Wonder.land : une Alice déjantée au Théâtre du Châtelet !

Damon Albarn est de retour à Paris, cette fois dans l’ombre, génial compositeur du musical Wonder.land.
Cette Alice au pays des merveilles vit avec son temps, son smartphone à la main, gère comme elle peut ses problèmes d’ado (parents séparés, petit-frère qui prend trop de place, l’arrivée dans un nouveau collège).
La coproduction qui nous arrive de Londres, prouve une fois encore que le Théâtre du Châtelet ne vit pas que dans la dorure et qu’il sait se renouveler et miser sur des projets audacieux.

Photo Brinkhoff / Moegenburg
Photo Brinkhoff / Moegenburg

Trois Alice sinon rien !

La qualité d’adaptation du récit de Lewis Carroll par Moira Buffini est d’avoir conçu non pas une mais trois déclinaisons d’Alice : une collégienne addict à son smartphone, son avatar blond au tablier bleu version jeu vidéo (proche de l’héroïne crayonnée par Disney) et la directrice de collège alias la Reine de Cœur. L’attrait pour cette histoire transfigurée est tout entier. On redécouvre Alice à la fois autre et pourtant tout aussi curieuse de suivre ce lapin blanc mystérieux et de découvrir qui elle est vraiment.
Ici, ce dernier est psychédélique tout comme la chenille (incroyable costume et interprète d’une classe folle).
La surprise est continue d’un bout à l’autre des péripéties de ces Alice. Bluffant !

Photo Brinkhoff / Moegenburg _R1_3946
Photo Brinkhoff / Moegenburg
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Un nouveau Damon Albarn

Albarn est un génie de la musique, capable de se renouveler d’un projet à un autre avec une aisance folle. Comme David Bowie, il engage non pas de changements de looks radicaux mais bien de nouvelles directions musicales aussi captivantes qu’enthousiasmantes.

Alors qu’il nous avait emmené fleureter, en 2007, avec un singe en Chine (Monkey, Journey to the West) avec sauts en hauteur et séquences de kung-fu, il nous revient au Châtelet avec une histoire que l’on aurait cru bien loin de ses préoccupations. Et pourtant, à la simple évocation d’Alice il a dégainé son smartphone à ses deux complices de création (Moira Buffinit et Rufus Norris) en montrant l’écran et déclarant : « ça, c’est le terrier du lapin ! »
Son Alice serait 2.0 ou ne le serait pas ! Un visionnaire.

Photo Brinkhoff / Moegenburg
Photo Brinkhoff / Moegenburg

Musical débridé !

Les costumes, l’inventivité des décors – dont la majeure partie des éléments est sur roulettes-, la création vidéo font de ce musical un incroyable opéra contemporain qui arrive à réveiller l’enfant qui est en nous.
L’ensemble est ludique, malin et efficace.
Il y a de l’audace à avoir créé un costume de souris en peluche déglingué, autant qu’une chenille dont chaque élément de son long corps est décomposé.
Les projections sur écran servent à la fois de toile de fond pour illustrer la ville, le collège et d’écran géant de smartphone pour la quête qu’Alice entreprend avec son jeu vidéo.
L’illustration des transports en commun (métro, bus) est aussi un monument de trouvailles.

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Les plus :
– Alice / Reine de Cœur est aussi barrée, autoritaire que démoniaque : un vrai délice interprété par Anna Francolini.
– certaines courtes répliques sont en français dans le texte. Clin d’œil de l’équipe artistique pour le pays coproducteur de ce musical. Classe !
– les tarifs de 14  à 55 € ne devrait freiner la curiosité de quiconque.

Wonder Land le musical rock de Damon Albarn Moira Buffini Rufus Norris au Théâtre du Châtelet Paris juin 2016 affiche du spectacle adapté d Alice au pays des merveilles photo UsofParis

WONDER.LAND
musical rock
Musique : Damon Albarn
Livret et paroles : Moira Buffini
Mise en scène : Rufus Norris

au Théâtre du Châtelet

du 7 au 16 juin 2016
7, 8, 9, 10, 11, 14, 15 et 16 juin à 20h
matinée le samedi

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