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Exposition BD Winshluss vs Pinocchio – La fin est proche! à la Galerie Vallois

Alors qu’il se disait dans le milieu de la bande dessinée que le dessinateur Winshluss (Vincent Paronnaud) ne céderait jamais aux offres d’achat des planches originales de l’album qui l’a consacré au grand public, Pinocchio, la Galerie Vallois a semble-t-il trouvé les meilleurs arguments pour faire changer d’avis leur poulain.

En effet, lors de la première exposition du dessinateur à la galerie, il y a 2 ans, aucune pièce de l’album culte n’avait été présentée. Certains chanceux avaient, toutefois, réussi à mettre la main sur une ou deux évocations du petit personnage en bois à la Librairie  Super Héros. C’était à l’époque où l’artiste était encore accessible, un dernier pied dans la création underground, pas très au fait de l’inflation des planches de bd.

Cette fois, vérifiez que votre cœur est bien accroché avant de prendre la route de la rue de Seine, sinon vous risquez une attaque à chaque seconde.
Se découvrent sur les murs de la galerie, les crayonnés de la couverture originale de l’oeuvre bd, prix du meilleur album au Festival d’Angoulême, et quelques-unes es scènes phares de cette histoire réadaptée, transfigurée par le génie d’un artiste enfin reconnu.

Planches au feutre noir, esquisses préparatoires et toiles en couleurs, les pièces exposées enchanteront tout passionné de l’œuvre de Winshluss. Et ils sont nombreux désormais.
Le dessinateur, également réalisateur (en duo avec Marjane Satrapi ou en solo pour l’objet filmique non identifié Villemolle 81) , a l’art d’offrir une oeuvre dense et protéiforme.

Le cynisme est toujours au détour de son trait, comme cette toile parodique détournant les figures magistrales la bande dessinée internationale. Fear offre une image de la dérive du monde avec l’exacerbation de tous ses penchants pervers: Tintin à terre est joyeusement tabassé alors que Captain America est en mauvaise passe.

Plus inattendu pour les fins connaisseurs, cette nouvelle exposition est l’occasion de découvrir l’oeuvre sculptée de l’artiste. Un poing accueillant dans la salle principale, rappelle le film La nuit du chasseur. Il y est inscrit, comme un tatouage, le mot Amour. Souvenez-vous des mains tatouées de Robert Mitchum dans l’oeuvre de Laughton.

La rencontre avec Winshluss ne laisse aucun visiteur indifférent, séduisant au passage les collectionneurs d’art contemporain à la recherche de nouvelles approches artistiques figuratives.

Exposition La fin du monde ?

Jusqu’au 7 avril 2012
Galerie Vallois
38, rue de Seine 75006 PARIS

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2062 aller-retour vers le futur : exposition, concerts, projections Gaîté Lyrique

La Gaîté Lyrique vous offre une First Class pour un retour dans le futur. Immersion dans un monde de tous les possibles, imaginé, fantasmé, euphorisé par un noyau dur d’artistes contemporains.

Vous avez prévu quoi en HELLO™? Les paris sont ouverts et les inspirations sont bouillonnantes pour inventer les prochaines décennies.

Une mise en bouche d’abord avec deux vidéos tournées en extérieur: une mer dialogue avec elle-même à côté d’un point de vue sur route montagneuse over-fréquentée par une transhumance de voitures et autres camping-cars. Un peu plus loin un tableau cinétique propose un point de vue sur un loisir bien apprécié par les Frenchies: le pédalo.

Les chenilles de nos poubelles se sont métamorphosées en sac de couchage et l’on ne comprend toujours pas à quoi peut bien servir ce Watercool inventé par le collectif Pleix. Ce groupe d’artistes a d’ailleurs une place de choix au sein de l’exposition avec une série de plusieurs propositions.

Ainsi, les sept artistes qui composent Pleix nous délectent les papilles de leurs inventions culinaires Pop avec un mur de vidéos de produits colorés, onctueux et avant-garde.

Le collectif nous prouve aussi, si l’on en doutait encore, que l’animal n’est pas le meilleur ami de l’homme.  En tout cas, dans le futur, chaton, vache et ourson ne se cacheront plus pour montrer leur dégoût de l’espèce humaine. Bien fait pour nous, depuis le temps qu’on leur pourrissait leur espace vital.

Au fil des salles d’exposition, le visiteur s’étonne de l’absence de questionnement autour du corps humain. Il semble que pour les artistes qui ont planché sur la question, c’est plus l’environnement de l’homme et de la femme qui va s’adapter que l’inverse.

En tout cas, les trouvailles sont nombreuses et réjouissantes. Comme cette caverne imagée par François Olislaeger. Tel un Indiana Jones, à la lumière d’une led, le visiteur se retrouve à explorer les peintures rupestres futuristes de l’artiste. L’ingéniosité de cette installation fixe des images fortes de cette projection de nos années à venir.

Le parcours se finit par un petit frisson: franchir une autre dimension et devenir un spectre. Comment? En  adressant un mail à envoi retardé à un proche ou à soi-même mais aussi en enregistrant un message par téléphone ou une vidéo avec l’Urne transtemporelle.
Imaginez plutôt la jubilation d’Interroger l’autre à distance et dans le temps. D’envoyer une déclaration d’amour qui sera lue dans 10, 20 ou 40 ans. Ou de se poser une question qui n’aura pas de réponse immédiate.

A la fin de l’aventure, certains se demandent si les inventions de David Guez et Michel Reilhac ne pourraient pas se dérober avec le temps ou s’autodétruire. C’est plutôt amusant de penser que notre message enregistré pourrait partir dans lymbes de l’espace-temps. En tout cas, pour tous ceux qui n’habitent pas Paris, vous pouvez participer à cette performance interstellaire en vous connectant sur site 2067.hypermoi.net

2062 Aller-retour vers le futur
Expo, performances, concerts, projections et théâtre

A la Gaîté Lyrique jusqu’au 25 mars 2012
3 bis rue Papin 75003 PARIS

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Exposition DANSER SA VIE au Centre Pompidou : la mienne est plus joyeuse

Les partitions de l’exposition Danser sa vie à Pompidou ne manquent pas d’audace, d’esthétisme, de théorie, ni de rythme.

Et Pourtant. Après une entrée majestueuse avec les grandes toiles de Matisse,  les salles qui se succèdent donnent un curieux sentiment que cet exceptionnel tourbillon s’est  regardé un peu trop le nombril créatif.
Le constat est sans appel: l’humour et l’auto-dérision ne sont pas de mise dans un grand ensemble de propositions chorégraphiques du XXe siècle.

Il y a bien entendu de belles envolée comme la joie et les hanches de Joséphine Baker à jamais immortelle dans les archives Gaumont Pathé.
Un des trop rares sourires généreux de l’exposition.

On ne peut totalement reprocher le choix des oeuvres présenté. Comment ne pas s’émouvoir de l’animalité brute et sensuelle du Sacre du Printemps de la chorégraphe allemande Pina Bausch? Peut-on ignorer le ballet coloré des toiles du peintre allemand Emile Nolde ou l’épure Cézanienne qui nous éclairent encore?
Pourquoi résister plus longtemps à la fulgurante beauté du ballet tout en nudité sur huile d’olive intitulé Luomo et imaginé par le flamand Jan Fabre?

Cependant, alors que l’abstraction des costumes de scène de Picasso nous amuse, la dimension festive de la danse reste absente du parcours.
Point de trublions dénommés Philippe Decouflé ou Blanca Li.

Toutefois la dernière partie de l’exposition intitulée sombrement POP pourrait nous redonner quelques espoirs dans la danse contemporaine.
Une sérigraphie de pas de danse par Warhol, une scène saturée d’ampoules pour un show qui n’aura jamais lieu par l’artiste Félix González-Torres.
La danse se fait alors jeu avec le spectateur.

Au détour d’une salle de projection, on se retrouve nez-à-nez avec un couple tout droit sorti des années 70. Imaginez  le duo mythique du film Saturday Night Fever, John Travolta en dieu de la piste disco, saturé de couleurs. La séquence est littéralement déstructurée, réécrite et s’offre un nouvel habillage sonore en la voix de l’unique Eartha Kitt et son Where is my man. Cette scène de cinéma devient une nouvelle oeuvre mouvante sous la palette de l’artiste corse Ange Leccia, insufflant au passage une nouvelle dimension mythologie.

Mais le point d’orgue de cette tentation de l’ironie, voire même de la parodie est à vivre du côté du spectacle: The Show must go one de Jérôme Bel.
Il fallait un pied de nez à toute cette réflexion sur le corps et celle proposée par le chorégraphe est jubilatoire. Une vingtaine de comédiens danse selon l’humeur de l’instant sur de grands airs de la musique contemporaine. David Bowie, Freddy Mercury convoqués pour une performance aussi provocante qu’inspirée. N’oublions pas que lors des dernières représentations du spectacle au Théâtre de la ville, certains spectateurs ont préféré quitter la salle.

Exposition Danse sa vie
Au Centre Pompidou

Jusqu’au 2 avril 2012

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Pictoplasma à la Gaîté Lyrique: exposition, festival autour de sacrés monsters virtuels

 Pour juger de la démesure de la création artistique contemporaine et du foisonnement de ce courant appelé le “character design”, rendez-vous à la Gaîté Lyrique jusqu’au 31 décembre. Après cette immersion en terre extra-inconnue, Pictoplasma, vous ne regarderez plus votre ours en peluche ou votre poupée, comme avant.

Souvenez-vous.
Enfant, notre univers était peuplé de personnages et de monstres gentils que nous pensions extraordinaires: Mickey, Babar, Polux et Zébulon, Miss Kitty ou encore les Minipousses.
Bercé de tant d’insouciance, les plus étourdis d’entre nous, vont se prendre le Festival Pictoplasma, en provenance de Berlin, en pleine face.

Et en parcourant les salles d’exposition ce mardi, soir du vernissage, ils étaient nombreux, adultes et enfants, à ne pas pouvoir contenir leur étonnement devant ce foisonnement visuel et cette galerie grandeur XXL de créatures plus colorées, bariolées, improbables et décalées les unes que les autres.

Et les influences et interconnections entre les propositions sont légion. Comme l’installation The Missing Link, installation et vidéos, rendant hommage à la figure du Big Foot et qui a de curieux airs de ressemblance avec Max et les Maximonstres, film de Spike Jonze.

Le duo chien-chat des créateurs Ben et Julia laisse, quant à lui, sans voix. Un chien-roi, masqué, prénommé Kaluk, trône de toute sa grandeur. Il est secondé par un chat, raide et tout aussi énigmatique.

Les oeuvres se suivent mais ne se ressemblent pas pour autant, comme ce bronze tout en épure et pourtant prodigieusement attachant, des artistes américains Sam Borkson et Arturo Sandovall.

Vous aurez compris qu’il ne sera pas aisé pour votre regard de ne pas briller face à ces nouveaux personnages qui pourraient bien devenir vos prochains amis imaginaires ou les compagnons de vos nuits d’insomnie numériques.

 Exposition et Festival Pictoplasma, Post Digital Monsters
Jusqu’au 31 décembre 2011

A la Gaîté Lyrique 3 bis rue Papin 75003 PARIS

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Massive Attack en guest au vernissage de l’expo photo de JR à la Galerie Perrotin Paris

Ce samedi, vernissage grand spectacle à la Galerie Emmanuel Perrotin pour la mise sur orbite de l’expo photo Encrages de JR.
En guest, l’artiste a invité ses amis du groupe Massive Attack, 3D et Daddy J, pour un dj-set entre happyfews.

A partir de 16h00, les visiteurs sont venus en nombre et en groupe pour découvrir en avant-première les tirages de JR. Les grands formats alternent références directes au film sorti en janvier dernier, Woman are Heroes et oeuvres inédites, comme ces yeux sur papier froissé du projet intitulé “The Wrinkles of the city”.

Certains inconsolables qui n’avaient pas pu pénétrer dans le Photobooth du projet Inside Out exposé à Beaubourg tout l’été, trépignent de retrouver l’installation dans une des salles de la galerie. On peut s’attendre, au cours des prochains jours, à de nouvelles files d’attente pour participer à ce projet interactif et recevoir son photomaton grand format.

Après le parcours, le poster de vous sous le bras, vous pouviez donc surprendre, sur le perron, Robert Del Naja alias 3D en pleine balance pour le set du soir. L’info va circuler assez vite jusqu’à la fin de journée. A partir de 19h00, les visiteurs se tassent dans la cour, entre barrières de sécurité pour les riverains, allée pour se rendre au carré VIP à l’étage où tronait l’artiste Sophie Calle, collier de grosses perles au cou, assise sur son balcon.

Les portes de la galerie se sont refermées sur ceux qui n’étaient pas la liste, laissant place aux autres guests présents ce soir: Ariel Wizman, Vincent Cassel, Tricky, Pedro Winter ou encore le réalisateur Kim Chapiron.

A 20h30, le groupe fait son entrée devant l’oeil géant collé sur la façade de la galerie. Un premier set 3D nous permet de renouer avec certains titres incontournables comme Teardrop. Daddy J prend le relais au bout de 25 min, et balance un mix de Karmacoma 

Le public se scinde très vite, entre ceux venus seulement pour narguer leurs amis sur FB et les autres, vrais fans du groupe de Bristol.

Les voisins de la galerie, rue de Turenne, eux n’en reviennent toujours  pas d’avoir eu sous leur balcon l’un des plus grands groupes électro et immortalisent l’instant à grands coups de flash.

Exposition Encrages de JR juqu’au 7 janvier 2012

Galerie Emmanuel Perrotin
76, rue de Turenne 75003 PARIS
Du mardi au samedi de 11h à 19h

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Exposition Fondation Cartier: Mathématiques, David Lynch et les autres – un ennui soudain

Ne croyez pas les bons conseils de vos amis, du genre: “C’est pas une exposition prise de tête mais de l’art.”
Si vous n’avez jamais eu d’affinités avec les maths, un seul conseil: fuyez la Fondation Cartier, jusqu’au 18 mars 2012!

Certes, c’est radical. Cependant, à la simple vue de l’équation ci-dessous, vous comprendrez assez vite que vous n’aurez aucun salut possible dans Mathématiques, un dépaysement soudain.

Vous venez de passer dans la 4e dimension. Perte de repères, furieuse douleur aux méninges, envie de hurler votre désespoir à votre voisin qui sourit béatement, mais le son de votre voix est inaudible. Etes-vous donc le seul à ne rien y comprendre? Et même si vous aviez envie d’explorer ce monde plusieurs heures, cet espace-temps surnaturel ne vous sera pas familier pour autant.

Le souvenir de la scénographie austère de la précédente exposition Vaudou ne nous incitait pas à nous précipiter pour découvrir cette nouvelle proposition. Et puis, les noms des artistes – David Lynch, Raymond Depardon, Patti Smith ou encore Takeshi Kitano – ayant répondu à l’invitation de la Fondation Cartier ont fini par éveiller pleinement notre curiosité.

Et quelle frustration. Avoir convoqué pareilles pointures pour un dialogue abscons avec mathématiciens et autres instances scientifiques. Il y aurait bien quelques images pénétrantes comme l’affiche de l’exposition, une constellation énigmatique fruit de l’imagination du cinéaste américain, David Lynch, associé à l’affichiste japonais, Tadanori Yokoo.

Pourtant, les salles restent hermétiques à toute émotion artistique ou sensorielle.

 Toutefois, ne sous-estimons pas le réel attrait de cette série de références autour de savants calculs, unités de mesure et autres évocations de tableau noir – le meilleur ami du mathématicien. Celles et ceux qui ont choisi bac S trouveront certainement quelques menues réjouissances dans ce dédale d’énigmes.

Exposition Mathématiques, un dépaysement soudain
Jusqu’au 18 mars 2012

Fondation Cartier pour l’art contemporain
261, boulevard Raspail 75014 Paris

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Exposition: Yayoi Kusama, la folle de Pompidou – rétrospective de l’artiste nippone à Paris

De Yayoi Kusama, vous connaissez forcément ses séries de pois. Plus rare, vous avez peut être déjà pénétré dans une de ses installations à la Villette, par exemple.
Le Centre Pompidou vous offre l’occasion unique de découvrir plus d’une centaine d’oeuvres dont les travaux de jeunesse de l’artiste japonaise, illuminée et excentrique, âgée aujourd’hui de 82 ans.

Ces derniers mois, une nouvelle vague dans laquelle les grandes métropoles s’engouffrent: célèbrer l’art de Kusama. Après la Galerie Gagosian à Rome et le Museo Reina Sofia de Madrid, et juste avant la Tate Modern de Londres en février 2012, c’est au tour de Beaubourg de se pâmer devant l’icône de la performance new-yorkaise et du pop art made in Japan.

On dit de l’artiste nippone qu’elle est folle, depuis qu’elle a fait le choix d’un internement volontaire en hôpital psychiatrique.
Et si cette décision n’avait été motivée que par la seule volonté de s’isoler des tumultes environnants et trouver ainsi pleine inspiration?

En tout cas, Yayoi Kusama ne cesse de fasciner, interroger, amuser. Aux côtés de ses premières toiles s’inspirant de l’univers surréaliste de l’artiste espagnol Miro, on découvre de surprenants autoportraits agrémentés de pois. Cet art de l’accumulation des figures se retrouvent à travers le détournement de canapés, fauteuils et autres robes rehaussés de protubérances en tissu, aux formes curieusement phalliques.

Le ludique interactif est lui à chercher du côté des installations. Des boîtes de pandore ouvertes sur des jeux de miroirs, de couleurs et de lumière. Le moment d’extase et de communion étant à expérimenter du côté de la création 2011. Un cube fait de petits leds changeant de couleurs et s’offrant dans une semi-pénombre éclatante. Interdiction de se tirer le portrait dans cette oeuvre-attraction. Sans doute pour garder pleine émotion d’une douce rêverie.

Preuve du nouvel engouement pour cette ambassadrice  japonaise, le galeriste Pierre-Alain Challier a attiré toutes les convoitises sur les dernières estampes signées de l’artiste. Certains collectionneurs, un brin spéculateurs, ont fait quelques réserves en en en acquérant plusieurs à la fois. En tant de crise, c’est bien connu, investissez dans l’art.

Faut-il encore hésiter pour ne pas succomber à l’énergie de cette octogénaire plus excentrique encore que notre Brigitte Fontaine nationale?

 Yayoi Kusama au Centre Pompidou
Jusqu’au 9 janvier 2012 de 11h à 21h

Place Georges Pompidou 75004 PARIS

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Exposition Sempé, un peu de Paris et d’ailleurs – rétro à l’Hôtel de ville

Jean-Jacques Sempé s’offre aux parisiens dans un tourbillon de dessins, en investissant les salons de l’Hôtel de ville pour une exposition en forme de rétrospective joliement intitulée: Un peu de Paris et d’ailleurs. Un foisonnement de planches qui vous ferait perdre l’équilibre.

Ce jeudi, soir de vernissage, les invités se font une raison. Il n’est pas rare d’entendre: “je reviendrai!” Face au piétinement devant chaque dessin et surtout mesurant l’étendu des détails savoureux et discrets qui peuplent les planches de l’illustre dessinateur de la rive gauche, force est d’avouer qu’un seul tour ne permettra de saisir l’ampleur de l’oeuvre.
Dans l’idéal, on rêvait préférer d’être seul dans ces beaux salons.

Cette première rétrospective du papa du Petit Nicolas a tous les ingrédients pour être un nouveau succès. Rajoutez-y les vacances de Noël et elle sera l’attraction de toute sortie familiale.
De toute évidence, la solitude ne sera donc jamais de mise pour vous comme pour moi.

Devant les oeuvres, une trentenaire fraîchement sortie de son bureau demande à sa copine: “Tu connaissais Sempé?”. Cette dernière lui répond:”Bien sûr, dans les pages de Paris Match!” Certains en oublieraient presque que le dessinateur s’est illustré dans bien d’autres parutions comme L’Express, le magazine Pilote mais aussi le New York Times et surtout  The New Yorker pour qui il réalisera de nombreuses couvertures.
Les originaux de ces couvertures, de vrais bijoux de graphisme, sont exposés dans une salle consacrée à cette collaboration artistique prestigieuse.

Après les premiers croquis qui ouvrent l’exposition, une sélection de dessins inédits datant des années 2000, pour la plupart, vous plongent dans des décors et des situations incongrus, décalés ou déconcertants. Les formats de certains d’entre eux surprennent le public, plus habitués aux formats livres publiés chez Denoël.

L’expo n’est pas consacrée qu’au seul hommage d’un homme à sa ville d’adoption: Paris. Les buildings et autres citernes d’eau de la Big Apple invitent aussi au dépaysement.

Malgré l’humour et l’incongruité, la nostalgie transpire de certaines planches. Celle d’un temps où les situations étaient peut être plus inspirantes pour cet observateur de génie.
Ce dernier le confesse: “Je me sens beaucoup plus proche d’un temps où les autobus avaient des plateformes. C’était un enchantement. J’adorais dessiner les autobus à plateforme. Maintenant, comment voulez-vous dessiner un autobus? Ils ressemblent tous à un car de voyage, à un camion de livraison.”

Exposition: Sempé, un peu de Paris et d’ailleurs… jusqu’au 31 mars 2012
Exposition gratuite à l’Hôtel de Ville
Salle Saint-Jean
5, rue de Lobau
75004 Paris
Tous les jours sauf dimanches et fêtes de 10h à 19h

A noter: une édition spécia

A noter: une éditions spéciale du livre de l’exposition “Un peu de Paris” tiré à 100 exemplaires accompagné d’une gravure numérotée et signée, à découvrir à la Galerie Martine Gossieaux

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Rafael Lozano-Hemmer – Trackers à la Gaîté Lyrique

Jusqu’au 13 novembre 2011, la Gaîté Lyrique devient un nouveau terrain de jeu pour visiteur avide de sensations numériques inédites et fortes.

Après avoir fait le bonheur du public curieux et amateur de skate avec Public Domaine, l’équipe de ce lieu hors-normes convie l’artiste électronique, mexico-canadien, Rafael Lozano-Hemmer.

http://www.dailymotion.com/video/xlqq6m

Trackers constitue une monographie essentielle pour prendre le pouls d’une évolution foisonnante, interactive et réflexive de l’art contemporain.

L’oeuvre n’est plus qu’une simple source de contemplation. Le visiteur devient désormais acteur majeur d’installations interactives et jouissives.

Des propositions comme autant d’expériences visuelles et formelles fortes. Comme cet oeil qui s’ouvre à votre approche et ne vous lâche plus une fois entré dans son champ. Ce miroir qui vous envoie les orbites en fumée ou encore ce mur composée de 4800 vidéos provenant du net,

L’artiste nous promet de revenir à Paris pour une nouvelle installation, cette fois en extérieur. Il rêve, en effet, de pouvoir présenter son projet Solar Equation, initié à Melbourne et New York l’année dernière, sur le parvis du Centre Pompidou.
Affaire à suivre.

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La Galerie Arts Factory fête ses 15 ans et le Teen Spirit

15 ans que la galerie nomade, Arts Factory joue avec nos nerfs, que ce soit à Paris ou à Nantes. 15 ans de décalage, de propositions borderline, d’irrévérence et d’inspirations qui cognent bien en dessous de la ceinture. Les responsables de cette invitation aux bords de la transgression sont les deux fondateurs: Effi Mild et Laurent Zorzin.
Et le plus fort, c’est qu’on en redemande!

Mardi soir, l’Espace Beaurepaire fait le plein d’amateurs, fidèles, amis pour le birthday d’Arts Factory. Jamais l’Espace et le trottoir n’avaient été aussi bien garnis de beaux peoples.

Parmi les artistes phares et stars présentés – l’illustrateur américain, Charles Burns et une nouvelle volée de sérigraphies en noir et blanc, Loulou Picasso se découvrant en grand format et Ludovic Debeurme offrant de nouvelles rêveries – les petites nouvelles se payent une bonne tranche de spotlights telles: la dessinatrice et auteure de BD, Nine Antico, la nantaise Danny Steve et son trait fin ou encore Véronique Dorey qui croque avec malice la fausse candeur de certaines jeunes filles.

Il faut bien avouer que l”inconditionnel de la galerie aime être maltraité, malmené, poussé dans ses retranchements les plus inavouables. Et il est comblé car ça dérape le plus souvent dans le SM avec Tom de Pékin, devenu plus voyeur cette fois. Ca grimace dur ou rit jaune devant les dessins des les frères Guedin et leur théâtre des horreurs.

Devant les oeuvres, deux jeunes trentenaires s’en veulent un peu de ne pas avoir attendu le lendemain pour éviter la foule. De l’autre côté du buffet régressif, une maman essaie de motiver son fiston – les yeux et les mains dans les bols de bonbons – à l’accompagner faire une pause dehors.

La célébration dure jusqu’au 8 octobre. Au programme, rencontres, soirées et carte blanche à la Revue Collection qui vous replongera dans les icônes de vos tendres années d’adolescence.

Exposition du mercredi 21 septembre au samedi 8 octobre 2011
 Espace beaurepaire – 28 rue beaurepaire – 75010 paris
Tous les jours 12h30 / 19h30

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