Exposition à la Cinémathèque Française: la vague Tim Burton s’empare de Paris

C’est l’Evénement du début d’année, voire de 2012 tout entier. Le vaisseau Burton s’amarre enfin à Paris, à La Cinémathèque Française jusqu’au 5 août.

Alors que l’exposition que le MOMA à New York a consacré au cinéaste l’année dernière suscitait toutes les convoitises et poussait certains fans français à traverser l’Océan pour ne pas rater une occasion rare de pénétrer l’univers burtonien, la blogosphère n’en finit plus de trépigner depuis plusieurs jours, euphorique d’avoir un Maître à vénérer en chair et en os sur son sol.

Et quel plaisir effectivement d’avoir désormais les preuves originales des nombreux talents du cinéaste américain – expatrié à Londres – que l’on peut présenter aux grincheux convaincus que Burton ferait toujours le même film.

L’ouverture de l’exposition et de la rétrospective a été marquée par une master class sold out en moins de 10 minutes, un vernissage tapis rouge avec refoulement d’invités et une séance de dédicaces qui aurait, au final, fait plus de malheureux que de chanceux. A ce jour, le mystère reste entier sur les raisons de ne pas avoir stopper l’allongement de la file d’attente, quand il en était encore temps et avant qu’elle n’atteigne le Palais Omnisport de Bercy.

Au 5 étage du bâtiment dévolu aux expositions temporaires, ce n’est que surprises, régression, jubilation et longue contemplation individuelle. Face à autant de merveilles, vous ne pourrez pas commenter toutes les œuvres avec voisin.

Les superlatifs ou substantifs ne manquent donc pas devant l’ensemble des pièces ponctuant un parcours vaste dans l’univers de Tim Burton. Dessins, sculptures, courts-métrages de jeunesse, publicités et reliques de films dont le pull angora d’Ed Wood. L’interdiction de toute reproduction de cet objet fétiche est un nouveau mystère à soulever.

Autant être prévenu avant de grimacer sur le prix du billet ou devant la queue à prévoir au cours des week-ends. L’enfant qui est en vous, ne vous sera jamais autant reconnaissant de l’inviter à traverser l’imaginaire d’un maître de l’image : dessinée, animée et filmée.

Après que le carrousel d’animaux étranges (inspiré d’un dessin pour le film Beetlejuice) accompagné de la musique de Danny Elfman a fini de vous fasciner, vous allez entrer dans une vaste salle réunissant dessins, esquisses et autres tableaux. Vous reconnaîtrez l’enfant huitre, et rencontrerez aussi bien de drôles de couples que des personnages improbables. Galerie de portrait géante avec monstres, ogres, squelettes, gravures de mode métalliques, personnages tentaculaires et brouillons de Mister Jack.

L’œil en perdrait l’équilibre, si la curiosité ne nous poussait pas à explorer chaque nouveau thème qui s’offre à nous.

Un bébé bleu, certainement l’enfant caché de Sally, héroïne de L’Etrange Noël de Monsieur Jack, nous accueille dans une autre salle. Rencontre silencieuse avec ce enfant immobile, au visage rafistolé.

La sélection thématique est aussi l’occasion de revenir, entre autres, sur une légende. Celle de propositions refusées par Disney pour le dessin animé culte : Taram et le chaudron magique. Les pièces à conviction encadrées épatent car l’univers Burtonnien est bien présent. Néanmoins, on se prend à sourire en imaginant la tête des décideurs quand ils ont découvert des monstres à poil ou des tables anthropomorphiques. Plus d’un « gloups » a dû être étouffé.

Suit une enfilade consacrée aux courts et longs métrages. Les films sont évoqués par quelques dessins et pièces maîtresses : le costume et le gant de Johnny Deep dans Edward aux mains d’argent, une série de visages de Mister Jack, des maquettes de martiens pour Mars Attack !, un épouvantail à tête de citrouille évoque Sleepy Hollow.

Batman avec trois masques en latex.
Au sujet de ce dernier film, saviez-vous que Burton écoutait l’album The Wall de Pink Floyd pendant le tournage des aventures du superhéros masqué?
Les présentations sont parfois un peu synthétiques quand vous croisez l’un des films chers à votre cœur.

On en aurait bien pris plus dans les mirettes : des costumes par exemple, une ou deux exclus sur le prochain film 3D Frankynwinnie, du studio Disney.
Souvenons-nous de l’exposition consacrée à Stanley Kubrick qui s’étalait sur deux étages.  Tim Burton l’aurait tout autant mérité.

Reste une dernière question. Celle de l’achat du catalogue en version luxe avec lithographie signée de la main du maître. A 1000 exemplaires, cette édition a-t-elle quelque chance de prendre de la valeur avec le nombre des années?

Exposition et rétrospective Tim Burton
Jusqu’au 5 août 2012

à La Cinémathèque Française
51 rue de Bercy -75012 PARIS

Horaires :

Lundi, mercredi à vendredi  :12h-19h.
Week-end, jours fériés et vacances scolaires (14 au 29 avril et 4 juillet au 5 août) : 10h-20h.
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h.

Fermeture le mardi et le 1er mai

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4 réflexions sur « Exposition à la Cinémathèque Française: la vague Tim Burton s’empare de Paris »

    1. 🙂 J’ai pu assister au vernissage de l’exposition, seul jour où il est possible de sortir son appareil.
      Mais c’est encore plus agréable de visiter l’expo sans être tenté de photographier.
      Pour ne rien rater des subtilités de Burton.

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