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Live Report : 2ème édition du WONDERFUL, WONDERFUL, WONDERFUL WORLD OF SWANN au Pop In Paris

Le 29 janvier dernier, Alma Forrer est déjà en piste depuis quelques minutes lorsque j’arrive, en retard (désolé pour Spaceman, que je n’ai pas eu la chance d’écouter), dans la grotte musicale du Pop In Paris.

On ne peut que louer la voix et la musicalité de cette jeune artiste qui s’inscrit sans prétention dans la lignée des chanteuses de ballades irlandaises traditionnelles, imposant une sorte de pastorale pop. Sur les trois premières chansons, Alma se suffit à elle-même, habitée qu’elle est par les mélodies qui forment le socle de son répertoire spleenétique : le regard dans le vague et le visage irradié de la lumière froide des projecteurs. Pour son dernier morceau, elle a choisi de reprendre Where Have All The Flowers Gone, en hommage à Pete Seeger, décédé il y a quelques jours. Accompagnée d’un certain Ryan O’Donnell, elle en propose une très jolie version, devant un public touché. Une voix à suivre de près, et qui pourrait délivrer tout son potentiel dans un groupe complet.

« Dix minutes de pause », puis Nina Savary et Michel, dit « Cheval fou » (pourquoi pas !), débutent leur set. On a affaire à une artiste totale – elle est aussi comédienne – dont le regard hypnotique et la voix sobre et vibrante provoquent des sentiments antagonistes : inquiétude et tranquillité, mélancolie et relative espérance. On peut citer Johnny Guitar et une reprise affinée de Rickie Lee Jones Altar Boy, deux morceaux qui illustrent bien l’univers de Nina Savary, au carrefour de nombreuses influences : des sonorités jazz, blues, des accents sud-américains, le tango notamment, et au final un contour pop. Son premier album « Tales of Fire » est sorti, on le conseille.

Changement de registre avec Baptiste W. Hamon. Bon, a priori c’est pas mon truc. Mais on doit reconnaître qu’il sait marier ses influences américaines – musique country, et Dylan bien entendu etc – aux grands noms de la chanson française, que ce soit sur Peut-être que nous serions heureux, en duo avec Alma Forrer et qui rappelle les Murder Ballads de Nick Cave, Aimer, ou une reprise de Billy Joe Shaver, Live Forever, encore une fois en duo avec Alma, et accompagné de Ryan O’Donnell. Un style volontairement daté, mais pas désagréable.

22h35. D’entrée de jeu Swann et deux de ses musiciens gratifient les cinquante personnes qui se serrent dans la cave du bar d’une magnifique interprétation de Show Me Your Love. Précision capitale : Chloé Lenique, alias Swann, joue sans guitare, handicapée par une tendinite. Son guitariste, tout en humour so british, indique qu’il souffre également d’une tendinite mais que cela ne l’empêche pas de bien jouer… !

Puis se succèdent cinq chansons, dont trois extraites de son premier album « Neverending », une chanson du dernier EP « Angels », Angel Of The Seas, et un morceau inédit du deuxième album en cours d’élaboration, Something Special. La jeune songwriter de vingt-quatre ans maîtrise son sujet, dévoilant une culture musicale résolument anglo-saxonne, allant de Blondie à Cat Power, en passant par le Velvet et Bowie. Et puis Swann, c’est aussi un look sage, flanqué d’une attitude parfois contemplative, et des morceaux durs, rageurs, comme God Is Dead – no comment ! Un excellent concert en somme, dans un style qu’on pourrait qualifier de contre pop-folk sous tension.

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On attend déjà avec impatience la troisième édition de ce monde merveilleux de Swann qui, en plus d’être un espoir confirmé de la pop hexagonale, se révèle être un authentique découvreur de jeunes talents.

Setlist de Swann : Show Me Your Love > Angel Of The Seas > Love Song #1 > God Is Dead > Something Special > Rappel : Trying Hard To Find Myself

By Baptiste Petitjean
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Live report concert Tombés pour la France #4 au Point Ephémère avec Marc Desse – The Pirouettes & Petit Fantôme

 Je me précipite sur les pavés dangereusement détrempés des berges du Canal Saint-Martin pour essayer de rattraper mon retard. Une foule compacte et enfumée stagne sur la terrasse du Point Ephémère, tout de même à l’abri du crachin. Je me faufile et parviens à me trainer jusqu’à l’entrée de la salle de concert.

Il est 20h30 : Marc Desse et ses musiciens en sont déjà à leur avant dernière chanson : Video Club !

Le punk BCBG qu’il est laisse tomber le cuir sous les sifflets échauffés de quelques fans, et se lance dans son refrain, de sa voix qui navigue entre le faux détachement et la langueur vraisemblable. J’apprends que juste avant ce morceau le public a eu droit à un titre inédit, Fait d’hiver, jeu de mots fait et refait sur lequel Marc Desse a humblement ironisé. Un fait majeur à noter pour ce concert d’ouverture : la présence dans la salle d’Alex Rossi – L’ultima canzone – venu supporter Marc Desse avec beaucoup d’enthousiasme !

Une courte pause et The Pirouettes, rangés parmi les espoirs 2014 par le magazine MagicRPM dans son numéro de janvier, font leur entrée sur scène. On connait bien leur premier EP, sorti en octobre 2012, et les deux phénomènes de la synth pop Made in France exécutent à merveille les 4 morceaux de cette première publication. Mais on a aussi eu le plaisir d’entendre les nouvelles chansons, celles qui figureront dans le disque à paraître en février prochain L’importance des autres, cocktail unique intégrant la clarté de Saint-Etienne, quelques sonorités volantes de Chvrches, et certains arrangements vifs et pointus de Teki Latex. Toujours la même honnêteté dans les textes, cette manière de mettre le quotidien au premier plan, avec simplicité, naïveté – dans le sens de la douce innocence – ce qui est tout sauf facile, surtout quand cela passe pour simple. On a également remarqué une aisance scénique nouvelle, un univers musical plus affirmé, moins pailleté, sans gâter la légèreté, au contraire. Un mec en or, Robocop, et le très suave Briller comme des étoiles illustrent bien ce constat. Mention spéciale pour Dernier métro, dédicacée pour l’occasion au magazine Magic, et renfermant un sympathique clin d’œil aux Rita Mitsouko.

Setlist : Briller comme des étoiles > Le Matin L’Eté Indien > Danser Dans Les Boîtes De Nuit > Comment Lui Dire ? (reprise de France Gall) > The Pirouettes > Oublie Moi > Autoroute/Opéra > Robocop > Dernier Métro > Rappel 1 Hortensia Summer > Un Mec En Or.

Pierre Loustaunau, alias Petit Fantôme, a clos la soirée. Les onze morceaux inédits qu’il avait réunis dans l’album Stave avaient mystifié les fans de pop, tant le Montois – qui a bien précisé pendant le concert qu’il n’était pas de Bordeaux – a donné naissance à une œuvre que l’on résumerait  en disant qu’elle est conceptuelle tant elle est inqualifiable. Toutefois, une réserve sur le concert : malgré des bons moments, notamment sur Etre Honnête, on n’a retrouvé ni la finesse des arrangements ni l’atmosphère onirique qui auraient dû nous embarquer… Partie remise !

by Baptiste Petitjean
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Live report concert du groupe ALINE à La Flèche d’Or Paris – Tournée Regarde le ciel

La Flèche d’Or. Mercredi 12 décembre, 21h.
Concert d’Aline (Première Partie : Lou Marco)

Alors que son album Regarde le ciel sorti en janvier dernier, vient d’être élu album de l’année par le magazine Magic RPM, les fans et les curieux qui se sont rendus mercredi soir à la Flèche d’Or ont pu passer un moment convivial avec le groupe et acheter des bonnets « Aline » faits main pour affronter l’hiver.

by Marie Labat

Sur scène – et ce malgré des problèmes d’acoustique et d’électricité dans la salle –, Aline prend une autre dimension, avec des influences punk et post-punk très marquées (Buzzcocks, Stranglers, Blondie, …). Entendez par là une musique nerveuse, sans temps mort, avec une section rythmique infaillible sur laquelle viennent se poser ces lignes de guitare pures et cristallines, véritable marque de fabrique du groupe. Ceci dit, à classer parmi les insolites, on peut noter le passage éclair de Grunt – chant guttural en français – de Romain Guerret sur le refrain du morceau Obscène !

by Marie Labat

Au milieu des (déjà) classiques issus de Regarde le Ciel, Aline a joué deux inédits (La lune sera bleue et Mon Dieu, mes amis) qui donnent une idée de la couleur de leur prochain album et de l’évolution du groupe. On a alors du mal à comprendre pourquoi le public est resté si timide face à un groupe si généreux et disposant de tubes très dansants, au premier rang desquels figure Je bois et puis je danse.

On retiendra que le chanteur et le guitariste des Désaxés ont rejoint Aline pour une reprise de Tout ce que je veux qui en dit long sur ce que doit être la musique : plaisir, partage, amitié, rencontres. C’est d’ailleurs le sens des derniers mots de Romain Guerret adressés au public de la Flèche d’Or, après une sublime version des Copains, magnifiquement illustrée par un montage vidéo : « C’est pour ça qu’on fait de la musique, y’a pas d’autres choses à faire dans la vie ».

by Marie Labat

Setlist concert ALINE à la Flèche d’Or : Maudit garçon > Deux hirondelles > Obscène > Tout ce que je veux (reprise des Désaxés, avec les Désaxés) > Voleur > La Lune sera bleue (inédit) > Elle et moi > Elle m’oubliera > Regarde le ciel > Teen Whistle > Les Eclaireurs > Rappel 1 Je bois et puis je danse > Rappel 2 Mon Dieu mes amis (inédit) > Les Copains

by Baptiste et Gérald
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Rock en Seine 2013 – 11ème édition – live-report vendredi 23 août – Belle and Sebastien, Johnny Marr, Franz Ferdinand

 La 11ème édition de Rock en Seine a été placée sous le signe de la Mer, et le premier jour fut bien surprenant, tantôt agité, tantôt calme, tantôt impraticable…

Pour commercer en beauté le festival, passage obligatoire par la Grande scène où les Écossais de Belle and Sebastian ont donné leur seul concert en France de l’année.
Leur look est toujours aussi chatoyant : pantalon slim bleu électrique, T-Shirt blanc col rond et chapeau noir pour le chanteur Stuart Murdoch – qui affichait, soit dit en passant, un magnifique coup de soleil au visage –, pantalon prune pour le guitariste Stevie Jackson, chemisette rouge et blanche pour le bassiste.
Côté musique, ils n’ont pas pris une ride : en 13 chansons, ils ont su rafraichir les festivaliers de leurs mélodies au couteau, des sons clairs de leurs (nombreux) instruments, rappelant les envolées baroques des Zombies, la rythmique de Blondie ou des Cardigans et surtout l’orfèvrerie pop de The Divine Comedy.

Quel plaisir enfin d’assister à la prestation d’un groupe au sein duquel l’ego est un mot qui n’existe pas, d’un groupe qui a un réel plaisir à jouer, plaisir communicatif bien entendu. Et cela se voit : au 10ème morceau  The Boy with the Arab Strap, Stuart Murdoch fait monter sur scène une vingtaine de personnes.
Il les laissera mettre le feu aux planches pendant 10 minutes et deux morceaux. Chez Belle and Sebastian, ce qui compte c’est le public et les mélodies, rien d’autre. Bravo !
En vrac, on retiendra de la set list les classiques : The Stars of Track and Field, Judy and the Dream of Horses, To Be Myself Completely et notre coup de coeur : Le Pastie de la Bourgeoisie.

Place à la seconde légende de la journée sur la scène de l’Industrie : le Godlike Genius (NME’s award 2012) Johnny Marr, guitariste emblématique des Smiths, qui après plusieurs années d’errance musicale plus ou moins heureuse, a sorti son premier véritable album solo au début de l’année 2013.

Dans la rubrique “Mode et Déguisements”, on soulignera tout de même le pull col roulé du guitariste et la veste bleu flashy en velours lisse de Johnny tout à fait appropriés quand le mercure affiche environ 30°C ! Mais ce que l’on retiendra surtout de ce concert dont au final on ne regrettera que la courte durée – J. Marr ne disposait que de 50 minutes au programme – c’est la maîtrise et la facilité déconcertante avec lesquelles Johnny et ses musiciens ont enchainé leurs 11 morceaux, dont 6 de son album, et notamment le très aérien  The Messenger, titre éponyme de l’album, aux arpèges tendus, à la limite de la saturation mais toujours précis et entêtants dont seul Johnny Marr et sa Fender sur mesure ont le secret.

C’est aussi la jonction entre le passé et le présent : 4 morceaux des Smiths, mention très très bien pour Bigmouth Stikes Again, aux arrangements plus rock et joué sur un rythme bien plus soutenu que lors des concerts de plus en plus rares de Morrissey.
Mention plus que spéciale pour There Is a Light that Never Goes Out, l’hymne pop par excellence, joué en dernier et agrémenté des poses décalées de l’enfant capricieux de Manchester.

La promenade de santé musicale s’est arrêtée là, car Franz Ferdinand a donné une prestation malheureusement calculée, manquant de souffle, ou d’âme si l’on est sévère, parfois épuisante tant les amplis ont été agressés.
Pour les morceaux du nouvel album Right Thoughts, Right Words, Right Action qui sortira le 26 août, rien de nouveau, toujours les mêmes recettes que sur les albums précédents : alternance rythmique, guitare endiablée et sonorités punk et funk.
On est également déçus de voir que les 4 Écossais ont contracté le syndrome U2 qui consiste à se plier aux règles strictes et machinales du concert de masse. 17 morceaux se sont enchainés selon la même formule : intro survoltée, puis reprises et hurlements exigés de fans visiblement peu regardants. La preuve : un tonnerre d’applaudissement pour ce qui est interdit depuis plus de 30 ans dans un concert de pop, à savoir une session absurde de batterie à quatre de plus de trois minutes…
Bref, si l’on espère revoir Franz Ferdinand, c’est seulement à la condition qu’ils désactivent le pilote automatique et qu’ils reviennent un peu sur Terre.

by Baptiste Petijean

Le Festival Rock en Seine au Domaine National de Saint-Cloud se poursuit samedi et dimanche !

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Live-report Festival Fnac Live – dimanche : Jacques Higelin – Sophie Hunger – Cali – Babx – Féfé

“Nous ne sommes que des grains de poussière”
Jacques Higelin

Dernière série de concerts pour le festival Fnac Live 2013 à Paris. Au menu Superpoze, Winston McAnuff & Fifi, Féfé, Babx, Cali, Sophie Hunger et Jacques Higelin.
Avec deux invités surprises: Camélia Jordana et Izia.

La première performance à laquelle nous avons assistée est celle de Mister Féfé qui a littéralement la mis la fièvre aux festivaliers du dimanche.
Coup de chaleur sur scène et dans le public dont une partie a fait volé le tee-shirt. Certains étaient même armés de pistolets à eau.
On cherche la fraicheur où on peut la trouver.

Généreux et vrai showman, le chanteur ne lâche pas le public d’un bout à l’autre du set, le faisant danser, jumper, lever les bras.
Il descendra aussi de scène pour mettre en pratique la séquence drague du 93 avec une festivalière.
Et en profitera pour réaliser son clip en live, à défaut de le tourner avec un vrai budget.

Sortie de scène forcément rincé, Féfé affiche une sacrée banane. Le public, comblé, se remet à chercher l’ombre pour reprendre son souffle.

En backstage, rencontre hallucinée avec un photographe qui avance masqué et qui a pour partenaire un appareil totalement customisé.

Après cette énergie, on pense que Babx aura du mal à garder toute l’attention.
Un premier titre, Despote Paranoïa, fixe le décor pour un tour de chant faire d’envolées, de théâtralité – on croirait parfois reconnaître un Michel Fau – et le chanteur pique l’oreille des téméraires affrontant le soleil.
Un petit compliment: ” Vous êtes beaux, on se croirait au Brésil!” et le concert file à tout rompre, nous invitant à un voyage poétique et nerveux.

Première guest de la soirée : Camélia Jordana accompagne de sa troublante discrétion, le chanteur au piano, pour une chanson d’amour désenchantée: Je ne t’ai jamais aimé.

Ce dimanche est la journée des performances. Et Cali ne va pas démériter pour impressionner les parisiens et leurs amis.
Nous l’avions quitté alors qu’il était au sommet de la notoriété, avec son succès C’est quand le bonheur?
Nous le retrouvons tout aussi joueur mais avec fougue un peu plus retenue. Donc plus touchant forcément.

Dans un de ces numéros, il n’hésitera pas à faire monter les photographes pros pour le shooter sur le hit Elle m’a dit.

Sorti de scène, Cali souffle et sera applaudi par les invités, comme le seront ensuite Sophie Hunger et Higelin.

La seule tête d’affiche féminine de la soirée, la Suissesse, cache sous son visage d’ange une réelle force.
Robe noire, collier de perles et chaussures à talons, on aurait pu croire à une rencontre sage et posée.
Il n’en est rien avec Sophie Hunger qui sait s’inspirer d’une multitudes d’influences pour créer un univers sonore unique et bluffant, entre jazz, world music et pop-rock endiablée.

Une légende fait son entrée sur scène. Jacques Higelin a patienté du retard pris sur l’enchainement des concerts.
Il aura bien du mal à quitter la scène, heureux de partager – il rappellera à plusieurs reprises son bonheur d’être sur scène.

Son Ile au Trésor invite au plus tendre des voyages.
La version de Paris New York joue les prolongations. Le chanteur n’y mettra fin qu’au bout de plus de dix minutes d’intenses échanges entre le public et les musiciens hors pair qui l’accompagnent.

D’un concert à l’autre, Champagne n’a jamais tout à fait la même saveur ni la même poésie.
Cette version-là surprend autant qu’elle émeut.

Higelin offre un dernier titre tout en force accompagné d’Izia.
En vraie furie intrépide, elle monte dans les plus hautes sphères avec son père au piano.

Higelin ne cache pas, à la descente des marches en backstage, qu’il avait peur. Touchant.
ll se laisse approcher. Les invités ne peuvent se retenir à vouloir lui serrer la main, le prendre en photo ou ne serait-ce que pouvoir croiser son regard fatigué mais comblé.

Scène touchante un peu plus loin, dans la cour intérieure de l’Hôtel de ville, quand un tout jeune bambin approche la montagne Higelin. Il lui propose, avec toute sa candeur, une mini-barre chocolatée. Le chanteur ne perd rien de sa capacité à s’émerveiller.

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Eurockéennes 2013, les 25 ans – live-report Dimanche 6 juillet – The Vaccines, Chvrches, Blur

18 ans après leur première venue aux Eurockéennes de Belfort, la légende Blur a fait un passage historique par la presqu’île du Malsaucy, tant leurs concerts sont rares – le seul de l’année en France – et tant la performance fut remarquable.

Blur a passé en revue l’ensemble de ses albums dans une Set List menée à grandes enjambées : 17 morceaux – dont quatre issus de l’album 13 – en une heure et demi. Peu de groupes sont suffisamment sûrs de la profondeur de leur répertoire pour lâcher d’entrée de jeu un de leurs plus grands tubes. Blur peut le faire : Girls and Boys a vu les 30 000 festivaliers rassemblés devant la grande scène replonger dans les années 90 et l’univers typiquement BritPop du quatuor virtuose formé entre 1988 et 1989.

Damon Albarn, clarks montantes grises et veste barbour noir, bien que les traits soient plus tirés qu’avant, a toujours son regard bleu, d’autant plus pétillant qu’il semblait véritablement ravi de retrouver ses potes et son public hier soir.
Graham Coxon quant à lui, quand il n’est pas seul sur scène pour jouer ses albums solo (cf le concert à Paris à l’hiver 2012), a retrouvé les airs qui le caractérisaient à la grande époque de Blur : T-Shirt rayé – peut-être un peu court ! –, un magnifique épi effet « réveil difficile », et des mimiques mémorables. Sur son instrument, il n’a rien perdu de ses talents. Tout comme Dave Rowntree, en polo Fred Perry, qui a cogné sur sa batterie dans le style plein de maturité et de finesse qu’on lui connait. Et enfin le dandy désinvolte Alex James à la basse, mettant sa carrière agricole entre parenthèse pour l’occasion, en bermuda et pieds nus, n’a pas abandonné son sens de la rythmique.

Blur aux Nuits de Fourvière en Juillet 2009

Bref, on a assisté à une performance musicale de quatre gloires de la pop au sommet de leur art. Si l’on schématise, on retiendra de leur passage quatre temps forts : Girls and Boys d’entrée ; Caramel, pour la première fois jouée en tournée ; le morceau Trimm Trabb, emblématique de leur période expérimentale ; et enfin This Is a Low, hymne BritPop par excellence.

Avant Blur, en vrac: The Vaccines, en fin d’après-midi sur la scène de la Green Room, n’ont pas pu marquer le festival comme on était en droit de l’espérer. Joués sur les instruments de Palma Violets car le camion de matériel n’a jamais trouvé le site, et donc en retard de plus de 50 minutes, leurs singles phares – Post Up Break Up Sex, Wreckin’ Bar, Teenage Icon, etc – n’ont malheureusement pas attrapé le public. On espère les revoir dans de meilleures conditions.

En revanche, le trio écossais de Chvrches a séduit la communauté eurocks sans difficulté et avec une maturité étonnante. Mention spéciale pour la chanteuse Lauren Mayberry : 25 ans mais paraissant 10 ans de moins ; sa voix associée à la synthpop mélodieuse des morceaux ont accouché d’un set aérien et énergisant.

Quelques chiffres pour finir : 127 000 personnes ont assisté à cette 25ème édition, avec un pic à 33 000 personnes pour la journée du samedi, et 31 000 pour le dimanche.

A l’année prochaine !

by Baptiste Petijean

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Eurockéennes 2013, les 25 ans – live-report Samedi 5 juillet – The Strypes, Fauve, Two Door Cinema Club

C’est sous une chaleur de plomb que la communauté eurockéenne a reçu deux coups en plein visage :
l’un porté par les jouvenceaux irlandais de The Strypes, l’autre par le collectif Fauve.

Première série d’uppercuts, infligée par les quatre ados irlandais de The Strypes, en tout début d’après-midi à la Green Room, devant un peu moins de 5 000 privilégiés qui ont vu éclore l’avenir probable du rock’n’roll.
En un peu moins d’une demi-heure et 9 morceaux, The Strypes ont su dérouler une partition puissante qui a emballé le public. On commence par être étonné de voir débarquer ces quatre garnements sur scène, gonflés d’assurance et d’arrogance maligne. Puis on oublie leurs visages d’enfant, comme on finissait par croire aux mini Queen du clip The Miracle. Puis on se contente d’apprécier le blues rocks et le rock’n’roll rétro, rappelant Johnny Cash, The Stray Cats ou Ten Years After – notamment le morceau I’m Going Home pour les fans du Péril Jeune de Cédric Klapisch.

C’est ainsi que le « pub band » a électrisé une foule qui n’a pas cessé de grossir au fil des morceaux : tous des singles en puissance avec, entre autres, Blue Collar Jane et Hometwon Girls, déjà plébiscités au Royaume-Uni et en Irlande. On sait qu’avec le concours du producteur des Beatles et des Sex Pistols, Chris Thomas, ils travaillent à un premier album qui devrait sortir à l’automne et ne pourra que cartonner ! Retenez leurs noms : Ross Farrelly (chant et harmonica), Josh McClorey (guitare), Pete O’Hanlon (à la basse demi caisse) et Evan Walsh (batterie), ils sont promis à un bel avenir en tête des charts.

Ensuite, une gifle, voire plusieurs gifles d’affilée, cette fois assénées par le collectif Fauve au Club Loggia à 23h. Leur musique ne ressemble à rien d’autre, c’est d’ailleurs le message que véhicule leur logo, le sigle « ≠ ».
Les membres du groupe ont auto-intitulé leur style musical le « spoken words », mélange de slam et de pop. Et cela fonctionne, car Fauve a su donner de la densité rythmique à leurs morceaux désormais célèbres sur internet : Blizzard, Kané, Haut les Cœurs et l’hymne Nuits Fauves.

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Ils ont su dépasser le dépouillement musical assumé de leur 1er EP Blizzard pour se tourner vers une « épiphanie » pop. Quand les Fauves sont lâchés dans l’arène, les textes tapent également plus fort et insufflent une fureur de vivre proche de l’effet – supposé ! – des drogues récréatives. Le chanteur, qui n’a pas tenu en place pendant une heure, et ne se fixait que pour danser frénétiquement à la manière de Ian Curtis des Joy Division, a scandé sa poésie musicale rageuse sans faiblir. Bref, ceux qui se considèrent plus « comme des artisans que comme des artistes » (voir leur interview pour Rage Mag) ont frappé un grand coup dans le festival.

En vrac. Trois ans après un passage discret aux Eurockéennes, c’est sur la grande scène en début de soirée, que les membres de Two Door Cinema Club, arborant une coiffure piquée à Morrissey, ont, malgré un début de concert en-dedans, réveillé le festival à la fin de leur set grâce aux singles entêtants Something Good Can Work et un What You Know survolté !

C’est par la grande porte qu’ils ressortent de cette 25ème édition.

Un peu avant, au soleil couchant, Lou Doillon et ses musiciens, dans un set pop-folk maitrisé, ont réussi le pari d’exister dans une édition 2013 très rock, notamment grâce à une excellente reprise de Should I Stay or Should I Go de The Clash.
Petite déception pour Kavinsky, jouant trop sur la corde minimale et il est vrai desservi par une sono en bout de course.

by Baptiste Petitjean

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Eurockéennes 2013, les 25 ans – live-report Vendredi 4 juillet – Lilly Wood &The Prick, Archive, WoodKid

Grosse programmation pour fêter le quart de siècle des Eurockéennes 2013 !
Même si tous les festivaliers attendent fiévreusement le concert de Blur, un concert que l’on sait d’avance aussi exceptionnel qu’inoubliable,
le vendredi fut une belle entrée en matière musicale, notamment grâce à l’électro pop baroque de Woodkid.

En fin d’après-midi, Lilly Wood & The Prick, révélation du public lors des Victoires de la Musique de l’année 2011, ont su arracher une Green Room pleine à craquer – 13 000 personnes -, lors d’un set bourré d’adrénaline, bien huilé et sans artifice.
Après 13 morceaux issus de leurs deux albums, enchainés tambours battants, avec un énorme travail sur les arrangements, tantôt rock, rappelant les intros des tubes de The Gossip, tantôt disco pop, jouant dans la même cour que les Scissor Sisters, la messe était dite !
Le public conquis.
Nili Hadida, cheveux rouges et chemisier kitsch, chanteuse survoltée mais toujours juste, a réussi dès le premier morceau – le single Where I Want to Be (California), issu du 2ème album sorti en 2012, The Fight – à attraper le public et à l’entrainer grâce à des mélodies ferventes. The Prick (Benjamin Cotto), en état de grâce, a honoré les festivaliers de riffs aiguisés et maitrisés. En somme, un groupe qui a véritablement su transformer l’enjouement navré de leur répertoire en une décharge brute d’électricité.

Deux heures plus tard mais toujours devant une Green Room bondée, Woodkid a embarqué les Eurockéennes dans son univers esthético-musical, jusqu’à nous mettre la chair de poule.
Outre Brooklyn, 2ème morceau de son 1er EP « Iron », Yoann Lemoine a déroulé huit morceaux de son album « The Golden Age » dans un set millimétré, au cours duquel les cuivres épiques et les percussions tribales ont rapidement transcendé les festivaliers.
Dans une interview pour Le Nouvel Obs’ en mars 2013, il déclarait : « Je suis obsédé par ce que je vais transmettre, par le fait que ma présence ne soit pas inutile ».
Qu’il se rassure, grâce à des morceaux phares, dignes de péplums ou de films de SF – I Love You, Iron, The Great Escape – il a laissé une trace indélébile dans le livre d’or des Eurockéennes. Yoann Lemoine, casquette vissée sur la tête, toujours en interaction avec le public, les mains levés, le poing serré, au service d’une mise en scène rappelant ses talents de graphiste et de réalisateur, a su hystériser les festivaliers pendant une petite heure où le temps était en suspension. Mention spéciale pour Run Boy Run, dernière du concert, qui a électrisé le public pendant 8 minutes d’anthologie qui ont vu s’affronter les airs grandioses, l’orchestration symphonique, et le déchainement des instruments, avec comme résultat une sorte de chevauchée fantastique des temps modernes.

Un petit mot aussi sur Gesaffelstein, qui a fait sauter son public lors d’un set enivrant, aux sonorités mystiques. En revanche, petite déception sur Archive, qui n’est pas parvenu à déchainer son public, et qui est apparu comme une copie affadie de Massive Attack. Dommage, parce qu’on aime quand même leurs albums.

by Baptiste Petitjean

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LIZA MINNELLI back in Paris – Concert exceptionnel à l’Olympia en photos – New York New York forever

 Qui est capable d’enchaîner en une semaine un concert de Liza Minnelli, une performance de Björk, la dernière création de Angelin Preljocaj au Théâtre de la Ville et la séance en avant-première du dernier Judd Apatow, 40 ans mode d’emploi ?

Seule l’équipe d’United States of Paris peut assurer en si peu de temps de tels écarts culturels.
Et ce mardi, ses membres souhaitaient entendre une fois – au moins – en live l’hymne de tout les temps New York New York.
Son interprète magistrale était à Paris pour un concert unique.
Les lettres composant le nom de la star américaine tout en néons à l’entrée de l’Olympia, pouvaient nous projeter, ce soir-là, à une avant-première hollywoodienne.

 Liza Minnelli a retrouvé pour une soirée unique et comble son public parisien à qui elle a réservé quelques chansons en français et des anecdotes made in France.
Nous partageons ici quelques photos souvenirs d’une rencontre exceptionnelle.

 Toujours mutine avec son public. Elle quitte la scène accompagnée de son pianiste – également chef d’orchestre.

 Quelques titres de la setlist à l’Olympia.

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