Exposition YUE MINJUN, l’ombre du fou rire à la Fondation Cartier, prescrite sans modération

« L’homme généreux est souriant; l’avare est contracté » – Proverbe zaïrois.

L’équipe ne boude pas son plaisir en partageant avec vous son coup de coeur dans la catégorie expo euphorisante!
Cela faisait maintenant un petit moment que la Fondation Cartier se prenait un peu trop au sérieux et était en rétention de bonnes inspirations.
L’institution sort enfin de sa léthargie pour nous proposer une rencontre en lévitation.

Adieu tristes Mathématiques et autres David Lynch et Takeshi Kitano resservis à toutes les sauces, sous prétexte de nouvelles thématiques.
Welcome to Yue Minjun ! Un artiste chinois, doublé d’un chapeau de trublion.

A voir les visages durs affichés par certains de nos artistes contemporains les plus fameux (Sophie Calle hors catégorie), on n’en viendrait presque à souhaiter qu’ils fassent une cure dans l’atelier du peintre chinois Yue Minjun.

Cette exposition sous-titrée l’ombre du fou rire est LA parenthèse enchantée inespérée plantée en plein milieu de la grisaille parisienne, qui se regarde un peu trop le nombril.

Les parents ont enfin leur expo d’art contemporain a partagé avec leurs bambins.
Un artiste qui s’affiche sur des dizaines de tableaux avec une méga banane ne peut qu’interpeller la petite tête blonde qui vous tient la main.

Étonnement la naïveté est laissée de côté dans ce parcours inédit sur le sol français et européen.
En effet, à aucun moment, votre voisin ou vous-même allez vous poser la question de la faiblesse de la démarche artistique.

D’une part, parce que l’artiste a le don de vous rendre complice de ce rire à pleines dents.
Et d’autre part, les situations sont parfois tellement décalées qu’elles finissent par vous faire baisser ses douces prétentions.

C’est le cas de l’oeuvre The Execution  (1995) rappelant les sombres heures de la dictature maoïste –  avec suppliciés en slip et bourreaux mimant le port d’une arme – incite au plus profond respect.

Mais que dire de ces ballons sortant du crâne de cet homme ou encore de la réinterprétant du célèbre tableau de David ?
La mort de Marat (The Death of Marat) allégée de son personnage principal: le mort dans sa baignoire.

Les oeuvres de Yue Minjun sont autant de propositions déconcertantes qui malmènent aussi bien notre connaissance de l’histoire de l’art que les travers de simples humains.

L’homme à l’index dans le nez ou plutôt Spring Tale-3 a une dimension quasi métaphysique, tant le geste croqué est essentiel.

Aux côtés de ces pièces issues d’institutions internationales et de collections privées, une série de dessins présentées dans une vitrine, viennent donner quelques indices supplémentaires du génie de cet artiste venant nous réapprendre la modestie.
A méditer après la fin du monde.

Exposition YUE MINJUN, l’ombre du fou rire
PROLONGATIONS jusqu’au 24 mars 2013

La Fondation Cartier
261, boulevard Raspail
75014 PARIS

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