Archives par mot-clé : musique

Arman Méliès chante les femmes avec Echappées Belles ! #interview

A peine la tournée Esperluette avec Julien Doré bouclée, Arman Méliès s’est remis tout de suite à l’ouvrage, c’est son « besoin irrépressible » de faire des chansons. 
En attendant son nouvel album, il s’est offert un aparté féminin en reprenant Juliette Armanet, Blondino ou encore Fishbach. L’EP Echappées Belles a été enregistré dans son home studio, en un mois à peine. Pour ce projet, le chanteur a été tout autant excité à l’idée d’enregistrer les titres que de travailler sur la conception du disque.

Arman Méliès

INTERVIEW 

UsofParis : Quelle est la chanson déclic de ce projet ?

Arman Méliès : La chanson de Blondino est l’étincelle de cet EP. Je l’ai découverte dans un magasin de disques par hasard, à l’époque de la sortie de l’EP. Je suis allé voir le vendeur, le disque n’était pas encore sorti.
Il s’avérait que c’était sous le label Tomboy de Mélissa qui travaillait sur ma promo.
C’est un titre qui m’a poursuivi.

Qu’a-t-il de spécial ce titre ?

Il me touche !
Dans un premier temps, c’était la musicalité, dans le magasin. La mélodie, la suite d’accords…
Petit à petit a germé l’idée que je puisse le reprendre un jour. Les reprises, j’en fais peu.
Je voulais rendre hommage à la nouvelle génération de chanteuses, avec des titres qui me suivent plusieurs mois, extraits de premiers albums.

Comment s’est fait le choix des autres titres ?

Essayer de trouver des chansons qui me touchaient. Et c’est un peu par hasard que ce ne soit que des chanteuses. Après Blondino, il y a eu Maissiat que je connaissais depuis longtemps.
Et en réécoutant mes playlists, j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de chanteuses.
Cela fait sens par rapport à notre époque, #metoo, le cinéma, moins en chanson. La question de la femme dans notre société est quelque chose de fort. Et cet ensemble faisait sens.

Image de prévisualisation YouTube

L’adaptation a été facile pour toutes ces chansons ?

Curieusement, le titre de Blondino n’était pas si simple à adapter. Je le jouais depuis longtemps pour moi, guitare-voix. Et quand j’ai commencé à travailler dessus pour l’enregistrer, je me suis rendu compte de petites subtilités que j’avais gommées mais qui faisaient tout le sel de la chanson.
Il y avait aussi un phrasé très important dans la rythmique alors que j’avais essayé de m’en détacher. Mais ça ne marchait plus.
La gageure était de trouver l’angle pour aborder chaque titre.

Des paroles t’ont touché ?

De manière générale, je suis toujours séduit par la musique, dans un premier temps.
Mais quand on plonge dans les titres, on se rend compte que ce n’est pas par hasard qu’on les choisit.
Le titre de Maissiat qui parle du deuil, fait écho à mon album Casino qui traite du sujet – je venais de perdre ma mère. Non seulement c’est la même thématique, mais il y a une sorte de poésie commune.
Et le thème du feu (chanson de Fishbach) était obsessionnel dans mon album Vertigone et dans d’autres disques. J’adorais ce titre sans savoir comment il s’appelait. Pour moi, c’était un signe, j’allais clôturer ce sujet. 🙂

Fichbach est un peu sulfureuse. Elle est aimée mais sa musique agace aussi.

Arman Méliès : Je trouve ça bien que la musique divise. Je trouve suspect quand tout le monde aime la même chose.
Je suis partagé par rapport à son disque : certains me touchent beaucoup et d’autres moins.
Certaines productions très années 80 ont tendance à rendre certains morceaux hermétiques, en tout cas, par rapport à ma propre sensibilité.
Ce qui est curieux, c’est que nous avons le même producteur.

Juliette Armanet, qu’a-t-elle de particulier pour toi ?

Je l’ai vue plusieurs fois en solo.
J’ai découvert son titre l’Amour en solitaire grâce à Édouard Marie qui fait de la basse sur la tournée de Julien Doré. Elle n’était pas connue à l’époque et c’est amusant de voir comment il est devenu un hymne maintenant.
Je trouvais que c’était le titre le plus éloigné de mon univers. Il a fallu faire un pas de côté, trouver l’angle, avec les 4 saxos qui remplacent synthé et piano.

Arman Méliès

Pourquoi une sortie format CD et en édition limitée ?

Je suis très attaché à l’objet. La sortie digitale permet une grande liberté. On peut sortir un titre un album très rapidement. Mais en termes de qualité sonore et d’approche fétichiste de la musique, je trouve que c’est dommage de ne pas avoir l’objet.
Je voulais une sortie physique. Le CD est un support sous-estimé. Et je suis sûr qu’il y aura un retour de hype. J’adore le vinyle pour la chaleur du son. Mais en termes de panels de fréquences, entre un vinyle et un CD c’est sans comparaison.
Les infra-basses sur un CD sont sans commune mesure.

La chanson de Julien Doré la plus grisante à jouer sur l’Esperluette Tour ?

Porto Vecchio. On l’a jouée longtemps en début de concert puis après en version acoustique, en milieu de set.
Il y avait la version orchestrée que l’on avait fait de ce titre et l’excitation de débuter le concert. C’était un vrai plaisir.
Idem pour le dernier morceau du live, De mes sombres archives, en version très épique, post-rock presque.

Dernier choc musical ?

L’album de Jon Hopkins, Immunity. Un Anglais qui fait de l’électro. Il y a des plages ambiantes et d’autres plus rythmées. C’est vraiment très beau.

Dernier choc scénique ?

Son Lux vu à la Cigale, il y a 3-4 mois. Très impressionné par les musiciens. Une vraie maîtrise à tous les niveaux.

Un guilty pleasure  ?

Un album que j’écoute en ce moment : YOB, du gros métal ! Un groupe américain qui fait de la musique pachydermique. 🙂
J’aime beaucoup aussi la musique agressive. Je la trouve très saine car elle fait appel à des pulsions en nous. Finalement, ça peut être apaisant. On est proche du confort fœtal.

Interview by Alexandre

Arman Méliès

Arman Méliès chante Maissiat, Blondino, Fishbach et Juliette Armanet 
EP Échappées Belles – Volume 1
(Royal Bourbon)

En version numérique ou en version CD collector à 333 exemplaires numérotés 

Share

Lollapalooza Paris 2018 : Years and Years à la folie, The Killers grandiose !

Pleine chaleur, coups de soleil, crème solaire et hydratation au max pour le J2 de Lollapalooza Paris.
Et des lives puissants comme ceux de The Killers, Years and Years et Dua Lipa.
Alors que Damon Albarn s’essouffle un peu certainement à cause de la tournée des festivals.
Et un raté, sans gravité : French Montana.

Years and Years

BB Brunes éternellement jeunes

Une fille à oreilles de lapine, des mecs torse poil chantent à tue-tête : « tu es plate comme une affiche au mur ! »
BB Brunes traversent les générations, de ma mère, en passant millennials et moi.
La fougue du groupe a toujours autant d’emprise sur la foule. Les festivaliers sautillaient de plaisir et couraient dès qu’ils entendaient un tube de jeunesse pour se rapprocher de la scène.

French Montana

French Montana bourrin

Une DJette fait monter le son avant l’entrée de French Montana, qu’elle surnomme Frenchie alors qu’il n’a absolument rien de français dans son pedigree.
Explosion, le rappeur évite le bord de scène à cause des effets pirotechniques. Ce serait dommage de mourrir jeune.
Le set est bourrin à mort avec les jets de flamme et de fumée, des effets sonores de cornes de brume – qu’on entend plus souvent dans un stade de foot. Le trentenaire convoque Nirvana et d’autres sons cultes pour masquer le manque d’inspiration.
Un seul titre sauvra le set : Unforgettable que j’ai écouté à l’usure.

Dua Lipa: Kiss me!

Une entrée à la Madonna avec un message oral sur une intro musicale. Grands coups de batterie, Dua Lipa débute la chanson en coulisses. Les photographes sont mis à l’écart et ne saisiront que son profil gauche.
La chanteuse a un petit côté Victoria Beckham en mode brunette fatale, levant la main gauche en chantant ou remettant sa mèche en place. Classe !
L’Anglaise est tellement heureuse qu’elle pleure des larmes de joie – elle a bien précisé que ce n’était pas de la sueur. Les artistes anglo-saxons ont toujours tendance à en faire un chouilla trop.
La pop de Duo est prenante et donne envie de se trémousser même si on a passé l’âge pour ses bleuettes. Be the one est imparable. J’ai vu des barbus chanter le refrain de No Godbye. One Kiss de Calvin Harris a fini d’exhaler le public.
Une fan tend un panneau : Kiss me! Il ne semble pas qu’elle ait eu ce qu’elle voulait.

Stereophonics : les beaux quadras

Kelly Jones affiche un visage peu marqué malgré les tournées, l’âge. On a un doute en revanche sur la couleur de cheveux, il y a un reflet qui fait penser à une légère coloration. Richard Jones, le bassiste tatoué des avants-bras, semble le plus heureux du band affichant un beau sourire à destination du public.
Si les derniers titres ont du mal encore à convaincre, sans doute parce que peu connus, entendus, Only One Night, Maybe Tomorrow nous font palpiter le cœur avec bonheur.

Years and YearsYears and Years

Years and Years: high sensuality

Explosion de cris à l’entrée sur scène du charismatique Olly Alexander.
Le chanteur de Years and Years offre un duo tactile et sensuel avec un danseur sur Sanctify.
Take Shalter fait soulever les bras. De nouveaux danseurs viennent fouler la scène sur Shine, chorée toujours très langoureuse.
Le soleil de fin de journée en pleine face, Olly transpire à grosses gouttes mais continue de sourire et de saluer ses fans.
Il remarque des « cute people in the audience!, avant de rajouter : « Paris ne déçoit jamais ! »

Years and Years

La plupart des chansons de Years and Years sont taillées pour le clubbing comme Hallelujah qui est sur le dernier album du groupe, Palo Santo, comme All for you.
Le show est génial, jeune, généreux, léger et finit en apothéose avec King.

The Killers – Las Vegas

Brandon Flowers, le tombeur aux dents ultra bright a un sourire de dingue.
Le King Presley se serait-il réincarné en lui ? En tout, il y aurait une filiation dans le kitsch assumé comme ces revers de veste colorés et pailletés avec palmiers, ces chaussures à talonnettes – le trentenaire fait 1m78, c’est pas la cata non plus.
Shine of light
Quel bonheur de réentendre Somebody told meRead my mine, When we are young, Mr. Brightside, Human… Des tubes qui font sautiller les gars amoureux qui chantent à tue-tête.

Shot at the night. Autour de moi, les mecs embrassent leur copine, sont attentionnés, joueurs, mimi aussi torse poil ou chemise ouverte.
Des confettis bleus, blanc, rouge, c’est le 14 juillet avec les Américains !

Scène culte aussi avec un jeune fan qui monte sur scène pour accompagner le groupe sur un titre. Brandon est tout sourire, il n’en revient pas de la dextérité de François.
C’est définitivement le champion de Lollapalooza Paris 2018.
On n’aura jamais vu un chanteur aussi heureux que Brandon aujourd’hui. Incroyable élan pour le public, de tout donner comme une dernière ou une renaissance.
Il a offert un show de festival vraiment grandiose.

Rendez-vous à Lollapalooza Paris 2019 
#cantwait

Share

Lollapalooza Paris 2018 : adorable Zara Larsson & Lil Pump bad boy

Exceptionnellement, focus sur les concerts de l’après-midi du premier jour du festival Lollapalooza 2018 à Paris.
Report des lives des artistes qui ouvrent le festival, ceux qui assurent le show sans trop de jeux de lumières pour cause de lumière du jour, avec le soleil qui chauffe. Et qui chantent avec assurance alors que les festivaliers arrivent tout juste, prennent le pouls avant de surchauffer avec les têtes d’affiche comme Kasabian et Depeche Mode.
De la musique pour tous les goûts avec Zara Larson, Lil Pump, Black Rebel Motorcycle Club et Kaleo.

LollapaloozaLollapalooza

Zara Larsson, la pop qui pétille 

Zara Larson est pétillante à souhait avec son deux pièces griffé à ses initiales. Elle chante et danse l’amour, affole les jeunettes et attise l’attention des boys. La Suédoise offre une pop estivale, parfaite en mode plein air, tout aussi attachante que celle de Katy Perry.
La chanteuse Alma qui a assuré le premier concert du Lollapalooza Paris 2018 est sortie des backstages avec sa team pour danser à la fin du set. Elle a fait quelques selfies avec les festivaliers qui la reconnaissaient.

Lollapalooza

Bad boy nommé Lil Pump

Lil Pump se fait désirer, très désirer, plus de 25 minutes d’attente. Son DJ balance les beats en continu, avec un sigle @ThaLightsGlobal qui tourne en continu sur le grand écran. Les fans de Depeche Mode qui sont déjà en place contre les barrières de sécurité endurent comme ils peuvent.
Coups de flingues à son entrée, le Gucci addict est surexcité. Les bras se lèvent. Les fans ont déjà pas mal pogoté avant son arrivée. Et là, ça sursaute de partout.
L’Américain se met à l’aise pour fendre la foule, enlève tous les accessoires : grosse bague, lunettes, sweat, ceinture papillon – oui oui, Lil Pump peut être un gars sensible aussi.
Il ne gardera que son pendentif avec l’inscription jetski.
Beaucoup de « fuck » pour donner ordre à la foule de laisser le passage, car il se prépare à un bain de foule sur les épaules d’un gorille de la sécu.
Le rappeur de 17 ans fait le show histoire de créer un peu plus sa légende à chaque apparition. Une équipe de filmeurs et de photographes le suit à la trace pour immortaliser sa bougeotte. Il saute du stand technique en face de la scène. Il surexcite les festivaliers.
Fin de set sur les rotules pour tout le monde.

Lollapalooza

Black Rebel Motorcycle Club

Blousons en cuir à plus de 26 degrés, Black Rebel Motorcycle Club ne renie pas son style malgré la chaleur.
Le band from US balance un rock musclé mais sans excès pour autant. On a parfois l’impression d’entendre le même titre mais la sauce prend avec les festivaliers qui trouvent le bon son pour bouger ensemble, sans déboitement d’épaules pour autant.

Lollapalooza

Kaleo, le doux folk d’Islande

De la folk made in Iceland, un chanteur bogosse à la mèche collée qui tient à toute épreuve et le rythme qui s’adoucit après les deux gros coups de chaud musicaux juste avant.
Les esprits se détendent, les épaules aussi. Le songwriting du groupe est élégant. La bande-son qu’il nous offre est parfaite pour faire une pause, susurrer des mots love love à son-sa partenaire de festival. Les Islandais sont attachants. On serait prêts à les suivre jusque dans leur île.

Mais Lollapalooza nous offre beaucoup d’autres raisons de nous rejoindre.

Lollapalooza

Lollapalooza Paris 2018 n’est fini !
Encore un jour complet de concerts avec Gorillaz. The Killers, Years and Years, dimanche.

Share

LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES épopée musicale @ Théâtre de la Renaissance

La Petite Fille aux Allumettes, la comédie musicale tirée du célèbre conte d’Andersen revient sur la scène du Théâtre de la Renaissance. Un spectacle drôle, émouvant et bourré de rebondissements. La magie opère et toute la famille est conquise.

Entendons-nous bien, il s’agit d’une adaptation. Le spectacle est accessible dès l’âge de quatre ans, il fallait donc un peu l’édulcorer. Ici, pas de vision de famille heureuse festoyant devant un bon repas de Noël, pendant que la gamine, frigorifiée derrière la fenêtre, meurt de faim. Et ce, dans l’indifférence générale.

La petite filles aux allumettes
La petite fille aux allumettes a bien changé. Intrépide et déterminée, elle est libérée de la timidité du conte originel de Hans Andersen. Bien au contraire. Désireuse de retrouver sa grand-mère (Nathalie Lermitte) décédée, la frêle Emma (Marlène Connan)  navigue entre le monde réel et le monde imaginaire. Ce dernier, dirigé par une reine qui est également l’aïeule de la petite, est menacé par l’ignoble Fragotov (Julien Mior-Lambert). Pour l’affronter, Emma s’entoure de Sacha (Alexandre Faitrouni), un valet rigolo et facétieux ainsi que d’une magicienne drôle et charismatique(Gaëlle Gauthier).

La petite filles aux allumettes

Un monde féerique

Tout au long de ce voyage, les décors légèrement kitsch changent à une vitesse impressionnante et les instruments jouent à tout rompre. Les couleurs sont chatoyantes et la musique enlevée. Pour capter l’attention des enfants pendant 1h15, le rythme est soutenu du début à la fin. Les bambins en remarqueront à peine les quelques répétitions dans les thèmes musicaux. Quant aux adultes, ils y trouveront également leur compte. La musique est bien menée et enveloppe parfaitement le spectacle.

Seul petit bémol, dans le monde imaginaire, le château est dirigé d’une main de maître par Miroslav (Guillaume Beaujolais), un majordome aussi caricatural que possible. Le personnage très maniéré aurait certainement gagné à faire tomber les clichés en montrant un peu plus de modération. Cela reste toutefois un détail. La pièce est drôle et le bonheur des enfants, captivés par l’intrigue, se lit sur leur visage.

La petite filles aux allumettesLes couleurs, les danses et les chants (formidable casting) sont justes, mais comment aborder l’épilogue tragique de l’histoire ? Pendant qu’elle livre bataille dans ses rêves, Emma est rattrapée pas sa condition de simple mortelle. La faim et le froid se font sentir. Vient alors l’épineuse question de la mort. L’auteur évoque le trépas sans s’appesantir. En cela, c’est plutôt réussi car rien n’est caché. Le monde peut être cruel, avec son lot de violence et de mensonges. Les plus jeunes ne comprendront certainement pas toujours le concept de mort, libre alors aux parents de leur expliquer. Ou bien de les laisser rêver encore quelques temps, d’un ailleurs féérique.

by Joël Clergiot

La Petite Fille aux Allumettes

comédie musicale de 4 à 12 ans

d’après le conte d’Andersen

Mise en scène de David Rozen
Musique : Julien Salvia
Livret : Anthony Michineau
Paroles : Ludovic-Alexandre Vidal

Avec : Alexandre Faitrouni, Nathalie Lermitte, Gaëlle Gauthier,
Thomas Ronzeau, Julien Mior-Lambert, Guillaume Beaujolais,
Lilly Caruso, Marlène Connan, Lucie Riedinger, Sophie Delmas, Véronique Hatat, Pierre Hélie… 

au Théâtre de la Renaissance
20, Boulevard Saint-Martin
75010 Paris

à partir du 20 octobre 2018

les samedis et dimanches à 14h
1er novembre à 14h
tous les jours pendant les vacances scolaires à 14h
(relâche le 26 octobre et le 25 décembre)

Share

Fnac Live Paris 2018 : soirée parfaite avec Angus & Julia Stone, Gaël Faye et Ibeyi

Share

Yorina : en état de grâce au Pop-Up du Label

Il fait beau en ce lundi de juin et on se presse au Pop-Up du Label pour découvrir Yorina, la nouvelle artiste qui grimpe sur la scène parisienne.

La claque de la première partie

Ce soir, pour sa première partie, Yorina a convié Degree : jeune lauréat du prix Nouvelles Scènes Music Machines 2018 par Les Inrocks Lab (prix attribué par le passé à des artistes qu’on ne présente plus comme Eddy de Pretto ou encore Feu!Chatterton). C’est dire si on s’attend à une belle découverte !

C’est un artiste timide qui monte sur la scène pour entamer son set. Voix mélancolique et profonde, déhanché sensuel et rythmes électros, Degree nous emporte rapidement en quelques tracks bien enchaînés. Il y a du paradoxe dans la musique de Degree. Et quand il prend sa guitare, c’est en douceur qu’il se révèle avec des sonorités qui ne sont pas sans rappeler des artistes comme James Blake.

On est conquis par cette première partie qu’on ne peut que vous inviter à écouter, si ce n’est pas encore fait…

Yorina

La révélation Yorina

C’est dans des applaudissements du public qu’apparaît Yorina, en toute simplicité : pieds nus, robe à pois, longue chevelure blonde. Elle irradie de grâce dès les premiers accords de son EP Dry your tears.

La musique de Yorina, c’est un peu comme une plongée dans les 70’s, portée par une voix élégante, une orchestration simple et un song-writing mature, que vous n’auriez pu ne jamais entendre. Car oui, il y a encore trois ans, Yorina était couturière. Et c’est lors d’une soirée chez Dan Lévy (The Do) qu’elle se met à chanter. Une vraie révélation. Elle commence alors à écrire et à composer.

YorinaC’est ainsi qu’elle débarque aujourd’hui pour susurrer à notre oreille une pop flamboyante.

Let me Belive, Dry Your Tears, Wild as a horse, les titres s’enchaînent et on regrette qu’il n’y en ait pas plus.

En rappel, elle nous surprend avec une reprise Pas vraiment fini comme elle l’annonce, de Changer de Maître Gims. Choix étonnant mais qui achève de nous convaincre : en anglais ou en français, Yorina transperce notre âme avec sa voix lumineuse.

Elle ne cesse de remercier l’assistance. En effet, c’est son premier concert et il est complet. Pour nous, c’est pourtant une évidence : la lumière est faite pour elle.

Report by Sarah

Yorina

YORINA
EP Dry Your Tears

(Barclay)

Share

Le gros diamant du Prince Ludwig : humour hors norme au Palace

Le gros diamant du Prince Ludwig, une grosse prod avec décors, costumes, effets spéciaux, cascades, musique en live.
La dernière création des Faux British, Molière 2018 de la meilleure comédie, revient cet été au Théâtre Le Palace.
Attention : c’est absolument immanquable, jubilatoire et inventif.

L’Amérique des années 50,  un fond d’histoire de gangsters mais où tous les protagonistes sont de véritables bras-cassés. Une histoire d’amour bancale entre un pickpocket et une jeune fille vénale dont  le père, banquier,  est un retord…
Et surtout des mouettes facétieuses…
C’est la bonne et jouissive trame de la pièce Le gros diamant du Prince Ludwig.

le gros diamant du prince ludwig
Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Inventif à souhait !

La pièce débute par un dialogue désopilant avec comique de répétition mais qui fait craindre la suite. Un peu trop insistant…
Mais tout est affaire d’écriture, de rythme et de connivence avec le spectateur.
L
es Faux British prennent le temps d’installer leurs personnages et l’intrigue avant de nous en envoyer plein les yeux.
Ce léger temps mou de la pièce, le premier quart d’heure, peut dérouter le spectateur mais est vraiment important pour la suite de la pièce. Chaque petit instant de vie des personnages sera utile pour des situations à venir…

Du grand spectacle !
Cette pièce est physique. La plupart des interprètes changent de rôles, de costumes d’une scène à une autre. Il y a des cascades sur un lit, dans les airs. Les portes claquent, les mal-entendus s’étendent en des quiproquos  savoureux d’humour et d’énergie.
L’univers du cinéma américain des années 50’s (évasion, montage d’un vol, histoires d’amour, amant dans le placard, braquage…) servent à merveille cette géniale parodie.
La mise en scène est inventive réservant de géniales trouvailles et des running gags poilants.
La séquence du bureau fait preuve d’une inventivité visuelle réellement scotchante. Et désopilante !
Mention spéciale pour la bande-son jouée live avec chansons 100% originales. 

le gros diamant du prince ludwig
Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Un casting parfait ! 

Aucun personnage ne sort du lot au  détriment d’un autre. Que ce soit le pauvre stagiaire de 60 ans ou le taulard à blouson noir, la jeune première et ses prétendants, le pickpocket amoureux aussi touchant que naïf mais toujours  capable de se faire passer pour un autre, presque comme un caméléon. Sans oublier la mère attentionnée mais aussi délurée ou le complice à la grosse case en moins.  

C’est fougueux de bout en bout.
Et c’est tellement rare pour ne pas courir voir ce spectacle !

Le gros diamant du prince ludwig

Le gros diamant  du Prince Ludwig

de Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields
mise en scène : Gwen Aduh

adaptation française : Miren Pradier et Gwen Aduh

à partir du 19 juillet 2018

du jeudi au samedi à 20h

@ Le Palace
8, rue du Faubourg Montmartre
75009 PARIS

Share

Sauver le monde (ou les apparences) : romance musicale virevoltante

L’amour est le sujet inépuisable de la douce folie créatrice de Pierre Lericq. Cette fois, il a décidé de sauver l’humanité à travers l’épopée cycliste de Bernard et Jeannine, un couple héroïque né à Ouessant.
Jeu de mots, chants passionnés, sauts de cabri et euphorie à l’affiche d’Avignon Off 2018.

Sauver le monde

Sauver le monde : #foliedouce 

Pierre Lericq, auteur prolixe à la tête d’une institution scénique : Les Épis Noirs, change exceptionnellement de partenaire de jeu après la reprise d’un succès Flon-Flon et Romance sauvage.
Il a préféré cette fois Marie Réache à Manon Anderson. Mais cette dernière n’est pas loin, en signant la mise en scène. 

Sur scène se joue une comédie tragique, une tragédie drôle, un va-et-vient incessant de chants, incarnations et apartés. 

Car Pierre et Marie interprètent plusieurs personnages à eux seuls.
Avec peu d’accessoires, un cadre lumineux, une mèche de cheveux rabattue ou un accent italien volontairement approximatif, les personnages virevoltent, vibrent, aiment, complotent, s’égarent…

C’est intense comme toujours avec Pierre Lericq, c’est faussement naïf quand il est question de chanter l’amour.
C’est beau tout simplement car universel, essentiel.

Sauver le monde (ou les apparences) nous emporte par les brins de poésie, la jeunesse des cœurs, l’humour décalé, le charme de ses excellents comédiens-chanteurs. 

Sauver le monde (ou les apparences)

De Pierre Lericq
Mise en scène : Manon Anderson
Avec Marie Réache et Pierre Lericq

à Avignon Off 2018

du 6 au 26 juillet 2018 à 18h10
(relâche 9 et 16 juillet)

au Théâtre Buffon
18, rue Buffon
84000 AVIGNON
Tel. 04 90 27 36 89

Share

Elle… émoi : seul en scène avec trompette @ Avignon Off 2018

Elle.. émoi où l’art de parler d’amour autrement, avec non pas une femme, mais un instrument de musique. Emmanuel Van Cappel joue une partition entre rire et poésie, tendresse et belles notes, jouant de l’ambiguïté de certaines situations. Le spectacle tiendra l’affiche d’Avignon Off 2018 au Théâtre Le Petit Chien.

photo Marc Caraveo

Tout est dans le titre : Elle… émoi. L’interprète joue avec les mots tout au long de son spectacle. Cachet, fosse… tout est prétexte à digressions, à détourner les clichés, à tromper les apparences.

Ce seul en scène avec instruments partage sinon des anecdotes sur le milieu musical, plutôt des tranches de vie, une série de moments aussi cocasses que sensibles. Un partage d’intimité avec un autre qui semblerait presque humain. Troublant.

Malgré les années passées à sa pratique, les doigts déformés, les lèvres durcies, les épaules sans doute épuisées, l’attachement d’Emmanuel Van Cappel pour ses trompettes est indéniable. Elles sont toutes les témoins d’une vie aussi intense que sonore.

Elle… émoi offre un final fort, un hymne à la vie ! On aurait presque envie de se mettre au solfège.

Elle… émoi
de et par : Emmanuel Van Cappel
mise en scène : Nathalie Louyet
sous le regard extérieur de Jean-Philippe Lucas Rubio

Avignon Off 

du 6 au 29 juillet 2018 à 11h

Le Petit Chien
76, rue Guillaume Puy
84000 AVIGNON
Tel : 04 90 85 89 49

Share

Barbara Pravi en interview : on a parlé métier, féminisme, étoiles & Pagny

Pour ne rien vous cacher, la chanson Pas grandir tourne en boucle dans notre playlist depuis que nous avons découvert Barbara Pravi.
Après sa participation à la comédie musicale Un été 44 et les premières parties de Florent Pagny, la jeune artiste a sorti son 1er EP.
C’est au lendemain de son concert au YOYO à Paris où elle assurait la première partie du Britannique Calum Scott que nous avons rencontré Barbara Pravi pour une interview pleine de bonne humeur.
Rencontre avec une personne passionnée et passionnante.

INTERVIEW-SELFIE / Barbara Pravi.

Selfie original pour UsofParis
(c’est la tête que fait Barbara Pravi quand elle envoie des selfies à ses amis 🙂 )

USofParis : Dans le clip Pas grandir, on découvre des images de toi enfant adolescente en train de chanter notamment dans ton salon. C’était un rêve d’enfant de faire ce que tu fais aujourd’hui ?

Barbara Pravi : Je crois mais je n’ai jamais pensé que je pourrais y accéder. Je rêvais d’être Céline Dion mais je me suis jamais dit que ça pourrait arriver parce que je suis quelqu’un d’assez consciente des choses et de la vie. Je ne m’étais jamais dit que c’était possible parce que, pour moi, il fallait soit être née dans ce milieu, soit avoir des connaissances, soit avoir pris des cours…
Tu ne sais jamais vraiment comment accéder au milieu de la musique, c’est très flou. C’est pas en chantant dans un bar ou alors c’est que t’as une chance de dingue et que quelqu’un te repère.

Tu as déjà chanté dans un bar ou tu t’es déjà inscrite à une émission de télé-crochet ?

Jamais jamais ! The Voice c’est une autre démarche. Je pense que je n’aurais pas du tout ma place là-dedans. En fait, je me considère vraiment plus comme auteure et comme interprète, mais interprète au sens un peu vieux du terme. Les gens qui font The Voice, je trouve que ce sont plus des techniciens de la voix. C’est des performers et moi je ne suis pas une performeuse.

Image de prévisualisation YouTube

Quel a été le déclic ? Qu’est-ce qui a fait qu’aujourd’hui tu as sorti un single et que tu prépares un EP ?

C’est le droit ! J’ai fait du droit après le bac, pendant 2 ans. Je l’ai fait pour mes parents. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire, j’étais un peu nulle à l’école mais pas assez nulle pour faire du droit. Je me sentais tellement mal et enfermée là-dedans que je me suis dit : « J’ai 20 ans, la seule chose que j’aime faire c’est chanter, je ne sais pas comment je vais faire, je ne sais pas comment y arriver. Je me laisse jusqu’à 25 ans. ». A l’époque je n’écrivais pas encore. Moi pour faire les choses, il faut qu’il y ait un déblocage dans mon cerveau.
Un jour, j’ai eu une amie au téléphone qui m’a dit « Barbara t’es trop débile, arrête le droit et fais de la musique ! » Au moment où elle m’ a dit ça c’était une évidence. Avant ça, je n’y avais jamais pensé ou alors mon inconscient devait y penser.

Et tu as rencontré Jules Jaconelli ?

On s’est rencontré il y a 4 ans. Il revenait des USA et il voulait bosser sur des projets. Il s’était dit qu’avec un peu de chance il se trouverait une chanteuse ou un chanteur. On s’est trouvé et on a fait tout l’album ensemble. Je l’ai rencontré dans un bar. Je buvais des coups. C’était un hasard. On avait un ami commun qui était le responsable du bar. Je travaillais juste en face.

Pourquoi autant de temps ? 4 ans c’est long…

A l’époque, je n’écrivais que pour moi. Le temps de découvrir l’univers, de me découvrir dans les textes, la manière d’écrire. Je crois qu’aujourd’hui j’ai trouvé une façon d’écrire qui me plaît, qui me correspond. Mais ça prend du temps, parce qu’au début tu testes pleins de choses. On a fait 4 ans de chansons. Je suis partie de zéro, je ne suis pas arrivée avec mes textes. J’avance lentement mais j’avais besoin de ce temps.

Sur ta story insta, tu as partagé un mail de Monoprix qui disait que cela faisait 1 an que tu avais postulé chez eux et qu’ils retiraient ton CV de leur base de données…

Oui 🙂 il y a un an, j’ai dû faire une crise, une dépression 🙂
Ça fait 3 ans que je suis signée chez Capitol, ça fait 3 ans que je suis chez un label. Mais c’est très compliqué quand tu es signé comme artiste en développement dans un label parce qu’on est beaucoup.
Il suffit que la personne qui dirige le label à ce moment-là ne croit pas en toi pour que tout le monde te mette de côté.
La personne qui m’a signé voulait faire une chanteuse, elle ne voulait pas que j’écrive. J’ai dit non et j’ai été mise de côté. Le patron a changé et a compris qui j’étais, ce que je voulais faire et depuis on travaille sur mon projet.
En vrai, j’ai dû postuler chez Monop’ y’a 3-4 ans parce que depuis 2 ans ça va très bien dans la musique 🙂

Barbara Pravi

Au Yoyo, on t’a découverte hyper à l’aise sur scène, tu as joué dans la comédie musicale Un été 44. Est-ce que cela t’as aidée ?

Alors pas du tout. C’est les premières parties de Florent Pagny je pense. Un été 44 c’était génial, c’était ma première fois sur scène. C’est très drôle mon parcours parce qu’à chaque fois que j’y repense j’ai l’impression que tout est hyper logique. Ça se fait par petites touches mais pour moi c’est absolument parfait.
J’avais jamais fait de scène 
et je crois que c’est le truc le plus difficile parce que tu es à poil, mais total ! Y’a plus aucun filtre entre ce que tu es et les gens ! Dans Un été 44,  j’étais un personnage, tout est écrit et millimétré, tu débordes pas d’un cadre.
Quand tu connais ton texte, tes pas, tu n’as plus qu’à chercher les émotions en toi qui font que lorsque tu vas chanter tu vas toucher le public. Mais le jour où je me suis retrouvé à chanter mes chansons au Réservoir, j’ai passé 45 minutes, les mains crispées sur le pied du micro. Par contre, à force de chanter mes chansons devant un public ça m’a rendue plus à l’aise.

Tu as fait les premières parties de Florent Pagny, avec notamment des Zénith et Bercy. Impressionnant ?

Bercy, franchement c’est pas le plus impressionnant. Le Yoyo, c’est plus impressionnant parce que les gens sont debout, devant toi, tu les vois tous. Pour Florent Pagny, les gens étaient assis, la distance entre la scène et public est grande. c’est tellement grand que les gens tu ne les vois pas en fait, c’est une masse de visages un peu flou. Alors qu’au Yoyo tu vois tout, les expressions, les regards, les gens qui filment.

Est-ce que Florent Pagny t’as donné des conseils ?

Non mais il m’a fait beaucoup de compliments. Il écouté beaucoup lorsque je faisais ses premières parties et surtout mes balances. Il est très drôle parce que tu ne sais jamais quand il va arriver, il tape à ta loge et il dit (elle prend une autre voix et fait les mêmes mimiques que Florent Pagny) : « C’est précis ! La voix et très très précise ! Alors là vraiment je suis bluffé. » et il part.
Il est très très sympa, très présent. Il dit bonjour à tout le monde. Y’a peut-être 55 personnes qui bossent pour lui tous les jours, il dit bonjour aux 55 personnes. Je trouve ça génial. Pour moi, ça me paraît normal, il paraît que dans ce métier ce n’est pas normal, je trouve ça fantastique. Il est très humain. J’ai eu beaucoup de chance, entre Calum et Florent, j’ai une bonne étoile.

Dans les chansons que l’on a déjà découvertes tu parles beaucoup de ton enfance, du passé, avec une certaine nostalgie. Est-ce le sentiment que tu as lorsque tu as écrit ces chansons ?

Barbara Pravi : Ce n’est pas de la nostalgie dans le sens négatif du terme, c’est de la nostalgie positive. J’ai eu beaucoup de chance, mes parents sont encore ensemble, ils sont très amoureux, ils nous ont éduqué dans l’amour. Je me rends compte que je suis quelqu’un qui a besoin de donner beaucoup d’amour parce que mes parents m’en ont donné tellement. Du coup, je suis une grosse boule d’amour. Et je suis tout le temps de bonne humeur parce que ma mère est toujours de bonne humeur. Je n’ai rien à regretter dans mon enfance. J’ai eu une très jolie insouciance, j’ai toujours pu faire ce que je voulais. J’ai toujours pu être très indépendante dans mes choix. C’est de la nostalgie positive.

Même pour Louis ? Parce que tu l’as introduite de façon un peu brutal avant de la chanter au Yoyo : « La prochaine chanson raconte l’histoire d’amour que j’ai vécu avec un con… »

🙂 Parce qu’aujourd’hui j’aimerais me dire que je ne laisserais jamais personne me foutre un plan comme ça. C’est odieux. Il n’y a pas de nostalgie. Je me rappelle très bien du moment où j’ai écrit cette chanson et c’était de la tristesse. C’est ce moment où tu as l’impression que tu ne vivras plus jamais rien d’autre et que le sentiment est dévastateur. Aujourd’hui, ça n’en est plus mais à chaque fois que je la chante j’essaie de me souvenir de ce que je ressentais à ce moment là. C’est la première fois que j’écrivais en ne pensant pas journal intime mais poème.

Il sait que tu as écrit une chanson sur lui ?

C’est très drôle, parce qu’aujourd’hui on s’entend bien, je l’ai croisé y’a pas très longtemps je lui ai filé un EP parce que j’en avais un dans mon sac. Le lendemain il m’a envoyé une vidéo qu’il y a sur Youtube d’une première partie de Florent Pagny, où justement j’introduis la chanson de la même façon, et il m’a écrit « Je ne sais pas qui c’est ce connard mais franchement la chanson est trop belle ».

Qu’est-ce qui t’influence et t’inspire pour ta musique ?

Je me suis toujours inspirée des chansons françaises un peu ancienne. Edith Piaf, par exemple, ses textes sont fantastiques. J’écoute pleins de choses. J’ai envie de faire quelque chose de très populaire. La pop américaine réussi à faire des choses très réfléchies, pas du tout grossière et en même temps très populaire. En France, on a un bagage musical qui fait qu’on ne pourra jamais faire ce qu’ils font, au même titre qu’eux ne feront jamais ce qu’on fait nous. Il y a une balance à faire entre les deux. Un espèce de truc semi-français par les textes et semi-américain dans les sonorités et c’est vraiment ce que je recherche.

Comment as-tu rencontré Calum Scott ?

C’est nos labels qui nous ont mis en relation. C’était un petit pari car ils ne peuvent pas savoir si les artistes vont s’entendre et ils ont eu tout juste. On est vraiment en passion l’un pour l’autre. Love at first sight. Il m’a envoyé des « Je t’aime » ce matin, on s’adore.

Et vous avez enregistré un duo pour ton EP ?

On a enregistré « son » duo. On a fait You are the reason, en version franglaise. J’ai écrit la partie française avec Tomislav Matosin avec qui j’ai adapté Kid aussi.

Image de prévisualisation YouTube

D’ailleurs cette version de Kid d’Eddy de Pretto, tu l’as faite pour la Journée internationale des droits des femmes ?

Barbara Pravi : À la base, je l’ai faite parce que j’avais ressenti le besoin de le faire. Je l’ai faite 3 mois avant, Kid venait de sortir il y a quelques semaines. Il y avait l’affaire Weinstein avec toutes ces contradictions qu’il y avait sur les #BalanceTonPorc, #MeToo, et puis les mecs qui trouvaient ça ridicule. Certaines meufs aussi. Il y avait toute une espèce de polémique, contre polémique, anti polémique. Ça m’a semblé être une évidence de reprendre cette chanson. Dans la manière dont le texte est découpé et dans ce qu’il prône, je me suis dit que je pouvais faire la même chose pour les femmes. Et le 8 mars c’était le bon moment pour la sortir. Ça faisait longtemps que je pensais à la sortir, et surtout la sortir en image.

As-tu eu un retour d’Eddy de Pretto sur cette adaptation ?

Je sais qu’il l’a écouté et il m’envoyé un petit message sur Instagram en me félicitant.

En reprenant ce titre mais aussi Dommage de Bigflo & Oli, il y a un du féminisme derrière tout ça. Tu es féministe ?

Je pense qu’à moins que tu sois misogyne tu es féministe. Mais j’aime pas le mot. Le problème avec ça c’est que les limites sont très minces entre être super lourde et juste vouloir quelque chose de normal qui est l’égalité. Mais l’égalité c’est délicat parce que je trouve que le fait qu’un homme te tienne la porte pour te laisser passer c’est de la galanterie. Tu vois la limite ? L’égalité des salaires, le fait qu’on ait tous les mêmes chances de réussite ça c’est des vrais sujets. Dans le féminisme on colle pleins d’étiquettes et de faux sujets, pleins de faux problèmes. C’est là dedans que je suis féministe.

J’ai beaucoup lu le terme de « femme-enfant » lorsqu’on parle de toi, est-ce que tu penses que c’est un terme qui te correspond ? Parce que tu as une chanson qui a pour titre « Pas grandir », la presse t’a mise dans une case et je pense vraiment que ça ne correspond pas à ta musique.

Barbara Pravi : En fait, je me suis rendu compte avec le recul que ce titre ne me faisait pas forcément du bien. Juste le titre, le « Pas Grandir ». C’est dommage parce que la lecture profonde de ce texte est beaucoup plus impactante et beaucoup plus forte, c’est juste qu’il faut aller écouter jusqu’au deuxième couplet.
C’est toujours ce même truc, quand tu es une nana sympathique, pas très grande, souriante et qui n’est pas tout en selfie, tout en « je te toise », tu es considérée comme un enfant. Non j’ai 25 ans, je suis une femme. Un femme avec des problématiques de femme qui a été enfant.

On est donc d’accord !
Tu as un univers visuel bien marqué, que ce soit tes clips, tes photos, cette présence des fleurs. On adore. C’est toi qui a eu l’idée ?

Barbara Pravi : Je fais tout tout tout. J’écris mes clips. J’adore l’image. J’ai bossé la pochette du single et de l’EP avec Anthony Souchet (Anthony Souchet a mis en scène Un été 44, il est aussi producteur et conseiller artistique notamment de Mylène Farmer). Je regarde pleins de choses, beaucoup de films anciens, et pour la pochette j’ai été inspiré d’Audrey Hepburn qui a une photo avec des fleurs comme ça.

Tu seras sur la scène des Étoiles le 28 juin 2018, qu’est-ce qui attend le public ?

Je vais proposer les titres que je fais d’habitude mais en version groupe. Pour les premières parties, je n’avais qu’un guitariste, là nous serons 3 sur scène. Il y aura les reprises d’Eddy de Pretto et de Big Flo & Oli. Et aussi des titres inédits.

Ton dernier concert ?

Eddy de Pretto à la Cigale, c’était vachement bien ! 

Ton dernier coup de coeur musical ?

Tim Dup, c’est un gars qui s’accompagne au piano et c’est très beau, c’est presque du slam mais en même temps il chante. Il a une manière d’écrire très à vif que j’aime beaucoup.

Ton duo de rêve ?

Céline Dion ! Mais je ne sais même pas si j’aurais envie de faire un duo avec elle. J’aurais peur que ça casse le mythe.
J
acques Brel ou Nougaro… ou Edith Piaf. Putain je suis nulle je prends que des ieuv 🙂 Bigflo & Oli !

Une chanson que tu aurais aimé avoir écrite ?

Dommage de Bigflo & Oli.

Ton guilty pleasure ?

Franchement Lorie et Priscilla c’est la folie. J’ai réécouté en tournée sur la route, mais c’est génial. Les prods de ces chansons sont géniales. Les premiers albums après ça part un peu en couille.

Une bonne adresse à Paris ?

Le District (80 rue Montmartre Paris II), c’est ma cantine le midi et Etsi (23 rue Eugène Carrière Paris XVIII)c’est un resto grec, le soir pour diner.

Ton endroit préféré à Paris ?

La cour carrée, au coucher du soleil, au moment où les lumières s’allument dans la cour, en plus y’a toujours un mec qui joue du violoncelle, c’est magnifique.

Interview by Joan

Barbara Pravi

Barbara Pravi
EP
(Capitol Music France / Universal Music France)

Share