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Aurora en interview : « La musique est une force motrice ! »

AURORA est notre coup de cœur musical de ces deux dernières années. 
La retrouver sur scène est une bulle de bonheur. C’est une artiste chargée d’énergie positive qui donne le smile et emporte dans un univers où il fait bon vivre. Depuis notre première rencontre, AURORA a bouleversé le globe.
Pour ce deuxième tête-à-tête, l’espiègle elfe nous à dévoilé son second album Infections of a different kind, enregistré en France. Un disque plus politique et activiste que le précédent.

Aurora
Selfie exclu UsofParis

INTERVIEW / AURORA 

USofParis : Tu as sorti ton deuxième album Infections of a different kind, la première étape, pourquoi avoir divisé ce projet ?

AURORA : Parce que je veux que les gens aient du temps, pour qu’ils portent plus d’attention sur chaque chanson. Je voulais que chaque titre soit spécial.
Mon premier album est une sorte d’exploration de nos propres démons, de se battre pour guérir et de nous donner le temps de devenir meilleur. Cette nouvelle étape est une sorte de suite assez naturelle. Il s’agit de faire des choix pour soi-même. Par exemple, si vous êtes malheureux avec quelqu’un  vous devriez partir. Si quelqu’un vous traite mal, vous devriez le quitter. Vous pouvez changer la façon dont vous ressentez cela chaque jour. Vous pouvez décider comment être heureux. Je veux que les gens soient heureux.

Pourquoi ?

Parce que les gens heureux sont une ressource pour le monde. Lorsque vous êtes heureux, vous pouvez réellement faire quelque chose. Vous pouvez créer, vous pouvez aider, vous pouvez vous battre pour les personnes qui ne peuvent pas se battre pour elles-mêmes. C’est pourquoi il est si important pour moi que mes amis, mes fans et ma famille soient heureux.

Combien d’étapes as-tu prévu pour ce projet ?

C’est excitant, n’est-ce pas ? Il y en aura plus qu’une 🙂
Je sais ! Mais dans mon équipe, ils ne savent pas. Je suis dans une sorte de long voyage.

Aurora

Pourquoi avoir choisi la France pour enregistrer ce disque ?

Sur mon premier album, je peux entendre qu’il faisait en quelque sorte froid, c’était tranchant, plutôt sombre. Je suis vraiment touchée par l’endroit où je suis. Tout le monde l’est. J’écris tout le temps, j’écris en tournée. J’ai beaucoup de chansons, peut-être 200.
Je voulais aller dans un endroit différent, où personne ne puisse me joindre. Comme si j’étais sur une autre planète. Alors j’ai choisi la France, La Fabrique qui était magnifique. J’aime les gens là-bas, ils ont un chien Paula et un chat Ginger, ils se sont mariés. C’était fabuleux ! Pendant les jours d’enregistrement, ils étaient en studio avec nous, j’entends Paula et Ginger sur l’album. L’album est plus chaud, je voulais vraiment essayer d’être plus organique. J’ai enregistré des sons organiques en les faisant sonner comme s’ils venaient « d’un autre monde». J’ai vraiment exploré parce que j’en sais plus sur moi maintenant qu’avant.

Dans une interview, tu disais « Mon premier album c’est comme l’ancienne AURORA« . Dans celui-ci, est-ce vraiment la AURORA d’aujourd’hui ?

Oui ! 🙂

Qui est-elle ?

Mon point de vue est plus large, car je chante beaucoup plus que ce que je pensais. J’ai rencontré tellement de gens au Brésil, en Australie, Asie, en France… J’ai beaucoup appris.
Maintenant, j’en sais plus à propos de ce que je pense que le monde a besoin de moi. Je veux créer la musique dont les gens ont besoin, car la musique est un outil. La musique est une force motrice qui peut changer beaucoup de choses et inspirer les gens. J’espère que ma musique peut être le genre d’ami dont les gens ont besoin maintenant.
C’est la raison pour laquelle je suis devenue assez politique, je sens que maintenant nous avons besoin d’être un peu plus politique.

Pourquoi cet engagement ?

Il se passe des choses aux États-Unis, en France, au Brésil, en Norvège et dans le monde entier. Nous pouvons penser qu’ils ont le contrôle mais ils ne l’ont pas. Nous l’avons parce que nous sommes plus nombreux qu’eux. Mais ils ont davantage de pouvoir. Je ressens simplement que maintenant c’est un moment important pour être engagé. Si tout va bien ici alors tu dois aller là-bas aider, montrer ton soutien. C’est tellement triste, tellement déchirant. Je veux vraiment que les gens soient des guerriers pour ceux qui en ont besoin. Nous avons déjà fait pire dans l’Histoire et nous sommes allés très loin. Je pense qu’avec la bonne attitude, nous pouvons à nouveau avoir une grande histoire. Nous devons nous rappeler que nous pouvons et devons nous en soucier même si cela ne nous concerne pas.

Sais-tu pourquoi tu es devenue chanteuse ?

Cela change de jour en jour. Il y a tellement de choses que je ne comprends pas sur les humains. Pourquoi nous faisons tant de choses étranges ? Pourquoi sommes-nous si intelligents ? Nous sommes l’espèce la plus intelligente de la planète – c’est ce que nous disons. Mais c’est tellement bizarre ce que nous choisissons de faire avec cette intelligence, tant de choses stupides ! Horrible !
Nous faisons aussi beaucoup de bonnes choses. La plupart du temps, je me sens vraiment inspirée d’être à part. Mes mots ne veulent rien dire quand personne ne les écoute. Ce n’est pas pareil si vous criez dans la forêt, car personne ne reçoit les mots.
Nous sommes beaucoup plus qu’un artiste et des fans, nous sommes comme une communauté ! C’est très inspirant et effrayant, mais plaisant, de voir à quel point les choses peuvent vite changer pour beaucoup de monde. J’ai vraiment l’impression que mon but principal maintenant est de rappeler aux gens qu’ils sont si importants, même s’ils se sentent petits.
Parfois, je pense que je veux juste être libre et que j’aime être sur scène parce que je me sens comme une âme libre. Je peux simplement danser et je peux faire des gestes stupides et je m’en fous.

Aurora

Infections of a different kind est-elle la seule chanson de l’album que tu as écrite seule ?

Bien qu’il y ait des noms dans les crédits, parce que lorsque vous êtes dans la salle vous avez forcément votre nom comme auteur sur la chanson – c’est normal chaque présence affecte la chanson -, je fais toutes mes mélodies et les paroles moi-même pour toutes mes chansons. Parce que je suis assez égoïste et je sais ce que je veux. 🙂  Je suis très occupée, je suis en tournée tout le temps, j’écris tout le temps. Il est difficile de finir les choses toute seule parce que mon esprit est tellement partout. J’ai mille idées à la fois. C’est tellement agréable d’être avec des amis et de collaborer ensemble. Normalement je sors mes chansons, je les enregistre avec mon équipe. On construit ensemble l’univers et je les reprends avec moi et je les refais encore à ma façon. C’est beau de créer des choses avec des personnes qui peuvent m’apprendre des choses et m’aider.
C’est une chose très personnelle, c’est pourquoi j’aime écrire les paroles moi-même parce que je ne veux pas que d’autres personnes puissent savoir à propos de quoi elles sont. Je veux qu’ils aient la même expérience que n’importe qui. C’est une toute nouvelle expérience de chanter les chansons que tu écris toi-même.

Le lien est fort ! 

Je fais deux covers parfois sur scène (Life on Mars et Nature Boy). C’est très bien parce que vous pouvez aider à garder une chanson vivante. Certaines personnes peuvent ne jamais avoir entendu parler d’un titre, certaines personnes peuvent l’avoir oublier. C’est une toute autre chose quand je sais d’où vient la chanson. Chacune de mes chansons n’est pas personnelle, mais elles viennent de choses que j’ai vues ou entendues au cours de mon voyage, à qui je suis actuellement.
Infection of a different kind est la seule chanson que j’ai écrite quand j’étais complètement seule dans une pièce sombre. C’était au milieu d’une nuit, je me suis réveillée. Mais j’écris toujours toutes mes chansons moi-même, simplement parce que j’aime mes propres idées.

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Nous adorons Forgotten Love. Nous pensons que c’est si beau la façon que tu as de parler d’amour. Tu es toujours en tournée, as-tu du temps pour l’amour ?

Je suis toujours en tournée et même si je suis chez moi, je me choisis moi d’abord ! Je dois m’assurer d’avoir la bonne énergie pour mon prochain voyage, car je vais rencontrer des milliers de fans et je veux leur donner tout ce que j’ai. J’ai besoin de personnes dans ma vie qui comprennent cela maintenant. Nous sommes de petits morceaux d’un grand monde et c’est ce qui doit être.

Un son qui te rend heureuse ?

Aurora imite un oiseau.

Une chanson qui te fait pleurer ?

La plupart des chansons d’Edith Piaf.

Une chanson qui te fait danser ?

You can call me Al de Paul Simon.

Une chanson qui te fait penser à chez toi ?

L’océan (elle fait le bruit de l’océan).

Une chanson qui te fait penser à ton enfance ?

Susan de Leonard Cohen.

Une chanson qui te fait tomber amoureuse ?

La plupart des chansons d’Edith Piaf également.

Interview by Alexandre and Joan

AURORA
Infections of a different kind – Step 1

 

BONUS !!!

AURORA : J’aime aller aux raves party, seule, sobre. Vous ne devriez jamais aller seul à une soirée rave et boire de l’alcool ! C’est un non-non. J’aime ça parce que j’écoute de la musique et que je danse jusqu’à 6 heures du matin, puis j’aime rentrer chez moi et méditer jusqu’au lendemain.

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Fictions en interview : on a parlé UFO, live et cinéma

Guillaume Leglise alias Fictions compose avec la même aisance au piano ou à la guitare. L’inspiration, il la trouve partout, en studio, à partir d »une sensation ou inspiré par un film. Il lui arrive de regarder un film avec sa guitare et réinventer la bande-originale.
Il cite volontiers Mizoguchi, sa façon de filmer, ses paysages animés.
Il a 17 morceaux en stock pour un album à venir. Mais il attend, car la scène le nourrit.
Son actu : l’EP UFO accompagné de ses remix et d’un second titre, A la lueur de l’eau.

INTERVIEW / FICTIONS

Fictions

UsofParis : Comment on se fait entendre au milieu de tous les autres artistes qui sortent des EP ?

Fictions : Bien s’entourer. L’idéal : avoir un label, une attachée de presse qui savent le défendre.
Au niveau artistique, faire quelque chose de contemporain, dans l’air du temps et en même temps personnel.

Tu te tortures pour maintenir cet équilibre ?

Je me torture moins qu’avant, je suis dans la spontanéité de ce que je veux faire.
Et je comprends à peu près ce que le public peut aimer et ne pas aimer, et ma place. Il ne faut pas calculer.
Ça fait 15 ans que je fais de la musique. J’ai eu plusieurs vies. Mon propre projet est mon espace de liberté. Je prends plus le temps.

Est-il possible qu’un remix révèle quelque chose d’inattendu, comme pour ton titre UFO ?

Ce qui est intéressant. Chaque remix a mis l’accent sur un arrangement particulier. L’un a mis la ligne de basse en avant, l’autre a ressorti la guitare alors qu’on l’entend très peu dans la version originale. Un autre a fait plus un travail sur la voix.
Les gens qui remixent sont d’autres producteurs. Ce que j’aime c’est partager la création avec des gens que j’aime.
Je fais presque tout tout seul, je produis très vite en studio.

A la lueur de l’eau, c’est une co-écriture ?

Oui. J’avais le refrain et j’étais bloqué sur les couplets. J’ai rencontré un couple d’amies, deux filles. On a eu un gros coup de cœur. On a écrit à 3.

J’adore ce titre. Il me fait penser à Lescop.

C’est marrant ! J’ai eu l’idée de ce morceau, après mes concerts – je ne l’aurais pas fait si je n’avais pas fait de live.
J’avais envie d’un titre assez trippant. J’avais aussi vu Flavien Berger que j’aime beaucoup. Il a une façon particulière d’écrire ses chansons. Et on comprend mieux quand on le voit sur scène.
Je me suis inspiré de tout ça.
Je voulais quelque chose qui évoque les souvenirs, les rêves, la transparence, d’assez vaporeux.
Et j’aime Lescop, son premier album. Je suis inspiré comme lui par les années 80. Le côté enfant de la new wave.

Comment gères-tu le live ?

Fictions : J’essaie d’avoir un maximum de sensations avec le public, le chercher. On est deux en live, avec la bassiste, Clémence Lasme, qui a joué avec Moodoïd, Pyjama, Buvette…
On a des machines contrôlées, des synthés. Et surtout, je chante.
C’est le premier projet où je suis chanteur et non derrière une guitare.
Je travaille beaucoup pour le théâtre et je joue très souvent sur scène. Être avec les comédiens qui sont en connexion avec la salle, je les ai vus réagir. Et avec ces expériences, je ressens plus l’écoute du public. La musique c’est du contact, du lien.

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J’ai lu que tu étais un infatigable chercheur. Cherches-tu aussi des instruments ?

Je n’ai pas beaucoup de matériel. Mais à chaque fois, je suis dans un processus de désir avec chaque instrument. Je me renseigne, je vais regarder des vidéos…
Il peut se passer 3 ans entre le moment où je rêve de l’instrument et son achat.
Par exemple, j’ai racheté un Yamaha DX7, un synthé des années 80, l’un des premiers synthés digital grand public. T’en trouves à 200-300 e. Malgré le budget raisonnable, il m’a fallu du temps pour l’acheter. Il y a un besoin de certitude.
J’ai une guitare que j’adore d’un luthier japonais. J’ai mis 2 ans aussi l’acheter.
Ensuite, ils sont centraux dans ma production.

Le DX7 est présent dans ton EP UFO ?

Il est sur UFO, A la lueur de l’eau et aussi sur les prochains morceaux.
Il a ce grain digital et a une sortie 12 bits (une sortie un peu grossière) ce qui fait qu’il a une grosse patate.

Est-ce que tu composes en pensant à des images, des films ?

Pour le titre Riviera (dans le prochain EP), j’ai pensé au film La Piscine. Je pense souvent à une projection de moi dans un film pour que ça me donne des idées.
Fictions, c’est idée de raconter des personnages. Et concevoir chaque chanson comme un court-métrage.

Tu cites le film Sombre de Philippe Gandrieux comme un chef d’œuvre.

Je ne l’ai pas revu après sa sortie. Il y a des scènes qui m’ont marqué. La première avec le spectacle de clowns que l’on voit à travers les yeux des enfants. C’est fascinant !
Je viens de Brest, une ville sombre. Les images de Grandieux m’ont touché.

Qu’est-ce qu’elle a de plus que les autres la géniale chanteuse Victorine ?

Sa personnalité, sa liberté. Elle ne calcule pas comment elle va plaire, elle laisse aller sa fantaisie et sa poésie. Victorine met en avant ce qu’elle est. Je trouve que c’est plus authentique. Elle voit la scène comme un moment unique.
On avait des amis en commun. On s’est retrouvé au Pop’in. Nous avons travaillé sur une quinzaine de morceaux. Un album va sortir. J’adore sa poésie, son second degré. Elle a un humour immense.

Les artistes que tu aimes ?

J’aime Tirzah, c’est underground. Une sorte de néo trip-hop. Un côté assez brut. Elle a une belle voix assez soul.
Je réécoute des albums des années 90 comme Jean-Louis Murat et j’adore Julien Baer.

by Alexandre

Fictions

FICTIONS
Nouvel EP : UFO

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Roni Alter en interview : on a parlé compo & Be her child again #CONCOURS

C’est avec le temps que Roni Alter a compris pourquoi elle avait quitté Israël pour Paris. C’était sans doute pour se prouver qu’elle était capable de réussir toute seule, ses parents étant connus là-bas.
Paris lui a donné l’inspiration d’écrire. Et elle est heureuse de ne pas être tout à fait à l’aise dans cette ville, « parce que ce n’est pas encore ma maison, je suis toujours un peu immigrante. » Elle aime devoir se battre pour exister, pour que les choses arrivent.
Elle a fait équipe avec le réalisateur Clément Ducol pour donner corps à son nouvel album Be her child again

INTERVIEW / RONI ALTER 

Roni Alter
selfie exclu pour UsofParis

UsofParis : Etre une révélation en France, ça donne des ailes ?

Roni Alter : Je suis honorée, ce qui est un peu par rapport à ce que je ressens.Je suis surprise et excitée.

Qui écoute en premier tes nouvelles chansons ?

Normalement : mon copain et mon père.
Quand je finis les maquettes chez moi, j’appelle mon copain et je lui demande d’arriver dans les dix minutes pour écouter.
En fait, j’ai besoin que quelqu’un écoute et valide très vite ce que j’ai fait.
Et après, je l’envoie à mon père et s’il ne répond dans les 2 minutes, je l’appelle pour lui demander s’il a bien reçu mon mail… 🙂

Mais ils ne sont pas objectifs ?

Si ils le sont !
Mon père est musicien, je sais qu’il est fan de ce que je fais.
Mais je sais quand une chanson est bonne. Je n’ai pas besoin de leur approbation.
Quand on fait quelque chose d’artistique, ce n’est jamais fini tant qu’une personne n’a pas vu, entendu…

Quand sais-tu que la chanson est bonne ? Et que tu peux t’arrêter ?

S’arrêter est toujours difficile pour un musicien. Mais c’est pareil pour l’art en général, on peut continuer éternellement. Mais quand j’écris une chanson, je suis très perfectionniste et je sais quand une phrase n’est pas bonne ou quand une mélodie n’est pas parfaite.
Je travaille jusqu’à ce que ce soit sincèrement bon.
L’écriture, on sait quand c’est abouti. Pour une mélodie, ça peut être infini.
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J’aime beaucoup Devil’s calling. Comment l’as-tu composée ? 

Roni Alter : J’ai eu de la chance pour cette chanson. C’était comme un monologue qui était en moi et qui devait sortir. J’ai écrit mélodie et paroles en même temps, d’un seul jet.
J’ai pris ma guitare et j’ai écrit toute la chanson.
C’est arrivé aussi avec la dernière chanson de l’album, Be her child again. 

As-tu l’impression d’être guidée quand tu écris ?

Je ne suis pas croyante. Mais quand de telles choses arrivent, je pense que peut-être il y a quelqu’un au-dessus.
C’était quelque chose qui était en moi depuis longtemps. Je voulais parler de ce thème mais je ne savais pas comment.
Habituellement, j’écris la musique et ensuite les paroles.
C’est l’émotion que j’ai eue avec ce garçon, Devil.

C’est un flash back, c’est comme s’il m’appelait du passé.

J’aime beaucoup Stubborn. Y’a-t-il un secret de fabrication.

C’est un des titres les plus pop. Parfois, j’aime bien sortir de moi et faire des choses plus énergétiques. C’est une chanson que j’ai écrite pendant l’enregistrement de l’album.

J’étais énervée quand je l’ai écrite. Et ce que qui arrive quand je le suis.

Tu deviens pop ?

Oui, quand je suis contrariée, je deviens une chanteuse pop. 🙂

Tout l’album a été écrit à Paris ?

Une partie, le reste en France.
Roads with no name, je l’ai écrit sur la route, quand je partais en Italie dans la voiture.
J’aime regarder le paysage et les idées arrivent.
Chaque fois que j’écris une chanson, je me dis que c’est une histoire magique.
Ça arrive de nulle part. Il faut être disponible sur le moment.
Je ne suis pas capable de m’asseoir et de me dire : il faut écrire maintenant. C’est quand la musique qui arrive qu’il faut la saisir.
Parfois, jouer des chansons d’autres artistes, ça peut m’aider à faire venir des idées.
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J’ai pensé que tu voulais révéler que ton côté bad girl en faisant la reprise de PNL.

C’est le contraire en fait ! Pour moi, c’est une chanson qui est une ballade classique.
Je l’ai jouée sans penser à en faire une reprise.
Au début, c’est la musique qui m’a interpellée. Parce que je n’ai pas compris toutes les paroles. Je sais que des Français ont du mal aussi. 🙂 Alors pour moi c’était encore plus difficile. J’ai demandé de l’aide pour m’aider à comprendre.
J’étais dans l’ivresse chez moi quand je l’ai entendue. Et je ne savais pas qui c »était.

La Roni de 7-8 ans est-elle heureuse de la Roni que tu es maintenant ?

Je pense que oui. Je suis allée au-delà de mes rêves. C’était évident dès mon plus jeune âge que je serai chanteuse, musicienne. Ce n’était pas un choix.
J’ai écouté ce qui était en moi. J’ai suivi ma passion.

Donc pas de dépression possible ! Tu as toujours la musique avec toi. 😉 

La musique peut aussi m’aider à être encore plus déprimée. J’écoute la musique pas forcément pour être plus heureuse. Je peux en écouter pour être encore plus triste.
J’aime aller dans les extrêmes. Je ne veux pas être heureuse en continu.

La chanson la plus génialement « déprimante » du moment ?

Ça change tout le temps car j’écoute beaucoup de nouvelles chansons.
Ce serait Habibi de Tamino. C’est une chanson folle.

Est-ce que Keren Ann t’as conseillée ?

Quand j’ai écrit mon deuxième album, en 2014, je lui ai transmis toutes mes maquettes pour avoir son avis. Je suis fan, je l’ai été avant que nous soyons amies.
Elle m’a permis de rencontrer des professionnels.
J’ai joué avec elle sur scène. Elle m’inspire.
Elle m’a donné le sentiment que ce que je faisais était bien. Et que je pouvais tout faire toute seule. Elle m’a apporté de la confiance, la confiance de ne pas arrêter.

Si tu pouvais changer le monde, que ferais-tu ?

Je mettrais des femmes à la tête de chaque pays : présidentes, premières ministres…
Ça stopperait la folie ! Elles ne sont pas violentes dans leur nature.
La violence me dérange énormément, pour tout.

Tes petites adresses parisiennes ?

Mon café disquaire de quartier : Comets.
Mon restaurant préféré à Paris : Balagan, rue d’Alger dans le 1er. Étant végétarienne, c’est parfait !

Dernier coup de cœur musical ?

J’essaie d’écouter plus d’artistes français pour m’ouvrir.
Pierre Lapointe est l’un de mes préférés. Il est génial ! J’ai fait une de ses premières parties.
Et j’aime le dernier album de Barbara Carlotti, Magnétique.
Le dernier Paul McCartney est brillant. Chaque fois qu’il sort un nouvel album, je le trouve incroyable. Je continue à l’écouter et aller le voir en concert.
Interview by Alexandre 
Roni Alter

Roni Alter

nouvel album Be her child again 
(Warner Music)
sortie le 8 février 2019

Concert le 16 mai 2019 au Café de la Danse, Paris 

En tournée en France :
15 mars à Annecy (Festival Hors-Piste)
18 avril au Printemps de Bourges 

 

#CONCOURS

Nous aimons, nous partageons ! 
Nous vous faisons gagner des CD de Be her child again de Roni Alter. 

Pour participer, remplissez le formulaire en-dessous et n’hésitez pas à nous dire ce que vous aimez dans l’interview de l’artiste.

Roni Alter
Sending

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Marvin Jouno sublime l’intime avec Sur Mars #interview

Marvin Jouno nous revient changé, bouleversé par la vie et bien décidé à partager ces récits d’explorateur de l’intime.
Sur Mars emporte avec son élégance folle, un song writing parfait et des compos entêtantes. 

INTERVIEW MARVIN JOUNO 

Marvin Jouno

UsofParis : Être aimé par des hommes, des femmes anonymes, est-ce facile à gérer ?

Marvin Jouno : C’est très perturbant. Il y a un côté magique de voir que tu touches des gens et de voir une communauté hyper-réactive. Ça me touche énormément.
Et je passe aussi beaucoup de temps avec des gens que je ne connais pas. Parfois, j’ai du mal à comprendre le principe d’autant que je suis quelqu’un de très solitaire. Je compte mes amis sur les doigts des deux mains. J’adore les tête-à-tête; j’adore voir les gens. On est dans un monde qui me propose une communication très différentes.
Je m’évertue à m’occuper de mes réseaux et à répondre à tous ceux qui m’écrivent.

Des échanges heureux ?

Oui ! Comme le groupe Facebook : Marvin Jouno et nous. Je ne sais pas pas si je peux dire que j’en suis fier. En tout cas, c’est une jolie communauté, menée par des gens que je trouve intelligents, cultivés.
Avec eux, parfois l’échange est stimulant intellectuellement.
J’ai besoin d’alliés de ce type. Il y a suffisamment de détracteurs comme ça. 🙂

Écrire, chanter, ça aide à vivre ? Ou au contraire, ça peut bouleverser la vie ?

Je suis partagé à nouveau. Je me suis vraiment réalisé artistiquement. Ça faisait des années que je me cherchais, ainsi que mon média. Et Intérieur Nuit a apporté beaucoup de choses et aussi pas mal bousculé. J’ai passé 3 ans assez mono-obsessionnel. Je ne pensais qu’à mon album. J’ai un peu oublié ma vie. Je me suis réfugié aussi, j’avais une bouée.
Et heureusement, j’avais un objectif et un but à atteindre avec ce deuxième album, vu ce qui m’arrivait sur le plan intime.
Parfois, je me dis que je n’ai pas choisi une voie simple. Je me livre beaucoup et je me soumets au jugement d’autrui en permanence. Alors que je déteste être jugé. 🙂

La musique, les tournées, ça peut fatiguer une relation amoureuse, une relation amicale ?

Sur le plan amical, vu que je travaille avec des amis, ça renforce. Il n’y a pas eu de tensions. Il y a un esprit très familial.
Après, sur le plan amoureux, est-ce que ça abîme ? Certainement !

Ce n’est plus un couple que tu formes mais un trio avec la musique.

Oui, ça prend beaucoup de place. C’est pour ça que ça fait 3 ans que je suis tout seul.
Je suis en couple avec mon disque. On va bientôt se séparer à priori. 🙂

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Quand a débuté l’écriture ?

Je n’ai pas composé pendant un an. Mais j’ai pris beaucoup de notes. Je vivais à droite à gauche, dans l’est parisien et j’étais toujours avec mon tél. J’écrivais par rapport à ce que je traversais sur le plan personnel. Mais je ne figeais pas ça sous forme de paroles. Au bout de 9 mois, 1 an, j’ai tout étalé sur mon ordi, en essayant de mettre dans des cases, les thématiques.
J’ai ciblé une quinzaine de textes que j’ai mis en forme. Mais j’attendais d’avoir la compo.

Très rapidement, il y avait trois figures féminines centrales au projet. Je n’avais que ça à raconter car c’était en train de me chambouler complètement. Trois espèces de figures de deuil aussi. Je voulais parler de ces trois femmes, c’était une obsession.

Qui sont-elles ?

J’ai mis fin à une très longue et belle histoire d’amour de 10 ans. J’ai cru un amour longue distance impossible. J’ai fini par perdre ma mère d’une longue maladie.
Le sol s’est dérobé sous mes pieds. C’était trois années particulières.
J’ai appelé l’album Sur Mars parce que j’avais l’impression d’être sur une autre planète.
L’impression d’être en terrain hostile, terrain inconnu, d’être mis à l’épreuve.

Clap de fin m’a vraiment accroché, un vrai titre pop.

Je voulais commencer par un clap de fin. Je reprends l’auditoire là où je l’ai quitté, à la fin du tournage du film. Je parle du retour après tournage, je n’ai pas du tout envie de rentrer.
C’était la chanson manifeste. Le nœud central des bouleversements à venir.
Je lutte souvent pour trouver la bonne composition pour le bon texte. Car je n’écris pas beaucoup. Je ne lâche pas le texte tant que je n’ai pas trouvé le bon décor, la bonne lumière.
Il y a une notion de transition avec Intérieur Nuit.

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Danse m’obsède totalement !

C’était une récréation. Sachant qu’en apparence, il est léger mais il n’est pas.
Mais je l’exprime dans un décor acidulé. Ça a été une soupape dans ma période de création. Pendant la tournée d’Intérieur Nuit, on a beaucoup dansé avec Agnès, après les concerts, en province. Comme j’ai composé ces titres, seul, en Bretagne, j’avais cette envie de sortir pour danser.
C’est un titre qui a redonner l’envie à toute l’équipe et aussi l’axe de l’album, un peu comme une DA (direction artistique).

Où es-tu allé chercher ces petits bouts sonores qui pimentent tes titres ?

J’ai été marqué par deux albums : Blond(e) de Frank Ocean et le deuxième album de Bon Iver. Ça évoquait pour moi le journal intime, le carnet de bord. Ce n’est que de la matière que j’ai prise avec mon téléphone : des messages qu’on m’a laissé, des choses enregistrées dans l’avion, dans la rue. Tout est vrai !
La seule exception, le début du titre On refait le monde.
Ça a un caractère hyper cinématographique : le sample de voix, l’échantillon. C’est comme si Sur Mars était un film sans image.

Le final de Danse ?

Je suis sur le balcon d’Agnès, en train de fumer. Et un homme passe en bas de chez elle, avec un caddie et une sono. On ne savait pas ce qu’il chantait, ce qu’il hurlait. A priori, c’était « Je t’aime, mon amour« . Je voulais le mettre en épilogue de Danse, quelque chose de libérateur, d’un fou, d’un peu alcoolisé.

Les bidouillages vocaux viennent de ce que tu écoutes ?

J’ai beaucoup écouté de hip-hop trap music. Je trouve que c’est un témoignage de l’époque.
Je voulais que mon disque soit daté. Que dans 20 ans, on puisse dire Sur Mars est sorti en 2019 ! Quitte à ce que ça vieillisse mal. C’est un instantané de ces 3 années de ma vie. Et c’est un choix esthétique qui m’a ouvert plein de perspectives. Parfois, je fais juste des vocalises et on a la sensation que c’est un instrument alors que c’est ma voix.

Marvin Jouno

Agnès Imbault qu’a-t-elle apporté à l’album  ?

C’est la personne courageuse qui est venue me voir dans ma retraite. Elle est venue me voir 4 fois, en Bretagne, pendant 1 an.
Je compose toujours dans mon coin, Agnès arrive. Avec son grand bagage, elle améliore les accords, propose d’autres choses. C’est une partie de ping pong et une co-composition sur la plupart des titres.
Et après, on apporte notre matière à Angelo qui va réaliser.

La scène te manque ?

Oui, ça me brûle ! 🙂
J’ai commencé la scène en ultra novice. A ne pas savoir où prendre le plaisir et quel était mon personnage. Je me suis révélé au fur et à mesure.
C’est certainement l’endroit sur terre où je m’épanouis le plus.
J’ai hâte de reprendre. Comme si j’avais fait ce disque pour refaire de la scène. J’ai de grandes ambitions pour ce live.

Si tu pouvais réformer le monde, que ferais-tu ?

Je travaille sur le clip d’On refait le monde. Et je piétine encore car je n’ai pas la réponse. Ce « on » général c’est comme si je n’en faisais pas partie. Je fais partie d’une génération déjà compromise. Je mise tous mes espoirs sur la jeunesse. J’espère qu’ils auront la réponse.
C’est une chanson avec beaucoup de questions.
J’aimerais avoir la réponse, mais je suis parti sur Mars. 😉

Interview by Alexandre

Marvin Jouno

Marvin JOUNO
nouvel album : Sur Mars
(Un plan simple / Sony Music)

sortie le 25 janvier 2019

CONCERT : le 12 mars au Café de la Danse, Paris

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Rockin’1000 : fièvre rock avec 1000 zikos amateurs au Stade de France

Rockin’1000 est une fête du rock venue tout droit de Florence, en Italie. Le 29 juin prochain, 1 000 musiciens amateurs fouleront la pelouse du Stade de France afin de faire raisonner des grands classiques électriques.
A vous de vous frotter aux plus grands : The Rolling Stones, Muse, AC/DC, U2, Metallica, Coldplay

Rockin'1000
Photo © Luca Parisse

Par les fans, pour les fans

Le projet musical est simple : 20 morceaux, 250 chanteurs, 250 guitaristes, 250 bassistes et 250 batteurs. Le tout pour un concert qui va envoyer du bois.
Et derrière la setlist, le parrain du rock français Philippe Manœuvre. Il sera le seul à choisir les morceaux joués avec une seule contrainte : un morceau par artiste. Une mission pas si facile mais il a une seule envie choisir : « des morceaux qui feront plaisir à tout le monde, que toute le monde connaîtra par cœur. »

Rockin'1000De David Bowie aux Ramones en passant par Nirvana et,  bien sûr,  Smoke on the Water de Deep Purple. Sans oublier un morceau hommage à Johnny Hallyday.
« Il a joué tellement de fois au Stade de France qu’on ne peut pas ne pas le mettre dans la setlist. »

C’est là que l’on peut regretter de n’avoir jamais appris la basse, la gratte, la batterie ou d’avoir une voix de casserole. Et si ce n’est pas le cas, le casting est ouvert.
Musicien du dimanche, amateur plus éclairé ou semi-pro, le casting est accessible aux plus de 16 ans.
Pour postuler, il suffit de s’inscrire sur le site du Stade de France en chargeant sa vidéo pour prouver sa fougue. Et avoir une passion : le rock sous toutes ses mélodies.

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Une fois sélectionné, vous serez coaché pour pouvoir jouer en live tous les morceaux programmés. Et surtout kiffer votre soirée dans une ambiance unique, dans un lieu mythique.

Rockin’1000 : un évènement populaire

Ce concert est l’occasion pour le Stade de France de reprendre la production de spectacles.
Fréderic Souplet, Directeur Général Adjoint du Stade de France, l’affirme : « si on n’était pas producteur, personne ne nous proposerait ce projet. Mais le rock , c’est l’ADN du Stade de France. »
Et c’est ce qui enthousiasme Philippe Manoeuvre : « On peut créer le Woodstock du future. Le Stade de France prend un risque, il faut le faire pour le rock et remplir le stade ! »

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Côté public, la production veut faire de ce projet un événement populaire.  Alors pour les spectateurs, il y aura 2 tarifs : 39 € et 29 €.

Et au moment de la conférence de presse : 5 000 billets étaient déjà vendus et 700 musiciens s’étaient déjà inscrits au casting. Sans communication d’envergure.

Il faut croire que le projet suscite déjà de grandes passions !

Rockin'1000

Rockin’1000

le samedi 29 juin 2019 à 21h

au Stade de France
93200 Saint-Denis

Inscription au casting sur le site du Stade de France

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Hugo Barriol en concert à la Maroquinerie : des invits à gagner !

Hugo Barriol, le chanteur à la barbe longue et soignée et à la voix qui réchauffe, va offrir prochainement tout l’étendu de son talent de songwriter. Avec une date de concert immanquable : le 24 janvier à la Maroquinerie à Paris. Et la sortie de son premier album, Yellow, le 22 février.

Avec le single Million Years, dévoilé en octobre, nous avions commencé à chavirer pour les ballades d’Hugo Barriol. Un refrain entêtant, des textes délicats, une chaleur dans la voix qui emportent tout.
Le dernier titre, Always, est une nouvelle source d’émotions. Un petit bijou sensible, doux et sans artifice. Les fans de l’artiste n’ont pas manqué de partager leur enthousiaste suite à la publication de la vidéo.

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Le chanteur découvert dans le métro parisien qui a sorti un EP est prêt à partager ses créations avec le plus grand nombre. La preuve avec son Yellow Tour qui le conduira à Orléans Lyon, Toulouse et Nantes mais aussi en Europe : Londres, Amsterdam, Berlin…
Ce serait dommage de ne pas avoir assisté à son éclosion. 😉

Hugo Barriol

 

CONCOURS

Nous vous invitons au concert d’Hugo Barriol à la Maroquinerie, le jeudi 24 janvier à partir de 20h.

Pour participer au tirage au sort, il suffit de remplir le formulaire en-dessous en s’assurant bien d’être dispo le 24 janvier.

Hugo Barriol Concours
Sending

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Ornette sort Sometimes I Feel – interview d’une grande sentimentale

Ornette a commencé comme musicienne en accompagnant sur scène Micky Green, Arthur H ou encore Alain Bashung. Après son premier disque Crazy et la chanson éponyme qui est encore sur toutes les lèvres, Ornette a proposé plusieurs projets comme un album de jazz autour de Nino Ferrer et deux EP’s.
La trilogie prend fin avec la sortie de Sometimes I Feel et du très beau clip qui l’accompagne.

Rencontre avec une artiste peu conventionnelle, qui se sert d’Internet depuis bientôt 10 ans pour nous faire découvrir son univers musical.

Ornette
Selfie original pur US of Paris

INTERVIEW 

USOFPARIS : Ton premier disque est sorti en 2011, que s’est-il passé pour toi depuis ?

ORNETTE : Début 2012, il y a eu l’EP Crazy Friends. J’étais en tournée jusqu’en 2013. Comme on ne pouvait pas tout de suite enchaîner avec un album, je proposais tous les mois une chanson en téléchargement gratuit (Ornette’s 13). J’ai mon studio, j’ai toujours été très indépendante. C’est très frustrant pour les artistes, les auteurs-compositeurs, car le temps de production est très long. J’avais besoin d’un peu de légèreté, ça me permettait de proposer des choses. Internet m’amuse beaucoup, cela permet d’avoir une liberté.
 Mon label a fait faillite. Il a été racheté plusieurs fois, donc c’était compliqué d’avoir les équipes et de rencontrer les gens pour travailler sur un projet. Ça ralentit beaucoup le processus.

Internet est devenu une belle plateforme d’expression pour toi. Tu as proposé pas mal de choses, depuis la sortie de Crazy.

La période en label a été très intense, l’album a très bien marché. Le rachat du label a tout changé pour moi. Ça a ralenti pas mal de choses. Par rapport à un système normal, j’aurais dû sortir un album 1 an et demi, 2 ans après le premier. J’ai sorti des EP’s, et des titres sur le web. Comme c’était pas conventionnel, même si j’ai eu des attachés de presse, les radios ne rentrent pas un titre d’une artiste indépendante comme ça.
L’avantage de la situation c’est que chez Discograph (son ancien label), j’étais déjà une artiste digitale, donc y’a des alertes et le public a les moyens de savoir. Les gens des bureaux ne savent pas que tu existes, mais les gens de la vie, qui aiment bien un artiste, suivent sur Spotify, Facebook… et, du coup, ils ont les actu. Pour l’anecdote, mes premiers concerts en 2010 étaient tous retransmis en streaming en direct. Internet m’a toujours amusée. J’ai sorti un clip à 360 degrés l’année dernière. Ça m’amuse d’aller chercher le plus loin possible où on peut aller. Des fois, on réussit. Des fois, on ne réussit pas. Mais au moins ça avance et on essaie. Internet est un grand terrain de jeu.

Ornette

C’est pas frustrant ?

Oui et non. Oui parce que clairement pour être un peu matérielle, si je vendais plus de disques, j’aurais plus de concerts. En même temps, ce dynamisme est unique, il n’est pas acheté. Il est invisible mais il est réel. Le paradoxe c’est que le remix de Crazy est à je ne sais plus combien de millions de stream (plus de 15 millions) et je n’ai jamais eu un article de presse dessus. Y’a jamais rien eu qui a été fait. Le label ne voulait même pas le sortir. En revanche, la réponse du public a été directe. C’est une frustration mais le retour est énorme, il ne faut pas le négliger. Je préfère des vrais gens qui écoutent vraiment, qu’un coup monté par de l’argent. C’est mon côté artiste. Le jour où il n’y aura plus personne pour écouter, je serais plus triste.

Tu as sorti un album de jazz également ?

Oui, j’ai sorti un album avec le jazzman Denis Colin autour de Nino Ferrer. C’est très différent de ce que je fais d’habitude. Mais j’ai eu une carrière dans le jazz avant Ornette. A la base, je suis pianiste. Mon premier groupe c’était un piano préparé avec de la musique improvisée. D’ailleurs, c’est pour cela que j’ai choisi Ornette comme nom de chanteuse, pour Ornette Coleman.

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Tu as commencé comme musicienne, chanteuse c’est arrivé comment ?

Mon premier concert c’était à la Flèche d’Or. Ils voulaient quelqu’un à l’ouverture des portes qui chante pour la première partie. On m’avait dit : « T’inquiète y’aura personne. » J’ai dit oui, et effectivement y’avait mon père, ma mère et 3 potes. C’était très chouette et c’est là que j’ai eu mon déclic. Je ne voulais pas être chanteuse à la base. J’ai fait le conservatoire, j’avais zéro en chant. J’étais instrumentiste et c’est tout. C’était déjà beaucoup j’ai envie de dire. Ce soir-là sur scène en chantant pendant 25 minutes dans une salle vide je suis descendue de scène en me disant « Y’a quelque chose là ! Tu pourras pas faire marche arrière. » Ça a commencé comme ça.

Tu continues de jouer avec Internet aujourd’hui, pour teaser la sortie de ton nouvel EP tu as posté sur Instagram des photos de toi en combi doré intégrale dans Paris. C’est lié au clip du titre Sometimes I Feel.

ORNETTE : Le titre est une chanson très sombre. C’est une chanson de rupture, très sentimentale. Je suis une grande sentimentale, une grande romantique. On est à l’époque Tinder donc forcément ça clash quand on est plutôt sentiments et que tout le monde est Tinder. On est dans un anachronisme. J’avais envie d’exprimer ça. Roland Barthes disait qu’on entre dans une époque où c’est plus difficile de dire je t’aime, on s’affranchit plus facilement. On parle beaucoup de sexe, mais on oublie les sentiments. C’est mon manifeste de : « Et les sentiments alors ? », c’est ma chanson d’amour. Un chanson d’amour entre un piano magique et cette créature de l’espace.

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Le clip est très beau, avec ce piano magnifique. Peux-tu m’en dire plus ?

Je voulais quelque chose de très frais. Quand on est amoureux et qu’on est dans une rupture on voit les choses comme ça. On a aucune visibilité sur ce qui arrive après, on ne voit plus rien. C’est un clip de gros plan. On rentre dans le piano, on le découvre. J’avais une référence très forte qui est celle de Christine de John Carpenter, cette voiture infernale. Le trailer de ce film est magnifique. Il y a cette voiture filmée en gros plan, de façon très très sensuelle et on découvre à la fin que c’est la voiture. La voiture est le deuxième protagoniste du film. Moi c’est mon piano !

Après ce troisième EP, un album se prépare ?

Cet été, j’ai enregistré 48 minutes de musique. Tout reste à savoir si je les sors en album, en EP’s successifs. Mais c’est vrai que ce maxi ferme une petite page.

A quoi peut-on s’attendre pour les prochains morceaux ?

Il y a pas mal d’arrangements de cordes. Il y a du français aussi. J’avais envie de français. Paradoxalement, lorsque j’écris en français je suis à l’autre bout du monde. J’ai écris ces textes en Colombie, à l’Ile Maurice. Lorsque je parle une autre langue, j’ai envie de français. On m’a souvent demandé pourquoi je ne chantais pas en français. Je viens d’une famille multilingue. On parle français dans la rue et italien à la maison, ma grand-mère parle allemand. L’anglais à Paris est une façon de rester neutre parce que sinon après c’est la guerre des parents.
Il y aura des chansons d’amour. Beaucoup d’arrangements de cordes, des cuivres. J’ai envie d’être organique d’un côté et de le mélanger à l’électronique que j’ai gardé. J’ai essayé de m’accorder des libertés de structures.

Ce personnage de créature de l’espace va-t-il perdurer ?

J’aimerais bien. Au début, c’était juste pour le clip. Et le fait de l’avoir fait vivre dans la rue m’a donné envie de faire mes concerts avec. Sans la cagoule car ce serait compliqué. Ce serait chouette. Faut tellement lâcher prise sur sa pudeur personnelle. C’est tellement too much qu’on lâche prise et c’est intéressant.

Ton duo de rêve ?

ORNETTE : Je suis tombée complètement amoureuse de Warhaus et sa chanson Love is a stranger, le chanteur de Balthazar. Mais il chante déjà avec une fille, donc je suis HYPER jalouse.
J’adore Arno. Ornette et Arno, ce serait pas mal, non ?

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Il ya quelques années, un média t’avait déjà posé la question et tu avais répondu Jay-Z

Ah oui ? Tu vois maintenant moyen quoi ! Mais c’est vrai que j’aime beaucoup les mélanges, les rencontres entre voix très rocailleuses et voix claires.

Ton dernier coup de cœur musical ?

Love is a stranger de Warhaus. 

Ton dernier coup de cœur cinématographique ?

Cold War.

La chanson que tu aurais aimé avoir écrite ?

In a cold cold night de The White Stripes. 

Interview by Joan

Ornette

Ornette
EP Sometimes I Feel

(Music of the Century)

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Peau d’âne à Marigny : éblouissante fantaisie

Audacieux d’adapter un des chefs-d’œuvre de Jacques Demy, Peau d’âne, pour la scène.
Jean-Luc Choplin, le tout nouveau directeur du Théâtre Marigny, comble les passionnées de comédies musicales, les amoureux de contes à dormir debout et tous les spectateurs qui gardent leur âme d’enfant vissée au corps.
Un vent so 70’s souffle sur la scène du Théâtre Marigny pour le meilleur et l’enchantement jusqu’au 17 février 2019.

Peau d'âne

Une fantaisie totale

Forêt sur scène, boules à facettes, fée sur patins à roulettes, fleurs géantes, robes de princesse… Le directeur artistique, Emilio Sagi, et son équipe déploient un enchanteur cadre pour adapter ce conte connu de tous et toutes.
Un roi esseulé. Sa fille est belle comme un cœur si bien qu’il envisage de l’épouser. Une fée délurée à souhait vient jouer les farceuses en conseillant la pauvre enfant de retarder l’inévitable mariage.
Et un prince charmant.
L’histoire est simple, cousue de fils blancs ou d’or. Mais le charme est bel et bien intact. Surtout qu’Emilio convoque l’esprit et le kitsch de Jacques Demy et que les ritournelles de Michel Legrand sont intemporelles.

Peau d'âne

Marie Oppert qui incarne Peau d’âne est pétillante comme il se doit. La fée-marraine (Emma Kate Nelson) est délurée et drôle. La mère du prince charmant (Marie-Agnès Gillot) en fait des caisses avec sa robe, ses  bras, drama queen à mort, et ça nous plaît.

Je me souviens encore, enfant, d’avoir été étonné qu’un hélicoptère fasse son apparition en toute fin de film. Je trouvais que ça ne collait pas forcément aux contes que je découvrais. Mais ce détail-là m’a marqué suffisamment pour m’en souvenir, environ 30 ans après.
C’est aussi ça la beauté du spectacle vivant, pouvoir renouer avec ses souvenirs d’enfance, ces histoires qui ont marqué notre jeunesse et nous rappeler notre légèreté.

Peau d'âne

Peau d’âne

d’après un film de Jacques Demy adapté de Charles Perrault
Musique de Michel Legrand

Direction artistique : Emilio Sagi avec Daniel Bianco, Pepa Ojanguren, Eduardo Bravo et Nuria Castejon

Direction musicale : Thierry Boulanger et Patrice Peyrieras

Avec : Marie Oppert, Michael Denard, Emma Kate Nelson, Olivier Fredj, Marie-Agnès Gillot, Christine Gagnieux, Franck Lopez et la participation exceptionnelle de Claire Chazal.

Orchestre et Chœurs du Théâtre Marigny

Peau d'âne

au Théâtre Marigny
Carré Marigny
75008 Paris
Réservation : 01 76 49 47 12
billetterie@theatremarigny.fr

jusqu’au 17 février 2019

en soirée à 20h
en matinée à 15h le samedi et à 16h le dimanche

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Christine and The Queens, le feu de Chris de Londres à Paris

De Londres à Paris, en VA ou en VF, Christine and The Queens magnétise le public avec un show d’une réelle beauté, audacieux, maîtrisé dans le moindre détail.
Chris aguiche indéniablement yeux, corps et oreilles.
Son androgénie fascine. 

Alors que la promo à gogo a fini par me lasser : trop de blabla, trop de justification, une absence de simplicité. L’apothéose étant l’interview auto-caricature pour ITunes. J’ai quand même rejoint la tournée du deuxième album, Chris.
Christine and the queens
Chris Tour @ AccorHotels Arena
En novembre, j’ai pris un train pour Christine and The Queens version anglaise à Londres – et parce que j’étais trop impatient de la retrouver enfin sur scène. En décembre, j’ai pris le métro pour le tout premier live de Chris à l’AccorHotels Arena.
Certains pourront sans doute regretter qu’il y ait un peu moins d’échange avec le public que pour la tournée Chaleur Humaine. Cette fois, on est plus dans l’efficacité, le contact direct et frontal.
Ça ne me déplaît pas. Il y a quand même des moments suspendus comme à Bercy, le premier soir. Le public surprenant l’artiste avec ses messages imprimés sur papier : We accept you et One of us, en références aux tatouages de l’artiste. Quelques larmes apparaissent dans les yeux de la chanteuse.
Christine and the queens
Chris Tour @ AccorHotels Arena
Un show théâtralisé avec d’abord les fonds de scène proches du kitsch – l’équilibre est très subtil – et qui tombent avec panache sur le sol. Ensuite, le déchaînement des éléments : fausse neige, fumée et fumigènes, sable.
Ces artifices de spectacle créent une atmosphère poétique.
Les chorégraphies orchestrées avec La Horde assurent rythme, complicité et fougue.
Christine and the queens
Chris Tour @ Eventim Apollo
Ce que j’aime particulièrement c’est l’entrée de scène sur Comme si on s’aimait joyeux à souhait. Conçue comme une battle entre Chris et ses danseurs.
Machin-Moche pour l’émotion pure – je n’ai pourtant pas encore saisi tout le sens de ce titre. Mais voir Chris en solo, sans aucun artifice autour, c’est trippant.
L’étranger (voleur d’eau) parce que les premiers accords musicaux me surprennent toujours autant et, que d’un coup, il y a cette montée intense. Un titre qui offre un ralenti chorégraphié sur fond d’éclairs. C’est très beau.
Et Saint Claude qui procure encore et toujours une mélancolie à fleur de peau, chanté au cœur du public, pour une plus grande communion. Les larmes sont proches.

 

Bonus : même folie du public qu’il soit anglais ou français quand débute le titre Christine / Tilted. Tous les téléphones se lèvent de Londres à Paris.

Christine and the queens
Chris Tour @ Eventim Apollo
Préparez-vous ! Chris va reprendre les routes de France en 2019 pour une tournée des festivals qui s’annonce folle.
On compte déjà Mainsquare, We Love GreenEurockéennes de Belfort, Francofolies, Musilac, Carcassonne, Les Vieilles Charrues
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L’Amérique sans filtre et dansante de Natalie Prass

C’est une femme de caractère que nous découvrons ce mardi. En effet, alors que son album était terminé, l’élection de Donald Trump vient bousculer l’agenda des pensées de Natalie Prass.
Cherchant à comprendre comment son pays avait pu en arriver là et s’interrogeant sur ce que pourrait être son (l’)avenir, l’artiste se met donc à réécrire son album. En ressort alors une réflexion sur la place des femmes dans la société et l’industrie de la musique, le féminisme, l’empowerment à l’ère Trump.

C’est le fruit de ses observations, The Future and The Past, qu’elle vient nous livrer en live.

Natalie Prass

Scintillante et enivrante

Telle une majorette fraîchement débarquée du Magicien d’Oz, Natalie grimpe sur la scène du Café de la Danse, accompagnée de ses quatre musiciens.

Le ton de l’album étant provocateur et politique, on s’attendait à des musiques graves. C’était mal connaître la sensibilité et le positivisme de la chanteuse et compositrice américaine.
Dès les premières notes, la musique se fait festive, enivrante, groovy, pop, jazzy.
C’est tout un art de transformer des sujets graves en chansons feel good qui nous donne une seule envie : danser. Cette façon de rassembler grâce à sa musique, on le ressent parfaitement sur des titres comme Sisters, un appel à l’entraide féminine, une véritable ôde à la sororité, ou encore sur The Fire qui creuse la noirceur d’une romance perdue.

Natalie Prass

En dehors de sonorités jazz, on sent une influence parfaite des 90’s, un brin RnB, comme sur l’entêtant Never Too Late ou le dansant Ain’t Nobody.

Le temps file et c’est déjà le temps pour Natalie Prass de remercier chaleureusement Paris. Mais elle nous laisse tout de même avec une pensée rassurante : l’Amérique post-Trump nous réserve sûrement encore de belles surprises artistiques.

by Sarah 

Natalie Prass

Natalie Prass
album The Future and The Past
(ATO Records / Pias France)

site officiel : natalieprass.com

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