ITV d’Antoine de Maximy pour J’irai dormir chez l’Homme qui Brûle, le DVD halluciné !

Vous avez forcément entendu parler, certainement vu aussi des photos de ce grand rassemblement américain : le festival BURNING MAN. Dans le désert de Black Rock au Nevada, pendant une semaine en plein été et sous un soleil de plomb, une foule entière se retrouve pour des expériences aussi barrées, surréalistes que spirituelles.
Antoine de Maximy, le génial globe-trotteur trublion y a baladé sa caméra pour tenter de percer le mystère de ce rendez-vous devenu incontournable pour les adeptes de sensations fortes.
Après la diffusion de la version grand public sur France 5, J’irai dormir chez l’Homme qui Brûle fait l’objet d’une sortie DVD agrémentée de séquences coupées et des bonus à gogo ! 

Antoine de Maximy au festival Burning Man DVD J'irai dormi chez l homme qui brule programme France 5 avec bonus portrait photo

Quelle était la motivation première pour aller chez l’Homme qui Brûle, après toutes les aventures que vous avez vécues ?
Plusieurs personnes m’avait dit : « il faut que tu ailles là-bas ! Ça serait génial de tester le Burning Man. » Et effectivement, je me suis dit qu’il fallait que j’y aille, surtout quand j’en ai su un petit peu plus parce qu’au début on me parlait simplement d’un rassemblement.
Je ne suis vraiment pas du genre à aller regarder qui fait quoi, qui a fait quoi. Et finalement je me suis mis à creuser un peu et je me suis dit « Ça va être bien !».

En fait vous saviez très peu de choses et vous aviez vu très peu de photos ?
Au début je n ‘ai pas creusé tout de suite. C’est après quand j’ai vu que je me suis dit que c’était une bonne idée.
Mais quand je suis parti, j’avais préparé mon voyage, j’avais un camping–car correct (climatisé) car j’ai des toutes petites cartes mémoire, faut que je puisse regarder mes images. Il fallait vraiment que j’aie le courant pour charger les batteries et que je ne sois pas dans un endroit plein de poussière.

Une fois arrivé sur place, il y avait des contraintes particulières que vous n’aviez pas envisagées ?
Je n’ai pas eu de contraintes que je n’avais pas anticipées. La poussière : je savais, mais aussi que les gens ne seraient pas tous d’accord pour être filmés. Donc je n’ai pas eu trop de surprises.
J’avais quand même bien préparé mon coup. Le matériel était encore assez expérimental donc j’ai eu des problèmes techniques. J’ai raté des petites choses.

Justement, avez–vous eu des regrets pendant le tournage, un rendez-vous manqué ?
Non, je n’ai pas eu de regret de ce type. Ce que j’ai eu comme regret c’est de ne pas avoir pu rentrer dans la tente des suspensions. Et puis j’ai regretté à postériori de ne pas avoir été voir moi-même sans caméra mais le problème c’est que je n’avais pas le temps. Et on ne m’aurait pas laissé rentrer sans être accompagné.
C’est compliqué si j’avais voulu y aller car j’aurais dû aller décomposer mon matériel chez moi pour revenir après. Ce sont des déplacements qui m’auraient pris une heure.

Comme vous êtes en voyage, et plus particulièrement à Burning Man, quel est le numéro d’urgence que vous êtes prêt à appeler en cas de besoin : le producteur … ?
Pour le Burning Man c’est réglé car il n’y a pas de réseau ! Donc tu vas au poste de secours et là ils prennent soin de toi.
Et quand je suis en voyage, je pense que j’appellerai les producteurs. Après ils se débrouilleraient pour mettre en route le truc. Alors que si j’appelle ma famille, ça va leur mettre une grosse charge.

Antoine de Maximy au festival Burning Man DVD J irai dormir chez l homme qui brule désert de Black Rock au Nevada avec Bonus et scènes coupées

Quelle est la première impression que vous avez eue en arrivant sur le site ?
Il y a deux trucs. La première, pour arriver là-bas, c’est l’immense file de véhicules qui se suivent et qui n’avancent pas. Et la deuxième, elle est sonore parce qu’il y a une radio qui donne toutes les consignes en boucle. On l’entend d’ailleurs dans le film. C’est assez particulier parce que tu la mets et puis tu la laisses tourner. En fait, c’est très mécanique, bizarre. Ça te met un climat dans la voiture, une voix de femme qui répète sans arrêt la même chose.
C’est très 1984, le film. Parce qu’ils donnent les consignes en permanence et en boucle, sans coupure  musicale.

A quoi peut-on comparer Burning Man ? Un parc d’attraction hippie ? Une confrérie de bienheureux ? Une hallucination en plein désert ?
C’est tout ça mais pas que ! C’est un mélange de Woodstock, mais il n’y a pas de concert vraiment. C’est un camp de naturistes, un atelier d’artistes, une exposition géante. C’est une rave party.
Tu trouves aussi bien des cours de cunnilingus que des voitures à pédales tamponneuses. Il y a tout, n’importe comment et dans tous les sens.
C’est le carnaval de 2015, de notre époque. Le carnaval, c’était un truc où tout le monde jetait un peu toutes les conventions et faisait la fête. Et bien c’est ça ! Tu es forcément sur une planète bizarre parce que, en plus de ça, tu as beaucoup de véhicules qui sont incroyables. Les gens sont déguisés. Tu n’as pas une seule personne sauf moi – et heureusement j’avais mes caméras – qui est habillé normalement. Où que tes yeux se posent, tu ne vois rien qui est normal. Dans ce sens, c’est vraiment exceptionnel et ça se voit dans le film. Tu es dans un univers exceptionnel !

On peut lire sur Burning Man que ce sont des rencontres que l’on ne peut pas faire ailleurs que dans ce désert.
J’aurais tendance à moins le dire que beaucoup de gens. Parce que pleins de gens m’ont dit « C’est incroyable tout le monde se parle, se rencontre… ». Et moi comme je passe ma vie à aller à la rencontre de gens qui m’auraient pas parlé au départ, j’ai continué à rencontrer pleins de gens sur place. Donc je n’ai pas trouvé ça aussi fort à ce niveau-là, parce que je rencontre toujours des gens.
En revanche, il y a un grain de folie qui n’est pas du tout habituel. Si tu veux je n’ai pas eu l’impression qu’enfin les gens se parlaient. Je parle à plein d’inconnus tout le temps. Et dans toute ma vie.
Si j’ai fait J’irai dormir chez vous c’est parce que je parlais déjà aux gens avant.
Ça a un peu changé en France, car comme tout le monde me connaît, je le fais moins. Mais avant je parlais à tout le monde. Je rentrais dans un magasin, j’avais toujours une connerie à dire à mon voisin dans la queue. Des trucs comme ça.
Et c’est pour ça que j’arrive à faire J’irais dormir chez vous, parce que j’étais déjà comme ça.
Là, à Burning Man, j’ai parlé à pleins de gens. Mais à la limite c’était moi qui étais le plus décalé, dans une situation un peu bizarre. Parce que comme il fallait que je reste suffisamment conscient pour faire le film et qu’en plus je me filmais donc que je reste suffisamment présentable, en tout cas une partie du temps, ça a été difficile pour moi de faire ça. Un tournage difficile, contradictoire.

Après ce tournage, il y a eu une envie d’y retourner seul, sans caméra ?
Oui, tout à fait. Je n’ai pas encore eu l’occasion de le faire et je ne le ferais peut-être jamais d’ailleurs. L’année d’après, j’ai failli y aller avec un copain. Puis j’avais ma fille qui rentrait en fac. Elle avait besoin de son papa, je m’en suis occupé.
Mais là ça fait deux ans, alors je ne sais pas si j’y retournerai.
Effectivement, j’ai eu envie d’y retourner sans caméra : pour être disponible et vivre le truc sans avoir de souci. Parce que j’étais dans une situation un peu double personnalité où tu dois profiter et gérer. Quand tu rentres dans ton camping-car, faut mettre les batteries à charger, sauvegarder les cartes mémoires. C’est du boulot.

Donc il y a quelque chose d’attractif et d’addictif dans ce festival ?
Je ne dirais pas ça. J’ai envie d’y retourner parce que je considère que ce n’est pas fait comme il aurait dû à cause du fait que je travaillais.
Et que ce soit addictif ? D’abord je suis un anti addiction total. Le café quand j’ai vu que je commençais à plus pouvoir m’en passer j’ai immédiatement arrêté, je n’ai jamais fumé. J’ai très peu d’addiction. Je n’aime pas ça. Ça va à l’encontre de mon indépendance et de ma liberté.
Si je retournais là-bas, ça serait une fois. Je n’y retournerais pas chaque année.

Quel est votre moyen d’accéder au plus haut degré de bonheur ?
Mon grand plaisir c’est de faire ce que je fais. Et en fait, je dirais que c’est peut-être de gérer ma vie et d’avoir fait le maximum de choses, les plus variées. Donc c’est beaucoup mes réussites de travail qui sont le bonheur. D’avoir fait cette série, ce qui a été très difficile. Car pendant deux ans, personne n’en a voulu. Là, je suis sur un projet de long-métrage de fiction : personne n’en veut. Je ne m’arrête pas car j’ai bien compris il y a longtemps qu’il ne fallait jamais s’arrêter. Mais je ne sais pas quand je vais y arriver. Ça m’énerve et je me dis « ils sont cons !».
Je pense que ça fait partie de mon grand bonheur d’avoir fait tout ce que j’ai pu faire parce que toi tu connais J’irais dormir chez vous. Mais avant j’ai fait tellement d’expéditions fabuleuses. J’ai plongé en sous-marin à 5 000 m de fond, je suis allé dans des volcans, dans des gouffres de glace… J’ai fait tellement de trucs qui sont réellement exceptionnels que si je devais mourir maintenant, mais je n’ai pas envie de mourir maintenant, ça me ferait vraiment moins chier que beaucoup de gens. Mon bonheur c’est là que je l’ai placé.

Et le bonheur c’est aussi un peu les autres, non ?
Non. Et puis encore moins depuis que je fais J’irais dormir chez vous parce que je suis très souvent tout seul. C’est ce qui me pousse à aller vers les autres.
Mais c’est marrant que tu parles de ça parce que je reviens du Bhoutan, pays qui revendique d’être le pays du bonheur. D’abord, c’est plus le gouvernement qui le revendique. Je ne dis pas que les gens ne soient pas d’accord avec ça, mais ils ne t’en parlent pas particulièrement. Il y a quand même une certaine douceur de vivre. Je dirais une quiétude, mais elle est due à la religion et aussi au fait que le pays est très isolé car il est protégé des touristes. Il y en a très peu chaque année. Mais pour moi ce n’est pas l’image du bonheur. Moi je m’emmerde dans ce genre de bonheur. Je me fais carrément chier dans un bonheur pareil. Parce que c’est un bonheur qui est linéaire. J’ai besoin que ça bouge, qu’un jour il se passe quelque chose et le lendemain autre chose.
Et qu’est-ce qui est agréable quand il fait beau ? C’est qu’il a plu. Un endroit où il fait beau tous les jours ça fait chier.

Conseilleriez-vous Burning Man à votre meilleur ami, à votre meilleur ennemi ?
En fait, Burning Man est quelque chose de très particulier. Donc dans mes meilleurs amis, il y des mecs à qui je le conseillerai et d’autres à qui je le déconseillerai. Et ça c’est valable pour mes meilleurs ennemis. C’est à dire que le mec que j’ai envie de faire chier, si son profil fait qu’il va détester le Burning Man, je vais lui dire d’y aller.
Parce que Burning Man est un truc qui est tellement particulier que tu ne peux pas dire que c’est bien ou que c’est pas bien.
Il y des gens pour qui ça va être bien et d’autres, quand ils voient le film ils se disent qu’il était génial, mais jamais ils iront là-bas.
Et encore c’est ce que je pense mais je peux me tromper. Car certaines personnes, des enfants de chœur qui vont s’éclater dedans et trouver ça formidable et d’autres qui sont des déconneurs finis qui vont complètement perdre leurs moyens et qui seront incapable d’en profiter. C’est très particulier Burning Man.

Et dans votre entourage les réactions ont été aussi à la fois passionnées et contrastées ?
Oui, il a quand même beaucoup de gens qui étaient emballés, mais pas toujours avec l’idée d’y aller. Ils étaient emballés parce qu’ils avaient vécu de l’intérieur Burning Man, ce qui est quand même l’avantage de la manière dont je filme, et pour une partie jamais ils n’iraient mettre les pieds là-dedans. Mais justement, ils ont pu vivre et avoir les frissons sans y aller, sans avoir payé.

Antoine de Maximy et un homme tatoué au festival Burning Man désert de Black Rock au Nevada DVD j irai dormir chez l homme qui brule

Et cette fameuse séquence qui a été montrée quelques jours après la diffusion, est-ce que ça a été décidé tout de suite de jouer franc jeu avec le public ? 
Oui, ça a été décidé tout de suite. J’ai pris le parti depuis le début de la série d’être le plus proche, le plus authentique, le plus sincère possible. Bien sûr, je ne mets pas tout. Mais sincèrement, je mets vraiment beaucoup de choses. Et depuis le début, si je voulais qu’on me croie, dans ce que je faisais, il fallait que je me montre aussi quand ça ne marchait pas. Parce que sinon, le mec qui réussit tout le temps, on n’y croit pas. J’ai donc pris ce parti. Et à ça s’ajoute le fait que j’ai toujours eu pas mal d’autodérision. Donc voilà : je suis minable et je le montre.
Il y a eu ce truc à Burning Man (la séquence du space cookie NDLR), mais avant il y a eu la séquence en Corée du Sud, où j’avais pris une grosse taule parce que j’avais bu et bouffer des herbes dont je ne savais pas ce qu’il y avant dedans. Et j’aime bien pouvoir montrer ces moments-là. Mais cette fois, le film passait pendant les vacances de Noël, alors France 5 préférait qu’on ne montre pas cette séquence, et une ou deux autres d’ailleurs qui se trouvent dans la version intégrale. En fait, il y a 17 minutes de plus dans la version intégrale. Pas 17 minutes uniquement trash ou incroyables, c’est que quand tu as une séquence forte, comme le space cookie, au ¾ de ton film, tu peux encore faire un bon quart d’heure derrière.
Il y a d’autres séquences, comme cette nana attachée torse nue avec des chaînes en train de se faire papouiller, et qui est dans le DVD.

Il y a pas mal de détracteurs qui disent que l’esprit de Burning Man n’est plus. Pour ceux qui sont curieux et qui aimeraient vivre l’expérience, est-ce qu’il n’est pas déjà trop tard ?
Non, parce que l’expérience a évolué. Donc s’ils voulaient vivre l’expérience des années 90 ou 80 est bien ce n’est plus là. Ça reste Burning Man mais des années 2000-2010. C’est beaucoup plus techno, c’est beaucoup plus rave party. Mais le côté spirituel, il est quand même resté, il n’a pas disparu.
Tu as moins de hippies, c’est beaucoup plus branché. Les gens qui y vont ont entre 20/25 et 45 ans, 35 ans même. Oui, c’est ce que j’ai vu, ils sont plutôt jeunes.

Un conseil pour en prendre plein les yeux ?
J’ai tendance à dire, et c’est pareil quand je vais à une fête, je ne picole pas beaucoup parce que sinon je profite moins de la fête. Si tu te défonces d’un bout à l’autre, tu ne verras rien. Il faut être un peu raisonnable pour en profiter le maximum.

Votre Paradis sur Terre ?
Je ne sais pas. Je suis très content d’être à Paris parce que je m’en vais. Le paradis sur Terre, c’est d’être de partout et de changer d’endroits. C’est le mouvement, le transit !

https://www.youtube.com/watch?v=_rAu7Lebb8g

J’irai dormir chez l’Homme qui brûle – le DVD
avec Antoine de Maximy 

En vente depuis le 1er décembre 2015

L’édition DVD contient :
– le film en version intégrale : 1h45 (la version télé durait 1h23)
– les scènes coupées non diffusées en télé (17 min)
– 1h20 de bonus

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