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AVBE : un premier EP “Dawn” musicalement abouti – #Interview

AVBE (prononcé aube), Raphaël Olivier, c’est un beau gosse qui vient de sortir un EP : Dawn.
On pourrait s’arrêter à son physique et ses yeux bleus qui rappellent le lac Michigan qui enserre Chicago, sa ville de cœur et de vie.
Mais non ! AVBE ce n’est pas que cette façade. Ce sont des choix musicaux assumés, une passion pour la musique qu’il transmet. Passion qui rythme sa vie depuis ses 3 ans, dans une famille qui se consacre à la musique.

Son titre Where I go nous a conquis à la première écoute. Et les six autres titres de son EP Dawn ( et ceux disponibles sur Youtube) sont tout aussi créatifs et accrocheurs.

Alors, on n’allait pas se priver de passer un moment en tête à tête à discuter musique avec lui. Une rencontre en mode terrasse chauffée, avant son retour outre-Atlantique.
Franchement, on a kiffé ce moment d’échange !

Avbe
Selfie interview pour USofParis

USofParis : Pourquoi avoir choisit Chicago ?
Avbe : C’était un peu un concours de circonstances. En fait j’ai bougé là-bas quand j’avais 15 ans. J’allais aller à New-York comme plein de Français qui bougent à l’étranger. Et en fait moi et ma mère, qui est musicienne aussi, on a eu cette occasion de partir là-bas à ce moment-là. En plus c’était les années lycée, les années où tu te constitues beaucoup. J’ai vraiment eu un coup de cœur avec cette ville, un truc identitaire. C’est marrant parce que j’ai passé un peu de temps à Los Angeles et quand je suis retourné dans cette ville, je me suis dit « C’est Chicago, il n’y a plus de question ! ».
À la base on voulait faire une année blanche, et cette année s’est transformée en trois ans. C’est vraiment un choix qu’on a fait tous les deux.
Tu connais cette ville ?

Oui, j’y suis déjà allé il y a quelques années. J’avais enchainé après une visite à New-York. C’est une ville qui a une âme particulière.
C’est un peu plus ancré que New-York. Los Angeles c’est l’entertainment, l’industrie.
Chicago est la troisième plus grande ville américaine mais c’est la première vraie ville américaine. C’est la ville du Midwest, du milieu des États-Unis. Et pour avoir une expérience américaine, il me semble que c’est un très bon point de départ. Une ville magnifique qui évolue très bien. Mais elle se gentrifie énormément.
C’est l’énergie américaine qu’on connaît bien.

Chicago
Vue Chicago @ USofParis

Mais pour moi ça a été surtout des rencontres. Des jeunes comme moi qui ne se posaient pas la question de faire de la musique. Ça s’est fait organiquement, naturellement. Ça a été vraiment le point d’entrée.
J’ai débarqué là-bas, je parlais un anglais niveau collège. Et les trois premiers mois, j’ai écouté comment les gens parlent, parce qu’avant tout, c’est un truc social. C’est pas juste le verbe et la conjugaison. L’idée c’est : « qu’est-ce que tu dis à quel moment ? ». Je m’imprègne de ça et au bout d’un moment je deviens très américain…
J’adore le base-ball, le foot américain. Ma copine est folle de foot américain. Je me fais les matchs du PSG à 13h et après on se fait les matchs de foot américain.

Avbe

Du coup tu vis depuis tes 15 ans à Chicago ?
Oui depuis 2012, ça fait  8 ans.
Quand j’ai eu mon bac,  je suis revenu en France. Je me tâtais à aller à Princeton, mais j’ai eu l’opportunité de venir au CNSM de Paris. Et du coup j’ai fait trois années complètes en France. Et après est revenu cet appel des États-Unis .
J’y suis retourné de plus en plus. Et maintenant j’ai la carte verte, je suis résident là-bas, je repars dans 3 jours.

Malgré la situation sanitaire ?
Oui, mais à Chicago ça se passe mieux qu’à Paris. C’est surtout dans les états du Sud que c’est la merde.

J’ai beaucoup aimé l’énergie de Where I go , cette chanson aurait presque pu faire un tube de l’été !
Ouais, ça devait être un titre de l’été.
J’aurais voulu le sortir début Juillet. Mais on a tourné le clip au début de l’été, donc c’était impossible de le faire à ce moment-là. Et à partir du moment où je sortais ce titre, il fallait la campagne de l’EP. Malheureusement c’était trop tôt.
Mais je l’ai sorti début septembre et  je suis très heureux car il a été

Where I go a l’esprit des six titres que l’on retrouve dans l’EP : un coté soleil. Après j’en ai que je préfère plus que d’autres comme Stick to itDown ou Sunflowers.
D’ailleurs s
ur Down il y a un truc plus particulier avec les cuivres ?
Oui c’est mon père au saxophone (Sylvain Beuf, NDLR)
Et  Stick to it et Sunflowers ne sont pas sur l’EP. Mais c’est gentil !

Et si tu as aimé Stick to itMoon en est très proche. Ce qui est intéressant dans ce morceau c’est que j’ai vraiment expérimenté au niveau du sound design. J’ai de la chance de faire de la musique pure. Sampler des trucs des machins, j’ai vraiment expérimenté.

C’est ce qu’il y a dans Sitck to it, beaucoup de voix samplées ?
En fait toutes les voix c’est moi. Que j’ai repiquées dans tous les sens,  je les ai pitchées.

Qu’est-ce que t’a apporté ta formation classique au CNSM?
Le CNSM a été une expérience très profonde pour moi.
Ça a été un immense cadeau car on est que sept de pris dans ce département. Je l’ai été guitare jazz et je faisais de la composition en option.
D’ailleurs mon chef de département jazz me disait « Passe moins de temps avec l’équipe de composition ». Moi je l’envoyais un peu se faire foutre car j’adorai ça.
Ça a été une grande pression. Car tu as ce côté élite très français des écoles supérieures. En fait au bout d’un an, je savais que j’allais arrêter. Je savais qu’il fallait que je me lance. Pour faire de la musique, pas en parler.

Tu me disais que tu aimes les arrangements sur Down, mais avec du recul, je les dois à mon prof du CNSM, François Théberge qui est un monstre musicien, qui nous a donné des trucs genre l’unisson sur la mélodie. Tu me parlais aussi de Sunflowers, et bien la mélodie c’est le même thème sur plein d’octaves et d’instruments différents. Ça donne une force à la mélodie. C’est un de ses conseils que je vais porter toute ma vie. C’est avant tout la mélodie qui est importante.

Avbe

Il y a un vrai rapport différent à la musique entre les Etats-Unis et la France ?
Il y en a plusieurs. La première qui me vient à l’esprit c’est l’approche la musique.
En France on est plus dans le style, l’esthétique, la scène en générale : la scène classique ou jazz. L’ensemble de jazz qui se produit sur une scène nationale ne pourra pas se produire au Zénith.
Il n’y pas cette question d’être au service de la musique contrairement aux Etats-Unis. On peut écouter n’importe quoi. C’est une vraie différence.
La musique européenne est profondément influencée par son histoire. Très établie par les écoles classiques.
L’autre différence c’est que la musique américaine vient de l’esclavage en partie et comment les esclaves ont métamorphosé cette culture. Et d’un autre côté toute la musique folk, la musique blanche, vient plus des traditions irlandaises et européennes.

Aux Etats-Unis, il y a un côté très brut dans la musique, ancrée dans la terre, dans l’histoire.
Quand tu écoutes un blues de Robert Johnson des années 30, il reste sur l’accord tant qu’il n’a pas fini sa phrase. Et ça c’est vraiment un héritage africain.

Et aussi aux Etats-Unis quand tu as une différence, c’est excitant : on te dit de la développer. En France, la différence est plus vue comme une problème.
Je l’ai un peu vu quand j’ai fais mon récital de fin de première année au CNSM. J’ai pris mon parti de jouer mes morceaux de jazz avec un son de country. Et je crois avoir fait un truc hyper honnête.  La première chose qu’on m’a dit c’est «  tu es hors des clous ». C’était un reproche.

Tu parles de musique de films, quel est ton compositeur préféré ? 

Ça paraît très touriste de dire ça mais il faut le citer : c’est John Williams. Ça reste une base parce qu’il a réussit le coup de maître de faire les plus grands thèmes d’Hollywood que l’on connaît, tout en ayant un niveau d’orchestration et une finesse dans l’écriture digne d’un Stravinsky. J’ai eu la chance de voir ces partitions écrites à la main, tu vois les détails qu’il y met.
J’adore aussi les musiques d’Alexandre Desplat qui écrit pour énormément de films par an.

Ma dernière claque, c’étaient les bandes originales des films de Paul Thomas Anderson.
En fait le compositeur c’est Jonny Greenwood, le guitariste de Radiohead, et qui écrit du symphonique comme un grand. Il a fait ses trois derniers films et notamment The Master, qui date de 2008.

Tu écoutes sa musique sans le film et les textures qu’il trouve sont juste extraordinaires. C’est une grosse inspiration pour moi.
Du coup tu comprends pourquoi Radiohead est génial en fait. C’est que lui, tout comme Thom Yorke, sont des gens qui ont cette ouverture d’esprit : ils sont capables de passer du jazz au symphonique ou au rock .
C’est des vrais artisans de la matière.

 Et est-ce qu’il y a un réalisateur pour qui tu voudrais composer ?
C’est une très bonne question ! Extrêmement complexe parce que tu en dis un, tu as envie d’en dire dix mille.

C’est aussi une question de feeling ?
Oui ! La relation entre un compositeur et un réalisateur est quelque chose de très profond et personnel. Il faudrait que je m’entende humainement avec lui.

Bizarrement j’aurai envie de te dire, mais ça paraît totalement absurde parce que j’ai regardé toutes ses interviews : j’aurai adoré composer pour Orson Welles. Ça va être un peu complexe ! Il était tellement fou, génial et travailleur.
En fait, on aurait bu des coups, beaucoup de coups ensemble ! On aurait énormément mangé et fumé pleins de cigares.
Netflix vient de sortir son film The other side of the wind. C’était trente ans de travail. Il ne l’a jamais fini, il est mort avant. Musicalement, j’aurai adoré mettre une patte là-dessus.

Ton top 3 musical du moment ? 

  • Les terres noires et leur album  Les forces contraires
  • Luc Ferry : Schopenhauer: la philosophie en podcast, c’est monstrueux surtout quand tu fais tes courses aux Etats unis
  • The 1975 : Notes on a Conditional Form

Une chanson pour séduire ?
Herbie Hancock  : Butterfly.

C’est les années 70’s, c’est hyper smooth. Et il y a un son de bongo qui est comme un son de  baleine.
Si tu veux pécho c’est top il y a un solo de clarinette basse au milieu. Il fait 15 minutes, tu as 100% de chances que ça marche.

Une chanson pour rompre ?
J’écoute mes chansons ! (rires).
Bon Iver, le premier album For Emma, Forever Ago, c’est un album majeur, un immense chef d’œuvre. C’est très dark,  tu l’écoutes tu n’en sors plus.

Une chanson que tu pourrais écouter en boucle ?
Ma mère quand j’étais gamin, elle écoutait les suites de Bach. Ça m’a influencé. C’est pour ça que j’ai fait du violoncelle.
Il y a ces morceaux classiques qui sont si bien écrits. C’est comme le nombre d’or de la musique.
Mais moi, le morceau qui me touche le plus c’est le premier mouvement du quatuor en Fa de Ravel. Tu écoutes ça et c’est toutes les unités de temps en une fois. C’est extraordinaire.

Un artiste pour lequel tu pourrais faire des folies pour le voir
J’ai envie de te citer des gens morts… Voir Ravel et fumer un cigare avec lui. Et même Jimmy Hendrix.
Mais ça ne serait pas temps les plus gros artistes en terme de vente. Je donnerais beaucoup pour voir dans les immenses jazzmen qui vont partir comme Wayne Shorter, qui est un immense saxophoniste de jazz qui a 90 ans. Le voir encore une fois.
Ou un artiste, qui est le plus grand, et je  fais tout pour le voir quand il passe quelque part : c’est  Bill Frisell : c’est le plus grand guitariste pour moi.

Une musique pour Chicago ?
Je vais t’en donner une qui a été enregistrée à Chicago et qui est pour moi une des plus belles de tous les temps. C’est un vieux blues chanté par un immense artiste. : Parchman Farm de Mose Allisson. C’est le son de Chicago. 

 Une musique pour Paris ?
Une musique que j’aime beaucoup écouter quand j’atterris en avion : Le tombeau de Couperin de Ravel, une pièce pour piano seul. Notamment le premier mouvement. Écoute ça la prochaine fois, ça va te faire chialer.

Si vous aimez l’univers de Avbe, foncez découvrir son EP Dawn.
Vous ne serez pas déçus.
On le redit : on a adoré les mélanges des styles !
#Enjoy !

Avbe
Couverture de l’EP Dawn

Avbe : EP Dawn

Disponible sur toutes les plateformes et en support physique

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Photo du mois: que faites vous ce matin ?

Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.

Cette fois, c’est au tour de Laurent Nicolas de proposer le thème : Que faites-vous ce matin ?

Je pensais prendre une photo en mode travail, mais ma journée de montage a été annulée hier.

Alors il ne restait qu’une chose à faire en priorité : la photo du mois.
Le back office d’un blog : chacun de nous y est habitué et c’est aussi notre routine et une façon de partager nos découvertes avec  plaisir !
#MiseEnAbyme

Blog
Curieux du quotidien des blogueurs participants ?

Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Chris M, Christophe, Cynthia, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Frédéric, Gilsoub, Gine, J’habite à Waterford, Jakline, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marlabis, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Tambour Major, USofParis, Xoliv’.

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De Chirico à l’Orangerie : une autre façon de découvrir cet artiste

Le musée de l’Orangerie met à l’honneur Giorgio de Chirico, peintre majeur du début du 20é siècle.
Artiste de l’épure architecturale et de la géométrie, cette exposition montre aussi quelques toiles de ses débuts.
Où comment retracer une partie du parcours de ce peintre qui a été l’un des premiers maîtres des surréalistes.

Vraiment, on ne sait pas pourquoi le travail de Chirico nous touche autant. Une dose de rêverie créative mêlée à un univers onirique unique. Une approche surréaliste de la peinture qui n’est pas totalement abstraite.

Centauro Morente

La peinture métaphysique : percé le créateur

C’est la volonté de cette exposition à l’Orangerie: entrer dans les méandres de la création de Chirico, approcher son évolution stylistique. Mais surtout montrer en quoi son style a été révolutionnaire à cette époque.

Chirico
La tour rouge

Adoubé rapidement par les milieux intellectuels, littéraires et picturaux, Giorgio de Chirico fait partie d’une avant-garde picturale.
Guillaume Apollinaire et le marchand d’art Paul Guillaume seront les premiers à admirer son talent et seront de fervents admirateurs.

Chirico
Portait de Guillaume Apollinaire

Une autre vue sur Chirico

La rétrospective du Musée d’Art Moderne de Paris en 2009 montrait tout l’éventail du travail de Chirico, une expo foisonnante.
Le musée de l’Orangerie se recentre sur l’évolution de sa patte, de sa façon de voir le monde, d’aborder un nouvel univers.

Pour les visiteurs adeptes de son oeuvre, c’est un plaisir plus précis, notamment avec l’ouverture sur le travail d’autres artistes de son époque.
Pour les autres, cette plongée dans l’oeuvre de Chirico est une belle porte ouverte pour découvrir ses créations.

Chirico
La récompense du divin
Chirico
La récompense du divin – étude

La découverte de dessins au crayon montre un contraste fort entre le travail préparatoire plein de vie et de mouvements et la toile plus austère et figée.

Il y aurait bien un bémol explicatif dans ce parcours autour des autres artistes présents. On ne sait pas qui à influencer qui : Chirico sur Carrà ou Morandi, ou l’inverse.
Dommage de ne pas avoir un peu plus d’explication sur cette partie de l’exposition.

Chirico
Nature morte de Giorgio Morandi

En revanche, il faut bien avouer que grâce à Giorgio Morandi, on s’est réconcilié avec les natures mortes qui prennent une autre dimension graphique.

A noter aussi que le Musée de l’Orangerie met en avant, à travers ses  collections permanentes, Paul Guillaume : le premier marchand d’art à avoir cru en Giorgio de Chirico.
L’occasion de voir ou revoir des toiles de Picasso, Modigliani, le Douanier Rousseau, Renoir ou Soutine.
Toujours #magique !

Chirico
Le vaticinateur

Giorgio de Chirico : La peinture métaphysique

Du 16 septembre au 14 décembre 2020
de 9h à 18h tous les jours sauf le mardi

Réservation obligatoire

Musée de l’Orangerie
Jardin de Tuileries
Place de la Concorde (côté Seine)
75001 Paris

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Photo du mois : the paire de chaussures

Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.

Cette fois, c’est au tour de Xoliv’ de proposer le thème : The paire de chaussures.

Ma paire de chaussures, c’est elle qui me permet d’arpenter Paris : les expos, les galeries, les musées, les rues à la recherche de graff en mode balade et parfois sauter durant les concerts.
Mais elles ont aussi de véritables compagnons sur les lieux de vacances.
Je ne sais plus si celle-ci à parcouru certains quartiers de Brooklyn, délaissés par les touristes, lors de mon dernier voyage à New-York.
Ce qui est sûr c’est que ces chaussures sont des alliés  pour ne pas avoir mal aux pieds 🙂

chaussures

Pour voir les pieds des autre participants :

Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Chris M, Christophe, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Frédéric, Gilsoub, Gine, J’habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Marlabis, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Tambour Major, USofParis, Xoliv’.

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Exposition De Funès : un acteur culte enfin à la Cinémathèque

Si pendant longtemps le talent de Louis De Funès n’a pas été réconnu par une partie du monde du cinéma, il trouve enfin sa place dans le panthéon de la Cinémathèque
Initialement prévue pour le printemps, c’est un plaisir de pouvoir enfin parcourir cette exposition.
Jauge réduite et réservation obligatoire permettent d’éviter l’affluence attendue de visiteurs.
Alors, sans jouer des coudes, on plonge dans la vie Louis De Funès et l’on découvre avec délice un parcours artistique et personnel méconnu.

De Funès

Une scénographie ancrée dans le temps

C’est à presque 50 ans que Louis De Funès explose au cinéma. Et pendant 20 ans, l’acteur aux mimiques uniques et au débit particulier restera en haut de l’affiche. Cela malgré certains films plus ou moins réussis et le dédain d’une partie des professionnels même au regard des grands succès populaires devenus cultes.

De Funès

Son parcours et ses galères des débuts sont à la base de cette exposition. En parallèle de sa vie professionnelle, les panneaux explicatifs retracent les dates des évènements de la vie sociale et politique de la France. Une façon d’ancrer un homme et ses personnages dans leur époque : de l’occupation au début des années 80.

De Funès

Les nombreux extraits vidéos soulignent avec intelligence ses choix et la diversité de son travail, bien avant sa renommée.
Fan de Charly Chaplin, Buster Keaton,  Laurel et Hardy, ou  W.C. Fields, il compose, grâce aux talents de ses ainés, ses personnages au visage caoutchouc : vil, de mauvaise foi, autoritaire et que l’on aime détester. Il parsèmera ses films de références à ses mentors.

De Funès

L’homme est vrai bourreau de travail, et il le sera aussi parfois avec ses partenaires : la perfection ne s’obtient pas dans la facilité.

De Funès : une expo fouillée

En effet, Louis De Funès a noté sans discontinuer dans des cahiers des idées de gags, de scènes et de répliques qui prirent vie, ou non, sur grand écran.

Les écrits abondent dans cette exposition : des scénarios annotés, des articles et de nombreuses lettres de l’acteur, ou des admirateurs inattendus comme François Truffaut.

Louis De Funès

A vous de découvrir, lors de votre visite, la réponse manuscrite du réalisateur Gérard Oury  😉

Deux petits bémols cependant. Dans les deux premières zones, l’ambiance sonore est un peu brouillonne : les sons des vidéos se parasitent, ce qui les gâchent un peu. Et bien que cette expo soit très riche, on aurait aimé voir davantage  d’accessoires et de costumes.

De Funès
Scénario annoté du Corniau

De Funès

Mais ces défauts n’empêchent pas de prendre un plaisir de gamin en passant d’un extrait de film à l’autre (même si on les connait tous par coeur), en découvrant les affiches étrangères des films et tous les travaux préparatoires des tournages.

Louis De Funès

Le dernier mot sera pour Henry Chapier : “La Grande Vadrouille est au cinéma de divertissement ce qu’est Pierrot le fou au cinéma d’art et d’essai”

Au final, cette exposition rend un hommage bien mérité à l’acteur et au créateur qu’était Louis de Funès.

Louis de Funès

Louis de Funès, l’exposition

Du 15 juillet 2020 au 31 mai 2021

Du 15 juillet au 30 août 2020 :
du mercredi au dimanche de 11h à 20h
Du 02 septembre 2020 au 31 mai 2021 :
Lundi, mercredi, jeudi, vendredi de 12h à 19h
Samedi de 11h à 22h
Dimanche de 11h à 20h

Réservation obligatoire

La cinémathèque française
51 rue de Bercy
75012 Paris

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Photo du mois : Solidarité

Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.

Cette fois, c’est au tour de El Padawan de proposer le thème : Solidarité.

Après ces mois à penser à notre famille, nos proches et nos amis, ce petit épisode de canicule nous rappelle que nous ne sommes pas les seuls à souffrir.

Alors une petite pensée pour nos amis à plumes et à poils qui subissent eux aussi cette chaleur hors normes, sans oublier ceux qui nous agacent comme les guêpes et autres insectes…

Cette mangeoire à oiseaux se transforme donc en une mini-oasis pour que la vie de la campagne continue, qu’on aime, ou pas, ceux qui en profitent.
Une solidarité sans restriction…

oiseau

Pour voir l’esprit de solidarité des autres blogueurs participants, c’est par ici :

Akaieric, Amartia, Blogoth67, Chris M, Christophe, El Padawan, Frédéric, Gilsoub, Gine, J’habite à Waterford, Jakline, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, magda627, Marie-Paule, Marlabis, Morgane Byloos Photography, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Tambour Major, USofParis, Xoliv’, écri’turbulente.

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Photo du mois : Transformation

Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.

Cette fois, c’est au tour de Pilisi de proposer le thème : Transformation.

Découvert un peu par hasard, l’équipe du blog est immédiatement tombée sous le charme du cabaret de Madame Arthur !

Reprenant les classiques du monde entier (mais toujours en français), la magie opère à chaque fois. Le show laisse une part belle à l’improvisation, à la créativité et à l’interaction avec le public, lui conférant une saveur unique.

Parmi toutes les créatures de la nuit qui envahissent cette scène, clin d’oeil à la Vénus de Mille Homme.
Elle est à la fois drôle, incisive, enjôleuse et attachante. Sous le feu des projecteurs, elle rayonne et s’épanouit devant nous, un vrai délice…

Au final, lorsque la Vénus de Mille Hommes se pare de ses plus beaux atours et entre en scène, elle ne se transforme pas, elle se révèle…

Cabaret

Pour voir la transformation des autres blogs participants :

Akaieric, Amartia, Blogoth67, Brindille, Chris M, Christophe, Cynthia, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, FerdyPainD’épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, J’habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, Kemba, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Marlabis, Morgane Byloos Photography, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Tambour Major, USofParis, Xoliv’, écri’turbulente

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Un samedi soir à Versailles : entre danse et magie des Grandes eaux nocturnes

Impossible de résister à l’appel des Grandes eaux nocturnes du château de Versailles.
Car reprendre une vie culturelle, c’est une vraie bouffée d’air.
Surtout quand cette visite est couplée avec la Sérénade Royale : un spectacle en mode musique baroque qui traverse la demeure de Louis XIV.
Et ce soir là, nombreux étaient les visiteurs.

Plus qu’un avis, c’est un article à fleur de peau…

La Sérénade Royale : Versailles en mode baroque

Dans un château de Versailles vidé de ses visiteurs, nous sommes donc invités à une déambulation artistique qui va du chant à la danse.

Sous l’égide de Lully, le compositeur de la cour de Louis XIV, le public prend tout d’abord place dans le Salon d’Hercule.
Alors subitement, la voix de la chanteuse remplit la salle pour un moment suspendu.
Versailles

C’est toujours la même émotion que lors de notre dernière venue pour le parcours du Roi.

Après cet instant particulier, la Sérénade se poursuit dans la Galerie des glaces.

Dans cet écrin unique et féérique, la Compagnie de Danse l’Eventail propose un intermède dansé autour du thème des peintres du Roi.

Versailles

Même s’il est plus simple au niveau mise en scène que lors des autres éditions, ces chorégraphies proposent une poésie unique. La musique baroque développant une mélancolie particulière contrastée par des pas de danses joyeux.

Le parcours se termine dans la Galerie des batailles pour un duel au fleuret. Prétexte pour un échange politique et féministe.

Versailles

Les grandes eaux nocturnes : un enchantement

Le soleil termine sa course journalière quand nous arrivons dans les jardins de Versailles.

Versailles

Autour du bassin de Latone, des machines remplissent l’air de bulles pour le plus grand plaisir des enfants venus avec leur parents.
Au loin, les flammes du Groupe F jaillissent sur le Tapis vert : un prélude à notre fin de balade nocturne.

Versailles
La salle de bal

Les différents bassins et bosquets chantent aux doux sons des fontaines qui projettent leurs eaux magnifiées par la musique et les lumières installées pour cet évènement.

Versailles
Basson de l’Obélisque

Versailles

Venu avec une amie qui ne connaissait pas Versailles, nous goûtons à cette douce soirée. Voir tous ces visiteurs déambuler dans les allées donne un charme particulier à cette visite. Un retour à la vie, au plaisir simple, à la beauté, voire à la futilité.

Versailles
Création de Othoniel
Versailles
Fontaine du bassin de Neptune

Les grandes eaux nocturnes, c’est un moment particulier, un instant dans lequel l’esprit s’abandonne à un spectacle créé il y a plus de 300 ans, et enjolivé par les techniques modernes.

Le clou de cette déambulation sera le spectacle pyrotechnique proposé par le Groupe F.
À 22h50, le jardin se met à briller sous les feux d’artifice. La musique de Lully est toujours là.
Durant ces quinze minutes où s’embrasse le ciel,  on se sent encore plus replongé dans la cour du Roi Soleil.

Versailles

Comme un instant d’éternité, une joie retrouvée du spectacle et de la communion : revoir les gens heureux et partager un moment exceptionnel.

La Sérénade Royale & Les Grandes Eaux Nocturnes

Tous les samedis jusqu’au 19 septembre 2020

La sérénade royale
à 18h30,  18h50, 19h10,  19h30 et 19h50

Les grandes eaux nocturnes
À partir de 20h30

Possibilité de billet couplé pour la soirée

Port du masque obligatoire dans le château
Port du masque recommandé dans les jardins

Château de Versailles
Place d’Armes
78000 Versailles

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Pompéi : une expo immersive au Grand Palais

Enfin, l’exposition Pompéi a ouvert ses portes au Grand Palais.
Comme si le bouleversement du temps que nous avons connu ces derniers mois devait être raccord avec ce qu’a subi la ville italienne.
Une suspension du temps.
Si l’espace d’exposition est tout de même bien réduit, la scénographie immersive plonge le spectateur dans une rue de Pompéi.

Les pièces exposées proviennent directement des dernières campagnes de fouilles, qui ont couvert des secteurs inexplorés jusque-là. Mettant à jour des riches résidences permettant d’en apprendre plus sur la vie de ces romains voués à la mort.

Immersion et vidéos

Projections de décors, vidéos explicatives, simulation de l’éruption…
Cette expo Pompéi est vraiment didactive.
On  apprend autant avec les vidéos que grâce aux cartouches explicatifs des objets exposés.
La volonté de rendre compte de la vie de cette ville est bien réelle.Pompéi

De la vie de la cité, aux fresques présentes sur les murs de ces demeures, en passant par l’organisation de la maisonnée, les mises en images et les animations 3D sont parfaites.Pompéi

Pompéi

Jusqu’aux ultimes instants dont les traces restent attachées à la anse de ce seau…

Pompéi

Des objets uniques ressurgis du passé

Dans cette exposition, les objets présentés au public se concentrent sur la vie privée, celle qui se passe derrière les murs de ces riches demeures.

C’est surprenant de découvrir ces flûtes en bronze, composées de plusieurs parties, techniquement  plus avancées que ce que l’on pourrait croire.

Pompéi

Ou ce miroir finement ciselé semble attendre un visage meurtri pour s’en saisir.

Pompéi

On reste aussi admiratif de la finesse de ces amulettes, qui malgré le temps passé sous les cendres, ont retrouvé leurs éclats.

Pompéi

Côté déco, cette mosaïque est admirable. Elle surmontait une fontaine publique accompagnée de cette fine sculpture de lapin.

Pompéi

La richesse des habitants de cette section de fouilles, a permit aussi de mettre à jour cette parure de bijoux d’une finesse particulière.

Pompéi

Si l’exposition Pompéi peut paraître un peu ramassée, on approfondit sa connaissance de cette ville grâce à la synergie entre les vidéos et les objets exposés.

Pour ceux qui ont déjà visité les ruines de la ville,  cette expo leur fera découvrir plus encore Pompéi et donnera aux néophytes l’envie de partir en Campanie pour arpenter cette ville chargée d’émotion.

Pompéi

Prolongation jusqu’au 2 novembre 2020

Tous les jours (sauf le mardi) de 10h à 20h
Nocturne jusqu’à 22h le mercredi

Grand Palais
3, avenue du Général Eisenhower
75008 Paris

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Jean Vendome : une expo passion à l’École des Arts Joailliers

Pour beaucoup d’entre nous, le nom “Vendome” évoque avant tout une place, symbole du luxe et de l’élégance. Pour sa huitième rétrospective, l’École des Arts Joailliers met à l’honneur un homonyme tout aussi attrayant : l’alchimiste-joaillier Jean Vendome.
Nous avons eu la chance d’avoir un aperçu de l’exposition avec la présentation de 10 pièces d’exception nous permettant d’appréhender ce génie précurseur, original et innovant !
Initialement prévue en mai, l’exposition se tiendra finalement à l’automne 2020.

 

Jean Vendome

Jean Vendome : une histoire de passion…

Dès ses débuts dans les années 50, Othan Tuhdarian (dit Jean Vendome) a su créer un style avant-gardiste avec des lignes baroques en rupture totale avec les standards de l’époque. Pour se faire, il a toujours imaginé, dessiné et fabriqué ses bijoux de bout en bout, jusqu’à son décès en 2017.

En créateur enthousiaste, ses premières pièces ont été conçues avec des pierres sans valeur. En effet, il les récupérait dans son aquarium. C’est à cela qu’on reconnaît un artiste : lorsqu’il sublime l’ordinaire… 🙂

Jean Vendome
Bague Ferret

Par la suite, il a continué à se démarquer en utilisant des pierres originales ou rarement utilisées en joaillerie telles que l’apophylitte (très fragile), la cobaltocalcite, l’émeraude traphiche  (avec sa formation en hexagone) ou la moldavite (en provenance directe des astéroïdes).
Toutes ces roches, il se les procure lors de bourses aux minéraux ou dans des salles de ventes.
Travaillant sans relâche, il a façonné près de 30 000 pièces uniques tout au long de sa vie !

La majeure partie de ses créations est dispersée chez des collectionneurs privés les conservant jalousement ou chez des particuliers prenant plaisir à les porter.

Jean Vendome
L’émeraude trapiche en majesté (en bas)

Une exposition coup de cœur

En 67 ans de carrière, Jean Vendome s’est toujours renouvelé. Nous l’avons vu sur le choix de ses matériaux, mais il n’est pas en reste côté technique. C’est un aventureux.
Ainsi, il a créé un procédé innovant pour fondre les métaux précieux afin d’obtenir un rendu unique, en faisant sa signature.

Les quelques pièces présentées lors de la conférence de presse laissent présager une exposition dévoilant des bijoux à la forte personnalité : 130 en tout dont une épée d’académicien nécessitant une haute ingéniosité pour sa réalisation !
Cependant, elle n’était pas présente lors de cette rencontre… Il faudra attendre le 8 octobre pour l’admirer. 😉

Jean Vendome
L’épée d’académicien de Roger Caillois

Pour vous donner un avant-goût, voici quelques photos confirmant son talent foisonnant.
Comme cette bague Cinquième Avenue (or blanc, platine et 42 diamants), totalement représentative du travail de Jean Vendome.

Jean Vendome
Bague Cinquième avenue

Ou alors cette bague Tour, déclinaison d’une création de 1956, très bien portée par Sophie Lefèvre, la commissaire d’exposition.

Jean Vendome
Bague Tour

Le joaillier a toujours refusé de dévoiler les noms de ses client(e)s célèbres. Le seul dont on connait l’identité est le Général de Gaulle pour lequel il a réalisé ces boutons de manchette. Une fois de plus, leur originalité réside dans le choix de la matière : de l’os de dinosaure fossilisé !

Jean Vendome
L’os pétrifié -en haut de l’image

Vers la fin de sa vie, il a continué à chercher de nouveaux matériaux pour ses bijoux. Ainsi, ce collier avec de vraies pinces de tourteaux (vidées personnellement par l’artiste !) en est l’expression directe.

Jean Vendome

En définitive, chaque production de Jean Vendome est une véritable œuvre d’art. Cette exposition est l’occasion de découvrir et d’admirer le travail minutieux d’un homme vouant sa vie au beau et à l’unique.

Son style ne laissera pas indifférent et restera pour toujours une combinaison subtile de moderne et de poésie…

Jean Vendome

Jean Vendome

Exposition du jeudi 8 octobre au vendredi 18 décembre 2020
Du mardi au samedi de 12h à 19h

Entrée libre sur réservation
Catalogue  de l’exposition offert à tous les visiteurs

École des arts joailliers
31 rue Danielle Casanova
75001 Paris

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