On n’est pas là pour sucer des glaces : un CNAC 2020 stupéfiant !

Retrouver le CNAC, c’est toujours l’assurance de passer une soirée pleine de surprises.
On n’est pas là pour sucer des glaces, actuellement à la Villette, ne déroge pas à la règle. Ce spectacle est fougueux, vif et plein d’entrain !
Cette 31ème promotion nous offre une représentation de haute tenue, une respiration artistique inattendue…

On n'est pas là pour sucer des glaces

Tout débute par une scène de boite de nuit, avec une musique créée en live accompagnée de pas de danses fragiles et hésitants. Quelques rires s’échappent du public.
Puis arrive l’homme aux pieds de glace, fragile et rejeté.
Instant poétique.
Mais le dictateur artistique le suivant ne manque pas lui non plus, malgré sa stature, d’un certain lyrisme…
Sa présence tout au long du spectacle sert de fil conducteur.

Après cette introduction (que l’on pourra trouver un tantinet longue), la troupe du CNAC ose et propose…

On n'est pas là pour sucer des glaces

Un spectacle intense

Durant les 1h40 du spectacle, on ne sait jamais d’où va venir l’inventivité et les surprises !
Les numéros solos alternent équitablement avec les moments en groupe. Et là, d’un coup, on ne sait plus trop où poser notre regard : bascule coréenne, corde lisse, cerceau aérien, mât chinois…On n'est pas là pour sucer des glaces
Les hauteurs du chapiteau ne font pas peur à ces acrobates ! Ils ont une dextérité que l’on n’avait pas vue depuis quelques promotions.
Tellement riche qu’on frissonne de leurs audaces…

DJs, musiciens, chorale ou conteurs… En plus de l’art circassien, ces artistes maitrisent tous les éléments pour faire naître un spectacle diversifié et unique.

On n'est pas là pour sucer des glaces
Et attention aux oreilles ! Car parfois, un numéro pourrait piquer notre bonne conscience… Notamment celui avec des blagues toutes mignonnes qui finit dans un humour noir que le post #MeToo et le politiquement correct pourrait rendre inacceptable. Est-ce une façon de revendiquer une certaine liberté d’expression ou plutôt une façon de critiquer la société passée ?
A vous d’en juger…

L’entrain et l’exubérance de ce spectacle ont gonflé nos cœurs de paillettes. Et on n’en revient toujours pas de l’énergie que ces jeunes artistes mettent sur scène !
Ils prennent plaisir à nous donner du plaisir.
En bref, un pur bonheur…

On n'est pas là pour sucer des glaces

On n’est pas là pour sucer des glaces

Jusqu’au 16 février 2020

Durée du spectacle : 1h40

Du mercredi au vendredi à 20h
Le samedi à 19h
Le dimanche à 16h

Petite restauration sur place

Espace chapiteaux
Parc de la Villette

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Photo du mois : Perspective

Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.

Cette fois, c’est au tour de Frédéric de proposer le thème : Perspective.

Quand on change de point de vue, la perspective n’est plus la même.

Lors d’une soirée au Théâtre National de Chaillot pour l’événement Tout doit disparaître, un intervenant demande à un petit groupe de spectateurs s’il veut prendre part à la représentation d’une des créations de Philippe Découflé :  “Oui bien sûr !“.

Me voici donc sous les gradins, spectacle en cours, le public assis juste au-dessus de nos têtes. Le groupe attend alors les danseurs, qui doivent passer par ici afin de les accompagner dans leur chorégraphie cachée aux spectateurs.
Installé pour ce happening , un projecteur révèle alors l’habituel invisible avec une perspective profonde attirant à la fois mon œil et mon appareil photo.

Perspective

Et pour savoir comment, les autres blogueurs ont mis en lumière leur perspective, c’est part ici.

Akaieric, Amartia, Blogoth67, Brindille, Chris M, Christophe, Cynthia, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD’épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J’habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, Krn, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Tambour Major, USofParis, Who cares?, Xoliv’, écri’turbulente.

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Photo du mois : trace

Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.

Cette fois, c’est au tour de Gilsoub de proposer le thème : trace.

Greco, je l’ai découvert à Madrid il y a des années.
Depuis, il m’obsède…
Que ce soit à New-York, Paris ou Londres, je ne loupe pas une occasion d’admirer son talent.  C’est toujours une vive émotion que de tomber sur une de ses peintures au détour d’une salle.

Si la fascination de Greco opère toujours aujourd’hui, c’est qu’il a bousculé la Renaissance : son style n’a jamais été copié ou imité après lui !  Ainsi, avant-gardiste et totalement unique, son œuvre a eu un effet extraordinaire : elle l’a rendue éternel…

La trace, c’est donc celle qu’un homme laisse autour de lui mais également après lui : celle de marquer le monde.

Greco

 

Découvrez d’autres traces laissées par les blogueurs participants.

Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Brindille, Christophe, Cynthia, Danièle.B, Dr. CaSo, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD’épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, J’habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, Kelly, Krn, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, magda627, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Tambour Major, USofParis, Who cares?, Xoliv’, écri’turbulente

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Marie-Antoinette : le mythe décrypté à la Conciergerie !

Marie-Antoinette, c’est la reine déchue par excellence… Pourtant, c’est une femme devenue égérie au fil du temps. Un peu comme si le personnage arrivait enfin à être en adéquation avec l’époque lui correspondant !
L’exposition Marie-Antoinette : Métamorphoses d’une image à La Conciergerie propose de lever le voile sur la création du mythe en mettant en avant son influence sur les arts et les modes.

L’exposition commence bien évidemment lors de la Révolution avec son emprisonnement à la Conciergerie en août 1793.
Lettres, acte d’accusation ou habits d’époque, on replonge dans l’Histoire de France durant quelques instants…

Marie Antoinette
Acte d’accusation du procès de Marie-Antoinette
Marie Antoinette
Chemise de Marie-Antoinette pendant sa détention

Les prémices du mythe

Cette exposition n’est pas un culte voué à la reine, ni une biographie. En effet, sa vocation est plutôt d’analyser l’image qu’a laissée Marie-Antoinette derrière elle.

Marie Antoinette
Marie-Antoinette en grand habit – Atelier Élisabeth Vigée-Lebrun

Avec près de 200 objets et œuvres (tableaux, films, pièces historiques, bijoux…) le Centre des Musées Nationaux arrive à nous faire entrer dans les coulisses de la création du mythe.

L’image, forcement récupérée par les royalistes de l’époque, se crée dès 1792 avec les portraits d’Alexandre Kucharski et Jean-Louis Prieur qui seront ensuite repris.

Marie Antoinette
Portraits de Alexandre Kucharski & Jean-Louis Prieur

Marie-Antoinette : icône moderne

À partir de ce moment, la nouvelle aura de martyre de la Reine se répand dans toute l’Europe.
En témoignent les représentations de Marie-Antoinette suppliciée, sur sa charrette.

Marie Antoinette
Marie-Antoinette se rendant au supplice – François Flameng

Où encore des gravures parues dans les journaux, comme ici en Allemagne où son procès et son exécution ont choqués.

Marie Antoinette

Même la littérature regorge de centaines d’ouvrages lui étant dédiés. Que ce soit des manuels d’histoire aux romans en passant par la vulgarisation.

Marie Antoinette

Quand on avance dans l’Histoire de l’art, de grands artistes ont repris les images iconiques du passé comme Botero et sa réinterprétation du tableau de Vigée-Lebrun.

Marie Antoinette
Maria Antonieta after Vigée Lebrun – Fernando Botero

Dès sa création, le cinéma a plongé à corps perdu dans la vie de Marie-Antoinette, avec un nombre impressionnant d’actrices pour d’interpréter son rôle.

Marie AntoinetteUn seul regret sur ce trombinoscope, le nom des actrices n’est pas mentionné, on est un peu perdu du coup…

La pop culture n’est pas en reste. Côté mode avec Christian Dior ou côté jouet avec une Barbie hallucinante et choucroutée ! Mais également avec l’art moderne comme avec la Zahia de Pierre et Gilles, le cinéma avec Sofia Coppola ou même le manga de Rioyko Ikeda.

Marie Antoinette
Manteau Dior – John Galliano

Barbie

Pierre et Gilles
Marie Antoinette, le hameau de la Reine (Zahia Dehar) – Pierre et Gilles
Rioyko Ikeda
La rose de Versailles – Rioyko Ikeda

 

Une dernière anecdote afin de terminer la découverte de l’exposition : cette coupe de champagne aurait été imaginée d’après la forme du sein de Marie-Antoinette ! 😉

Marie Antoinette

Si vous voulez savoir comment passer de reine honnie à icône pop de notre culture moderne : Métamorphose d’une image vous comblera. Une exposition enrichissante à la Conciergerie de Paris à découvrir au plus vite !

Marie-Antoinette : Métamorphoses d’une image

Jusqu’au 26 janvier 2020

Tous les jours de 9h30 à 18h
Nocturnes le mercredi soir jusqu’à 20h30

La Conciergerie
2, boulevard du Palais
75001 PARIS

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André Manoukian : interview autour du Chant du périnée #Passionnant

Après avoir assisté à sa conférence musicale Le  chant du périnée, André Manoukian nous a accueilli dans son antre de création, en plein coeur de Paris.
Quarante-cinq minutes d’interview, de partage et de découverte.
Nous avons parlé jazz, composition, solfège, histoire, philo, catharsis, transmission et de Gilles Deleuze, bien évidemment.
Compte-rendu à bâton rompu !

André Manoukian
Selfie exclu pour USofParis

USofParis : Est-ce que ce sont les interviews données pour la sortie de votre album Apatride qui vous ont inspirées pour ce spectacle ?

André Manoukian : En fait, dans tous les concerts que je fais, je parle entre les morceaux. Jusqu’à ce qu’on me dise : « C’est formidable ce que tu racontes ! Ça mériterait un spectacle en soi ! » Donc du coup, j’ai compilé tous les sujets qui me tiennent à cœur.

Ma rencontre avec le chant, c’est en studio, avec une chanteuse de jazz qui vient improviser. Et ça va être une révélation absolue, je vais passer du côté féminin de la force !
Puis quand je suis arrivé à Boston, pour mes études, je me rends compte que toutes les bases de l’impro tiennent sur une demi-feuille de papier…

Ensuite, je rencontre un musicien classique qui me dit : « Tu sais, autrefois, tous les musiciens étaient des improvisateurs. »
Donc je m’aperçois qu’on a sciemment “désappris” une technique dans l’histoire de l’humanité, dans un but de contrôle. Tout à coup, c’est le compositeur qui devient le patron et vous, les musiciens, vous ne vous exprimez plus. Vous n’êtes plus que des lecteurs de notes.

Et puis ensuite, il y a le chant. L’aspect trouble entre le sacré et le sucré. Les grecs appelaient l’une la musique d’Apollon, et l’autre la musique de Dionysos. Il n’y avait pas de jugement chez les grecs.
Parfois, on a juste envie de danser, de boire des coups, de s’oublier et de retrouver son animalité. Et puis l’autre qui vous élève vers une forme de méditation. Après, ça va se dévoyer avec Platon et avec les chrétiens. Ils vont dire : « Il y a la musique de Dieu et la musique du diable », jusqu’au gospel.

Je raconte un peu tout ça. Le prétexte, c’est que je ne peux plus travailler avec des chanteuses, j’en ai marre de tomber amoureux d’elles…

C’est fini les chanteuses ?

Non mais tu rigoles ? J’ai fait un album avec 120 chanteuses ! Impossible… Mais de temps en temps, c’est bon de se retirer, de se faire une détox pour replonger avec plus de gourmandise…

On a vu ce goût du partage entre les morceaux dans le concert Apatride au Trianon.

C’était une manière de me guérir, de me sortir de toutes ces histoires mises bout à bout, c’est la quête d’un musicien. Pour aller où ? Pour aller vers la liberté, vers la liberté d’improviser.

Parce que la musique, ça peut aussi être terriblement hiérarchisé.

Encore plus maintenant avec internet. Avec tous les compositeurs qui sont avant moi, j’arrive et il va falloir que je fasse quelque chose de nouveau. A chaque fois, on croit que c’est impossible, que c’est une cause perdue, mais pourtant on y arrive. Et ça, c’est le miracle de l’inspiration.

C’est de tout ça dont je voulais parler dans le fond. C’est une rêverie à voix haute d’un musicien qui, entre deux morceaux, essaye de piger.André Manoukian

C’est ça qui est bien dans cette conférence. C’est que novice en musique comme musicien, on découvre des nouvelles choses, de nouvelles histoires.

Il y a un bouquin que j’adore, c’est Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier. C’est la vie de Robinson Crusoé mais analysée par le spectre de la psychanalyse.
Il va essayer de reconstituer la civilisation dans son île jusqu’au jour où Vendredi met le feu à des barils de poudre. Tout ce qu’avait construit Robinson explose. Alors, Vendredi lui dit qu’ils peuvent vivre avec la nature sans la domestiquer, en communion.

Le jazz c’est l’africain esclave qui découvre la musique classique et qui va la dynamiter pour en faire quelque chose de fabuleux. Qui va lui redonner ce truc de jeu, un peu drôle, de rythme, d’invention. Parce qu’en Afrique, il y a cette tradition de call and response : quelqu’un se met au centre et fait ce qui lui passe par la tête et les autres répètent. Et comme ça, on va construire un récit à plusieurs. C’est ça le jazz.

La musique, elle n’aime pas qu’on l’enferme. C’est en Orient qu’elle est en train de se redévelopper.

Quand on voit le succès incroyable d’un Ibrahim Maalouf, qui remplit 15 000 personnes à Bercy, en jouant de la trompette de jazz. Ben c’est quoi, ben c’est l’Orient ! C’est par là que les choses sont en train d’arriver, parce que ce sont de nouveaux sons, de nouveaux jouets, de nouveaux modes.

Donc du coup toutes ces histoires sont vraies dans cette conférence ?

Oui ! Pour rigoler je dis aux gens que c’est vrai à 60 %. Mais en fait, c’est vrai à 100 %.

C’est sûr que quand je dis que le jazz est né quand on a coupé la tête de Robespierre, c’est retracer un chemin. Mais ce chemin est vrai. On coupe la tête de Robespierre, le lendemain les parisiens font la fête et inventent une danse de dingue, une danse de joie, qui s’exporte dans les colonies de Louisiane. Les esclaves africains s’en emparent et ça va donner le ragtime qui va donner le jazz. C’est une manière d’illustrer un chemin pour qu’on s’en rappelle mieux.

C’est pour ça que j’aime beaucoup Gilles Deleuze car il parle de rhizomes. C’est un jeu de racines. Il n’y a pas de début et pas de fin. Je crois que j’ai une pensée rhizomique.

André Manoukian

Y a t-il un lien entre musique et psychanalyse, un lien cathartique ?

Ça c’est dans le blues. Le blues c’est tout d’un coup je n’en peux plus. Je vais exprimer ma peine en jouant. Et du coup je vais faire deux choses : extérioriser ma peine et en faire une œuvre musicale, harmonieuse, quelque chose de beau. Et quand je vais l’écouter, ça aura deux fonctions : l’expulser de moi, en faire un objet qui devient agréable à écouter, qui raconte ma souffrance et qui m’en guérit. C’est comme une auto-catharsis.

Du coup, l’acte musical, c’est l’antidote à ça. C’est le raconter et le transformer. La catharsis dans la musique, c’est capital.

Quand je dis dans mon spectacle que Beethoven se fait larguer et qu’il écrit La sonate au clair de lune, c’est encore plus chouette qu’avec des mots ! Parce que les mots, ils ne vont qu’au psychanalyste, et il vous prend du pognon. Là, c’est le contraire. On peut gagner un pognon avec sa tristesse tout en faisant une belle mélodie et un bon texte.

Certains artistes ne sortent de bons albums que lorsqu’ils sont tristes.

Mais tous !
Phil Collins, quand il va faire son premier album qu’il va vendre à des millions d’exemplaires, c’est parce que sa femme le largue. Ou quand John Lennon chante Julia, c’est pour sa mère. Ça nous prend tous.

Vous êtes divers, on vous retrouve un peu partout à la fois. Vous laissez-vous guider ?

Oui, je suis un skieur. Je prends les reliefs et puis je tourne autour. J’ai un défaut que j’essaie de corriger mais je n’y arriverai jamais : je ne sais pas dire non !

Si on reste dans son monde et dans ce qu’on aime, on se sclérose très vite. Un musicien a toujours besoin d’être ouvert sur les autres. Il y a un moment où moi-même j’ai cru que j’avais les recettes. Et c’est là que ça commencé à ne plus marcher.
Après Liane Foly, j’ai voulu refaire la même chose avec des chanteuses. Et je n’y suis plus arrivé car c’était un moment de grâce. C’était notre rencontre à nous, dans un certain contexte, une certaine époque.

Mais je me suis plongé dans mes racines arméniennes. Et il n’y a pas que des névroses, il y a une capacité d’adaptation. Et quand je parle de ma grand-mère dans le spectacle, en disant qu’elle a inventé la PNL (Programmation Neuro-Linguistique), c’est à dire parler le langage de l’autre pour se faire comprendre par l’autre. C’est parce que c’était une question de survie. Quand elle dit à l’officier turc « Comment tu peux faire ça au nom de ta foi ? », parce que le mec est pieux, elle le touche en plein cœur. Et il va la protéger par la suite.

J’ai hérité de ça. Instinctivement, je jauge la personne en face de moi. Je vois ses codes et j’essaie de parler un peu comme lui.
Ayant conscience de ces choses-là, j’ai qu’une envie, c’est d’essayer de partager une musique, le jazz que j’aime le plus au monde. J’essaie de simplifier le jazz, sans l’abîmer.

André Manoukian

C’est ça le secret pour mettre des mots sur les émotions aussi bien que vous le faites ?

Les mots sur les émotions, il faut aller dans la métaphore. C’est la seule solution parce que c’est compliqué. Ça, je l’ai appris aussi à la télé. Par rapport au gamin qui est là devant toi. Il a seize ans, Il a du talent mais il n’est pas prêt. Tout d’un coup, il est évalué et tu as des pros qui lui disent : « Ça c’est bien, ça travaille le un petit peu, ça c’est une voix de garage, n’essaie pas de chanter comme lui, tu as ton truc. »

Mais le mec repartait avec la banane même s’il avait quatre non.

Et si tu vois les master-class d’un chef, il y en a, des métaphores : « Beethoven, il est désespéré, il veut se suicider, alors je veux l’entendre dans ton violon.» Tout à coup, le mec, il pige.
D’ailleurs, je conseille de regarder les master-class de Leonard Bernstein. Il dit « Toute ma vie il fallait que je transmette, que j’enseigne parce qu’en enseignant, j’apprends. Et je dois tellement à mes maîtres. »

Et quand tu te retrouves face à un môme, c’est pareil. Même s’il n’a pas de notions de musique et que tu sens qu’il y de la musique en lui, tu ne peux pas le laisser comme ça. Il faut qu’il te comprenne : donc, métaphore !

Petit quizz rapide pour terminer !

 Une chanson, un morceau pour séduire une femme ?

Je vais aller dans Harry rencontre Sally, Harry Connick Jr. qui dit It had to be You, il n’a que toi, comme ça tu la rends unique .

Une chanson, un morceau pour séduire un homme ?

J’ai envie de lui parler de l’introduction du Tannhäuser de Richard Wagner, parce que d’un coup, c’est des accords majeurs, une marche en avant.

Une chanson, un morceau pour se marier ?

Dans la bande originale de La Ligne Rouge de Terence Malick, il y a des sons d’enfants du Pacifique. C’est le plus beau chant qui soit, c’est d’une pureté incroyable.

Une chanson, un morceau pour séparer ?

Les torch songs, c’est pas ça qui manque ! On ne va pas aller sur Ne me quitte pas.

Jeane Manson : Avant de nous dire adieu.

Une chanson, un morceau pour s’évader ?

Un bon Philip Glass, un truc répétitif, mais ça peut être un peu abscond pour certains.
Non, plutôt le Chamam.  C’est une musique argentine, des indiens Guarani. Et tout à coup, tu as l’impression que tu as toutes les tribus du monde qui se réunissent dans une musique qui te touche. Et il y a un bandonéoniste d’origine ukrainienne Chango Spasiuk, allez-y. C’est des musiques qui te prennent au cœur et qui te donnent de l’espoir en les Hommes.

Quel morceau ou chanson pourriez-vous écouter en toute circonstance sans jamais vous lasser ?

Brad Mehldau, son premier album The art of the trio . C’est vraiment son chef d’œuvre.

Le chant du Périnée

Le chant du périnée

Conférence psycho-érotique pianotée
de André Manoukian.
Tous les lundi à 20h
Jusqu’au 30 décembre 2019
Théâtre de l’Oeuvre

55 rue de Clichy
3 cité Monthiers
75009 Paris
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Toulouse-Lautrec Résolument moderne : Notre avis en quatre tableaux et vidéos

L’exposition Toulouse-Lautrec du Grand Palais porte un sous-titre résumant parfaitement l’artiste : Résolument moderne.
Pour beaucoup, Toulouse-Lautrec c’est principalement des affiches et quelques portraits célèbres.
Pourtant, le réduire uniquement à cela ne serait pas lui rendre hommage tant son travail est prolifique. Les quelques 200 œuvres exposées au Grand Palais pour cette exposition temporaire en sont la preuve…
À cette occasion, Danièle Devynck, conservatrice en chef, nous sert de guide !

Lautrec Grand Palais

La première chose qui surprend dans cette exposition, c’est la scénographie ouverte et épurée. Nous sentons bien que l’afflux de visiteurs a été pris en compte. Une excellente chose, nous respirons  en nous disant que nous pourrons pleinement apprécier.

Et puis, nous plongeons dans la vie de Toulouse-Lautrec…

Toulouse-Lautrec : l’humain avant tout !

La peinture de Toulouse-Lautrec est une peinture énergique. Elle respire la vie. À l’instar de ses portraits où il capte parfaitement l’instant. C’est ce qui rend son travail unique pour son époque.

Toulouse-Lautrec
Monsieur Fourcade

Comme le souligne Danièle Devynck : “Il est toujours aussi fascinant. Ça repose sur le fait que Lautrec est intéressé par la vérité de l’humain. Dans son regard sur les autres, il y a des choses qui sont particulièrement présentes : une grande perspicacité, une acuité du regard, un sens de l’observation qui font qu’il va immédiatement saisir, capter l’individu qui est en face de lui par delà le masque social. Et l’authenticité de son regard, et donc de sa démarche qui met au service de son regard, est toujours perceptible par nos contemporains.”

Dans le lit

C’est cela qui captive dans la peinture de Toulouse-Lautrec.

En compagnie de Danièle  Devynck, conservatrice en chef et Directrice du musée Toulouse-Lautrec d’Albi, partons à la découverte de quelques toiles du Maître.

L’expo du Grand Palais en quatre œuvres : décryptage

C’est grâce sa grande passion pour le japonisme et tous les courants d’avant-garde comme le synthétisme ou le divisionnisme de Seurat que Toulouse-Lautrec dynamite les codes de la composition.
Et notamment ceux de la perspective comme dans cette toile : Au cirque Fernando (écuyère)

Impossible ne pas faire un tour dans l’univers très connu de Montmartre avec le tableau  : Au Moulin Rouge.
“Dans les scènes de maisons closes, ou dans certains portraits de femmes, il y a une forme de tendresse. Un regard qui n’est jamais dans le jugement moralisateur, notamment vis à vis des prostituées. Il témoigne de ce qu’il voit, il est assez distant pour ne pas porter de jugement.”
– Danièle Devynck

Outre ses portraits de femmes, Toulouse-Lautrec aime peindre ses amis, et surtout son cousin : Le Docteur Tapié de Céleyran. Nous retrouvons dans ce tableau l’acuité à saisir l’humain qu’avait l’artiste, même en arrière plan.

Le tout dernier tableau de chevalet de Toulouse-Lautrec est une mise en scène. Mais avec Un examen à la Faculté de médecine, il arrive à percer les sentiments, à retrouver l’émotion d’un moment malgré la reconstitution. Humain comme toujours.

https://youtu.be/roo6IBAtEzg[

Une exposition dense et complète

Passer les portes du Grand Palais, c’est se confronter à l’intime de Toulouse-Lautrec. C’est aussi se défaire des a priori sur l’artiste, comme l’évoque Danièle Devynck: “Tout le mythe autour de Lautrec (son handicap, ses origines aristocratiques, sa vie à Montmartre…) fait parfois un petit peu d’ombre à la lecture de son œuvre. Dans cette exposition, on met cela à sa juste place : tout cela existe mais l’œuvre de Lautrec, c’est bien plus que cela. On essaye de réinscrire cette œuvre en montrant sa pertinence, sa force et en montrant toutes les voies nouvelles qu’Henri de Toulouse-Lautrec va ouvrir.”

Toulouse-Lautrec
Salon de la rue des moulins

Toulouse-Lautrec

Une nouvelle fois, le Grand Palais nous livre la découverte dans son ensemble d’un artiste sous toutes ses facettes. Qu’elles soient reluisantes ou moins glorieuses, elles font parties d’un tout et offrent un regard complet et authentique sur Toulouse-Lautrec.
À ne pas manquer donc…

Toulouse-Lautrec
Allégorie Un enlèvement

Toulouse-Lautrec : Résolument Moderne

Jusqu’au 27 janvier 2020

Lundi, jeudi et dimanche de 10h à 20h
Mercredi, vendredi et samedi de 10 à 22h
Fermeture hebdomadaire le mardi

au Grand Palais
3 avenue du Général Eisenhower 
75008 Paris

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Le chant du périnée : André Manoukian jouisseur musical et passeur d’histoires

Qu’il agace ou séduise, André Manoukian ne laisse personne indifférent. Il va sans dire que nous lui devons beaucoup dans la démocratisation de la musique. Quel lien existe-t-il entre Robespierre et le jazz ? Qu’est-ce que le psycho-érotisme ?
Grâce à sa pédagogie, sa finesse et son sens de l’humour caractéristique, son spectacle Le chant du Périnée, au théâtre de l’œuvre, est comme lui : atypique et brillant !

 

Le chant du Périnée
© Emmanuelle Nemo

En 2017, nous l’avions rencontré pour la sortie de son album Apatride.
André Manoukian aime parler, échanger et tout mélanger comme ça vient. Aussi bien la musique, les femmes, ses muses, que sa vie personnelle, ses origines, ses passions ou le jazz. Il possède un univers bien à lui et c’est une joie que de pouvoir le découvrir !C’est exactement ce sentiment que l’on retrouve sur scène : l’homme, deux pianos et un esprit bouillonnant n’attendant qu’à s’exprimer.
André Manoukian
© Emmanuelle Nemo

La musique… féminine

C’est bien l’axe principal de cette discussion-conférence. En effet, André Manoukian est passionné par les femmes. À l’instar de Beethoven, «Jean-Seb», Mozart ou Wagner dont l’inspiration provient autant de leur amour que de leur dépit…
Inspiratrices mais également parfois destructrices, elles lui permettent de composer ses partitions. Après une énième déception et son passé Arménien refaisant surface, il décide de s’affranchir d’elles afin d’écrire et de composer.Il aura maintenant une nouvelle compagne : son piano.Ce même piano qui, adolescent, ne lui donnait pas l’avantage face aux guitares des séducteurs du lycée. D’ailleurs, beaucoup se retrouveront dans cette anecdote… 😉
André Manoukian
© Emmanuelle Nemo

Le chant du périnée !

C’est quand même assez fou parce qu’André (oui, nous sommes intimes maintenant) nous donne envie de retrouver nos 9 ans et de nous inscrire au solfège ! Mais uniquement avec sa méthode, intuitive, artistique et non rébarbative ou fastidieuse…

Il éclaire aussi sur l’évolution de la musique : l’improvisation étant la base de tout jusqu’au 19ème siècle. C’est à cette époque qu’apparaissent les «conservatoires» de musique. Le but était de conserver et diffuser cet héritage précaire voué à disparaître. À partir de ce moment-là, les musiciens jouent en devenant de simples exécutants. En voulant sauver un patrimoine, c’est tout un art qui se retrouve complètement castré de son principe fondamental…

Vous découvrirez aussi une kyrielle d’histoires passionnantes sur l’importance de la musique dans les relations diplomatiques, mais aussi pourquoi la moustache d’André Manoukian se met à transpirer à l’écoute de certains morceaux. En effet, il serait bien réducteur de croire que la musique éveille simplement l’ouïe…
Soyez bien à l’écoute de votre corps, laissez circuler les notes et vous pourriez être surpris… Nous en avons fait le test et le résultat est intéressant !

André Manoukian
Photo © Usofparis

Le chant du périnée, c’est véritablement 1h40 (et parfois plus) de plaisir, qu’il soit musical, instructif, pédagogique ou poétique. 
Sans oublier bien entendu le décryptage des morceaux à deux mains en live sur clavier ou stand-up version Manoukian !

Passionnés de musiques ou novices, il ne faudrait pas rater ça !

Sinon, on vous a dit que nous avions adoré ? 😉

Le chant du Périnée

Le chant du périnée

Conférence psycho-érotique pianotée
de André ManoukianTous les lundi à 20h
Jusqu’au 30 décembre 2019
Théâtre de l’Oeuvre

55 rue de Clichy
3 cité Monthiers
75009 Paris
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Greco au Grand Palais : l’extase picturale de la Renaissance #Vidéos

Difficile d’être objectif lorsque nous sommes en totale communion avec un artiste. La première fois que nous avons vu une peinture du Greco, ce fut comme un coup de foudre…
Alors, se retrouver au milieu de plus de 70 toiles du Maître avec Guillaume Kientz, le commissaire d’exposition passionné et passionnant, c’est un moment unique.
En vidéos et photos, nous espérons vous donner l’envie de rencontrer ce peintre au style si singulier.

 

Greco

Le Greco a commencé sa carrière de peintre par des icônes et des pièces liturgiques. Simplement sublimes.

Greco
La mise au tombeau du Christ

Une exposition majeure

Son passage en Italie ne se passe pas aussi bien qu’il l’aurait souhaité. Alors il part en Espagne et c’est là que son art explose.
En effet, le contraste entre le blanc et la couleur offre une esthétique du dessin novatrice. Le peintre crétois est clairement en dehors des codes du 17ème siècle. Sans filiation directe, il ne sera jamais copié.

Mais l’élément déclencheur de cette exposition, c’est “l’opportunité d’avoir à Paris la Grande assomption du musée de Chicago qui la prêtait pour la première fois en dehors de ses murs depuis 1904.”

Greco
L’Assomption de la Vierge

Le Greco est une personnalité artistique extrêmement forte qui suscite beaucoup d’empathie et nous entraîne avec lui dans un voyage géographique et temporel.

Plonger dans l’univers du Greco, c’est aborder un remarquable univers de création en admirant un style graphique unique.
Découvrons ensemble et en détail, les secrets de ses créations en compagnie de Guillaume Kientz.

Greco : focus quatre œuvres

Tout juste entré dans l’exposition, le tableau Saint François recevant les stigmates attire le regard. Une pièce magnifique qui pourrait devenir le précieux d’un membre de l’équipe !

Découverte au cours d’un voyage à New-York , la toile Portait du cardinal Niño de Guevara reste pour nous toujours aussi fascinante. Tout y est, la puissance évocatrice du Greco, l’art de mettre en lumière le sujet, tout est millimétré.

Cette Pietà est tout aussi exceptionnelle.
Les corps chez Greco sont beaux. Il n’y a pas un érotisme au sens où on l‘entend aujourd’hui. Mais il y sans doute une érotisation dans le sens où le beau doit être séduisant. Il ne doit pas entraîner vers la concupiscence, vers de mauvaises pensées. Le maniérisme est un art extrêmement sensuel, quelque fois provocateur et qui a été parfois condamné en tant que tel. Greco joue sur cette gamme.

Avant de quitter cette exposition, il faut s’arrêter sur quatre toiles au sujet identique : Le Christ chassant les marchands du temple. On reste stupéfait par la maîtrise du sujet, le mouvement des corps quasi similaire dans chaque version et la majesté des couleurs.

Prendre son temps pour Greco

Dans cette rétrospective du Grand Palais, on pourrait passer des  heures à scruter les détails des peintures du Greco.

Greco
L’adoration du nom de Jésus
Greco
L’adoration du nom de Jésus (détail)
Greco
L’adoration du nom de Jésus (détail)

Ou alors contempler avec bonheur ces portraits espagnols.

Greco
Portrait d’un gentilhomme de la maison Leiva
Greco
Portrait du frère Hortension Félix Paracivo

Impossible de vous montrer tous les chefs d’œuvres de ce peintre. Et ce serait dommage de tout vous dévoiler…
Pour chaque amateur d’art, cette exposition est tout simplement immanquable !

Et une autre video interview de Guillaume Kientz est à retrouver sur notre page Youtube

Greco

Jusqu’au 10 février 2020

Lundi, jeudi, dimanche : 10h à 20h
Mercredi, vendredi et samedi : 10h à 22h.
Fermé le mardi et le 25 décembre 2019

Grand Palais
Galerie sud-est
3, avenue du Général Eisenhower
75008 Paris

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Photo du mois : street photography

Chaque mois, les blogueurs et blogueuses qui participent à la Photo du Mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants le 15 de chaque mois à midi, heure de Paris.

Cette fois, c’est au tour de de proposer le thème :  street photography proposé par Céline in Paris.

Fin de présentation presse au Théâtre Mogador pour la nouvelle production : Ghost le musical. Et juste le temps de jeter un peu plus d’un oeil et un objectif d’appareil pour immortaliser le néon. Car j’ai risqué ma modeste vie de blogueur sur le petit balcon qui m’accueillait. Ses mensurations ne sont pas règlementaires pour recevoir du public.

Théâtre Mogador

J’habite à Waterford, Céline in Paris, Frédéric, Cara, Marine D, Christophe, Tambour Major, Eurydice, Josette, écri’turbulente, Nicky, El Padawan, Pilisi, Amartia, Philisine Cave, Renepaulhenry, Cynthia, Josiane, Marie-Paule, Laurent Nicolas, Krn, Mirovinben, Julia, Pink Turtle, Lilousoleil, Alexinparis, FerdyPainD’épice, Who cares?, Gine, Blogoth67, Betty, Sous mon arbre, La Tribu de Chacha, Danièle.B, DelphineF, Xoliv’, Akaieric, Morgane Byloos Photography, Lavandine, magda627, Gilsoub, Jakline, Brindille, Giselle 43, Escribouillages, Kelly.

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Elephant Man : Joeystarr et Béatrice Dalle poignants

Voix rocailleuse, démarche gauche, corps tatoué et fatigué, Joeystarr s’offre tout entier, et sans artifice pour cette version d’Elephant Man mise en scène par David Bobée.
Pas de masque pour suggérer la monstruosité du physique de John Merrick qui fascine tout autant qu’il répugne. L’imagination est de mise. Seules quelques images vidéo d’un visage déformé viendront aider le spectateur à entrevoir le pire.

David Bobée insuffle quelques étrangetés dans ce récit culte, et connu de beaucoup. Comme ces sœurs siamoises qui poussent la chansonnette, cette mort-vivante qui s’extirpe des tréfonds du décor. Ces projections vidéo qui viennent habiller les murs de l’hôpital.

Un personnage sulfureux fait son apparition : Jack l’éventreur, interprété par Luc Bruyère, mannequin et aussi créature nocturne du Cabaret Madame Arthur.

Et puis le couple de l’affiche s’unit enfin devant nos yeux. Qui est cette femme, toute de noir vêtue qui vient rendre visite à John Merrick ? Madame Kendal, une comédienne autant fascinée que passionnée par l’attirance qui peut naître de la différence et du handicap.
Car ce sont ces problématiques qui sont au cœur du récit de Bernard  Pomerance. Comment dépasser le physique pour ne retenir que le talent, la sensibilité, l’intelligence ?

Elephant Man

Elephant Man 
de Bernard Pomerance 
mise en scène de David Bobée
avec Joeystarr et Béatrice Dalle 

aux Folies Bergère
32 Rue Richer,
75009 Paris

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