Archives de catégorie : Spectacles

Le Malade Imaginaire – Daniel Auteuil : une bouffée de bonheur !

Daniel Auteuil s’offre l’un des rôles dont il rêvait : Argan, cet hypocondriaque génialement excessif.
Par sa mise en scène, Le Malade Imaginaire est joyeux à souhait, fidèle à l’esprit de Molière, tout en faisant la part belle à la complicité entre les comédiens. 

Sur la scène du Théâtre de Paris, la troupe d’Auteuil ne ménage pas ses efforts pour faire vibrer ce morceau de patrimoine qui est le nôtre. Un vrai bonheur !

Le malade imaginaire

Le malade imaginaire

Le Malade Imaginaire débute par un solo. Celui d’une jeune enfant qui se met à chanter a capella sur le bord de scène.
Derrière elle, un rideau qui dissimule Argan prêt à entrer en scène, assis dans son fauteuil. Daniel Auteuil nous a confié qu’à ce moment-là, il hésite toujours : garder les pièces en mains ou les laisser dans la poche de son costume.
Judith Berthelot, la jeune comédienne imperturbable, continue de chanter alors qu’elle perçoit ce jeu de pièces à ses oreilles. Le professionnalisme à 10 ans ! Respect.
Les autres comédiens eux se tiennent par la main avant de se dévouer entièrement à leur performance.

Le théâtre est cette chose précieuse qui à la fois est capable de partager des instants de vie incroyables et de dissimuler d’aussi beaux moments hors-champ pour les spectateurs.

Argan entre en scène et la joie ne va plus nous lâcher pendant les deux heures de comédie, de virevoltants rebondissements, de traits de génie et de profonde générosité des comédiens et comédiennes.
Ce monologue est assez surprenant, c’est comme un sas qui nous permettrait d’entrer dans la langue de Molière.Ce que confirme Daniel Auteuil : « Comme si Molière avait tout prévu, il y a 4 siècles. »

Le malade imaginaire

Leçon de mise en scène par Daniel Auteuil 

Jean-Marie Galey est l’un des premiers à nous éclairer sur le travail de Daniel Auteuil : « Il nous a fait travailler nos personnages. Il n’a quasiment pas jouer. Il nous reprenait sans arrêt. »
Aurore Auteuil de rajouter : « On travaillait beaucoup, de 10h à 19h, et sans pause. »
Mais il faut aussi assurer un break, comme le Jean-Marie  précise : « C’est bien de s’arrêter 10 jours avant la première. Ça permet d’incuber, d’infuser comme un thé. » 
L’intéressé, Auteuil, avoue : « C’est une de mes aventures préférées au théâtre. Je suis content que tout le monde trouve les comédiens formidables. »

Le Malade imaginaire

« J’aime l’idée de troupe. On est une bande de jeunes ! »

Mais est-ce le comédien ou le metteur en scène qui est face à ses partenaires ?
« Il a son oeil gauche sur nous. A l’oeil, on sait où il faut aller », confie Jean-Marie.
Après chaque représentation, il y a un debriefing de la pièce. Ce qui serait plutôt rare au théâtre. « Ce sont des impressions plutôt que des notes, un ressenti », précise Daniel Auteuil.

Natalia Dontcheva n’hésite pas à partager : « Nous avons droit un soir à la meilleure remarque : « Vous savez ce que vous avez fait ! » Il n’est pas évident ensuite de trouver le sommeil. » Parce que le metteur en scène n’a donné aucune autre indication pour préciser son ressenti.
Natalia de rajouter : « Il joue un tyran sur le plateau. Il y a quelque chose qui reste après. »

« Daniel Auteuil nous a toujours dit : faites toute ce que vous voulez, mais soyez sincères » 

« C’est une aventure, une pièce de théâtre. C’est important que l’on apprenne des choses de la vie. Que ce ne soit pas que du travail. Je suis touché par l’enthousiasme, leur implication. »

Et une aventure intergénérationnelle comme le conclue Victoire Bélézy qui incarne Angélique : « Il y a un partage très fort entre toutes les générations de comédiens. Ce que j’aime énormément. Auteuil a créé une équipe soudée. »

Le malade imaginaire

Le Malade Imaginaire
de Molière

Mise en scène : Daniel Auteuil
avec Daniel Auteuil, Alain Doutey, Aurore Auteuil, Victorine Bélézy, Pierre-Yves Bon, Natalia Dontcheva, Jean-Marie Galey, Gaël Cottat, Loïc Legendre, Cédric Zimmerlin, Laurent Bozzi.
En en alternance : Judith Berthelot, Nina Schmitt, Heloïse Bacquet

au Théâtre de Paris 
15 rue Blanche
75009 PARIS

du mercredi au samedi à 20h30
matinées : samedi à 17e et dimanche à 15h30

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Obsolescence Programmée : l’humour salvateur d’Elisabeth Buffet

L’obsolescence programmée, Elisabeth Buffet se la prend en pleine face et en public au Théâtre du Marais.

L’humoriste est redescendue de sa barre de pole-danse, non sans mal. Fini la fête, les rencontres qui rendent minable au réveil et les blagues cucu.
La Buffet réactualise son portrait avec les nouvelles données liées à son âge. C’est cynique à souhait, drôle et réaliste.

Obsolescence programmée

Elisabeth Buffet ne s’épargne pas avec son nouveau spectacle, Obsolescence Programmée. Elle ne cache pas le poids des années sur son corps. Le douloureux constat que les hommes commencent à manquer d’attrait pour ses atours.
Bubu est une quinqua – qui plus est célibataire et sans enfant – reconsidérant son rapport aux autres et à elle-même.
C’est cash, sans injection de botox, ni de gaine pour affiner la ligne.

Bubu, faut l’accepter comme elle est ! 

Élisabeth débute avec des Alexandrins pour mieux dézinguer le souvenir de ses anciens sketchs. Elle pousse la chansonnette histoire de déstabiliser son public. Et elle s’accorde même une chaise en plexi histoire de souffler un peu.
Qui lui en voudrait ?
Son humour est toujours aussi percutant, son écriture excelle dans la finesse. Elle aime les mots, joue avec et partage des traits d’esprit excellents.

Élisabeth Buffet, on l’a aimée en quadra, mais on la kiffe tout autant en quinqua, un poil désabusée mais très réaliste.

Obsolescence programmée

Élisabeth Buffet
Obsolescence programmée

Jusqu’au 30 avril 2019

Du jeudi au samedi à 20h
Dimanche à 16h

Théâtre du Marais
37 rue Volta
75003 Paris
Tel. 01 71 73 97 83

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Cyrano ostinato fantaisies : immersion réussie

Cyrano ostinato fantaisies nous entraîne dans les coulisses d’une création théâtrale. Une metteuse en scène, attendant un heureux événement, se lance dans l’adaptation du chef-d’œuvre d’Edmond Rostang.

Sur la scène du Théâtre Lepic tout ne se passe pas à merveille. Les répétitions sont calamiteuses, les esprits s’échauffent mais nous nous attachons très vite à cette troupe devant nous.Cyrano Ostinato Fantaisies

Cyrano de Bergerac n’en finit pas d’inspirer les artistes et de séduire les foules. Le pari de cette création immersive est de vivre à la fois la tension qui se joue en coulisses (ce que le spectateur ne voit habituellement jamais), et de ressentir ce que le texte a comme impact sur ses interprètes.
Quelques-unes des plus belles scènes de Cyrano nous sont données en toute intimité, dans un dépouillement de décor mais non sans ingéniosité et émotions.

Cyrano Ostinato Fantaisies

On se prend à aimer ces acteurs qui se débattent entre leur survie, leur histoire d’amour, leurs erreurs et les non-dits.
Il y a beaucoup de finesse dans l’écriture de ces portraits qui vibrent à quelques centimètres de nous.

Cyrano ostinato fantaisies c’est aussi bien une comédienne vous prenant la main pour vous chuchoter un monologue dans l’oreille qu’un couple d’hommes amoureux. Mais aussi la scène du balcon (avec Roxane, Christian et Cyrano) transposée dans la régie du Théâtre Lepic.
Sublimes instants en suspension.Cyrano Ostinato Fantaisies

Cyrano ostinato fantaisies
création de Sébastien Bonnabel

avec Pauline Cassan, Marie Combeau, Marine Dusehu, Marie Hennerez, Pascale Mompez, Eric Chantelauze, Philippe de Monts, Stéphane Giletta, Emanuele Giorgi, Kévin Rouxel
et Zsuszanna Varkonyi à l’accordéon

au Théâtre Lepic
1 Avenue Junot
75018 Paris
Tel. 01 42 54 15 12

tous les dimanches à 20h30
et vendredis à 21h

jusqu’au 19 mai 2019

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Toruk : coulisses et secrets de création du Cirque du Soleil

Quelques heures avant la premère parisienne, nous avons eu la chance de visiter les coulisses de Toruk, le premier vol à l’AccorHotels Arena.
Cette production gigantesque du Cirque du Soleil a déjà conquis une vingtaine de villes à travers le monde. 

Visite en backstage et découverte des secrets de conception de ce show époustouflant.

Toruk coulissesToruk coulisses

Toruk, fidèle à l’univers de James Cameron 

Le spectacle Toruk a nécessité 5 ans de conception. Le Cirque du Soleil a travaillé en étroite collaboration avec James Cameron et l’équipe artistique du film Avatar, pour être le plus fidèle possible à l’univers des Na’vis.
La bible de Pandora, le document de production référence, a pu être consultée notamment pour la conception des créatures en version marionnettes.
Ainsi, sur la piste, nous retrouvons des bêtes authentiques, présentes dans le premier volet d’Avatar et d’autres inédites comme l’austrapède ou la tortue.
Et chose surprenante : ce sont les marionnettistes qui produisent, en direct, les sons des bêtes qu’ils manipulent.

Toruk coulisses

Toruk coulisses

Le Toruk– un dragon qui pèse 115 kilos et déploie ses ailes sur 15 mètres – a droit à 5 marionnettistes qui associent leur voix pour lui assurer son cri effrayant.

Enfin, la marionnette de l’Equidius est équipée d’une caméra et d’un écran intérieur pour permettre de aux deux manipulateurs de voir de gérer leurs déplacements sur scène.

Toruk coulisses
Les Frenchises Vincent, Priscilia et Jordan

Artistes na’vis

Les 45 artistes sur la piste sont à la fois acrobates et comédiens en interprétant des na’vis. Le Français Jordan Delvingt qui assure le rôle de Ralu nous confie que ce spectacle est un vrai challenge physique. Il faut gérer les acrobaties et les flexions (propres aux Na’vis) en portant une queue. Sans compter l’interprétation de son personnage et la pratique de la langue Na’vi.
Malgré sa condition physique, Jordan ne peut pas assurer le rôle de Ralu quand le spectacle se joue deux fois en journée,  comme le samedi et le dimanche. Pour la seconde séance, il alterne avec des personnages secondaires.

Toruk coulisses

Toruk coulissesToruk coulisses

Confidence de l’attachée de presse qui nous permet cette visite : certains artistes-athlètes lui auraient dit qu’ils étaient prêts à durcir leur entrainement pour prendre encore plus de plaisir en piste et  que la représentation soit ainsi moins éprouvante pour leur corps. Total respect !

Les artistes sont aussi spécialistes de leur propre maquillage qu’ils assurent à chaque représentation et qui représente 1 heure de concentration face au miroir.

Et si un artiste ne peut assurer son numéro un soir ? Un autre pourra prendre le relais, En fait, tout le monde peut se doubler et alterner. Il n’y a donc pas de doublure à proprement parler.
« Tous les scénarios sont prévus » par le Cirque du Soleil parce que « The show must go on ! »

Grâce à un système de poursuite lumière intelligente, appelée Black Trax, les artistes sont toujours dans la lumière, même s’ils leur arrivent de changer leur parcours. Les acteurs ont sur eux des capteurs qui permettent aux lumières de suivre tous leurs mouvements.
L’improvisation sur certains tableaux est donc possible.

Toruk coulisses

Toruk, le premier vol
par le Cirque du Soleil


du 4 au 14 avril 2019

Séance supplémentaire le vendredi 12 en matinée

à l’AccorHotels Arena
8 Boulevard de Bercy
75012 Paris

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Toruk coulisses

Toruk coulisses

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TORUK du Cirque du Soleil : immersion sensationnelle dans Pandora

Après Lyon, c’est au tour de Paris de célébrer la production spectaculaire Toruk, le premier vol, par le Cirque du Soleil. Une adaptation fidèle de l’univers d’Avatar de James Cameron – l’équipe artistique a eu accès à la bible de Pandora.
Le spectacle est époustouflant !

Toruk est une réussite totale en matière de costumes, maquillages, décor, projections vidéo, conception de marionnettes et création musicale.

Toruk Paris Toruk Paris

Toruk, sublime démesure

Dès notre entrée en salle, au vu de la piste qui occupe toute la fosse de l’Arena, on se doute que ce que nous allons voir sera inouï.
Au bout de quelques minutes seulement l’adhésion à cette adaptation scénique du monde d’Avatar, prequel du film par le Cirque du Soleil est totale. Les yeux ne savent plus où se diriger tant il y a avoir.

Devant nous, 45 artistes sautillent, courent, virevoltent chaque soir à travers les 2 000 m2 de piste. Pour le Français Jordan Delvingt qui incarne Ralu, l’un des personnages principaux du show, le compteur affiche 10 km parcourus en deux heures. Il n’y a aucun doute concernant la performance physique.

Les projections vidéo qui permettent l’immersion dans les différents décors et les ambiances d’Avatar se déploient sur la totalité de la piste. Quand une vague déferle, elle emporte tout et quand la terre tremble, la sensation visuelle est bluffante. En taille et en comparaison, la projection se déploie sur plus de 5 écrans Imax.
La prouesse technique est de paramétrer dans chaque nouvelle Arena où se produit le Cirque du Soleil.

Toruk Paris Toruk Paris

L’Odysée des Na’vi

Cette fois, ce ne sont pas les numéros qui donnent leur sens au spectacle mais le récit. On se trouve téléportés 3 000 ans avant Avatar pour suivre l’aventure de deux garçons Na’vis, Ralu et Entu, bientôt rejoints par la jeune fille Tsyal, lancés dans une course pour sauver leur arbre de vie.
Différentes épreuves jalonnent le voyage de ce jeune trio qui a la destiné de la planète Pandora sur les épaules.

Un conteur charismatique, qui ne tient pas en place et qui se produit aussi dans les gradins de l’Arena, porte le récit. Les dialogues entre les protagonistes eux sont en langue Na’vi, fidèles à Avatar. Paul Frommer, le concepteur de cette langue fictionnelle, a apporté son aide à la production pour que tout soit authentique.
Car certains fans absolus d’Avatar qui viennent voir Toruk connaissent leur Na’vi sur le bout des doigts. Aucun erreur n’est permise.

Même fidélité pour la conception des créatures qui peuplent ce monde fascinant. Toutes ces marionnettes ont été validées par l’équipe artistique de James Cameron. D’autant plus que certaines bêtes sont dévoilées en exclusivité. En effet, certaines ne feront leur apparition que dans les prochains épisodes d’Avatar.

Toruk Paris

TORUK, le premier vol est un spectacle unique en son genre qui offre des tableaux d’une réelle beauté. Une immersion dans un monde fascinant. Une odyssée palpitante qui emporte toute notre attention et nous donne même quelques frissons de plaisir.

Toruk Paris

Toruk, le premier vol
par le Cirque du Soleil


du 4 au 14 avril 2019

Séance supplémentaire le vendredi 12 en matinée

à l’AccorHotels Arena
8 Boulevard de Bercy
75012 Paris

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Gus l’illusionniste : en prendre plein les yeux @ Studio Champs-Elysées

Gus l’illusionniste a le don de multiplier les bouteilles de vin, réaliser un tour sans parler, jouer avec les super-héros de son enfance.
Sa maîtrise des cartes est totale. Un doigté qui calme tout le monde.
Il joue les prolongations au Studio des Champs Élysées. Conseil : n’attendez pas qu’il remplisse les Zénith de France pour le voir.

Gus l'illusionniste

Honnêtement, je pensais avoir (presque) tout vu en matière de magie et de mentalisme. Ce mercredi, je me suis bien fait avoir par le génial Gus.
Comme l’adolescent derrière moi : « J’ai cramé aucun truc ! »
Pourtant j’ai bien essayé. Gardant les yeux bien ouverts, évitant de trop me faire distraire par le magicien – qui a comme autre don, de créer une réelle empathie. Mais rien n’y a fait. Aucun indice. Quelques hypothèses, mais rien de probant.

Garder la pleine vigilance n’empêche pas le plaisir, le bluff.
Impossible de ne pas garder son âme d’enfant et d’avoir les yeux écarquillés du début à la fin.

Gus l'illusionniste

Et bonheur, Gus ne nous fait pas le coup, comme beaucoup d’autres, de raconter l’origine de sa passion pour la magie : « quand j’étais petit… » On gagne en temps et en efficacité.
Il parle beaucoup mais c’est pour mieux être en connexion avec son public.

Tous les rangs sont susceptibles de participer au spectacle : la chance !

Gus, l’illusionniste

Mise en scène Clément Naslin

du mercredi au samedi à 20h30
matinée le dimanche à 16h

Prolongations jusqu’au 4 mai 2019

au Studio des Champs-Élysées
15 avenue Montaigne
75008 Paris

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Rémi Larrousse au Théâtre Lepic : un illusionniste-conteur hors pair

Rémi Larrousse est de retour avec Songes d’un illusionniste, cette foisau Théâtre Lepic à Paris.
Avec une économie de moyens, l’illusionniste, poète et mentaliste nous embarque dans sa rêverie les yeux ouverts et au cœur de nos songes.

Rémi Larrousse

Interaction totale 

La réussite d’un spectacle de mentalisme c’est la participation du public. Ne pas sélectionner seulement une personne au premier rang – qui pourrait faire penser à un/une complice – mais mixer tous les rangs et essayer de faire vivre une expérience inédite à chacun. 

Rémi Larrousse réussit cet échange et bluffe tout le monde. 

Avec ce spectacle, il décide d’explorer nos rêves. Alors, il nous invite à nous en remémorer certains et à en sélectionner un seul. 

Les expériences sont diverses, comme créer une connexion entre plusieurs spectateurs pour que l’un d’entre eux devine les pensées des autres. Et ça marche !
Il fait dessiner aussi. 

Le talent de Rémi Larroussse est de savoir conter, nous captiver totalement, sans temps mort avec une conviction folle.

Songes d’un illusionniste est excellent,  d’une maîtrise qui laisse sans voix. On se laisse happer par le talent.
Un spectacle qui a de grandes chances de rester un mystère à la sortie de la salle.

Rémi Labrousse

Rémi Larrousse
Songes d’un illusionniste 

collaboration artistique : Valérie Lesort

au Théâtre Lepic
1 avenue Junot
75018 PARIS
réservation 01 42 54 15 12

du jeudi au vendredi à 19h
samedi à 18h et 21h
et dimanche à 16h30

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La Perruche aux Bouffes Parisiens : un vrai bonheur

Aux Bouffes ParisiensAudrey Schebat nous embarque pour une soirée entre rires, révélations et vérités frontales. L’auteure metteure en scène de La Perruche ausculte le couple avec une justesse rare. Il y a des mots qui troublent, d’autant plus quand ils font sens dans notre cœur.
2 représentations exceptionnelles le 4 mai 2019 ! 

La Perruche

Il est probable de se reconnaître dans certains traits de caractère et dans cette histoire d’amour, comme toutes les autres (?).
Barbara Schulz et Arié Elmaleh forment un couple presque parfait : 20 ans de mariage, un train de vie enviable, une garde-robe maîtrisée avec style.
Ce soir, ils reçoivent un couple d’amis, qui se fera attendre.

L’absence des uns va être le déclencheur d’un échange aussi intense, cash que révélateur.

Difficile aussi de ne pas reconnaître une situation contée par un.e ami.e, de ne pas nous retrouver dans notre incapacité à ré-accorder la mélodie de l’amour. Et surtout dans cette histoire : « il y a pleins de secrets dans cette pièce, de tiroirs » comme le dit Barbara Schulz, lors de notre rencontre.

La Perruche

Même s’il est question de séparation, cette pièce fait un bien fou car il y a toujours des saillies drôles qui viennent dédramatiser tout ce qui arrive.
L’écriture est excellente, palpitante provocante parfois aussi.

Audrey Schebat confie après la représentation : « j’ai mis un an et demi à écrire cette pièce. Au début, mes personnages ne voulaient que rire. Je me suis battue pour qu’ils s’affrontent. »

L’interprétation de Barbara Schulz et Arié Elmaleh est jouissive à souhait. Débutant dans la caricature puis laissant percevoir les aspérités, les motivations réelles. Un régal ! 

Bonus : le conseil d’Audrey à Arié pour son entrée en scène : « tu commences connard ! » Et le comédien de remarquer : «  plus je suis connard, plus les gens rient !« 

La Perruche

La Perruche
écrit et mis en scène d’Audrey Schebat
avec Barbara Schulz et Arié Elmaleh

reprise exceptionnelle le 4 mai 2019
représentations à 17h30 et 20h30

aux Bouffes Parisiens
4 rue Monsigny 
75002 PARIS 

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Le canard à l’orange à la Michodière : le génie de Nicolas Briançon

Le canard à l’orange à la Michodière est capable de combler tout le monde par sa qualité de jeu, son rythme et le talent de son metteur en scène.

Nicolas Briançon aime la scène, les comédiens et surtout le public qu’il entraine avec brio dans cette comédie d’un autre temps mais à laquelle il a su insufflé tout le tonus et la verve qu’il fallait pour qu’elle nous soit contemporaine. Il a voulu rendre hommage au théâtre de boulevard, au théâtre d’acteurs. Ce « plaisir presque régressif » est contagieux dans toutes les rangs du théâtre.

Le canard à l'orange

Comment te dire adieu ? 

Toutes les séparations, surtout après 15 ans de mariage, ne se font pas toujours dans la douceur et la pleine sagesse. Un soir, en Angleterre, Hugh Preston arrive à ses fins en faisant avouer à sa chère et tendre qu’elle a un amant. Liz compte justement partir avec ce dernier en Italie au cours du week-end.
Fair-play, Hugh accepte mais souhaite rencontrer cet homme, plus jeune que lui, qui ravit l’amour de sa vie. Son esprit facétieux le pousse à jouer de la situation pour entrainer sa secrétaire dans un coup monté de toute pièce au bénéfice de son épouse. La classe ?

La galerie de personnes de ce Canard à l’orange est génialement barrée et jubilatoire. L’homme trompeur qui se fait tromper. La femme qui part avec un plus jeune parce qu’elle en a assez que son mari ne s’occupe plus d’elle. L’amant charmant à l’accent affreusement belge. La secrétaire qui pulvérise tout ce qui bouge uniquement par la grâce de son corps. Et la bonne qui a bon dos de tous ces secrets.

Le canard à l'orange Le canard à l'orange

Leçon de mise en scène

François Vincentelli a une vraie complicité avec Nicolas Briançon qui l’a mis en scène la saison dernière dans Hard : « Nicolas a une bienveillance et une gentillesse, qu’ont tous les grands metteurs en scène. Il est une sorte de psychologue du comédien. C’est un pédagogue incroyable. 
Sur scène, il est un filin de sécurité pour nous. »

Nicolas Briançon souhaitait renouer avec le plaisir qu’il avait eu à voir Jean Poiret dans Joyeuses Pâques, à son arrivée à Paris : « c’est tellement joyeux de jouer un boulevard! »
Au sujet de son personnage : « Hugues flirte tellement avec la folie, l’alcoolisme, le plaisir du jeu. Ca rejoint des bonheurs d’acteur. Jouer un personnage qui aime jouer, c’est euphorisant. »

Il met en garde en revanche sur l’impression de facilité : « Ce théâtre-là ne fonctionne que si on est rigoureux. C’est ça la beauté et la grandeur de ce théâtre, comme Feydeau. Si on ne sert pas le texte, il nous écrase. Si on rate un temps, on met trois répliques à rattraper. » 

Le canard à l’orange 
une pièce de William Douglas Home
adaptation : Marc-Gilbert Sauvajon
mise en scène : Nicolas Briançon

avec Anne Charrier, Nicolas Briançon, Sophie Artur, François Vincentelli, Alice Dufour

au Théâtre de la Michodière
4 Bis Rue de la Michodière
75002 Paris

du mardi au samedi à 20h30
matinées : le samedi à 16h30 et dimanche à 15h30

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Le Cirque Electrique nous allume avec Cabaret décadent n°69

Le Cabaret décadent du Cirque Électrique a le don de nous allumer. Un cabaret qui nous émoustille avec un diamant brut pro de l’effeuillage et de pole dance. Un spectacle qui joue avec nos limites quand il s’agit de numéros de fakir ou de voltiges la tête en bas.
La revue électrique n°69 est un show qui n’a pas fini de nous surprendre avec les jeux d’équilibre, le feu ou encore son invité très surprenant de la semaine.

Le Cabaret décadent c’est l’audace sous chapiteau en plein Paris, de la musique live qui envahit tout le corps et qui colle parfaitement aux numéros.
A trop se frotter à ces gars et ces filles sur la piste on pourrait être tenté de se balader nu, de porter un corset quand on est un homme ou de ne plus avoir le sens de l’apesanteur quand on est une femme.

Bien sûr, on a nos chouchous : Otomo de Manuel, le MC à la voix démoniaque qui porte fier talons hauts et tatouages sur le torse.
Pierre infatigable génie de la pole dance avec talons hauts et muscles secs. On se prend à rêver que l’on pourrait aussi se jeter sur la barre.
Et Antoine qui tournoie lové dans sa roue cyr, avec ses chaussures vernies.

Ce cirque remue nos limites comme il peut nous être bienveillant et jouissif. Mais certains numéros pourraient tout de même vous secouer plus que vous le pensez.
Car au final, tout est charnel, efficace et puissant.

La revue électrique n°69 du Cabaret décadent nous donne envie de célébrer notre différence et de la hurler à la face du monde.

Marcopunk, guest de la semaine venu d’Espagne

Cabaret Décadent – Revue Électrique n°69

avec Amélie Kourim, François Borie, Constance Bugnon, Antoine Redon, Marie Le Corre, Mathieu Hedan, Pierre Pleven, Guillaume Leclerq, Otomo De Manuel
et les musiciens : Jean-Baptiste Very, Hervé Vallée, Maria Fernanda Ruette, Adrian Gandour…

jusqu’au 30 mars 2019

Le Cirque Électrique
Place du Maquis du Vercors
75020 Paris

du mercredi au samedi
Ouverture des portes : 19h
Début du spectacle : 21h

Restauration sur place possible
Table pour dîner à réserver pour le show

réservation : 09 54 54 47 24
reservation@cirque-electrique.com

Interdit aux moins de 17 ans

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