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Elephant Man : Joeystarr et Béatrice Dalle poignants

Voix rocailleuse, démarche gauche, corps tatoué et fatigué, Joeystarr s’offre tout entier, et sans artifice pour cette version d’Elephant Man mise en scène par David Bobée.
Pas de masque pour suggérer la monstruosité du physique de John Merrick qui fascine tout autant qu’il répugne. L’imagination est de mise. Seules quelques images vidéo d’un visage déformé viendront aider le spectateur à entrevoir le pire.

David Bobée insuffle quelques étrangetés dans ce récit culte, et connu de beaucoup. Comme ces sœurs siamoises qui poussent la chansonnette, cette mort-vivante qui s’extirpe des tréfonds du décor. Ces projections vidéo qui viennent habiller les murs de l’hôpital.

Un personnage sulfureux fait son apparition : Jack l’éventreur, interprété par Luc Bruyère, mannequin et aussi créature nocturne du Cabaret Madame Arthur.

Et puis le couple de l’affiche s’unit enfin devant nos yeux. Qui est cette femme, toute de noir vêtue qui vient rendre visite à John Merrick ? Madame Kendal, une comédienne autant fascinée que passionnée par l’attirance qui peut naître de la différence et du handicap.
Car ce sont ces problématiques qui sont au cœur du récit de Bernard  Pomerance. Comment dépasser le physique pour ne retenir que le talent, la sensibilité, l’intelligence ?

Elephant Man

Elephant Man 
de Bernard Pomerance 
mise en scène de David Bobée
avec Joeystarr et Béatrice Dalle 

aux Folies Bergère
32 Rue Richer,
75009 Paris

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Jo au Théâtre du Gymnase : Audrey Fleurot comme vous ne l’avez jamais vue

Audrey Fleurot fait valdinguer son image de femme fatale et de beauté froide qu’elle incarne depuis sa consécration dans la série Engrenages.
Avec Jo au Théâtre du Gymnase, la comédienne montre des facettes méconnues de son talent. C’est bluffant, jubilatoire et détonnant.

 

photo Pascal Victor

Antoine (Didier Bourdon), auteur de théâtre de boulevard, se décide à commettre un crime.
Il se documente, prépare son coup. Pour cacher son jeu, il fait croire qu’il change de registre et se met à l’écriture d’une pièce policière. Sylvie (Audrey Fleurot), sa femme comédienne, est aux anges. Elle va enfin pouvoir montrer l’étendue de son registre. Seulement elle n’est pas adepte du jeu intériorisé.

Une série de déconvenues comme l’arrivée d’une sculpture immonde dans le jardin, une belle-mère collante, des visites impromptues, vont finir par compromettre le scénario de crime parfait imaginé par Antoine.

Photo Pascal Victor

Audrey Fleurot

Audrey Fleurot exubérante à souhait

C’est une sorte de mise en abyme pour Audrey Fleurot. Elle incarne une comédienne qui souhaite casser son image, ce que fait la rousse incendiaire chaque soir en incarnant Sylvie, une femme légère, à l’opposée totale de ses autres grands rôles.

On sent qu’Audrey prend un malin plaisir à surprendre et désarçonner son public. Ses tenues de scènes colorées, sa capacité à surjouer ou à se vautrer sur la moquette pour les besoins de son personnage, sa malice sont étonnantes. On ne la reconnaît plus.
Alors quand elle se met à pousser la chansonnette, c’est comme si on se prenait une déflagration. Avoir choisi un tel rôle est audacieux et génialement barré !
Certains pourront lui le reprocher. Nous on jubile de bonheur.

A ses côtés, Didier Bourdon est excellent en mari prêt à tout pour dissimuler les égarements de jeunesse de sa femme.
Dominique Pinon est un inspecteur Ducros implacable mais avec quelques faiblesses.

Jo est une farce délirante qui est capable d’aller loin pour faire rire.

Audrey Fleurot
photo Fabienne Rappeneau

Jo

d’Alec Coppel
adaptation : Claude Magnier

nouvelle adaptation et mise en scène : Benjamin Guillard

Avec Audrey Fleurot, Didier Bourdon, Dominique Pinon
Jérôme Anger, Guillaume Briat, Didier Brice, Clotilde Daniault, Grégory Quidel, Bernadette Le Saché, Jennie-Anne Walker

au Théâtre du Gymnase – Marie Bell
38 boulevard de Bonne Nouvelle
75010 PARIS

du mardi du samedi à 21h
matinée : samedi à 16h

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Palace sur scène @ Théâtre de Paris : la part belle aux comédiens

PALACE, la série culte qui a bercé notre enfance se retrouve adaptée sur scène. Au-delà de l’humour, du 3e voire 4e degré, du non-sens, ce qui a marqué c’est le casting  incroyable.
Au Théâtre de Paris, Jean-Michel Ribes, auteur et metteur en scène, a formé une troupe absolument brillante.
Voici nos chouchous choisis par Ribes parmi plus de 300 artistes castés.

Palace sur scène Palace sur scène

Joséphine de Meaux is the one

La nouvelle Lady Palace ne manque pas de panache et de classe.
Dans sa robe jaune, elle dispense ses meilleurs conseils aux clients pour maintenir leur standing dans un palace. La priorité étant de baigner dans l’opulence financière. Le reste suivra tout naturellement.
C’est Joséphine de Meaux qui reprend le rôle et il lui va comme un gant. Elle est pétillante à souhait. Sa silhouette, son élégance, participent au charme qu’elle répand sur le public.
Bravo à Joséphine, elle nous a fait totalement oublier Valérie Lemercier, la créatrice du rôle pour la télé.

Rodolphe Sand truculent à souhait

Pas facile de porter comme nom Anus et d’avoir un transit laborieux, ni de déclarer sa flamme à son meilleur ami, ni même de se retrouver bloquer sur un escalier.
L’avantage est que le combo peignoir et mules va à merveille à Rodolphe Sand, tout comme son costume de trublion pour les séquences Soyez Palace chez vous !
Le comédien donne à voir ses multiples talents et son don de caméléon en se lovant avec aisance dans plusieurs rôles.
Elle n’en a pas l’air mais sa performance est physique. On l’imagine courir dans les coulisses pour changer de costume.

Philippe Magnan la force tranquille

Tour à tour bourgeois partouzeur, serveur ou académicien à l’article de la mort, Philippe Magnan impose son style. Pas d’éclat, tout est dans la subtilité, mais son jeu n’en est pas monotone pour autant.

Palace sur scène

Coulisses du spectacle

Jean-Marie Gourio, co-auteur de Palace sur scène, a confirmé lors de notre rencontre le cousu-main pour chaque comédien du spectacle :
“Une fois totalement écrit, on a cousu le texte sur les comédiens durant les répétitions On retouche toujours pour qu’ils soient joyeux sur scène. S’ils n’aiment pas une phrase, une réplique, on la change, pour que chacun puisse jouer avec un matériau qui lui plaise.”
L’originalité du spectacle est ce mélange de sketchs et d’intermèdes musicaux. Le comédien Eric Verdin évoque l’esprit de troupe :
On se nourrit beaucoup les uns les autres.
Je suis comédien et c’est la première fois que je travaille avec des danseurs. Je me nourris des danseurs, de leur énergie et de leur tonicité. J’entre sur scène porté par leur immense énergie. C’est nouveau pour moi,  c’est une expérience différente et stimulante.”
Palace sur scène
Seul regret : que l’une des plus belles répliques de la série soit absente de cette adaptation de Palace sur scène. Je vous laisse juge :
“Il a un anus trop artificiel pour être honnête !”

Un chef-d’œuvre que je ne comprenais pas quand j’étais petit et qui faisait marrer mon père, alors je répétais la phrase. J’ai compris le sens exact quelques années plus tard.

Palace sur scène

PALACE

d’après la sérié télévisée de Jean-Michel Ribes
adaptation Jean-Marie Gourio & Jean-Michel Ribes
mise en scène Jean-Michel Ribes

avec Salim Bagayoko, Joséphine de Meaux, Salomé Dienis-Meulien,Mikaël Halimi, Magali Lange, Jocelyn Laurent, Philippe Magnan, Karina Marimon, Gwendal Marimoutou, Coline Omasson, Thibaut Orsoni, Simon Parmentier, Christian Pereira, Alexie Ribes, Rodolphe Sand, Emmanuelle Seguin, Anne-Elodie Sorlin, Alexandra Trovato, Eric Verdin, Philippe Vieux, Ben Akl, Armelle Gerbault

au Théâtre de Paris
15 rue Blanche
75009 PARIS
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Les Beaux : Elodie Navarre et Emmanuel Noblet, un couple choc

  • Ça calme un peu.
  • Ça décape !
  • Faut digérer.

Échange spontané entre 3 spectateurs à la sortie de la pièce Les Beaux.
Le texte de Léonore est percutant. Forcément, il renvoie à notre conception même du couple dans ce qu’il peut avoir de plus beau mais aussi de plus dramatique, de plus destructeur parfois pour ses membres.
La partition servie avec une intensité rare par Elodie Navarre et Emmanuel Noblet nous capte, interroge et bouleverse.
Un grand moment de théâtre sur la scène du Petit Théâtre Saint-Martin.

Radiographie d’un couple 

Ça commence plutôt mal. Un couple qui baigne dans l’amour niais, dont les membres sont inconditionnellement dans la surenchère de la guimauve. Une caricature !
Est-ce le début d’une histoire ? La naissance de sentiments amoureux cause certains dommages dans la mièvrerie.
Ou est-ce une pure invention ?

Ce couple parfait, beau est confronté à son double orageux, violent. Ce double commence à émerger par le son et ensuite prend corps sur scène.
Ce sont les parents d’Alice, une petite fille qui se trouve malgré elle au cœur de la souffrance psychologique de son père et sa mère et source d’un conflit qui semble ne plus pouvoir s’arrêter.

L’écriture de Léonore est fine, intelligente, surprenante. Le nouveau couple que nous allons suivre est dramatiquement en guerre et pourtant il y a des pointes d’humour qui jaillissent. Et c’est absolument brillant.
Nous ne sommes pas dans la moquerie mais certaines saillies sont tellement justes qu’elles poussent à rire.
Et c’est ce mélange de genres qui nous capte. J’ai ressenti l’énergie de Trainsporting à un moment. Cru voir quelques instants clés de ma vie amoureuse aussi.

Élodie Navarre et Emmanuel sont parfaits.
Elle, au bord du précipice, amorphe mais résistante, lui pantin désarticulé qui gesticule sans raison.

A travers cette histoire de couple émerge aussi une plaidoirie touchante sur l’enfance. Heureux celles et ceux qui la saisiront.

Les Beaux

de Léonore Confino 
mise en scène : Côme de Bellescize 

avec Élodie Navarre et Emmanuel Noblet 

du mardi au samedi à 21h

au Petit Théâtre Saint-Martin
17 rue René Boulanger
75010 PARIS

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La Dame de chez Maxim de Zabou Breitman : Léa Drucker est extra !!

Zabou Breitman rajeunit Georges Feydeau avec sa mise en scène de La Dame de chez Maxim.
Le Théâtre de la Porte Saint-Martin accueille ses audaces, sa délicieuse irrévérence et ses traits de génie pour emporter le public chaque soir.

Et dans le rôle de la Môme Crevette, immense joie de retrouver la truculente Léa Drucker. Elle est une vraie tornade sur la scène qui emporte tout.
Cette pièce est déjà un must-see de cette nouvelle saison théâtrale.

La dame de chez Maxim

Farandoles de génies

Georges Feydeau n’a pas le monopole du génie. Il faut compter sur celui de la metteure en scène, des comédiens, des costumiers, perruquiers et décorateurs.

Dès le début de La Dame de chez Maxim, j’ai flashé sur l’incroyable folie capillaire de Monsieur Petypon, sa hauteur, sa mèche qui batifole à chaque mouvement. Elle est suivie de près par celle de madame son épouse, une incroyable choucroute. Brillant !

Et puis l’apparition. Son entrée serait digne d’une meneuse de revue si l’escalier comptait plus de marches. La Môme Crevette est belle, légère, piquante et elle gouaille avec panache.
Notre cœur n’en peut déjà plus de l’observer. Celui du général en visite chez son neveu non plus.
Seul l’homme qui a invité cette danseuse du Moulin-Rouge dans son lit lui refuse toute forme d’attirance. Ne voulant absolument pas célébrer son charme. Il passera son temps à la cacher, la brider, la faire taire.

Mais la Môme est rebelle, une punk avant l’heure et dégomme absolument tout.

La dame de chez maximLa dame de chez Maxim

Casting en or !

Léa Drucker est extra, vive et donne une nouvelle fois à voir son incroyable aisance à se métamorphoser.

Micha Lescot est absolument incroyable aussi. Sa silhouette longiligne m’a fait penser à Mister Jack (héros de Tim Burton). Ses bras, ses jambes, longs et fins, sont dans la surenchère de gestes. Et c’est fascinant à observer.

Des idées brillantes de mise en scène fusent comme ces hommes (aussi bien imberbes que barbus ou moustachus) interprétant des femmes. Ce pompon qui traîne depuis le début sur scène et qui sera enfin tirer à un moment clé de la pièce.

La Dame de chez Maxim n’a pas fini de faire chavirer les cœurs des spectateurs et d’emporter les vagues d’applaudissements.

La dame de chez maxim

La Dame de chez Maxim

de Georges Feydeau
Mise en scène : Zabou Breitman

avec Léa Drucker, Micha Lescot, André Marcon, Christophe Paou, Eric Prat, Anne Rotger, Valérian Béhar-Bonnet, Philippe Caulier, Ghislain Decléty, Solal Forte, Constance Guiouillier, Pierre-Antoine Lenfant, Damien Sobieraff, Pier-Niccolò Sassetti


au Théâtre de la Porte Saint-Martin 
18, boulevard Saint-Martin
75010 PARIS

du mardi au vendredi à 20h
samedi à 20h30
matinée le dimanche à 16h

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Deux moi : Cédric Klapisch, l’éternel amoureux #critique

Cédric Klapisch ne cesse de célébrer son amour de Paris, de ses contemporains, des choses de la vie. La preuve avec son dernier film Deux moi.
Son cinéma regorge de clins d’œil, de moments de grâce, de petits bonheurs, de douceurs et d’émotions.
Il est bon de se laisser emporter dans cette histoire en bord de voies ferrées.

François Civil
Avant-première à Paris

Ce n’est pas parce qu’Ana Girardot et François Civil campent des paumés qu’ils n’en sont pas moins séduisants.
Les yeux de Mélanie et Rémy sont un peu fatigués, les corps manquent d’élan, les cheveux pourraient être plus éclatants. Il y a bien un mal qui couve en eux mais lequel ?
Solitude ? Burn-out ? Lassitude ? Un mal de notre monde qui ne tourne pas génialement rond ?
Ils ne savent pas trop et nous non plus.

Alors ils vont se faire aider. Rémy d’un psy sur sièges au bout de sa carrière (pétillant François Berléand), Mélanie d’une psy sur canapé (irrésistible Camille Cottin).

Deux moiDeux moi
Palpitations de la vie sur fond de comédie romantique

Cédric Klapisch nous embarque dans son Paris où les solitudes se croisent sans se remarquer. Le réflexe pour la majorité : le portable (tel ou ordi). Il est censé tout résoudre et nous faire rencontrer l’être aimé. Regardez autour de vous quand le générique de fin est lancé ; combien de tel s’éclairent. Leur propriétaire ne prenant même plus le temps de savourer ce qu’ils ont vu, de céder à la légèreté.

deux moi François Civil

Et Deux moi mérite la déconnexion, pendant bien sûr mais aussi avant et après. Pas de perturbation, ce film est un cocon. Il mérite même le recueillement dans les minutes qui suivent la fin de l’histoire.
Ne pas forcément parler, ni échanger tout de suite. Juste aimer cet instant, ces moments de peines et rires passés avec Mélanie, Rémy et tous les autres.
Et nous retrouver forcément en eux.

Bien sûr, il y aura quelques frustrations : ne pas être du bon côté de la paroi de douche avec François Civil.
Ne pas pouvoir se blottir contre Ana Girardot pour la réconforter.
Ne pas ressentir la douceur des poils de ce petit chat sous la main.

deux moi

Deux moi

de Cédric Klapisch
avec François Civil, Ana Girardot, Camille Cottin, François Berléand, Simon Abkarian, Eye Haïdara

Sortie en salle le 11 septembre 2019

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Tant qu’il y aura des coquelicots : ode à la transmission et à la poésie

Cliff Paillé, à la fois acteur et auteur de la pièce Tant qu’il y aura des coquelicots, nous replonge dans ses souvenirs d’enfance. Lorsqu’il n’était encore qu’un petit bourgeon de 10 ans, enfermé dans un monde guère plus grand qu’un ballon de football.
La pièce fera sa rentrée à Paris à l’Essaïon Théâtre à partir du 
5 septembre.

Tant qu'il y aura des coquelicots
Photo © Le petit objectif

Ode à la transmission, au plaisir d’apprendre, de découvrir, de lire…

Issu d’une famille plutôt populaire, asséché par le divorce de ses parents – apparemment plus occupés à se séparer qu’à l’aimer – le terreau n’est pas très fertile pour le petit Paul.
Seul rayon de lumière : sa grand-mère, chez qui il va passer ses vacances. Elle adore lui lire des histoires mais Paul est plus intéressé par la chaleur humaine de sa poitrine généreuse.

Arrive enfin le soleil ! Au travers d’une maîtresse remplaçante bien décidée à transmettre le goût de la lecture à ses élèves, quitte à les bousculer un peu. Lyne Lebreton, toute de rouge vêtue, incarne à merveille cette jeune institutrice habitée par le désir d’ouvrir grand les portes de la curiosité à ces jeunes pousses…
Et ce désir, elle va le leur transmettre par de multiples jeux ancrés dans leur réalité, qui vont éveiller en Paul un questionnement infini qui n’aura plus de retour en arrière possible…

Tant qu'il y aura des coquelicots
Photo © Le petit objectif

Un pur moment de poésie

On rit, on est ému, on se rappelle, à voir les difficultés que rencontre le jeune Paul dans l’apprentissage de la lecture puis de la littérature. Il compte le nombre de pages, il s’impatiente, il ne voit que le sens propre des mots alors que son institutrice lui demande de trouver le sens caché de chaque chose, les sentiments, le pourquoi, les secrets derrière les difficultés…

À travers des chansons de Barbara, interprétée magnifiquement par la comédienne, la maîtresse/artiste parvient à répondre à la question de ses élèves : « A quoi ça sert la poésie ? »

Étape par étape, dans une relation fusionnelle avec sa maîtresse, le jeune Paul se prend au jeu. Il finit par développer son imagination et surtout impliquer son propre imaginaire dans les grands textes des autres…

Quand on sait que l’acteur de Tant qu’il y a aura des coquelicots, Cliff Paillé, en est à la fois l’auteur et le metteur en scène, on se dit que cette institutrice a décidément fait du bon travail et que le bourgeon est aussi devenu coquelicot…

by Damien Val

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Tant qu’il y aura des coquelicots

Écrit et mis en scène par Cliff Paillé
avec Lyne Lebreton et Cliff Paillé

du 5 septembre au 23 novembre 2019

à l’Essaïon Théâtre
6, rue Pierre au lard
75004 Paris

Spectacle récompensé aux P’tits Molières 2018 : meilleur spectacle, meilleur acteur et coup de cœur

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Le Roi Lion 2019 : le live action Disney à l’esthétique parfaite

Disney frappe fort cet été en sortant, 25 ans après, le live action* du classique d’animation Le Roi Lion 2019.
Jon Favreau – qui avait déjà porté à l’écran Le Livre de la Jungle – est à nouveau à la réalisation et offre des images magnifiques pour cette nouvelle version du film qui a émerveillé et fait pleurer tant de spectateurs.

Les bandes-annonces découvertes il y a quelques mois nous mettaient déjà l’eau à la bouche. La scène d’ouverture mythique avec la chanson The Circle of Life du film d’animation reprise plan par plan pour le nouveau film était juste sublime. Disney avait réussi son coup ! Nous faire rêver en appuyant sur la corde sensible de la nostalgie.

En sortant de la projection du film en VO, j’ai un avis plutôt positif sur ce remake. Je ne suis pas méga fan des live action en général que Disney a sorti récemment, Le Livre de la Jungle et Aladdin m’ont plutôt déçu. Mais Le Roi Lion 2019 me réconcilie avec le genre.

Le roi lion 2019

Tout d’abord c’est BEAU !

Jon Favreau a fait un travail de dingue sur les images. C’est vraiment une transposition de l’animation dans le monde réel. On a vraiment l’impression que l’on pourrait trouver Pride rock et Pride lands au milieu de la savane africaine. Les décors sont tout simplement sublimes et les animaux sont plus vrais que nature. Et malgré le fait que les personnages ressemblent à de vrais animaux, ils ont tout de même réussi à ce que nous, spectateurs, retrouvions en un coup d’œil les personnages de notre enfance. C’est fou !

Le Roi Lion 2019

Coup de cœur pour la musique

Hans Zimmer, Time Rice, Lebo M et Elton John ont collaboré à nouveau à la  BO. Elton John interprète d’ailleurs la chanson du générique comme dans le film original, mais avec un morceau inédit Never Too Late. Les nouveaux arrangements des anciennes chansons et les musiques qui accompagnent les scènes du film en background sont vraiment très bons. Cela se rapproche beaucoup des musiques de la comédie musicale Le Roi Lion. Il y a beaucoup plus de percussions et ça colle parfaitement à l’ambiance du film. La BO originale mythique est ici sublimée.

Le casting vocal est 5 étoiles. On retrouve Beyoncé (Nala), Donald Glover (Simba), John Oliver (Zazu) ou encore Billy Eichner et Seth Rogen (Timon et Pumba). Et quel plaisir d’entendre à nouveau James Earl Jones la voix originale de Mufasa !

Le personnage de Nala est un peu plus développé dans cette version.  On peut observer une véritable volonté de la part de Disney de développer les personnages secondaires féminins et de les ramener au premier plan dans les nouvelles versions des classiques d’animation.
On apprécie d’autant plus la présence de Nala que cela nous permet d’entendre Beyoncé sur une chanson inédite : Spirit.

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Le duo qui vole la vedette

Timon et Pumba sont les vraies stars du film. Ils sont encore plus drôles que dans la version originale. Les deux acteurs choisis pour les doubler sont excellents et collent parfaitement aux personnages. Les blagues fonctionnent, il y a beaucoup de private jokes faisant référence au premier film notamment lors de la chanson Hakuna Matata et cela plonge le spectateur dans une certaine proximité/complicité avec les deux protagonistes. C’est une vraie réussite ! Les deux personnages aimés par le public, ils le seront encore plus.

Ce que j’ai vraiment aimé avec ce film c’est qu’il respecte l’original. Il n’y a pas de réécriture, d’ajout de personnage (si ce n’est les animaux dans le paradis de Timon et Pumba) ou encore de changement majeur comme il y a pu avoir avec les autres remakes. On retrouve ce que l’on a aimé dans notre enfance sous une autre forme. C’est très fidèle et ça fonctionne très bien.

Le roi lion 2019

Quelques regrets

J’aurais aimé retrouver des chansons du musical ou de Rythm of the Pride Lands dans cette version. Il y en a des magnifiques et cela aurait apporté un vrai plus au film. Je ne comprends pas pourquoi la chanson Be Prepared a complètement été modifiée. Les autres morceaux sont identiques ou très semblables à ceux du film d’animation. C’est pourtant une scène très importante de l’histoire où Scar donne de la voix et du coffre pour rassembler les hyènes. Le nouvel arrangement et la réécriture de la chanson rendent la scène moins impactante.
L’autre regret c’est le manque d’émotion des personnages. Disney humanise beaucoup les animaux dans ses films d’animation, ils sont donc très expressifs. Dans cette version, les animaux sont très réels, ils ont très peu d’expressions humaines, ce qui apporte du coup moins d’émotion au personnage et de fait au spectateur.

Est-ce que je recommande d’aller voir cette nouvelle version du film d’animation Le Roi Lion ?
Oui ! Il faut découvrir cette merveille esthétique !

Après est-ce qu’une personne n’ayant jamais vu le classique d’animation Le Roi Lion va trouver un intérêt au film ? Peut-être pas.

By Joan

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LE ROI LION 2019
de Jon Favreau


avec les voix originales de Donald Glover, Beyoncé, Billy Eichner, Seth Rogen, James Earl Jones, Alfre Woodard, Joghn Oliver, John Kani

en salle le 17 juillet 2019

 

* Précision qu’on parle de live action mais en fait toutes les images du film ont été recréées numériquement, ce n’est donc pas vraiment du live action car il n’y a pas de prises de vues réelles dans ce long-métrage. Néanmoins l’illusion est parfaite.

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Spectacle DREAMS : un songe glamour et sexy à l’Alhambra Paris

Le spectacle Dreams offre une plongée dans un monde de songes et d’imaginaire.
Lorsque l’esprit sombre dans l’inconnu et que la nuit s’empare de lui, il se met à vibrer d’une façon dont lui seul a le secret.
L’Alhambra Paris se met alors à l’unisson des divers artistes qui s’emparent de la scène pour faire le show. On navigue entre glamour soft et érotisme assumé. Et il y en a pour tous les goûts à ce niveau !

Le live pour maître-mot

Sur le côté de la scène un groupe prend place avant le début du spectacle. Une chanteuse reprend en live des tubes : Runnin’ (Beyoncé), Back to Black (Amy Winehouse), Smooth Criminal (Mickael Jackson)…
Ces performances vocales accompagneront les spectateurs durant les deux actes du spectacle Dreams.

Le live est forcément aussi du côté des numéros circassiens.
On est scotché par la dextérité de l’équilibriste sur les mains. Son passage est de haute volée.
La contorsionniste campe un Cupidon tout en douceur et volupté.

Spectacle Dreams
Photo © Gaëlle Pitrel

Et sans spoiler, le dernier numéro de rubans aériens en duo masculin est des plus torrides, tout en étant d’une maîtrise plus qu’impeccable. Un moment intense de virilité poétique.

Spectacle Dreams
Photo © Gaëlle Pitrel

Et c’est sans compter cette danse en mode lumière noire qui met tous les sens en éveil. Très très hot !

Spectacle Dreams
Photo © Gaëlle Pitrel

On ajoute à tout cela un poil de magie. Et le package cabaret est total !

Un spectacle envoûtant, mais…

Oui, Dreams est prenant, glamour et sexy.  Les jeunes hommes ont les abdos saillants et fermes. Les jeunes femmes (pas formatées pour le coup) aguichent la salle, parfois en reléguant le #metoo aux oubliettes. Les numéros de force et d’agrès sont parfaitement maîtrisés.

Spectacle Dreams
Mais les parties dansées ont une petite saveur en moins (à part celle en lumière noire). D’ailleurs, il ne faut pas s’arrêter à la première danse d’ouverture pour juger le spectacle.
Les deux actes manquent un peu de cohérence narrative.
Dans l’acte 1, il y a uniquement une narratrice espagnole, Emy Sotomayor, qui nous plonge dans l’univers de Dreams. Mais dans l’acte 2, on se retrouve avec le magicien qui communique avec le public et une voix-off tombée du ciel sur une intro de danse.

Si le spectacle Dreams pêche un peu sur la narration, le brio des artistes circassiens est bien là ! Et au final, on en prend quand même plein les yeux.

Spectacle Dreams

Dreams

Direction artistique : Inès Vandamme

jusqu’au 12 octobre 2019

du jeudi au samedi à 21h

L’Alhambra
21 Rue Yves Toudic
75010 Paris

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Circus Incognitus de Jamie Adkins au Théâtre de l’Atelier : jubilatoire !

Un Américain qui s’installe à Paris cet été avec comme seul but : divertir le public adulte et enfants, forcément ça intrigue. D’autant plus quand on connaît l’étendue infinie de son pays natal.
Jamie Adkins est de retour et à l’affiche du Théâtre de l’Atelier jusqu’au 11 août avec son Circus Incognitus jubilatoire !

Jamie Adkins est un homme-orchestre. Non qu’il sache jouer de plusieurs instruments (on n’a pas vérifié non plus). Non, il est à la fois acrobate, clown, funambule, jongleur et magicien.
Ce n’est pas un clown maladroit qui enchaîne les cabrioles calamiteuses. Il est effectivement très habille de ses mains et de son corps en général. On aurait plutôt tendance à dire : gentiment étourdi.Circus Incognitus
En tout cas, Jamie est doué dans la pratique de pas mal de disciplines que nous serions bien incapables de reproduire : sortir d’un carton mille et un accessoires (chaise, valise, balle rebondissante…). Jongler avec une chaise mais aussi la bouche : c’est quand même plus périlleux qu’avec les mains surtout pour les cervicales.
Il fait lui-même le roulement de tambour pour la pointe de suspense nécessaire au bon déroulement de ce spectacle.
Il arrive aussi à embrocher des oranges avec une simple fourchette bien calée entre les dents.

Circus Incognitus

Dans tout cela, il ne faut pas oublier un détail simple mais qui a toute son importance : un petit rire bien à lui, aigu et touchant.
Jamie parle peu sur scène, les rares fois qu’il le fait ce n’est pas forcément audible. Vous comprendrez pourquoi en allant le voir.

Le plus : les rires des enfants ! Le jour de notre venue, les bambins étaient en nombre dans la salle. Et la spontanéité de leurs réactions est une autre gageure de l’incroyable talent de cet artiste made in USA.

Circus Incognitus

CIRCUS INCOGNITUS
de Jamie ADKINS 

au Théâtre de l’Atelier
1 place Charles Dullin
75018 PARIS

du 3 juillet au 11 août 2019

mardi au samedi à 19h
matinée dimanche à 15h

durée : 1h05

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