Archives par mot-clé : théâtre

Théâtre Elizabeth Czerczuk : écrin insolite pour l’expression des Arts

Surprenant ! Voici le premier adjectif qui nous est venu à l’esprit en découvrant ce lieu. Cet endroit, dont les travaux se finissent à peine, possède d’ores et déjà une âme forte et singulière. L’étonnement se dissipe rapidement lorsque vous rencontrez Elizabeth Czerczuk et son charisme envoûtant. Avant l’ouverture officielle du théâtre le 5 octobre prochain, voici nos impressions !

Théâtre Elizabeth Czerczuk

Un univers caractéristique

Des murs peints en noir, des mannequins désarticulés, le maquillage soigné de tous les collaborateurs, le choix des matériaux, rien n’est laissé au hasard. Le but est de faire pénétrer d’emblée le visiteur dans cette ambiance qui sera retrouvée dans les spectacles : la mort et la folie, certes, mais également des perspectives de rédemption et d’émancipation.

Théâtre Elizabeth Czerczuk

Théâtre du corps, théâtre de l’âme

Elizabeth Czerczuk désire offrir une expérience sensorielle unique à chaque visiteur par le biais de ses spectacles : donner du souffle, partir en quête de la vérité intérieure. Les représentations se font dans une salle de 200 places, libre de tout cloisonnement, avec gradins modulables et innovations technologiques mettant ainsi le spectateur au cœur de cette aventure humaine. Pourquoi ? Pour réinventer les codes de la relation comédien-spectateurs ! Le public fait partie intégrante de la représentation et s’immisce plus profondément dans l’univers intérieur des personnages. Ainsi, il se trouve chamboulé et intimement touché, ce qui donne lieu à une véritable catharsis.

Théâtre Elizabeth Czerczuk

Un lieu de vie

Pour se reconnecter après le spectacle, rendez-vous dans la cour arborée après un passage au bar. Vous pourrez peut-être échanger avec des compagnies étrangères accueillies dans les chambres mises à leur disposition. Sinon, venez profiter du grand hall d’accueil avec ses tableaux. Un laboratoire de radicalité artistique organise des conférences sur les grands maîtres qui ont inspiré Elizabeth Czerczuk et enfin, si vous souhaitez prolonger l’expérience, il y a l’école de théâtre !

Théâtre Elizabeth Czerczuk
Photo © Théâtre Elizabeth Czerczuk

Avant de partir, nous avons eu la primeur d’assister à un aperçu de Requiem pour les artistes qui sera présenté à partir du 5 octobre et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous avons hâte de voir la suite !

Théâtre Elizabeth Czerczuk

20 rue Marsoulan
75012 Paris

Tel 01 84 83 08 80 / 06 12 16 48 39

Inauguration le 5 octobre 2017

Plus d’info sur le site du théâtre

Share

Indociles au Théâtre des Mathurins : Audrey Dana bluffante !

Audrey Dana, vibrante interprète d’une galerie de personnages aussi barrés, originaux, géniaux et à la marge. Indociles au Théâtre des Mathurins réinvente le « seul en scène » avec de belles trouvailles de mise en scène dont la présence de la batteuse Lucie Antunes.

Indociles
photo Emilie Brouchon

Indociles : hymne à la vie 

Audrey Dana s’est associée à Murielle Magellan pour nous livrer l’histoire de Véro une enfant qui se rêve peintre. Autour d’elle virevoltent des femmes : sa mère, des amies, des rencontres et aussi son père.
Avec un réel talent, la comédienne campe ces 14 personnages pour nous faire vivre une bribe de leur histoire, découvrant la personnalité de ces Indociles.

C’est à la fois drôle, tragique, passionnant, déstabilisant aussi. 

Les changements de personnages sont d’une fluidité folle, instantanés.  Audrey Dana est une brillante interprète, usant d’un minimum d’accessoires.
La bande-son abstraite tout en percussions assurée par Lucie Antunes apporte rythme, tension et couleurs à cette galerie de portraits. 

Indociles impressionne. Le monologue final est d’une force incroyable. Il a été comparé à Léo Ferré pour mon voisin. 

Je suis ressorti du théâtre avec l’évidence que j’étais aussi un indocile, gorgé d’un souffle euphorisant.

Indociles

Indociles 

Avec Audrey Dana et Lucie Antunes
Écrit et mis en scène par Audrey Dana et Murielle Magellan

du mardi au samedi à 19h

jusqu’au 18 novembre 2017

au Théâtre des Mathurins 

36, rue des Mathurins
75008 Paris 

Share

Tristan Lopin au Théâtre du Marais : fou sentimental !

Tristan Lopin joue les prolongations avec Dépendance affective pour cause de succès mérité. Reprise le 31 août au Théâtre du Marais, avec en bonus : une tournée en France.
L’humoriste croque sa vie de trentenaire avec une exceptionnelle générosité. Tristan est un antidépresseur idéal après une rupture douloureuse ou après avoir fait son propre constat d’échec face au bonheur des autres.  

Tristan Lopin

La si jolie de vie de Tristan Lopin

Alors non, le jeune homme n’a pas trouvé le prince charmant. Et c’est bien ça le problème. 

Mais il n’empêche qu’il se dégage de son spectacle une force vive, un réel désir de bouffer la vie à grands coups de cuillères de Nutella, accompagné en bande-son de Britney et Céline – précisons que le garçon n’est pas dépressif.

Alors oui, il n’est pas un garçon comme les autres. En l’occurrence, il n’a pas une bite à la place du cerveau. C’est plus subtil dans son cas ou plus spectaculaire…

One-man-show sans cliché

Tristan partage donc sa séparation avec force détails poilants. Il a aussi une conception tout à fait réaliste du mec / de la fille plaqué(e) et qui se met en quête du prince charmant. 

Il n’hésitera pas non plus à se mettre dans la peau de sa nièce et de sa tante pour prouver que la jeunesse de maintenant est vraiment capable de trucs total #wtf et qu’en face, la partie senior n’a plus aucun filtre, sa parole est libérée et frontale.

Dépendance affective de Tristan Lopin est un bonbon sucré à souhait, un spectacle tendre, malicieux avec des pincées d’humour trash bien pensées. 

Et puis comme dirait une spectatrice à une pote découvrant la carte à faire dédicacer à la sortie du spectacle : « on a envie de lui grattouiller le menton !« 

Tristan Lopin

Tristan Lopin – Dépendance affective

du jeudi au samedi  à 21h30 jusqu’au 9 septembre
du mercredi au vendredi à 21h30 à partir du 20 septembre

jusqu’en janvier 2018
au Théâtre du Marais
37 rue Volta
75003 PARIS
Et en tournée en France
Share

Les Faux British au Saint Georges : incroyablement jouissif !

Pourquoi attendre pour s’offrir une dose de rires XXL ? Les Faux British, la comédie catastrophique, ne fait pas de pause depuis qu’elle est à l’affiche du Théâtre Saint Georges.
La nouvelle distribution est excellente, courez-y avant de succomber au Gros diamant du Prince Ludwig au Théâtre du Gymnase.

Les Faux british

Les Faux British : une équipe gagnante ! 

Le talent d’écriture du trio Henry Lewis, Henry Shields et Jonathan Sayer est à la hauteur d’un Thé à la menthe ou t’es citron, voire le surpasse.
Aucun temps mort, aucune envie de regarder sa montre.
On serait presque pris de spasmes tellement le rythme est effréné, les quiproquos s’enchaînent. On se prend à angoisser même pour les comédiens (les vrais) qui sont capables de cascades, d’accent improbable, de jeu très approximatif.
Avant tout, il faut être un très bon acteur pour jouer aussi mal avec brio !

Une pièce dans la pièce

La troupe de comédiens amateurs devant nous tentent de donner en représentation une enquête policière qui semblerait être signée Conan Doyle. Il y a un manoir, un meurtre, du suspense, de la passion.
Le tout est relevé par un décor bancal, des accessoires manquants, des bruitages inutiles et laborieux. C’est de l’amateurisme pur et qu’est-ce que c’est poilant !

Bref, la mécanique prend l’eau et le bordel débute très vite.  Alors il suffit d’une porte qui ne s’ouvre pas et c’est la cata. Tout va s’enchainer telle un grand 8 avec de magnifiques envolées et des descentes vertigineuses. On reste agripper à nos sièges.

On rit d’un bout à l’autre de la pièce.  Les Faux British est un chef d’œuvre d’humour.
Totalement inadaptable au cinéma, il faut donc foncer le découvrir en live !

Et bonne nouvelle : il n’y a pas d’âge pour succomber au charme très particulier des Faux British.

Les Faux British

Les Faux British

de : Henry Lewis, Henry Shields et Jonathan Sayer
Adaptation :
Gwen Aduh et Miren Pradier
Mise en scène :
Gwen Aduh
Avec (en alternance) : Gwen Aduh, Sandra Valentin, Christophe de Mareuil, Dominique Bastien, Henri Costa, Herrade Von Meier, Jean-Pascal Abribat, Lula Hugot, Michel Cremades, Michel Scotto Di Carlo, Yann de Monterno, Jean-Pascal Abribat, Yann Papin, Virginie Gritten

du mardi au vendredi à 20h30
samedi : 18h et 21h

51 rue Saint-Georges
75009 Paris
Share

K Surprise à la Manufacture des Abbesses : éloge éclatant à la splendeur de vivre !

Sarah Pébereau, jeune trentenaire pétulante, désire ardemment faire LA rencontre qui bouleversera sa vie. Ses vœux furent exaucés, en quelque sorte… Fait alors irruption le K Surprise, le crabe, le grand C : le cancer. Touchée en plein sein, elle se défend magnifiquement avec ce qui sera sa force : l’humour. Son travail de réparation a commencé par un livre* et se poursuit par ce seul-en-scène à la Manufacture des Abbesses relatant sa superbe renaissance.

Sarah arrive à la croisée des chemins de sa vie. S’entremêlent dans sa tête de nombreuses questions concernant son avenir amoureux ou professionnel. Lors d’une consultation de routine chez la gynécologue, une annonce vient tout bouleverser : elle a une tumeur au sein. Après examens approfondis, le cancer est confirmé.

Telle une catharsis, Sarah nous évoque une multitude d’anecdotes qu’elle a dû traverser, souvent à mourir de rire, parfois moins. Nous oscillons alors entre des moments de fragilité et d’autres où la force de combat qu’elle possède fait scintiller de mille éclats son être. C’est fulgurant !

K Surprise
photo by AnnaClick

Les sentiments qu’elle présente parleront autant aux personnes atteintes du cancer qu’à leurs proches ou tout un chacun. S’exposent alors la solitude inévitable ressentie malgré un entourage présent, la question de la procréation, l’inexplicable solidarité qui existe entre patients, le fait que rien ne sera plus jamais comme avant…

Étonnamment, cette épreuve difficile a permis à Sarah de s’épanouir. Aujourd’hui, elle a moins peur, ou tout du moins différemment. Ses combats sont autres. Elle a appris à se découvrir et surtout à s’aimer pour qui elle est.

Elle dégage une énergie folle, propre aux personnes qui savent qu’il faut pleinement aimer la vie. De la tendresse, de l’émotion, de l’humour et de l’amour : c’est tout cela qu’elle désire partager aujourd’hui. Qu’il est bon de sortir de notre zone de confort pour rencontrer de telles personnes, solaires et pétillantes…

Merci Sarah !

by Jean-Philippe

K Surprise

K Surprise

Auteures : Sarah Pébereau, Elise Mc Leod
Mise en scène : Elise Mc Leod
avec : Sarah Pébereau

du 18 au 22 juillet 2017 à 20h

La Manufacture des Abbesses
7, Rue Véron
75018 Paris
Tél. : 01 42 33 42 03

BON PLAN : préciser que vous bénéficiez du tarif à 13€ : Merci Sarah Pébereau !

*Sarah, 30 ans, mon cancer, même pas peur !

Share

Christophe Dellocque fait sa Sylvie Joly : une déférence douce et éclatante !

Lorsque l’on évoque Sylvie Joly, il nous vient immédiatement à l’esprit une élégante choucroute blonde, une bouche toujours élégamment soulignée d’un rouge pimpant, une allure singulière et une parfaite maîtrise de la gouaillerie. Pour Christophe Dellocque, c’est bien plus. Il nous offre au Lucernaire une entrevue vive et attendrissante avec celle qui l’a marqué pour toujours.

christophe dellocque

A onze ans, Christophe Dellocque remarque à la télévision une femme qui le subjugue par son visage, son style, ses mimiques et surtout son talent si unique. C’est ainsi que Sylvie Joly entre dans sa vie et s’y installe durablement. Les 33 tours, la mise en scène de ses sketchs dans une MJC locale et surtout ses prestations en live, ne font que tisser un lien invisible entre eux.

Un projet se trame alors au fil du temps dans l’esprit du comédien… Créer un spectacle sur cette relation atypique. Laisser s’entrecroiser délibérément l’idole avec ses sketchs cultes (qui restent drôlement actuels !) et le parcours touchant et intime de l’admirateur à qui cette grande dame a beaucoup apporté.

christophe dellocque

Sans se déguiser, Christophe Dellocque est tantôt une coiffeuse, l’enfant qu’il était, tantôt une pâtissière, lui-même adulte… Il montre ainsi sa féminité sans fard, jouant avec sa voix, sa gestuelle pour accentuer les traits de caractère des personnages qu’il incarne. Une part belle à la pantomime dont on devine aisément de qui provient l’inspiration 🙂

Dans un monde qui n’en finit pas de s’étioler, qu’il est bon de voir ce que l’humain peut encore apporter. Christophe Dellocque a finalement pu rencontrer celle à qui il n’a jamais parlé, bien qu’elle ait insufflé en lui tant de talent et de passion. C’est un joly moment de théâtre à partager où les deux artistes trinquent ensemble au rire et à la vie !

by Jean-Philippe christophe dellocque

Christophe Dellocque fait sa Sylvie Joly

Textes : Christophe Dellocque, Sylvie Joly, Fanny Joly, Thierry Joly, Henri Mitton et André Ruellan
Collaboration artistique : Sylvain Maurice
avec : Christophe Dellocque

du 5 juillet au 26 août 2017

du mercredi au samedi à 21h et le dimanche à 17h

Le Lucernaire
53, Rue Notre Dame Des Champs
75006 Paris
Tél : 01 45 44 57 34

Share

La petite fille de Monsieur Linh au Lucernaire : sublime et éloquent #concours inside

Il est des rencontres qui bouleversent… Lorsque Sylvie Dorliat découvre le roman de Philippe Claudel : La petite fille de Monsieur Linh, elle est intimement touchée par ses mots aussi simples qu’ils sont difficiles à oublier. Avec Célia Nogues, elles adaptent au Lucernaire ce conte intense, tout en poésie, qui trouve de la beauté là où on ne l’attendait plus.

photo Philippe Boyé

Nous découvrons Monsieur Linh, vieil homme meurtri par la guerre et ses atrocités. Il est contraint de fuir son pays avec une valise, quelques vêtements, une photographie usée et surtout sa petite fille chérie Sang Diû, comme seuls liens de sa vie passée. Au terme d’une pénible traversée, il arrive dans une ville occidentale dont la culture lui échappe. Il déambule, hagard, dans l’indifférence la plus totale de ce nouveau monde qui sera désormais le sien.

Par le hasard d’un banc, un inconnu lui parle. Au fil du temps, un lien insolite se crée entre les deux hommes. À défaut de mots, ils se comprennent par le coeur. Ces deux âmes en survie redécouvrent avec réserve et délicatesse des sentiments qu’ils pensaient avoir perdu à jamais…

Pour sublimer cette relation si singulière, Célia Nogues compose une douce et pudique mise en scène qui permet le rayonnement des dons naturels de Sylvie Dorliat. Sa voix grave, suave et sa prestance magnétisent…

Le fait de ne connaître ni le pays d’origine, ni celui d’exil de M. Linh nous fait rapidement transposer ce conte à l’actualité de notre monde. L’issue tragique de cette histoire (mais nettement moins que la détresse et le désespoir qu’elle exprime) soulève en nous de nombreuses questions. Que savons-nous du ressenti des personnes qui quittent leur pays dévasté par la guerre ? Sous couvert de bienveillance, nos actions sont-elles toujours adaptées ?

Nous vous le disions, il est des rencontres qui bouleversent…

by Jean-Philippe 

La petite fille de Monsieur Linh

adapté du roman éponyme de Philippe Claudel
Mise en scène : Célia Nogues
Comédienne : Sylvie Dorliat

du 28 juin au 20 août 2017

du mercredi au samedi à 19h
matinée le dimanche à 15h.

Le Lucernaire
53, Rue Notre Dame des Champs
75006 Paris
Tél : 01 45 44 57 34

#CONCOURS

Nous vous faisons gagner des invitations pour découvrir la pièce cet été au Lucernaire. Vous avez le choix entre 3 dates.

Il suffit de remplir le formulaire pour participer au tirage au sort.

Bonne chance à tous et toutes !

Plus de jeux concours
Concours Gratuits

 

Share

Le gros diamant du Prince Ludwig : humour hors norme au Théâtre du Gymnase

Le gros diamant du Prince Ludwig, une grosse prod avec décors, costumes, effets spéciaux, cascades, musique en live. La dernière création des Faux British à l’affiche du Théâtre du Gymnase est absolument immanquable, jubilatoire et inventive.

L’Amérique des années 50,  un fond d’histoire de gangsters mais où tous les protagonistes sont de véritables bras-cassés. Une histoire d’amour bancale entre un pickpocket et une jeune fille vénale dont  le père, banquier,  est un retord…
Et surtout des mouettes facétieuses…
C’est la bonne et jouissive trame de la pièce Le gros diamant du Prince Ludwig.

le gros diamant du prince ludwig
Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Inventif à souhait !

La pièce débute par un dialogue désopilant avec comique de répétition mais qui fait craindre la suite. Un peu trop insistant…
Mais tout est affaire d’écriture, de rythme et de connivence avec le spectateur.
L
es Faux British prennent le temps d’installer leurs personnages et l’intrigue avant de nous en envoyer plein les yeux.
Ce léger temps mou de la pièce, le premier quart d’heure, peut dérouter le spectateur mais est vraiment important pour la suite de la pièce. Chaque petit instant de vie des personnages sera utile pour des situations à venir…

Du grand spectacle !
Cette pièce est physique. La plupart des interprètes changent de rôles, de costumes d’une scène à une autre. Il y a des cascades sur un lit, dans les airs. Les portes claquent, les mal-entendus s’étendent en des quiproquos  savoureux d’humour et d’énergie.
L’univers du cinéma américain des années 50’s (évasion, montage d’un vol, histoires d’amour, amant dans le placard, braquage…) servent à merveille cette géniale parodie.
La mise en scène est inventive réservant de géniales trouvailles et des running gags poilants.
La séquence du bureau fait preuve d’une inventivité visuelle réellement scotchante. Et désopilante !
Mention spéciale pour la bande-son jouée live avec chansons 100% originales. 

le gros diamant du prince ludwig
Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Un casting parfait ! 

Aucun personnage ne sort du lot au  détriment d’un autre. Que ce soit le pauvre stagiaire de 60 ans ou le taulard à blouson noir, la jeune première et ses prétendants, le pickpocket amoureux aussi touchant que naïf mais toujours  capable de se faire passer pour un autre, presque comme un caméléon. Sans oublier la mère attentionnée mais aussi délurée ou le complice à la grosse case en moins.  

C’est fougueux de bout en bout.
Et c’est tellement rare pour ne pas courir voir ce spectacle !

Le gros diamant du prince ludwig

Le gros diamant  du Prince Ludwig

Du mercredi au samedi à 20h45
Durée : 1h40
Théâtre du Gymnase Marie Bell
38, boulevard de Bonne Nouvelle
75010 Paris
Share

La Mouette @ Théâtre de l’Epée de Bois : pertinente et dans l’air du temps

Tchekhov apprécie mettre en scène des personnages invariablement en survie. Ces êtres humains tentent candidement d’aérer leurs vies par la seule force des dons naturels qu’ils possèdent. Autant dire que la désillusion est bien souvent inéluctable… C’est là tout le raffinement de son œuvre entre impétuosité et indulgence que nous retrouvons avec La Mouette dans une adaptation soignée d’Isabelle Hurtin au Théâtre de l’Epée de Bois.

La mouette
Treplev, jeune écrivain tourmenté, souhaite réinventer le théâtre pour un monde nouveau. Il écrit une pièce pour son amour, Nina, qui l’interprète. Il cherche à s’affirmer et à éblouir sa mère Arkadina, célèbre comédienne. La maison de campagne familiale avec son lac servira de décor. Par un jeu d’ombres chinoises, la quête idéale de Treplev ne séduit pas les auditeurs. Nina le quitte alors pour Trigorine, l’amant de sa mère. C’est ainsi que se terminent les rêves parfois…

La coquille, dans laquelle se protègent les différents personnages, se craquelle alors insidieusement… À travers leurs passions, leurs ambitions artistiques et amoureuses, chacun se dévoile en se laissant parfois porter par un instinct trompeur.

La mouette

 

La mouette

Le reflet que projette cette dramatique comédie sur nos vies est terne bien que nous ne puissions le nier. Entre l’ambition, l’espoir, le rêve, la liberté, la trahison et le désenchantement, comment ne pas reconnaître nos vies désaccordées ?

C’est une balade onirique dans un clair-obscur permanent où les arts exaltent la passion, les aspirations et les dissensions entre tous les personnages. Treplev compte réinventer le théâtre, Nina aspire à devenir actrice. Arkadina a peur de finir dans l’ombre, Trigorine trouve et aspire sa muse…

Entre les jeux de lumières, les interludes musicaux, les jeux d’ombres qui reflètent des images insolites et le jeu des acteurs absolument merveilleux, nous sommes envoûtés jusqu’au dénouement funeste comme notre monde, mais poétique et plein de promesses comme notre idée du monde…

by Jean-Philippe

La mouette

La Mouette

Adaptée de l’oeuvre éponyme d’Anton Tchekhov

Metteur en scène : Isabelle Hurtin assistée par Marie Vitez & Kevin Chemla
Avec  Isabelle Hurtin, Mathieu Saccucci, Didier Sauvegrain, Léonor Ilitch, Jean-François Chatillon, Marjorie Hertzog, Fanny Jouffroy, Thomas Cousseau, Frédéric Cuif, Bruno Bisaro, Kévin Chemla

Jusqu’au 28 Juin 2017
les lundis, mardis et mercredis à 20h30

Théâtre de l’Epée de Bois – Cartoucherie
Route du Champ de Manœuvre
75012 Paris

Crédit photographies : Kévin Chemla

Share

La Peur @ Théâtre Michel : réaliste, exaltant, stupéfiant

La peur, ce sentiment que nous avons tous ressenti plus d’une fois dans notre vie est le sujet central de cette pièce adaptée d’une nouvelle de Stefan Zweig à l’affiche du Théâtre Michel. Trois comédiens partagent avec nous la destinée d’un couple submergé par le mensonge. Exaltant !
Reprise à partir du 1er juillet.

Un mari à la situation professionnelle enviable, des enfants, une maison, et une femme … heureuse ? Non sûrement pas !
Cette femme n’a qu’une seule envie : profiter de la vie. Elle, qui n’a de cesse de rappeler à son mari son existence et sa volonté de passer du temps avec lui, se retrouve alors plongée dans une histoire passionnée avec un autre homme. Un bonheur retrouvé, une sensation de bien-être, mais sur fond d’énormes mensonges qui la rattrapent très rapidement.
 
Lorsqu’une autre femme se présente à elle comme partageant le quotidien de l’homme avec lequel elle entretient cette relation, démarre alors un jeu dont elle est la victime. Folie, dépression… et peur s’enchaînent et obligent cette femme adultère à présenter une face d’elle inhabituelle. Le mari trompé, quant à lui me direz-vous ? Il assiste à ce changement d’humeur sans pouvoir retrouver la femme qui est sienne.

Et que se passerait-il si sa femme venait à lui avouer tout ? Réponse : courrez voir cette pièce tout simplement bluffante et prenante. Une interprétation magistrale et une écriture absorbante ne peuvent que stimuler toute notre adhésion.

Mention spéciale pour la mise en scène astucieuse et à l’atmosphère délicieusement rétro-classe à la Mad Men pour les costumes et accessoires, apportant un cachet cinématographique à l’ensemble.
Cette adaptation est un petit bijou de théâtre immanquable !


La Peur

d’après la nouvelle de Stefan Zweig

adaptation et mise en scène : Élodie Menant

avec Hélène Degy, Aliocha Itovichn, Ophélie MARSAUD

reprise le 1er juillet

du mercredi au samedi à 19h00

au Théâtre Michel
38, rue des Mathurins
75008 Paris

Share