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Printemps de Bourges : la vague Hyphen Hyphen, Rone, Ben Mazué, Bagarre

Fougue, poésie, folie et danses …
Un 5ème jour au Printemps de Bourges 2018 en communion avec Hyphen Hyphen, Rone, Corine, Ben Mazué et Bagarre.
Découvertes et t
êtes d’affiche dans les 4 salles principales du festival. Du slam dans la foule et de l’électro pure.
Et une affluence plus faible qu’à l’accoutumée pour un samedi… (les grèves ont-elles éloigné les festivaliers ?). 

Hyphen Hyphen

Hyphen Hyphen

Hyphen Hyphen is back! 

Ce sera notre point d’orgue de la journée. Alors que certains attendent Laurent Garnier qui joue à 3h du mat’. Trop tard pour nous en cette fin de semaine, même pour voir un monstre sacré de l’électro.

C’est dans la chaleur du Palais d’Auron, qu’Hyphen Hyphen (HH pour les intimes) fait son apparition. Énergie et lumière stroboscopique seront les valeurs sûres de leur set.Hyphen Hyphen

Le groupe défend en live son nouvel album HH qui sortira fin mai 2018. On sent un peu moins de fureur sur scène mais Santa et Adam se démènent toujours autant. Et le public danse sans bouder son plaisir.

« On s’approche de la fin, il va falloir danser terriblement ! »

Après un (petit) show de 45 min, HH le clôt avec son hymne Just Need Your Love. Santa s’offre un bain de foule. Le slam est décidément le must-do de cette édition du festival.
La chanteuse finira en communion total avec le public avec un retour sur scène en fendant la foule !

Le tumulte de cette chanson finit d’emporter le public et nous dans nos élans festifs.

Rone is the one! 

Avant Hyphen Hyphen, on s’était posé devant Rone.
En déroulant ses premiers sons, on se dit que le DJ est placé un peu tôt dans le line-up de la soirée.
Ses morceaux ne sont pas si légers pour simplement chauffer les festivaliers accros à la musique électro et à la fête.

Comme le set se chevauche avec Hyphen Hyphen, impossible de le voir en totalité. Dommage.

Ben Mazué : épopée onirique

Rendez-vous était pris à l’Auditorium avec La princesse et le dictateur. Le spectacle de Ben Mazué que l’on avait raté à l’automne dernier.

« J’ai tellement de rêves d’enfant que je n’ai pas renoncé à être footballeur. J’ai 35 ans et il me reste un an avant la retraite sportive ! »
Le postulat de ce spectacle est posé et l’humour est de mise.

Le rêve à Ben c’est aussi de réaliser un film. Alors avec son clavier Robin Notte, ils vont jouer en live la bande-originale de ce film qui ne sera jamais produit.
« On dirait qu’on serait à Bercy »
Ben Mazué sait conter une histoire et en un rien de temps, il nous téléporte dans son univers.


Dans ce stand-up musical, on sourit, on rit et on est touché par l’histoire d’amour de Vincent et de Romy. On y trouve aussi Ben Mazué, fantasmé, chanteur à la réussite fulgurante.

Acteur, Ben l’est autant que compositeur ou chanteur.
Il séduit par sa poésie et son imagination folle.

Bagarre : fougueuse découverte

Pour les non-initiés, on pourrait croire à un simple groupe de hip-hop.
Bagarre c’est Emmaï Dee, La Bête, Majnoun, Mus, et Maître Clap : 4 gars et une fille. Chacun a son propre style vestimentaire.
Mais musicalement, le groupe n’en a aucun.

Bagarre symbolise la génération YouTube qui n’a pas de frontière en matière de genres musicaux.

« Ce soir, nous sommes Bagarre, vous êtes le Club ! »
Hip-hop, rock (parfois punk), world, électro, rien ne fait peur à Bagarre et ils le font bien.
A part le batteur, tous changent d’instrument à chaque titre et passe par le micro, ça nous rappellerait presque Arcade Fire. Sur scène, les 5 jeunes ont une énergie bondissante.
Le public les suit dans leurs grains de folies musicales et leurs passions : la fête et la danse.

Pas facile d’entamer la soirée sous le chapiteau du W. Bagarre s’en sort foutraquement bien tiré !

Corine : un univers à part

Un stop au 22 s’imposait pour assister à la fin du concert de Corine, une créature particulièrement fascinante et subjuguante.

Corine, c’est une choucroute bouclée 80’s sur la tête. Elle suscite d’ailleurs beaucoup de « Oh Polnareff ! » côté festivaliers venus passer une oreille.

Cocktail, Il fait chaud… des titres qui permettent à Corine de partager sa personnalité artistique barrée.

Une énergie dingue qui clôt parfaitement notre édition du Printemps de Bourges 2018.

SAVE THE DATE : le Printemps de Bourges 2019 c’est du 16 au 21 avril !

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Printemps de Bourges : passion Orelsan, Feu! Chatterton, Eddy de Pretto

Printemps de Bourges 2018 – J3.
Equilibre parfait entre les artistes qu’on voulait voir absolument comme Orelsan et Charlotte Gainsbourg et ceux que l’on souhaitait retrouver : Feu! Chatterton avec son nouvel album lumineux, Eddy de Pretto qui prend de la maturité scénique à chaque nouvelle apparition.
Report !

Orelsan en pleine puissance

Orelsan est une tête d’affiche de festival à lui tout seul. Une raison de prendre son billet pour une des nombreuses dates à travers la France. Il fallait forcément en être ou passer à côté d’une soirée tonitruante.
Avant même l’arrivée sur scène du rappeur, le public est surexcité et scande déjà « Aurélien une chanson ! » gimmik du tube Défaite de Famille.

« Faites pas de pari, c’est moi qui fait la putain de setlist !»

 

Orelsan a l’art de savoir composer un set de festival. Alors pour embarquer direct le public du W, il attaque franchement avec San suivi de Basique : simple !
La setlist est largement dévoué au succès retentissant de l’album
La fête est finie avec Bonne meuf, Zone (sans le feat de Nekfeu), La pluie, Christophe (avec la voix de Maître Gims en PBO), Paradis
Du coup, fierté : on connait tous les titres par coeur.
On retrouve la richesse des arrangements sur scène, avec même de belles évolutions .
Les tubes moins récents ne sont pas absents pour autant : La terre est ronde, Le chant des sirènes (pimpé avec des choeurs) ou Raelsan très rock avec d’audacieux rifs de guitares électriques.
Il  joue en continu avec le public : « Je peux pas chanter Défaite de famille car j’ai d’la famille dans la salle ! 🙂 Ok vous l’aurez voulu ! »
Aucun centimètre carré de la scène n’aura échappé aux sauts d’Orel.
Il assure même un petit tour devant la fosse pour faire chanter les plus jeunes fans compressés sur les barrières.
On est du côté lumineux du rap français grandiloquent.

Feu! Chatterton : « roucoulons, Printemps »

« C’est la saison de l’amour, les phéromones ouverts, le pollen. »

Le quintet de garçons déploie une belle énergie pour partager les titres de son dernier album L’oiseleur.
On débute par Souvenir, « mais maintenant, je pleure ton nom », des mots justes que l’on pourrait dire à un.e ex.

L’espiègle Arthur fait se lever l’auditorium, un peu top sage, après « avoir fait connaissance ». Tout le monde s’exécute.
Il est temps de se lover contre Ophélie, les guitaristes de Feu! Chatterton sautent sur scène, la communion peut débuter.
Un pigeon, celui de « mon cœur » passe avec élégance.
Le concert est sans doute moins grave que celui de 2016 et ça fait du bien.
Ginger qui pourrait faire l’ouverture d’un James Bond par son orchestration éloquente.
Un peu d’Ivresse et pointe l’Aube pointe dans une version magnifique. On redécouvre encore la beauté de ce titre.

Eddy de Pretto, définitivement incontournable

Avant de retrouver le public de Bourges, un an après le tout premier concert, Eddy de Pretto a eu droit à une conf de presse pleine à craquer. Médias debout ou assis par terre. Personne ne voulait rater la rare occasion de voir le phénomène de près.
Comme Christine and The Queens en son temps, Eddy attire la pleine attention de tous et toutes.
A 24 ans, il a réussi une fulgurante ascension avec son flow unique.
Au Palais d’Aurion, comme à son habitude, Eddy entre son smarphone à la main, pour lancer la bande-son de ses exhalations musicales.
Un plus par rapport à la première fois, un batteur l’accompagne.
Rue de Moscou, Jimmy, Beaulieue, 3 titres au cours desquels les photographes ne ratent aucune miette de la silhouette de l’artiste. Eddy joue avec la lumière, latérale, débute un déhanchement, puis des enjambées pour se déployer sur la scène.
Les enchaînements de mots sont denses, on ne saisit parfois pas tout mais le rythme prend au corps.
C’est un artiste fascinant à voir performer. On imagine l’évolution encore jusqu’au Zénith de Paris, en mars 2019.

Le sourire de Charlotte Gainsbourg

Interviews au compte goute, Charlotte Gainsbourg joue la carte de la rareté -pour ne pas saturer le buzz médiatique ? J’ai quand même pu la croiser en coulisses, furtivement, et j’ai pu voir son sourire timide et touhant.

Sur scène, elle se dissimule derrière son double synthé ou derrière un bord de cadre juste devant elle.
Assez fascinant de se rendre compte que l’on distinguerait mieux ses compagnons de tournée : 5 boys qui portent fier chemise ou veste en jean bleu. Des musiciens fougueux et plaisant à voir bidouiller au fond ou se déchaîner sur la batterie, exceptionnellement en bord de scène.

La scénographie est proche de l’installation design, elle aurait pu être conçu par l’artiste Xavier Veilhan. C’est très graphique, beau, distrayant parfois un peu trop l’oeil.

Charlotte osera descendre de son podium, pour se déhancher timidement lors d’une instru. La réserve fait partie de son charme.
Les jeux de lumière opèrent par moment des déflagrations visuelles, on serait prêt à sortir nos sunglasses.
Les titres de son dernier album Rest séduisent, un album dédié à sa concert, comme son concert. L’émotion monte quand elle reprend deux titres de la légende Gainsbourg Père et Fils : Charlotte for ever et Lemon Incest, magnifique. « Bourges représente beaucoup pour moi et aussi pour mon père. » Des mercis viennent par grappe du public.
C’était beau.

Le Printemps de Bourges continue jusqu’à dimanche !

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Printemps de Bourges : le coeur bat pour Véronique Sanson, Armanet & Ringer

Affiche 100% féminine pour le premier soir de concerts du Printemps de Bourges 2018.
Des fleurs pour l’anniv de Véronique Sanson, Catherine Ringer joyeuse et virevoltante, Juliette Armanet bête de scène et une révélation nommée Naya.

Véronique Sanson

Naya seule en scène, t-shirt blanc, pantalon argenté, guitare et ordi ouvre la soirée devant exceptionnellement un public assis mais attentif.
Les titres de la jeune artiste nous charment. Il y a une assurance impressionnante, le rythme nous parcourt le corps. On se prend à aimer cette voix qui nous rappelle celle d’une autre artiste : Aurora.
Naya en impose avec sa guitare et aussi sans, à la fois douce et rugissante.
Le dernier titre du set Girl on the moon finit de confirmer son talent.

Juliette Armanet : « Ça danse, ça vie ! »

Si vous n’avez pas vu « le renouveau de la chanson française » en concert, vous ne pouvez pas comprendre.
Nous n’écoutions pas les chansons de Juliette Armanet avant le Printemps de Bourges et les évitons quand elles passaient à la radio.
Mais une fois en concert, on a fait profil bas et on s’est laissé happer.
Oui, on a aimé à la folie son (trop) court set, parce qu’énergique, généreux, drôle, débordant.
Ce brin de trentenaire est un vrai talent, qu’il est aussi plaisant de voir chanter que d’entendre (simplement) parler.
Quelques heures auparavant, lors de sa toute première conf de presse, elle a réussi à charmer une salle entière de médias.

Entrée éclatante avec salut et large sourire puis elle enfourche son piano pour Manque d’amour.
Elle veut que ça bouge et donc invite le public à se lever dès le 2e titre L’Indien.
L’artiste est galvanisée par ses fans, en majorité féminines qui connaissent ses chansons, claquent des mains.
Pour Star Triste, elle lâche son piano et salue malicieusement les photographes, s’autorisant un commentaire un peu graveleux, qu’on lui pardonne aisément.
Et elle swingue dans son costume argenté, fait le show, joue avec le public.

Au W, ce mardi, on pouvait entendre à la sortie, côté spectatrices : « Quand j’ai vu Juliette sur scène, j’ai pensé à toi ». Les good vibes ont perduré toute la soirée.

Catherine Ringer, l’éternelle sauterelle

Un petit pas de danse en direction de chaque musicien à son arrivée sur scène, la gracieuse Catherine Ringer affiche un sourire tendre et malicieux.
Il est question de (re)naissance avec le titre Senior qui évoque un œuf et un poussin. On poursuit avec Como Va pour mieux apprivoiser le public. L’interprétation de la grande Ringer est très gestuelle, captivante.
La chanteuse ne boude pas le plaisir du public en lui offrant quelques beaux succès comme Le Petit Train, en version électrique et choré d’époque, Alors c’est quoi sur lequel elle sera rejointe par son batteur pour une battle de danse.
Marcia Biala à la guitare sèche fait chavirer et nous replonge dans les années 80. La voix est éclatante, le grain de folie intacte, la présence sur scène chavirante. Qu’il est bon de la retrouver.

Au rappel, la Ringer reprend le titre Pars, en hommage discret et sincère à Jacques Higelin. Une majorité du public connaît les paroles.
Fin de set en apothéose avec Andy.

Véronique Sanson, un nouvel âge

Pour fêter ses 69 printemps, Véronique Sanson s’offre une salle en pleine attente, attentionnée qui entonne à plusieurs reprises un « Joyeux Anniversaire ».

Les premiers titres donnent du rythme à défaut d’être des purs tubes : Dignes Dingues Donc, Radio Vipère.

L’artiste prend le temps de l’échange et lance un touchant : « Vous m’avez manqué ». Elle confie aussi sa passion pour les queues de pie, surtout quand elle s’assoie à son piano.
Une dédicace à Simone Veil « qui avait une belle âme » et un titre fort : Je me sens tellement manquée.
On avait oublié la force d’interprétation de Véronique Sanson, totalement habitée par ses textes. Capable en quelques minutes de passer d’un joyeux sourire et un visage quasi au bord des larmes.

Séquence de chansons guillerettes, rigolotes qui se termine par une arrivée clin d’œil de Catherine pour l’anniv de sa complice.

Véronique Sanson

Les grands tubes n’ont rien perdu de leur emprise : Vancouver, Rien que de l’eau, Bernard’s song.
Fin de soirée, seule au piano pour deux beaux derniers titres : Toute seule, Bahia.
Tout au long du concert, on pouvait entendre des merci côté public, touché de ce retour en grâce.

Véronique Sanson

Le Printemps de Bourges 2018 se poursuit jusqu’au dimanche 29 avril.

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