Archives par mot-clé : spectacle

La Scala Paris : un nouveau lieu culturel, une création sur trampoline

Mélanie et Frédéric Biessy sont à l’origine d’une renaissance, celle d’un lieu historique de la culture parisienne malmené par ses mutations (théâtre, cinéma érotique…) et l’oubli.
La Scala Paris renaît sur le boulevard de Strasbourg comme nouvelle adresse célébrant la création artistique sous toutes ses formes.
Scala est aussi le nom du nouveau spectacle de Yoann Bourgeois, le maître ès équilibre.

La Scala Pari(s) fou

Il faut être mû par un grain de folie pour imaginer qu’un immeuble abandonné, décrépi depuis 10 ans puisse renaître alors qu’il faut tout reconstruire, tout repenser (jusqu’à la sortie de secours).
Mélanie et Frédéric Biessy sont réunis par l’amour – le leur et il est beau – et celui de la culture. Mélanie suit la vision de son époux qui voit de grandes choses dans le décor de ruine qu’elle visitera.
Le résultat est La Scala Paris, un petit cocon qui fourmille. Une salle d’un bleu que l’on pourrait qualifier de bleu Peduzzi, du nom de son concepteur Richard Peduzzi.
Un gradin qui fait face à une scène, terrain propice à l’échange avec les créations qui vont naitre ici-même.

La Scala Paris

Scala de Yoann Bourgeois

L’entrée en matière silencieuse, curieuse, n’est pas évidente. Ça ne donne pourtant que plus de charme à ce qui va arriver.
Quand les corps s’animent, trébuchent, sortent et rentrent, tombent, l’attrait de Scala, le nouveau spectacle de Yoann Bourgeois, est impulsé.

Sur scène, l’escalier central pourrait faire penser qu’une meneuse de revue le descendra au cours de la soirée. La descente des marches ne sera pas aussi glamour. Ce sont des hommes en chemise à carreaux et des femmes qui se succèdent dans un ballet aussi étrange que physique.
La répétition est longue, mon attention se déporte.
Et des mots me viennent : attraction, répulsion. L’équilibre de Scala  tient en ces deux mots.
Il y a de vrais instants de grâce, portés par la vigueur des corps, l’étrangeté de la narration, le travail de la musique saisissant (avec des morceaux de Eels et Radiohead) et les sauts sur trampolines toujours aussi fascinants.
Il y a aussi des moments où l’on est projeté en arrière, rejeté, car la création se noircit, nous perd, glisse dans l’abstrait.

Une spectatrice heureuse à la sortie lance à son mari : « je veux un trampoline à la maison ! »

Yoann Bourgeois, avec Scala, nous permet de rêver à la fois d’être léger comme l’air comme ces artistes en suspension tout en laissant le temps de nous projeter dans une autre réalité.

La Scala Paris

La Scala Paris 
13, Boulevard de Strasbourg
75010 Paris

Scala
création de Yoann Bourgois
avec Mehdi BakiValérie Doucet, Damien DroinNicolas FayolEmilien JanneteauFlorence Peyrard et Lucas Struna

jusqu’au 24 octobre 2018

Share

Chicago le musical : ambiance électrique et glam en coulisses

Chicago le musical est taillé pour charmer le public, voire le chauffer avec toute la sensualité qui s’en dégage et l’incroyable génie de Bob Fosse. 
Avec une chorégraphe venue spécialement des USA (Anne Reinking), un casting au top (Jean-Luc Guizonne, Sofia Essaïdi, Carien Keizer) et l’une des plus belles scènes de la capitale, la comédie musicale de rentrée auréolée de son succès à Broadway va vous éblouir.
Nous nous sommes glissés dans les coulisses du Théâtre Mogador à quelques jours de la première.

Image de prévisualisation YouTube
Chicago le musical
Sofia Essaidi

Le grand écart de Sofia, le sourire éclatant de Carien 

Stage Entertainement France, le producteur de Chicago le musical, a réussi, en quelques minutes, à nous offrir de très belles images de cette 9e production à Mogador, dans le studio de danse, sans décor.
Trois chansons avec des plumes, des costumes noirs classieux, gracieux, des interprètes et danseurs magnétiques.
Il n’en faut pas plus pour saisir la puissance de ce classique de Broadway qui comptabilise plus de 9 000 représentations.

Chicago le musical
Jean-Luc Guizonne

Jean-Luc Guizonne, entouré de danseuses armées de larges éventails à plumes, impose carrure et charisme. Il est déjà habité par son personnage Billy Flynn, avec un minimum de mouvements.
Carien Keizer qui a déjà interprété Roxy dans la version allemande de Chicago est d’une grâce folle. L’artiste néerlandaise a tous les talents puisque qu’elle interprétera son rôle en français.
Enfin, Sofia Essaïdi a offert aux médias un incroyable grand écart portée par des danseurs. C’est Ann Reinking, la chorégraphe, qui aura lancé l’idée la veille du press day. Une performance que Britney Spears n’aurait pu assurer.

Chicago le musical
Ann Reinking

Chicago le musical réinventé pour Paris 

Que celles et ceux qui ont eu la chance de voir Chicago à New York ou plus récemment à Londres, ne s’attendent pas à un copié-collé de la production made in Broadway.
Ann Reinking qui a eu la chance d’avoir participé à la création du spectacle en 1975 aux côtés de Bob Fosse, a recréé la chorégraphie de son maitre dans le style de l’époque.
Lors de la rencontre, elle avoue avoir été bluffée par les comédiens et danseurs français : « ils ont compris tout de suite la sensualité, l’élégance du spectacle. Le chic et la sophistication viennent de France. »
Et sur la question du texte adapté en français, sa réponse rassure les amoureux des VO : « il y a un tempo dans la façon dont les Français parlent. Et ce tempo est en accord parfait avec le spectacle. »
Elle rajoutera que Bob Fosse était un amoureux de notre langue dont il trouvait que la sonorité était meilleure.

Chicago le musical
Carien Keizer

La délicate adaptation, l’art de l’essentiel 

Nicolas Hengel qui se charge de l’adaptation de Chicago, après avoir brillamment adapté Grease, la saison dernière, partage son étonnement. « Le spectacle parle des États-Unis, il transpire même les États-Unis. Et pourtant, ça coulait de manière harmonieuse de poses des mots français. Il y a un aspect européen dans la musique. »
La difficulté principale tient sur le fait que c’est toujours plus long de dire les choses en français. « En fait, Il faut donc abandonner quelques idées, un détail, en anglais car il n’est pas possible de tous les traduire. »
Pour certains dialogues, Nicolas a dû aller à l’essentiel.
Ce qu’il aime dans Chicago : « c’est que c’est du vrai théâtre ! Le spectacle est très finement écrit, toutes les scènes s’imbriquent les unes aux autres. Tous les personnages sont manipulateurs, menteurs et manigancent les uns derrière les autres. C’est très noir et ne même temps très réjouissant et gai. »

Chicago le musical
Alex Frei

En avant la musique !

Sur les 570 candidatures de musiciens reçues pour faire partie de l’aventure qui sera forcément folle et inoubliable, 40 vont assurer les représentations. Le directeur musical, Bob Bowman, assure : « nous avons la crème de la crème ! »
Et la partition est géniale : « c’est très 20’s. Tout était hot à l’époque. Il y a une urgence, l’énergie est électrique. » L’enthousiasme est tellement palpable que les musiciens ont du mal à lâcher leur instrument en fin de journée et sont prêts à poursuivre les répétitions.

Chicago le musical

Chicago le musical 

de Bob Fosse, John Kander et Fred Ebb

à partir du 26 septembre

(7 avant-premières à partir du 18 septembre)

au Théâtre Mogador
25 Rue de Mogador
75009 Paris

Équipe artistique
mise en scène : Tania Nardini
chorégraphie : Ann Reinking
direction musicale : Bob BowmanDominique Trottein 
avec Jean-Luc Guizonne, Sofia Essaïdi, Carien Keizer, Fanny Fourquez, Sandrine Seubille, Pierre Samuel…

site officiel : www.chicagolemusical.com

Share

Vous avez dit Broadway ? ardente déclaration au Lucernaire

Avec Vous avez dit Broadway ?, Antoine Guillaume nous transmet sa passion pour les comédies musicales avec un incontestable talent de conteur. Nous vibrons avec lui, nous passionnant pour l’histoire folle de Broadway. 

Vous avez dit Broadway ? Le rêve !

Antoine Guillaume a raison, la vie n’est pas assez musicale. Elle n’est pas assez joyeuse, inattendue, dansante.
L’artiste bruxellois a trouvé un moyen de s’émerveiller : en étant spectateur et en poussant les portes des théâtres de Paris, Londres et New York.
Ressentir la musique, l’émotion à en perdre la raison avec les partitions d’œuvres devenus cultes Cabaret, Chicago, Ragtime, les interprètes dont il nous incite à garder en mémoire leur nom – et il a raison.
On ne saura rien de son parcours professionnel. Ce qui compte c’est l’histoire de la comédie musicale conjuguée à son histoire d’amour personnelle pour le show à l’anglo-saxonne.

Certains y verront peut-être une délicieuse naïveté. Il n’en est ien.
Antoine Guillaume vibre la musique de tout son corps, avec force de costumes et de douceur.
Sa voix parlée est plus discrète que sa voix chantée. Le contraste est saisissant et conditionne aussi notre pleine attention.
Pas de chuchotement du côté spectateurs pendant la représentation. Il nous happe totalement avec les airs qu’il interprète avec un accent anglais parfait !

Vous avez dit Broadway

Ses souvenirs, mes souvenirs

En écoutant Antoine Guillaume conter ses souvenirs en tant que spectateur, les miens se sont réveillés. Et j’en ai beaucoup aussi de belles images en tête, peut-être autant que lui.
Comme Antoine, j’ai vu Glen Cloose dans Sunset Boulevard à’Londres. Mais aussi j’ai eu des joies immenses au Théâtre du Châtelet avec la reprise de standards comme My Fair Lady, Le Roi et moi…
Il est bon de se replonger dans ces incroyables moments de création, de divertissement auxquels on a eu la chance d’assister. Je me souviens aussi du fascinant Michael C Hall vu à Broadway (Angry Inch) et à Londres ( ), de Daniel Radcliffe dans How to succeed…

Vous avez dit Broadway ? est un très bel hommage à ce genre scénique qui passionne enfin la France avec des productions de qualité comme au Chatelet ou à Mogador.
Après avoir vu le spectacle, vous ne verrez plus la statue de sur Time Square, sans l’associer à Antoine Guillaume.

Vous avez dit Broadway

Vous avez dit Broadway ?

de et avec Antoine Guillaume
Au piano : Julie Delbart
Mise en scène : Michel Kacenelenbogen 

jusqu’au 28 octobre 2018

du mardi au samedi à 21h
Dimanche à 18h

Au Lucernaire
53 Rue Notre Dame des Champs
75006 Paris
Tel. 01 45 44 57 34

Image de prévisualisation YouTube
Share

L’addiction c’est pour moi de Doully : show pétillant à découvrir absolument

Qui peut se targuer de n’avoir aucun vice ? Nous avons tous des petits travers qui font partie intégrante de qui nous sommes. Doully Millet l’assume ! Elle nous propose, à la Nouvelle Seine, un récit de sa vie avec beaucoup de dérision sur toutes ses mésaventures marquées par les addictions.

Doully

Les trois « marraines fées » de Doully se penchent sur son berceau à sa naissance. La première lui offre le goût du théâtre et de la tragédie. La seconde lui donne la force d’y arriver et la troisième se prend les pieds dans sa cape en disant «Eh merde, j’ai encore trop picolé !» Nous retrouvons dans le spectacle la subtile combinaison de tous ces dons.

Après avoir savouré les plaisirs que la vie pouvait lui offrir, Doully a décidé de s’en éloigner avec le temps et pour diverses raisons. Si son esprit s’en trouve libéré, son physique singulier peut porter à confusion. Ceci la mène à des situations abracadabrantes.

Entre son insomnie, ses petits boulots, ses amis, ses rencontres avec des inconnus, les préjugés, nous nous retrouvons tous dans ces tranches de vie. Pendant plus d’une heure, Doully nous embarque avec elle dans une folie libératrice au troisième degré où elle est parfois grossière mais jamais vulgaire. Elle a un talent fou pour narrer les choses. Vous allez vraiment devenir addict !

Doully

Au-delà du rire qu’elle manie à la perfection (quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que j’avais des abdos !), nous nous attachons à ce personnage atypique dont la sensibilité nous touche pleinement…

Une belle rencontre qui donne le sourire bien au-delà du spectacle. Je vois encore le regard suspicieux de badauds bien-pensants dans la rue quant à mon sourire béat. La seule réponse qui me vient alors est : «Que c’est bon de laisser libre cours à ses addictions ! » 😉

by Jean-Philippe

Doully

L’addiction, c’est pour moi !

de et avec : Doully
Metteur en scène : Nicolas Vallée

à La Nouvelle Seine 
Péniche sur Berges
face au 3 quai de Montebello
75005 Paris
Tel: 01.43.54.08.08

à partir du 6 octobre 2018
tous les samedis à 19h

FB officiel de Doully : DoullyOfficiel

Share

Où est Jean-Louis ? @ La Michodière : déconnade généralisée

Dans la catégorie théâtre interactif, la Michodière relève d’un niveau avec la pièce Où est Jean-Louis ?
Chaque soir, la proximité avec les comédiens peut être totale pour les heureux élus accédant au St Graal : monter sur scène pour la première fois de leur vie et improviser totalement !

Où est Jean Louis

Où est Jean-Louis ? décoiffe

C’est affublé d’une perruque un peu ridicule et du costume  sommaire de Jean-Louis que le (la) comédien(ne) d’un soir accède à son heure de gloire : partager la scène du Théâtre de la Michodière avec des pros.
Pas de préparation, pas de filet pour se rattraper. Ça peut être aussi bien la cata que la révélation. Et c’est ça qui est poilant !

L’histoire est une joyeuse farce qui aurait mérité des séances d’écriture supplémentaires pour faire rire aux éclats et aller au-delà du simple concept de la participation d’un spectateur.

Elle est le prétexte à une session d’impro avec un invité (en fait trois) qui change tous les soirs.
Les comédiens peuvent avoir quelques sueurs froides face à des spectateurs-acteurs trop volubiles ou un peu trop réservés.
Malgré la pression, certains ont une répartie d’enfer.
Et les comédiens ont tous et toutes suffisamment de bouteille pour palier tout imprévu. Mais ils ne sont pas à l’abri, tout comme nous, de fous rires.

Karine Dubernet est excellente en croqueuse d’hommes, Arnaud Gidoin est parfait en chauffeur de salle et en chef d’entreprise prêt à tout pour sauver sa boite. Sébastien Pierre est celui qui morfle le plus physiquement tout au long de la pièce. Il mérite le respect.

Où est Jean Louis

Attention ! Si vous vous portez volontaire avant le lever de rideau : vous pourriez bien vouloir débuter une carrière après cette expérience.
Et des pros peuvent en effet être aux aguets dans la salle. Comme ce mardi qui accueillait Jean-Michel Ribes, metteur en scène et directeur de théâtre.

Où est Jean Louis

Où est Jean-Louis ?

de Gaëlle Gauthier 
mise en scène : Arthur Jugnot
avec Arnaud Gidoin, Alexandre Texier, Flavie Péan, Sébastien Pierre, Loic Legendre, Karine Dubernet

du mardi au samedi à 21h

Théâtre de la Michodière
4 bis Rue de la Michodière
75002 Paris

Share

La Peur @ Théâtre Michel : réaliste, exaltant, stupéfiant

La peur, ce sentiment que nous avons tous ressenti plus d’une fois dans notre vie est le sujet central de cette pièce adaptée d’une nouvelle de Stefan Zweig à l’affiche du Théâtre Michel. Trois comédiens partagent avec nous la destinée d’un couple submergé par le mensonge. Exaltant !

Un mari à la situation professionnelle enviable, des enfants, une maison, et une femme … heureuse ? Non sûrement pas !
Cette femme n’a qu’une seule envie : profiter de la vie. Elle, qui n’a de cesse de rappeler à son mari son existence et sa volonté de passer du temps avec lui, se retrouve alors plongée dans une histoire passionnée avec un autre homme. Un bonheur retrouvé, une sensation de bien-être, mais sur fond d’énormes mensonges qui la rattrapent très rapidement.
 La Peur
Lorsqu’une autre femme se présente à elle comme partageant le quotidien de l’homme avec lequel elle entretient cette relation, démarre alors un jeu dont elle est la victime. Folie, dépression… et peur s’enchaînent et obligent cette femme adultère à présenter une face d’elle inhabituelle. Le mari trompé, quant à lui me direz-vous ? Il assiste à ce changement d’humeur sans pouvoir retrouver la femme qui est sienne.

Et que se passerait-il si sa femme venait à lui avouer tout ? Réponse : courrez voir cette pièce tout simplement bluffante et prenante. Une interprétation magistrale et une écriture absorbante ne peuvent que stimuler toute notre adhésion.

Mention spéciale pour la mise en scène astucieuse et à l’atmosphère délicieusement rétro-classe à la Mad Men pour les costumes et accessoires, apportant un cachet cinématographique à l’ensemble.
Cette adaptation est un petit bijou de théâtre immanquable !
La Peur


La Peur

d’après la nouvelle de Stefan Zweig

adaptation et mise en scène : Élodie Menant

avec en alternance : Hélène Degy, Elodie MenantAliocha Itovich, Arnaud Denissel, Ophélie Marsaud et Muriel Gaudin

Reprise exceptionnelle pour 60 dates
à partir du 4 octobre 2018

du jeudi au dimanche à 19h

au Théâtre Michel
38, rue des Mathurins
75008 Paris

Share

Ohlala Sexy Crazy Artistic : délicate exaltation des sens à l’Alhambra !

Lorsque le corps s’éveille et s’anime, qu’il vibre, nous ne pouvons empêcher la survenue de frissons électrisants… Fort de son succès, la troupe d’Ohlala Sexy Crazy Artistic nous revient à l’Alhambra pour nous enivrer de son spectacle au style si particulier entre cabaret, cirque et théâtre. Le chaud et le froid sont soufflés sans cesse.
D’un côté par le chant suave et les performances physiques sensuelles et, de l’autre, par des interludes burlesques drôles et inattendus.
L’ensemble est beau, finement provoquant et sacrément classe !

À notre arrivée, nous étions un peu surpris de recevoir un éventail en cadeau. Puis nous sommes entrés dans la salle et nous avons compris : ambiance feutrée, costumes aguichants, corps parfaitement sculptés (dont un de nos chouchous !)…
Ça commence plutôt bien !

Le show se compose en deux actes. Le premier est en quelque sorte un préliminaire pour nous emmener dans l’univers de la troupe. Avec un orchestre et une chanteuse live, chaque tableau reprend des classiques du cirque contemporain avec une note personnelle toujours séduisante. L’attention ne se porte pas uniquement sur la prestation, mais aussi et surtout sur le visuel.

Tout est esthétique, parfaitement chorégraphié avec un enchaînement fluide et dynamique. Il ne s’agit pas uniquement de nous émerveiller, mais surtout de nous réveiller. Ça marche !

Ohlala

Ohlala

Ohlala, un pouvoir hypnotique

En effet, on ne vous cache pas que la tension monte parfois… Après tout, nous sommes des êtres humains et la vue de ces corps s’exécutant de façon lascive ne nous laisse pas de marbre.

Heureusement, le tempo du spectacle permet des pauses. Un personnage un peu loufoque et attachant intervient régulièrement. Il s’agit d’une femme désirant absolument rejoindre la troupe mais dont les talents ne semblent pas reconnus. Elle fait subtilement le lien pendant toute la représentation et nous n’avons qu’une envie : la voir enfin se déchaîner avec les autres !

Ohlala

Sulfureux et incroyablement élégant

Après les cerceaux, les patins à roulettes ou autres contorsionnistes, le deuxième acte fait place au body-painting et aux batailles de danse. Ce qui me fascine encore maintenant, c’est la subtilité du spectacle. Son incroyable potentiel érotique est parfaitement maitrisé pour ne retenir que l’interaction des corps, l’harmonie des gestes et la communion. Exit les seins nus, la vulgarité ou la grossièreté !

Si nous devions vous donner une seule raison d’y aller, ce serait la scène de la baignoire, en duo. Elle est particulièrement envoûtante… Il est totalement impossible de résister à son charme ! C’est un véritable enchantement…

En bref, se laisser aller au jeu de Ohlala Crazy Sexy Artistic est un plaisir pouvant être coupable. Mais la culpabilité éprouvée ici s’avère être particulièrement délicieuse… 😉

by Jean-Philippe

Ohlala

Ohlala Crazy Sexy Artistic

Direction artistique : Gregory Knie
Lumières : Jacques Rouveyrollis
assisté de Jessica Duclos
avec la participation de Emy Sotomayor

Jusqu’au 30 septembre 2018

du jeudi au samedi à 20h30
matinée le dimanche à 17h

à l’Alhambra
21 Rue Yves Toudic
75010 Paris
Tel. 01 40 20 40 25

Share

Tristan Lopin au Théâtre Trévise : fou sentimental !

Tristan Lopin joue les prolongations avec Dépendance affective pour cause de succès mérité. Rdv au Théâtre Trévise à partir du 29 septembre.
L’humoriste croque sa vie de trentenaire avec une exceptionnelle générosité. Tristan est un antidépresseur idéal après une rupture douloureuse ou après avoir fait son propre constat d’échec face au bonheur des autres.  

Tristan Lopin

La si jolie de vie de Tristan Lopin

Alors non, le jeune homme n’a pas trouvé le prince charmant. Et c’est bien ça le problème. 

Mais il n’empêche qu’il se dégage de son spectacle une force vive. Il a un réel désir de bouffer la vie à grands coups de cuillères de Nutella, accompagné en bande-son de Britney et Céline – précisons que le garçon n’est pas dépressif.

Alors oui, il n’est pas un garçon comme les autres. En l’occurrence, il n’a pas une bite à la place du cerveau. C’est plus subtil dans son cas ou plus spectaculaire…

One-man-show sans cliché

Tristan partage donc sa séparation avec force détails poilants. Il a aussi une conception tout à fait réaliste du mec / de la fille plaqué(e) et qui se met en quête du prince charmant. 

Il n’hésitera pas non plus à se mettre dans la peau de sa nièce et de sa tante pour prouver que la jeunesse de maintenant est vraiment capable de trucs total #wtf et qu’en face, la partie senior n’a plus aucun filtre, sa parole est libérée et frontale.

Dépendance affective de Tristan Lopin est un bonbon sucré à souhait. Un spectacle tendre, malicieux avec des pincées d’humour trash bien pensées. 

Et puis comme dirait une spectatrice à une pote découvrant la carte à faire dédicacer à la sortie du spectacle : « on a envie de lui grattouiller le menton !« 

 

Tristan Lopin – Dépendance affective

à partir du 29 septembre 2018

jeudi, vendredi et samedi à 21h30

au Théâtre Trévise
14, rue Trévise
75009 PARIS

Share

LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES épopée musicale @ Théâtre de la Renaissance

La Petite Fille aux Allumettes, la comédie musicale tirée du célèbre conte d’Andersen revient sur la scène du Théâtre de la Renaissance. Un spectacle drôle, émouvant et bourré de rebondissements. La magie opère et toute la famille est conquise.

Entendons-nous bien, il s’agit d’une adaptation. Le spectacle est accessible dès l’âge de quatre ans, il fallait donc un peu l’édulcorer. Ici, pas de vision de famille heureuse festoyant devant un bon repas de Noël, pendant que la gamine, frigorifiée derrière la fenêtre, meurt de faim. Et ce, dans l’indifférence générale.

La petite filles aux allumettes
La petite fille aux allumettes a bien changé. Intrépide et déterminée, elle est libérée de la timidité du conte originel de Hans Andersen. Bien au contraire. Désireuse de retrouver sa grand-mère (Nathalie Lermitte) décédée, la frêle Emma (Marlène Connan)  navigue entre le monde réel et le monde imaginaire. Ce dernier, dirigé par une reine qui est également l’aïeule de la petite, est menacé par l’ignoble Fragotov (Julien Mior-Lambert). Pour l’affronter, Emma s’entoure de Sacha (Alexandre Faitrouni), un valet rigolo et facétieux ainsi que d’une magicienne drôle et charismatique(Gaëlle Gauthier).

La petite filles aux allumettes

Un monde féerique

Tout au long de ce voyage, les décors légèrement kitsch changent à une vitesse impressionnante et les instruments jouent à tout rompre. Les couleurs sont chatoyantes et la musique enlevée. Pour capter l’attention des enfants pendant 1h15, le rythme est soutenu du début à la fin. Les bambins en remarqueront à peine les quelques répétitions dans les thèmes musicaux. Quant aux adultes, ils y trouveront également leur compte. La musique est bien menée et enveloppe parfaitement le spectacle.

Seul petit bémol, dans le monde imaginaire, le château est dirigé d’une main de maître par Miroslav (Guillaume Beaujolais), un majordome aussi caricatural que possible. Le personnage très maniéré aurait certainement gagné à faire tomber les clichés en montrant un peu plus de modération. Cela reste toutefois un détail. La pièce est drôle et le bonheur des enfants, captivés par l’intrigue, se lit sur leur visage.

La petite filles aux allumettesLes couleurs, les danses et les chants (formidable casting) sont justes, mais comment aborder l’épilogue tragique de l’histoire ? Pendant qu’elle livre bataille dans ses rêves, Emma est rattrapée pas sa condition de simple mortelle. La faim et le froid se font sentir. Vient alors l’épineuse question de la mort. L’auteur évoque le trépas sans s’appesantir. En cela, c’est plutôt réussi car rien n’est caché. Le monde peut être cruel, avec son lot de violence et de mensonges. Les plus jeunes ne comprendront certainement pas toujours le concept de mort, libre alors aux parents de leur expliquer. Ou bien de les laisser rêver encore quelques temps, d’un ailleurs féérique.

by Joël Clergiot

La Petite Fille aux Allumettes

comédie musicale de 4 à 12 ans

d’après le conte d’Andersen

Mise en scène de David Rozen
Musique : Julien Salvia
Livret : Anthony Michineau
Paroles : Ludovic-Alexandre Vidal

Avec : Alexandre Faitrouni, Nathalie Lermitte, Gaëlle Gauthier,
Thomas Ronzeau, Julien Mior-Lambert, Guillaume Beaujolais,
Lilly Caruso, Marlène Connan, Lucie Riedinger, Sophie Delmas, Véronique Hatat, Pierre Hélie… 

au Théâtre de la Renaissance
20, Boulevard Saint-Martin
75010 Paris

à partir du 20 octobre 2018

les samedis et dimanches à 14h
1er novembre à 14h
tous les jours pendant les vacances scolaires à 14h
(relâche le 26 octobre et le 25 décembre)

Share

Bohème, notre jeunesse à l’Opéra Comique : profond et audacieux !

Paris, 1889. De jeunes gens insouciants et désinvoltes vivent d’amour et d’amitié. Ils sont sans le sou mais possèdent l’envie furieuse d’être heureux. Bohème, notre jeunesse, c’est l’opéra de Puccini dans une version repensée, écourtée et accessible à tous et toutes. Énergique, élégante et incisive, découvrez à l’Opéra-Comique une œuvre pleine de génie où les liens entre deux époques pourtant différentes se font avec délicatesse et discernement.

Mimi est venue vivre à Paris où elle se prend à rêver en brodant. Dans la chambre de bonne attenante à la sienne, Rodolphe, Marcel, Colline et Shaunard écrivent, chantent, peignent ou composent de la musique. Leur effervescence prolifique n’a d’égale que celle d’une capitale en pleine mutation où la Belle Époque est à son apogée.

D’amours éphémères en amitiés sincères, d’un printemps lumineux à un hiver plus sombre, nous sommes transportés avec eux, au gré des rencontres, dans une vie de bohème où la candeur et l’impétuosité de leur jeunesse l’emportent sur quasiment tout…

Bohème, notre jeunesse
photo DR Pierre Grosbois

Une interprétation moderne

L’opéra souffre auprès des jeunes d’une image un peu désuète. Le rajeunir, conserver son identité tout en essayant de le démocratiser, voici le pari lancé par Pauline Bureau et Marc-Olivier Dupin.

En proposant un format réduit d’une heure trente sans entracte, l’intrigue se devait d’être plus centrée sur l’intimité des personnages ainsi que leurs émotions. La partition rééquilibre également la place donnée aux personnages féminins. Alors que Mimi incarne la fragilité de la femme qui n’ose pas, Musette (la maîtresse de Marcel), elle, représente celle qui n’a peur de rien. Malgré leurs différences, un solide lien va se construire face à l’adversité.

Par ailleurs, la performance des artistes est comme le reste : dynamique. Ils ont l’âge de leurs personnages et l’énergie allant avec !

La scénographie est astucieuse. Une structure mobile s’adapte en fonction des décors et tout se fait sur scène. Ainsi, de la neige tombe en hiver tandis que la chaleur du soleil semble irradier lors de scènes estivales… La lumière, le recours à la vidéo et à des effets spéciaux surprennent et satisfont pleinement. Tout est fait pour accentuer le vécu des personnages. Passé, présent, où sommes-nous ? Un peu entre les deux. Nous traversons des époques qui communiquent, s’éclairent et se complètent.

De ce fait, l’opéra est terriblement actuel sans en retirer le sens, la musique où l’écriture voulus par Puccini.

Bohème, notre jeunesse
photo DR Pierre Grosbois

Un outil pédagogique

Et si l’opéra sortait des murs pour mieux se faire connaître ?

C’est pourquoi ce spectacle va; de par sa vocation, son format et sa lecture contemporaine, voyager à la rencontre d’un nouveau public éloigné de l’opéra pour des raisons géographiques, culturelles ou économiques. Une tournée est déjà prévue en Normandie ainsi que des représentations dans des lycées franciliens.

En tout cas, voir Bohème, notre jeunesse est une occasion qu’il faut absolument saisir… Nous souhaitons une très belle route à ce spectacle ayant trouvé la clé essentielle pour faire perdurer l’opéra : exprimer son époque.

Bonus : surtitrage en français ET en anglais tout au long de la représentation !

by Jean-Philippe

Bohème, notre jeunesse
photo DR Stefan Brion

Bohème, notre jeunesse

d’après La Bohème de Giacomo Puccini

Mise en scène, adaptation et traduction : Pauline Bureau
Adaptation musicale : Marc-Olivier Dupin
Direction musicale : Alexandra Cravero
Orchestre : Les Frivolités Parisiennes
Avec : Sandrine Buendia, Kevin Amiel, Marie-Eve Munger, Jean-Christophe Lanièce, Nicolas Legoux et Ronan Debois.

Les 13 et 17 juillet 2018 à 20h, matinée le 15 juillet à 15h

au Théâtre national de l’Opéra-Comique
1 Place Boieldieu
75002 Paris

Puis en tournée en 2019 : Opéra de Rouen puis d’autres dates à venir.

Image de prévisualisation YouTube
Share