Archives de catégorie : Coups de coeur !

Mon épée, si vous saviez, quelle fumée…

A première vue, une exposition sur les épées, ça peut en rebuter plus d’un(e). Même  si vous gardez encore de très bons souvenirs de vos jeux enfiévrés avec vos Playmobil chevaliers, en compagnie de votre cousin germain, dans le jardin de grand-mère.

La perspective de se retrouver encercler de pièces de combat peut angoisser et pourtant, détrompez-vous, vous risqueriez d’y prendre du plaisir.

Pour découvrir les salles d’exposition du Musée de Cluny, mieux vaut s’armer d’un(e) guide. Avec cet allié, vous percevrez toutes les subtilités de ce parcours qui privilégie le symbolique à la figure unique de l’affrontement.

La dimension de mort n’est pas évaporée pour autant. Preuve s’il en est avec le reste d’un preux combattant dont le crâne est exposé. Celui-ci porte 4 coups d’épée. Vous serez étonner d’apprendre qu’il s’agit, en l’occurrence, du crâne d’un vainqueur, qui a su reprendre le dessus face à son adversaire, car les blessures ont eu le temps de cicatrisé.

Deux autres idées reçues seront balayées. La durée d’un duel : environ 30 secondes. Il n’y a avait de discussion interminable, de prolongation, ni de tentative de fuite possible. Et saviez-vous que le poids d’une épée n’est que de 1,3 kg ? Pour vous en assurer, essayez-vous donc à son maniement en fin de parcours.

La qualité de la scénographie permet ainsi d’admirer l’épée comme un véritable objet d’art. La célèbre Joyeuse, épée de Charlemagne, mais aussi de tous les rois qui l’ont succédé, a une place de choix aux côtés de ses non moins illustres consœurs empoignées par Le Cid ou encore Roland.

L’épée. Usages, mythes et symboles, jusqu’au 26 septembre 2011.
Musée de Cluny – Musée nationale du Moyen Age  6, place Paul Painlevé 75005 Paris

Share

Les Pin-up en gallery

Plus que quelques jours pour découvrir, à la Gallery Paris, une brochette de pin-up venues de France, des Etats-Unis, d’Espagne ou encore d’Argentine. Des créateurs illustres se sont penchés sur leur berceau pour les habiller de mille voluptés : Carlos Nice, Arthur de Pins, Juanjo Guardino ou encore Philippe Berthet…

 Entre sensualité, provocation et surréalisme, ces effeuilleuses de charme, silencieuses, feront tourner la tête et le porte-feuille de plus d’un amateur. Même si certaines n’ont qu’un seul atout à proposer. Comme celle-ci, en-dessous, qui nous dévoile une  jambe.
Mais quelle jambe! me direz vous.

Dans ce tourbillon d’invitations plus ou moins explicites, poétiques ou très aguichantes, mon coeur a chaviré pour cette blondinette faussement ingénie du dessinateur américain, Dean Yeagle.

Comment résistez à pareil charme?

La Gallery Paris
14, rue Charles V 75004 PARIS
Web: www.lagparis.com

Share

Mathieu Boogaerts joue les prolongations

C’est le concert improbable du moment ! Mathieu Boogaerts retrouve la scène du Ciné 13 pour deux nouvelles dates: le 1er et le 8 mai. Une petite scène pour une jauge riquiqui – si bien qu’on se surprend même qu’il puisse y avoir deux catégories de public : une rouge VIP sur fauteuils en cuir et une noire sur fauteuils en tissu fin de vie – une guitare, et trois effets de lumière pour l’heure et un peu plus de chansons.

Mathieu, seul en piste, arborant un tee-shirt vert trompe-le-mauvais-œil, s’étonne que le concert affiche complet, un dimanche, sans com: “Vous n’avez certainement pas d’amis pour être venus ce soir.”

La tracklist est quasi impalpable car ce trublion de la chanson se réserve le droit de la modifier comme bon lui semble. Vous aurez compris que ce n’est pas l’ingé son-lumière qui s’en plaindra pouvant anticiper avec une grande maitrise.

J’avais perdu de vue Mathieu depuis son premier titre, Ondulé. Depuis, il a sorti 4 albums. Le retrouver un peu dégarni a quelque chose de touchant d’autant plus que la maladresse assumée, il enchaîne des titres joyeusement désenchantés. Des balades ou des ritournelles sur le couple, les enfants, les déceptions.

Un rappel avec une tête de peluche et la soirée se termine avec la sensation d’avoir eu rendez-vous avec un doux dingue malicieux, qui pourrait être bien devenir votre nouveau pote du dimanche.

Share

Le mystère Franz : un autrichien en son Musée

L’affiche est déjà une invitation à l’étrange. Difficile d’imaginer un artiste du XVIIe siècle réaliser des sculptures aussi étranges et contemporaines. Ca pourrait être du Jan Fabre, les cornes en moins.

La plus grande saveur que nous procure ce parcours proposé par le Louvre nait des difficiles interprétations que l’on peut apposer à ces bustes d’hommes tantôt grimaçants, souriants.

Est-ce que l’artiste cherchait à exorciser les démons qui le troublaient en les scellant dans l’étain ? Faisait-il référence à quelques travaux sur le comportement humain ? Composait-il une galerie d’expérimentations bien personnelles sur le genre humain ?

Etre dans l’incapacité de connaître les réelles intentions du sculpteur, ne rien savoir sur le point de départ d’une telle collection est pour le moins jouissif, à l’heure où tout n’est que relecture de l’histoire ou réinterprétation.
Reste donc un mystère… à portée d’yeux.

Franz Xaver Messerschmidt
Au Musée du Louvre

Jusqu’au 25 avril 2011

Share

L’usine à rêves de Gondry: c’est fini!

Imaginez : un plateau de cinéma dans un Musée ! L’enfant qui est en nous ouvre de grands yeux. Le cinéaste refoulé qui sommeille en votre collègue de boulot voit enfin un salut possible. Même l’ancien étudiant en cinéma trépigne rien que d’y penser.
Mais l’aventure du Centre Pompidou a pris fin, après pourtant quelques jours de prolongation.

Michel Gondry a invité le public parisien à réaliser son plus beau rêve : faire du cinéma. Même si l’usage des techniques vidéo s’est démocratisé – chacun peut faire désormais son film à la maison – imaginer une mise à disposition de décors rien que pour nous, ça faisait chavirer forcément.

Mais avant de jouer, il fallait s’inscrire. C’est là que ça se compliquait : “il n’y a pas de place pour tout le monde”. Après s’être fait refoulé de la liste d’attente, les malheureux n’avaient plus qu’à errer autour des plateaux, s’asseoir à la terrasse de la cafet’ , jeter un œil au ciné-club, seul vrai décor accessible.

Et c’est dans ce lieu, rappelant l’ambiance du film Soyez sympa, remboninez, que l’on pouvait trouver de vraies pépites : les jaquettes des films tournés par les amateurs.

Cette expérience a permis aux créatifs de tout poil de se donner à cœur joie. Les trouvailles sont légion : un morceau de sandwich plus ou moins frais, des détournements de photos, d’affiches anciennes, des photocollages.

Et surtout des titres plus improbables ou ambitieux que jamais : Je vais bien rigoler quand tu seras mort aux toilettes  ou  Paye ton steak.  Des existentiels :  Qui sommes nouilles ?  et  Ma vie est aussi intéressante que la vôtre. Et pour finir, une idée qui en séduira plus d’un: Comment tuer sa belle-mère pour les nuls ?

Pour les stats : près de 300 films auront été tournés dans cette usine parisienne et un journaliste ciné des Inrocks s’est même laissé prendre au jeu.

Share

Holden emballe le Zèbre

Le retour du groupe Holden sur la scène parisienne est célébré par 3 soirs au Zèbre de Belleville. Des soirées festives en perspective pour annoncer la sortie de leur Essentiel, marquant « 10 ans de bons et loyaux services » dixit Armelle, le beau brin de voix du duo.

Car Holden nous gratifie d’un best-of, une compilation beaucoup plus généreuse que celles d’autres artistes, tous plus feignants les uns que les autres. Ainsi, nous n’avons pas droit à un ou deux titres inédits mais à 14 raretés. Armelle et Mocke nous gratifient de titres gardés secrets, d’expérimentations datant de leur séjour à Dublin à l’origine de leur union artistique, de morceaux ne trouvant pas tout à fait leur place sur le nouvel album.

Ces titres ont d’ailleurs une large place au cours du concert. On découvre avec plaisir un étonnant Mérinos, l’étrange douceur du Dernier pas ou encore un très rock Billy Boy Story.

Bien sûr, il manque dans ce set les beaux succès du groupe : C’est plus pareil ou Ce que je suis. Mais on se console avec une version aérienne de Madrid, expérimentée lors de la tournée new-yorkaise l’été dernier. Vous ne le saviez peut-être pas mais Holden a ses adeptes à l’étranger. Après le Chili, leurs balades ont séduit le public du Moma.

Web : www.watusa.fr
www.myspace.com/holdenfrance

Share

Ceremony by JCDC à la Maison de Créteil : Jean-Charles de Castelbajac en majesté – Festival Exit

La Maison des Arts de Créteil a droit aussi à ses grandes premières. A l’invitation du Festival Exit, Jean Charles de Castelbajac a scénographié son premier spectacle, Ceremony, en périphérie de la scène hype parisienne.

Ca aurait pu être un grand mix de formes  — théâtre, cinéma, cabaret, cirque – histoire d’en mettre plein les yeux et de montrer les multiples influences de sa palette. Au contraire, JCDC a préféré choisir la forme épurée d’un concert, celui du groupe Nouvelle Vague, en habillant l’ensemble de subtiles pointes de fantaisie et de couleurs.

Ca commence par un texte à deux voix. Un échange étrange, fantomatique, en hommage au poète Robert Malaval, avec la présence de sa petite-fille, en mannequin d’un soir, face au créateur de mode.

Second levé de rideau et première chanson. Deux silhouettes féminines isolées sur une scène  épurée, les musiciens concentrés sur une plate-forme étroite dans le fond, un Rubik’s Cube lumineux et géant à gauche, un chœur de jeunes garçons à droite.

Les perspectives surprennent, la distance physique artistes-public inquiète.  Mais le metteur en scène est un farceur et va jouer sur l’espace tout au long du concert. Tantôt une apparition, tantôt un pas de danse, une pluie de néons colorées, un guitariste à épaulettes surdimensionnées, quelques projections sur un écran, des tenues joyeusement allumeuses. Cet ensemble sert de cadre magique aux reprises de standards musicaux allant de Cure à Jacno en passant par The Clash et Joy Division, des reprises toutes plus hallucinées les unes que les autres.

JCDC pourrait renouveler l’expérience plus vite qu’on ne le croit. On chuchote que le spectacle pourrait être repris à Broadway après seulement deux dates et une critique dithyrambique d’une journaliste américaine. L’impatience gronde. En attendant, un dvd du spectacle est sous presse.

Share

Live-report concert Sophia Charai : l’étoile montante au Café de la Danse

On m’avait pourtant prévenu : “Tu vas adorer !“. J’avais quand même un petit doute face à une telle affirmation, mon niveau de connaissances en musiques du monde s’arrêtant à Misia, Madredeus et Angélique Ionatos. Autant dire que je partais avec un sérieux handicap.

Et puis le charme de Sophia Charaï a irradié la scène du Café de la Danse, dès le premier titre. Après tout va très vite: mon cœur chavire, mes épaules suivent le rythme et une puissante envie de parler marocain me vient en tête entre deux morceaux.

Je m’étonne de cette langue méconnue et si mélodieuse. La malice et les hanches de Sophia font le reste, si bien que l’on ne s’étonne plus quand elle reprend la langue de Molière pour une invitation à la sensualité avec le titre : Mêle ta langue.

Elle profitera d’une reprise toute en subtilité de Piensa en mi, pour dévoiler un peu d’elle et évoquer son attachement au cinéaste Almodovar.

Comment rester de marbre face à ce talent qui sait aussi bien se nourrir de ses origines, d’une pointe de pop que de jazz manouche.  Au final, on se prend à rêver de s’enchanter à nouveau avec Sophia Charai sur la scène d’un bar reculé de Saint-Ouen ou d’un cabaret coloré.

Web : www.sophiacharai.com
Dernier album : Pichu

En concert le vendredi 30 mars 2012 à 19h30
Au Café de la Danse
5, passage Louis Philippe 75011 PARIS

Share

Exposition Tony Oursler: un artiste vidéaste Américain qui dérange

Rencontrer seul les créations de l’artiste américain Tony Oursler a quelque chose d’un brin angoissant. Passé l’euphorie du vernissage, les salles sombres de la galerie JGM invitent à un drôle de recueillement.

Face à des formes assez incongrues, le visiteur rencontre tour à tour une chimère à 4 paires d’yeux et une seule bouche, une sorte de sculpture abstraite soutenue par un gode et un vermisseau croisé à un alien.

Heureusement, la figure humaine n’est pas tout à fait absente. Un homme nu tente de faire sienne une silhouette imposée.

Où se trouve la cohérence dans tout cela ?
Du côté de l’utilisation hallucinée de la vidéo. Elle se fait gargantuesque ou lilliputienne, selon l’ampleur du support sur laquelle elle est projetée.
Tony Oursler nous prouve, avec cette nouvelle série d’installations, que la vidéo contemporaine peut être intrigante, jouissive et simplement curieuse.

JGM Galerie
79, rue Temple 75003 Paris
Jusqu’au 12 mars 2011

Share