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Peinture Anglaise au Musée du Luxembourg : les bogosses de la Tate Britain

L’Age d’or de la Peinture anglaise au Musée du Luxembourg offre une plongée dans une période phare de l’art en Angleterre et méconnue en France.
Pour l’occasion, une sélection de chefs-d’œuvre de la Tate Britain à Londres a traversé la Manche pour nous en mettre plein les yeux. 
Nous avons pris le parti de vous présenter quelques bogosses du XVIIIe siècle qui viennent de débarquer à Paris.

peinture anglaise
Thomas Gainsborough, Gainsborough Dupont, vers 1770 1775

Gainsborough Dupont par Thomas Gainsborough

Le premier portrait à nous avoir impressionnés est celui de Gainsborough Dupont, neveu, élève et assistant du peintre Thomas Gainsborough. Le regard du jeune homme est perçant. Ça en deviendrait presque gênant de l’observer trop longtemps. Et pourtant, nous avons marqué un temps d’arrêt pour apprécier cet échange. L’impression d’inachevé du vêtement et du fond contribue à apporter encore plus d’intensité à cette rencontre.

peinture anglaise musée du luxembourg
Joshua Reynolds, Frederick Howard 5e compte de Carlisle, 1769

Frederick Howard par Joshua Reynolds 

Cette toile fait face à l’entrée et se trouve immanquablement à jouer avec la lumière naturelle, ce qui n’est absolument pas déplaisant malgré les reflets que ça cause pour les photos.  Les atours de Frederick Howard impressionnent, son léger dédain pour les visiteurs intriguent.

peinture anglaise musée du luxembourg
Joshua Reynolds Les archers 1769

Les Archers de Joshua Reynolds 

C’est la pièce maitresse de cette exposition. Un duo de archers magistralement exécuté. Des dimensions impressionnantes pour cette toile réalisée en 1769.
Joshua Reynols a saisi le Colonel Acland et Lord Sydney en pleine action. Mais il ne faut pas nous tromper. Ces deux nobles messieurs sont déguisés en chasseurs.

Peinture anglaise musée du luxembourg
Philippe Jacques de Loutherbourg, La vision du cheval blanc, 1798

La Vision du Cheval Blanc de Philippe-Jacques de Loutherbourg 

Un valeureux archer lancé sur son cheval blanc. Quelle est sa cible ?  Elle est hors-champs pour garder toute notre attention sur le mouvement de ce preux cavalier et sa monture qui ne touchent plus Terre.

Avertissement : la parité est de mise dans cette exposition célébrant la peinture anglaise au Musée du Luxembourg. A vous de découvrir les visages féminins.

Peinture anglaise musée du luxembourg
Joshua Reynolds, Les archers (détail), 1769

Exposition L’Age d’or de la peinture anglaise
De Reynolds à Turner
Chefs-d’œuvre de la Tate Britain

du 11 septembre 2019 au 10 février 2020

au Musée du Luxembourg
19, rue Vaugirard
75006 PARIS

Horaires :
Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h
Nocturnes jusqu’à 22h le lundi

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Expo Toutankhamon à la Villette : vertige & émotions fortes à Paris

Nous avons tous et toutes une relation particulière avec Toutankhamon. L’exposition événement à la Grande Halle de la Villette à Paris ravive nos souvenirs, notre attachement à cette destinée incroyable, à ce trésor que tout jeune Indiana Jones en herbe aurait aimé découvrir.

Les pièces venues d’Egypte sont spectaculaires. Le voyage à travers le monde des morts est absolument passionnant.

Et les horaires étendus jusqu’à minuit permettent d’admirer les quelques 150 objets qui ne reviendront plus jamais sur le sol français. Des objets placés dans son tombeau pour protéger le défunt. Ils avaient tous une fonction dans l’au-delà. C’est pour cette raison qu’ils sont incroyablement exécutés.

Expo Toutankhamon

Et dire que les successeurs de Toutankhamon voulaient effacer à tout jamais son nom de l’histoire de l’Egypte. Avec la découverte de sa tombe par Howard Carter, le jeune pharaon devient mondialement connu et ce pour l’éternité. Comme un ami, il a même droit à son diminutif en version anglaise : Tut !

Expo Toutankhamon, des objets d’une réelle beauté 

La statue de Ptah en bois doré.
La coiffe est en faïence bleu. La couleur de l’éternité. C’est sans doute pour cette raison que Ptah, dieu des sculpteurs, nous a autant attirés. Il tient une croix qui représente la vie.

Expo Toutankhamon

La collection exposée à Paris laisse voir tous les détails des oeuvres.
Les vitrines permettent une réelle connexion avec certaines pièces.
Comme cette statuette en bois doré de Toutankhamon harponneur.
Le mouvement est aussi bien dans le bras que dans les jambes. Oui, nous sommes restés scotchés à ce pied et cette sandale qui sont d’une précision incroyable.

Expo Toutankhamon

Expo Toutankhamon

Ce gardien en bois du gardien du Ka du roi – présentée pour la première fois hors d’Egypte – en impose. Sa coiffe Némès finit de rajouter au prestige de cet homme protecteur du souverain. Expo Toutankhamon

La figurine d’Horus sous les traits d’un faucon solaire est absolument éblouissante. Sa taille modeste n’empêche pas à tous les regards d’être hypnotisés par cette grâce.
L’éclairage discret et efficace révèle toute l’intensité des feuilles d’or qui composent cet objet présenté pour la première fois hors d’Egypte.

Expo Toutankhamon

La collection de parures et ornement autour du corps du roi est renversante.
Un exemple suffit pour en envoyer plein les yeux : ce pertoral incrusté d’or et de pierres avec scarabée en lapis-lazuli. Rien n’est trop beau pour célébrer l’aura du jeune pharaon.
Le scarabée représente l’intime connaissance de la nature. Il est lié au soleil car ses rayons le font sortir.

Ce bijou porte le nom royal de Toutankhamon. 
Toutankhamon

 

Ne ratez surtout pas ce voyage unique en terres égyptiennes.
Après, il faudra faire le voyage jusqu’au Grand musée égyptien qui réunit l’ensemble des objets du tombeau du souverain.

CONSEIL : Réservation indispensable

Expo TOUTANKHAMON
Le trésor du Pharaon

jusqu’au 22 septembre 2019

à la Grande Halle de la Villette
211 avenue Jean Jaurès
75019 PARIS

Horaires :
tous les jours de 8h à minuit

site officiel : expo-toutankhamon.fr

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Un Eté au Havre 2019 : étourdissant parcours artistique

Un été au Havre 2019 est lancé avec un programme brillant !
Objectif, inchangé pour cette 3e édition : mettre l’art au centre de la ville, accessible et visible par tous et toutes. Trois parcours pour traverser la ville, découvrir ses architectures et aimer Le Havre, comme nous.

On avait beaucoup adorer flâner et parcourir la cité lors de la première édition qui célébrait les 500 ans de la ville portuaire.
Une manière ludique, joyeuse et artistique de (re)découvrir une cité.
A bas les clichés !

Un Été au Havre 2019 : focus sur de belles créations

On commence avec le vaisseau amiral du Havre : l’église Saint-Joseph.
Son extérieur froid et rectiligne cher à Auguste Perret laisse place à un intérieur cocon. Les plus de 13 700 fenêtres transmettent à l’espace une lumière chaude et mordorée.

C’est ici que Susan Philipsz a voulu installer Ocengate. Des sons graves et envoûtants remplissent le lieu. Des captations de souffles dans des tuyaux d’orgues qui transforment l’église Saint-Joseph en un phare moderne, rappelant des bruits marins, des cornes de brumes.

https://twitter.com/usofparis/status/1145030816063533056

Oceangate est aussi un hommage à l’ensemble d’immeubles de la Porte Océane d’Auguste Perret qui ouvre l’Avenue Foch sur la mer et la plage.

Dans la bibliothèque Oscar Niemeyer, des sculptures en bois du génial Stephan Balkenhol interpellent. Avec leurs contours bruts, elles nous  interrogent sur la représentation. En forme d’autoportrait, l’artiste ne donne pas forcément de titre à ces œuvres.

Un été au Havre 2019 Un été au Havre 2019

L’autre versant de la création de Balkenhol se dévoile dans les rues avec Apparitions. L’artiste allemand a choisi de faire vivre d’autres personnages sur les façades de béton du centre-ville. En étant attentif, certaines créations solitaires se révéleront à vous.

Un été au Havre 2019 Un été au Havre 2019

Une exposition lui est aussi consacrée au Portique durant toute édition d’Un Été au Havre 2019.

Erwin Wurm aime, quant à lui, déformer, tordre la réalité en lui insufflant une belle poésie.
Sa Flat Car, garée dans la cour du Musée Hôtel Dubocage de Bléville, est l’exemple parfait de son univers si particulier.

Un été au Havre 2019

Côté songe et souvenir, le créateur nous propose également un retour dans son enfance. Narrow House est une réinterprétation de la maison de ses parents, en version déformée – vue à travers ses yeux de bambin. Une visite surprenante !

Un été au Havre 2019 Un été au Havre 2019

Deux autres de ces œuvres sont exposées dans les halles centrales du Havre.

Dans les Jardins Suspendus du fort de Sainte-Adresse, Henrique Oliveira investit une alvéole avec Sisyphus Casemate. On se faufile dans cette ossature de bois mort, mais qui semble toujours grandir dans cet espace clos.

Un été au Havre 2019 Un été au Havre 2019

Dans la cour, le point d’origine de cet arbre énigmatique renforce la connexion avec le vivant, le monde extérieur.

Exhibit ! : les mouvements mécaniques

Au Tétris, Nils Völker partage de passionnantes créations. Plastiques mêlés de mécaniques, les cinq sculptures mouvantes semblent avoir un cœur qui bat, lent et régulier.

Comme pour fig. 1, énorme installation qui gonfle puis expire l’air. Les chaises disposer autour de cette fleur artificielle invite à une contemplation prolongée.

Un été au Havre 2019

Hypnotiques, les sphères de Bites and Pieces le sont tout autant.
Moins binaire, leur animation est plus complexe, plus vivante avec plus de variations. Et leur bruit contribue aussi au magnétisme qu’elles opèrent sur le visiteur.

Un été au Havre 2019

Les installations de Nils Völker sont toutes fascinantes et ne sont pas dépourvues d’une poésie certaine.

A ne pas manquer : Imagine Van Gogh au Carré des Docks.

Pour admirer les œuvres de cette édition, une seule direction : : la Normandie et Le Havre. Mais il y a aussi les installations pérennes des éditions précédentes, qui sont toujours là pour vous !

Un Été au Havre 2019

jusqu’au 22 septembre

Dans toute la ville
Attention, certaines œuvres ne sont pas accessibles 24h/24h

Une super bonne adresse testée 2 fois et approuvée :
le restaurant Les Enfants Sages.
Ses atouts :
– le décor, une ancienne école
– sa large terrasse, idéale en été
– une carte délicieuse

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Imagine Van Gogh – Un Été au Havre : sublimer Vincent en 360°

Dans le cadre d’Un Été au Havre, l’art en grand format est à découvrir au Carré des Docks du Havre. Projection 360 degrés d’une sélection impressionnante d’œuvres du génial Vincent. Imagine Van Gogh est une expérience à vivre en famille, entre amis ou en solo, l’important est d’en prendre plein les yeux !
Une belle occasion aussi de rappeler que l’artiste autodidacte était heureux quand il peignait.

Imagine Van Gogh

Imagine Van Gogh

30 minutes de magie picturale

L’exposition immersive Imagine Van Gogh dure 30 minutes, mais il est possible de voir la boucle d’images autant de fois que l’on souhaite. Les détails sont riches, les associations de toiles (libérées de leur cadre) entre elles pertinentes et la bande-son suffisamment captivante pour nous extraire du monde réel. Sachant que la plupart des œuvres ne sont pas montrées en leur entier, elles sont divisées sur la série d’écrans. C’est à nous de recréer la toile. Et les projections au sol aident à se plonger dans la tonalité des œuvres.

Assis à même le sol ou déambulant entre les écrans, chacun à son approche de l’œuvre exceptionnellement gigantesque du peintre.
Plus de 200 d’œuvres peintes en France nous font face d’Arles à Saint Rémy de Provence pour finir par Auvers sur Oise.

Les deux concepteurs-réalisateurs, Annabelle Mauger et Julien Baron, n’ont pas voulu imposer de parcours, c’est à chacun-chacune d’inventer son Van Gogh, de faire sa propre expérience et de composer son œuvre, à la manière d’un voyage.

Imagine Van Gogh

Imagine Van Gogh

C’est le spectacle de tout le monde !
Aucun public n’est exclu. Tous les âges peuvent apprécier, aimer, adorer, se passionner. Il n’est pas nécessaire d’avoir une connaissance des arts approfondie.
Annabelle et Julien nous ont confiés que des visiteurs déficients visuels ou auditifs venaient et ressentaient aussi des choses.

En sortant du Carré des Docks, on n’a qu’une envie : prendre le train pour retourner au Musée d’Orsay.
On peut tous se réapproprier les images fortes du peintre.

Imagine Van Gogh est hypnotique, captivant, sublime, intense.

Conseil : ne pas oublier son appareil photo pour faire des pics sensationnelles !

Imagine Van Gogh

Imagine Van Gogh

Imagine Van Gogh

jusqu’au 1er septembre 2019

ouvert tous les jours de 10h à 19h

Carré des Docks
Quai de la Réunion
76600 LE HAVRE

Site officiel : lehavre.imagine-vangogh.com

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Fragmentz : le subjuguant talent d’Andrew Hem chez Openspace Paris

Andrew Hem est un touche-à-tout. Tour à tour graffeur, illustrateur, puis muraliste, l’artiste expose actuellement à la galerie Openspace.
Fragmentz est un condensé de ses obsessions : ses origines thaïlandaises, des parties de rêves ou des souvenirs de voyage.
Venu de Los Angeles, nous avons rencontré l’artiste lors du vernissage de son exposition. 

Andrew Hem

Une palette visuelle sans limite

Andrew Hem l’avoue, son travail pour la galerie Openspace est largement inspiré par l’eau. Et on adore la façon dont il peint les ondes marines, l’écume ou la pluie. Il y a une poésie qui lui est très personnelle dans sa façon de (dé)peindre cet élément.

Andrew Hem
Drifterz
Andrew Hem
Back to you
Andrew Hem
Typhoon

Mais surtout, chaque toile de l’exposition est un fragment de sa mémoire.
Que ce soit son héritage familial avec les légendes thaïlandaises, ou des souvenirs plus personnels.

Andrew Hem
Mound Up

“Quand j’étais au Maroc, je me rappelle avoir vu cet homme qui a passé toute sa vie sur un tapis.”
De ce fragment de vie, Andrew Hem tire une des plus belles peintures de l’exposition : King and queen.
Les couleurs flamboyantes laissent transparaître une humanité folle.

Andrew Hem
King and Queen

Une âme dans tous les formats

Je passe 10 à 12 heures seul dans mon studio, je ne vois personne. Alors il faut sortir dans la rue, sortir de cet isolement.
Les jours passent et se ressemblent, je ne me souviens pas de toutes mes journées, mais quand ma fiancée vient peindre avec moi, je me souviens de ces jours-là.
Cette exposition parle de ces fragments de mémoire.

Et ces morceaux de souvenirs, on les retrouve aussi dans les petits formats. Et parfois, les rêves sont aussi des cauchemars.

Andrew Hem
Culver

La jeune fille de Fear ressemble à Pelisse, l’héroïne de La quête de l’oiseau du temps, dessinée par Régis Loisel. On se demande alors quand et comment l’artiste a rencontré cette femme.

Andrew Hem
Fear
Andrew Hem
Yoonie

Et l’expression de Yoonie ne laisse pas indifférent.

Par leur impact visuel, c’est au tour des œuvres de laisser des traces dans notre mémoire et de nourrir nos propres souvenirs. Chaque toile nous transporte dans un décor singulier, une atmosphère palpitante. Il ne faut surtout pas attendre pour se laisser emporter.

Andrew Hem
Peinture murale originale chez Openspace

Fragmentz

Andrew Hem

Jusqu’au 20 juillet 2019
du mercredi au samedi de 14h à 19h

Galerie Openspace
116 Boulevard Richard Lenoir
75011 Paris

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The World of Banksy à Paris : entre mythe et réalité

BANKSY : un mystère total, une capacité de créer l’étonnement à tout moment, des œuvres cultes à mort reproduites à l’infini.
L’exposition The World of Banksy à l’Espace Lafayette-Drouot à Paris peut paraître comme un affront au génial street artiste.
Mais c’est plus un hommage et un essai de décryptage de son travail qui sont proposés au public.
Et dans le plus pur style Banksy, il est évident qu’il n’approuve pas cette exposition !

Banksy

Du vrai dans un univers recomposé

Sur les trois niveaux de l’Espace Lafayette Drouot, c’est un mélange d’une cinquantaine d’œuvres originales et autant de recréations qui attendent les visiteurs.
En effet, pour retracer le parcours de Banksy dans la scène street art, ses fresques murales ont été recréées in situ par une dizaine d’autres artistes.
Il aura fallu un mois pour terminer la scénographie de l’exposition. Et au final, tous ont choisi de rester anonyme.

Banksy
Gril with Balloon

Banksy

Le visiteur pénètre dans cet espace sans aucune information sur ces reconstitutions, même sur les cartels. Et c’est un peu déstabilisant au premier abord.
Puis on accepte le concept. Au final, on reste un peu dans la pensée de Banksy : quel est le vrai dans le faux ?

L’art de Banksy,  plus en détails

Après Star Wars les fans contre-attaquent et sous l’impulsion de Hazis Vardar, l’Espace Lafayette Drouot s’impose donc comme un lieu d’expositions de passionnés.
Ici, ce sont plusieurs collectionneurs qui exposent leurs œuvres de Banksy.

Côté originaux, les incontournables sont là : Love rat, Kissing Coppers, le Flower Thrower…

Banksy
Flower Thrower
Banksy
Love Rat

Et bien évidement, on découvre aussi beaucoup d’autres toiles, comme Bombing Middle England ou Barcode Leopard.

Banksy
Bombing Middle England
Banksy
Barcode Leopard

Beaucoup de ces toiles ont d’abord été graffées sur des murs par le cultissime Banksy.

Alors avec les recréations de ces œuvres murales, l’expo permet de faire un tour du monde de l’art du gentleman painter.
Elles sont regroupées par lieu : Paris, Angleterre, États-Unis, Bethléem…

Banksy

Des panneaux retracent le contexte de réalisation, les engagements de l’artiste. La plus grande salle est dédiée à son travail en Grande-Bretagne. Normal, il serait originaire de Bristol.  Son pays natal concentre d’ailleurs 80 %  de sa production.

Et comme certaines créations ont été pillées, exemple avec Bataclan en hommage aux victimes parisiennes, c’est l’occasion de les admirer à nouveau en grand format.

Banksy
Bataclan

C’est aussi assez impressionnant de se retrouver face à une reproduction du mur séparant Israël et la Palestine : un des grands terrains de jeu de Banksy.
Et même s’il n’est pas à l’échelle (le vrai mur fait 9 mètres de haut), on peut imaginer l’émotion de voir ces créations uniques en vrai.

Banksy

Cette exposition peut déconcerter certains visiteurs, mais on embrasse en une fois toute la carrière du street artiste.

Le dernier mot pour Banksy : “Le Saint Graal, c’est passer moins de temps à créer une image qu’il ne faut de temps aux gens pour la regarder.

The World of Bansky

prolongation jusqu’au 29 septembre 2019

du mardi au dimanche de 10h à 18h

Espace  Lafayette Drouot
44 rue du Faubourg Montmartre
75009 Paris

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La Rose du Louvre, délicate rencontre entre Othoniel et Rubens

Qu’il est bon de stimuler un esprit créatif déjà foisonnant ! Afin de célébrer les trente ans de la Pyramide, le Musée du Louvre a laissé libre cours à Jean-Michel Othoniel pour une création originale : La Rose du Louvre.

Outre l’attrait artistique de cette installation composée de six peintures inédites, c’est tout le processus menant à sa création qui nous a saisis. En effet, chaque œuvre possède en elle un point de départ, une histoire et des anecdotes… C’est cette âme insufflée par l’artiste qui en donne tout le caractère, la beauté et la pérennité. Alors, prêts à partir à la rencontre de La Rose du Louvre ? 😉 

Othoniel

Un voyage dans le temps 

Lorsque Jean-Michel Othoniel évoque ses souvenirs, il se métamorphose. Son visage s’illumine, ses yeux pétillent et son sourire devient malicieux. Il évoque son enfance marquée par la nature à observer les végétaux et composer des herbiers. Mais également son job d’étudiant comme gardien au Musée du Louvre.

«Dans l’ancien musée, celui d’avant la Pyramide ! Nous changions de salles tout le temps. J’étais un piètre gardien d’ailleurs… Je passais plus de temps à observer les œuvres autour de moi plutôt que le public ! Revenir ici n’est pas sans émotion…»

Othoniel

Lorsque le Louvre le contacte pour les trente ans de la Pyramide, l’artiste appréhende le musée d’un œil nouveau en quête d’inspiration.

«Je me suis intéressé à la symbolique des fleurs dans la peinture. Elles transmettent des choses et amènent du sens. C’est un peu comme la 3D dans les films ! Puis elles sont populaires, universelles et peuvent même être des emblèmes comme avec la révolution des œillets ou celle du jasmin.»Othoniel

Toutes ces recherches font d’ailleurs l’objet d’un recueil atypique que nous vous recommandons : «L’herbier merveilleux».

 

L’emplacement idéal

En déambulant à la recherche de sa muse, Jean-Michel Othoniel remarque un détail du tableau de Rubens «Le mariage de Marie de Médicis et d’Henri IV». Au pied des mariés gît une rose, délicate, subtile et furtive, tel un pinceau essuyé sur la toile.

Othoniel

«C’est la reine des fleurs, elle inaugure l’histoire à venir ! C’est exactement ce qu’il fallait pour le Louvre !»

S’ensuit alors la réalisation de six tableaux à l’encre sur feuilles d’or, représentant chacun une variation de cette rose de Rubens.

Quant au choix de l’endroit, la cour Puget s’est assez naturellement imposée. Effectivement, six tableaux pour les six niches vides entourées d’anciennes statues venues du Château de Versailles, représentant les différentes saisons. La Rose du Louvre ne pouvait que s’y épanouir !

Othoniel
Selfie original pour USofParis

En quittant le musée, j’en profite pour faire un détour par le Kiosque des Noctambules. Même artiste mais autre œuvre, autre époque, autre style et donc autre histoire. Alors, je m’arrête un instant, j’observe et j’imagine. Amusé, je me rends compte que j’arbore un petit sourire à la Jean-Michel Othoniel. 🙂

by Jean-Philippe

Jean-Michel Othoniel au Louvre
La Rose du Louvre

Jusqu’au 24 février 2020

Cour Puget

Au Musée du Louvre
Rue de Rivoli
75001 Paris

À découvrir également le livre :
L’herbier Merveilleux de Jean-Michel Othoniel
Coédition Musée du Louvre éditions / Actes Sud

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Exposition Rouge au Grand Palais : visite en 4 œuvres

Une vague rouge vient de déferler au Grand Palais.
L’art de l’après révolution de 1917 est célébré. C’est d’abord la liberté, l’incroyable foisonnement artistique qui submerge, impressionne. C’est ensuite la créativité au service du pouvoir stalinien qui révèle ses excès, ses manipulations avec la réalité et interroge notre rapport à l’image officielle.

Du foisonnement de l’exposition Rouge, nous avons extrait 4 œuvres qui révèlent la profusion de découvertes à faire dans ce parcours.

Exposition Rouge

L’Ouvrier au marteau d’Ivan Chadr

Pourquoi ce buste fascine autant ? Serait-ce parce qu’Ivan Chadr y a insufflé les influences françaises qu’il aurait glanées avec Antoine Bourdelle ou dans l’atelier d’Auguste Rodin ? Car le sculpteur russe est venu se former à Paris de 1910 à 1912.
Force est de constater que le visage angulaire et creusé de cet inconnu est impressionnant de réalisme et qu’il en impose.

Exposition Rouge

Bain de marins de la Flotte Rouge depuis le bord d’un navire

Scène assez incroyable que ce plongeon réalisé en 1933.
C’est la prouesse physique et le culte du corps qui sont mis en avant  dans cette composition d’Alexeï Pakhomov.
On imagine la synchronicité des marins s’élançant dans les vagues. La hauteur qui pourrait freiner tant de visiteurs face à cette toile.

Exposition Rouge

Maquette du Palais des Soviets, Moscou

Un projet architectural impressionnant. Une pure folie à la soviétique. Cet hommage à Lénine devait prendre place à Moscou. Finalement, sa réalisation n’aura jamais été menée à son terme. Reste cette maquette et des représentations artistiques donnant idée des proportions impressionnantes de cet édifice totalement utopique.

Exposition Rouge
Dirigeable de Vassily Kouptsov

Ce n’est pas le dirigeable qui accroche l’œil mais cet incroyable vue. Les usines et leurs nombreuses cheminées, ces étoiles rouges sur les ailes des avions. La composition du ciel, ses couleurs fascinent vraiment.

exposition rouge

Exposition ROUGE 
Art et utopie au pays des Soviets

au Grand Palais
3 avenue du Général Eisenhower 
75008 Paris

jusqu’au 1er juillet 2019

Horaires :
lundi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 10h à 20h
mercredi de 10h à 22h.
Fermeture le mardi

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Picasso et la guerre : expo inspirante & masterclass d’Alain Passard

Picasso a traversé le XXe siècle, vécu toutes ses crises. Le Musée de l’Armée propose une exposition chronologique autour du peintre : Picasso et la guerre.
Mais aussi des ateliers dont des masterclass avec Alain Passard.
Lors de celles-ci, le chef étoilé remet au goût du jour des recettes de la seconde guerre mondiale. Des plats simples, répondant à une dure réalité : la restriction alimentaire.

Nous avons assisté à la toute première rencontre gustative. 

L’exposition Picasso et la guerre regroupe 330 pièces avec 1/3 d’œuvres du maitre espagnol, 1/3 d’archives et 1/3 d’objets historiques (livres, photos, articles, costumes…)
Le foisonnement de cette rétrospective est, il faut l’avouer quelque peu dense mais tout à fait instructive.

Picasso et la guerre

Avant de poursuivre, il nous faut marquer un arrêt devant un livre exposé, celui qui a convaincu Alain Passard de répondre à l’invitation du Musée de l’Armée : Cuisine et restrictions d’Édouard de Pomiane.
Écrit en 1940, il avait pour but de partager toutes les astuces pour concevoir des plats avec ce que l’on trouvait en temps de guerre, en période de rudes restrictions.

Picasso et la guerre

J’imagine la période très douloureuse. On devait se régaler avec des choses simples.

Alain Passard : une générosité presque lyrique

Nous rencontrons Alain Passard dans le salon d’honneur du Musée de l’Armée.
Une copie du livre de Pomiane en main, le chef vente les vertus, comme d’autres chefs, de la cuisine de saison.

Picasso et la guerre

C’est ce que nous faisons : avoir le respect des saisons, de la nature.
La nature a écrit le plus beau livre de cuisine ! Avant en hiver, on se réchauffait avec une soupe de panais, une soupe de céleri et, en été, on s’hydratait avec les tomates, les melons, les courgettes.
Préservons cette poésie magnifique que la nature a écrite.”

A l’évocation de la guerre, on sent le chef vraiment ému à l’évocation de ces hommes et ces femmes qui se sont battus contre l’occupant. Certainement le souvenir de son grand-père qui a reçu la croix de guerre.

Côté cuisine, ce mardi, le topinambour est à l’honneur.
A l’époque, on disait que le topinambour n’était pas très gustatif. Mais il était destiné aux animaux. Aujourd’hui, on a recréé des variétés comme le fuseau qui a des saveurs proches de l’artichaut.
Aidé par son assistante Marion, nous goûtons deux variations : vinaigrette de guerre et sauce rémoulade.

Picasso et la guerre

Les recettes d’Édouard de Pomiane ont été revisitées. Point de fécule pour remplacer la mayonnaise dans la rémoulade. Mais toujours des produits simples comme une huile de tournesol choisie pour la neutralité de son goût.
L’apport d’Alain Passard : les herbes qui assaisonnent ce plat. Oseille sauvage (au peps acidulé), mourons des oiseaux (ce  n’est que de la chlorophylle en bouche) et l’ortie (blanchie pour supprimer son côté urticant).
Et la saveur du topinambour en ressort transcendé.

Picasso et la guerre
Les herbes du jardin d’Alain Passard

A la sortie de cette masterclass, on est conquis par l’amour des produits que nous transmet Alain Passard. Comme par la bienveillance qu’il dégage. Et par la réelle émotion de son étreinte avec son assistante.
On regrettera simplement un accès un peu prohibitif pour ce rendez-vous si unique.

Picasso et la guerre : l’exposition

Cette masterclass est un des rendez-vous qui accompagne l’exposition.
Un parcourt qui permet de replacer l’œuvre de Picasso dans son contexte historique. Et c’est plutôt rare.

Picasso et la guerre
Café à Royan

Pour approfondir notre connaissance de l’artiste, cette exposition est un rouage essentiel : ses rapports avec Apollinaire ou Derain, ses tourments de création, son rapport à la guerre et  aussi son engagement de toute une vie contre celle-ci.

Picasso et la guerre
L’enfant d’Oradour et  Aragon à la commémoration du massacre d’Oradour-sur-Glane, en 1949

Aux côtés des coupures de journaux, on découvre des magnifiques œuvres. Et on en retrouve aussi des pièces connues. On se surprend encore à tomber sur des styles inconnus de Picasso comme une influence moyenâgeuse.

Picasso et la guerre
Massacre en Corée

Et le maître espagnol nous ébahit toujours autant par ses dessins au crayon. Il maîtrisait tous les supports et toutes les formes d’art. De vrais chefs-d’œuvre.

Picasso et la guerre
Soldat espagnol et autres croquis
Picasso et la guerre
Lettre à Guillaume Apollinaire
Picasso et la guerre
Autoportrait de Pablo Picasso


Picasso et la guerre
offre au visiteur une plongée dans le foisonnement créatif de l’artiste. Dense mais superbe Picasso !

Picasso et la guerre

Exposition Picasso et la guerre

au Musée de l’armée
Hôtel national des Invalides
129, rue de Grenelle
75007 Paris

jusqu’au 28 juillet 2019
Tous les jours de 10h à 18h, nocturne les mardis jusqu’à 21h
Fermeture  les 26 & 27 avril et le 1er mai

Masterclass d’Alain Passard
les mardis 14 mai, 4 juin et 2 juillet à 18h30
55€  et 45€ pour les moins de 26 ans
(billet pour l’exposition inclus, en nocturne jusque 21h)

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Atelier des Lumières : Van Gogh et le Japon sublimés

L’Atelier des Lumières nous fait traverser les toiles de maîtres. Après Gustav Klimt, c’est au tour de Van Gogh de dévoiler les détails de ses œuvres grâce aux spectaculaires projections.

Le centre d’art numérique offre deux autres programmes : Japon rêvé, images du monde flottant et Verse de Thomas Vanz pour perdre définitivement tout contact avec la réalité.

Atelier des lumières van gogh

Van Gogh, la nuit étoilée et sublimée 

Chorégraphie de fleurs, ballet d’iris et de coquelicots, paysages, portraits d’inconnus, villages s’étalent sur les murs de l’Atelier des Lumières.
L’art délicat de Vincent Van Gogh se découvre sur les murs et les sols de cette ancienne fonderie parisienne reconvertie.
On chavire, parfois on s’étonne.
On se laisse bercer par la poésie, ces toiles inconnues et que l’on aimerait connaître. Et les classiques.
La nuit étoilée est audacieuse non pas en terme de montage mais par sa bande-son. Des airs d’opéra viennent tutoyer Janis Joplin. Moses Sumney ou Lil Wayne enchaînent avec de la musique classique.
La sélection musicale peut surprendre mais pas choquer. Preuve que l’œuvre de Van Gogh peut dialoguer avec nos contemporains.

Japon rêvé et magnifiquement animé 

Vous viendrez très certainement pour Vincent et vous serez forcément happés comme nous par le programme court Japon rêvé, images du monde flottant.
L’Atelier des Lumières devient tour à tour forêt magique, océan, intérieurs japonais, nuit de lampions. Le montage ose animer les œuvres japonaises, ose jouer avec un mythe, la vague d’Hokusai, et s’amuse à nous donner le tournis avec une séquence psychédélique de samouraïs.
C’est sublime. Et on se laisserait bercer des heures par la sagesse du Japon.

Dans le studio, Verse, une création contemporaine de Thomas Vanz enchante avec des images cosmiques. Le travail de l’artiste sur la matière, la lumière a le don d’interroger et de subjuguer.

Conseil : prenez votre temps pour explorer l’Atelier des Lumières. Ce n’est pas un lieu que l’on visite entre deux autres activités.

Van Gogh, La nuit étoilée
Japon rêvé, images du monde flottant
Verse

à l’Atelier des Lumières
38, rue Saint-Maur
75011 Paris

jusqu’au 31 décembre 2019

Ouvert : 7j/7 entre 10h et 18h
Nocturnes : vendredis et samedis jusqu’à 22h
et les dimanches jusqu’à 19h

site officiel : atelier-lumieres.com

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