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Galeries Nationales du Grand Palais – Exposition Odilon Redon vu par…

Cette semaine, changement de style. Ce n’est pas un portrait que je vous propose. Mais plutôt de découvrir et de partager le regard que portent quelques-uns de nos hôtes étrangers sur un artiste  largement célébré aux Galeries nationales du Grand Palais. Je les ai rencontrés à l’occasion de  l’exposition événement consacrée à l’oeuvre du peintre Odilon Redon.

L’exposition prend, depuis début juillet, ses quartiers d’été au Musée Fabre de Montpellier et ce jusquau 16 octobre 2011. En bonus exceptionnel,  vous pourrez prolonger votre immersion dans l’univers foisonnant de l’artiste grâce à la visite de la bibilothèque de l’Abbaye de Fontfroide.

http://www.dailymotion.com/video/xhxkt8

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Le mystère Franz : un autrichien en son Musée

L’affiche est déjà une invitation à l’étrange. Difficile d’imaginer un artiste du XVIIe siècle réaliser des sculptures aussi étranges et contemporaines. Ca pourrait être du Jan Fabre, les cornes en moins.

La plus grande saveur que nous procure ce parcours proposé par le Louvre nait des difficiles interprétations que l’on peut apposer à ces bustes d’hommes tantôt grimaçants, souriants.

Est-ce que l’artiste cherchait à exorciser les démons qui le troublaient en les scellant dans l’étain ? Faisait-il référence à quelques travaux sur le comportement humain ? Composait-il une galerie d’expérimentations bien personnelles sur le genre humain ?

Etre dans l’incapacité de connaître les réelles intentions du sculpteur, ne rien savoir sur le point de départ d’une telle collection est pour le moins jouissif, à l’heure où tout n’est que relecture de l’histoire ou réinterprétation.
Reste donc un mystère… à portée d’yeux.

Franz Xaver Messerschmidt
Au Musée du Louvre

Jusqu’au 25 avril 2011

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L’usine à rêves de Gondry: c’est fini!

Imaginez : un plateau de cinéma dans un Musée ! L’enfant qui est en nous ouvre de grands yeux. Le cinéaste refoulé qui sommeille en votre collègue de boulot voit enfin un salut possible. Même l’ancien étudiant en cinéma trépigne rien que d’y penser.
Mais l’aventure du Centre Pompidou a pris fin, après pourtant quelques jours de prolongation.

Michel Gondry a invité le public parisien à réaliser son plus beau rêve : faire du cinéma. Même si l’usage des techniques vidéo s’est démocratisé – chacun peut faire désormais son film à la maison – imaginer une mise à disposition de décors rien que pour nous, ça faisait chavirer forcément.

Mais avant de jouer, il fallait s’inscrire. C’est là que ça se compliquait : “il n’y a pas de place pour tout le monde”. Après s’être fait refoulé de la liste d’attente, les malheureux n’avaient plus qu’à errer autour des plateaux, s’asseoir à la terrasse de la cafet’ , jeter un œil au ciné-club, seul vrai décor accessible.

Et c’est dans ce lieu, rappelant l’ambiance du film Soyez sympa, remboninez, que l’on pouvait trouver de vraies pépites : les jaquettes des films tournés par les amateurs.

Cette expérience a permis aux créatifs de tout poil de se donner à cœur joie. Les trouvailles sont légion : un morceau de sandwich plus ou moins frais, des détournements de photos, d’affiches anciennes, des photocollages.

Et surtout des titres plus improbables ou ambitieux que jamais : Je vais bien rigoler quand tu seras mort aux toilettes  ou  Paye ton steak.  Des existentiels :  Qui sommes nouilles ?  et  Ma vie est aussi intéressante que la vôtre. Et pour finir, une idée qui en séduira plus d’un: Comment tuer sa belle-mère pour les nuls ?

Pour les stats : près de 300 films auront été tournés dans cette usine parisienne et un journaliste ciné des Inrocks s’est même laissé prendre au jeu.

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Holden emballe le Zèbre

Le retour du groupe Holden sur la scène parisienne est célébré par 3 soirs au Zèbre de Belleville. Des soirées festives en perspective pour annoncer la sortie de leur Essentiel, marquant « 10 ans de bons et loyaux services » dixit Armelle, le beau brin de voix du duo.

Car Holden nous gratifie d’un best-of, une compilation beaucoup plus généreuse que celles d’autres artistes, tous plus feignants les uns que les autres. Ainsi, nous n’avons pas droit à un ou deux titres inédits mais à 14 raretés. Armelle et Mocke nous gratifient de titres gardés secrets, d’expérimentations datant de leur séjour à Dublin à l’origine de leur union artistique, de morceaux ne trouvant pas tout à fait leur place sur le nouvel album.

Ces titres ont d’ailleurs une large place au cours du concert. On découvre avec plaisir un étonnant Mérinos, l’étrange douceur du Dernier pas ou encore un très rock Billy Boy Story.

Bien sûr, il manque dans ce set les beaux succès du groupe : C’est plus pareil ou Ce que je suis. Mais on se console avec une version aérienne de Madrid, expérimentée lors de la tournée new-yorkaise l’été dernier. Vous ne le saviez peut-être pas mais Holden a ses adeptes à l’étranger. Après le Chili, leurs balades ont séduit le public du Moma.

Web : www.watusa.fr
www.myspace.com/holdenfrance

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John Pham: un Californien sur la butte

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Je vous propose de rencontrer un jeune dessinateur américain, venu de Los Angeles, qui a profité d’une tournée de dédicaces en France pour découvrir Paris. Il est considéré par la critique comme le  fils spirituel du grand dessinateur, Chris Ware.

John Pham a choisi d’emprunter les sentiers parallèles à la découverte de quelques librairies indépendantes, bien de chez nous et d’arpenter les  rues moins fréquentées par les cars de touristes.

Avant sa dédicace chez Bd Spirit, je n’ai pas pu m’empêcher de lui proposer de savourer la plus belle vue sur Paris, depuis les marches du Sacré Cœur.

Son dernier album : Sublife 2
Editions Cambourakis

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Ceremony by JCDC à la Maison de Créteil : Jean-Charles de Castelbajac en majesté – Festival Exit

La Maison des Arts de Créteil a droit aussi à ses grandes premières. A l’invitation du Festival Exit, Jean Charles de Castelbajac a scénographié son premier spectacle, Ceremony, en périphérie de la scène hype parisienne.

Ca aurait pu être un grand mix de formes  — théâtre, cinéma, cabaret, cirque – histoire d’en mettre plein les yeux et de montrer les multiples influences de sa palette. Au contraire, JCDC a préféré choisir la forme épurée d’un concert, celui du groupe Nouvelle Vague, en habillant l’ensemble de subtiles pointes de fantaisie et de couleurs.

Ca commence par un texte à deux voix. Un échange étrange, fantomatique, en hommage au poète Robert Malaval, avec la présence de sa petite-fille, en mannequin d’un soir, face au créateur de mode.

Second levé de rideau et première chanson. Deux silhouettes féminines isolées sur une scène  épurée, les musiciens concentrés sur une plate-forme étroite dans le fond, un Rubik’s Cube lumineux et géant à gauche, un chœur de jeunes garçons à droite.

Les perspectives surprennent, la distance physique artistes-public inquiète.  Mais le metteur en scène est un farceur et va jouer sur l’espace tout au long du concert. Tantôt une apparition, tantôt un pas de danse, une pluie de néons colorées, un guitariste à épaulettes surdimensionnées, quelques projections sur un écran, des tenues joyeusement allumeuses. Cet ensemble sert de cadre magique aux reprises de standards musicaux allant de Cure à Jacno en passant par The Clash et Joy Division, des reprises toutes plus hallucinées les unes que les autres.

JCDC pourrait renouveler l’expérience plus vite qu’on ne le croit. On chuchote que le spectacle pourrait être repris à Broadway après seulement deux dates et une critique dithyrambique d’une journaliste américaine. L’impatience gronde. En attendant, un dvd du spectacle est sous presse.

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Live-report concert Sophia Charai : l’étoile montante au Café de la Danse

On m’avait pourtant prévenu : “Tu vas adorer !“. J’avais quand même un petit doute face à une telle affirmation, mon niveau de connaissances en musiques du monde s’arrêtant à Misia, Madredeus et Angélique Ionatos. Autant dire que je partais avec un sérieux handicap.

Et puis le charme de Sophia Charaï a irradié la scène du Café de la Danse, dès le premier titre. Après tout va très vite: mon cœur chavire, mes épaules suivent le rythme et une puissante envie de parler marocain me vient en tête entre deux morceaux.

Je m’étonne de cette langue méconnue et si mélodieuse. La malice et les hanches de Sophia font le reste, si bien que l’on ne s’étonne plus quand elle reprend la langue de Molière pour une invitation à la sensualité avec le titre : Mêle ta langue.

Elle profitera d’une reprise toute en subtilité de Piensa en mi, pour dévoiler un peu d’elle et évoquer son attachement au cinéaste Almodovar.

Comment rester de marbre face à ce talent qui sait aussi bien se nourrir de ses origines, d’une pointe de pop que de jazz manouche.  Au final, on se prend à rêver de s’enchanter à nouveau avec Sophia Charai sur la scène d’un bar reculé de Saint-Ouen ou d’un cabaret coloré.

Web : www.sophiacharai.com
Dernier album : Pichu

En concert le vendredi 30 mars 2012 à 19h30
Au Café de la Danse
5, passage Louis Philippe 75011 PARIS

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Jeanette Lindström : un charme jazzy

Un air de jazz soufflant de Suède est venu titillé, il y a quelques jours les oreilles parisiennes. La chanteuse, Jeanette Lindström a présenté son dernier album lors d’une soirée au Duc des Lombards et d’un concert en toute intimité dans la chaleur de l’Institut Suédois.

J’ai profité d’une pause au cours de sa balance son pour la questionner sur la relation toute particulière qu’elle entretient avec Paris. Une ville que Jeanette connaît grâce à ses différents séjours, notamment une résidence à l’Institut.

Elle nous offre son beau sourire nous faisant oublier cet hiver qui n’en finit pas. Au final, des airs qui vous font hisser les poils et une question impossible : est-ce que ce qu’elle compose peut vraiment être classer dans la catégorie jazz.

J’étais prêt à la suivre en tournée pour avoir la réponse.

Web: www.jeanettelindstrom.com
Dernier album: Attitude & orbit control
Play Loud Productions

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Kylie Minogue à Bercy : la tournée pièce montée

On pourrait comparer un concert de Kylie Minogue à un gros dessert avec de la crème, des fruits certainement pas de saison, de la chantilly à n’en plus finir, un bon coulis de chocolat et une grosse cerise tout en haut.

Ca sent bon, c’est plein de bonnes intentions. Mais parfois autant de gentilles attentions peuvent conduire à l’overdose de sucre.

A Bercy, mardi soir, le décorum était de sortie: tuniques, voiles, cheval en pâte à papier, buste à l’effigie de la jolie chanteuse, écrans géants, jets d’eau, tee-shirts déchirés avec abdos apparents, un ange passe… et on n’oublie pas le petit bonnet de bain pour protéger de la douche.

C’est beaucoup pour un seul concert, peut-être même un peu trop. On a un peu honte parce que c’est kitsch à souhait. Et puis on sourit assez vite face à autant de décontraction.

Ici point de play-back à deux balles à la Madonna ou Britney Spears, ni d’instrumentaux à rallonge couvrant les changements de tenues-gaines de Cher, et pas de grosses larmes bien soignées version M.F. Juste une petite pause “œil humide” suivie très rapidement d’un rire complice. Donc, vraiment, rien de bien grave.

Juste un excès d’effets qui parfois donne le tournis, comme ce final en forme de pièce montée sur All the lovers sur une scène se déployant sur trois niveaux.

Et le plus fort dans tout cela, c’est qu’on peut vite y prendre goût et en vouloir une nouvelle part.

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Pluie d’enfer: la révélation nommée Olivier Marchal

C’était pourtant mal parti. Je venais de me chamailler avec ma voisine de droite à cause d’un malentendu tout bête. Difficile après de trouver pleine concentration. Et pourtant. Tous deux sous tension, nous nous sommes bel et bien fait happer dès les dix premières minutes par un récit (sur)prenant.

Au départ, la collision de temporalités malmène pendant que le mélange dialogues et descriptions interpelle. Mais l’appréhension de l’ensemble vient assez vite tout comme l’attachement aux deux personnages.

Ici, tout se joue à deux : Bruno Wolkovitch et la surprenante révélation nommée Olivier Marchal.  Autant avant on pouvait se dire que ce dernier ne prenait pas beaucoup de risques en tant qu’acteur, qu’il s’était plutôt bien adapter aux différents registres (amoureux de Mathilde Seigner, inspecteur…) faisant plutôt bien ce qu’on lui demandait.

Pour cette pièce, son jeu est un pur travail de dentelle. Entre éclats, retenues forcées et monologues envoyés en rafale, Olivier Marchal nous calme avec une maîtrise éclatante.

Il y a un peu de la série The Shield dans ce récit où les flics sont de faibles hommes qui fautent, blessent, se vengent et tuent pour leur bien. Pas étonnant, car c’est à un dramaturge américain que l’on doit ce récit couper au cordeau.

Et même si mon voisin de gauche piquait furieusement du nez, je n’ai rien perdu de ce récit et ma chère voisine non plus.

Pluie d’enfer La Pépinière Théâtre
Du mardi au samedi

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