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Misery au Théâtre Hébertot : Myriam Boyer – Francis Lombrail percutants

Œuvre culte de Stephen King, Misery est portée à la scène Daniel Benoin.
Il faut du cran pour oser s’attaquer à une histoire connue de beaucoup.
Myriam Boyer campe une infirmière double face, implacable et manipulatrice, mais aussi groupie et légère. Face à elle, Francis Lombrail est cet écrivain accidenté qui tente tant bien que mal de survivre au pire.
Tensions garanties tous les soirs au Théâtre Hébertot.

Misery

Misery, film culte et pièce

Qui ne connaît pas le film ? La tension, l’insoutenable scène où cette infirmière « fan numéro 1 » d’un écrivain célèbre va faire preuve d’une terrible inhumanité sur cet homme qu’elle garde séquestré chez elle.
L’intérêt de retrouver ce récit aussi brillant que dérangeant, insoutenable que révélateur, est son duo de comédiens.
Myriam Boyer que l’on sait douce et souriante en dehors de la scène, se révèle implacable et tordue. Elle fait vraiment peur car on sent bien qu’elle est capable de tout. La transformation de la comédienne est à elle seule une raison de voir la pièce. Avec sa banane autour du ventre, sa robe des grands soirs, elle tranche avec la classe de l’écrivain célèbre qu’elle héberge.
Le jeu de Francis Lombrail tient aussi de la performance. Une partie du temps, il joue alité, l’autre partie, en fauteuil roulant. Le handicap qui peut paraître contraignant donne aussi de l’épaisseur au personnage. Il est à la merci d’une femme. Il doit aussi être capable de jouer sur plusieurs registres pour garder la vie sauve.

Misery

Mise en scène inventive

Daniel Benoin, le metteur en scène de Misery, est à l’origine de belles trouvailles pour maintenir cet état de tension dans les rangées du Théâtre Hébertot, chaque soir. D’abord, les transitions faites de montages vidéo clipés à mort et d’une bande musicale forte. Enfin, le décor qui joue de sa relative transparente, l’infirmière menaçante est toujours présente derrière la chambre-cellule de l’écrivain.
Enfin, le hors-champ est exceptionnellement montré, avec des caméras placées de manière à ce que l’on puisse voir l’action en dehors de la chambre.

A la sortie, certains spectateurs vérifient le nom de l’un des deux interprètes du film, « Comment elle s’appelle déjà la comédienne ? » Contre toute attente, Myriam Boyer et Francis Lombrail sont à la hauteur de nos attentes.

Misery

Misery

Une pièce de William Goldman d’après le roman de Stephen King
Adaptation française : Viktor Lazlo
Mise en scène : Daniel Benoin
Avec Myriam Boyer et Francis Lombrail

 

au Théâtre Hébertot
78 bis bld des Batignolles
75017 PARIS

du mardi au samedi à 21h
matinée dimanche à 15h

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Pourvu qu’il soit heureux : l’audace de Laurent Ruquier au Théâtre Antoine

Pourvu qu’il soit heureux est l’histoire d’un outing, un coming out forcé en une d’un magazine people.
Un parti-pris et une écriture originaux pour une pièce de théâtre qui aborde un thème et ses répercussions toujours bien d’actualité.
Une comédie écrite en contrepoint textuel pour deux comédiens : Francis Huster et Fanny Cottençon.

Durant leurs vacances en Bretagne, Maxime et Claudine découvrent en une de Voici leur fils Camille au bras d’un autre homme.
De quoi déstabiliser le couple. Surtout que leur fils est étudiant en médecine et qu’il n’est que le compagnon de la star outée.
Pourvu qu'il soit heureux

Un sujet difficile, un texte en demi-teinte

Pourvu qu’il soit heureux de Laurent Ruquier questionne le fait d’être parents d’un fils homo en 2018. L’angle de l’outing est plutôt novateur pour ce sujet.
Le texte pourrait facilement basculer dans le lourd, surtout avec l’habituelle propension de l’auteur à aimer les jeux de mots.
Et si on n’échappe pas à certains effets faciles, pour ce texte, Laurent Ruquier a mis la pédale douce dans la globalité. Certaines répliques sont bien amenées, voire même percutantes.

La construction du récit, en quatre actes, est audacieuse. Malgré tout, il n’y a pas d’équilibre formel entre eux. Les deux premiers montrent la réception de la nouvelle par les parents. Chacun prenant, tour à tour, le rôle de celui ou celle qui n’accepte pas cette nouvelle.
Un parti-pris qui peut déstabiliser.

Et si ces deux premiers actes laissent une bonne place à la comédie, les deux derniers sont plus dramatiques. Un tournant d’auteur à saluer pour Laurent Ruquier.
Et passer du rire à l’émotion n’est pas une mauvaise chose au théâtre.
Mais le tout manque d’une certaine homogénéité.Pourvu qu'il soit heureux

Une direction d’acteurs contrastée 

Francis Huster (Maxime) & Fanny Cottençon (Claudine) jouent une palette de réactions aussi contradictoires que touchantes face au coming out.
Mais la colère de Maxime, dans le premier acte, est déstabilisante car intermittente. Ce qui donne un Huster éteint lorsqu’il est silencieux et excessif dans la colère verbale. Un mode binaire qui finit par lasser d’autant que cette première scène est un peu longue.
La partition que joue Fanny Cottençon (Claudine) dans le deuxième acte, en mère choquée, est plus nuancée et maitrisée.
Quant à Louis Le Barazer (Camille), difficile de comprendre pourquoi son personnage apparaît si hautain et un peu antipathique au début du troisième acte. Son texte parfois trop moralisateur renforce aussi ce sentiment.

Pourvu qu’il soit heureux reste une rencontre touchante avec une famille ordinaire qui se trouve déstabilisée par une annonce, en apparence simple.
Mais en sortant du théâtre, se formalise le sentiment que la pièce n’est pas inaboutie. Elle aurait mérité d’être plus travaillée, plus subtile encore, surtout dans la partie dramatique.

Pourvu qu'il soit heureux

Pourvu qu’il soit heureux

de Laurent Ruquier
Mise en scène Steve Suissa
Avec Francis Huster, Fanny Cottençon et Louis Le Barazer

au Théâtre Antoine
14 boulevard de Strasbourg
75010 Paris

du mardi au samedi à 21h
matinées : le samedi et dimanche à 16h

Jusqu’au 30 décembre 2018

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Une Actrice au Théâtre Poche-Montparnasse : Judith Magre formidable !

Judith Magre est Une Actrice formidable ! Elle se fond avec allégresse dans les mots de Philippe Minyana pour donner à entendre les charmes, les contradictions, la folie d’une artiste ; pas tout à fait elle, mais pas totalement une autre.
Le texte semble cousu à même la bouche rouge passion de la grande interprète.
Une très belle rencontre au Théâtre de Poche-Montparnasse.

Judith Magre

« Elle est belle ! »

Un silence. Un spectateur a juste le temps de souffler 3 mots à sa voisine. La voix est suffisamment puissante pour l’entendre : « Elle est belle ! »
Il a tout à fait raison. L’actrice l’aurait-elle remarqué ?
Cette Judith esquissée par l’auteur Philippe Minyana est espiègle, « vivante », drôle, tragiquement réaliste aussi sur le monde et l’humanité.

La pièce débute par le portrait d’une femme qui n’a eu qu’un homme dans sa vie. Un homme dont on ne perçoit pas l’attachement réciproque. Un homme qui a traversé une vie, comme l’impression d’une incompréhension en continu. On rit, on se prend d’affection pour cette femme cabossée mais à la personnalité bien tranchée.

Suit une interview en loge avec un journaliste – ce mercredi, l’excellent Christophe Barbier.
Il y a des pépites à chaque réponse accordée à cet homme qui veut en découdre. Quels sont donc les secrets de cette longévité scénique et personnelle ?
Les thèmes abordés fusent : le chagrin qui n’a aucune limite, la connerie, Paris qui peut manquer quand on s’en éloigne trop, la solitude pas si insurmontable que ça, la mort de ses parents qui bouleversent…
Et tant de rencontres : de Beauvoir, Sartre, Picasso, Giacometti… La chance !

Une Actrice est belle car elle reste insaisissable, parce qu’elle se découvre suffisamment pour charmer, mais pas assez pour que l’on puisse percevoir son intimité. Philippe Minyana signe un brillant hommage à toutes ces femmes que l’on a vues sur scène et aimées.
Elles s’appellent Judith, Isabelle, Camille ou encore Manon.

Judith Magre

Une Actrice

de Philippe Minyana
mise en scène Thierry Harcourt
Avec Judith Magre et Thierry Harcourt

au Théâtre de Poche-Montparnasse
75 boulevard de Montparnasse
75014 Paris
tél. 01 45 44 50 21

Reprise du 1er octobre au 17 décembre 2018

dimanche à 17h30 et lundi à 21h

Relâches exceptionnelles les 22, 29 octobre,  les 5, 11, 18, 19 et 25 novembre puis les 2, 9, 16 décembre

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Intra Muros d’Alexis Michalik : un enchantement @ La Pépinière Théâtre

Intra Muros nous emporte dans une histoire folle qui a pourtant pour décor une prison. Alexis Michalik arrive à pousser avec brio les murs de cet espace, clos sur lui-même, pour nous faire vivre un récit à la force stupéfiante. Un souffle ardent dans chaque scène et de l’émotion dans la révélation des parcours de vie singuliers.

Intra Muros

Intra Muros : « A un moment, on se sait plus où l’on est ! » (un spectateur) 

Le talent d’Alexis Michalik est de savoir tisser brillamment plusieurs histoires entre elles.
Intra Muros débute pourtant mal : un cours de théâtre en prison avec seulement deux participants. Pour concevoir une pièce, Richard, le metteur en scène qui est venu à la rencontre des détenus va avoir quelques difficultés.
Très vite, des bribes de vie de chaque personnage viennent révéler leurs liens, les chaos d’une vie, les moments heureux, les échecs… Ces flashbacks nous donnent matière pour reconstituer le puzzle captivant qui s’est déployé devant nous.

Intra Muros

Il faut être éveillé, à l’écoute, disponible afin de savourer tout ce que nous offre à la fois le récit d’Alexis Michalik et l’interprétation des comédiens. Car chacun se glisse avec aisance dans plusieurs personnages. Une spectatrice à côté de moi : « Quelle générosité quand même de la part des comédiens ! »

Intra Muros est un formidable tourbillon de la vie. Une pièce qui nous emporte, nous transporte avec une économie de moyens mais avec l’ingéniosité de tout instant. Une pièce qui bouleverse, avec bonheur.

Intra Muros

Intra Muros

Texte et mise en scène : Alexis Michalik
Avec en alternance : Jeanne Arènes, Christopher Bayemi, Bernard Blancan, Sophie de Fürst, Alice de Lencquesaing, Paul Jeanson, Élisabeth Ventura, Nicolas Martinez, Fayçal Safi, Joël Zaffarano
et les musiciens Raphaël Bancou, Sylvain Briat, Raphäel Charpentier et Mathias Louis

Du mardi au samedi à 21h
En matinée le samedi à 16h

à la Pépinière Théâtre
7 Rue Louis le Grand
75002 Paris

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Ich Bin Charlotte : Thierry Lopez absolument saisissant !

Ich Bin Charlotte est un récit digne d’un roman.
L’histoire vraie d’une vie aussi passionnante, trépidante qu’incroyable. Il n’y a pas, pour autant, d’angélisme dans le portrait qu’en a réalisé son auteur, Doug Wright.
Sur la scène du Théâtre de Poche-Montparnasse, Thierry Lopez est Charlotte et tant d’autres personnages qui l’ont croisée et connue. La performance est saisissante.

Ich Bin Charlotte
photo Svend Andersen

Ich Bin Charlotte pour la première fois à Paris

Pas de collier de perles, ni de maquillage ou de perruque. Seules la jupe longue et les chaussures à talons hauts viennent rappeler que nous sommes bien face à une femme qui est née dans un corps d’homme.

Charlotte est quelque peu « glamourisée » par cette silhouette (celle que lui prête le comédien), ce noir qui lui va si bien, et ce que nous découvrirons un peu plus tard. On imagine, si elle était encore en vie, qu’elle aurait été extrêmement flattée par cette incarnation.

La force du récit de Doug Wright est d’avoir intégré des personnages à ce portait. Il y a son double qui n’en croit pas ses yeux découvrant le musée de Charlotte à Berlin rempli de meubles récupérés et sauvés.
Il y a John l’acolyte de Doug, la tante de Charlotte…
Tous et toutes sont les témoins d’une transformation, de moments décisifs et viennent confirmer que le destin de Charlotte est hors du commun. Elle est passée entre les balles des nazis, a filé comme une étoile à travers l’étau communiste. Deux séquences historiques qui font frémir.
Des zones d’ombres viennent donner encore plus de matière à la pièce et cette héroïne du XXe siècle.
Ich Bin Charlotte
photo Svend Andersen
Thierry Lopez, a star is born definitely
Thierry Lopez donne de son corps pour incarner à la fois Charlotte et tous ces personnages qui l’entourent. C’est un caméléon qui a besoin d’un minimum d’accessoire. Il change de registre et de rôle en une seconde, sans perdre le fil de notre attention.

On est cloué à ses lèvres, à son regard, à ses mains… Tout est réaliste, sans excès, balayant les clichés.
Nous sortons du théâtre émus par cette rencontre inédite, sensible et troublante.

Il faut profiter de l’intimité du Poche-Montparnasse pour vibrer avec ce type d’histoire hors du commun, à l’interprétation absolument magnétique.

Ich Bin Charlotte

Ich Bin Charlotte

de Doug Wright
adaptation : Marianne Groves
mise en scène : Thierry Suissa
avec Thierry Lopez
au Théâtre de Poche-Montparnasse
75 boulevard du Montparnasse
75006 PARIS
Tel. 01 45 44 50 21

à partir du 8 septembre 2018

du mardi au samedi à 21h
matinée le dimanche à 15h
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Le CV de Dieu : Balmer-Bénureau célèbrent la pertinence & l’humour

Jean-Francois Balmer et Didier Bénureau sont les protagonistes d’un dialogue pour le moins déconcertant : celui de Dieu, le créateur du ciel et de la Terre, le vrai, l’unique et un DRH.
Sous la forme d’un entretien d’embauche, Le CV de Dieu répond enfin à certaines de nos questions les plus essentielles comme : pourquoi le vent ? Quelle est l’origine de la Lune ? Dieu s’éclate-t-il vraiment au ciel ?

Le CV de Dieu

Pièce courte d’une petite heure, Le CV de Dieu est un petit délice d’intelligence et de finesse. Dieu vient sur Terre pour calmer son ennui. Il passe un entretien qui va être l’occasion de revenir sur son expérience inégalée de créateur.
On ne s’attend pas forcément à ce que certains phénomènes dont il est à l’origine lui soient reprochés frontalement, alors que la plupart de ses réussites sont éclatantes. La somme de ses créations est effectivement inégalable.

Jean-François Balmer est Dieu en habits blancs et étole sur l’épaule qui se finit en grelots argentés – d’une kitscherie qui nous rappelle qu’il n’est pas d’ici. Il porte fier son immortalité.
Face à lui, le DRH Didier Bénureau n’a pas tout à fait la même classe. L’harmonie des couleurs n’est pas son fort. Il est aussi impressionné, qu’insolent. Car oui, ce terrien s’autorise des questions pièges en plein milieu de l’entretien.

Le CV de Dieu réjouit par son écriture et enchante par ses interprètes. Un vrai régal dont il n’est pas question de se priver. Et surtout la pièce redonne tout leur sens à nos expressions françaises, parfois désuètes.

Le CV de Dieu

Le CV de Dieu

Le CV de Dieu

de Jean-Louis Fournier
d’après son roman paru aux Éditions Stock en 2008

Mise en scène : Françoise Petit
Avec Jean-François Balmer et Didier Bénureau

à La Pépinière Théâtre
7 Rue Louis le Grand
75002 Paris
Tel : 01.42.61.44.16

du mardi au samedi à 19h
matinée le dimanche à 17h

Relâches exceptionnelles les dimanche 11 novembre et 9 décembre

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La ménagerie de verre au Théâtre de Poche-Montparnasse : intense et poignant

« Tout sonnait vrai ! » un spectateur enthousiaste sortant du Théâtre de Poche-Montparnasse.
La Ménagerie de verre nous plonge dans la petite vie d’une famille américaine dont les trois membres se débattent avec des desseins propres à chacun.
La distribution est magnifique ! 

La Ménagerie de verre
© Pascal Gely

La mise en scène délicate de Charlotte Rondelez et la proximité avec les comédiens nous font ressentir tour à tour la timidité de la jeune Laura, l’envie d’évasion de son frère Tom, le désarroi et la manipulation de leur mère, Amanda. Cette dernière est source à plusieurs reprises, à la fois à ses enfants et à nous spectateurs, des moments de gêne. Parce qu’elle est excessive, d’un autre temps et désenchantée. Et qu’elle pense que le bonheur de sa fille, voire du sien, dépend d’un bon mariage.

Le fait que le mari et père ait quitté le foyer n’a pas aidé à la cohésion de cette famille. Tout est question d’équilibre mais l’ensemble apparaît bien bancal.

La Ménagerie de verre
© Pascal Gely

Le quatuor de comédiens nous bouleverse. Ophelia Kolb, discrète et maladroite Laura, est touchante.
Les excès de Cristiana Reali ne manquent pas de saveur. Charles Templon est un travailleur et rêveur qui boue littéralement de ne pouvoir vivre sans contraintes.
Leurs silences sont tout aussi fascinants à observer. Notamment quand Amanda et Tom ne se parlent pas un matin, elle sur un bord de la scène, lui derrière la table.
Félix Beaupérin, le prétendant, a le charisme et le charme qui siéent parfaitement à son personnage.

PS : j’avais vu cette pièce il y a plus d’une décennie. Je ne me souvenais plus de l’histoire. J’étais juste certain de l’avoir aimée. J’ai été heureux de redécouvrir le texte de Tennessee Williams ce mardi à Paris.

La Ménagerie de verre

La Ménagerie de verre

de Tennessee Williams
Traduction : Isabelle Famchon
mise en scène : Charlotte Rondelez
avec : Cristiana Reali, Ophelia Kolb, Charles Templon, Félix Beaupérin

au Théâtre de Poche-Montparnasse 
75 boulevard du Montparnasse
75006 PARIS
Tél. 01 45 44 50 21

à partir du 4 septembre 2018

du mardi au samedi à 21h
dimanche à 17h30

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K Surprise @ Les Déchargeurs : éloge éclatant à la splendeur de vivre

Sarah Pébereau, jeune trentenaire pétulante, désire ardemment faire LA rencontre qui bouleversera sa vie. Ses vœux furent exaucés, en quelque sorte… Fait alors irruption le K Surprise, le crabe, le grand C : le cancer. Touchée en plein sein, elle se défend magnifiquement avec ce qui sera sa force : l’humour. Son travail de réparation a commencé par un livre* et se poursuit par ce seule-en-scène au théâtre Les Déchargeurs relatant sa superbe renaissance.

Sarah arrive à la croisée des chemins de sa vie. S’entremêlent dans sa tête de nombreuses questions concernant son avenir amoureux ou professionnel. Lors d’une consultation de routine chez la gynécologue, une annonce vient tout bouleverser : elle a une tumeur au sein. Après examens approfondis, le cancer est confirmé.

Telle une catharsis, Sarah nous évoque une multitude d’anecdotes qu’elle a dû traverser, souvent à mourir de rire, parfois moins. Nous oscillons alors entre des moments de fragilité et d’autres où la force de combat qu’elle possède fait scintiller de mille éclats son être. C’est fulgurant !

K Surprise
photo by AnnaClick

Les sentiments qu’elle présente parleront autant aux personnes atteintes du cancer qu’à leurs proches ou tout un chacun. S’exposent alors la solitude inévitable ressentie malgré un entourage présent, la question de la procréation, l’inexplicable solidarité qui existe entre patients, le fait que rien ne sera plus jamais comme avant…

Étonnamment, cette épreuve difficile a permis à Sarah de s’épanouir. Aujourd’hui, elle a moins peur, ou tout du moins différemment. Ses combats sont autres. Elle a appris à se découvrir et surtout à s’aimer pour qui elle est.

Elle dégage une énergie folle, propre aux personnes qui savent qu’il faut pleinement aimer la vie. De la tendresse, de l’émotion, de l’humour et de l’amour : c’est tout cela qu’elle désire partager aujourd’hui. Qu’il est bon de sortir de notre zone de confort pour rencontrer de telles personnes, solaires et pétillantes…

Merci Sarah !

by Jean-Philippe

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K Surprise

K Surprise

Auteures : Sarah Péb’, Elise Mc Leod
Mise en scène : Elise Mc Leod
avec : Sarah Péb’

représentation exceptionnelle le mardi 16 octobre à 19h30
à l’occasion d’Octobre Rose

et du 3 novembre 2018 au 6 avril 2019

les 1ers samedis du mois à 17h
(3/11, 1/12, 12/1, 2/02, 2/03 et 6/04)

Les Déchargeurs
3, rue des Déchargeurs
75001 PARIS
Tel : 01 42 36 00 50

Site officiel : sarahpebereau.com

*Sarah, 30 ans, mon cancer, même pas peur !

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Smoke Rings au Théâtre Michel : amours en coulisses

Immersion dans les coulisses du Théâtre Michel et dans l’intimité d’hommes, de femmes qui se rencontrent, s’aiment, se quittent.
Smoke Rings vous embarque dans le tourbillon de l’amour, d’histoires courtes, moyennes, en relations plus longue durée avec un bébé qui va naitre…
C’est aussi joyeux que révélateur de nos problématiques, nos difficultés à s’attacher et autres contradictions quotidiennes. 

Smoke Rings

Tout le monde s’appelle Camille ! 

Tous les dimanches, se joue non sur la scène mais dans tout le théâtre, une pièce immersive, avec proximité totale et troublante avec les comédiens et comédiennes. 

Paris ne s’aventure que trop rarement dans ce type d’expérience.
C’est une des raisons de saluer l’audace de la Compagnie du Libre Acteur et de Salomé Lelouch qui laisse les clés de son théâtre un soir par semaine.

Smoke Rings

Fascinante mécanique

Au départ, c’est étrange et le gimmick finit par amuser.
Une mécanique fascinante .
Les spectateurs sont séparés en deux groupes, l’un suit une rose blanche, l’autre une rose rouge.
On se croise dans les coulisses, on se retrouve pour certaines scènes.
Et on les partage aussi parfois, séparé par une porte ou lors d’une conversation au téléphone. Chaque groupe assistant à une face du dialogue.

Les couples jouées avec intensité amusent, touchent, interpellent et nous renvoient à nous-mêmes.
Les scènes sont cocasses, surprenantes, vibrantes, émouvantes et finalement juste. 

La tragédie n’est parfois pas très loin non plus, elle peut se jouer derrière une porte noire.
Et si le décor est un théâtre, on se projette facilement dans les autres lieux proposés par la troupe : hall d’aéroport, salle de bain, boite de nuit, appartement, cérémonie de mariage…

Smoke Rings est une expérience de théâtre comme on les aime. Une série de scénettes plutôt qu’une longue histoire. Un spectacle en mouvement, la découverte de l’envers du décor d’un théâtre, et des scènes d’amour et de désamours savoureuses.
Rire, être choquer, pleurer, kiffer, c’est ça le théâtre…
Et surtout se prendre les émotions des comédiens en pleine face.

Smoke Rings

Smoke Rings 

d’après Ring de Léonore Confino
mise en scène : Sébastien Bonnabel
avec : Marie Combeau, Marine Dusehu, Marie Hennerez, Pascale Mompez, Eric Chantelauze, Philippe De Monts, Stéphane Giletta et Emanuele Giorgi

au Théâtre Michel 
38 rue des Mathurins
75008 PARIS
Tel. 01 42 65 35 02

reprise à partir du 22 octobre 2018

le lundi à 20H30
(relâches les 24 et 31 décembre 2018)

 

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La Moustâche : comédie survoltée à la Gaité Montparnasse

Au Théâtre de la Gaîté Montparnasse, un scénario catastrophe se joue dans la vie de Sylvain simplement à cause d’une moustache. Mais pas n’importe laquelle non plus !
Quiproquos à gogo, gags, portes qui claquent – dont celle du congélo – coups, un peu de sang. La pièce La Moustâche, comédie réjouissante, brille par son rythme soutenu d’un bout à l’autre.

La pièce adaptée d’un sketch

Ce n’est pas si courant qu’un sketch télé soit étiré pour en faire une pièce.
Mais il faut admettre que l’idée était trop brillante pour ne pas lui donner une longue et belle vie sur une scène de théâtre.
La Moustâche dézingue à merveille la rencontre la plus délicate, voire tendue d’une vie : celle d’un gendre avec son futur beau-père.
Une panne d’électricité, une moustache mal taillée et c’est l’avalanche d’incidents les plus fâcheux qui  déboule. Sacha Judaszko et Fabrice Donnio ont le don pour jouer avec les doubles sens, les situations embarrassantes et le rythme des vannes.

La Moustâche

Un rôle en or pour Patrick Mille

Non que l’on doutait des talents de comédien de Patrick Mille. Mais dans La Moustâche, le comédien trouve tous les moyens de nous bluffer. Il est presque de toutes les scènes, infatigable. Toute l’attention est concentrée sur lui et il sait diablement en jouer.
Alors que le postulat de départ présente un homme effacé pour l’ensemble de son entourage – petite amie, ami et gardien – ce nouvel élément physique et inhabituel va venir tout bouleverser et contrarier sa petite vie « calme ».
Se révélera-t-il à lui-même ? En tout cas, les apparences peuvent révéler des traits de personnalité insoupçonnés.

A ses côtés, Pauline Lefevre à la fois amoureuse, délicate mais qui a tendance à porter la culotte. Fabrice Donnio se tape l’incruste en caleçon avec brio, on ne peut pas espérer de pote plus relou.
Le concierge campé par Sacha Judaszko est collant et indélicat. Enfin, Jean Benguigui est un patriarche surprenant, aussi excessif, imprévisible que redoutable.

La Moustâche

La Moustâche 

de Sacha Judaszko et Fabrice Donnio
mise en scène : Jean-Luc Moreau
avec : Jean Benguigui, Fabrice Donnio, Sacha Judaszko, Pauline Lefevre, Patrick Mille

du mardi au samedi à 21h
matinées les samedi et dimanche à 16h

au Théâtre de la Gaité Montparnasse
26, rue de la Gaité
75014 PARIS
tél. 01 43 22 16 18

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