier titre me fait vraiment penser à Michael Jackson. Il aurait pu la chanter.

Interview by Alexandre

EP L Heure Bleue my name is Yanis hypnotized crave track for UsofParis blog united states of paris anniversary

YANIS, EP L’Heure Bleue
Y&I Records

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CONCERTS :
10 mars à Liège (Le Reflektor – plateau avec We Are Match)
12 mars à Bordeaux (Le Rocher de Palmer)
18 mars à Avignon (Les Passagers du Zinc)

22 avril à Lille (La Péniche)
26 mai à Saint-Étienne (Le Fil)

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Clarika interview selfie / De quoi faire battre mon cœur

Clarika, c’est de la sensibilité à l’état pur. Une accroche aussi directe, piquante, délurée qu’un peu plus grave dans ses textes. Elle nous revient avec un nouvel album dont le thème est certainement plus à vif que les précédents.
De quoi battre mon cœur est aussi élégant, poétique que chargé d’espoir… de concerts joyeux, comme elle sait si bien les réaliser.

Interview réalisée quelques jours avant d’entrer en répét’ pour sa nouvelle tournée.

Clarika nouvel album de quoi faire battre mon coeur visuel promo Franck Loriou photography label athome interview musique chanteuse

CLARIKA / INTERVIEW SELFIE

UsofParis : La conception de l’album a-t-elle été différente des précédents ?
Clarika : Elle l’a été en terme de collaborations.
Sinon, j’écris toujours mes albums au moment où je les fais. Je n’ai pas de fond de tiroir.
Je commence quand je me remets à l’écriture d’un album, face à ma page blanche. Ça dépend ensuite de l’air du temps, de ce que je vis, de mon inspiration…
En revanche, j’ai collaboré avec des équipes différentes.

Pourquoi avoir fait appel à la Maison Tellier ?
J’avais déjà une affinité artistique avec le groupe. J’avais invité le chanteur Helmut au Trianon. J’adore sa voix. Et pour ce qui est du compositeur, parce qu’il y a aussi Raoul Tellier qui a composé un tiers de l’album, il a fait partie des artistes que j’ai tout de suite sollicités et avec qui ça a collé.

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Quelle est sa touche, à Raoul Tellier ?
🙂 Justement, c’est sa touche ! En même temps, tout en respectant « mon univers ». C’est un mélodiste. Et, à chaque fois que je collabore avec quelqu’un, ce qui me touche c’est la mélodie.
Je ne réfléchis à la tonalité musicale d’une chanson quand je l’écris. Je livre le texte et quand il me revient avec une musique, j’essaie d’écouter la chanson comme si je ne l’avais pas écrite. Et après, ça devient instinctif, ça me touche ou pas.

Quand vous écrivez, votre texte est-il déjà musical ?
Je suis très attachée au format de la chanson. Mais dans l’absolu, je pense qu’un texte de chanson réussi est un texte que l’on peut lire. En tout cas, c’est ce que je ressens pour d’autres chansons qui ne sont pas les miennes.
Ce qui est intéressant, c’est aussi que la musique puisse décaler le propos ou le rendre plus profond. Dans tous les cas, elle lui donne un axe.

selfie exclu pour le blog #UsofParis
selfie exclu pour le blog #UsofParis

Après une rupture, comment réapprend-on la joie ?
Je ne sais pas. Je te dirai ça dans quelques mois.  🙂
Pour avoir vu autour de moi, je pense que c’est possible d’être à nouveau heureux-se. C’est universel, la question de l’amour.
Tout est histoire de temps en tout cas. Je pense, enfin j’espère.

Dans quelle mesure était-il nécessaire de se mettre à nue dans cet album ?
C’était impossible de faire autrement. Quand quelque chose qui vous arrive vous bouleverse terriblement… Je ne me suis pas, non plus, poser trop de questions. C’était cette émotion qu’il fallait que je raconte. Je ne me sentais pas, en tout cas, de me mettre dans la peau d’une auteure de chansons. Je ne peux pas tricher avec mes chansons.
Je me suis demandé, en revanche, si ce n’était pas trop lourd pour un album. Et je sais que les albums d’autres artistes que je préfère ne sont pas forcément les plus gais.

Est-ce quand même un album heureux ?
Le paradoxe ! C’était une période compliquée et, en même temps, c’était vertigineux de collaborer avec de nouveaux artistes. Les rencontres ont été simples et naturelles. Fred Pallem a pris la commande et tout s’est passé avec légèreté.
Heureusement, que ça ne s’est pas fait dans la douleur ! 🙂

 

Pourquoi avoir choisi Je suis mille comme titre d’ouverture de l’album ?
C’est une décision collégiale. Ce n’est pas forcément celle que j’aurais mise au début, je n’étais pas forcément convaincue. Et après discussion (maison de disques, musiciens, manageuse…), j’ai trouvé que c’était une super idée. Parce que c’est un titre ouvert, mais il parle de moi. D’ailleurs, je vais en faire le premier morceau de mes concerts. C’est une sorte d’hymne à la diversité, nous sommes plus qu’une image, un rôle…
C’est une ouverture pleine d’espoir.

Clarika concert Le Trianon Paris 23 février 2017 affiche tournée de quoi faire battre mon coeur album Far Prod

La Clarika 2016 sera-t-elle la même que celle d’avant ?
Je répète mon nouveau spectacle et je sais déjà que j’ai envie de retrouver l’énergie de la scène et des contrastes. Et j’ai choisi mon équipe en fonction de cette envie.
Et c’est ce que j’aime en concert : le contraste. Passer d’une atmosphère intimiste, pas forcément gai à quelque chose de plus fou. C’est ce que je suis en train de construire avec de nouvelles idées de scénographie. « Je n’ai pas changé ! »

Vous avez toujours la même émotion quand vous débutez un concert ?
En fait, c’est la scène qui me donne envie de faire de la musique. C’est ce que je préfère dans toutes les étapes autour de mes chansons. Démarrer un concert, c’est une émotion mais aussi un stress, un stress positif. C’est le moment le plus confortable et vertigineux.
Une fois que l’on a les chansons et qu’on les aime, après il n’y a que des bons soucis, c’est plus ludique. On peut partir dans toutes les directions.
Le plus dur étant la création.

Comment arrive-t-on à vivre sans shoot scénique ?
En fait, je tourne beaucoup mais de manière étalée, parce que j’ai une vie, j’ai des enfants. Et ça me plait de passer de périodes intenses à des moments plus calmes.
Mais quand je ne tourne pas pendant un moment, ça me manque. C’est aussi pour ça que je développe des projets parallèles pour pouvoir continuer à faire des concerts.
C’est le cas du spectacle avec Daphné. Nous faisons un pont entre nos deux tournées avec ce spectacle.

Daphé et Clarika
Daphé et Clarika

Quelques mots sur ce spectacle créé avec Daphné ?
Le thème du spectacle est Ivresses. C’est très vaste : sommeil, alcool, amour, la vie… Ça permet en fait de fédérer beaucoup de chansons. A partir d’un répertoire large (d’autres artistes et le nôtre), des poèmes viennent relier les morceaux. Ça va de Gainsbourg à Bowie, en passant par Barbara, Britney Spears…
Et ça nous amuse d’interpréter des chansons que nous aimons aussi.

 

Une chanson pour crier sa joie ?
En ce moment, j’écoute : It’s raining men (The Weather Girls). Elle donne la pêche, elle est drôle. Et vocalement, elle a une puissance terrible.

Dernière claque musicale ?
Je vais être super banale : Bowie ! L’avant-dernier album, The Next Day. Je le connais depuis longtemps. Et je l’ai réécouté par la force des choses. Ça me scotche encore. J’avais vu l’expo à la Philhamornie, j’y étais restée 4 heures.
Sa mort m’a touchée plus que je ne le pensais. Parce qu’il est associé à l’affectif. Parce qu’il m’a accompagnée. Et ça a touché beaucoup de monde autour de moi.
J’ai pu le voir en vrai, une seule fois, lors d’un showcase au Ministère de la Culture, il y a plusieurs années. Il ne m’a pas vue chanter, j’avais déjà fini mon tour de chant quand il est arrivé. Dès son entrée, il y a eu un mouvement de foule, on aurait dit le roi et la reine, avec Iman. C’était surréaliste !

Un lieu parisien où il fait bon de se retrouver seule ?
Il y a beaucoup d’endroits. J’adore le Jardin du Luxembourg. J’y suis toujours allée depuis toute petite et j’y ai emmené mes enfants. Il ne change pas, c’est un repère dans Paris.
Je l’aime beaucoup en hiver. J’aime le traverser toute seule ou accompagner.
J’y suis attachée.

Franck Loriou - photography
Franck Loriou – photography

Clarika
De quoi faire battre mon coeur, nouvel album
(Label Athome)

concert au Trianon (Paris)
le 23 février 2017

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Le groupe Namasté en interview-selfie – des albums à gagner !

Avec une seule chanson (Juste le temps), le groupe de fab guys nous a emballés alors que nous n’avions pas encore écouté le premier single de son premier album. Au-delà de l’euphorie que procure ces 12 titres, Namasté dégage aussi en interview une convivialité qui ne souffre d’aucune distance et de censure. La preuve dans ce qui va suivre.

Rendez-vous était donné dans la cour feutrée d’un hôtel du 9e avec deux des cinq membres du groupe : Raphaël Cornet (guitare, voix) et
Octavio Angarita (violoncelliste, choriste). Entretien sans filtre.

Groupe Namasté Raphaël Cornet Kenzo Zurzolo Reda Samba Benoit Dordola Octavio Angarita premier album Juste le Temps Belleville Music Moonkeys Music photo profil wearenamaste

INTERVIEW

Vous nous décrivez en quelques mots le projet Namasté, type marketing ?

Octavio : Namasté, c’est de la balle !
Raphaël : C’est un bel album, qu’il faut écouter, qui fait du bien. Qu’il faut écouter toute la journée, à n’importe quel moment.
Octavio : C’est un album de partage ! 
Raphael : Namasté c’est une musique très variée, une musique riche en influences.
Octavio : Une musique à notre image.

Une musique à votre image, donc chevelue et poilue aussi ?

Raphaël : 🙂 Oui, tout à fait ! Chevelue et poilue !
Octavio : 🙂

Un seul adjectif pour décrire chaque membre du groupe !
Octavio : Raph, je te laisse faire. Les adjectifs, c’est pas mon truc. J’étais mauvais à l’école !
Raphaël : Tu vas quand même être obligé d’en trouver un pour moi ! 🙂  Octavio romantique, Reda pragmatique, Kenzo lunaire.
Octavio : J’aurais plus dit lunaire pour toi.
Raphaël : Alors on garde lunaire effectivement, car ça me va bien !
Octavio : Kenzo, c’est le calme. Paisible. Benoit est dans la réflexion.
Raphaël : Il est cérébral !

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Quels bénéfices de participer aux concours : Paris Jeunes Talents, Lance-toi en live… ?
Raphaël
 : Un gros soutien au développement. Chaque concours entrepris – et on en a remporté quelques uns – nous ont aidés à nous développer. Que ce soit le Concours RATP qui nous ont ouvert les portes de festivals ; Paris Jeunes Talents, ça a été des concerts et un support financier. Avec le Ricard Live, on a joué devant des milliers de personnes et ils ont financé un EP. SFR nous a fait jouer à la Rochelle. 
Donc un gros soutien, de la visibilité, des connections. 
Octavio : Et une réelle préparation à la scène aussi. Même quand, au départ, on a quand même une expérience.
Raphaël : Ca nous a formés.

Selfie original exclu UsofParis d'Octavio et Raphaël
Selfie original exclu UsofParis d’Octavio et Raphaël

Juste le Temps, le premier titre de l’album, m’a accroché direct. Comment est-il né ?
Raphaël : Cette chanson a eu plusieurs vies.
Octavio : Il faut savoir que plusieurs de nos morceaux ont eu plusieurs vies. D’où le titre : Juste le temps. Cet album a été un travail très long. Long de se découvrir les uns les autres, de partager nos expériences, nos idées, nos différences aussi. 
D’apprendre à s’accepter les uns les autres.
Cette chanson a plusieurs vies à l’image de notre révolution. Elle a commencé dans une première matière guitare-voix. Ensuite, elle a pris une dimension électro, avec des beats, des sons très recherchés. Et puis petit à petit, nous avons essayé de réunir dans ce morceau toutes nos idées et nos influences.
Raphaël : Pour l’écriture, c’est un morceau que j’ai coécrit avec Patricia Lenoir avec laquelle j’ai aussi coécrit Lâche par l’Affaire, Ode au vent. Ca a été un travail passionnant. Juste le temps est profond mais il peut avoir plein de lectures différentes. Il parle d’un accès au bonheur, de la vie, du temps qui passe, de trouver sa place. Il est très vaste.
J’ai eu une écriture assez instinctive au départ, il y avait beaucoup de punchlines, de jeux de sonorités (syllabes, sonorités des mots). Il y avait un sens caché mais c’était très confus. Ce qui est incroyable, c’est que Patricia a réussi à lire tout ça et à sortir de moi l’essence et à trouver le fil conducteur. On y a passé du temps. C’était un vrai tour de magie.

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Patricia a plus réorganisé que réécrit ?

Raphaël : Pour tous les textes, j’apportais une base qui n’était pas assez construite, très décousue. Et on a fait tous les deux un travail de reformulation : « qu’est-ce que l’on veut dire ? Où est-ce qu’on va ? » Un vrai travail d’auteur, en somme. 
Moi, j’étais vraiment plus dans les sonorités, en fait. 
Les rappeurs français m’ont beaucoup donné envie d’écrire : Saïan Supa Crew, Mc Solaar, I AM… J’adorais la langue française chantée comme ça, déclamée. 
Patricia a donné du sens à mes propos.

Que t’a apporté ton expérience d’ingé son pour ta musique ?
Raphaël 
: De l’autonomie, le fait d’avoir son studio et de pouvoir enregistrer ses sons, ses voix… C’est une passion du son, partagée avec les gars. Une passion de la matière sonore. De faire des recherches, de transformer la matière. C’est ce que l’on a fait pour cet album.

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Quelle est la chanson la plus personnelle de l’album ? 

Raphaël : Lost, c’est la chanson avec laquelle je me suis mis le plus à poil, par rapport à ce que j’ai vécu. C’était une période où je n’étais pas bien, j’étais déprimé. Et je cherchais quelque chose à l’intérieur de moi, mais que je ne comprenais pas. J’étais perdu. C’est un moment important aussi qui nous forge et qui nous permet d’aller plus loin. 
L’écriture est simple, en anglais. « I’m lost in my world ». Les premières phrases ne sont pas faciles à assumer, mais elles traduisent ce que j’étais et ce que je ressentais à l’époque.
Octavio : Et Namasté, c’est la chanson qui nous met tous les 5 d’accord.
On s’y retrouve tous, plus ou moins.

Raphaël : C’est le morceau qui raconte le mieux le propos du groupe : l’envie de partage, de voyage. C’est l’identité du groupe ce morceau.

Quels artistes se sont penchés sur votre album pour les influences ?

Octavio : Coldplay
Raphaël : Police, Archive.
Octavio : Shakira ! 🙂

Raphaël : Beaucoup d’artistes. On a tous un background très différent. De la musique du monde au groove, en passant par le classique (Rachmaninov). Et aussi le jazz.

Vous rêvez en musique ?

Raphaël : Oui. Justement, cette nuit, j’ai rêvé que je faisais des rythmes avec Reda. On faisait de la percu sur une espèce de darbouka…

En lisant vos interviews, votre propos est posé. On a vraiment l’impression que vous êtes adorables. 5 mecs ensemble, ça se frictionne quand même ?

Octavio : Comme dans tous couples, après 10 ans de vie commune, il se passe des choses.
Raphaël : Y’a de la vie !

Octavio : Ca bouge, il y a des caractères très différents. Certains sont en retrait, d’autres plus en avant. Parfois, il faut rentrer dedans, parce que ça permet de grandir et de remettre les idées en place, et son ego aussi. Faut apprendre à recevoir et à donner.

Une leçon de scène avec Julien Doré, en faisant ses premières parties ?
Octavio : Pas une leçon de scène. Il est charismatique !
Raphaël : C’est un interprète incroyable. Sur scène, c’est un vrai showman.



Et avec Frero Delavega ?
Raphaël : Une simplicité. Un succès qui vient progressivement pour devenir énorme. Et des gars qui restent simples. Malgré un emploi du temps très chargé.
Octavio : Je les ai découverts à la Cigale avec un groupe qui a évolué depuis. Le batteur a changé, un guitariste aussi. Et voir l’évolution, c’est extraordinaire.

Vous vous projetez quand voyez ces artistes en live ?
Raphaël : J’ai arrêté ça ! 🙂

Octavio : On s’est projeté avant de rencontrer ces artistes. Je me projette dans la musique depuis que j’ai 5 ans. Donc forcément, voir ces gens, ça donne envie d’aller encore plus loin. De mettre en place un show. Trouver cette même force, cette même rigueur.

Vos premiers lives pour la sortie de l’album sont à la hauteur de vos attentes ?

Raphaël : Il faut qu’on se remette en route. La machine a besoin de se roder en live. Donc a besoin de jouer en continu pour retrouver cette énergie, pour qu’on s’incarne. Il y a eu, pour le moment, trop peu de dates pour que la machine se remette bien en route. Les petites salles ont aussi une énergie particulière, il faut rentrer dedans. 
On a besoin de tourner, là.

Une anecdote de concert ?
Octavio
 : Il y a 5-6 ans, Kenzo qui s’est vautré de son siège, en plein show. Tout au début du concert, solo de clavier, Kenzo se lève et d’un coup plus de siège. Par terre !

La chose la plus folle que vous pourriez faire pour faire connaître à un maximum de monde votre musique ? 

Octavio : Faire un clip tout nu. C’est ce qui marche le mieux en ce moment. 🙂 Ca n’aurait pas trop de rapport avec notre musique… Mais pourquoi pas ? 
Moi, ça ne me dérangerait pas.
Raphaël : Ah le naturiste ! 🙂
Octavio : Tant qu’il y a une barre noire.

Raphaël : Déjà fait !

Octavio : Exister déjà, c’est une chose assez folle.
Raphaël : Faut me présenter des projets. Je ne me mettrai pas à poil. Mais je suis très aventurier. J’aimerais faire une tournée en Inde. Ça ferait connaître notre musique loin d’ici. Je suis prêt en tout cas à faire beaucoup de choses.

Votre dernière claque musicale ?

Octavio : Je suis très surpris par Rhye qui est un super groupe. 
Mon frère les a découverts en festival à la Villette et me les a fait connaître. 
Il y a Bill Laurance aussi, hallucinant pianiste, compositeur, qui joue avec les Snarky Puppy. Son album m’a rempli d’émotions, m’a fait tirer les larmichettes. Quelle richesse musicale !

Une chanson pour parler d’amour ?
Octavio
 : Elton John !
Armo (l’attachée de presse du groupe) : T’es pas sérieux ? 🙂

Octavio : Si ! 🙂
Raphaël : Une chanson de Fink, de son premier album Kamlyn. Un texte certainement écrit pour la femme qu’il aime.
Octavio : Bon alors un petit Stevie Wonder pour faire plaisir à Armo ! My Cherie Amour ! « Direct tu pécho », c’est ma réponse ! (soufflée par Armo).

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Une chanson qui fait voyager ?
Raphaël 
: La chanson de Zap Mama, 5 nanas qui chantent a cappella : Take me Coco. C’est trop beau.
Octavio : To Built the Home de Patrick Watson avec Cinematic Orchestra
.
Raphaël : C’est un voyage intérieur.
Octavio : Le plus beau voyage qui soit !

 

Namasté
Premier album : Juste le temps 
(Belleville Music, Monkeys Music)

Concerts :
6 février à Vauréal
d’autres dates à venir prochainement !

Pochette album Juste le temps du groupe Namasté wearenamaste musique photo united states of paris blog usofparis

CONCOURS

Nous vous offrons des exemplaires dédicacés de l’album de Namasté, Juste le Temps, à recevoir directement chez vous ! Oui oui.

Pour cela, rien de plus simple, remplissez le formulaire ci-dessous avant le vendredi 22 janvier 2015 à 23h59. Et n’hésitez pas à nous laisser un commentaire ou à souhaiter l’anniversaire du blog (qui a 5 ans ce mois-ci).

LE PLUS : une chance supplémentaire de gagner sur Twitter ! En suivant le compte @USOFPARIS et retweetant le concours.

Les gagnant(e)s seront tiré(e)s au sort parmi les inscrits sur le blog et participants actifs sur Twitter. Ils recevront un mail leur confirmant leur lot : 1 CD (envoyé directement par courrier).

Concours Namasté
Sending

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ET PENDANT CE TEMPS SIMONE VEILLE ! Rencontre avec Trinidad et ses interprètes

A l’issue d’une représentation de la réjouissante pièce Et pendant ce temps Simone Veil, au Studio Hébertot, nous avons échangé, aux côtés d’autres blogueurs et blogueuses avec Trinidad, Serena, Fabienne, Agnès et l’envie de chantonner à cœur joie : Veil, la chanson parodique sur l’air célébre Belle de Richard Cocciante, signée Trinidad.

« Veil,
Ce nom-là sonne pour nous comme un réveil,
De 20 siècles de désir mis en sommeil,
En séparant la grossesse du désir charnel,
Tu nous as donné la clé pour le 7ème ciel,
Pour la pilule, moi je dis : Merci Simone,
Tu m’as été bien plus utile que la Madone,
Merci pour l’IVG et la péridurale
C’est plus sympa de donner la vie sans avoir mal
Merci d’avoir fait d’une femme une personne
Tant pis pour celles préfèrent être des sili-connes… »

Et pendant ce temps Simone Veille nouveau spectacle de Trinidad avec Agnès Bove Serena Reinaldi et Fabienne Chaudat Studio Hébertot Paris affiche pièce photo de scène
ENTRETIEN

Trinidad, d’où vous est venue l’idée du spectacle ?
Trinidad
: L’idée est venue de l’affaire Strauss Khan. Je me suis dit ce n’est pas possible qu’en 2011 on entende dans les médias des choses comme cela, pas en France. Moi, qui suis fille d’immigrés, moi, qui ait pu avoir la vie que je voulais dans ce pays ce n’est pas possible. Et très vite l’idée s’est imposée de dire parce que c’est le seul moyen d’expression pour moi il faut rappeler qu’on est peut-être la dernière génération qui s’est battue et que nos acquis sont très récents et tout peut repartir très vite en arrière. J’avais déjà travaillé sur d’autres spectacles sur la transmission familiale, les secrets de famille, le Trans générationnel, et cela m’a paru évident comme cela de le faire sous forme de 3 lignées de femmes avec un personnage extérieur. Au début je le pensais chanter mais c’est sorti comme cela.

La chanson est arrivée très vite dans l’écriture du spectacle ?
Trinidad :
La dernière chanson VEIL existait bien avant le spectacle. C’est une parodie que j’ai faite il y a plus de dix ans. Il y a une petite histoire autour de ça. Un jour, j’étais à la Fnac Saint Lazare, je vois pour les 50 ans du planning familial une rencontre avec Simone Veil et la directrice du planning familial. Et moi naïve, je me dis je vais aller lui offrir mon texte. J’arrive dans une salle de 100 personnes, elle arrive par une allée centrale et au bout de 20min, il a fallu l’évacuer par les agents de la sécurité tellement elle s’est fait insultée, agressée, comme à l’Assemblée nationale en 1974.

C’était quand ?
Trinidad :
C’était en 2006. Et je me suis retrouvée avec mon petit texte et une frustration énorme et un chagrin énorme en me disant ce n’est pas possible, ce n’est pas possible et c’était il y a dix ans, c’était bien avant ce que nous sommes en train de vivre maintenant cette arrivée de niqab ; du voile ; de tout cela. J’ai toujours chanté, texte et chanson. Je ne suis pas chanteuse mais je ne peux pas ne pas chanter, et j’ai toujours fait ce genre de mélange. J’ai choisi de passer d’une époque à une à travers une chanson dans la pièce.
Libido, Les rois mages, Ivg, Pour que tu rames encore ont été créées pour la pièce.

Serena : Quand Trinidad m’a proposé de faire partie du projet, j’étais juste ravie, parce que dans mon parcours professionnel je travaille dans les prisons, dans les Zep et ce spectacle pour moi est le couronnement de ce travail là. C’est un spectacle pédagogique, en même temps drôle qui fait passer la pilule.
Je pense qu’aujourd’hui, en plus des évènements des attentats, le gouvernement est dans l’urgence et la culture doit être un plat de résistance. La culture est nécessaire pour les jeunes générations. Ils doivent apprendre par le corps comme le théâtre peut le faire, la signification de certains mots comme la laïcité, le féminisme.

Trinidad : Et surtout le féminisme correspond à une époque.
Aujourd’hui, on a l’impression de dire un gros mot quand on dit féminisme mais il correspond à une époque. On voit bien que les femmes reviennent de loin. A un moment donné cela a explosé. Et il y avait des hommes derrière ces combats. C’est ce que l’on dit à la fin du spectacle, il faut que cela se fasse avec les hommes. C’est aussi une affaire d’hommes. Quand on est au pays des droits de l’Homme, si la moitié de la population n’est pas libre, l’homme n’est pas libre. Les nouvelles générations qui se refoutent dans la religion ne comprennent pas que la liberté de l’un dépend de la liberté de l’autre. Il y a des hommes qui vous le disent quand les femmes n’ont plus eu cette angoisse d’être enceintes, libres dans leurs corps cela a été aussi une liberté pour les hommes.

Serena : Une personne qui est privée de sa dignité et de ses droits civiques n’est plus une personne. On ne peut pas lui demander de faire partie de la vie commune. Que l’on soit un homme ou une femme, il faut que la dignité soit construite aussi dans le regard de l’autre.

Trinidad : Toute notre génération se déclare du mouvement féminin plutôt que du féminisme. On se soucie de faire avec les hommes. Il n’y a aucun rejet et c’est, cela qui est super. Donc j’ai plutôt envie de rajouter : “et maintenant on fait quoi ?” Tout est là pour avancer ensemble.
J’ai constaté en écrivant la pièce que jusqu’à une époque les femmes se battaient ensemble. Aujourd’hui, chacun se bat avec lui-même. Tout le monde est en thérapie, tout le monde cherche une porte de sortie. On se bat surtout avec soi-même. C’est important pour moi de parler des années 90, parce qu’il y avait d’un côté les femmes de pouvoir et la déferlante des tops model. Si on se compare à l’autre, on est plus dans l’empathie, on est dans la rivalité. Alors que si l’on est ensemble autour d’un même combat, on est dans l’union, dans l’amour, on accepte la différence de l’autre.

Photo de scène nouveau spectacle Et pendant ce temps Simone Veille de Trinidad avec Agnès Bove Serena Reinaldi et Fabienne Chaudat Studio Hébertot Paris affiche pièce

Saviez-vous que les tops model masculins sont moins bien payés que les tops model féminins ?
Serena :
Ah mais c’est terrible ! 🙂

Trinidad : Ce que je trouve dommage aujourd’hui, c’est que les parents n’ont pas été capables malgré toute la libération sexuelle, d’expliquer juste qu’un acte sexuel c’est beau. Les nouvelles générations ont ingurgité du porno, des images violentes, ce qu’on montre à la télé, c’est hallucinant.

Serena : Je travaille dans les Zep, dans le cadre du programme « Jeunes pour l’égalité » en Ile de France mis en place par Henriette Zoughebi (Front de Gauche). Nous, les artistes, aidons les professeurs. Les professeurs sont dans un conflit de loyauté entre les parents et l’école. Ils n’ont pas ce rôle-là. Nous aidons les jeunes générations à se construire, à développer leur libre arbitre parce qu’au fond c’est ce bagage-là qui va les aider à faire des choix, à sélectionner les images qu’on leur expose. Les jeunes ne sont pas encore entièrement construits et l’école doit être un espace de construction. Le théâtre et la culture doivent soutenir cet espace-là.

Trinidad : On ne serait pas arrivé là, si la culture n’avait pas déserté les banlieues. C’est Agnès qui le disait très justement, avant il y avait le parti communiste qu’on adhère ou pas, en tout cas il amenait une certaine culture. Le metteur en scène nous racontait que sa mère était analphabète et parce qu’ils habitaient dans une banlieue communiste, il avait accès à l’opéra et au théâtre. Elle l’emmenait. Depuis que la gauche est entrée sur la scène politique, la culture s’est retirée et cela a laissé la porte ouverte à d’autres choses.

Serena : Je pense que le ministère des droits des femmes ne devrait pas aujourd’hui exister. S’il a encore besoin d’exister, c’est qu’on a encore besoin d’une béquille.

Tous les mercredis, à l’issue du spectacle, des femmes exceptionnelles rencontrent le public. Comment vous est venue l’idée ?
Trinidad
 : L’idée est née avec Michèle Fitoussi, auteur d’une biographie sur Helena Rubinstein. On se connait depuis dix ans. On s’est rencontré dans l’émission « le fou du roi » à France Inter. Au mois de mai dernier, autour d’un thé, Michèle me racontait la vie d’Helena Rubinstein. Cette femme est partie de rien. Elle a bâti un empire qui a révolutionné la cosmétologie. Elle a sorti la beauté des théâtres et des chambres des prostituées pour la mettre au service des femmes. Michèle souhaitait en faire un spectacle. Et j’ai aussitôt constaté que nous manquons de modèles féminins aujourd’hui. Qu’est ce qu’on offre aux jeunes générations Nabila ou Nadine Morano ? Il y en a des femmes chercheuses, des femmes écrivains dans notre société et c’est ainsi que j’en suis venue à proposer à Michèle d’intervenir à la fin du spectacle et que j’ai sollicité aussi bien Michèle Cros, artisan herboriste de beauté, Ma.J Brickler, directrice de l’école du bonheur et créatrice de chapeaux.

Propos recueillis par Georgia B

Et pendant ce temps Simone Veille nouveau spectacle de Trinidad avec Agnès Bove Serena Reinaldi et Fabienne Chaudat Studio Hébertot Paris affiche pièceET PENDANT CE TEMPS SIMONE VEILLE !

jusqu’au 10 janvier 2016

Mardi à Samedi : 21h
Dimanche : 15h

Studio Hébertot
78bis Boulevard des Batignolles
75017 PARIS

Distribution:
Trinidad
: Marcelle, Marceline, Marciane et Marcia
Serena Reinaldi : Giovanna, Giovanninna, Gina et Janis
Agnès Bove : France, Francine, Framboise et Fanfan
Fabienne Chaudat : Simone qui veille sur les droits des femmes

Texte féminin de Trinidad, Corinne Berron, Hélène Serres, Vanina Sicurani et Bonbon

Mise en scène masculine par Gil Gaillot

BON A SAVOIR !
Tous les mercredis, à l’issue du spectacle, des femmes exceptionnelles rencontrent le public.

Mercredi 16 décembre : Baabou Clément
Mercredi 6 janvier 2016 : Ma.J Brickler

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Isabelle Carré interview lumineuse pour De l’Influence des rayons gamma au Théâtre de l’Atelier

Isabelle Carré s’engage pour la première fois dans le rôle de metteuse en scène pour la pièce De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites au Théâtre de l’Atelier à partir du 17 décembre. Une première pour l’actrice et comédienne qui se joue des contraintes en collaborant avec de jeunes actrices de cinéma, novices sur une scène de théâtre et dans un dispositif d’alternance pour deux d’entre-elles. Sans oublier qu’Isabelle Carré joue également dans la pièce.
Cette pièce promet une proximité de la troupe artistique avec le public : “Il n’y aura pas de 4e mur!” nous confie-t-elle.


Interview sur le plateau du Théâtre de l’Atelier face aux rangées de fauteuils vides avec la “jeune” metteuse en scène, souriante et d’une décontraction rare, accompagnée de l’une de ses interprètes, Lily Taïeb, âgée de 15 ans.

photo Carole Bellaiche
photo Carole Bellaiche

INTERVIEW 

Comment s’est fait le choix du texte ? C’est une rencontre ?
Isabelle Carré : C’est tout à fait ça, une rencontre ! Je me suis inscrite dans un atelier d’écriture organisé par Philippe Djian et j’ai rencontré Manele Labidi-Labbé. J’ai tout de suite adoré son écriture. Elle est scénariste, elle travaille sur des séries et est aussi jeune auteure (elle n’a pas publié de premier roman mais ça ne serait tarder, je pense). Elle m’a parlé de ce texte et je me suis dit tout de suite après l’avoir lu : je crois n’avoir jamais vu au théâtre ce trio de femmes, une mère seule avec ses filles. On a beaucoup de famille, nombreuse, des couples, des amis, des sujets politiques.
D’ailleurs, j’en parlais avec le journaliste et critique Gilles Costaz, qui a quand même un long passé de spectateur derrière lui. Et je lui ai demandé s’il connaissait un spectacle avec cette configuration de personnages et il m’a répondu non.
Cette singularité est finalement très actuelle : des mères qui élèvent seules leurs enfants. Même si ce personnage de Béatrice n’a rien d’admirable dans le sens où c’est quelqu’un d’assez nocif pour ses filles. Et c’était le deuxième aspect de la pièce qui m’a plu qui aborde le concept de résilience (cher à Boris Cyrulnik). Pourquoi certaines personnes qui ont la même histoire dans une famille, subissant les mêmes traumatismes, se retrouvent avec des blessures qui ne guériront jamais alors que d’autres feront de ces blessures une force.
Cette problématique m’a beaucoup questionnée et j’en trouve enfin un écho dans cette pièce.

Quelle est la spécificité de l’écriture de Manele Labidi-Labbé ?
Isabelle : J’avais envie de dépoussiérer l’histoire adaptée au cinéma mais de la garder dans l’ambiance des années 70 car c’est mon enfance. Un univers plus coloré, plus naïf mais avec beaucoup moins de cadres de la part des parents. C’était : “A bas les cadres !
Beaucoup d’enfants post-soixante-huitards, c’est mon cas, se sont retrouvés dans un joyeux bordel. Et le plateau représentera cet aspect : il sera bordélique !
Ce que j’ai demandé à Manele c’est aussi de faire ressortir l’humour de Béatrice, son côté cinglant. Son sens de la formule.

photo de Nicolas Le Forestier
photo de Nicolas Le Forestier

Qu’est-ce qui te touche dans ce texte, Lily ?
Lily Taïeb : J’ai dit à Isabelle un jour que ce n’était pas du tout mon genre de théâtre.
Isabelle : Elle aime les choses très classiques !
Lily : Et quand j’ai lu, j’ai compris la singularité et la tournure qu’ont voulu faire prendre Isabelle et Manele à la pièce par rapport à un texte original très 70’s – même si on est dans ce revival hipster…
J’ai trouvé passionnant de participer à ce projet à la fois dans le coup et très désuet.
C’est très intéressant de faire en sorte de remettre ce texte au goût du jour, sans pour autant le moderniser. Ce qui me touche, en fait, c’est l’adaptation très subtile.
Et puis le rôle de Mathilda aussi : très difficile à cerner mais pourtant plein de sens.

Qu’est-ce qui, dans cette histoire, va parler aux spectateurs de 2015 ?
Isabelle : Le rapport à la mère est très puissant. Le rapport aux rêves aussi, ce qui parle à tout le monde. Ce fait de rêver quand on débute sa vie de jeune adulte et ce à quoi on est parvenu. L’écart qui peut y avoir entre ces deux images. Et la blessure narcissique qu’elle occasionne dans le personnage de Béatrice, d’où cette violence et son incapacité à supporter que ses filles puissent la dépasser.
Il y a vraiment beaucoup d’angles abordés. L’histoire est subtile (pas de caricature avec de grosses ficelles) mais elle est très riche aussi.
Lily : Toutes ces choses sont sans doute très angoissantes pour plein de gens. Et on se rend compte qu’en les mettant en scène, dans un espace-temps différent, ces situations peuvent être finalement rassurantes pour les spectateurs car elles sont intemporelles et universelles.

L’idée de mettre en scène est-elle venue naturellement ?
Isabelle : Ca faisait un moment que j’y pensais, mais sans vraiment me l’autoriser. J’avais eu un coup de coeur pour le texte de Joan Didion, L’année de la pensée magique. J’avais même demandé à ma mère de faire l’adaptation française. J’étais venue dans ce théâtre pour monter le projet. Mais j’ai eu un blocage : je voulais absolument que Nicole Garcia interprète le rôle. Elle était intéressée mais elle a trouvé ce texte trop dur.
J’ai essayé de chercher une autre interprète, sans pouvoir oublier Nicole Garcia. Je suis passée à autre chose.
Et puis, en lisant le texte de Manele, je me suis dit que c’était ce genre d’histoire que j’aimerais raconter sous toutes ses coutures : de l’intérieur et de l’extérieur. Pouvoir tourner autour de l’objet tout en pouvant le vivre. Je voulais m’emparer de cette histoire.

Cette première mise en scène vous a-t-elle fait remonter des souvenirs de metteurs en scène avec qui vous avez collaborés ?
Isabelle : J’ai beaucoup pensé à Irina Brook. Parce qu’elle nous faisait faire beaucoup d’exercices. Ce que l’on a fait au début avec Alice, Lily et Armande pour cette pièce. Irina a une façon de créer une atmosphère. Je ne dis pas que j’y parviens mais j’ai un tel souvenir de détente le soir de la première, grâce à son travail. C’est quelque chose qui me ferait rêver, pas tant pour moi que pour mes comédiennes. J’espère qu’on y arrivera.
C’est pour cela qu’il faut du temps, beaucoup d’énergie aussi. J’ai décidé de débuter les répétitions le 25 septembre pour y arriver. On répète peu en journée mais tous les jours, en revanche.
Je sens que ce temps, d’avoir posé toutes les questions, d’avoir posé tous les doutes sur le plateau, a été nécessaire. Et j’espère que nous serons dans cette détente le soir de la 1ère.
J’ai aussi beaucoup pensé aussi à Zabou Breitman, à Jean-Luc Boutté, une immense rencontre qui m’a beaucoup marquée par son exigence du théâtre. Sa façon de nous écouter, de nous regarder, d’être dans une attente si exigeante. Cette pureté m’a complètement bouleversée. J’avais 20 ans et c’était pour le rôle d’Agnès dans L’École des femmes.

Lily Taieb actrice et comédienne pièce De l influence des rayons gamma sur le comportement des margerites Théâtre de l Atelier paris portrait photo

Isabelle Carré a-t-elle eu des mots qui ont été réconfortants pour aborder ton rôle ?
Lily : Je n’avais pas forcément approché mon rôle de Mathilda du bon côté. Et je me suis rendue compte avec les répétitions et surtout avec ce que m’a dit Isabelle que Mathilda n’était pas quelqu’un de désespéré. Elle est solaire mais aussi un personnage très droit et très taiseux. Et je ne suis tellement pas comme ça que ce n’était pas évident d’assimiler. Mathilda a aussi plusieurs couleurs et elle est très touchée par la vie.
Et je galère encore un peu. On ne sera jamais au zénith, chaque représentation sera une sorte de méga répétition.
Isabelle : Mathilda voit la beauté dans le noir…

Diriger de jeunes comédiennes demande-t-il plus d’attention ?
Isabelle : Pour ne pas vous le cacher : je suis pressée de répéter avec Lily car ça fait 4 jours qu’on n’a pas travailler ensemble. C’est le moment où la sauce monte et c’est un moment merveilleux.
Le fait d’anticiper les choses a été bénéfique. Heureusement que j’ai pensé à ce travail long, en débutant très tôt les répétitions. Ce qui a étonné l’équipe du théâtre.
Il faut aussi penser à cette difficulté d’élargir le jeu des comédiennes sans dénaturer leur fraicheur et spontanéité. S’il y a quelque chose que je n’aime pas au théâtre ce sont les voix placées, les fins de phrases sur lesquels on insiste et aussi le maniérisme de certains acteurs qui prennent parfois un accent pour montrer que le texte est intellectuel. Tout ça ce n’est pas le théâtre que j’ai envie de voir.

photo CinéWatt
photo CinéWatt

Jouer dans sa propre mise en scène, c’est plus de plaisir ou de contraintes ?
Isabelle : C’est étrange ! 🙂 J’ai l’impression à la fois de ressentir les choses davantage de l’intérieur. D’écouter encore plus mes partenaires et d’être proche d’elles.
Et en même temps, il ne me manque pas de vision extérieure puisqu’il y a Manele, pour qui c’est aussi une première fois en tant qu’assistante.
C’est une première fois pour toute l’équipe d’où le risque de se retrouver devant un objet non identifié.
Ce qui est étrange, c’est que sur tous les aspects ou détails sur lesquels je pensais avoir des doutes, des difficultés (la scénographie, la mise en scène) tout s’est bien passé. A l’inverse, les points sur lesquels j’étais sans doute présomptueuse, ou je pensais que c’était ma partie (la direction d’acteurs, par exemple), c’était plus problématique.
C’était plus facile d’avoir des images, un dessin que de trouver les mots justes.

Votre sommeil est-il serein ?
Isabelle : J’ai rêvé de la pièce toute la nuit ! Mais en bien. J’ai bossé, en fait !

La perspective de la première est ?
Isabelle : Réjouissante !
Lily : C’est très intéressant et moderne. C’est maintenant et à aucun autre moment.
Isabelle : On parle beaucoup du moment présent, en fait. Quand il y aura enfin le public dans la salle, le spectacle se réinterprètera. Mais s’il y a une chose vraiment nécessaire : c’est la présence et l’énergie.
Lily : Je m’inquiète d’être bien maintenant, pendant les répét’. Et plus tard, je m’inquiéterai quand on sera sur scène.

L’adhésion du public est préoccupante aussi pour vous ?
Isabelle : J’y pense bien évidemment. Mais la chose qui m’importe le plus c’est surtout de ne pas passer à côté de quelque chose. Et d’avoir le plus de correspondance possible avec ce que j’ai en tête. Que l’ensemble soit fidèle à ce que je veux dire de la pièce. Que ce soit le plus honnête, le plus juste pour moi et ce que nous avons découvert ensemble.
Affiche pièce de l influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites mise en scène Isabelle Carré avec Alice Issaz Lily Taieb Armande Boulanger Théâtre de l Atelier Paris

De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites
de Paul Zindel
Adaptation : Manèle Labidi
Mise en scène : Isabelle Carré
Avec : Isabelle Carré, Alice Isaaz, Lily Taïeb et Armande Boulanger en alternance

PROLONGATIONS jusqu’au 6 février 2016
du mardi au samedi à 19h
matinée le samedi à 17h

au Théâtre de l’Atelier
1 place Charles Dullin
75018 PARIS

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Shirley Souagnon totalement Free sur sa tournée ! Interview selfie

Laisser le choix au public, c’est le pari fou et ambitieux que la comédienne, humoriste et show woman, Shirley Souagnon a voulu pour la tournée de son spectacle Free en France. Villes, premières parties, prix des places, etc., c’est le public qui choisit via une plateforme participative.
Avant son passage à la Cigale à Paris, le vendredi 11 décembre, elle nous a donné au restaurant très années 50 de l’Hôtel Platine dans le 15e pour une interview cash.

Shirley Souagnon spectacle Free à la Cigale Paris avec le groupe The Krooks one woman show et concert
INTERVIEW !

USofParis : Comme beaucoup, on t’a connu avec On ne demande qu’à en rire, tu gardes de bons souvenirs de cette émission ?
Shirley Souagnon : Oui, je garde des bons souvenirs. Si tu m’avais demandé « est-ce que tu en gardes des mauvais ? » je t’aurais dit oui aussi. 🙂 C’est la vie en fait ! C’est vraiment une expérience hyper incroyable. Ça faisait 3 ans que je faisais de l’humour donc c’était très jeune, et d’un coup je me retrouve en télé, je dois faire des sketches qui doivent être très marrants. C’est un métier qui s’apprend sur de nombreuses années, donc c’était une expérience particulière mais qui m’a beaucoup appris.
Et il y a eu des moments de génie, on ne sait pas pourquoi ça marche alors qu’on n’a pas écrit. Des fois, on arrivait avec des sketches super écrits et on se prenait des tollés et puis des fois on arrivait avec des trucs écrits à la dernière minute et c’est ce qui marchait le mieux. J’ai appris beaucoup.

L’émission t’a permis de faire des rencontres ?
Du côté production, oui. Après du côté humoristes, on se connaissait tous déjà, parce qu’on fait beaucoup de scènes ouvertes, de festivals, de galas ensemble.

Free, c’est le nom de ton spectacle avec lequel tu tournes depuis un an. Tu te sens totalement Free aujourd’hui ?
Oui oui ! Je pratique la liberté et je la paie. Je paie ma liberté professionnelle car je suis productrice et ça me demande ma vie. Mais j’aime ça car je suis passionnée. Il y a des moments où je ne suis pas loin de vraiment faire des comas, en termes de fatigue, car j’ai tendance à tirer sur la corde aussi. Je fais deux métiers. Mais je me complète et je m’épanouis comme ça. Je ne sais plus quelle était la question, mais j’avais envie de parler de moi (rires).

C’est bien ça. Je voulais savoir si tu te sentais Free, tu as bien répondu.
Tu vois : je suis tellement Free que je ne sais plus où on va ! 🙂

Selfie original exclu blog UsofParis
Selfie original exclu blog UsofParis

C’est un projet fou quand même, cette plateforme participative, c’est toi qui en a eu l’idée ?
Oui, c’était un mix entre une idée d’humoriste et une idée de productrice. L’humoriste parle beaucoup avec ses fans et la productrice cherche des solutions pour gagner de l’argent. Je me suis dit qu’on parlait tout le temps sur Internet avec le public, souvent ils te demandent des villes pour que tu viennes jouer en tournée, tu leur dis : « Hey, je joue au Mans ! » Ils te font : « Non mais viens à Lille ! »
T’es là : « Mais ta mère ! » quand je vous dis que je vais à Lille vous me dites viens au Mans et au final, choisissez la tournée vous-même. C’est comme ça que l’idée est venue. Pour le moment, ce n’est pas un projet argent, c’est vraiment un projet sur le long terme, un lien de communication avec le public profondément. Au-delà de faire une billetterie, il y a aussi le fait de partager un vrai tchat’ avec les gens sur un sujet, de les faire choisir les premières parties, de permettre à des artistes régionaux de se montrer dans une salle pour laquelle ils n’ont pas forcément les moyens de l’avoir seul. Créer du trafic en fait. Internet et le monde dans lequel on vit aujourd’hui c’est ça en fait, créer du trafic mais souvent pour rien. Et je trouve ça cool que dans ce trafic là il y ait de l’enrichissement, et de tout le monde !

Tu en es venue là car tu n’avais pas de producteur qui s’intéressait à toi ou c’est vraiment par envie de produire toi-même ?
Ah non non non, moi j’ai arrêté. J’étais signé en production et je leur ai dit que j’avais envie d’arrêter et de me produire moi-même. C’est vraiment un choix. Si ça ne l’était pas, je ne serais pas du tout épanouie aujourd’hui. Je me sentirais juste mal, comme une célibataire, tu vois : « Non, j’aime bien ma vie, ça va, je vais en boîte tous les week-ends. Je me fais sauter par des inconnus. » Super ! Non ça va je kiffe ma vie. La base de la liberté, c’est de faire le choix.

Pas trop stressant de voir la jauge au jour le jour se remplir ?
Non ça va, je vois plus ça comme des objectifs à atteindre. « Aujourd’hui, on avait dit qu’on serait à temps et finalement non”. Je me dis que ça nous donne un challenge en plus. Je vois ça comme des challenges et pas comme des obstacles.

Shirley-Souagnon-Free-the-one-woman-funky-show-spectacle-photocall-Le-Grand-Point-Virgule-paris-humour-engrenages-fun-happy-face-photo-by-United-States-of-ParisSur le site web, on peut te proposer des villes pour venir jouer, comment vous choisissez ensuite ?
C’est hyper compliqué à mettre en place ça. Il faut beaucoup attendre. Tu ne peux pas dès qu’il y a une proposition de villes la mettre en place car il y a beaucoup de paramètres à gérer, qui ne sont pas financiers mais logistiques, surtout avec Free qui déplace des musiciens, par exemple. Clairement, on ne peut pas jouer à Nantes si on est à Marseille la veille, des conneries pareilles. On fait selon le nombre de demandes et ensuite de la logique. C’est nous qui choisissons les dates, pas les gens, parce que faut pas déconner quoi ! 🙂

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J’imagine que vous avez des propositions farfelues ?
Pas encore des conneries. Des gens ont proposé la Pologne, mais je ne suis pas sûre que ce soit une vraie proposition. Y’a eu des trucs cool en Afrique, beaucoup l’Amérique du Sud aussi. Comme il y a des expatriés partout… On nous a aussi proposé l’Italie…

Tu montes sur scène avec un groupe de musique, The Krooks, dont tu as produit le premier album. Pourquoi la musique, d’un coup ?
J’ai fait ça au feeling. J’aime beaucoup la soul music et le jazz, je trouve que c’est très peu produit en France. Maintenant, je comprends pourquoi. J’en produis et je comprends ce que c’est que de produire des musiciens et de produire une musique qui est vraiment contre toute société de consommation.

Comment as-tu rencontré le groupe ?
C’est un pote qui nous a présenté quand je cherchais des musiciens pour le spectacle. Il m’a dit qu’ils me correspondaient vraiment bien. Et c’est vrai ! C’est les mecs avec qui j’ai le plus accroché, avec qui il y a eu le feeling tout de suite, un vrai esprit de famille.

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Et du coup tu chantes ! J’ai vu quelques vidéos sur le net, mais tu chantes même très bien ! C’était un don caché ou c’est quelque chose que tu as travaillé pour ce show ?
Mon assistante qui est vraiment chanteuse, elle aurait entendu le mot “don“, elle aurait été morte de rire car elle se fout de ma gueule quand je chante.
Je n’ai jamais pris de cours, ça me stresse. Je n’aime pas prendre des cours pour apprendre des trucs. Et la soul music, c’est la musique de l’âme. C’est vraiment un truc que je ressens et j’ai toujours aimé chanter. On me fait beaucoup de compliments sur le fait que je chante bien, je suis super contente. Après tant mieux car je chante dans mon spectacle donc autant que les gens aiment ça. Mais ça n’a pas toujours été le cas. Dans mon adolescence, j’adorais chanter dans les spectacles de fin d’année et on m’a toujours dit « Ne chante surtout pas ! » Je chantais très faux effectivement, mais c’était l’adolescence. Je chantais très mal, je dansais très mal, je n’étais pas bien dans mon corps. Ça m’a lancé un challenge, il ne faut surtout pas me dire de ne pas faire un truc.

Comment as-tu réussi à trouver l’équilibre entre les chansons et les sketches pour ne pas perdre le rythme du spectacle ?
C’est très dur de rebondir après une chanson et je m’en suis rendu compte au fur et à mesure. C’est en créant le spectacle, en le jouant devant des gens, en me regardant, en s’écoutant, qu’on a réussi à réajuster ce spectacle. Au début, c’était très déséquilibré, il y avait trop de musique car j’avais des musiciens et je ne voulais pas les laisser à ne rien faire sur scène. Même pour moi c’était un concert à un moment. Ça a duré 3 dates comme ça, puis on a réajusté. Mais il a beaucoup évolué.

Ce spectacle ça fait un an que tu tournes avec,  il y a des dates jusqu’en mars 2016, et après ?
On a des propositions pour septembre mais je souhaite arrêter le spectacle car c’est un spectacle assez lourd. Il en train de prendre, même mon site est en train de prendre car il y a d’autres producteurs qui aimeraient investir dedans. C’était un peu un spectacle éphémère pour moi. Je pense que tous mes spectacles vont être comme ça, j’ai pas forcément envie d’installer un spectacle pendant 10 ans, à ramer, faire TF1, et être obligée de faire des trucs que tu n’as pas envie de faire en TV, pour remplir ta salle.

Donc 3e spectacle ?
Je commence à écrire le 3e spectacle là, dès que tu commences à écrire un spectacle tu as déjà d’autres idées qui viennent. J’ai pleins de trucs pour le 3e qui, à mon avis, va être complètement rock’n’roll, J’ai vraiment beaucoup de choses à dire qui vont choquer des gens, pour aucune raison car je ne trouve pas ça choquant. Des choses que j’ai vécu ces 2-3 dernières années et il faut absolument en parler car je trouve qu’il y a peu de sujets dont on parle sur scène qu’on n’a pas déjà entendu, même si on le fait avec brio. Mais il y a des trucs dans lesquels on ne va pas du tout…

Comme ?
La psychiatrie par exemple. J’ai passé 3 jours en HP et il faut absolument que j’en parle. J’ai pas de complexe. Comme je te disais j’ai tiré sur la corde, j’ai fait un burn out et je me retrouve avec des gens qui ont fait un burn out depuis qu’ils sont nés. C’est génial car ça a conforté quelque chose que je pense depuis toujours : c’est que les fous ne sont pas fous. Ma philosophie étant de dire que l’on considère les gens fous ceux qui ne sont pas productifs pour cette société. Comme ils ne servent pas à grands choses, on dit qu’ils sont fous. Je ne vois pas la différence des fois entre un humoriste et un mec croisé en HP, dans la façon d’être et de parler.

Tu envisages de faire le même principe pour le prochain spectacle ?
Oui oui, la plateforme peut marcher pour n’importe quel spectacle et même pour d’autres potes. Je vais garder le site le plus longtemps possible, c’est cool de pouvoir avoir ce rapport aux gens.

Avec ce qu’il s’est passé en Novembre à Paris, as-tu modifié des passages dans ton spectacle ?
Non, pas du tout. J’ai voulu en ajouter, sur la notion de liberté, mais je préfère les garder pour le prochain spectacle.

On passe à la petite série de questions…

Le dernier spectacle que tu es allée voir ?
Je me vois dans la salle, mais je ne me souviens pas. Le dernier dont je me souviens c’est Une nuit avec Cole Porter avec un super belle mise en scène d’Ariane Raynaud.

Ton dernier coup de cœur humoristique ?
Adrien Arnoux
, que j’ai signé et qui fait ma première partie à La Cigale.

Ton dernier coup de cœur musical ?
Snarky Puppy
, un groupe américain de soul funk

Ton endroit préféré à Paris ?
Melun ? (rires)
J’ai du mal avec Paris, j’y habite pour le taff. Mais, sinon j’aime bien le 18e.

As-tu une bonne adresse food à nous recommander ?
Chez moi ! 🙂

Ah oui, tu cuisines bien ?
Oulah mon p’tit, si tu aimes bien l’huile. 🙂 Non, non je ne cuisine pas bien.
Je cherche un restaurant africain où tu as envie de rentrer sans dire : « Oulalah, c’est l’Afrique ! » Chez Maimouna et Mandela à Château Rouge, très sympa, 5 euros le plat.

Ton rêve le plus fou ?
Non, j’en ai pas.

Tu n’as pas de rêves ?
Je les vis.

Interview by Joan

 

Shirley Souagnon, spectacle Free

Prochaines dates :
11 décembre Paris – La Cigale
12, 13, 14 février Marseille
18, 19, 20 février Bruxelles
12 mars 2016 Bordeaux

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Alice Isaaz et Armande Boulanger : interview révélations pour De l’influence des rayons gamma au Théâtre de l’Atelier

A quelques jours de la première et avant de déménager le plateau de répétitions et de partir s’installer au Théâtre de la Cité Internationale pour les filages, rencontre avec deux révélations. L’une a pris la pleine lumière avec le film Les Yeux Jaunes des Crocodiles, l’autre a été une revenante effrayée et égarée dans la saison 2 de la série événement de Canal +, cette rentrée. Les deux montent sur scène pour la première fois dans De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites, première mise en scène signée Isabelle Carré, au Théâtre de l’Atelier.
Dans les coulisses du théâtre de la Place Dullin, Alice Isaaz et Armande Boulanger ont partagé avec nous les précieux
moments de cette expérience exceptionnelle. Complices, rieuses et d’une brillante maturité sur leur pratique théâtrale, nous avons pris une réelle vraie leçon de comédie. 

Alice Isaaz
Alice Isaaz
Armande Boulanger dans les Revenants 2
Armande Boulanger dans les Revenants 2


INTERVIEW

Qu’est-ce qui vous a touché dans cette histoire ?
Armande Boulanger : Tout ! 🙂 J’ai lu le texte d’un coup et j’ai adoré. J’ai été très surprise par la fin de l’histoire, par l’évolution des personnes, comment ils se désintègrent un peu.
Alice Isaaz : Ce qui m’a plu, c’est le rapport de cette mère avec ses deux filles. A savoir, on peut imaginer en voyant une famille, ceux qui peuvent s’en sortir et les autres qui ne s’en sortiront pas. Et parfois ça peut être l’inverse. Comment on fait pour vivre malgré l’oppression d’un parent ? Comment ne pas être imprégné d’une mauvaise influence ?
Les rapports sont comme inversés, on a l’impression que ça tourne. C’est Béatrice qui est la mère, et à certains moments c’est Mathilde, l’une de ses deux filles qui prend ce rôle-là. Et après Ruth, la deuxième. Chacune leur tour devienne l’enfant. Même entre les soeurs, on se demande qui est la plus vieille et qui est la plus jeune. Je me souviens – après avoir lu le synopsis (Mathilda, la plus jeune, Ruth, la plus âgée) et ensuite la pièce avec l’idée – du moment où je me suis dit : “mais c’est Ruth la plus jeune !”
Et c’est ce déséquilibre qui me plaît.

Comment décririez-vous l’écriture?
Armande : Un mélange de poésie et de réalisme très simple. Des petites phrases simples mais justes. Mais l’ensemble est très naturel.
C’est un peu comme une pièce de Joël Pommerat : il y a une langue très théâtrale et en même temps qui est très facile à dire, pour nous qui venons du cinéma.

Isabelle Carré a-t-elle eu besoin de défendre ce projet pour vous convaincre ?
Alice : Ca s’est fait naturellement. J’ai reçu un coup de fil de Thierry Chèze qui m’annonce qu’Isabelle cherche de jeunes comédiennes. Il lui a parlé de moi et elle lui a dit : “je n’ose pas la déranger, j’ai peur qu’elle ait trop de tournages.” En fait, Isabelle est comme ça : timide et elle n’ose pas. Et elle n’a pas osé me le demander directement. C’était génial et touchant ! 🙂
J’adore le théâtre, j’ai fait le cours Florent en classe libre. Et j’ai très vite bifurquée vers le cinéma. J’ai eu des auditions pour le théâtre mais ça demande un temps d’engagement énorme quand on tourne.
Alors apprendre que c’était sur une durée courte, que c’était Isabelle Carré, sa première mise en scène et au Théâtre de l’Atelier, je savais que je le ferai bien avant de lire le texte. C’étaient les meilleures conditions pour débuter au théâtre.
Armande : J’ai reçu le texte par mail pour passer des essais avec une directrice de casting. C’est le texte qui a primé !

Le théâtre ce sont des contraintes, c’est facile à gérer ?
Alice : C’est deux manières de travailler vraiment différentes, le cinéma et le théâtre. Je n’avais pas l’habitude de répéter tous les jours.
Pour la pièce, j’ai débuté les répétitions le 28 septembre. C’est long, surtout quand c’est samedi et dimanche compris. Depuis peu, j’ai réussi à négocier mes dimanches ! J’avais un peu la tête sous l’eau 🙂
Et ça fait du bien aussi de rebosser sur un texte en profondeur comme je le faisais en cours. Lors des répétitions tu as l’impression de tout piger et le lendemain tu te dis l’inverse : “je suis complètement à l’ouest”. C’est ça que j’aime. Et ça donne envie de travailler ses rôles autrement au cinéma. On se rend compte de l’importance de la préparation en amont du tournage.
Mais il faut être aussi très organisée !
Armande : Je trouve génial d’essayer différentes choses comme venir avec des habits différents. Ça change le rapport à la scène. De se dire : “aujourd’hui je vais mettre une jupe pour voir comment je me déplace.” On ne peut pas faire des expériences pareilles au cinéma.
Et tu peux proposer des choses. On n’est pas juste des marionnettes. On est mêlé à la création.

Armande Boulanger et Isabelle Carré photo CinéWatt
Armande Boulanger et Isabelle Carré
photo CinéWatt

Isabelle Carré a-t-elle une manière particulière de travailler avec vous ?
Alice : C’est sa première mise en scène. Donc on a toutes eu l’impression de débuter ensemble, en nous retrouvant pour les répétitions. On n’a pas l’impression d’être novices.
Isabelle était aussi fébrile que nous malgré son expérience du théâtre. Et du coup, ça nous a mis vraiment mise à l’aise.
Quand elle nous a expliqué comment elle allait aborder notre travail, j’ai été rassurée. On s’est rendu compte qu’elle allait nous laisser énormément de liberté. Elle a eu cette chance de travailler avec de nombreux metteurs en scène. Et elle a fait un tri en retenant ce qui lui avait plu.
Elle se remet en question aussi, même sur un élément de décor qui semblait pourtant acquis.

Est-ce qu’elle cite des noms de metteurs en scène qui ont compté pour elle ?
Armande : Elle a beaucoup d’admiration pour Ostermeier mais, ça n’a rien à voir, elle ne nous dit pas : “on va faire comme lui”.
Alice : Elle aime beaucoup les exercices de préparations d’Irina Brook ! 🙂
Armande : Je ne les ai pas faits. Pourtant je les ai réclamés ! Elle m’a dit que vous aviez dormi.
Alice : Elle nous a proposé des exercices de décontractions. Elle parlait un peu comme une prof de yoga : “le corps est un sac de sable”. A la fin, j’étais toute endormie.

Armande Boulanger
Armande Boulanger

Des phrases, un conseil qui vous ont marquées ?
Armande : Beaucoup ! Une chose qu’elle m’a dite à la première répét’ : le personnage fonctionne par contraste. C’est en marquant, en poussant ses moments de joie, ses moments de détresse qu’on va le rendre intéressant et vivant. Et que si on le joue sans nuance, ça n’a pas d’intérêt.
Elle nous amène à jouer différentes émotions mais de façon assez intense pour qu’on ait un personnage qui vit comme nous, comme vous.
Alice : La phrase qu’elle répète tout le temps : “surtout pas d’aqua-planing !
C’est quand elle nous dit les points positifs, et ceux à améliorer et que le lendemain, on essaie de tout refaire en calquant sur ce qu’elle nous a dit, qu’on essaie de replaquer.
Elle nous a dit aussi de ne rien forcer et de venir et jouer avec l’humour du jour. “Si vous venez à une représentation alors que vous êtes un peu triste, voyez ce que ça donne”. Peut-être qu’un jour Ruth ou Mathilda seront de mauvaise humeur ou triste…
Rien de pire qu’un acteur qui se dit : je suis là et je dois aller à la 15e marche.” Et ça se voit quand les gens s’acharnent à y arriver. Alors qu’avec notre humour du jour, on peut y arriver petit à petit à cette 15e marche.
Armande : Elle m’a dit de trouver des tensions. Parce que c’est différent du cinéma où les gros plans permettent facilement d’exprimer des choses avec son regard, son visage. Alors qu’au théâtre, c’est différent. Et je n’ai jamais eu l’habitude de pousser les réactions. Trouver une tension c’est donc, par exemple, se lever de son siège quand le personnage trouve une solution à un problème, des petits détails qui ne sont peut-être pas naturels dans la vie mais qui sont nécessaires pour le spectateur du dernier rang.

Alice Isaaz
Alice Isaaz

Le Théâtre de l’Atelier a-t-il une atmosphère qui vous stimule ou enrichit cette première expérience de la scène ?
Alice : La première fois qu’Isabelle m’a emmenée sur le plateau, j’ai été bluffée. La salle est magnifique. Et c’est une vraie question d’atmosphère.
Manèle Labidi-Labbé – qui a fait l’adaptation de la pièce – nous a confié, lors de notre petit rituel du matin autour du thé et du café en coulisses : “je sens que l’odeur de ce théâtre me restera”. Et ces mots ont raisonné en moi, comme quand on retrouve des odeurs de notre enfance, chez notre grand-mère…
Armande : Le plateau est hyper accueillant avec cette rondeur. On se sent encerclé, positivement. On a envie d’y jouer. La lumière est toute douce aussi dans les lustres.
Alice : On se croirait dans un conte.

La tension commence à monter à l’idée de rencontrer le public ?
Alice : Jusqu’à présent on répétait entre nous quatre. Hier, nous avons eu notre premier filage devant 7 personnes.
Armande : Notre premier public ! 🙂
Alice : Et je me souviens de la scène où l’on est couché. On est censé dormir. Et j’avais le ventre qui gargouillait. Et j’ai dit à Armande : “tu sais ce que c’est ça ?” Elle répond non. Et je lui dis : “C’est le stress !
Et elle me fait : “j’ose pas imaginer quand il y aura 600 personnes” 🙂
Quand on répète on a les 600 sièges, mais vides. Et après on se rend qu’il y a aura plein de petites têtes.
A partir de vendredi, on va répéter à la Cité Internationale pour être dans le décor, pendant 10 jours. On pourra faire plein de filages. Et ça nous préparera. La première c’est dans 15 jours.
Armande : Parce qu’actuellement, c’est le système débrouille. Isabelle fait les bruitages… de voiture, de pluie…
Alice : On ressent ce besoin de tout caler pour être prêtes.
Armande : On a besoin de se reposer sur un vrai décor et nos costumes.

Comment ça se passe le principe de l’alternance de comédiennes ? C’est Lily le matin et Armande l’après-midi ?
Armande : Tout à fait ! On ne se voit pas jouer avec Lily. C’est chacune notre tour.
Alice : Isabelle ne voulait pas qu’elles se voient pour ne pas que Lily et Armande s’influencent. Qu’elles se comparent entre elles. Pour Isabelle et moi, c’est des heures de répétitions intenses.
Et c’est vrai que parfois ce n’est pas évident au niveau des placements. Par exemple, si on cale quelque chose avec Armande, on ne peut pas dire à Lily : “on a vu ça ce matin avec Armande”. Pour laisser la totale liberté à chacune.
Ça demande double effort de concentration. Sachant que le rythme de jeu de mes deux partenaires est différent. Chacune propose le sien. Mais c’est aussi très stimulant pour Isabelle et moi.

Armande, vous n’avez pas l’impression de rater des choses en étant en répétition à “mi-temps” ?
Armande : Pas vraiment. Quand je ne répète pas, j’ai mon petit carnet où je note plein de choses. Je suis un peu maniaque des petits carnets dont un Moleskine rose qui commence à être bien chargé. Du coup, je cogite. Et puis il faut être très souple pour se rappeler de ce que l’on a fait la fois précédente. Ça me permet d’être très concentrée.
Alice : Parfois, j’aimerais bien aussi laisser reposer.
Armande : C’est vrai que c’est agréable. Comme voir un film quand je ne suis pas en répet’. Et j’arrive à capter et prendre des détails pour la pièce. Comme hier, j’ai vu Trainspotting, ou encore quelqu’un dans le métro. On a l’impression que tout est lié à la pièce, quand on est concentré sur cette histoire. Par exemple, je vois des marguerites partout ! 🙂
Alice : Avant la pièce, j’entendais parfois mes copines qui me parlaient de leur relation avec leurs parents. C’était quelque chose d’abstrait pour moi. Et je ne m’attardais. Mais maintenant que je vis ça avec Isabelle dans le rôle de Béatrice, et que ces copines me reparlent de leur mère, je leur dis : “je comprends tellement ce que tu vis”. Ça fait forcément écho en moi !

Affiche pièce de l influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites mise en scène Isabelle Carré avec Alice Issaz Lily Taieb Armande Boulanger Théâtre de l Atelier Paris

De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites
de Paul Zindel
Adaptation : Manèle Labidi
Mise en scène : Isabelle Carré
Avec : Isabelle CarréAlice IsaazLily Taïeb et Armande Boulanger en alternance

PROLONGATIONS jusqu’au 6 février 2016

au Théâtre de l’Atelier 
1 place Charles Dullin
75018 PARIS

du mardi au samedi à 19h
matinée le samedi à 17h

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