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Tant qu’il y aura des coquelicots : ode à la transmission et à la poésie

Cliff Paillé, à la fois acteur et auteur de la pièce Tant qu’il y aura des coquelicots, nous replonge dans ses souvenirs d’enfance. Lorsqu’il n’était encore qu’un petit bourgeon de 10 ans, enfermé dans un monde guère plus grand qu’un ballon de football.
La pièce fera sa rentrée à Paris à l’Essaïon Théâtre à partir du 
5 septembre.

Tant qu'il y aura des coquelicots
Photo © Le petit objectif

Ode à la transmission, au plaisir d’apprendre, de découvrir, de lire…

Issu d’une famille plutôt populaire, asséché par le divorce de ses parents – apparemment plus occupés à se séparer qu’à l’aimer – le terreau n’est pas très fertile pour le petit Paul.
Seul rayon de lumière : sa grand-mère, chez qui il va passer ses vacances. Elle adore lui lire des histoires mais Paul est plus intéressé par la chaleur humaine de sa poitrine généreuse.

Arrive enfin le soleil ! Au travers d’une maîtresse remplaçante bien décidée à transmettre le goût de la lecture à ses élèves, quitte à les bousculer un peu. Lyne Lebreton, toute de rouge vêtue, incarne à merveille cette jeune institutrice habitée par le désir d’ouvrir grand les portes de la curiosité à ces jeunes pousses…
Et ce désir, elle va le leur transmettre par de multiples jeux ancrés dans leur réalité, qui vont éveiller en Paul un questionnement infini qui n’aura plus de retour en arrière possible…

Tant qu'il y aura des coquelicots
Photo © Le petit objectif

Un pur moment de poésie

On rit, on est ému, on se rappelle, à voir les difficultés que rencontre le jeune Paul dans l’apprentissage de la lecture puis de la littérature. Il compte le nombre de pages, il s’impatiente, il ne voit que le sens propre des mots alors que son institutrice lui demande de trouver le sens caché de chaque chose, les sentiments, le pourquoi, les secrets derrière les difficultés…

À travers des chansons de Barbara, interprétée magnifiquement par la comédienne, la maîtresse/artiste parvient à répondre à la question de ses élèves : « A quoi ça sert la poésie ? »

Étape par étape, dans une relation fusionnelle avec sa maîtresse, le jeune Paul se prend au jeu. Il finit par développer son imagination et surtout impliquer son propre imaginaire dans les grands textes des autres…

Quand on sait que l’acteur de Tant qu’il y a aura des coquelicots, Cliff Paillé, en est à la fois l’auteur et le metteur en scène, on se dit que cette institutrice a décidément fait du bon travail et que le bourgeon est aussi devenu coquelicot…

by Damien Val

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Tant qu’il y aura des coquelicots

Écrit et mis en scène par Cliff Paillé
avec Lyne Lebreton et Cliff Paillé

du 5 septembre au 23 novembre 2019

à l’Essaïon Théâtre
6, rue Pierre au lard
75004 Paris

Spectacle récompensé aux P’tits Molières 2018 : meilleur spectacle, meilleur acteur et coup de cœur

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L’escape Game du Théâtre Lepic : palpitante épopée dans les coulisses

Aventure 100% inédite tout en haut de la Butte Montmartre. L’escape game du Théâtre Lepic va vous envoyer en 1937 à la recherche du Graal caché dans les coulisses.
A quelques heures de la première, le théâtre est en ébullition. Jean Cocteau est sous tension.
Nous avons testé en avant-première.
Voici nos impressions.

Escape game du Théâtre Lepic

Le Théâtre Lepic joue à fond l’immersion

Nous avions déjà parcouru les différents espaces de l’institution montmartroise qui se dérobent habituellement au regard des spectateurs. Les pièces Smoke Rings et Cyrano Ostinato Fantaisies nous avaient déjà comblés. Avec l’escape game du Théâtre Lepic, c’est à notre tour de devenir acteurs le temps d’un jeu en groupe.

Première différence avec un escape game « classique » : le jeu des comédiens qui n’est pas anecdotique. Ces derniers interprètent vraiment des personnages. L’interaction n’est pas une illusion, elle est totale. Pour preuve, le casting a été mené entièrement en improvisation.

escape game du Théâtre Lepic

Jean-Philippe a justement aimé : « les clins d’œil et les tics de langage des comédiens collant à leur personnage. »

La deuxième différence, c’est le terrain de jeu : plus grand.
Alexandre adore explorer sans limite, arpenter les différents niveaux.
« On n’est pas enfermé dans une salle mais dans un théâtre. C’est plus grisant ! »

Pour cette aventure, l’équipe du théâtre s’est associée aux spécialistes du genre, Team Break (qui a conçu Inside Opéra pour Garnier). En un temps record, un mois, le scénario a été bouclé après pas mal d’échanges. L’impératif était d’avoir des personnages de Montmartre.

Pour Stéphanie : « le scénario est plausible et se tient bien. »

Escape game du Théâtre Lepic

Niveau de jeu adapté aux groupes

Le niveau de difficulté sera adapté selon les joueurs. Les indices ne seront pas accordés facilement pour les équipes qui veulent de la difficulté. En revanche, les novices auront droit à ce qu’on leur souffle dans le creux de l’oreille de précieuses aides en cas de blocage.

L’escape game du Théâtre Lepic commence à exciter la curiosité du public et des médias. Pour preuve, une télé chinoise prévoit de réaliser un sujet.

Escape game du Théâtre Lepic

Escape game du Théâtre Lepic

Tout l’été et tous les jours

En français à 11h, 13h, 17h, 19h, 21h (selon les jours)
et en anglais : tous les jours à 15h

Théâtre Lepic
1 avenue Junot
75018 PARIS

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Circus Incognitus de Jamie Adkins au Théâtre de l’Atelier : jubilatoire !

Un Américain qui s’installe à Paris cet été avec comme seul but : divertir le public adulte et enfants, forcément ça intrigue. D’autant plus quand on connaît l’étendue infinie de son pays natal.
Jamie Adkins est de retour et à l’affiche du Théâtre de l’Atelier jusqu’au 11 août avec son Circus Incognitus jubilatoire !

Jamie Adkins est un homme-orchestre. Non qu’il sache jouer de plusieurs instruments (on n’a pas vérifié non plus). Non, il est à la fois acrobate, clown, funambule, jongleur et magicien.
Ce n’est pas un clown maladroit qui enchaîne les cabrioles calamiteuses. Il est effectivement très habille de ses mains et de son corps en général. On aurait plutôt tendance à dire : gentiment étourdi.Circus Incognitus
En tout cas, Jamie est doué dans la pratique de pas mal de disciplines que nous serions bien incapables de reproduire : sortir d’un carton mille et un accessoires (chaise, valise, balle rebondissante…). Jongler avec une chaise mais aussi la bouche : c’est quand même plus périlleux qu’avec les mains surtout pour les cervicales.
Il fait lui-même le roulement de tambour pour la pointe de suspense nécessaire au bon déroulement de ce spectacle.
Il arrive aussi à embrocher des oranges avec une simple fourchette bien calée entre les dents.

Circus Incognitus

Dans tout cela, il ne faut pas oublier un détail simple mais qui a toute son importance : un petit rire bien à lui, aigu et touchant.
Jamie parle peu sur scène, les rares fois qu’il le fait ce n’est pas forcément audible. Vous comprendrez pourquoi en allant le voir.

Le plus : les rires des enfants ! Le jour de notre venue, les bambins étaient en nombre dans la salle. Et la spontanéité de leurs réactions est une autre gageure de l’incroyable talent de cet artiste made in USA.

Circus Incognitus

CIRCUS INCOGNITUS
de Jamie ADKINS 

au Théâtre de l’Atelier
1 place Charles Dullin
75018 PARIS

du 3 juillet au 11 août 2019

mardi au samedi à 19h
matinée dimanche à 15h

durée : 1h05

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Close par Big Drama : virtuose immersion à la française !

Big Drama produit son tout premier spectacle immersif et interactif : Close ! Un événement qui a très vite affiché complet ; preuve de l’attente du public pour de nouvelles expériences.

Décor, objets chinés, costumes, ambiance cabaret, tout est fait pour nous projeter dans un autre temps, celui de la guerre au cours de laquelle le destin d’une maison close, Le Phenix, se joue.

Close
Photo Alessandro Clemenza

Nous patientons devant la projection de quelques films coquins en noir et blanc et un cocktail à la main. Petite Chose, le maître de cérémonie, fait son entrée face aux participants impatients.

Il explique les raisons de l’effervescence qui se joue au Phenix, ce soir de 1917. Tout le monde se prépare au mariage de Blanche qui attend son amoureux de retour du front pour l’occasion.
Le public masqué monte quelques marches pour découvrir un décor feutré avec verrière obstruée pour que la lumière du jour ne vienne pas désenchanter la soirée.

Ça chante, ça virevolte, ça s’effeuille, ça joue les confidences dans les différents espaces de la maison close. Tout est à explorer : les objets, les lettres, les vieux journaux et même les armoires. Ici, la fine équipe du Phenix s’active de toute part.

Les témoins, extraits du public car en mode VIP, eux sont prêts à accompagner la mariée jusqu’à l’autel-scène.

Et puis un événement vient tout bouleverser. Le cœur n’est plus à la fête et une décision cruciale va devoir être prise.

Close
Photo Alessandro Clemenza

Close fascine par la galerie de personnages tous attachants, réalistes et parfaitement costumés. Les comédiens et comédiennes n’ont pas de filet et sont sans cesse sous les regards du public.
Il est plaisant de pouvoir débuter par une déambulation libre pour découvrir chaque pièce et tous les détails que regorge le décor.
Et il est grisant d’être un participant actif quand il s’agit de conseiller la mariée.

Seul regret : que la soirée soit un peu courte. Elle aurait pu durer 20 minutes de plus avec quelques numéros et une intrigue en plus.

Et déjà l’impatience de la nouvelle production gronde. Que nous réserve Big Drama ?

Close

Close
expérience immersive par Big Drama

dans un secret à Paris, 11e

jusqu’au 4 mai 2019

site : www.bigdrama.fr/close


EQUIPE ARTISTIQUE 

Distribution : Anaïs Pinay, Emma Scherer, Eva Freitas, Anthony Fernandes, Alexis Pivot, Nathanaël Bez, Rosy Pollastro, Guillaume Tagnati, Karim Dinah-Camara, Clara Brajtman, Diane Renier, Roman Carrère, Bérangère Pivot, Clement Bourdeleau, Ariane Raynaud, Paminade Hauteclocque

Scénaristes : Clément Marchand (chef scénariste), Alexis Pivot, Ariane Raynaud et Roman Carrère
Mise en scène : Ariane Raynaud
Costumes : Juliette de Romémont
Scénographie : Doriane Frereau

 

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Le Malade Imaginaire – Daniel Auteuil : une bouffée de bonheur !

Daniel Auteuil s’offre l’un des rôles dont il rêvait : Argan, cet hypocondriaque génialement excessif.
Par sa mise en scène, Le Malade Imaginaire est joyeux à souhait, fidèle à l’esprit de Molière, tout en faisant la part belle à la complicité entre les comédiens. 

Sur la scène du Théâtre de Paris, la troupe d’Auteuil ne ménage pas ses efforts pour faire vibrer ce morceau de patrimoine qui est le nôtre. Un vrai bonheur !Le malade imaginaire daniel auteuilLe malade imaginaire daniel auteuil

Le Malade Imaginaire débute par un solo. Celui d’une jeune enfant qui se met à chanter a capella sur le bord de scène.
Derrière elle, un rideau qui dissimule Argan prêt à entrer en scène, assis dans son fauteuil. Daniel Auteuil nous a confié qu’à ce moment-là, il hésite toujours : garder les pièces en mains ou les laisser dans la poche de son costume.
Judith Berthelot, la jeune comédienne imperturbable, continue de chanter alors qu’elle perçoit ce jeu de pièces à ses oreilles. Le professionnalisme à 10 ans ! Respect.
Les autres comédiens eux se tiennent par la main avant de se dévouer entièrement à leur performance.

Le théâtre est cette chose précieuse qui à la fois est capable de partager des instants de vie incroyables et de dissimuler d’aussi beaux moments hors-champ pour les spectateurs.

Argan entre en scène et la joie ne va plus nous lâcher pendant les deux heures de comédie, de virevoltants rebondissements, de traits de génie et de profonde générosité des comédiens et comédiennes.
Ce monologue est assez surprenant, c’est comme un sas qui nous permettrait d’entrer dans la langue de Molière. Ce que confirme Daniel Auteuil : “Comme si Molière avait tout prévu, il y a 4 siècles.”

Le malade imaginaire Daniel Auteuil

Leçon de mise en scène par Daniel Auteuil 

Jean-Marie Galey est l’un des premiers à nous éclairer sur le travail de Daniel Auteuil : “Il nous a fait travailler nos personnages. Il n’a quasiment pas joué. Il nous reprenait sans arrêt.
Aurore Auteuil de rajouter : “On travaillait beaucoup, de 10h à 19h, et sans pause.”
Mais il faut aussi assurer un break, comme le Jean-Marie  précise : C’est bien de s’arrêter 10 jours avant la première. Ça permet d’incuber, d’infuser comme un thé.” 
L’intéressé, Auteuil, avoue : “C’est une de mes aventures préférées au théâtre. Je suis content que tout le monde trouve les comédiens formidables.”

Le Malade imaginaire Daniel Auteuil

“J’aime l’idée de troupe. On est une bande de jeunes !”

Mais est-ce le comédien ou le metteur en scène qui est face à ses partenaires ?
Il a son œil gauche sur nous. A l’œil, on sait où il faut aller”, confie Jean-Marie.
Après chaque représentation, il y a un debriefing de la pièce. Ce qui serait plutôt rare au théâtre. “Ce sont des impressions plutôt que des notes, un ressenti”, précise Daniel Auteuil.

Natalia Dontcheva n’hésite pas à partager : “Nous avons droit un soir à la meilleure remarque : “Vous savez ce que vous avez fait !” Il n’est pas évident ensuite de trouver le sommeil.” Parce que le metteur en scène n’a donné aucune autre indication pour préciser son ressenti.
Natalia de rajouter : “Il joue un tyran sur le plateau. Il y a quelque chose qui reste après.

“Daniel Auteuil nous a toujours dit : faites tout ce que vous voulez, mais soyez sincères” 

C’est une aventure, une pièce de théâtre. C’est important que l’on apprenne des choses de la vie. Que ce ne soit pas que du travail. Je suis touché par l’enthousiasme, leur implication.”

Et une aventure intergénérationnelle comme le conclue Victoire Bélézy qui incarne Angélique : “Il y a un partage très fort entre toutes les générations de comédiens. Ce que j’aime énormément. Auteuil a créé une équipe soudée.

Le malade imaginaire Daniel Auteuil

Le Malade Imaginaire
de Molière

Mise en scène : Daniel Auteuil
avec Daniel Auteuil, Alain Doutey, Aurore Auteuil, Victorine Bélézy, Pierre-Yves Bon, Natalia Dontcheva, Jean-Marie Galey, Gaël Cottat, Loïc Legendre, Cédric Zimmerlin, Laurent Bozzi.
En en alternance : Judith Berthelot, Nina Schmitt, Heloïse Bacquet

au Théâtre de Paris 
15 rue Blanche
75009 PARIS

du mercredi au samedi à 20h30
matinées : samedi à 17e et dimanche à 15h30

DERNIERE LE 25 MAI 2019 ! 

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Cyrano ostinato fantaisies : immersion réussie au Théâtre Lepic

Cyrano ostinato fantaisies nous entraîne dans les coulisses d’une création théâtrale. Une metteuse en scène, attendant un heureux événement, se lance dans l’adaptation du chef-d’œuvre d’Edmond Rostang.

Sur la scène du Théâtre Lepic tout ne se passe pas à merveille. Les répétitions sont calamiteuses, les esprits s’échauffent mais nous nous attachons très vite à cette troupe devant nous.Cyrano Ostinato Fantaisies

Cyrano de Bergerac n’en finit pas d’inspirer les artistes et de séduire les foules. Le pari de cette création immersive est de vivre à la fois la tension qui se joue en coulisses (ce que le spectateur ne voit habituellement jamais), et de ressentir ce que le texte a comme impact sur ses interprètes.
Quelques-unes des plus belles scènes de Cyrano nous sont données en toute intimité, dans un dépouillement de décor mais non sans ingéniosité et émotions.

Cyrano Ostinato Fantaisies

On se prend à aimer ces acteurs qui se débattent entre leur survie, leur histoire d’amour, leurs erreurs et les non-dits.
Il y a beaucoup de finesse dans l’écriture de ces portraits qui vibrent à quelques centimètres de nous.

Cyrano ostinato fantaisies c’est aussi bien une comédienne vous prenant la main pour vous chuchoter un monologue dans l’oreille qu’un couple d’hommes amoureux. Mais aussi la scène du balcon (avec Roxane, Christian et Cyrano) transposée dans la régie du Théâtre Lepic.
Sublimes instants en suspension.Cyrano Ostinato Fantaisies

Cyrano ostinato fantaisies
création de Sébastien Bonnabel

avec Pauline Cassan, Marie Combeau, Marine Dusehu, Marie Hennerez, Pascale Mompez, Eric Chantelauze, Philippe de Monts, Stéphane Giletta, Emanuele Giorgi, Kévin Rouxel
et Zsuszanna Varkonyi à l’accordéon

au Théâtre Lepic
1 Avenue Junot
75018 Paris
Tel. 01 42 54 15 12

tous les dimanches à 20h30
et vendredis à 21h

jusqu’au 19 mai 2019

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Rémi Larrousse au Théâtre Lepic : un illusionniste-conteur hors pair

Rémi Larrousse est de retour avec Songes d’un illusionniste, cette foisau Théâtre Lepic à Paris.
Avec une économie de moyens, l’illusionniste, poète et mentaliste nous embarque dans sa rêverie les yeux ouverts et au cœur de nos songes.

Rémi Larrousse

Interaction totale 

La réussite d’un spectacle de mentalisme c’est la participation du public. Ne pas sélectionner seulement une personne au premier rang – qui pourrait faire penser à un/une complice – mais mixer tous les rangs et essayer de faire vivre une expérience inédite à chacun. 

Rémi Larrousse réussit cet échange et bluffe tout le monde. 

Avec ce spectacle, il décide d’explorer nos rêves. Alors, il nous invite à nous en remémorer certains et à en sélectionner un seul. 

Les expériences sont diverses, comme créer une connexion entre plusieurs spectateurs pour que l’un d’entre eux devine les pensées des autres. Et ça marche !
Il fait dessiner aussi. 

Le talent de Rémi Larroussse est de savoir conter, nous captiver totalement, sans temps mort avec une conviction folle.

Songes d’un illusionniste est excellent,  d’une maîtrise qui laisse sans voix. On se laisse happer par le talent.
Un spectacle qui a de grandes chances de rester un mystère à la sortie de la salle.

Rémi Labrousse

Rémi Larrousse
Songes d’un illusionniste 

collaboration artistique : Valérie Lesort

au Théâtre Lepic
1 avenue Junot
75018 PARIS
réservation 01 42 54 15 12

du jeudi au vendredi à 19h
samedi à 18h et 21h
et dimanche à 16h30

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La Perruche aux Bouffes Parisiens : un vrai bonheur

Aux Bouffes ParisiensAudrey Schebat nous embarque pour une soirée entre rires, révélations et vérités frontales. L’auteure metteure en scène de La Perruche ausculte le couple avec une justesse rare. Il y a des mots qui troublent, d’autant plus quand ils font sens dans notre cœur.
2 représentations exceptionnelles le 4 mai 2019 ! 

La Perruche

Il est probable de se reconnaître dans certains traits de caractère et dans cette histoire d’amour, comme toutes les autres (?).
Barbara Schulz et Arié Elmaleh forment un couple presque parfait : 20 ans de mariage, un train de vie enviable, une garde-robe maîtrisée avec style.
Ce soir, ils reçoivent un couple d’amis, qui se fera attendre.

L’absence des uns va être le déclencheur d’un échange aussi intense, cash que révélateur.

Difficile aussi de ne pas reconnaître une situation contée par un.e ami.e, de ne pas nous retrouver dans notre incapacité à ré-accorder la mélodie de l’amour. Et surtout dans cette histoire : “il y a pleins de secrets dans cette pièce, de tiroirs” comme le dit Barbara Schulz, lors de notre rencontre.

La Perruche

Même s’il est question de séparation, cette pièce fait un bien fou car il y a toujours des saillies drôles qui viennent dédramatiser tout ce qui arrive.
L’écriture est excellente, palpitante provocante parfois aussi.

Audrey Schebat confie après la représentation : “j’ai mis un an et demi à écrire cette pièce. Au début, mes personnages ne voulaient que rire. Je me suis battue pour qu’ils s’affrontent.”

L’interprétation de Barbara Schulz et Arié Elmaleh est jouissive à souhait. Débutant dans la caricature puis laissant percevoir les aspérités, les motivations réelles. Un régal ! 

Bonus : le conseil d’Audrey à Arié pour son entrée en scène : “tu commences connard !” Et le comédien de remarquer : “ plus je suis connard, plus les gens rient !

La Perruche

La Perruche
écrit et mis en scène d’Audrey Schebat
avec Barbara Schulz et Arié Elmaleh

reprise exceptionnelle le 4 mai 2019
représentations à 17h30 et 20h30

aux Bouffes Parisiens
4 rue Monsigny 
75002 PARIS 

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Le canard à l’orange à la Michodière : le génie de Nicolas Briançon

Le canard à l’orange à la Michodière est capable de combler tout le monde par sa qualité de jeu, son rythme et le talent de son metteur en scène.

Nicolas Briançon aime la scène, les comédiens et surtout le public qu’il entraine avec brio dans cette comédie d’un autre temps mais à laquelle il a su insufflé tout le tonus et la verve qu’il fallait pour qu’elle nous soit contemporaine. Il a voulu rendre hommage au théâtre de boulevard, au théâtre d’acteurs. Ce “plaisir presque régressif” est contagieux dans toutes les rangs du théâtre.

François Vincentelli a reçu le Molière 2019 du comédien dans un second rôle.

Le canard à l'orange

Comment te dire adieu ? 

Toutes les séparations, surtout après 15 ans de mariage, ne se font pas toujours dans la douceur et la pleine sagesse. Un soir, en Angleterre, Hugh Preston arrive à ses fins en faisant avouer à sa chère et tendre qu’elle a un amant. Liz compte justement partir avec ce dernier en Italie au cours du week-end.
Fair-play, Hugh accepte mais souhaite rencontrer cet homme, plus jeune que lui, qui ravit l’amour de sa vie. Son esprit facétieux le pousse à jouer de la situation pour entrainer sa secrétaire dans un coup monté de toute pièce au bénéfice de son épouse. La classe ?

La galerie de personnes de ce Canard à l’orange est génialement barrée et jubilatoire. L’homme trompeur qui se fait tromper. La femme qui part avec un plus jeune parce qu’elle en a assez que son mari ne s’occupe plus d’elle. L’amant charmant à l’accent affreusement belge. La secrétaire qui pulvérise tout ce qui bouge uniquement par la grâce de son corps. Et la bonne qui a bon dos de tous ces secrets.

Le canard à l'orange Le canard à l'orange

Leçon de mise en scène

François Vincentelli a une vraie complicité avec Nicolas Briançon qui l’a mis en scène la saison dernière dans Hard : “Nicolas a une bienveillance et une gentillesse, qu’ont tous les grands metteurs en scène. Il est une sorte de psychologue du comédien. C’est un pédagogue incroyable. 
Sur scène, il est un filin de sécurité pour nous.

Nicolas Briançon souhaitait renouer avec le plaisir qu’il avait eu à voir Jean Poiret dans Joyeuses Pâques, à son arrivée à Paris : “c’est tellement joyeux de jouer un boulevard!”
Au sujet de son personnage : “Hugues flirte tellement avec la folie, l’alcoolisme, le plaisir du jeu. Ca rejoint des bonheurs d’acteur. Jouer un personnage qui aime jouer, c’est euphorisant.”

Il met en garde en revanche sur l’impression de facilité : “Ce théâtre-là ne fonctionne que si on est rigoureux. C’est ça la beauté et la grandeur de ce théâtre, comme Feydeau. Si on ne sert pas le texte, il nous écrase. Si on rate un temps, on met trois répliques à rattraper.” 

Le canard à l’orange 
une pièce de William Douglas Home
adaptation : Marc-Gilbert Sauvajon
mise en scène : Nicolas Briançon

avec Anne Charrier, Nicolas Briançon, Sophie Artur, François Vincentelli, Alice Dufour

au Théâtre de la Michodière
4 Bis Rue de la Michodière
75002 Paris

du mardi au samedi à 20h30
matinées : le samedi à 16h30 et dimanche à 15h30

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Garden Party au Théâtre Antoine : l’absurde à son apogée !

La Compagnie N°8 donne absolument tout pour faire vivre son univers barré à souhait.
Garden Party est un pot pourri joyeux, musical et parfois dégueu de Deschiens, Tati, Monty Python et Robins des Bois.

Le Théâtre Antoine n’est pas habitué à pareil délire qui salit la scène chaque soir. Saluons son audace !

Garden Party

« Ils ont un sacré univers ! »

Ce n’est pas de moi mais d’un spectateur à la sortie du Théâtre Antoine.
Une sorte de tourbillon a effectivement déferlé sur la scène. Ça rit, danse, chante, parle une langue incompréhensible, se bat en duel, vole dans les airs… Tout est possible avec la Compagnie N°8.
Les séquences s’enchaînent dans un délire continu. On croit avoir tout vu, mais non, le nombre des gags n’a plus de limite.

« Ils disaient que ça allait être barjot mais à ce point-là ! » une autre spectatrice à sa voisine.
Il est effefctivement nécessaire d’avoir l’esprit ouvert. D’avoir une case (même petite) en moins pour accepter le délire qui se joue devant nous. Tout n’est pas raisonnable, censé et subtil. Après tout, vous avez déjà une soirée entre amis finir bien ?

Garden Party
photo Gilles Rammant

«  Je n’ai pas tout compris ! »

Une autre spectatrice contente malgré tout de l’expérience.
C’est un risque à prendre mais vous n’aurez jamais vu pareil spectacle.

Garden Party peut profondément déstabiliser, mais c’est un risque à prendre quand on a envie de passer une soirée totalement différentes de toutes les autres.

Garden Party Garden Party
par la Compagnie N°8
Mise en scène : Alexandre Pavlata
avec Benjamin Bernard, Stéfania Brannetti, Gregory Corre, Carole Fages, Matthieu Lemeunier, Fabrice Peineau, Hélène Risterucci, Frédéric Ruiz et Charlotte Saliou

au Théâtre Antoine
14 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris

du mercredi au samedi à 19h

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