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Exposition PANORAMA au Centre Pompidou Paris : le peintre Gerhard RICHTER en 4 oeuvres

L’affiche vous intrigue depuis plusieurs jours, voire quelques semaines.
Vous ne savez pas tout à fait si le peintre Gerhard Richter joue dans un figuratif évanescent ou si sa palette artistique n’est vouée qu’à l’abstrait.

Pour vous inciter à rencontrer l’oeuvre de l’artiste allemand âgé de 80 ans, nous avons sélectionné pour vous 4 tableaux présentés dans le parcours de l’exposition Panorama au Centre Pompidou.

La toute première toile à avoir accroché notre regard fait partie de la série 6 panneaux verticaux (6 Standing Panes), réalisée entre 2002 et 2011. Ce tableau pris individuellement n’a donc pas de titre. Et pourtant à lui seul vous pénétrer un espace-temps infini de possibilités car dans le détail se dessine un paysage. Un paysage fait d’une foison de strates. Il y a comme un parallèle à observer avec les espaces composés par Salvador Dali. Ici, par contre, aucune forme figurative. Tout est dans la projection que peut faire le visiteur. Quel univers pouvons-nous inviter, imaginer à partir de cette proposition plastique forte?

Deuxième proposition. Cette Peinture abstraite, comme elle est dénommée par son créateur et peinte en 1992 est une huile sur aluminium.
Et ce détail a toute son importance dans la perception de la matière sur son support que l’on peut avoir en se rapprochant.
Car des griffures, éraflures et autres coulures naît un dialogue étrange et hypnotique avec la surface en relief.

Poursuivons avec Strip, impression numérique sur papier récente (2011) et absorbante. La sensation est intense et marquante. D’un procédé original à partir d’une de ses oeuvres, l’artiste a joué sur la division des couleurs via un logiciel informatique.
Le résultat, spectaculaire, tendrait à rendre le visiteur silencieux, pour le plus grand bonheur de ses voisins.

Détail de l’oeuvre photographié avec l’application hipstamatic

 


Pour finir et rassurer certains lecteurs sur la diversité de l’oeuvre de 
Gerhard Richter. Vous l’avez sans doute reconnue: il s’agit de Betty reproduite sur l’affiche de l’exposition. Un portrait troublant de la fille de l’artiste.
L’une de plus belles rencontres artistiques qu’il nous soit donné de faire car simplement impossible avec ce visage détourné, dérobé à tout échange.
Au seine de l’exposition, ce portrait apparaît presque comme un pied de nez attendrissant face à  des visiteurs fascinés.

GERHARD RICHTER

PANORAMA

Exposition jusqu’au 24 septembre 2012
Au Centre Pompidou / Beaubourg – Paris
de 11h à 21h
nocturne le jeudi jusqu’à 23h

A noter l’exposition satellite au Musée du Louvre
Jusqu’au 17 septembre 2012

Gerhard Richter, dessins et aquarelles de 1957 à 2008
Aile Denon, salles 9 et 10

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Exposition: Yayoi Kusama, la folle de Pompidou – rétrospective de l’artiste nippone à Paris

De Yayoi Kusama, vous connaissez forcément ses séries de pois. Plus rare, vous avez peut être déjà pénétré dans une de ses installations à la Villette, par exemple.
Le Centre Pompidou vous offre l’occasion unique de découvrir plus d’une centaine d’oeuvres dont les travaux de jeunesse de l’artiste japonaise, illuminée et excentrique, âgée aujourd’hui de 82 ans.

Ces derniers mois, une nouvelle vague dans laquelle les grandes métropoles s’engouffrent: célèbrer l’art de Kusama. Après la Galerie Gagosian à Rome et le Museo Reina Sofia de Madrid, et juste avant la Tate Modern de Londres en février 2012, c’est au tour de Beaubourg de se pâmer devant l’icône de la performance new-yorkaise et du pop art made in Japan.

On dit de l’artiste nippone qu’elle est folle, depuis qu’elle a fait le choix d’un internement volontaire en hôpital psychiatrique.
Et si cette décision n’avait été motivée que par la seule volonté de s’isoler des tumultes environnants et trouver ainsi pleine inspiration?

En tout cas, Yayoi Kusama ne cesse de fasciner, interroger, amuser. Aux côtés de ses premières toiles s’inspirant de l’univers surréaliste de l’artiste espagnol Miro, on découvre de surprenants autoportraits agrémentés de pois. Cet art de l’accumulation des figures se retrouvent à travers le détournement de canapés, fauteuils et autres robes rehaussés de protubérances en tissu, aux formes curieusement phalliques.

Le ludique interactif est lui à chercher du côté des installations. Des boîtes de pandore ouvertes sur des jeux de miroirs, de couleurs et de lumière. Le moment d’extase et de communion étant à expérimenter du côté de la création 2011. Un cube fait de petits leds changeant de couleurs et s’offrant dans une semi-pénombre éclatante. Interdiction de se tirer le portrait dans cette oeuvre-attraction. Sans doute pour garder pleine émotion d’une douce rêverie.

Preuve du nouvel engouement pour cette ambassadrice  japonaise, le galeriste Pierre-Alain Challier a attiré toutes les convoitises sur les dernières estampes signées de l’artiste. Certains collectionneurs, un brin spéculateurs, ont fait quelques réserves en en en acquérant plusieurs à la fois. En tant de crise, c’est bien connu, investissez dans l’art.

Faut-il encore hésiter pour ne pas succomber à l’énergie de cette octogénaire plus excentrique encore que notre Brigitte Fontaine nationale?

 Yayoi Kusama au Centre Pompidou
Jusqu’au 9 janvier 2012 de 11h à 21h

Place Georges Pompidou 75004 PARIS

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Un billet pour Paris-Delhi-Bombay au Centre Pompidou

Dépaysement garanti au Centre Pompidou où l’on célèbre l’art indien contemporain et les incidences d’un pays mythique sur les artistes français.
Ici point de Bollywood, de clichés qui sentent bon l’Inde, de sari ou d’ocres multicolores ou d’encens qui feraient tourner la tête.

Il y aurait bien un collier de bienvenu, mais celui-ci est tranchant car composé de multiples lames de rasoir.

Pompidou propose un dialogue inédit entre artistes français et indiens. Les premiers explorant les multiples influences de ce pays sur leur conception artistique, les seconds expérimentant l’infinité des champs de leur discipline. Pour ces derniers, tout est à inviter et à expérimenter. La transgression, la question du genre – féminin ou masculin –, la réinterprétation des codes culturels sont au cœur de leurs préoccupations.

Les oeuvres frappent, amusent, déroutent ou enchantent. Les associations se laissent apprivoiser à travers ce ballet d’installations. Et pourtant aucune œuvre ne partage la même problématique que sa voisine.

Ainsi, les pointures de l’art contemporain Subodh Gupta et son magasin d’ustensiles de cuisine, Pierre et Gilles offrant leur réinterprétation du Dieu Hanuman, Orlan avec son « drap-eaux hybridés » ou encore Jean-Michel Othoniel sublimant la sonorité du verre par sa sculpture-instrument de musique, côtoient de jeunes pousses à suivre de près.

On découvre ainsi avec fascination le travail de l’argentin, Leandro Erlich, proposant une chambre parisienne au décor bourgeois dont la fenêtre donne sur une rue grouillante de Bombay. L’art a aussi pour dessin de sensibiliser. Preuve avec le duo d’artistes indiens Thukral & Tagra qui souhaite, par ses toiles représentant des couples s’enlaçant en dessous d’une couverture, rappeler la nécessité pour la jeunesse indienne de se protéger face aux dangers du virus du sida.

Tant d’autres installations, sculptures et expériences artistiques se télescopent dans une scénographie épurée.

L’interaction, quant à elle, est à rechercher en sous-sol du musée. Vous pouvez vous faire tirer le portrait à la manière de JR, photographe célébré pour ses installations urbaines. Et rapportez chez vous des contenus inédits créés pour l’occasion par les artistes. L’ensemble acceptable grâce à un mur de clés-USB mises à dispo de tous les visiteurs.

Exposition Paris-Delhi-Bombay…
Au centre Pompidou jusqu’au 19 septembre 2011

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L’usine à rêves de Gondry: c’est fini!

Imaginez : un plateau de cinéma dans un Musée ! L’enfant qui est en nous ouvre de grands yeux. Le cinéaste refoulé qui sommeille en votre collègue de boulot voit enfin un salut possible. Même l’ancien étudiant en cinéma trépigne rien que d’y penser.
Mais l’aventure du Centre Pompidou a pris fin, après pourtant quelques jours de prolongation.

Michel Gondry a invité le public parisien à réaliser son plus beau rêve : faire du cinéma. Même si l’usage des techniques vidéo s’est démocratisé – chacun peut faire désormais son film à la maison – imaginer une mise à disposition de décors rien que pour nous, ça faisait chavirer forcément.

Mais avant de jouer, il fallait s’inscrire. C’est là que ça se compliquait : « il n’y a pas de place pour tout le monde ». Après s’être fait refoulé de la liste d’attente, les malheureux n’avaient plus qu’à errer autour des plateaux, s’asseoir à la terrasse de la cafet’ , jeter un œil au ciné-club, seul vrai décor accessible.

Et c’est dans ce lieu, rappelant l’ambiance du film Soyez sympa, remboninez, que l’on pouvait trouver de vraies pépites : les jaquettes des films tournés par les amateurs.

Cette expérience a permis aux créatifs de tout poil de se donner à cœur joie. Les trouvailles sont légion : un morceau de sandwich plus ou moins frais, des détournements de photos, d’affiches anciennes, des photocollages.

Et surtout des titres plus improbables ou ambitieux que jamais : Je vais bien rigoler quand tu seras mort aux toilettes  ou  Paye ton steak.  Des existentiels :  Qui sommes nouilles ?  et  Ma vie est aussi intéressante que la vôtre. Et pour finir, une idée qui en séduira plus d’un: Comment tuer sa belle-mère pour les nuls ?

Pour les stats : près de 300 films auront été tournés dans cette usine parisienne et un journaliste ciné des Inrocks s’est même laissé prendre au jeu.

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Tony Cragg : le flegme british

Un anglais ne manquant pas de patience, était de passage à Paris à l’occasion du vernissage de son exposition au Musée du Louvre.
Lors d’une séance de dédicaces à la Librairie Flammarion du Centre Pompidou, Tony Cragg s’est prêté, de bonne grâce et sans rechigner, au jeu de la rencontre avec les geeks d’art (oui c’est comme en BD mais en pire).

Ce jour-là, les pires stratégies étaient de mises : amadouer le sculpteur en lui demandant une photo tout en lui fixant les règles « Thank you Mr Cragg, mais on les refait à la lumière ! », ne pas faire partie des premiers à demander la dédicace, car « passer le groupe, on pourra toujours lui demander plus ». Et oui, pourquoi ne pas lui demander un dessin sur une innocente feuille blanche délicatement posée sur une page de son dernier ouvrage ?

Passée la surexcitation d’un fan prêt à débourser 450 euros pour un tirage de tête, l’artiste esquisse donc au premier du groupe une petite structure à main levée, rendant jalouse toute l’assemblée. Manque de bol, il ne la signera pas. Il sera donc bien difficile de fixer à ce dessin une quelconque valeur.

Le second geek, qui avait « fermé (son) cabinet plus tôt pour venir », a prévu plus large : trois feuilles sont présentées avec le livre. Cette fois, Tony Cragg se fera plus joueur encore: ce sera une série de signatures. Intérêt zéro pour le collectionneur.

Le troisième aura lui ce qu’il mérite : un gribouillis peu délicat représentant une paire d’yeux affublée d’une chevelure sans aucune finesse. Bref, une petite horreur sur un beau livre.

Heureusement que les beaux yeux d’une jeune admiratrice auront fait oublier à Tony Cragg le peu de délicatesse de certains « amateurs » d’art.

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