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Sugar Sammy serial dégommeur à l’Alhambra #reprise

Un Québecois qui fait 5 500 km pour venir se foutre de la gueule des Français avec son spectacle : pari risqué !
Sugar Sammy ne manque pas d’audace et de répartie. Et le public en redemande !
Pour cause de succès, il est de retour à l’Alhambra jusqu’au 30 juin.

Sugar Sammy maîtrise son Français !

Le Montréalais qu’on croirait sorti d’un film bollywoodien ne va pas tarder à vous agacer. En plus de sa belle gueule affichée sur les murs de Paris, son mètre 90 sur scène et à côté de votre petite amie au photocall de fin de spectacle, son succès au Canada et aux States, il maitrise parfaitement la culture française et nos beaux travers.

Ce n’est pas un comique dilettante qui adapte ses meilleurs succès inconnus en France, pourtant cultes dans son pays. On a déjà vu passer ce genre de super stars Outre-Atlantique et elles sont restées cantonner aux toutes petites salles parisiennes. Shame on them!

Sugar Sammy lui travaille son sujet ou, en tout cas, maitrise les fiches que des petites mains pourraient lui préparer. Rien ne lui échappe de l’actualité jusqu’aux références historiques bien pensées de notre pays.

Roi de l’impro 

Alors oui, il sera question de taille de b., de racisme, de préjugés en tout genre. Le tout emballé avec un sourire de charmeur. Le show est huilé à l’anglo-saxonne, sans perte de rythme, avec une répartie imparable et participation de la salle. A tout moment, il peut allumer un spectateur sur son simple prénom, ses origines, le couple qu’il force avec sa voisine et pas seulement au premier rang. Son regard est affuté et à 180 degrés.

Quelques révélations hilarantes comme les prénoms des hommes français qui manqueraient de virilité – à en juger avec Valentin ou Quentin, on ferait pale figure face à Rocky, Chris, Vin – des anecdotes savoureuses sur sa vie à la française et les différences de culture Québec-France font de ce spectacle un pur moment de déconne.

Sugar Sammy

Sugar Sammy
prolongations

jusqu’au 30 juin 2018

du jeudi au samedi à 21h30

à l’Alhambra
21 Rue Yves Toudic
75010 Paris

Site officiel : sugarsammy.com/fr

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Claire Diterzi éblouit avec l’Arbre en poche

Claire Diterzi est une créatrice capable de tout, de folies pures, de bidouillages magistraux. Elle vient de concevoir L’Arbre en Poche, une sorte d’opéra contemporain jubilatoire à l’histoire insensée.
Le plus surprenant est d’avoir été happé copieusement, au Printemps de Bourges 2018, sans aucune préparation et connaissance de ce que nous allions voir.
L’irrésistible fougue musicale a fait le reste.

Claire Diterzi

 

Percussionnistes de génie

Une mise en scène barrée, une table dressée avec des verres, carafes, saladiers, origamis et autres bougies. Un peu plus tard, un échafaudage fera son apparition.
Au changement de plateau, c’est déjà un spectacle de voir l’équipe technique installer cet ensemble « d’instruments » originaux et des percussionnistes accorder leurs verres, pour assurer le bon niveau d’eau contenu.

Un homme se lève du 1er rang, costume noir et sneakers orange. Il nous conte la formidable histoire de son frère jumeau, Philippe.
On ne sait pas du tout où il va nous embarquer. On s’étonne de ne pas voir arriver tout de suite Claire Diterzi.
L’homme enfile un grand manteau à la Merlin l’enchanteur, s’assoie sur un trône de bois aux côtés d’hommes et de femmes vêtus de noir.
Première embardée musicale à coups de bruits de bouches et cliquetis sur verres en tout genre.
« Ce sont des brutes : des premiers prix de conservatoire ! » nous lancera heureuse l’artiste après le spectacle.

Claire Diterzi

Claire Diterzi

Claire Diterzi, divine sorcière

L’arrivée d’un contreténor aux pieds nus vient nous bloquer dans notre siège. Le mélange des genres est absolument improbable et efficace.
On se prend à nous laisser bercer, entre bruitages, contes et belles créa musicales comme on les aime.
Claire Diterzi fait enfin son entrée, au bout de 30 min de spectacle, en sorcière fumante. Elle est grandiose dans son grain de folie.

L’arbre en poche charme d’un bout à l’autre. Il bouscule tous nos repères. Il n’est pas non plus nécessaire de tout saisir de ce récit fruit d’un esprit inventif, voire délirant. Nul besoin non plus d’une initiation à l’art de Claire Diterzi pour aimer.

Le mot de la fin à l’artiste : « C’est de la musique contemporaine !
Preuve que les gens peuvent apprécier des choses qui élèvent. »

Claire Diterzi

Claire Diterzi

Claire Diterzi
album L’arbre en poche


Et spectacle
texte et conception : Claire Diterzi
musique : Francesco Filidei, Claire Diterzi
mise en scène : Claire Diterzi et Fred Hocké

chant : Serge Kakudji (contreténor), Claire Diterzi
jeu : Alexandre Pallu
percussions : Matthieu Chardon, Lucie Delmas, Stéphane Garin, Thibault Lepri, Lou Renaud-Bailly, François Vallet

l arbre en poche

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Warren ZAVATTA tue le grand-père et fait le plein d’adresse

Reprise pour cause de succès et d’addiction à la scène du one-man-show tendre et détonnant de Warren Zavatta au Théâtre Michel.
Après avoir brillé au Grand Point Virgule, au Trévise et en tournée, le grand Warren nous revient du 24 mai au 12 août pour nous conter sa drôle de vie de petit-fils de… Désopilant !

Warren Zavatta

Physique sec à la Noureev, voix de mafieux de film noir américain, crâne glabre de fighter, hauteur de basketteur (plus grand que Tony Parker) Warren Zavatta aurait pu avoir une vie sans aspérité, rangée des camions, avec un beau diplôme en poche. Pourquoi pas trader ou organisateur de soirées ultra hype ?

Mais tout le monde n’a pas la chance de naître dans une caravane au milieu de lions, de polonais robustes et de trapézistes obsessionnels.
Warren lui n’a pas eu trop le choix. Né d’un « romano » et d’une belle mannequin originaire du nord de l’Europe, il semble que dès le berceau son aspiration était ailleurs. Mais ses racines lui ont quelque peu collé aux basques et un peu trop longtemps.

Chinois, femmes à barbe et Nouveau Cirque en prennent tous et toutes pour leur grade dans ce spectacle mené tambour battant par le petit-fils de Zavatta.

Warren Zavatta

Warren Zavatta, un corps et une gueule taillés pour la scène

Pépé Achille est omniprésent tout au long du show malgré la distance consommée et entretenue avec ses enfants et petits-enfants. Warren apparait dans ce spectacle – taillé à même sa carrure impressionnante – en un incroyable performeur au sourire de diable. Les girls des premiers rangs ont d’ailleurs eu toutes les peines à garder leur attention intacte quand l’énergumène se dote d’un nouveau costume de scène en milieu de soirée.

Tour de magie, acrobatie, flamme et blagues de circassien, ce one-man-show n’a aucun équivalent scénique. Car le garçon ou plutôt le gaillard en a aussi bien dans le ciboulot que dans les bras. Grande gueule sans conteste, malin mais aussi tendre, le comédien-acrobate surprend jusque dans sa maîtrise parfaite du saxo.

En humour, il y a donc ceux qui déblatèrent pendant 1h30 dans un micro, sans réel jeu de scène et les autres comme Warren Zavata ou Jerémy Ferrari  qui portent et incarnent physiquement leur récit, quitte à se moquer aussi d’eux-mêmes et à perdre un bon litre d’eau pour recueillir l’hilarité de leur public.

Du grand art à consommer sans modération.

Warren Zavatta

Warren Zavatta,
ce soir dans votre ville !

mise en scène : Anne Bourgeois et Warren Zavatta 

du 24 mai au 12 août 2018

du jeudi au samedi à 19h30
matinée dimanche à 16h

au Théâtre Michel 
38, rue des Mathurins
75008 PARIS

Tél. 01 42 65 35 02

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Les Grandes Eaux Musicales de Versailles 2018 : éternelle féérie

Chaque année, il y a un évènement qui marque l’arrivée du Printemps : l’ouverture des Grandes Eaux Musicales de Versailles !
Même si, comme aujourd’hui, le temps est grisonnant,
la magie des fontaines et des jardins créés par Le Nôtre reste intacte d’une année sur l’autre.
Pause bonheur avec cette visite exceptionnellement placée  sous l’égide de Laurent Brunner, le Directeur de Château
de Versailles Spectacles.

Grandes Eaux Musicales

Classicisme et nouveauté 2018

C’est face au bassin de Latone que débute nôtre visite. La majesté de cette fontaine ouvre la perspective sur une partie des jardins.
En effet, la volonté de Le Nôtre a été de cacher les bosquets du jardin dans de petites forêts.

Grandes Eaux Musicales

Après une petite déambulation, on découvre la nouveauté de cette édition 2018 sur le bassin de Neptune: des jets automatiques ! Il y en a neuf, en circuit fermé sur le bassin. Ils assurent une chorégraphie synchronisée sur de la musique toutes les 15 minutes. Mais pourquoi ?

Grandes Eaux Musicales

Premièrement : pour animer et mettre en valeur ce bassin qui, avant cela, ne fonctionnait que 10 min par jour car consommant beaucoup trop d’eau.
Deuxièmement : ceux installés dans le bassin du Miroir ont rencontrés un grand succès.

On poursuit la visite en traversant les différents bosquets et en restant conquis par la puissance du Titan de l’Encelade,

Grandes Eaux Musicales

ou le charme de l’enfilade du bosquet des 3 fontaines.

Grandes Eaux Musicales

Notre guide a toujours une info ou une anecdote à glisser à chaque arrêt. Alors on a compilé quelques infos insolites sur les jardins.

Grandes Eaux Musicales Versailles 2018 jardins avis Bosquet 3 fontaines photo © USofparis

350 ans de traditions et de technicités

Les jardins de Versailles sont bien évidement une merveille technique. Entre 1660 et 1690, le plus grand réseau d’eau du monde a été construit. La mise en eau des fontaines utilise 4 000 m3 d’eau par heure : colossal ! Et c’est toujours le même réseau aujourd’hui sauf pour le pompage de l’eau : les moulins à vent ont été remplacés par des pompes électriques !
Pour une visite souterraine plus poussée, lisez notre article sur les dessous des Grandes Eaux.

A l’époque de Louis XIV,  les jeux d’eau des bosquets étaient mis en route uniquement au passage du Roi (toujours pour la grande consommation d’eau). Manière de montrer les jardins de Versailles, écrit en 7 versions, est un guide de visite écrit par Louis XIV !

Grandes Eaux Musicales

Un élément important dans le jardin : les arbustes.
Pour garder la forme précise du feuillage, leur taillage est un travail quasi quotidien. Sachez aussi, que les arbres ou plantes en pots sont une volonté de Le Nôtre afin de pouvoir changer quotidiennement l’ornementation des bosquets et des allées.

Grandes Eaux Musicales

Il a fallu créer une fabrique de faux-vrais rochers pour ériger le bosquet des Bains d’Apollon. Car cet éperon rocheux est bien en pierre, mais en pierres taillées pour obtenir la forme voulue.
Ce bosquet est aussi  le seul à avoir un jardin à l’anglaise.

Grandes Eaux Musicales Grandes Eaux Musicales
Ce style laisse place végétation en apparence non domestiquée donnant une impression naturelle. Le Parc des Buttes Chaumont en est un parfait exemple.

Notre visite aura aussi permis aux touristes du jour de profiter gracieusement ces mises en eau des bassins. #CoolGrandes Eaux Musicales

Si vous aimez les Grandes Eaux Musicales, prenez alors sans attendre vos billets pour la version nocturne ! Pour une autre ambiance et un autre kiff.


Les Grandes Eaux Musicales

les samedis et dimanches du 31 mars au 28 octobre
les mardis du 22 mai au 26 juin
et vendredis 30 mars, mardi 8 mai, jeudi 10 mai et mercredi 15 août

Les Jardins Musicaux
les mardis du 27 mars au 15 mai (sauf le 1er mai) puis du 3 juillet au 30 octobre
les vendredis du 6 avril au 26 octobre

Horaires :
Ouverture des bosquets de 9h à 19h.
Mise en musique de 10h à 19h.

Mise en eau du Bassin de Neptune : samedi et dimanche, toutes les 15 minutes de 10h à 17h, puis de 17h45 à 19h
les mardis et vendredis, toutes les 15 minutes de 10h à 19h

Mise en eau du Bassin du Miroir : toutes les 10 minutes de 10h à 19h
Mise en eau du Bosquet du Théâtre d’Eau : toutes les 15 minutes de 10h à 19h

Plus d’info sur la page du Château de Versailles

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François Martinez dans Menteur ? : magiquement barré

François Martinez est un joyeux magicien, manipulateur. Avec son spectacle Menteur ? au Palais des Glaces, il démontre aussi bien sa capacité à tromper les spectateurs consentants que sa facilité à nous bluffer. Car il y a des tours pour lesquels il nous est bien difficile de trouver le truc comme celui de la canette de cola.

François Martinez

Bonheur, un magicien mentalisme qui ne fait pas de story-telling mielleux pour mieux nous faire avaler des couleuvres. Pas de grimoire d’enfant hérité de son grand-père ou autre, pas de passion dès le plus jeune âge… pas de bleuettes à l’anglo-saxonne qui sentent le fake à plein nez.
Non, juste une révélation à la fin du spectacle, en guise de conclusion et de note d’espoir pour toutes celles et ceux qui voudraient changer de vie.

Sur la petite scène du Palais des Glaces, difficile de dissimuler quoi que ce soit, la proximité avec le public est totale.
Malgré la contrainte, François Martinez arrive à faire une entrée spectaculaire.
S’ensuit un échange généreux avec le public. Il y a de l’humour, de la complicité. Rien ne lui échappe et rien ne peut le déconcentrer : ni le spectateur trop bavard du 1er rang, ni la spectatrice étourdie une fois arrivée sur scène.

François Martinez capte tout et voit tout puisqu’il arrive à anticiper les choix des spectateurs qu’ils sollicitent. Ça nous impressionne toujours.
Il fait de vrais tours, entre deux blagues, du plus simple au plus bluffant.

Menteur ? est un spectacle de magie avec de l’humour. Irrésistible, ingénieux et bien rythmé.

François Martinez est un artiste attachant, ce qui est une qualité plutôt rare dans le milieu de la scène. Il y a une vraie sincérité qui nous illumine en sortant de la salle.

François Martinez

Menteur ?
de François Martinez

au Palais des Glaces
37 rue du Faubourg du Temple
75010 Paris 

jusqu’au 30 mai 2018

Tous les mardis et mercredis à 20h00
Relâche le mardi 15 mai

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Réversible par Les 7 doigts @ La Seine Musicale : fougueux !

Claquements de portes à tout va, déplacement de cloisons à La Seine Musicale du 5 au 17 juin, ce n’est pourtant pas un vaudeville. La géniale compagnie québécoise de cirque Les 7 doigts de la main nous revient avec Réversible. Un spectacle aussi beau, fougueux, poétique qu’aérien.

photo Alexandre Galliez

Magnifique duo sur mât chinois

Un numéro à la fois fort visuellement, romantique et saisissant. Un garçon à bretelles à la carrure de rugbyman, Julien et une fille frêle, vêtue d’une jupe légère, Emilie. Ils sont mariés, la confiance est totale. 
Il n’en faut pas plus pour former un duo qui allie grâce et tour de force, portée sans défaillir et chute avec retenue ultime.
Un numéro en suspend inoubliable. 

Murs mobiles 

La scénographie, comme à chaque spectacle créé par Les 7 doigts de la main, est propice à tous les possibles, à tous les débordements.
Le décor est littéralement un partenaire de jeu à part entière.
Tout tourne autour de trois pans de murs qui s’assemblent, se séparent au gré des numéros. Les circassiens sortent des fenêtres, grimpent les murs, disparaissent, dissimulent les agrès des numéros suivants. Ingénieux !

photo Cimon Parent

 

Multitudes d’accessoires

Il y en a pour tous les goûts. Éventail rouge passion, fouet qui claque pour apprivoiser le vide autour de soi, skateboard intrépide, casquettes folles, ballons et balles. Tout est matière à jeu, mouvement, accroche visuelle et tentative de s’extraire de l’apesanteur. 

Bande musicale à shazamer 

Les chansons et musiques sont des partitions très bien dosées pour accompagner les solos, duos et jeux collectifs. À chaque numéro, le titre tombe juste, un sans faute.
On a grave envie de laisser l’appli Shazam ouverte pendant tout le spectacle pour garder tout en mémoire et se souvenir des jolies choses que l’on a vu sur scène, une fois rentré chez soi.
Une fois reçu le programme par mail, on apprend que les titres ont été créés pour le spectacle par des artistes de Montréal. 

Image de prévisualisation YouTube

Réversible

Réversible

par Les 7 doigts de la main 

du 5 au 17 juin 2018

à La Seine Musicale
Île Seguin
92100 Boulogne-Billancourt

Avec : Maria del Mar Reyes Saez, Vincent Jutras, Jérémi Lévesque, Natasha Patterson, Hugo Ragetly, Émilie Siliau, Julien Silliau, Émi Vauthey
Mise en scène Gypsy Snider Assistance à la mise en scène  Isabelle Chassé 
Collaboration recherche sur le mouvement Phillip Chbeeb & Hokuto Konichi (AXYZM)
Assistante Chorégraphique Kyra Jean Green
Chorégraphie Mât Chinois Shana Carroll

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Elektrik : la contagieuse comédie électro de Blanca Li

La géniale chorégraphe Blanca Li revient en force avec une bande de 8 beaux gars danseurs, acrobates et trublions.
Elektrik est une joyeuse création aussi colorée que relevée, qui fait la part belle aux jeux de bras, au-dessus de la tête, devant, derrière, mais aussi en duo. Le Théâtre Le 13ème Art devient une formidable piste de danse aussi frénétique que désopilante.

C’est certainement dans ses gènes et sans doute aussi dans son métisse de cultures – espagnoles et françaises – : Blanca Li aime le mélange des genres !
Alors que je pensais assister à un spectacle de danse électro pure, je me retrouve devant un premier tableau assez déroutant : des hommes en costume noir et chemise blanche masqués de têtes de volatiles débutent leurs pas de danse sur de la musique classique.
La chorégraphe balaie les clichés et aussi les attentes : pas de sweat à capuche, ni de cabrioles pour entrer dans son monde Elektrik.
Belle perfomance de Vexus, Goku, Big Jay et leurs potes.
Pour avoir passé une soirée avec un masque de poney, je comprends la difficulté de danser avec un masque en caoutchouc qui sent (oui l’odeur fait partie du jeu), qui fait transpirer et réduit considérablement le champ de vision.

Elektrik
photo Dan Aucante
Elektrik
photo Dan Aucante

L’électro comme on peut l’imaginer arrive au tableau suivant à grands coups de beats, ça danse, ça pulse. Blanca Li renoue avec un genre totalement inconnu des moins de 20 ans mais apprécié un temps par la jeunesse France et la chanteuse Yelle : la tecktonik.
Le principe étant de danser en gesticulant un maximum les bras dans tous les sens, au-dessus de sa tête, devant, derrière… Il faut bien entendu une agilité totale et bien s’échauffer les poignets.
La chorégraphe s’amuse de cette danse has-been, le mixant avec les danses urbaines pour une délicieuse charge visuelle avec des moments complètement bluffants comme ce jeune homme-élastique, Taylor Château, alias Taylor capable de contorsions aussi spectaculaires que flippantes. La séquence unisson, où la synchronisation des danseurs les uns aux autres force le respect.
Sans oublier le ballet à semelles lumineuses, plus qu’un simple gadget, une vraie réinvention de la danse contemporaine.

Au fur à mesure des tableaux, les vestes, chemises vont laisser place à des débardeurs, des torses nus athlétiques ou des des t-shirts colorés.

Elektrik est un spectacle surprenant, vibrant, fougueux, généreux, drôle et insolent. A partager en famille, entre amis…

Elektrik

Elektrik
chorégraphie et direction artistique : Blanca Li
avec : Mamadou Bathily alias BATS, Roger Bepet alias BIG JAY, Taylor Château alias TAYLOR, Jérôme Fidelin alias GOKU, Slate Hemedi alias CRAZY, Adrien Larrazet alias VEXUS
, Jordan Oliveira alias JORDY, Filipe Pereira alias FILFRAP

jusqu’au 14 avril 2018

au Théâtre Le 13ème Art 
Place d’Italie
75013 PARIS

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Comédiens ! au Théâtre de la Huchette : un trio virtuose

Pour ses 70 ans, le Théâtre de la Huchette s’offre un retour dans le passé à la fois musical, pétillant et original.
Comédiens ! pose un regard en coulisses à travers 3 personnages qui se préparent à leur soir de première parisienne.
Contraintes scéniques, débrouilles, foirages, révélations… ; les répétitions sont un joyeux bordel en chansons.

Comédiens

Ça répète à la Huchette

Pierre et Coco, couple de théâtre, lui est metteur en scène-comédien, elle muse et comédienne, s’activent pour la représentation du soir. Ils ont fait appel à un autre comédien au pied-levé, Guy, pour assurer le remplacement de leur partenaire de jeu habituel.
Retard, scène trop petite pour le décor, mémoire qui flanche, savonnages et autres cafouillages vont être le lot de ce filage improbable et incroyablement rythmé.
Sur scène, ça rit, chante, s’active.
Le mélange des genres est jouissif : vaudeville, comédie musicale, chansons gaudrioles, chansons avec fond, vaudeville et aussi drame.

Comédiens

A star is born : Marion Préïté

On s’attache très vite à ce trio.
Fabian Richard est un metteur en scène aussi séduisant qu’excessif. Marion Préïté, a star is born, touche par sa joliesse et son envie d’émancipation. Cyril Romoli campe un trublion aussi sensible que talentueux.
Peu à peu, les aspérités de chaque personnage apparaissent, déstabilisent l’équilibre précaire d’une création artistique. L’esprit de Pierre s’échauffe à cause de la pression.
La fin déstabilisera sans doute quelques-uns.unes, preuve que le compromis n’a pas sa place même en chansons.

Comédiens ! est une comédie lumineuse, un superbe trio d’acteurs et une très fine écriture de théâtre.

Comédiens

Comédiens !

librement inspiré de l’opéra Paillasse de Ruggero Leoncavallo
Concept et mise en scène : Samuel Sené
Livret et paroles des chansons : Eric Chantelauze
Musique : Raphaël Bancou 

Avec Fabian Richard, Marion Préïté et Cyril Romoli 

du mardi au samedi à 21h
matinée le samedi à 16h

au Théâtre de la Huchette
23, rue de la Huchette
75005 Paris
Tél. 01 43 26 38 99

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Airnadette, le pire contre-attaque : encore + fort et + barré !

Retour en force, avec costumes de dingos, répliques imparables, choré de ouf et énergie au top du groupe Airnadette.
Le air-jeu est poussé à son comble via un scénario complément barré.
On retrouve Moche Pitt en collant rouge moulant hum hum, Jean-Françoise toute de noir vêtue telle Cat Woman, les griffes en moins. Château Brutal type Idole des jeunes encore en vie, Scotch Brit sexy en diable et M-Rodz égale à elle-même : incontrôlable !

Pour canaliser tout ça et pour ambiancer la foule, Philippe Risotto mouille le tee-shirt, hurle, plus diabolique que jamais.

Airnadette

Airnadette ou l’énergie du désespoir

Bien sûr, c’est le pur bonheur de retrouver la bande plus apprêtée que jamais.
Mais un être d’exception manque à l’appel. Le petit torse imberbe et tatoué de Gunther Love n’est pas de la partie. Il aurait été enlevé par des extra-terrestres. :-/

Les 5 inséparables ou 5 fantastiques vont alors partir pour un voyage dans le temps et l’espace pour retrouver leur ami. Il y a aura des épreuves, des doutes et des révélations à hurler de rire.

Airnadette

Une partition à la bidouille de génie

Le travail de recherche, de découpe, d’extraction de bouts de dialogues de films, émissions télé (Dorothée) ou autres pubs est assez bluffante. On évalue difficilement le temps passé à sélectionner tous ces éléments et à les monter pour faire une histoire.

Le rythme semble plus endiablé que pour le précédent spectacle que l’on a vu 2 fois. Ça fuse de partout, Philippe Rissoto revient à la charge en continu.

Les effets visuels sont de la partie avec un écran, au système super ingénieux, pour assurer décors, paroles type karaoké et autres inventions du cru Airnadette.

Verdict : on rit un peu moins qu’avant, sans doute parce que l’on connaît la mécanique ou qu’il y a tout à redécouvrir. On aimerait que les chansons soient un poil plus longues pour air-chanter en chœur.

Mais Airnadette assure comme des Dieux du Stade de baby-foot, avec un calage labial et physique quasi parfait.
On se croirait dans un jeu vidéo. Aucun temps mort, des montages ingénieux, du suspense.
Est-ce que Gunther Love nous manque vraiment ? Il est présent autrement ! Et c’est tant mieux.

Bonus : ce vendredi soir, en première partie la troupe du Cabaret Madame Arthur qui reprend des tubes français et internationaux à l’accordéon. Génial !

Airnadette

Airnadette
Le pire contre-attaque

avec Moche Pitt, Chateau Brutal, Scotch Brit, Jean-Françoise, M-Rodz et Philippe Risotto

Nouveau spectacle en tournée en France et dans le monde :
14 avril : Landiviau
19 avril : Bethune
21 avril : Rennes

3 mai : Romans-sur-Isère
4 mai : Onex (Switzerland)

2 juin : Lons
23 juin : Sète (Festival Quand je pense à Fernande)

25 août : Frossay – Festival Couvre Feu

26 octobre : Esch-Sur-Alzette, Luxembourg

site officiel : airnadette.com

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Trop tout : agréable partage avec Nadine Charvolin

Quelle personne ne s’est jamais entendue dire au moins une fois dans sa vie : «Tu ne fais rien comme tout le monde, fais les choses normalement ! ». Mais normalement pour qui, par rapport à qui ou à quoi ? Avec le concours de sa personnalité affirmée et lassée de cette notion de « normalité », Nadine Charvolin a donné naissance à Trop tout. À son image, découvrez au Théâtre la Croisée des Chemins un seule-en-scène à la fois dynamique, authentique et subtilement touchant.

Trop Tout

Dès sa naissance, Nadine Charvolin a tout de suite su qu’elle était différente : trop grande, trop mince puis trop grosse, trop de caractère, trop de joie de vivre communicative (oui, oui, on le lui a reproché !). La façon dont elle évoluait et s’épanouissait ne correspondait pas à la «norme». Pour autant, elle était parfaitement intégrée à la société mais quelques remarques ou de petits mots lui rappelaient régulièrement qu’elle tanguait dangereusement sur le mauvais côté du cadre.

Cette différence revendiquée la mène a des rencontres cocasses, pittoresques, surprenantes et paradoxalement banales qu’elle se décide à nous raconter. Tout y passe, les hommes bien sûr, les collègues de travail, la crise identitaire des adolescents, les ami(e)s…

Nous allons donc passer un peu plus d’une heure à rire, à rêver, à se révolter ou à réfléchir sur ces situations faisant finalement partie de notre quotidien. D’ailleurs, la comédienne n’hésite pas à entrer en interaction avec le public. Elle sait donner le ton pour nous transporter dans son univers composé de musique, de bonne humeur, d’une fine autodérision et d’un humour subtil auquel nous adhérons !

Ainsi, lorsque les lumières s’éteignent, une inattendue et amusante table ronde se met en place avec Nadine, notre nouvelle copine. Nous commençons alors à bavarder, à échanger, à rire encore et surtout à partager. Au final, toute la portée de ce spectacle au genre aussi indéfini que son initiatrice est là. Se servir de son histoire afin de créer un contact humain et c’est très (nous pourrions même dire trop !) plaisant. 🙂

by Jean-Philippe 

Trop Tout

Trop tout

De et avec : Nadine Charvolin
Mise en scène : Nadine Emin, Thomas Bobichon

Les samedis et dimanches à 19h30

Jusqu’au 22 avril 2018

Au Théâtre La Croisée des Chemins
43, Rue Mathurin Régnier
75015 Paris

Réservations : 01 42 19 93 63

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