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Nuits de Fourvière 2017 : programme irrésistible et haletant à Lyon !

Arcade Fire, Lamomali de -M-, Imany, Vianney, Julien Doré, Alt-J et Les Insus affichent complet. Et alors ? Ce n’est pas une raison pour bouder l’un des plus beaux festivals d’été. Il y a encore de très bonnes raisons d’assister aux Nuits de Fourvière 2017 qui débutent le 1er juin. La preuve !

Des acrobates sous chapiteau 

Un homme qui s’envoie en l’air, David Dimitri en solo sur un fil, capable de jouer l’homme-canon.
Gravity & Othe Myths, une troupe australienne totalement barrée et musclée capable de portées spectaculaires dans A simple space. Deux spectacles à retrouver au Domaine de Lacroix-Laval, deux occasions de découvrir ce coin de verdure aux portes de Lyon.

Une toute « Dernière saison » pour le Cirque Plume qui reste un mois complet au Parc de Parilly pour une décharge d’émotions.

Des Québécois qui se montent dessus sur un monocycle, autant dire que Machine de Cirque ne passera pas inaperçu sur la scène du Grand Théâtre.

Des Nuits de folie !

Les blogs partenaires du festival n’ont pas hésité bien longtemps. Ils ont délaissé les têtes d’affiches et ont voté pour la Nuit Tango comme coup de cœur 2017. Rdv est pris sans attendre le dimanche 16 juillet avec le concert de l’argentin Daniel Melingo et le spectacle No Exit du pianiste Gustavo Beytelmann et du chorégraphe Esteban Moreno pour une série de pas de danse aussi endiablés, sensuels que passionnés.
D’autres nuits dépaysantes, revigorantes sont à vivre et ressentir dans tout son corps : Soul avec la magnétique Valerie June, Italienne, Irlandaise, Blues et la Nuit Reggae et Calypso avec la doyenne : Calypso Rose qui va faire se lever les gradins de Fourvière dès son entrée sur scène. Elle est tout simplement irrésistible.

De la création théâtrale 

Le Collectif Mensuel avait créé la surprise en 2016 avec Blockbuster un spectacle hommage aux superprods made in Hollywood. A ne pas manquer donc L’homme qui valait 35 milliards qui promet une nouvelle envolée d’inspiration d’un autre genre, aussi improbable que délirant.
Le génial Fellag a droit une carte blanche avec 3 spectacles dont 2 créations : Chants de marins kabyles et Comme un poisson dans l’autre avec Jacques Bonnaffé et André Minvielle, un trio réunit par amour.

Audace avec Les chiens de Navarre qui interrogent l’identité française avec Jusque dans vos bras, en plein contexte politique chargé, entre présidentielle et législatives. Est-ce que l’élection du président Emmanuel Macron va se ressentir dans cette création ? Rev le 7 juin pour la première à l’Odéon.

Restez connectés ! UsofParis est blog partenaire des Nuits de Fourvière. Live-tweet, report et invitations sont au programme cette année encore. #cantwait

Nuits de Fourvière 2017 

Festival de musique, théâtre, cirque, opéra à Lyon 

du 1er juin au 5 août

Toute la programmation sur le site officiel : nuitsdefourviere.com

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Game of Room : escape game lyonnais au top ! #kiff

A l’occasion d’un week-end avec des amis lyonnais, j’ai lancé l’idée : « faisons un escape game ! » L’envie ? Un thème historique.
Volontairement, nous nous sommes laissés enfermer dans Le Bunker de l’Officier Von Vokte de Game of Room.

Une équipe de quatre potes, dont trois novices, une salle au taux de réussite de 35 % : un vrai challenge à relever. Surtout que l’équipe précédente, croisée à notre arrivée, nous a souhaité bonne chance…

26 mai 1944, l’officier Von Vokte, commandant d’un bunker allemand convoque un groupe de prisonniers pour un interrogatoire : vous.
Au même moment, Lyon commence à se faire bombarder par les alliés.
Vous avez une heure pour percer les secrets de cet officier et vous évadez.

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Une salle riche en péripéties
Sans spolier l’histoire et les énigmes de cette salle, ça faisait quelque temps que je voulais commencer un escape game en étant entravé. Un côté certainement SM, non assouvi. C’est chose faite avec cette salle de Game of Room.
Nous voici donc, quatre amis, littéralement enchainés les uns aux autres. Et c’est parti pour 1 heure de fouilles, d’énigmes et de doutes.

Premier objectif donc : se libérer

Même si mes codétenus n’ont pas l’habitude de ce sport qu’est l’escape game, on sort de la première salle en 15 min (je ne dévoile rien, la porte de la deuxième est bien visible et donc repérable). Certaines équipes ont passé 30 minutes dans cette première partie du jeu. Autant dire que pour elles, c’était mal parti.

Si la première pièce était assez dépouillée, la deuxième propose d’emblée, visuellement, plus de pièges, de caches et de chausse-trappes.
Même avec l’expérience de 6 salles, on se pose toujours la question de savoir si c’est la bonne action que l’on fait.

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On fouille, on décode, on galère et on doute à quatre.
Amis de très longue date, c’est drôle de voir comme une cohésion et une organisation naturelle se crée. Chacun déploie ses compétences pour venir à bout des énigmes du bunker.
Même si nous avons perdu du temps sur certains défis proposés par Game of Room, nous sortons au bout de 52 min 30.
Une belle performance : le record étant de 45 min.

Au passage, nous offrons à notre maitresse de jeu, qui a intégré l’équipe depuis peu, sa première victoire avec cette aventure. #Proudofus !

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La scénographie travaillée de Game of Room

Globalement, il n’y a rien à redire de ce Bunker de l’Officier Von Vokte.
Le scénario est au top et les énigmes sont une belle prise de tête.
On comprend que certains se soient cassé les dents sur celles-ci.
Rassurez-vous, tout de même, il n’y pas besoin de connaissance en histoire, ni sur la ville de Lyon pour réussir ce scénario. Un poil de culture gé, peut-être.

Mais à force de pratiquer l’escape, on commence à devenir exigeant sur des détails de mise en scène et de décor.
Alors, voici nos plus et nos moins sur cette salle.

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Les plus : 

  • des accessoires d’époques chinés pour avoir une vérité historique et une immersion plus grande
  • des énigmes qui peuvent vite dérouter si l’équipe s’éparpille
  • Le système de communication pour donner les indices à l’équipe (non, on ne dévoile rien !)
  • Un bon mix entre fouille, réflexion et manipulations

Les moins :

  • Le compteur de temps digital qui dénote avec l’époque historique.
    On aimerait quelque chose de plus cohérent avec l’univers de la salle.
  • Un manque d’ambiance sonore – de bombardements, par exemple – qui pourrait accroitre la tension du scénario, mais cela ne nuit pas à l’histoire pour autant.

Alors, il ne reste plus qu’à tenter leur deuxième salle : La malédiction de Thoutmôsis II.
Sans cadenas et sans code !

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Game of Room

2 salles :
Le Bunker de l’Officier Von Vokte
La malédiction de Thoutmôsis II

Du mardi au dimanche : 10h – 23h
19 rue Francis de Pressensé
69100 Villeurbanne

Plus d’infos sur leur site

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Live-report Christophe et Jeanne Added @ Nuits de Fourvière 2016

Soirée de pluie, de mots bleus, de tonitruantes sonorités, d’audace aussi bien du côté de la trentenaire que du septuagénaire, un brin de Radiohead, un doigté à la Sigur Ros. Jeanne Added et Christophe, accompagné des musiciens du conservatoire de Lyon, ont su éloigner les nuages pour ne pas nuire à leur set, ce lundi de juillet aux Nuits de Fourvière 2016.

Vers 19h, la pluie fait ralentir le pas des festivaliers-ères à l’approche du Théâtre Antique de Fourvière. Certains s’en vont quand les goutes se répètent avec frénésie.

« Y’a quand même pas beaucoup de jeunes » deux quadras assises en fosse, se tournant vers le public remplissant les gradins.
Jeanne Added n’aura certainement pas réussi à faire baisser totalement la moyenne d’âge de cette soirée.
Je suis certainement l’un des rares à pouvoir apprécier, sans distinction, les deux têtes d’affiche.

Jeanne Added live à Fourvière

Ce n’est pas le plein sourire à l’entrée sur scène de la belle Jeanne. Certainement la concentration avant le premier titre, Catch me.

https://twitter.com/Alexandre_Sim/status/752584955830661124

Ce sera bien la première fois que je verrai Jeanne Added, assis confortablement – du moins, c’est ce que je pense en début de soirée.
Deuxième titre, Missing, Jeanne lâche la guitare pour prendre le pouls du public et jauger son espace de jeu scénique.
Il ne faudra pas beaucoup de temps pour qu’elle lance au public : « Vous êtes assis, j’aime pas ça. Pas du tout, du tout ! 🙂  »
Toutefois, elle laisse un peu de répit pour la chanson d’amour Ready. Le Lyonnais n’est pas susceptible pour autant, et applaudi en rythme sur le titre.

Photo by Paul Bourdel
Photo by Paul Bourdel

« Tout le monde a mis son kway ? »

Elle avait promis, elle pousse les festivaliers à se lever de son gradin ou son siège sur l’imparable It. Et les empêche de se rasseoir avec un « non non ! » sur Look at me. En plein titre, la pluie revient et les panchos et autres capuches ressortent.

https://twitter.com/Alexandre_Sim/status/752594081969270787

War is coming vient réchauffer tout le monde. Aucune baisse de régime, la furie Added ne lâche pas son public si facilement.
Ma daronne me sourit sur I Love you, elle ne doit pas trop mal apprécier la décharge de décibels de Jeanne.
A la fin du concert, un quadra à ses voisines : « Y’a pas mal de revival des années 80 dans sa musique ! »
Public conquis et la pluie reprend pendant le changement du plateau.

Christophe avec orchestre

Le set de Christophe début par l’énoncé du menu : « on va jouer les titres du dernier album pour ceux de ma génération qui ne le connaissent pas, et ceux qui aiment l’album« .

On croise en cours de set Stella, mystérieuse, une icône du Velvet Underground, reconnue par un spectateur criant un : « Merci pour Lou Reed !« .
Il y aura aussi la voix d’Anna Mouglalis, plus grave que dans la série Le Baron Noir.
Dangereuse, le premier single du dernier album, touche au coeur. Suit Le retour de la Tangerine, démoniaque.

Photo by Paul Bourdel
Photo by Paul Bourdel

Dans un clair-obscur, on pourrait parfois le confondre avec Véronique Samson. Mais musicalement Christophe tient la route, aucune trace de ringardise en vue, bien au contraire. Audacieux, il surprend, nous accroche l’attention alors que Benjamin Biolay nous avait perdu, ici même, en juin, avec ses nouveaux titres.
Le chanteur s’entoure d’une équipe de musicos classe qui va de Rachel, la bassiste à Lawrence, le percussionniste à chapeau, en passant par Christian le guitariste qui utilise un archet comme Jonsi de Sigur Ros qui a foulé cette même scène quelques jours avant.

Le live de Christophe à Fourvière est une première aussi. Jamais je n’aurais vu un ingé son retour, Philippe de son prénom, autant pris par son ouvrage, que par les mots de l’artiste, qu’il accompagne a cappella.

Entre temps, Ton visage pâle… sur une très belle mélodie donne envie d’être fleur bleue.

En milieu de set, le chanteur sort un appareil jetable Kodak, rétro à mort, pour immortaliser quelques vues sur scène. Cadeau ! Il l’offre à un festivalier.

« La loi du moment et de l’endroit »
Court entracte pour installer un « piano proto electro techno » qui n’a aucune protection. Ses cordes, son mécanisme, ses touches de ce squelette de piano sont entièrement à nu.
Débute la partie : les succès fous de Christophe. D’habitude, il laisse le choix des chansons au public. Mais le temps est compté à Fourvière et le concert doit terminer impérativement à minuit.

Il choisit de partager : Marionnettes, Paradis Perdu, Les Mots bleus en solo avec son « piano fou ». Émotions et communion avec les plus de 3 000 spectateurs.

On finit avec une orchestration qui fait furieusement penser à Creep de Radiohead (hommage au groupe qui a ouvert la saison des Nuits en juin ?) mais ce sont les paroles d’Aline qui viennent nous cueillir. Pas de lâcher de coussins verts pour cause de pluie.
Dommage, les festivaliers étaient bien mûrs pour partager cette tradition avec l’icône qui traverse les décennies.

https://twitter.com/Alexandre_Sim/status/752628813553606660

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Nuits de Fourvière : live-report concert DOMINIQUE A – Yael Naim – La Féline

Il n’aura pas fallu longtemps pour que les 7 blogueurs lyonnais choisissent leur coup de coeur collectif des Nuits de Fourvière. Parmi la programmation riche en valeurs sûres, artistes internationaux, et autres noms qui font le buzz, Dominique A, accompagné de Yael Naim et La Féline, était une évidence. Retour sur la soirée de dimanche dernier.

Malgré 20 ans de carrière au compteur, le chanteur au crâne glabre n’est pas encore connu de tous et toutes. Pour preuve, le dialogue amusant entendu au cours de la soirée : « C’est une femme Dominica ?
Non c’est Dominique A ! »

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22h45 – les gradins s’assombrissent pour l’entrée en scène de la tête d’affiche. Sans attendre le premier titre un « bonsoir » chaleureux et le live est lancé. « La terre ne s’est pas arrêtée… » (Cap Farvel) mais les menaces de tempête si. Quelques gouttes de pluie viennent un peu rafraîchir sur deux titres. La poésie de Dominique A est à plein régime, sensible, belle et intemporelle. Nouvelles Vagues, Revenir au Monde
L’artiste prendra juste le temps d’un clin d’œil pudique à ce petit bout « né à la même heure, il y a tout juste un an, et qui se trouve à 800 kilomètres. » Et qui s’endort sur le titre Ce geste absent.
Le temps lui est compté : un maximum de chansons à faire entendre avant minuit.
La rampe de lumières circulaire au-dessus de lui et de ses 3 musiciens (Jeff, Sacha, Boris) offre une tonalité tantôt clair-obscur, tantôt pluie fictive ou tourbillon emporté par le rythme.
Les nouveaux titres de l’album Eléor (sorti cette année) sont vifs, et ont le charme des plus connus comme Immortels.

En accordant sa guitare après le rappel, Dominique A prend mesure du lieu et de ce face-à-face unique avec le public : « Vous êtes vaguement impressionnants ! »

La version punchy du Courage des Oiseaux hypnotise. Le chanteur finissant par une choré très personnelle sur l’instru, la guitare lovée sur son flanc droit.

Les coussins de Fourvière distribués pour soulager les fessiers des festivaliers manquaient ce soir pour remercier, à travers un incroyable ballet, ce live aérien.

Dominique A chanteur concert tournée album Eléor festival les nuits de fourvière Lyon théâtre antique musique comment certains vivent photo by united states of paris

21h00 en direct sur France Inter Yael Naim débute son live à deux, avec son partenaire David sur le titre, If you could see. Celle que nous avions quittée sage (un peu trop sage), réservée, va se révéler plus audacieuse ce soir, ne serait-ce que par la touch queer sur scène avec l’équipe des 3SomeSiters.
Un très beau morceau dédié à la figure du père pour ré-apprivoiser le public de Fourvière avec qui elle a passé déjà 2 soirées au cours des précédentes éditions du festival.
Elle se met au piano, un piano fasse au public pour ne léser personne – plutôt rare pour le souligner. C’est pop, soul, énergétique.
Elle réinvente une nouvelle fois Toxic (cover sensible du tube de Britney Spears) qui a fait son succès, dans une version plus Tori Amos, debout derrière son instrument, avec son chœur. Nouveauté aussi, elle ne néglige pas le public qu’elle fait généreusement participer.

Guitare, piano, xylophone (pour une ballade multi-langues) Yael a la pleine maîtrise de ses compostions sans oublier le plaisir pur.
10 ans déjà qu’elle est sur les routes avec David Donatien.
Elle terminera le set comme l’aura commencé seule avec son acolyte sur le très beau Dream In my Head.

Le live de Yael Naim à retrouver à l’écoute sur le site de l’émission Summertime de France Inter.

La Féline guitariste chanteuse Agnès Gayraud concert live festival Les Nuits de Fourvière Lyon photo by United States of Paris blog

20h Pantalon fendu sur les côtés, La Féline a comme un air de Chrissie Hynde, leader du groupe The Pretenders. Élancée, le front dissimulé par une large frange, l’artiste de la soirée profite un maximum du décor incomparable qui lui ait donné d’avoir devant elle en plein jour. C’est rock, passionné, déconcertant aussi. Une révélation à suivre de près.

Les Nuits de Fourvière, le festival en plein air de Lyon, se poursuit jusqu’au 31 juillet 2015 avec Bartabas, la famille Chedid, Florence and the Machine, George Ezra, Joan Baez, Iggy Pop, Damien Rice, Björk, Christine and The Queens, Robert Plant…

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Emotions by ERWIN OLAF l’exposition installation du photographe culte à La Sucrière à Lyon

Erwin Olaf est un metteur en scène avant d’être un photographe.
Et cette affirmation est encore plus évidente quand on pénètre le 3e étage de La Sucrière. Au coeur d’une actualité intense entre London et New York, Lyon s’offre une première avec cette exposition panorama sur le travail de l’artiste phare de la photo studio oeuvre d’art, de 2001 à 2012.
Cet habitué des cimaises parisiennes et résident en 2012 de la galerie Rabouan Moussion pour une exploration The Dark Side, dévoile son théâtre de personnages peuplé de reines de beauté, d’autoportraits et autres éphèbes dénudés.

Parmi ces figures, le clown imprègne nombre de projets de l’artiste hollandais. A la fois meilleur ami des enfants et possible monstre en version Stephen King et son chef d’oeuvre Ça. Ces deux visages sont déclinés à travers une installation et des portraits grands formats pour que le trouble soit plus fort. 
A cela, la citation d’André Suarès confirme le malaise: « L’art du clown va bien au-delà de ce qu’on pense.
Il n’est ni tragique, ni comique ; il est le miroir comique de la tragédie et le miroir tragique de la comédie. » 

Entre installations qui jouent sur le voyeurisme du visiteur comme cette vidéo à regarder à travers un rideau de douche,  Erwin Olaf alterne gravité et dérision.
La première se trouve au cœur d’une projection à double écran. Deux filtres, le positif et le négatif se font face pour conter la perte dans deux familles.
La dérision est à retrouver dans ce rendez-vous très Desperate Housewives où les préoccupations sont d’un attrait tout esthétique.
« Il est magnifique ton dernier implant, ma chérie! »
Un future proche ou une force réaliste des interrogations de l’artiste Orlan?

Dans ce télescopage d’images, de séquences, se trouve une oeuvre The Keyhole devant laquelle, il faudra attendre son tour. Seule une personne à la fois peut avoir accès, par le trou de la serrure, à une séquence domestique.
C’est sans doute l’installation qui questionne le plus. A-t-on bien perçu la tendresse du père de famille ? Qu’en est-il de cette mère ?

Le trouble est là. Il ne tient qu’à vous de refermer la porte sur ce que vous avez aperçu au cours de votre visite.
Ou quand la beauté plastique peut aussi bien glacer le sang qu’un film d’horreur.

Emotions
Installations till 2012
by Erwin Olaf

du mercredi au dimanche de 11h à 18h
ouverture les jours fériés

@ La Sucrière
49-50 quai Rambaud
69002 LYON

Bon plan:
tarif réduit pour tous les jeudis et vendredis !

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LABYRINTH OF MEMORY : installation incroyable de Chiharu Shiota à la Sucrière Lyon

 Jusqu’au 31 juillet, les visiteurs de la Sucrière sont invités à une déambulation originale composée de 600 km de fil de laine 100% acrylique. Spectaculaire, l’installation ouvre sur un univers spectral et suspendu.

Certains avaient peut-être déjà croisé les toiles d’araignées noires de Chiharu Shiota déployées à la Maison Rouge à Paris ou dans un écrin réduit à la taille d’une maison de poupée aux Musée des Beaux-Arts de Lyon lors de la présentation de la collection d’Antoine De Galbert, intitulée Ainsi soit-il.

Jamais encore en France, la toile tissée par l’artiste japonaise n’aura trouvé une telle ampleur qu’au 3e étage de la Sucrière. Après une commande de la direction artistique du lieu, il aura fallu 1 mois d’installation dont 2 semaines de tissage pur mené par une équipe de 10 personnes.

Et à l’entrée, l’œuvre radicale portée par la blancheur immaculée de 12 robes du styliste lyonnais Mongi Guibane, suspendues émergeant d’une nuée de fils, envahie le champ visuel du visiteur. Aucune sortie de secours, le rapport à l’œuvre est frontal. Les allées de chaque côté de la scénographie centrale forment des tunnels où pourrait se nicher tout type d’insecte plus ou moins attentionné.

A la manière d’une Yayoi Kusama qui aime envahir des espaces clos de ses pois pour mieux perdre le visiteur dans une dimension inédite, Chiharu Shiota crée une proposition plastique immersive et obsédante. Difficile de prendre la décision de s’extirper de ce cadre de contemplation unique.

Sur le livre d’or, l’œuvre ne laisse aucun visiteur indifférent. On peut y lire par exemple: « Introspection, j’ai gagné ma journée. » La contemplation a un pouvoir d’inspiration et de transcendance que l’on est loin d’imaginer.

Et pour celles et ceux qui aimeraient en rapporter un bout. Le 31 juillet, le public est convié à venir armé d’une paire de ciseaux pour emporter quelques fils de laine. Infos et inscriptions à l’accueil de la Sucrière.

Labyrinth of Memory de Chiharu Shiota
Jusqu’au 31 juillet
Du mercredi au dimanche 11h à 18h

La Sucrière
49-50 quai Rambaud
69002 Lyon

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Concert de Björk aux Nuits de Fourvière : après Nîmes, réjouissante étape Lyonnaise du Biophilia Tour 2012

 Björk pose ENFIN ses valises à Paris pour présenter au plus large public son projet Biophilia.
Des concerts exceptionnels donnés à l’Ile Seguin sous le chapiteau du Cirque en Chantier pour les premières dates (les 21, 24, 27 février et 2 mars 2013) et au Zénith de Paris (le 5 et 8 mars 2013)
L’été dernier, la chanteuse islandaise nous avait gratifiés d’une mise en bouche à Lyon.

Retour en images sur l’événement!

Le dernier concert de Björk à Lyon remonte à la sortie de l’album Vespertine. Elle se produisait alors à l’Auditorium avec un orchestre symphonique.
Depuis 11 ans, le public lyonnais se désolait d’attendre son retour.

C’est dire que ce samedi soir au Théâtre Antique, le public est impatient de retrouver l’univers électro-organique de la chanteuse islandaise.
Les annulations de date, les rumeurs d’une faiblesse vocale et les retours du premier concert français à Nîmes critiquant le manque d’échange avec le public, et toujours la crainte de la pluie, étaient de mauvais augure pour cette date au cœur des Nuits de Fourvière.

Les rares fans qui espéraient croiser la star lunaire lors des balances ont du revoir leur attente. La belle a attendu que les visiteurs du site romain sortent pour répéter Heirloom avait ses 2 musiciens et choristes déjà sur scène.

21h piles. Comme à son habitude, Björk fait une entrée spectaculaire non avec force d’effets de lumière ou d’éclats pyrotechniques. Suivant l’arrivée de ses choristes grimées, c’est par le simple choix de sa tenue de cette scène qu’elle ménage à nouveau ses effets.

Apparition surréaliste, en perruque à la Divine, dragqueen préférée du cinéaste John Waters, dans une robe bleu agrémentée de protubérances sur ressort.

Deux premiers titres, et le rang des VIP compte sa première défection en la personne de l’acteur français André Wilms.

Difficile de ne pas remarquer que les titres de l’album Biophilia ne secouent pas les gradins et poussent parfois à de curieuses envies de regarder le ciel s’assombrir au dessus de soi. L’ennui est parfois palpable. Mais le public attentif ne ménage pas son accueil en applaudissements généreux.

Les classiques éprouvés des anciens albums permettent d’exalter l’énergie retenue sur les derniers titres surfant dans une abstraction cosmique difficilement saisissable à la première écoute. Ainsi Hunter, Hidden Place, All is full of love, Heirloom ou Joga trouvent une nouvelle saveur avec le chœur de jeunes filles.

Et puis, un appareil de torture descend sur scène. C’est le Tesla Coil, machine qui envoie une décharge électrique contenue, mais visuelle et sonore et utilisée comme instrument de musique. Spectaculaire.

Phénomène rare, la chanteuse est joueuse. Elle danse, remue volontiers des fesses, dos au public. Pour le coup, les seuls signes apparents de sa fatigue seraient le nombre de tasses de boissons chaudes et les deux sprays nasaux sur scène. Quelques « Merci bien » ponctuent le tour de chant.

Seul regret : que les yeux de la chanteuse soient un peu trop concentrés sur les deux écrans prompteurs, dont leur seul présence permet de calmer une nervosité durable.

Au rappel, la tension des poils sur les avant-bras des fans est palpable. L’elfe venu du froid offre un moment de grâce pure avec une version de One day en acoustique. Accompagnée du percussionniste au mille talents, Manu Delago et de son instrument Hand, elle opère un savoureux ballet vocal aérien. Poussant l’audace en demandant au public de siffler en chœur.

Dernière demande pour le titre Declare Independence: « Last song. I ask you to sing with me.»

Nouvelle pluie de coussins à Fourvière, de couleur verte cette année.
Public sur un nuage à la sortie du concert.

BJORK en concert à PARIS en 2013

Cirque en Chantier les 21, 24, 27 février et 2 mars 2013
Zénith de Paris les 5 et 8 mars 2013

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Sharleen Spiteri en interview aux Nuits de Fourvière à Lyon

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Après le compte-rendu du concert donné par le groupe Texas lors des Nuits de Fourvière, l’équipe d’US of Paris vous propose une petite surprise.

En effet, Sharleen Spiteri a comblé les quelques fans présents lors des balances du groupe, ce mardi. Entre autographes et séance photo, elle a accepté de répondre à 3 questions.
Le temps d’apprécier ses lunettes Rayban, son bel accent et son sourire.

3 minutes de complicité à partager.

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Texas en tournée estivale – escale à Lyon aux Nuits de Fourvière

Pour son retour en terres lyonnaises, le groupe Texas mené par une Sharleen Spiteri plus que jamais débridée a éloigné toutes menaces de pluie au dessus du Théâtre Antique de Fourvière.

Ce mardi, les fans sont venus de loin pour se délecter des retrouvailles du groupe made in Glasgow et de son public français. Jurassiens, Auvergnats, Parisiens composent un public joueur et compressé -4500 spectateurs débordant de la fosse et des gradins.  Et plus surprenant, il faut aussi compter sur la présence de Texans, from US. Au cours du concert, Sharleen évoque amusée l’anecdote arrivée à son  ingénieur du son s’approchant de deux spectateurs lors des balances en milieu d’après-midi. Ces derniers portaient fièrement un tee-shirt célébrant Texas. L’ingénieur les interroge sur leur attachement au groupe. Méprise, ils arborent les couleurs de leur état d’origine!

Après deux albums solo, Sharleen Spiteri a donc repris les routes des festivals d’été avec son acolyte de toujours Ally McErlaine. Après une première partie chevelue, menée par Medi, un peu trop rétro pour vraiment emballer, le groupe comble l’attente en balançant dès l’ouverture leur incontournable I don’t want a lover.

Suivent dans un rythme soutenu: Halo, Every day now et In our lifetime. Et un titre peu joué, de l’aveu même de la chanteuse, en dehors des dates françaises: So called friend.
En  milieu de soirée, Texas nous gratifie d’un titre inédit en guise de teaser pour un nouvel album sans date de sortie. Ce sera Conversation. Il est faut bien avouer qu’à la première écoute, le titre est un peu anecdotique par rapport aux standards qu’ils nous ont habitués à entendre depuis plus de 20 ans.

Tout en regrettant que le groupe ne nous offre pas plus de raretés de ces différents opus, le coeur chavire avec la reprise en acoustique de Tired of being alone d’une incroyable intensité. Sharleen garde pleine maîtrise d’une voie aux charmes exaltants.

Après cet aparté tout en douceur et complicité, Sharleen reprend le rythme pour ne plus le lâcher avec Summer Son et Black Eyed Boy. 
Déchaînée malgré un coup de froid à l’oeil, elle offre une facette  joyeusement délurée. Il n’est pas rare qu’elle s’amuse de quelques gestes suggestifs accompagnant les paroles de When we are together et soutenant un Inner Smile resserré à l’entrejambe.

Les cousins s’envolent à travers le Théâtre Antique, public et artistes comblés.

La caravane de Texas poursuit sa route du côté de Carcassonne, Six Fours, Monte-Carlo pour finir à Lorient le 14 août.

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