La mise en scène délicate de Charlotte Rondelez et la proximité avec les comédiens nous font ressentir tour à tour la timidité de la jeune Laura, l’envie d’évasion de son frère Tom, le désarroi et la manipulation de leur mère, Amanda. Cette dernière est source à plusieurs reprises, à la fois à ses enfants et à nous spectateurs, des moments de gêne. Parce qu’elle est excessive, d’un autre temps et désenchantée. Et qu’elle pense que le bonheur de sa fille, voire du sien, dépend d’un bon mariage.
Le fait que le mari et père ait quitté le foyer n’a pas aidé à la cohésion de cette famille. Tout est question d’équilibre mais l’ensemble apparaît bien bancal.
Le quatuor de comédiens nous bouleverse. Ophelia Kolb, discrète et maladroite Laura, est touchante. Elle a reçu le Molière 2019 pour comédienne dans un second rôle.
Les excès de Cristiana Reali ne manquent pas de saveur. Charles Templon est un travailleur et rêveur qui boue littéralement de ne pouvoir vivre sans contraintes.
Leurs silences sont tout aussi fascinants à observer. Notamment quand Amanda et Tom ne se parlent pas un matin, elle sur un bord de la scène, lui derrière la table. Félix Beaupérin, le prétendant, a le charisme et le charme qui siéent parfaitement à son personnage.
PS : j’avais vu cette pièce il y a plus d’une décennie. Je ne me souvenais plus de l’histoire. J’étais juste certain de l’avoir aimée. J’ai été heureux de redécouvrir le texte de Tennessee Williams ce mardi à Paris.
La Ménagerie de verre
de Tennessee Williams
Traduction : Isabelle Famchon mise en scène : Charlotte Rondelez
avec : Cristiana Reali, Ophelia Kolb, Charles Templon, Félix Beaupérin