ZELDA & SCOTT avec Sara Giraudeau et Julien Boisselier au Théâtre La Bruyère – INTERVIEW

Un couple mythique par excellence va avoir les honneurs d’une scène parisienne dès le 4 septembre.

Zelda et Scott Fitzgerald, deux personnalités amoureuses et bouillonnantes vont reprendre vie sous les traits de Sara Giraudeau et Julien Boisselier au Théâtre La Bruyère.
Scott, l’auteur de Gatsby Le Magnifique – adapté dernièrement au cinéma par Baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio – avait trouvé en Zelda une muse exceptionnelle. Rencontrée alors qu’elle n’avait que 18 ans, l’écrivain conçoit un premier roman pour conquérir celle qu’on surnommait la « première garçonne américaine » et qui aimait tant être courtisée.

 

S’ensuit un mariage et une passion entre soirées mondaines, jazz dans un milieu littéraire exceptionnel, entre les États-Unis et la Côte d’Azur.
Une histoire intense qui brulera ses deux protagonistes sous les yeux de l’auteur Ernest Hemingway.

Pour évoquer l’univers de Zelda & Scott, Renaud Meyer, auteur et metteur en scène de la pièce, a fait le choix d’une évocation teintée d’airs musicaux, avec la participation d’un jazz band sur scène aux côtés des comédiens.

Gageons que cette proposition donne pleine mesure de l’audacieux tourbillon des années 20 qui soufflait autour des Fitzgerald.

Nous avons rencontré les deux interprètes de la pièce avant la première: Sara Giraudeau et Julien Boisselier.
Interview

United States of Paris: Vous êtes-vous beaucoup préparé pour votre rôle?
Sara Giraudeau: J’ai beaucoup lu. Ça m’a beaucoup nourri. Mais je vais commencer à arrêter. Non que j’en ai assez. En fait, c’est surtout que Zelda et Scott ont un monde, certes fascinant mais qui tourne beaucoup autour d’eux. C’est également très orgueilleux comme univers.
Il faut donc s’échapper de ces références pour créer nos propres personnages. Car Renaud Meyer, l’auteur et metteur en scène, a conçu des personnages de fiction avant tout avec cette pièce, même s’ils sont inspirés de faits et vies réels.
Julien Boisselier: Je n’ai pas d’images de Scott Fitzgerald. On le connaît à travers ses succès littéraires. Il n’y a pas de volonté chez moi de ressemblance physique. Je me suis moins plongé que Sara. Car finalement, j’avais envie de travailler sur les situations proposées par l’auteur. Elles étaient cohérentes et efficaces. Je voulais aussi voir ce qui allait se passer dans le travail, tous les jours, avec mes partenaires, le metteur en scène.
Il y a quelques références, mais on s’échappe assez vite grâce au travail du metteur en scène.

crédit photo: LOT
UsofParisDe vos lectures, que retenez-vous de chacun de vos personnages ?

Sara: Sa fantaisie. Et la solitude de cette femme. C’est étrange de dire ça, mais j’ai ressentie une grande solitude. Le monde du paraître, très bourgeois, la gaîté dans l’apparence et pourtant il y a une très forte fêlure. Zelda vit dans l’ombre de Scott, dans un monde qui n’est pas forcément le sien. Elle a un autre moi en elle qui s’est laissé mourir.

UsofParis: Et vous Julien, votre personnage ?
Sara: Son intelligence ! (rires)
Julien: En fait, j’ai d’abord lu ce qu’avait écrit Renaud avant de lire sur Scott et Zelda. Je retiens avant tout le couple. On parle des individualités dans cette pièce, mais c’est une histoire de couple au fond. Ils sont toujours ensemble, font tout ensemble. Nous allons suivre la trajectoire qui a suivi le flash amoureux. J’ai essayé avant tout de comprendre ce qu’il y avait dans la tête de cet homme avant de rencontrer Zelda, et de la révélation qu’il a eu en la voyant. Il va ensuite se mettre à écrire, écrire. Zelda va devenir son pôle d’inspiration et il va tout faire pour elle jusqu’à la détruire, d’une certaine manière.

Sara: C’est aussi toutes les contradictions qui sont passionnantes dans cette histoire. Et c’est d’autant plus passionnant d’en faire des personnages de fiction et de les interpréter.

UsofParis: Comment va apparaître Scott sur scène?
Julien: Flamboyant (rires) Il va apparaître alcoolique, à 20 ans, 30 ans. Ça lui permettait de surmonter la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas réussir, de ne pas rester au sommet. Il courrait en permanence après quelque chose qui lui échappait.
On voit des photos de lui à 28 ans et à 34 ans et c’est monstrueux. On passe d’un jeune homme lumineux à une sorte de personnage torturé, noir.
Renaud a pris des périodes très fortes de leur vie: la rencontre, l’euphorie, la belle folie, l’Amérique…

UsofParis: Est-ce qu’il y aura de la légèreté malgré la fin que nous connaissons ?
Sara: Il y aura beaucoup de légèreté au début ! Beaucoup beaucoup. Mais ça va rester jusqu’à la fin. Renaud a toujours eu le souci d’insérer une note d’espoir, d’humour, de la fantaisie même dans la lourdeur, la dépression… Il ne faut pas oublier la poésie.
Julien: Si nous réussissons, j’aimerais que les spectateurs aient l’impression de regarder par le trou de la serrure. Qu’ils puissent se dire: est-ce que ça a existé? Ils ont vraiment vécu cela?
Une part de voyeur.
Sara: J’espère en tout cas que le public oubliera un peu Zelda et Scott.

UsofParisHemingway, le troisième personnage est-il complice de ce couple?
Julien: Il est l’auteur que l’on connaît maintenant. A l’époque, il était méconnu quand Scott était au sommet. Woody Allen disait: « il ne faut jamais oublier que les gens qu’on croise en montant, on les croise aussi en descendant. » Il ne faut donc pas trop marcher sur la tête des autres quand on commence à avoir du succès. Nous avons face à nous un Hemingway frustré de ne pas être reconnu bien sûr et puis pris dans un jeu de séduction vis-à-vis de cette femme.
Sara: Hemingway va offrir un regard extérieur sur ce couple. Il est essentiel à la pièce.

UsofParis: Est-ce que la musique live permet d’amplifier l’émotion sur scène?
Julien: Les 3 musiciens sont le 4ème interprète de la pièce. Leur présence nous aide beaucoup. Elle nous permet de régler des choses que l’on ne pouvait imaginer. Ça nous porte vraiment.
C’est quasiment, comme au cinéma, une écriture sur l’image. Les musiciens nous rythment dans notre jeu.

UsofParis: Quelle réplique donne une idée de ce que l’on va découvrir sur scène ?
Julien: Zelda dit: « Je serai votre héroïne » et Scott répond: « Je vous ai enfin trouvée. » Cet échange résume assez bien le lien que l’auteur a avec cette femme. Un lien amoureux mais fantasmé aussi.

UsofParisEst-ce que c’est une histoire d’amour qui fait rêver ?
Julien: La preuve! Le nombre de réservations (rires).
Sara: Ça fait rêver quand un couple s’aime profondément, quand ça se déchire, ça se rabiboche, qu’il y a la folie, mêlée à l’alcool. C’est fascinant.
Julien: C’est un couple mythique. Ce que j’aime, c’est quand on se penche vraiment sur ce genre d’histoire, on se rend compte qu’ils ont tout fait pour devenir ce qu’ils ont été. Ils se sont mis en scène toute leur vie. Et maintenant ils inspirent livres, pièces… Chez Scott, tout était très calculé. Nous sommes à la fois dans la légende et le pathétique.
Les spectateurs vont donc se retrouver aussi dans ces faiblesses, au-delà de la légende.

 

Zelda & Scott
L’aventure des Fitzgerald

Ecrit et mis en scène par Renaud Meyer

Avec Sarah Giraudeau, Julien Boisselier, Jean-Paul Bordes
accompagnés par le Manhattan Jazz Band (Xavier Bornens, François Fuchs et Aidje Tafial)

du mardi au samedi à 21h
matinée le samedi à 15h

pour 100 représentations exceptionnelles

au Théâtre La Bruyère
5, rue La Bruyère
75009 PARIS

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