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L’homme cirque aux Nuits de Fourvière : coup de cœur #concours inside

Les Nuits de Fourvière battent leur plein depuis que Lamomali de -M- et Arcade Fire ont ouvert le festival début juin. La programmation folle nous réserve des moments intenses, physiques et poétiques du côté du Domaine de Lacroix-Laval. L’homme cirque de David Dimitri est notre coup de cœur 2017. Voici les 4 raisons !

Nous n’avons jamais vu de numéro d’homme-canon. C’est un numéro de cirque incontournable mais plutôt rare de nos jours. L’impatience est grande ! 

David Dimiti est multi-talents. Il n’a pas qu’une seule discipline à son actif. Il joue de la trompette, de l’accordéon, est capable de contorsions incroyables, de marcher sur un fil et de s’envoyer dans les airs.

David D a foulé les scènes du monde entier, en collaborant avec le Cirque du Soleil, le Metropolitan Opera House de New York, le cirque Knie. Des preuves évidentes de ses talents. 

L’homme cirque se produit au Domaine de Lacroix-Laval. C’est un cadre à la fois vert, de détente, éloigné des bruits de la ville. Un petit havre de paix, pas si loin non plus, qui surtout permet de poursuivre la soirée après le spectacle.

#CONCOURS Nuits de Fourvière

Nous vous faisons gagner des invitations pour notre coup de cœur Nuits de Fourrière 2017. Venez avec nous découvrir L’homme cirque le samedi 1er juillet à 20h30.

Pour participer il suffit d’être disponible le jour J, d’être dans la région et de remplir le formulaire juste en-dessous.

Concours L'homme cirque
Sending

L’homme cirque de David Dimitri
spectacle sous chapiteau

du 1er au 19 juillet 2017 à 20h30
tous les jours sauf le lundi

au Domaine de Lacroix-Laval
Route de Sain-Bel
69280 Marcy-L’Étoile

dans le cadre des Nuits de Fourvière – Lyon

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Oh my God! au Théâtre Tristan Bernard : déjanté et épatant !

Adaptation d’un succès de Broadway au Théâtre Tristan Bernard. Un jeu de marionnettes dans une paroisse qui part en vrille totale. Une performance d’acteurs exceptionnelle, un humour acéré, des chansons qui nous rappellent Un long fleuve tranquille. Oh my God! est taillé pour faire salle comble cet été. 

L’animatrice a bien du mérite à faire classe devant quelques jeunes brebis qui tentent tant bien que mal de préparer le spectacle de la paroisse. Mathias est plus récalcitrant que les autres, ado bad boy à casquette, sweat et TN : un cliché sur pattes musclées. Il est campé par Jérôme Alexandre que l’on avait apprécié en jeune premier dans La Poupée Sanglante. Cette fois, son faciès est limite flippant, à se contorsionner, se démonter le cou, et cracher. Difficile de le reconnaître. La performance vaudrait à elle seule de prendre son billet pour la pièce. 

À ses côtés, une jeune fille sans relief en apparence et un garçon réservé, doué de ses mains pour réaliser une marionnette qui dépote. Il forme un duo inséparable avec Raymond – plus excessif encore que Jean-Marc, le compagnon de Jeff Panacloc – et qui va générer une source de conflits inouïe. On salue le jeu physique de qui est pris dans une sorte de montagne russe avec retenue et moments très intenses. 

Le Père Alexandre suit ce joyeux bordel avec discernement, patience et raison. Il est aussi attachant que les autres personnages car il est un humain comme les autres. 

Ce qui est passionnant dans cette écriture c’est que le manichéisme est balayé. C’est un joyeux pétage de plomb généralisé avec du grand guignol, de l’amour, de la passion dévorante, des quiproquos en série. C’est surtout beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît. 

On se laisse happer sans résistance que l’on soit spectateur « grand public » ou un fin « théâtreux ». 

Bonus : le spectacle commence dès votre arrivée, dans le hall du théâtre. Pour une fois, n’hésitez pas à écourter vos discussions sur le trottoir et à venir plus tôt. 

Oh my God! 

de Robert Askins
adaptation : Sébastien Azzopardi et Sacha Danino
mise en scène : Sébastien Azzopardi

avec : Thomas Ronzeau, Patrice Latronche, Tadrina Hocking, Alexandre Jérôme, Marie-Camille Soyer

Théâtre Tristan Bernard
Rue du Rocher
64, rue du Rocher
75008 Paris

du mardi au samedi à 21h
matinée le samedi à 18h

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L’addiction c’est pour moi de Doully : un show pétillant à découvrir absolument !

Qui peut se targuer de n’avoir aucun vice ? Nous avons tous des petits travers qui font partie intégrante de qui nous sommes. Doully Millet l’assume ! Elle nous propose, au théâtre Les Feux de la Rampe, un récit de sa vie avec beaucoup de dérision sur toutes ses mésaventures marquées par les addictions.

Les trois « marraines fées » de Doully se penchent sur son berceau à sa naissance. La première lui offre le goût du théâtre et de la tragédie. La seconde lui donne la force d’y arriver et la troisième se prend les pieds dans sa cape en disant «Eh merde, j’ai encore trop picolé !» Nous retrouvons dans le spectacle la subtile combinaison de tous ces dons.

Après avoir savouré les plaisirs que la vie pouvait lui offrir, Doully a décidé de s’en éloigner avec le temps et pour diverses raisons. Si son esprit s’en trouve libéré, son physique singulier peut porter à confusion. Ceci la mène à des situations abracadabrantes.

Entre son insomnie, ses petits boulots, ses amis, ses rencontres avec des inconnus, les préjugés, nous nous retrouvons tous dans ces tranches de vie. Pendant plus d’une heure, Doully nous embarque avec elle dans une folie libératrice au troisième degré où elle est parfois grossière mais jamais vulgaire. Elle a un talent fou pour narrer les choses. Vous allez vraiment devenir addict !

Au-delà du rire qu’elle manie à la perfection (quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que j’avais des abdos !), nous nous attachons à ce personnage atypique dont la sensibilité nous touche pleinement…

Une belle rencontre qui donne le sourire bien au-delà du spectacle. Je vois encore le regard suspicieux de badauds bien-pensants dans la rue quant à mon sourire béat. La seule réponse qui me vient alors est : «Que c’est bon de laisser libre cours à ses addictions ! » 😉

by Jean-Philippe

L’addiction, c’est pour moi !

de et avec : Doully
Metteur en scène : Nicolas Vallée

Le mardi 6 juin à 21h30

Au Théâtre Les Feux de la Rampe
Salle 60
34 Rue Richer
75009 Paris

Téléphone : 01 42 46 26 19

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Sugar Sammy serial dégommeur à l’Alhambra à partir du 9 novembre

Un Québecois qui fait 5 500 km pour venir se foutre de la gueule des Français avec son spectacle : pari risqué !
Sugar Sammy ne manque pas d’audace et de répartie. Et le public en redemande !
Après avoir tenu l’affiche de l’Européen en avril dernier, il revient pour finir l’année en beauté à l’Alhambra, avec nous.

Sugar Sammy maîtrise son Français !

Le Montréalais qu’on croirait sorti d’un film bollywoodien ne va pas tarder à vous agacer. En plus de sa belle gueule affichée sur les murs de Paris, son mètre 90 sur scène et à côté de votre petite amie au photocall de fin de spectacle, son succès au Canada et aux States, il maitrise parfaitement la culture française et nos beaux travers.

Ce n’est pas un comique dilettante qui adapte ses meilleurs succès inconnus en France, pourtant cultes dans son pays. On a déjà vu passer ce genre de super stars Outre-Atlantique et elles sont restées cantonner aux toutes petites salles parisiennes. Shame on them!

Sugar Sammy lui travaille son sujet ou, en tout cas, maitrise les fiches que des petites mains pourraient lui préparer. Rien ne lui échappe de l’actualité jusqu’aux références historiques bien pensées de notre pays.

Roi de l’impro 

Alors oui, il sera question de taille de b., de racisme, de préjugés en tout genre. Le tout emballé avec un sourire de charmeur. Le show est huilé à l’anglo-saxonne, sans perte de rythme, avec une répartie imparable et participation de la salle. A tout moment, il peut allumer un spectateur sur son simple prénom, ses origines, le couple qu’il force avec sa voisine et pas seulement au premier rang. Son regard est affuté et à 180 degrés.

Quelques révélations hilarantes comme les prénoms des hommes français qui manqueraient de virilité – à en juger avec Valentin ou Quentin, on ferait pale figure face à Rocky, Chris, Vin – des anecdotes savoureuses sur sa vie à la française et les différences de culture Québec-France font de ce spectacle un pur moment de déconne.

Sugar Sammy
prolongations

du 9 novembre au 31 décembre 2017

du jeudi au samedi à 21h30

à l’Alhambra
21 Rue Yves Toudic
75010 Paris

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Château de Versailles : sous les Grandes eaux musicales – visite exceptionnelle !

La saison des Grandes Eaux Musicales revient en force. L’occasion de visiter les coulisses de ce patrimoine français. Pas d’électronique, ni d’ordinateur à Versailles pour contrôler l’ensemble de la mise en eau des bosquets et autres fontaines dorées de jour comme de nuit. La mécanique souterraine n’a plus d’âge : 400 ans, imaginez !
Et nous de crapahuter dans les galeries souterraines et sous le spectaculaire et étroit Bassin de Latone.

Et nous de crapahuter dans les galeries souterraines et sous le spectaculaire et étroit Bassin de Latone. Les petites mains des fontaines 

C’est une équipe de plus d’une dizaine de personnes qui se charge tous les week-ends d’avril à septembre d’actionner les manivelles pour lancer la féerie des eaux.
Ce samedi d’avril, c’est le fontainier Jean-Luc et son adjoint Jean-Paul qui nous font la visite des souterrains qui cachent 35 km de canalisations.
Claustrophobes et autres craintifs.ves de lieux humides, notre terrain d’exploration du jour ne vous plairait sans doute pas.

Et pourtant, il recèle quelques secrets que nombreux aimeraient découvrir en vrai.
Petite descente sur chemin de terre et les premières canalisations nous accueillent dans une lumière électrique, la lumière du jour n’est qu’un souvenir. Les longs tuyaux vont nous suivre jusqu’à la découverte de l’araignée sous le Bassin de Latone. 

On ne sait même pas si Louis XIV y a mis seulement un seul soulier, mais nous, c’est généreusement que nous offrons mains, dos et jean pour cette visite exceptionnelle.
Le parcours est semé d’obstacles : sol glissant par endroits, canalisations qui vous encerclent, voûte qui invite à vous courber, échelle étroite et tuyauterie humide.
En chiffre, c’est 4 500 m3 d’eau à l’heure qui circulent pour alimenter les bassins.

Spectaculaire Bassin de Latone

Pour explorer les dessous du Bassin de Latone, le meilleur moyen est d’escalader cette araignée faite de bras soudés au plomb. L’occasion pour le fontainier de nous rappeler qu’il n’y a plus de formation pour la soudure au plomb d’où la difficulté de recruter de nouveaux profils. C’est étroit, humide et sans éclairage naturel. Et pourtant la vision est unique et inoubliable.

Une fois dehors, on contemple le coup de mains et reins du fontainier qui s’attelle à lancer le ballet d’eau du Bosquet des Rocailles ou salle du Bal.

Découvrir la fontaine d’en haut est impressionnant. Proximité totale avec cet ensemble de rocailles qui compose cette architecture.

Le Bassin de Latone se déploie et joue de sa brillance avec les rayons de soleil. L’avantage des mois d’avril et mai est l’affluence plus raisonnable des jardins qui permettent de profiter au mieux de cet ensemble.

BONUS : cette année Le Bassin des Enfants Dorés est remis en eau. Discrète, cette fontaine ne doit pas vous échapper pour autant.
Enfin, l’art contemporain est présent aussi de manière pérenne avec la création de verre par Jean-Michel Othoniel jouant de sa transparence. Captivant !

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Château Versailles spectacles 2017

Les Grandes Eaux Musicales
Tous les week-ends
du 1er avril au 29 octobre

Horaires :
Mise en eau du Bassin du Miroir toutes les 10 minutes de 10h à 19h
Mise en eau du Bassin de Neptune à 17h20 (pas de mise en eau les mardis)
Mise en eau du Bosquet du Théâtre d’Eau toutes les 15 minutes de 10h à 19h

Les Grandes Eaux Nocturnes
Tous les samedis soirs d’été à partir de 20h30
du 17 juin au 16 septembre

Save the date 
Spectacle pyrotechnique Louis XIV, le Roi de Feu par Groupe F : les 6, 7, 12, 14 juillet
Fêtes galantes le 29 mai
Le grand bal masqué le 24 juin
Soirées de gala avec Cecilia Bartoli le 12 juin
Les voix royales 

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Jérémy Lorca dans Bon à marier : une leçon d’optimisme !

Jérémy Lorca joue les prolongations au Théâtre du Gymnase. Un succès ne venant jamais seul son livre Chercher le garçon va avoir droit à une adaptation ciné. Il fait de la radio avec Anne Roumanoff pour Ça pique mais c’est bon !
Ce garçon Bon à marier est aussi déluré qu’attachant, naïf que fin observateur de nos mœurs. 

Pas évident de naître à Avion, proche du Pas de Calais. C’est pas nous qui le disons, c’est Jérémy Lorca. Rajoutez un père italien et une mère polonaise : le cocktail pourrait être explosif. 

D’autant que son cœur le porte plus vers Céline Dion et les garçons, que Booba et les filles en mini-short.

Généreux, il offre quelques moments de sa vie aussi drôles que désespérés : le 1er coup de foudre en boite, l’amour qui dure 3 ans, la séparation, les « dates »… La philosophie hallucinée de sa pote de boulot… la meilleure manière de faire fuir vos voisins. 

Alizée, Beyoncé, Grindr, coach sportif, Smic, vacances au Maroc : les sujets sont variés et l’enchaînement est très bien mené. 

Jérémy cède parfois à quelques facilités que l’on voit arriver mais il ne tombe pas, pour autant, dans l’enfilage de perles-clichés qui font bailler, bien au contraire. 

Bon à marier est un one man show tendre et malicieux, une leçon d’optimisme. Pourtant ce jeune talent de la scène serait toujours célibataire. 

Seul bémol : la chemise manches courtes à pois. C’est le printemps ok, mais c’est pas fashion du tout ! 🙂 

Jérémy Lorca dans Bon à marier

jusqu’au 29 juin 2017
les mercredis et jeudis à 20h

au Théâtre du Gymnase
38 Boulevard de Bonne Nouvelle
75010 PARIS

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Chantez maintenant Monsieur de la fontaine : novateur et pétillant !

Eh bien ! Chantez maintenant Monsieur de la fontaine : un spectacle musical vivant, novateur et pétillant !

25 élèves de l’AICOM, première école de comédie musicale en France, font chanter Jean de La Fontaine pour fêter le printemps. Ces artistes de demain sont formés pour être capables de chanter, danser et jouer sur scène. Armés de leur courage et bravant le tract, ils vont nous dévoiler tous leurs talents à la plus grande joie des petits comme des grands !

Accompagnée de ma petite fille, Andréa, nous prenons place dans la grande et accueillante salle de la marie du 9ème arrondissement. Après une présentation de la pièce et de ses auteurs – que ma fillette trouve un peu longue – débarque Marie, jeune et dynamique comédienne, qui sera le fil conducteur de cette représentation.
Andréa, qui étudie en ce moment les poèmes de Jean de la fontaine avec son maitre de CE1, est impatiente de découvrir de quelle façon les artistes vont pouvoir interpréter, en chantant et en dansant, les fables de ce poète de grande renommée.


Marie s’invente des histoires, se crée des personnages qui prennent vie grâce à la magie. Accompagnée de ses compagnons fictifs, un acteur raté et une fée ministe, elle cherche à retrouver son rire d’enfant qu’elle a perdu. Pour cela, elle va devoir passer avec brio 9 étapes dont nous ne connaissons pas encore les enjeux. Andréa est emballé par la prestation des comédiens et se demande si la fée ministe, qui interprète ce rôle avec talent est vraiment une fille !
9 fables du poète vont tour à tour se succéder, réinterprétées de façon ludique, joyeuse et énergique par l’ensemble des comédiens, tous excellents. On rit, on applaudit, on s’esclaffe devant les différents tableaux qui s’offrent à nous.

Marie va –t-elle réussir à franchir ces 9 étapes ? Va-t-elle retrouver son rire d’enfant perdu ? Le suspens pour ma fille est à son maximum.
La morale de l’histoire, que nous nous garderons bien de dévoiler, parlera aux enfants comme aux adultes.

Eh bien ! Chantez maintenant Monsieur de la fontaine est un spectacle de grande qualité, interprété par des artistes investis qui saura séduire les enfants mais aussi leurs parents.

by Caroline

Eh bien ! Chantez maintenant Monsieur de la fontaine
Mise en scène : Pierre Yves Duchesne, Nina Guazzini et Claire Jomard
Musique : Isabelle Aboulker
Chorégraphies de Johan Nus et Sabrina Giordano

avec les étudiants de l’AICOM

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A Swan Lake au Théâtre des Champs Elysées : fou et audacieux !

A Swan Lake, une création folle, audacieuse, géniale du chorégraphe Alexander Ekman pour le Ballet National de Norvège. On croirait rêver mais le jeune homme se permet de beaux écarts entre pointes, chanteuse lyrique, canards en plastique, pluie sur scène et autre extinction des feux. Une première en édition limitée de trois soirs seulement au Théâtre des Champs-Élysées. 

Le rideau d’or se lève et on s’imagine déjà au bord du lac. Le chorégraphe est inventif et il s’autorise un générique de film avant de prendre la parole à travers une vidéo sur grand écran blanc. Retour au mythe du cygne blanc et du cygne noir, questionnement et coulisses de la création, avec quelques images cocasses des trois mois de répétitions entre confection de chaussons antidérapant, de gadins et autres glissades dans l’eau. Forcément ce premier rapport à l’œuvre, cette retenue avant le choc visuel est judicieux. L’attente est intenable. Paris est le dernier mot qui s’inscrit sur l’écran, le rideau se lève et les premiers reflets d’eau sur les colonnes du Théâtre des Champs-Élysées apparaissent accompagnés des danseurs tout de noir vêtu. 

Le spectacle débute sans musique. Les clapotis de l’eau se font entendre et les premiers pas de danse suspendent les premières gouttes dans les airs avant de retomber. La lumière des projecteurs sera blanche pendant tout le spectacle pour révéler la beauté des corps et des vêtements mouillés, trempés.

Exit Tchaïkovski
L’impact chorégraphique est fort, dense, vertigineux, d’autant plus avec la partition originale du compositeur Mikael Karlsson. On se prend à ce souvenir de quelques jeux d’eau d’un spectacle de Pina Bausch avec un peu de danse et de théâtre autour. Ici, tout est mouvement, à éprouver les corps, retenir le souffle, marcher, glisser sur l’eau. 

Le duo d’Étoiles en cygne noir et blanc version 2017 avec protubérance sac à dos ou enveloppe protectrice est un Ballet entre classicisme du tutu et des pointes et déraisonnable réinterprétation contemporaine. C’est beau, subtile, doux et un peu moins tragique qu’il n’y paraît. 

Canards en plastique
Le ballet prend un délicieux virage avec veste de couleurs, cuirasse de quarterback, chute de canards en plastique, ballons gonflables et fontaines humaines. C’est aussi guilleret que printanier.
À un moment de silence, juste après les applaudissements, un spectateur peu sensible à ces facéties scéniques criera « gadget !« 

La parenthèse se termine pour un dernier tableau plus grave, qui redouble d’intensité avec vagues d’eau.
Le chorégraphe n’est jamais grave bien longtemps mais pas non plus espiègle en continu. L’équilibre est mené d’une main de maître.

Bien sûr la mort du cygne n’est pas, les larmes ne parlent pas. Reste le sentiment d’avoir rencontré un jeune créateur (33 ans, la vie devant lui) ingénieux, doué, capable de tout et surtout du meilleur. 

À la fin ma voisine confiera sa joie tout en rajoutant : « je n’ai pas tout compris 🙂« 

A SWAN LAKE

nouvelle version ballet en 1 acte : Création Paris 2017

Chorégraphie et décors : Alexander Ekman
Musique : Mikael Karlsson
Orchestration : Mikael Karlsson / Michael Atkinson
Costumes : Henrik Vibskov
Lumières : Tom Visser
Vidéo : Todd Rives
Scénographie : Ana Maria Lucacieu, Christopher Kettner

Avec les Etoiles et le Corps de ballet du Ballet national de Norvège et les petits danseurs du LAAC

au Théâtre des Champs Elysées 
15 Avenue Montaigne
75008 Paris

les mercredi 29, jeudi 30 et vendredi 31 mars 2017 à 20h

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D.I.V.A. : opéra lyrique avec un brin de folie au Théâtre Montparnasse

Essayez donc de demander à un jeune ce qu’il pense de l’opéra. Vous ne serez pas déçu de la réponse. Alors faites-lui découvrir D.I.V.A, un projet décoiffant à cinq visages et profitez-en pour passer un moment tout aussi bon que déconcertant avec des ladies aussi débridées, délicieuses et élégantes qu’une Natalie Dessay.
Rdv à partir du 19 avril au Théâtre Montparnasse.

Diva-opéra-spectacle-showcase-chanteuses-lyriques-photo-scène-usofparis-blog
Le concept repose sur cinq chanteuses lyriques (Flore, Grace, Jazmi, Marie, et Audrey) et d’un quatuor (Hugues, Alice, Benachir et Barbara). Ensemble, ils se chargent de nous faire (re)découvrir les grands classiques de l’opéra mais avec beaucoup d’originalité. Tout en gardant le style du morceau qu’elles interprètent, les D.I.V.A. apportent une touche moderne dans des versions réduites chacune à dix minutes.
Sacrilège ?
Pour les avoir vues sur scène, on se laisse emporter par les airs connus comme Carmen de Bizet et séduire par des répertoires moins grand public. Leur interprétation donne sens aux partitions en italien dans le texte.

Flore-Philis-chanteuse-lyrique-diva-opéra-spectacle-photo-scène-usofparis-blog

C’est ainsi qu’elles nous emportent dans leur délire et dans leur univers déjanté. Quand ces cinq femmes prennent le contrôle de la scène, elles l’assument… et vont même jusqu’à interpréter certains rôles habituellement réservés aux hommes. Jubilatoire !

Image de prévisualisation YouTube

On est sous le charme de leur voix, leur complicité, leur tenue de scène, leur interprétation et le talent des quatre musiciens qui les accompagnent.
Et elles méritent leur standing ovation, comme le soir de leur tout premier showcase au Théâtre Déjazet.

D.I.V.A c’est un disque et maintenant un spectacle !

by CédricMarie-Menand-Diva-opéra-spectacle-chanteuse-lyrique-photo-scène-usofparis-blog
D.I.V.A, opéras chics et déjantés, le spectacle
Avec Flore PHILIS, Marie MENAND, Alexandra HEWSON, Jazmin BLACK GROLLEMUND, Audrey KESSEDJIAN, Hugues BORSARELLO (1er violon), Alice BOURLIER (2nd violon), Benachir BOUKHATEM (alto), Barbara LE LIEPVRE (violoncelle)Création originale Flore PHILIS & Marie MENAND
Mise en scène Manon SAVARY
Arrangements Olivier RABET

 

à partir du 18 avril 2017

au Théâtre Montparnasse
31 Rue de la Gaîté
75014 Paris

Mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 21h
matinée le dimanche à 15h

D.I.V.A, l’album
(Decca)

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OcéaneRoseMarie et ses Chatons Violents : une snipeuse au coeur tendre

OcéaneRoseMarie n’en finit pas de nous sidérer avec Chatons Violents qu’elle reprend au Théâtre des Béliers Parisiens, les dimanches à 19h30. Attention, ce spectacle est grinçant.

Ça commence plutôt mal. Une prise de bec domestique. Un couple qui s’en envoie à travers le nez. Reproches, on répète ce que l’on a déjà dit (la veille, la semaine dernière, le mois dernier), reproches à nouveau et tentative de redresser la barre juste avant de claquer la porte pour filer au boulot.

On se dit que la détestation de l’autre et la phase chagrin d’amour risquent d’être longues après une telle hystérie.
Le décor planté, OcéaneRoseMarie peut laisser aller sa pleine fantaisie, ses coups de crocs à tire larigot, et nous attirer vers un tout autre récit que celui que l’on prédisait au cours de ces toutes premières minutes de spectacle.

Bêtes à poil, Marseille et BBB

Après Paris et la partie loufoque autour de deux bêtes à poil pas si attachantes que ça mais drôlement désopilantes – au passage notre humoriste, également chanteuse aurait très bien pu jouer dans Cats le musical, son imitation du chat est assez digne – notre belle et son meilleur pote, Jérôme, filent à Marseille, histoire de changer de cadre.
Mais la carte postale qu’elle nous envoie de cette ville n’est pas aussi idyllique qu’on ne le pensait. Exit le Mucem (elle s’en fout totalement, aucune mention), exit la bonne bouffe (ça n’a pas l’air non plus d’être son trip).
Non, elle préfère nous parler de leurs déconvenues, des Corses et tirer le portrait d’une cagole pur cru. La métamorphose est troublante de réalisme. Un Molière serait mérité.

Après la cité phocéenne, place à la ville de proche banlieue parisienne, paradis des BBB (« Bons Blancs Bobos ») et de leurs bambins. Ça respire « la mixité sociale », l’échange, la compréhension.
Toutefois, OcéaneRoseMarie est embusquée. Elle guète. Et en snipeuse du rire, elle dégomme à tout va les comportements les plus aberrants qu’elle puisse croiser. La bonne conscience dégommée, l’affirmation de laïcité démontée, l’ascension sociale incroyablement exclusive éradiquée, sans parler des clôtures en bambous. Ça fait rudement mal pour celui qui se reçoit les salves mais c’est un défoulement incroyable pour le public. La subtilité n’est pas toujours son fort, c’est coriace et elle attaque frontalement. Elle a le don de balancer des vérités aussi gentiment qu’un pitbull à l’approche de votre jambe.

Chatons violents et autres jubilations

Et quid des petits chatons violents du titre du spectacle, dans ce délirant bordel ? Crakinette et Froustinette ne sont que les prétextes à cette violence sourde qui nous entoure, nous saute aux oreilles grâce au regard acéré et incroyablement vif d’OcéaneRoseMarie.
Mais ne croyez pas qu’elle aboie pendant 1h15 de spectacle. Son sourire complice, ses retournements et même son autocritique font de cette fille-là une délicate caricaturiste du XXIe siècle. A défaut de crayon, c’est sa verve qui mène la danse. On jubile !

Chatons Violents
OcéaneRoseMarie

Mise en scène : Mikael Chirinian

au Théâtre des Béliers Parisiens
14, bis rue Sainte Isaure
75018 Paris

reprise à partir du 26 mars 2017
le dimanche à 19h30

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